Et voilà le chapitre 14 n'est pas en retard :O j'en suis moi même choquée.

Hey mes loulous c'est bientôt la fin ! Encore quatre chapitres et quelques, je pense mais la fin et proche ^^

Merci pour toutes vos reviews qui me soutiennent vaillamment chapitre après chapitre !

Spéciale dédicace à Ryou la marmotte ^^ Vive toi, tu es géniale et ne change rien surtout ;) (tu vois que je l'ai mise "les lambeaux de la dignité" xd )

Bonne lecture tout le monde, j'espère ^^

(et je précise qu'il est toujours formellement prohibé de tuer/torturer/estropier l'auteure XD)

Et je n'y suis pour rien dans ces espèce d'hyperliens publicitaires Oo !


Chapitre XIV

Complots du comité

POV John

Je décapuchonne la clé USB devenue tiède à cause de son séjour prolongé dans ma poche de jean et ma main.

Je la place dans le port USB.

Matériel détecté.

Je clique.

Ouverture du dossier sobrement intitulé « John. »

Il y a deux fichiers.

Un autre « John » et l'autre s'appelle « Pour toi cher frère ».

Cher frère ?

Harry est dans le coup aussi ? Mais comment aurait-elle pu … ?

Je fronce les sourcils, je verrais ça après de toute façon, et clique sur le fichier « John ».

Il s'agit d'une vidéo de quelques minutes.

Je la lance avec appréhension.

Gros plan sur Sherlock assis sur un fauteuil de son appartement.

Il se penche sur le côté et saisit son violon.

Il ferme les yeux et quand il commence à jouer, quand son archer commence à caresser la corde, son visage impassible se transforme légèrement.

Il y a de petites failles d'émotions qui éclatent.

Et puis à fur et à mesure qu'il se laisse porter par les accords il relâche un peu son self contrôle.

Un peu. Pas beaucoup. Juste ce qu'il faut pour que je comprenne.

Et je les vois qui s'agitent et qui parlent sous la surface. Qui se colorent par petites touches.

Minuscules empreintes sur les coins des yeux et les commissures de ses lèvres.

Si je ne le connaissais pas, je les aurais sans doute loupé. Mais elles sont là.

Comme des feu follets à peine visibles ou des étincelles qui courent à toute vitesse sur la glace.

Le morceau qu'il m'offre -car c'est cela qu'il fait, il me l'offre- j'ai l'impression de le connaître. Mais je ne me souviens pas de son nom.

Tout ce que je sais, c'est qu'il est lent. Lent et touchant.

Il exprime ce que Sherlock ne sait pas dire avec des mots.

Tristesse. Remords et regrets. Solitude aussi.

C'est un morceau qui veut dire beaucoup. Beaucoup et si peu. Car cela pourrait se résumer à une seule phrase. Une seule phrase que j'ai pas cru auparavant. Mais que je commence à entendre maintenant.

« Je suis désolé. »

Voilà le message. Sans aucune parole.

Le message sincère.

De vraies excuses. Enfin.

Quand la vidéo se termine, je reste un long moment planté en face de l 'écran.

Une part de moi voudrait pardonner. L'autre est réticente.

Ma volonté de me tenir à distance de Sherlock faiblit mais sans mourir.

Raaaaah !

Je ne sais pas comment me dépatouiller de ce sac de nœuds.

Je n'aurais pas dû ouvrir ce satané fichier ! L'incertitude est la pire.

Tant qu'à faire, au point où j'en suis... j'ouvre le second fichier celui appelé « Pour toi cher frère ».

J'imagine qu'il me fera basculer d'un côté ou de l'autre.

Je tombe devant plusieurs petites vidéos courtes.

Je démarre le visionnage et comprends qu'il s'agit des essais ratés.

Sherlock qui court dans tout l'appartement en jouant du violon sous les ordres de Harry et de Mycroft qui lui hurlent de cesser de jouer en marchant. (ce sont eux qui tiennent la caméra apparemment).

Mycroft qui donne des conseils à son frère.

Harry et Mycroft qui débattent sur la meilleurs manière de positionner le fauteuil. Le fauteuil qui se trouve déplacé aux quatre coins de l'appartement pour finalement retrouver sa place initiale. Le tout sous les commentaires acerbes de Sherlock.

Mycroft qui ouvre un placard et découvre le parapluie de Sherlock. Sherlock qui le poursuit autour de la table basse pour le récupérer avant que Mycroft ne le kidnappe pour le transformer en arme de destruction massive. Au prix d'une intense course poursuite, Sherlock réussi à reprendre son bien avec un sourire victorieux et va poser un cadenas sur le traître placard.

Mycroft en grand enfant, fait une belle moue boudeuse et tout échevelé dans son costume froissé, il se drape dans les lambeaux de sa dignité et pars doctement se faire un thé. Pour lui tout seul.

Sherlock qui s'interroge. Est ce que John va comprendre ? Est ce que la lumière est bien placée ? Est ce que l'acoustique est acceptable ? Est ce que...Est que... Est ce que...

Sherlock qui s'agite dans tous les sens. Sherlock qui joue son morceau en faisant les cents pas. Si bien qu' Harry pète un câble et lui hurle dessus un bon coup parce qu'elle n'arrive pas à le cadrer correctement. Sherlock qui boude comme un enfant et ne fait plus rien, avec une moue de trois kilomètres de long.

Harry qui se transforme en coach pour Sherlock en poussant des cris de guerre.

Harry qui se transforme en médiatrice entre les deux frères lors d'une brève bataille de coussins déclenchée par une remarque de Sherlock sur le régime de son frère.

Sherlock et Harry qui tuent impitoyablement les ambitions de mises en scènes démesurées de l'aîné Holmes.

(Il est question d'aller à Athènes pour le cadre tragique, d'installer des projecteurs et des diffuseurs de fumée, de faire un monologue élégiaque, de remplacer le pauvre fauteuil par un siège en or, de faire venir un orchestre, de faire jouer Sherlock à bord d'un hélicoptère etc...)

L'image tressaute, se brouille et finalement Mycroft apparaît dans le champ de la caméra bâillonné avec sa propre cravate.

Sherlock qui fait encore les cent pas.

Sherlock que je n'ai jamais vu aussi stressé.

Sherlock qui change les cordes de son instrument alors qu'elles sont encore intactes.

Sherlock qui s'énerve tout seul contre le monde entier.

Mycroft qui l'encourage. Et puis finalement, il expire profondément.

Et cette prise là est la bonne.

Sans que je ne m'en rende compte, un large sourire fleurit sur mes lèvres devant ces scènes coupées ridicules, loufoques ou touchantes.

Ils se sont vraiment donné du mal tous les trois.

Hum. J'imagine que je peux essayer de tourner la page.

Car ces scènes me montrent un peu plus la sincérité de Sherlock qui voulait vraiment faire ça pour moi et qui a même demandé de l'aide à Mycroft.

Je peux essayé de pardonner. Harry a raison, je vais pas laisser la guerre me bouffer la vie jusqu'au bout.

Je retire la clé et préviens Maryline que je sors.

Sur le chemin, je me sens bien mieux que ces derniers jours...plus léger.

Je sonne à la porte.

Pas de réponse.

Soit.

Je tente d'actionner la poignée (on ne sait jamais) et surprise, la porte est ouverte.

J'entre.

Sherlock est avachi sur le canapé.

Il tourne la tête quand j'arrive.

Mais c'est tout.

Je me racle la gorge, avec hésitation.

J'avais oublié à quel point ses yeux sont fascinants.

Je me tortille, mal à l'aise.

Sherlock me regarde, sans un mot.

« Je veux bien essayé de passer à autre chose. »

Il me regarde un long moment, je n'arrive pas à voir ce qu'il pense. La magie de la musique n'est plus là pour m'aider.

Puis la réponse arrive. Brève. Et dite sur un ton tellement froid. Avec indifférence.

« D'accord. »

On dirait qu'il s'adresse à quelqu'un qu'il voit pour la première fois. Qu'il ne connaît pas.

Ne veux pas connaître.

Oui ça me rappelle la première fois que je lui 'ai parlé.

Cette indifférence glacée. Qui me scanne.

Le léger sourire qui ourlait mes lèvres se meurt remplacé par de l'incompréhension.

« Je ne comprends pas. Ce n'est pas ce que tu voulais ? Avec la clé USB. Tout ça ? »

« Si. Tu mets le doigt sur le problème. C'est que je voulais. Depuis, disons que j'ai ...réfléchi. »

« Réfléchi ? C'est à dire ? »

Je sens que je ne vais pas du tout aimer la suite.

Et j'ai raison.

Il soupire et se redresse en position assise.

« Tu vois, John j'ai toujours considéré les sentiments -je note avec appréhension le dégoût que ce mot lui inspire- comme source de faiblesse. Et j'avais raison. Bien sûr que j'avais raison. Le problème est que Sebastian en a profité. Il t'as utilisé contre moi. Et ça a marché. Il était le premier, mais ne sera pas le dernier. »

« Tu veux me dire que tu ne veux plus que tout redevienne comme avant ? »

« Ou au contraire que je veux que tout redevienne comme avant. Avant que tu n'arrives. »

Je baisse les yeux.

Ça fait mal.

Il en rajoute.

« Les choses étaient bien mieux avant. Bien plus claires. Bien plus nettes. »

Je me défends en utilisant un langage que Sherlock peut entendre.

« Tu es stupide Sherlock. Tu bases ton raisonnement sur une théorie hypothétique. »

« Pas hypothétique. Probable. Et plus que probable, certaine. »

« Comment peux tu dire ça ?! Personne ne sait comment les choses se passeront, même un génie comme toi ! »

« Vas-t-en John. Cela vaut mieux pour tout le monde. »

« Faux ! Tu n'es qu'un égoïste. Je ne partirais pas. »

« John. »

« Fallait pas me donner cette clé. »

Il se lève brusquement, le regard orageux et m'écrase de toute sa hauteur.

Je ne faillis pas sous la tempête.

« Vas-t-en. »

Je croise les bras en protestation.

« Non. »

POV Sherlock

Mais il ne veut pas comprendre !

Je me déteste de faire ça mais je n'ai pas le choix. Pas vraiment.

Autant trancher tout de suite avant que le poison des sentiments ne s'aventure trop loin.

Je dirige mon regard le plus froid sur John, me grandissant légèrement pour accentuer la différence de taille.

« Oh que si. »

« Je ne bougerais pas. »

Je serre les lèvres. Il ne me laisse pas le choix.

« Tu ne veux pas que je te vire par la force ? »

Il sourit. Pas un vrai sourire.

« Essayes un peu pour voir. »

Ah oui. Il a été militaire. Pas forcément mon idée la plus brillante.

Il baisse la tête.

« Mais je ne veux pas que ce soit comme avant, moi. »

Et là je sais qu'il parle du avant que j'évoquais quelques secondes plus tôt.

Du avant son arrivée à la fac. Du avant que l'on se connaisse.

Je vois le pli douloureux de sa bouche. Et l'ombre dans ses yeux.

Je sais à quoi il pense. Je sais que je lui fais du mal. Mais je ne vais pas flancher.

J'applique la technique qui marche le mieux dans ces cas là.

Je retourne m'asseoir sur le canapé et fais semblant d'être seul.

« Sherlock ? »

Je tourne les pages du torchon imprimé que l'on appelle journal.

Je fais mine de lire avec attention un article passionnant (qui parle en réalité de la culture du chou de Bruxelles )

« Tu m'ignores maintenant ? »

Je ne réponds pas.

Il soupire.

« Si c'est que tu veux. Je m'en vais. Mais je me répète, tu es égoïste. Tu ne cherches qu'à te protéger toi même. »

Il claque la porte.

C'est la première fois que je fais quelque chose seulement à moitié égoïste en plus. Car c'est bien sûr que je veux me protéger, mais je veux le protéger lui aussi.

Je ne veux pas le trouver encore une fois dans une ruelle, couvert de son sang avec des marques de coups et de strangulation par ma faute. La prochaine fois peut être qu'il sera mort.

Par ma faute.

Et puis on peut m'atteindre tellement facilement à travers lui. Ça me fais peur.

Si seulement j'étais allé voir Sebastian avant de lui donner la clé.

Je n'aurais pas eu à voir cette expression sur le visage de John quand il est entré.

Ce mélange timide d'espoir et d'hésitation qui m'aurais rendu heureux si seulement je n'étais pas allé voir Seb.

Oui, j'aurais été ravi de cette phrase qu'il a prononcée, cette phrase que j'ai eu tant de mal à lui faire dire, cette phrase que je voulais tellement entendre.

« Je veux bien essayé de passer à autre chose. »

Mais quand il l'a dite, elle a sonné avec amertume dans mes oreilles.

Parce que je vais devoir la détruire. Pour de bon.

Je me suis efforcé d'être le plus froid possible même si j'ai eu envie de me rétracter.

Même si j'ai du dire le mensonge que je préférais l'époque où je ne le connaissais pas.

Il est vrai que les choses étaient bien plus simples. Mais je regrette pas. Même si je vais devoir retrouver ma solitude.

Ce n'est pas grave, je la connais bien.

Elle sera difficile au début mais je m'y referais. On s'habitue a tout.

POV John

Complètement dépité je rentre chez moi.

Je me sens en colère.

Contre Sherlock.

Contre moi.

Contre la clé usb.

Contre tout.

Mais surtout contre Sherlock.

Il m'en fait voir de toutes les couleurs.

Ce stupide imbécile de génie permanenté et nombriliste !

Je suis tellement énervé que je mets bien quatre heures à m'endormir.

Autant dire que je dors trois heures cette nuit.

Car depuis que Sherlock ne pratique plus la technique de compression, les cauchemars sont revenus évidement, mais encore plus forts qu'avant. Comme s'ils voulaient se venger.

Le lendemain quand mon réveil sonne, j'ai l'impression de ne pas avoir dormi, pourtant il faut que je me lèvre.

Oh cruauté.

Au moins pendant mes heures d'insomnie je me suis promis d'appeler Mycroft et Harry à la rescousse.

Mais je vais d'abord voir si la nuit a porter conseil à Sherlock et s'il a renoncé à sa théorie débile.

Malgré les belles cernes mauves légèrement transparentes qui barbouillent mes yeux j'avale un café en quatrième vitesse, m'habille presque aussi vite que les magiciens pendant leurs numéros et me précipite dehors.

J'arrive en avance mais il n'est pas encore là.

Il arrive pile à l'heure et ne m'accorde pas un regard.

Je ne sais même pas s'il a vu que j'étais là.

Il s'assoit à l'autre bout de la salle.

Pendant quelques minutes de pause (pendant que le prof va fumer sa cigarette) je vais le trouver.

Pose mon poing sur sa table.

« Sherlock. »

Il relève lentement la tête.

« John. Tu n'as compris ? Je n'étais pas assez clair ? »

« Tu n'as pas changé d'avis donc ? »

Une grimace déforme le coin gauche de sa bouche.

« Non. »

A mon tour d'afficher une expression décidée.

« Tu ne me laisse pas le choix. Ne viens pas te plaindre après.»

Je retourne à ma place, sans répondre à l'expression surprise qui se peint sur les traits de Sherlock.

Je vais devoir appeler les deux conseillers autoproclamés Harriet et Mycroft.

Pendant la pause je compose un sms pour Harriet.

« Sherlock n'est qu'un sombre idiot. J.»

Voilà qui devrait piquer sa curiosité.

La réaction ne se fit pas attendre, elle m'appela exactement cinq minutes plus tard.

« John ? La clé n'as pas fonctionné ? »

« Si. C'est Sherlock qui n'a pas fonctionné en quelque sorte. »

« Quoi ? Mais qu'est ce tu racontes ? »

« T'occupes je t'expliquerais après. Tu peux appeler Mycroft ? »

« Oui. Je peux. Mais toi aussi. »

« ? »

« Il a entré son numéro dans ton portable. »

« Quuuuoiiiii ?! »

J'inspire un coup, me passe une main sur les yeux, m'incitant au calme.

« John. Tu sais que tu viens de M'exploser le tympan ? »

«Peuh. Je sais pourquoi vous vous entendez si bien tous les deux. Vous êtes des Kleptomanes maniaques et ultra protecteurs. »

« Tu ne vas t'en plaindre maintenant que le comité de soutien fraternel est opérationnel.»

Pouffe-t-elle.

Je grogne, elle n'a pas tord.

« On se rejoint où ? »

La scène est assez surréaliste.

Moi, Harriet et Mycroft assis tout trois à un salon de thé.

En train de siroter notre breuvage dans le plus complet silence.

Ça n'a pas l'air de les déranger.

Pour ma part j'avale tout rond mon thé, dans l'espoir d'en finir au plus vite.

Il est délicieux, je regrette de l'avoir terminé de cette manière.

Bref. N'y tenant plus je prends la parole.

« Merci pour le mal que vous êtes donné pour la clé. »

Mycroft repose sa tasse dans un petit cliquetis de porcelaine.

« Harry m'as dis que cela n'avais pas suffit ? »

« Non. Enfin si, pour moi. Mais Sherlock a...changer d'avis. »

Mycroft hausse un sourcil.

Je me tords les mains nerveusement.

« Ouais. Il a dit un truc stupide comme quoi j'étais une faiblesse et qu'il préférait se débarrasser de moi. »

Mycroft se renfrogne, et son visage devient dangereusement orageux.

Oh lalala. Il fait presque peur.

« Je vais arranger ça. »

Bon. D'accord. Il est carrément flippant là.

C'est à ce moment que Harriet intervient.

Le clame incarné.

« Il a dit quoi exactement ? »

« Qu'on pourrait l'atteindre à travers moi, comme Sebastian l'a fait. »

« Ce n'est pas qu'il a brusquement décidé qu'il te détestait ? »

« …..je ne pense pas. Mais c'est Sherlock alors - »

Mycroft me coupe.

« Bien sûr qu'il ne te déteste pas John, tu es la seule personne avec qui il est vraiment proche depuis...très longtemps. Il a du se faire des idées ou il a eu peur, peut être. Mais je vais arranger ça. »

Il pose sa cuillère si fort que la table en tremble.

Harry calme de nouveau l'ainé Holmes.

« Il faut trouver une autre solution au cas où la méthode de My ne marche pas. »

Je m'étouffe avec un petit cupcake.

« My ?! »

Harry fait un signe de main dédaigneux.

Mycroft prend la parole, songeur.

« Il a parlé d'une fille, quand nous sommes venu le voir la première, tu te souviens Harry quand tu étais derrière la porte ? »

Je m'étouffe avec une deuxième bouchée du même cupcake (qui a décidément juré de me faire passer à trépas)

« Harry ?! »

Aucun des deux ne prête attention à moi et ma sœur répond comme si je n'avais pas interrompu la conversation.

« Ah oui, tu as raison. Laura ? Sarah ? Maria ? Un truc avec des « a ». »

« Oui c'est ça, Laura. Et bien il m'avais l'air assez remonté contre elle. On pourrait s'en servir. Enfin si John est d'accord. »

« Oui il faudrait qu'il soit d'accord. »

Je me racle la gorge, leur rappelant que John est là. Accessoirement.

« Je refuse de ma servir de Laura. Elle ne le mérite pas. »

Harry se penche vers moi, inquisitrice.

« Maintenant ça me reviens, tu me parlais pas d'une Laura il n'y pas si longtemps pour qui tu avais un petit faible ? »

Une chaleur désagréable envahit mes joues.

Un long silence s'ensuivit pendant lequel je baissais les yeux, évitant le regard calculateur de Mycroft.

Finalement, ce dernier se lève.

« Je vais voir mon frère, et si cela ne donne rien...mais on verra cela en cas d'échec. »

Il se met à parler si fort en partant que tous les clients présents nous regarde, les yeux ronds, quand Mycroft tonne un « Que je ne me sois pas fais bâillonné par une cravate pour rien ! »

Harry et moi échangeons un sourire gêné tandis que ds commentaires courroucés fusent des tables avoisinantes.

POV Sherlock

Je suis plongé dans un énorme traité sur les quarks. Cela ne fait pas partie du programme de ma double licence évidement, puisque c'est de la physique quantique mais c'est très intéressant.

J'en suis à un peu plus de la moitié de l'ouvrage quand j'entends le cri de guerre de Mycroft.

« Shhhhhhhhhhherlooooooooock !»

Il doit être au courant pour John.

« Entre. »

Il ouvre la parte avec un violent coup de pied et débarque comme une furie.

Je ne le savais pas si sanguin.

« Tu tiens à attraper un infarctus avant la trentaine ? Remarques, cela me ferait des vacances. »

« Tu oses te prétendre génie ? Tu oses ? »

« Oui bien sûr. Je suis un génie. »

« Et bien on ne dirait pas ! »

« Tu as parlé à John ? »

« Oui. Et laisse moi te dire que tes capacités relationnelles sont aussi inexistantes que celles d'une tapette à mouches. Et puis qui t'as mis cette idée dans la tête selon laquelle il serait préférable de te débarrasser de John ?»

Je renifle avec mépris.

« Personne ne met quoi que ce soit dans ma tête Mycroft ! J'ai simplement trouvé cette idée pertinente. »

« Qui ? »

Je lève les yeux au ciel.

« Sebastian. »

« Encore ? Mais tu n'as donc rien appris ? »

« Je t'ai dis que j'ai trouvé ce raisonnement pertinent. »

« Tu veux être malheureux ? »

« Je ne vois pas le rapport. »

« Bien sûr que si. Ne fais pas l'enfant. »

Je ne réponds pas.

Il enchaîne.

« Tu voulais tellement qu'il te pardonne, je ne t'ai jamais vu comme ça. Oses me dire que tu ne seras pas malheureux. »

Je réponds indirectement.

« C'est nécessaire. Pour moi et pour lui. »

« En quoi, je te le demande ! »

« Nous savons tous les deux que je suis loin de faire l'unanimité parmi le genre humain que je côtoie non ? Et bien John pourrait payer pour moi. On peut m'atteindre à travers lui. Donc, autant en finir maintenant, avant qu'il ne soit trop tard. »

La colère de Mycroft semble retomber. Sa voix retrouve son timbre normal.

« Pourquoi gâcher cette chance ? Il t'a pardonné. En partie du moins. »

« C'est mieux. »

« Tu n'as que ce mot là à la bouche « c'est mieux », « c'est mieux », « c'est mieux ». Mais Sherlock, c'est mieux pour qui, au juste ? Tu te sentiras plus heureux ? John se sentira plus heureux ?»

Je baisse les yeux.

Il a raison, mais je changerais pas d'avis.

« Je dois faire ce qu'il doit être fait. »

Mycrotf soupire. Se résigne.

« Il ne peut pas t'attendre éternellement, tu le sais. »

Je lui lance un regard vide. Sa voix se fait tranchante.

« Ne viens pas te plaindre après, c'est clair ? »

Je hoche la tête et replonge dans le traité sur les quarks.

Mycroft reste encore un peu, tournant et virant. Finalement il s'assoit sur un fauteuil en face du moi.

Le fauteuil du violon d'ailleurs.

Je repousse ce souvenir inutile.

Il faudra que je l'efface.

Et il faudra que je change de canapé aussi.

Et il faudra que j'efface toutes ces futilités de ma mémoire.

Elles n'ont rien à faire là au fond.

Mycroft me regarde avec attention, essayant de décoder la carte lisse et sans vie de mon visage.

Que je fais devenir lisse et sans vie.

Que je contrains à devenir lisse et sans vie.

Je reste impassible. Les traits rédiges.

Je fais semblant de ne pas savoir qu'il est là.

Je n'ai même pas envie de lui dire de s'en aller.

Je n'ai même pas envie de le mettre en colère.

Je reste simplement là à lire, sans parler.

Au bout d'une bonne heure (je ne pensais pas qu'il tiendrait aussi longtemps ) il part sur une dernière phrase qu'il a déjà dite, mais qu'il répète. Pour m'achever un peu plus.

« Bien. Mais n'oublie pas, tu as toi même choisis. Il ne va pas t'attendre. Je ne le laisserais pas t'attendre. »

J'ai peur de comprendre. Il a ce visage qui apparaît devant mes yeux.

Mais non, j'ai décidé que je m'en fichais.

Donc je m'en fiche.

Oui je m'en fiche.

POV John

Mycroft me regarde d'un air peiné.

Harry me regarde d'un air peiné.

Nous sommes de retour dans le salon de thé et Mycroft vient de nous rapporter sa conversation avec Sherlock.

« John je suis désolé. Le faire changer d'avis risque d'être ardu. Il ne faut pas que tu l'attendes, je ne te laisserais pas faire ça. Peut être que tu l'attendrais pour rien et personne ne peut exiger cela de toi. »

Harry continue.

« Tu devrais essayer de voir avec cette Laura comment ça se passe. Tu pourrais être surpris. Tu as toujours gardé une petite place pour elle, je suis sûre. »

Je hausse les épaules.

« Mouais. »

« Haut les cœurs petit frère, ton enthousiasme est confondant !Tentes ta chance, tu verras comment ça se passe avec elle. »

Mycroft intervient.

« Tu te souviens John de la première que nous nous sommes rencontré ? J'avais plus ou moins sous entendu que je te transformerais en descente de lit si tu faisais du mal Sherlock. Mais il se trouve que c'est mon petit frère qui te fais du mal. Je suis désolé. »

Je soupire. Oui Laura, ce pourrait être bien aussi. J'imagine.

« Je vais faire ça oui, vous avez raison. C'est sans doute mieux, comme le disait Sherlock. »

Je les salue et pars du salon si bien que je ne vois pas leurs visages attristés se fendre d'un grand sourire satisfait. Et que je loupe toute la suite.

« Félicitations Mycroft, tu as été très convaincant. »

« Toi de même, ma chère. »

« C'était une excellente idée ! John n'aura pas l'impression de manipuler Laura, chose qu'il refuserait catégoriquement de faire, je le connais. Mais en les voyant Sherlock va crever de jalousie et toutes ses bonnes résolutions s'envoleront ! Tu es génial ! »

Mycroft croise les jambes et sourit.

« Je sais. Et tu n'es pas mal non plus. Ils ont énormément de chance de nous avoir. A la notre chère amie. »

Ils entrechoquent leurs tasses de thés aussi fiers que deux généraux à la conquête du monde.

« Car vois tu Harry, ce qu'il faut savoir à propos des Holmes, toutes générations confondues, c'est que nous sommes tous extrêmement possessif. Sherlock ne tiendra pas une semaine. »

Et les voilà qui se mettent à rire comme deux psychopathes en sortie pleine air dans une banque d'explosifs.

Harriet renchérie.

« Oh et puis, nous sommes le comité de soutien. Nous n'allons pas les laissez tomber. »

« Oui. Trop d'investissements pour ces deux là. »

« Comme la cravate ? »

« Oui. Et sans oublier que j'ai froissé un excellent costume. »

Harriet rigole.

« Nous aurions pu être frère et sœur tous les deux ! »


Dans mon lit, j'ai terriblement envie de dormir mais je me force à repenser à la discussion avec Mycroft et ma sœur.

Ils n'ont pas tord. Et puis c'est vrai, j'ai toujours beaucoup aimé Laura. S'il n'y avait pas eu Sherlock il est probable que nous ne serions pas resté juste amis longtemps elle est moi.

Et maintenant que Sherlock ne veut plus être là, justement, ce ne serait pas une mauvaise idée.

Les choses reprendraient leur cours normal.

Ce qui est censé être le cours normal. Car sans un génie, oui bien sûr les choses redeviendront ce qu'elles auraient dû être. Pas d 'élément chamboulateur.

Et puis Laura est une jolie fille.

J'ai un peu peur de m'ennuyer.

Mais qu'est ce que je raconte ?

Laura est drôle, gentille, intelligente. Et belle. Et je m'entends bien avec elle.

Les choses devraient bien se passer.

Et puis il n'y a plus rien à espérer du côté de Sherlock, il a prit sa décision aussi débile soit-elle et même Mycroft a renoncé à faire changer d'avis ce bête génie borné.

Donc il faut bien que j'avance moi aussi.

Que je garde la tête droite et que j'aille de l'avant.

Laura est une fille parfaite pour ça. Elle a toutes les qualités.

Oui, c'est décidé, demain je lui demande.

Soulagé d'avoir une résolution, je m'endors vite. Il faut dire que la journée a été émotionnellement difficile.

J'ai encore soufflé du chaud et du froid. Je vais devenir cardiaque avant l'heure.

Demain j'imagine que je devrais jeter la clé USB que j'ai cachée dans un tiroir.

Je n'ai pas pu m'y résoudre en rentrant tout à l'heure mais si je sors avec Laura, ce serait mieux que je la jette.

Plus honnête.

Parce qu'elle n'est pas une remplaçante, mais un nouveau départ. C'est ce que je veux croire.

Demain est un autre jour. Je sombre rapidement dans le sommeil.


Chapitre finito ^^

Impressions, commentaires ? Une tite review pour mwa ? *w*