Chapitre Treize

You'll never let me down...Never met anyone like you*

Elle traça ses traits, utilisant la lumière de la lune venant des rideaux qu'elle avait oublié de fermer lorsqu'ils étaient entrés dans la chambre, mais peu importait de toute façon. Dans la chambre sombre, la lumière était la bienvenue, afin qu'elle puisse se refamiliariser avec lui. Doucement, avec légèreté, le bout de ses doigts laissait un touché aérien alors qu'ils glissaient sur l'arrête de son nez, traçaient la ligne de ses lèvres, avant de remonter vers ses pattes et d'enchevêtrer ses doigts dans ses cheveux. Il l'observa, ses yeux foncés la laissant suspendue dans ce moment qui ne semblait jamais finir.

Ils étaient étendus dans son lit, les couvertures au pied du lit et leurs vêtements éparpillés dans toute la chambre. Tout ce qu'elle portait était un de ses t-shirt à lui, et il n'avait que son caleçon (car il était bien trop tôt pour aller se coucher), et ils savouraient tous les deux le contact de leurs peaux.

Alors qu'elle comptait toutes les tâches de rousseur sur son visage (ce qui risquait de lui prendre du temps), il la dévorait du regard, d'une façon qu'il ne pouvait pas à l'aéroport ou pendant le trajet jusqu'à l'appartement de Rose. Ils avaient trébuchés hors de la voiture, riant à pleins poumons, saluant les Harkness et Donna de la main, avant de trébucher l'un sur l'autre en entrant dans l'appartement, du couloir jusqu'à la chambre. Lorsqu'ils avaient pris place dans le lit, leur énergie frénétique les avait quittés, laissant seulement le caractère tendre et sacré d'eux deux ensembles à nouveau, enfin.

Ce qui les avait mené à ce moment : allongés dans le noir, se refamiliarisant l'un avec l'autre, alors qu'ils se demandaient comment ils avaient pu survivre à ces six longs mois. Elle plaça une main sur son torse, sentant son cœur battre un instant, avant d'exprimer enfin à haute voix la question qui la tourmentait depuis son départ :

« Pourquoi es-tu parti ? »

Il l'observa en clignant des yeux, répétant la question dans son esprit. Il s'assit avec précaution, la gardant près de lui. Son dos contre la tête de lit, il entoura sa taille de ses bras sans la serrer, puis s'éclaircit la gorge.

« Je pensais que tu me détestait. » Il fit une pause. « Et pas seulement, je… pensais que tu ne me pardonnerais pas. »

« Te pardonner ? »

« Je t'ai dit… d'horribles choses cette nuit là, Rose. Des choses que j'aimerais pouvoir retirer. »

Rose secoua la tête, posant un doigt sur ses lèvres. « Non, John. Nous avons tous les deux dit des choses horribles. Cependant, il y avait une part de vérité dans ces mots. Tu ne peux pas le nier. »

Et c'était vrai. La seule chose qu'il aurait du dire cette nuit là, il avait refusé de la dire, car il n'était pas prêt. Non, c'était faux. Il était plus que prêt à exprimer ses sentiments pour Rose (du moins formellement), en vérité, il redoutait que, s'il lui disait qu'il l'aimait… elle finirait par le quitter. Tout comme elle l'avait fait lorsqu'elle était partie en Amérique avec son père. Il pensait que s'il ne le disait pas, lorsqu'elle partirait, il n'aurait pas aussi mal.

Drôle de se rendre compte que de vieux problèmes semblent apparaitre, juste lorsqu'on pense qu'on les a résolu. C'était le vrai problème. Lorsqu'elle était revenue en Angleterre, ils n'avaient pas parlé de ce qu'il avait pensé lorsqu'elle avait dit vouloir rester en Amérique, alors que lui était coincé en Angleterre ils n'avaient pas parlé du fait qu'elle soit revenue sur sa parole. Il l'avait enfoui en lui lorsqu'elle était revenue, car il pensait que ça n'avait plus d'importance elle était revenue, alors ils allaient bien. Il allait bien. Ils avaient immédiatement sauté dans une relation, comme s'ils ne s'étaient pas quittés comme s'ils n'étaient pas chacun déjà dans une relation avec une autre personne. John et Rose avaient des œillères lorsqu'il s'agissait de l'autre cela avait toujours été le cas, même lorsqu'ils étaient enfants. Et c'était quelque chose qu'ils ne pouvaient pas se permettre, surtout en tant qu'adultes, avec leurs propres responsabilités.

John prit une profonde inspiration, et se confessa à Rose, tentant de tout sortir d'un coup, au cas où elle décide de s'en aller avant qu'il ait fini. Elle écouta sans un mot, sachant très bien qu'il devait enlever ce poids de sa poitrine. Elle se sentit horrible elle qui avait vécu à New York, un tout nouveau monde à ses pieds, prête à s'y attaquer, morceau par morceau. Elle n'avait pensé qu'à elle. John étant plus âgé, elle avait pensé qu'il s'en sortirait, mais… elle aurait dû se méfier. Elle savait qu'il ne voulait pas qu'elle parte, qu'il avait peur qu'elle trouve quelque chose de mieux en Amérique et il avait eu raison d'avoir peur, car elle avait effectivement trouvé quelque chose de mieux – la liberté. Une liberté qu'elle ne pouvait pas avoir en Angleterre, seulement en Amérique.

« J'ai l'impression de devoir me trouver, John. »

Elle avait découvert un nouveau monde d'une plus grande éducation à New York ils ne faisaient pas de tests pour déterminer votre carrière – vous pouviez être ce que vous vouliez. Vous pouviez changer vos plans d'études du jour au lendemain, assister aux cours que vous désiriez. Rose avait adoré ce type de liberté, et par conséquent, avait perdu de vue les choses et les personnes qu'elle aimait vraiment. Elle avait perdu contact avec Jack et Donna, et même ses parents dans une certaine mesure.

Elle avait tout perdu de vue, avec sa toute nouvelle vie à New York. Elle était revenue en Angleterre avec la découverte qu'elle n'avait pas besoin de se trouver – elle savait exactement qui elle était. Et aux côtés de qui elle appartenait.

Elle ne réalisa pas qu'elle pleurait des larmes silencieuses, jusqu'à ce que la main chaude de John touche sa joue, séchant ses larmes avec délicatesse. « Qu'est-ce qui ne va pas, Rose ? » Elle soupira, secouant la tête légèrement. « Je suis tellement désolée, John. Je n'ai jamais voulu te faire tant de mal. » Il aurait voulu dire qu'il s'en était remis en vérité, cela le blessait toujours. Tout le monde avait quitté sa vie il pensait que Rose serait celle qui resterait, mais elle était partie comme tous les autres.

Ils parlèrent de tout cette nuit là de ce qui s'était mal passé de ce qu'ils n'auraient pas dû faire, et de ce qu'ils auraient dû faire. Enfin, ils parlèrent de La Dispute.

« Ce n'était pas fini pour moi, John. » Ils étaient assis au milieu du lit, face à face, les jambes croisées. « Oui, j'étais folle de rage cette nuit-là, oui, tu m'avais un peu brisé le cœur, mais John, ça ne voulait pas dire que c'était fini. J'étais revenue en Angleterre parce que je ne voulais plus être sans toi. Une dispute n'allait pas changer ce que je ressentais pour toi. » Lui dit-elle.

John l'observa longtemps. Elle ne l'avait pas détesté il ne l'avait pas perdu elle l'aimait toujours. Et au lieu de croire en l'amour qu'ils partageaient, il s'était enfui comme un enfant terrifié. Il avait quitté Rose, avant que Rose ne le quitte. Qu'est-ce que cela faisait de lui ? Il soupira et détourna le regard. « Je suis désolé, Rose. Je n'aurais pas dû partir comme ça. Je croyais vraiment t'avoir perdu, mais j'aurais dû croire en nous. Ces six derniers mois, c'était ma faute. »

Rose s'avança vers lui, plaçant ses bras autour des épaules de John, utilisant une main pour amener sa tête contre elle alors qu'il prenait des respirations hachées et profondes. Elle passa une main dans ses cheveux de manière apaisante jusqu'à ce qu'il se calme, puis ramena sa tête en face d'elle. Rose lui donna un sourire, et prit son visage entre ses mains.

« Ce qui est fait est fait, John. On ne peut pas changer ce qui s'est passé, peu importe à quel point on aimerait. Le futur est devant nous. Et ça, on a notre mot à dire dessus. Ici, maintenant, on décide notre futur. J'ai fait mon choix il y a longtemps, et je ne te quitterai pas. Pas encore une fois. Je veux ça, je nous veux nous, pour toujours. »

John sourit à son tour. « Tu es à présent coincé avec moi, Rose Tyler. » Rose sourit, s'installant sur ses genoux. « Ouais, mais coincé avec toi, c'est pas si mal. » John posa son front contre le sien. « Ouais ? » Rose pressa ses lèvres contre les siennes afin qu'il sente sa réponse.

« Oui. »


*Chanson « Unusual You » de Britney Spears
Traduction : Tu ne me laisseras jamais tomber… Je n'ai jamais rencontré quelqu'un comme toi