Pov Bella
J'entrais dans le restaurant, attendant Edward qui était allé garer sa voiture sur le parking. Cinq jours s'étaient écoulés depuis notre après-midi au parc et je ne l'avais pas revu jusqu'à aujourd'hui. Bien qu'il m'appelât chaque soir afin de m'assurer qu'il ne m'oubliait pas, je ne me sentais pas à ma place, je n'avais pas eu de rendez-vous galants depuis environ dix ans et j'étais stressée au possible. Le crachin qui s'abattait sur Forks m'avait fait découvrir le côté gentleman très développé d'Edward. Il m'avait déposé devant l'entrée du restaurant, m'ouvrant la portière, me faisant entrer avant d'aller trouver une place pour sa Volvo.
Je vis venir l'hôtesse d'accueil.
- Madame Swan ? Vous n'avez pas réservé. Dois-je faire préparer une table pour vous et vos sœurs ?
Je n'eus pas le temps de répondre qu'une main se plaça sur mes reins.
- Nous sommes ensemble. J'ai réservé pour deux au nom de Cullen.
La jeune femme leva la tête vers Edward puis me regarda bizarrement. Je la comprenais. Depuis qu'elle travaillait ici, elle ne m'avait jamais vu qu'en compagnie de mes sœurs et me voir avec un homme l'avait surprise.
- Bien sur. Veuillez me suivre.
Elle nous dirigea vers une table légèrement en retrait, isolée par un paravent. Edward la remercia.
Edward ... pourquoi n'arrivais-je pas à le nommer autrement que par son prénom ? Je n'arrivais pas à penser à lui comme un compagnon, ou peut-être petit ami. Qu'étions-nous au juste ? Je ne saurais même pas comment le présenter si on me le demandait. Et lui, comment nous voyait-il ?
Perdue dans mes divagations personnelles, je fus ramenée sur terre par la main d'Edward caressant ma joue.
- Bella ? Ça va ?
Il avait tiré ma chaise et attendait que je m'asseye. Je m'excusais tout en prenant place à table. Il s'installa en face de moi.
- A quoi tu pensais ?
- Je ... c'est ... à rien d'important.
Il grimaça, me regardant avec insistance. Lentement il se penchât sur la table, s'approchant doucement de moi.
- Ne pas te comprendre, ne pas savoir tes pensées est une vraie torture pour moi. Tu es si différente. Plus je passe du temps avec toi et plus tu m'intrigues. J'aimerais tellement savoir ce qu'il se passe dans cette si jolie tête.
- Je ...
L'arrivée de la serveuse venue prendre nos commandes me sauvât, en espérant qu'il ne revienne pas sur le sujet, je ne me sentais pas d'humeur à partager mes pensées farfelues.
Je choisis comme à mon habitude le menu du jour, sans même regarder la carte tandis qu'Edward prenait le temps de la détailler. J'avais moi-même choisi le restaurant, voulant rester sur Forks le choix avait vite été fait. Je me doutais cependant que ce ne devait pas être son style à lui, trop simple, trop familial.
Une fois la serveuse repartie avec la commande d'Edward, un silence gênant s'installa. Elle revint rapidement, nous apportant deux verres.
- Je nous ai commandé un apéritif, j'espère que tu aimeras ce que j'ai choisis.
- Oh !
J'étais tellement perdue dans mes pensées que je ne m'en étais pas aperçue.
- C'est gentil, mais je ne bois pas d'alcool.
- Je m'en suis aperçu, ce cocktail est sans alcool.
Je ne put m'empêcher de sourire face à cette attention. Il m'avait observé mieux que je ne l'avais pensé.
- Merci.
Je goutais à mon verre, le mélange était en effet excellent et je le remerciais de nouveau.
- N'as tu donc jamais été tentée de boire ?
Je me doutais qu'il allait me poser des questions, je ne pensais pas qu'elles viendraient si vite. Même si celle-ci paraissait anodine, elle entraînait un souvenir que j'aurai préférais éviter.
- Si, quand j'étais plus jeune, il m'arrivait de boire à l'occasion.
Des occasions qui étaient en réalité devenues quotidiennes avant de me rendre compte que je faisais une grosse bêtise.
- Et tu as arrêté quand tu as eu tes enfants ?
- Non, j'avais 17 ans et je ... en fait, ... une fois j'ai beaucoup trop bu et ... je me suis aperçue que je préférais avoir toute ma tête à tout moment.
Ma voix était plus sure sur la fin de ma phrase, j'avais trouvé la conclusion parfaite sans rien évoquer. Je décidais de contre-attaquer afin d'éviter qu'il ne trouve d'autres questions embarrassantes.
- Et toi, tu as commencé l'alcool à quel âge ?
Il plissa les yeux, comprenant certainement que j'avais éludé.
- La première fois, c'était au bal du lycée, je venais d'avoir 18 ans. Certains malins ont cru drôle de rajouter de l'alcool au punch, je me suis donc retrouvé ivre sans même comprendre ce qu'il se passait. Mais je ne suis pas aussi sensé que toi, une cuite n'a pas suffi à me faire arrêter, je n'ai appris la modération que beaucoup plus tard après de nombreuses cuites mémorables.
Il grimaça, tandis que moi je riais franchement.
- Les hommes ont tendance à mettre plus de temps pour comprendre l'évidence.
- Je ne te savais pas féministe.
Il riait aussi, nous avions réussi à nous détendre, enfin surtout moi. Nos assiettes arrivaient et c'est tranquillement que nous commencions à manger.
- Tu viens souvent ici ?
- Tous les quinze jours environs, depuis que nous nous sommes retrouvées toutes les trois.
- Alice aussi avait quitté Forks ?
- Oui, elle a vécu quelques années à New York.
La discussion continua ainsi, plus légère, évitant quelquefois certains sujets déplaisant, j'éludais et il le savait mais ne m'en tenait pas rigueur. Tout comme j'évitais d'évoquer trop de mon passé, je ne le questionnais pas non plus sur son mode de vie. Je voulais faire de ce rendez-vous un souvenir plaisant et pour dire vrai, je ne savais pas trop vraiment comment faire venir le sujet. J'appris ainsi qu'il était fils unique, que sa mère était décoratrice et que son prénom était étrangement un morceau de celui de ma fille; son père quand à lui, était chirurgien. Il avait grandi à Port-Angeles et travaillait dans l'architecture. Il disait ne pas avoir l'habitude de parler de lui, les gens connaissant généralement ce genre de détails en lisant les magazines depuis qu'il avait fait de son entreprise une des plus florissantes du pays.
Nous quittions donc le restaurant dans la bonne humeur. Le trajet du retour fut rapide et il nous fallut que quelques minutes pour arriver devant chez moi.
- Je te remercie pour ce repas, j'ai passé un excellent moment.
- Ça m'a fait plaisir, j'ai moi-même passé un agréable moment.
J'étais mal à l'aise, ne sachant pas quoi faire. S'embrasser aurait été la suite logique; après tout, nous étions allés beaucoup plus loin. Je décidais de contourner le problème.
- Tu veux venir boire un café ?
Il sourit. Un beau grand sourire de celui qui venait de gagner le gros lot. Je compris immédiatement ce qu'il s'imaginait. Je rigolais, préférant préciser de suite qu'il ne se passerait rien aujourd'hui.
- Un café seulement, Alice et Rose vont chercher les enfants à 15h et je dois aller faire quelques courses afin de préparer le gouter pour tout le monde.
Il me regarda, ses yeux devinrent moqueurs.
- Je n'imaginais rien d'autre.
- Ben voyons.
C'est main dans la main et en riant que nous entrions dans la maison. J'allais directement dans la cuisine, préparer la cafetière. Il me suivit, se calant derrière moi, faisant passer ses bras autour de ma taille.
- J'ai eu envie de te prendre dans mes bras à l'instant où je t'ai vu dans cette robe.
Il déposa quelques baisers papillon dans le cou.
- Tes vêtements sont humides et tu vas attraper froids, alors soit tu vas te changer, soit je m'occupe de te réchauffer.
Sa voix. Rien que sa voix suffisait à me liquéfier. Lentement je me retournais afin de lui faire face. Je savais déjà que mes joues avaient du devenir rouges. Je n'eus pas le temps de lui répondre qu'il se jetât sur mes lèvres.
Le baiser était violent, sauvage, faisant ressentir le manque et la frustration dont nous étions tous deux victimes. Le manque d'air m'obligeât à me reculer. Son regard était noir, très certainement à l'image du mien. Je me forçais néanmoins à garder la tête froide.
- Je me changerais en rentrant des courses et on n'a pas le temps pour ce que tu as en tête.
- Bien que je tiennes à te rappeler que je peux être très endurant, je t'assure que je peux aussi faire dans le rapide quand il le faut.
Avant même que je ne puisse lui répondre, il me souleva, ses deux mains sous mes fesses, et me déposa sur le plan central de la cuisine, faisant taire mes protestions, faibles je l'avoue, par un baiser tout aussi affamé que le premier. Ses mains firent remonter ma robe, il me souleva pour la faire passer au-dessus de mes hanches. Ses lèvres ne quittaient que rarement les miennes, me laissant occasionnellement le temps de respirer. Mon string fut arraché. Il passa un doigt contre mon intimité.
- Tu es trempée Isabella.
Subitement ses mains quittèrent mon corps. J'ouvris les yeux pour le voir enfiler un préservatif. Ses doigts agrippèrent mes hanches, et je le sentis entrer en moi, entièrement, en une seule poussée, nous faisant gémir tous deux fortement.
Cette sensation d'être enfin entière revint à l'instant où nous n'avions fait qu'un.
Il commença à bouger rapidement, butant en moi avec force, ses mains m'empêchant de bouger. Notre orgasme explosa puissamment, en même temps.
Ses doigts défirent leur emprise, sa tête se posant dans mon cou tandis que nous tentions de reprendre notre souffle.
Lentement il s'éloigna de moi afin de se débarrasser du préservatif, puis me prit dans ses bras pour me monter à l'étage. Arrivés dans ma chambre, il me posa sur le lit, prit ma tête entre ses mains pour me forcer à le regarder. Il me fit son sourire en coin, celui qui me plaisait tant.
- Tu vois j'avais raison. Vite fait, bien fait.
Et là, je me mis à rire. Pas un sourire ou tout du moins un éclat de rire. Ce n'était pas non plus un ricanement. Non, non ! C'était une crise de fou rire, à me plier en deux, à me rouler sur le matelas, à en pleurer. Surement l'afflux de tant d'émotions arrivées trop vite, que sa petite réplique avait fini par faire exploser. Entre deux éclats, je pus m'apercevoir qu'il était choqué, il ne s'attendait surement pas à une réaction si vive. Au bout de quelques minutes, je parvins à me calmer, me réinstallant face à lui.
- Désolé.
Il secoua la tête, encore hébété par mon attitude. Son sourire était toujours là, je ne l'avais donc pas vexé.
- Ce n'est rien, j'espère seulement que ce n'est pas ma performance qui t'ait fait rire à ce point. Je pourrais le prendre mal.
- Je ne sais pas ce qu'il m'a pris, mais ça fait un bien fou de rire comme ça. Bon ! faut vraiment que j'aille faire des courses.
Je tentais de me relever mais il me maintint sur le lit.
- Tu vas vraiment finir par tomber malade. Prépare-moi la liste de ce qu'il te faut et je vais aller les faire.
- Tu es sûr ?
- Si je te le propose, c'est que je suis sûr.
- Je vais faire des crêpes, il ne me manque que la confiture de fraise et le nutella. L'argent des courses est dans le pot, à coté du micro-onde.
Il m'embrassa rapidement et sorti de la chambre, tandis que moi, je filais à la douche.
