Première Acte : Quand tout commence…

POV BELLA

Je rentrais dans ma loge dans l'espoir de m'isolée un peu. La semaine qui venait de s'écoulée, c'était avérée très longue et épuisante, mes nerfs avait tenus bon au contraire de mon estomac qui faisait toujours des siennes. Le dernier jour n'avait pas dérogé à la règle. J'avais passé tout l'après-midi à parfaire l'installation des toiles dans la galerie, sous les cris stridents d'Hugo le responsable. Heureusement pour moi, Paul était resté à mes côtés, calmant les ardeurs de l'artiste quand celui-ci poussait un peu.

J'avais réussi à m'éclipser, prétextant qu'il fallait que je me prépare avant l'arrivée des invités, il ne me restait plus qu'une petite demi-heure. Je me dirigeais vers la coiffeuse pour arranger mon allure, j'y vis une lettre posée dessus, accompagnée d'une rose rouge.

« Bella,

Mon amour, pour que tu sois un chef d'œuvre parmi tes toiles,

Regarde dans la penderie.

A tout Jamais.

Paul. »

J'obéis à mon amant et y découvrit une housse noir, à l'intérieur se trouvait une robe de couleur rouge-bordeaux. Quand ma main rencontra la douceur du merveilleux tissu, je ne pus retenir mon exclamation

-Oh mon dieu, elle est magnifique.

Je l'enfilais et la robe imprima aussitôt les ondulations de mon corps, je tournais sur moi-même, me mouvant avec aisance dans ce tissu si gracieux qu'est la soie. Je ne me sentis pas gênée a la vue du décolleté qui marquait ma poitrine, celui-ci était discret et sobre, la robe laissait également paraitre mon dos nu. Je glissais mes pieds dans les ballerines noires qui s'ajoutaient à ma tenue, elles me surélevaient un peu car dotées d'un léger talon.

Je pouvais à présent me maquillée, quelque chose de léger et de naturel, un trait noir sous les yeux et un peu de mascara pour le regard. Je rougis mes lèvres sobrement et regardait le résultat dans le miroir. Une autre personne me faisait face, j'étais une femme qui commençait sa vie.

Je commençais à me perdre dans mes pensées, en songeant aux possibilités qui s'offraient à moi, ma vie auprès de Paul, l'université, une carrière dans l'art… Je souriais en pensant à l'avenir qui ne pouvait s'avérer que radieux. Un coup à la porte me sortit de mes songes. La voix de mon amour se fit entendre.

-Bella chérie, je peux rentrer ? Il va être temps d'y aller, la galerie se remplie.

Paul rentra affichant son sourire charmeur qui m'avait tant énervée au début mais qui, à présent, me gonflait le cœur. Comme à son habitude, il ne pouvait s'empêcher de marquer son côté rebelle, il portait un pantalon et une veste de smoking noir, mais arborait un t-shirt à l'effigie d'Andy Warhol. Il était beau comme un dieu, j'étais prête à lui sauter dessus pour lui voler un baiser quand son sourire disparu, son regard se fit plus appuyé sur moi.

-Bella, tu es renversante. Cette robe te va à ravir, j'espère qu'elle te plait autant qu'à moi ! Tu vas éblouir l'assemblée !

Je sentis mes joues se colorées et chauffées mon visage. Je m'avançais vers Paul et posa délicatement mes lèvres, légèrement humides sur les siennes.

-Merci mon ange, je la trouve sublime.

Son sourire repris sa place, étirant ses traits et creusant ses fossettes délicieuses.

-Tu es prête ?

-Je ne sais pas… j'angoisse tellement, si me tableaux ne plaisent pas ? Si ta maman est déçue par moi ? Et en plus Charlie, Esmée et les jumeaux qui ne peuvent pas venir…

Je sentis des sanglots naissants dans ma voix, il fallait que je me contrôle. Ma famille avait dû annuler à regret leur présence, les jumeaux avaient la varicelle et devaient rester aux lits. Charlie et Esmée n'était pas trop de deux pour les empêcher de se gratter !

Paul dû lire le désespoir qui s'inscrivait dans mes yeux, il saisit ma main tremblante dans la sienne et la serra.

- Agrippe-toi à-moi si tu as peur.

-D'accord, ne me lâche pas.

Je pris une profonde inspiration et pénétrait dans la galerie de mon exposition, au bras de mon amour.

De nombreuses personnes étaient déjà présentes la galerie, The Young Seattle Talent, était très connue dans la région. Le public était hétéroclite, il y avait autant de particuliers qui cherchaient un tableau pour décorer leur intérieur que de professionnels à l'affut du futur Van Gogh. Elles se promenaient, regardant et critiquant mes tableaux, un verre de champagne à la main. Je passais beaucoup de temps à discuter avec différentes personnes de mes tableaux, leur expliquant mon choix, pourquoi ces couleurs, les portraits…ect…

Au bout d'une heure qui me parut interminable, Paul réussi à m'extirper de la foule, ce qui fût un soulagement.

-Mon amour, c'est un vrai succès ! Tout le monde adore tes tableaux, ma mère en a même vendus quelques-uns. Bravo !

-Je n'en reviens pas, c'est si surprenant, ce monde… Les gens sont enthousiastes, ils aiment ce que je fais !

Paul me pris dans ses bras et m'embrassa. C'est à ce moment que je le vis. Debout au milieu de la foule dans un costume noir et une chemise blanche. Son visage était partout dans cette pièce, mais celui que je regardais n'étais pas un tableau. Je me dégageais de l'étreinte de Paul, celui-ci suivi mon regard. Jacob.

-Je te laisse, va le voir.

Mon ange déposa un pieu baiser sur ma main, je le remerciais intérieurement de sa retenue envers Jake.

Je m'avançais vers ce jeune homme qui avait été mon inspiration. Il m'accueillit par un sourire timide, je balayais la main qu'il me tendait pour me blottir contre son torse.

-Jake tu es venu. Merci.

Ma voix émit un raté, le poids de l'émotion s'abattit sur moi et une larme roula sur ma joue. Elle fut vite interrompue par la main de Jacob.

-Bella, pourquoi pleures tu ? Je peux partir si tu veux…

Je pris peur à l'idée qui puisse s'en aller et serra un peu plus son bras.

-Non Jake, je suis sotte. C'est que je suis tellement contente de te voir. Tu m'as beaucoup manqué.

-Toujours aussi émotive ! Me railla-t-il. J'ai fait un tour dans la galerie, les gens me regardait bizarrement au début et je n'ai pas tout de suite compris…. C'est devenu clair quand j'ai vu mon visage à grand échelle !

-Je ne t'ai pas prévenu, mais tu as toujours été une grande source d'inspiration pour moi.

-Ravi de t'avoir aidé ! Ton expo est super, je ne pouvais pas la manquer, je te l'ai dit, je serais toujours là pour toi.

Je rigolais accroché au bras de celui qui avait été mon amant et qui reprenait sa place de meilleur ami. Je savais que les choses n'allaient pas être simples, mais pour ce soir j'avais envie de rêver.

Nous passâmes une bonne demi-heure en retrait à parler et à rigoler. Il me complimenta sur ma tenue et je me moquais de son allure de pingouin bien qu'il soit séduisant à en mourir. Puis Paul nous rejoignis.

-Bonsoir Jake, je suis content que tu te sois libérer.

Il se montra courtois et tendis sa main vers Jacob qui la saisit.

-Je ne voulais pas manquer ça. Merci de m'avoir renseigné et pour le reste.

Je haussais les sourcils pour marquer mon incompréhension, Jake me répondis.

-Paul m'a téléphoné cette semaine, il m'a laissé un message en me donnant l'adresse de l'exposition et mon fait parvenir un carton d'invitation.

Je fus agréablement surprise par cette révélation, moi qui pensais qu'une entente serait impossible… Ils étaient loin de devenir amis mais ils ne se battaient plus au moins !

-J'ai pensé que tu aimerais avoir quelqu'un de proche auprès de toi, comme ta famille n'as pas pu venir… Je suis désolé de vous avoir interrompu mais Bella, je viens te prévenir que ma mère te cherche partout, elle va surement arriver d'une min …..

Paul n'eut pas le temps de finir sa phrase car je fus assailli presque immédiatement par sa mère.

-Bella ! Enfin te voilà, tu te fais désirer mon ange. Viens là que je te présente.

J'acquiesçais timidement et me laissais porter par le bras de Paul, tirant par la manche Jacob pour qu'ils nous suivent.

On m'emmena jusqu'à un homme d'un certain âge, il avait la barbe grisonnante et portait un costume chic qui lui donnait un air distingué. Je compris tout de suite que c'était quelqu'un d'important. Paul essaya de me chuchoter son identité à l'oreille.

-C'est le directeur de la …hm de …. De New York.

Je ne compris absolument rien à son baragouinage et consacrait mon attention à Mme Delacroix.

-Bella Swan je vous présente Mr William Pollock, le Directeur de l'université de New York : The Art Student League of New York.

Je sentis mon pouls s'accélérer, j'étais en face du Directeur de la plus célèbre Université d'Art des Etats-Unis. Je fis mon possible pour reprendre le dessus.

-Monsieur, je suis ravie de vous rencontrer. C'est un honneur que vous soyez venu entrevoir mes œuvres.

Je vis un sourire se dessiner sous l'épaisse barbe grisonnante.

-En faite je suis venu ici pour bien plus. Mme Delacroix ma parler de vous, elle n'avait pas mentit sur votre talent. Nous sommes en partenariat avec l'école de Seattle et effectuons des programmes d'échange.

Je le regardais un peu perdue, je ne voyais pas ou cette conversation allait nous mener, je sentis Paul émettre une pression sur mon bras pour raviver mon intérêt.

-J'ignorais l'existence d'un partenariat entre Seattle et New York, en quoi consiste-t-il ?

-Nos deux écoles proposent un apprentissage différent, mais elles se complètent dans leur programme. Mme Delacroix à juger que vous seriez plus à votre aise avec l'université de New York. Melle Swan souhaiteriez-vous bénéficier du programme d'échange et effectuer votre scolarité dans mon université ?

Je le regardais bouche bée. Il me proposait d'intégrée une des Universités les plus prestigieuses….Je sentis un nouveau pincement sur mon bras.

-Oui bien sûr que oui !

Ma voix était un peu trop exaltée pour ce genre d'interlocuteur mais je m'en moquais, la vie était belle !

-Alors trinquons à votre réussite ! Et si je ne m'abuse : Joyeux Anniversaire Melle Swan.

Je tendis mon verre de champagne et trinquait avec le Directeur et Mme Delacroix puis je retournais vers les garçons.

Les verres de Jake, Paul et moi s'entrechoquèrent, j'étais entourée des deux amours de ma vie, les deux hommes qui faisaient battre mon cœur, j'allais rentrer dans une prestigieuse école d'art et tout ça le jour de mes 18 ans. Je me sentais irradier de bonheur, j'eus l'impression que mon cœur allait exploser. Je portais le verre de champagne à mes lèvres et bus une gorgée du nectar.

Mon sourire s'effaça et je sentis ma main lâcher la coupe qui se brisa au sol. Mes jambes cédèrent et je m'écroulais sous les yeux remplis d'effrois de mes amours…

Commentaires

J'ai choisis de le décomposer en deux parties, deux "actes" pour rajouter un peu de suspense. Je voulais que mes lecteurs soit près à apprécier le deuxième acte et l'émotion qui va en découler.

Deuxième acte et dernier chapitre de cette fiction ce weekend.

L'émotion sera donc au rendez-vous.

Lullaby.