Bonjour tout le monde.

En ce beau dimanche ensoleillé, je vous amène votre petit chapitre hebdomadaire. Et je vous annonce par la même occasion que j'ai enfin fini d'écrire mon épilogue. Je vais pouvoir commencer mon nouveau projet (mais chut, c'est un secret pour le moment).

Comme toujours, je voudrais vraiment vous remercier pour vos lectures et vos reviews. C'est la grosse course en ce moment avec la rentrée des enfants et le boulot et tout plein de choses alors je n'ai pas le temps de vous remercier individuellement, mais chacune de vos reviews me met le coeur en fête.

Je vous laisse découvrir ce que nos deux idiots ont encore inventé.

Bonne lecture.


En fin de compte Bucky ne s'était pas montré pas de la journée.

Steve avait passé tout son temps avec l'affreux casque de Stark sur le crane et un Tony impatient qui lui posait la même question toutes les deux minutes : Il est là ? Et maintenant ? Toujours rien ? Tu me dis à la seconde où il apparaît ?

Le super-soldat avait fini par le menacer de tout laisser tomber s'il n'arrêtait pas de le harceler.

Heureusement, Bruce avait été plus calme, comme toujours, et il était resté à travailler sur les prélèvements qu'il avait obtenu un peu plus tôt. Il avait commencé à lui expliquer ses théories sur le sérum, sur la manière dont il pensait qu'il fonctionnait.

Mais très rapidement Steve lui avait avoué ne rien comprendre et surtout ne pas vouloir savoir. Il était différent. C'était un fait. Et une grande partie de lui n'avait pas trop envie qu'on lui dise à quel point.

Et le comportement de Bruce, même s'il faisait attention à ne pas le traiter comme un rat de laboratoire le mettait mal à l'aise. Il avait refusé de s'y soumettre juste après le sérum, ce n'était pas pour commencer aujourd'hui.

Cette première journée s'était terminée sans avancée notable et les trois hommes s'étaient séparés en fin de soirée, avec la promesse de recommencer le lendemain.

C'était la raison pour laquelle Steve était à nouveau dans le laboratoire principal avec cet horrible casque sur le crane, à écouter Tony bavarder.

Enfin il répondait plutôt par des mmmmmh et des ha oui ? aux moments opportuns. Comme toujours, il avait perdu le fil de ce que racontait le milliardaire deux minutes après qu'il ai ouvert la bouche. Il y avait une époque où il s'en voulait de ne pas prêter plus d'attention au charabia scientifique de son ami. Maintenant qu'il avait appris que tout le monde, même Bruce, faisait pareil, sa conscience le laissait un peu tranquille.

Et puis, il était inquiet. Son esprit n'était pas vraiment concentré sur ce qu'ils faisaient.

Il essayait de le cacher mais, à en croire le comportement de Bruce et Tony au fur et à mesure que la journée avançait, il ne devait pas très bien réussir.

Bucky ne l'avait jamais laissé aussi longtemps sans lui rendre une petite visite. Il ignorait ce qui lui faisait le plus peur : l'idée qu'il soit vraiment en train de perdre la tête et que la simple présence de Tony, de Bruce et de leur équipement ait arrêté les visions ou bien le fait que son petit ami soit peut-être en danger, incapable de le rejoindre.

Il était presque quatre heures de l'après-midi quand la patience de Stark se tarit.

Et vraiment, s'il y avait bien une chose qui démontrait la tension dans leur relation, c'était le temps qu'il avait tenu avant de craquer.

'"Bon Rogers. Comment tu procèdes pour le faire apparaître habituellement ?"

Pour la centième fois, il répondit :

"Je ne sais pas. Je vaque à mes occupations et, à un moment, il est là."

Tony se mit à sourire :

"Est-ce que tu peux être plus précis au sujet de tes occupations ? Peut-être que Bruce et moi pouvons te laisser seul quelques minutes ? Histoire de te mettre dans l'ambiance."

"Pourquoi est-ce que je voudrais être seul ? Qu'est-ce que ça changerait ?"

Le sourire de Tony s'élargit.

"Je ne sais pas. Prendre les choses en main ?"

L'emphase sur le en main et la lueur de malice dans les yeux du milliardaire lui permirent de comprendre. Il rougit jusqu'à la racine de ses cheveux.

Il bredouilla :

"Pas la peine. Non. Enfin… Il est hors de question que je… Ce n'était pas de ça que je parlais en plus. Que tu puisses croire que je vais. Ici. Avec les caméras. Et les capteurs. Et toi et Bruce juste à côté. Non. Et puis ça servirait à rien. Il apparaît vraiment n'importe quand, pas seulement lorsque je.."

Bien entendu, Tony ne réagit qu'à sa dernière partie de phrase :

"Oh mon dieu ! Captain America se masturbe comme tout le monde ! Moi qui croyait qu'il était au dessus de tout ça. Que du travail et jamais de plaisir."

Steve grogna. Mais pourquoi est-ce que le monde entier se sentait le droit de discuter de sa vie sexuelle ? Tony baissa d'un ton et lui dit, d'un air de conspiration :

"Tu veux dire que tu n'es plus vierge non plus ?"

Et voilà ! C'était reparti.

Il ne comprenait pas d'où avait pu venir cette idée sur sa prétendue virginité. Peut-être du fait qu'il rougissait à chaque fois que le sujet du sexe était abordé. Peut-être aussi parce qu'il ne l'avait jamais démentie, jamais parlé de son homosexualité, même après que Bucky soit revenu et qu'ils arrêtent de cacher la nature de leur relation.

"Tony, j'ai perdu ma virginité en 1933. Avant même que tu sois une idée dans la tête de ton père. Probablement avant qu'il ne perde la sienne, vu les mœurs de l'époque."

Ça fit taire Tony efficacement. Ses dents émirent un claquement sec quand il referma la bouche rapidement. Bruce essayait de retenir le rire provoqué par l'expression choquée de son ami.

Steve profita des quelques secondes de silence pour parler :

"On peut changer de sujet ?"

Tony récupéra de sa surprise et hocha la tête.

"Oui. Sans problème. Il va me falloir de la javel pour mon cerveau ou un truc pour éradiquer certains souvenirs. Je ne vais pas pouvoir oublier l'image que tu viens de faire naître dans mon esprit. On passe à autre chose. »

Il grimaça avant de reprendre :

« Tu as essayé de le faire apparaître ? Consciemment je veux dire. Ou de le rejoindre ?"

"Non. Pas une seule fois. Je croyais, je crois encore d'ailleurs, qu'il n'était qu'une illusion."

"Tu penses que tu peux essayer ?"

Il hésita longuement.

Il n'était toujours pas totalement persuadé que ce n'était pas son esprit qui lui jouait des tours, même si ses amis et collègues avaient accepté ses dires sans broncher. Même s'ils étaient actuellement en train de chercher activement une preuve que Bucky apparaissait bien.

Peut-être avaient-ils encore plus besoin que lui de s'assurer qu'il ne devenait pas cinglé. Ils ne pouvaient pas se permettre que l'un d'entre eux ne soit plus en état de se battre. Pas maintenant.

Steve savait qu'il n'avait pas le choix. Il devait trouver Bucky, fournir des données à Stark et Banner.

Il hocha la tête et répondit à Tony :

"Je vais voir ce que je peux faire."


Avoir un début de plan ne suffisait à priori pas.

Que ce soit une simple coïncidence ou la pierre de l'âme qui refusait de les voir partir, les conséquences étaient les mêmes.

Il était bloqué ici, incapable de rejoindre Steve. Et même s'il essayait de le cacher, il était à deux doigts de craquer.

Il n'avait pas vu son petit ami la veille. Il ne l'avait pas vu ce matin non plus.

Il ne pouvait s'empêcher de penser que le pire était arrivé, qu'au lieu de l'aider, Nat et Clint et Stark n'avaient fait qu'empirer la situation. Que ferait-il si Steve… il refusa de terminer cette pensée. Cet idiot était plus fort que ça. Il ne ferait jamais.

Sauf que ce n'était pas vrai. Il l'avait déjà tenté. Il avait jeté la Walkyrie dans l'océan. Il n'avait même pas essayé d'en sortir, il s'était laissé piégé par la glace.

Bucky serra le poing en se souvenant de sa colère quand Steve lui avait confessé ce moment.

Il se rappelait de leurs corps entrelacés, enfin satisfaits et au repos.

Il se rappelait de sa tête posée sur l'épaule de son amant, de leur peau nue et couverte de sueur, des doigts qui traçait des lignes dans son dos, de sa propre main posée sur la poitrine de Steve, d'avoir sentit les battements de son cœur sous sa paume.

Il se rappelait du silence de la nuit, juste brisé par les mouvements de la faune environnante et du vent dans les arbres. Jusqu'à ce que Steve commence à parler, un murmure ininterrompu de Ne me laisse plus. Ne me quitte plus, plus jamais. Je ne peux pas. Pas encore. Je t'aime. J'essaierai de me tuer à nouveau, je réussirai cette fois. Plus de glace pour m'enfermer et me garder en vie. Une balle. Rapide. Efficace. Même le sérum ne me sauvera pas d'une balle dans le crâne.

Il avait été tellement en colère.

Il aurait pu le tuer. Mais ça aurait été contre-productif.

Et il avait le corps lourd et détendu, d'avoir passé les dernières heures à caresser, embrasser, vénérer chaque centimètre de celui qu'il avait cru ne jamais revoir.

Alors il lui avait fait promettre. Sa main de métal autour du poignet de Steve. Serrée assez fort pour laisser des marques sur sa peau. Il lui avait fait promettre de tenir. De continuer. De vivre.

Et cet idiot avait promis. Il avait promis et Bucky l'avait embrassé et quand, cette fois, il s'était plongé à nouveau dans la chaleur de son amant, ses mouvements et ses baisers avaient une part de désespoir qu'il n'avait pas ressenti depuis que Shuri l'avait sorti de cryo.

Ils avaient eu si peu de temps en fin de compte. Et ça le remplissait de rage et de douleur.

Il ferma les yeux. Il devait reprendre le contrôle. Il ne pouvait pas craquer. Pas quand Steve avait besoin de lui.

Il resta une minute ainsi, à tenter de calmer sa respiration et son esprit. Il entendait T'Challa, Sam et Gamora discuter de l'autre côté de la salle. Ils avaient enfin un début de plan. Il ne devait pas craquer.

Une fois certain d'avoir récupérer le contrôle, il ouvrit les yeux. Il cligna plusieurs fois des paupières. Là, au milieu de la salle du trône se tenait Steve, les yeux plantés dans les siens.