Bonjour à tous !

Je suis sincèrement désolée pour le retard. Et j'ai peur que ça n'aille pas en s'arrangeant. J'ai fini de recevoir les derniers horaires et je finis presque tous les soirs entre 20h et 21h.

Ce chapitre n'était pas celui qui était prévu. Cependant j'ai participé à un concours d'Allocop (pour ceux qui n'ont pas encore lu l'OS, allez sur mon profil, attention elle est lemonée !) et on me réclame une suite après le concours. J'y réfléchis sérieusement mais je sais que je ne la commencerai pas avant la fin d'au moins une de mes FF. Par ailleurs je me suis rendu compte que mon personnage d'Edward dans l'Ange des Etoiles ressemblait beaucoup à celui de ma FF précédente. Un POV exclusivement de lui n'apporterait pas grand chose. Etant donné que je vous ai donné presque toutes les clefs de son passé au dernier chapitre j'ai décidé de le compléter grâce à un chapitre bonus exclusivement de son point de vue.

Il se situe là où l'on s'est arrêté, ils viennent de se coucher ensembles.

Cependant le chapitre suivant est déjà commencé, donc exceptionnellement je répondrai aux reviews des enregistrés en mettant un teaser. En tous cas merci pour toutes les reviews du chapitre précédent, vous m'avez explosé tous les records une fois de plus.

Bonne lecture !

Lauriane



Bonus : POV Edward

***

Je ne suis rien. Pourtant quand je marche dans la rue, on se retourne. On se pose des questions, on murmure, on rit, on crie. Toujours ce « on » collectif. Ce « on » qui m'empêche de vivre.

Mais depuis quelques semaines, tout a changé. Une rencontre a tout changé. Je me vois encore ce soir là. Je voulais en finir définitivement avec la vie. Mais ce n'était pas une pulsion. C'était un choix réfléchi.

J'avais déjà tant vécu dans ma misérable vie. D'abord la mort de mes parents. Mon adoption. L'arrivée d'Alice. Ah ce lutin. Je l'aime tant. En un sens elle est mon âme sœur. Une âme sœur n'est pas forcément votre moitié. C'est quelqu'un qui partage vos pensées et qui ne vous trahira jamais. Je sais que je pourrai toujours compter sur Alice.

Elle m'a d'ailleurs toujours soutenu. Quand j'ai écrit mes premières chansons et que je les lui ai faites écouter, elle a pleuré. Tout simplement. Elle devait avoir quinze ans à l'époque. Je crois que ce n'était pas tant mes chansons qui lui avaient procuré cette émotion que le fait que je l'aie choisie, elle, pour faire entendre pour la première fois mes compositions. Elle s'était alors exclamé « tu devrais faire un disque ! ». Je n'y croyais pas, mais je m'enregistrais régulièrement. Et puis un jour je les ai gravées sur un disque et je l'ai envoyé. Quelques semaines plus tard j'avais un coup de téléphone. La maison de disque avait aimé mes compositions et voulait me rencontrer.

Tout s'est enchainé. La découverte de ce monde avec euphorie. Je rencontrais des personnes célèbres, mes idoles qui me tutoyaient et me considéraient d'égal à égal. Ma première apparition radio. Quelle émotion ! Je n'avais que dix-huit ans. La femme ne cessait de me faire des compliments. Autant sur ma musique que mon physique d'ailleurs. J'étais extrêmement gêné mais j'ai bien conscience que c'est mon physique qui m'a aidé avant tout à me faire connaitre. Ma tête sur la pochette du disque interpelait les jeunes adolescentes victimes de leurs hormones et ensuite c'était l'euphorie.

Mon premier concert officiel. L'extase à l'état pur. Toute ma famille était venue pour m'encourager. Je les voyais de la scène. Je distinguais les perles dans les yeux de ma mère et de ma sœur. La fierté dans ceux de mon père. J'étais tout simplement heureux. Je me suis donné à fond ce soir là. Je me trouvais pleinement dans mon univers et j'avais le monde à mes pieds. Un adolescent qui vivait son rêve.

Mais les médiats s'amusaient déjà à faire des paris sur le temps que je durerais. Je n'étais qu'un chanteur pour adolescentes en furies. La mode allait passer. Et puis on s'est mis à me suivre partout. Je ne pouvais plus faire un geste sans qu'il ne soit décomposé et analysé. Je souriais à une jeune fille ? Tout de suite on s'acquérait de son identité et on me prêtait une idylle.

Même Alice était épiée. Bien qu'elle m'ait toujours soutenu le contraire, je sais que certaines fois c'était difficile pour elle. « Ah tu es la petite sœur d'Edward Masen ? Tu me le présenterais dis ? » Toujours cette même réaction intéressée. Toujours à être dans mon ombre. C'est pour cela que j'ai tout fait pour qu'elle prenne cette indépendance mais en susurrant régulièrement son nom à des personnes recherchant une styliste avec son talent.

Mais je continuais car j'aimais ça. La musique a toujours été tout depuis la mort de mes parents. Elle m'a permise de m'échapper. Plus d'une fois un journaliste tentait de me faire parler de cette période mais jamais je n'ai accepté. La première fois que j'en ai parlé à cœur ouvert a été avec Bella. Elle l'ignore, mais ce jour là a été la plus belle preuve de confiance que je pouvais lui fournir.

Alors comment en suis-je arrivé au point de ne plus avoir d'espoir ? Je ne sais plus. Peut-être cette solitude éternelle. Impossible d'avoir une relation. Je ne veux pas avoir de liaison avec une célébrité. Je ne connais que trop bien ce milieu. Ça vient, ça part. Et je n'ai pas confiance. Toutes les femmes qui ont tenté de m'approcher étaient en fait intéressées. Je ne dis pas que toutes les femmes d'une manière générale le sont, mais là j'ai eu le privilège de goûter à un florilège d'hypocrites. On ne me voulait pas pour ce que j'étais mais pour ce que je représentais. Ce chanteur riche, célèbre, et « sexy ».

Comme je le craignais, j'ai fait un blocage. Plus d'inspiration. Je voulais écrire sur quelque chose qui me touchait et je me sentais tellement vide. Ce n'était pas obligatoire que je parle d'amour. Je pouvais écrire sur la colère, l'amitié, la guerre, la paix ou même la météo ! Mais non, rien. Une coquille vide sans inspiration. Je me sentais tellement seul.

Pour la première fois je gardais mes sentiments pour moi. Je ne pouvais pas en parler à Alice. Je l'aurais inquiétée plus que mesure et de tout façon elle n'aurait rien pu faire. Et puis comment lui expliquer en la regardant dans les yeux que malgré tout son amour je me meurs ?

J'avais pleinement conscience que j'étais pitoyable. Je veux dire, j'avais tout. Une famille aimante sur qui je pouvais compter, l'argent me mettant hors du besoin je peux dire définitivement car je n'ai jamais rien dilapidé, je vivais de ma passion. Alors être malheureux alors que certains étaient obligés de travailler des heures et des heures toute la semaine pour un salaire révoltant, ce n'est même plus pitoyable car je ne méritais aucune pitié. C'est inadmissible.

Pourtant, malgré tout, je n'aspirais plus à rien dans la vie. Alors à quoi bon continuer ? J'avais déjà vécu le meilleur que je pouvais espérer. Au fond de moi j'étais persuadé qu'il m'était impossible de rencontrer le vrai amour. Peut-être même me disais-je que j'étais incapable de tomber sincèrement amoureux. Est-ce si risible à entendre ? Je ne le crois pas. Ce sont souvent les âmes les plus torturées qui ont besoin des sentiments forts, profonds. Je ne voulais pas me contenter de me dire que « cette femme » était « pas mal ». Je voulais me dire qu'elle était exceptionnelle. Mais une femme exceptionnelle peut-elle vraiment exister en dehors de mes rêves chimériques ?

Oui. Je l'ai découverte ce soir là. Au détour d'une rue sombre. Peut-être même la dernière rue que j'aurais traversée si elle ne s'était pas trouvée là. Le pont au fond m'appelait depuis trop longtemps. Mais quelque chose à détourné mon attention. Ou plutôt quelqu'un.

Je ne lui dirai jamais, mais même ensanglantée et ruée de coups elle était magnifique. J'ai été subjugué d'ailleurs, autant par l'horreur de la situation que par son corps. Impossible de la laisser. Quand les secours sont arrivés j'étais dans un état second. Grâce aux relations père-fils j'ai pu monter dans l'ambulance. Pas avec elle car j'étais à l'avant mais au moins j'étais prêt d'elle. Et quand j'ai dû la laisser pour qu'elle aille faire des examens et se faire soigner j'ai senti ce vide en moi.

A l'époque je n'ai pas pu l'identifier. Mais aujourd'hui je sais ce que c'était. Je ne croyais pas au coup de foudre, et pourtant j'en ai été victime. Mais j'étais tellement inculte de l'amour que je n'ai pas su le reconnaitre. Mais cela encore je ne lui dirai pas. Je crains trop qu'elle ne prenne peur. Un coup de foudre c'est violent, puissant, aveuglant mais tellement éphémère. Pourtant, je sais que ce que je ressens aujourd'hui perdurera. S'éternisera même.

Pourquoi ? Parce que ce coup de foudre s'est transformé peu à peu en un amour sincère.

Quand elle fut réveillée et que je croisai pour la première fois son regard chocolat, j'ai cru défaillir. Je me rends compte qu'en disant ça j'ai l'air d'une nana. Mais c'est pourtant le terme. C'est comme si plus rien n'existait autour de nous. Je voulais rester plongé dans cette fontaine sans fond.

Mais que lui dire ? Je ne savais rien d'elle. Alors je me suis présenté. J'étais pourtant certain qu'elle me reconnaitrait vite. Pourtant je lui ai donné mon vrai nom. Peut-être voulais-je qu'elle me voit vraiment. Quel ne fut pas surprise quand j'appris qu'elle était amnésique ! J'étais triste pour elle évidemment, mais au fond de moi j'avais un certain espoir. Avec elle j'allais pouvoir me comporter comme n'importe qui. Je voulais me rappeler de ce que c'était.

Mais je voulais aussi la connaitre et l'aider. Au moins pendant ce temps je ne pensais pas à ce qui m'avait amené dans cette ruelle. Quand je la vis pleurer à l'écoute de cette chanson française j'eus le cœur brisé. Mon français était loin, mais je comprenais vaguement la chanson et je savais qu'elle était extrêmement triste. Si elle lui rappelait quelque chose c'est qu'elle souffrait. Pourtant je voulais la protéger de tout ce monde impitoyable que je ne connaissais que trop.

J'ai compris qu'il était temps de rechercher activement qui elle était. Le fait qu'elle comprenne cette chanson aussi facilement malgré son amnésie me donnait un indice précieux. Le lendemain j'ai donc entrepris de faire tous les hôtels de la ville pendant que je savais qu'Alice s'occupait d'elle.

Qu'est-ce que j'ai cru désespérer ce jour là ! Obligé de flirter avec les trois-quarts des réceptionnistes des hôtels de la ville, de signer des autographes, me laisser prendre au jeu des photos… Et surtout, toujours garder le sourire. Pourtant, pour elle j'étais prêt à n'importe quoi. Même à remettre ce costume de star que je haïssais tant depuis quelques temps.

Et quand la réceptionniste de ce petit hôtel m'a confirmé qu'elle avait bien une jeune fille correspondant à ma description qui était logée dans son hôtel, tout le poids de la journée disparut soudainement. Encore un tout petit effort et je pourrais savoir qui elle était vraiment. La réceptionniste a commencé par me donner son nom. Isabella Swan. Un mélange d'italien et d'anglais. Etrange. Une promesse de places VIP pour mon prochain concert plus tard je réussis à pénétrer dans sa chambre. Simple, les valises à peine défaites. Quelques photos cependant sur la table de nuit. Je m'emparais de l'une d'elles et l'observai. Pour la première fois je voyais un rire franc sur ce visage.

En fouillant davantage je découvris un carnet avec les numéros. Au début son père a cru à une très mauvaise blague. Mais il comprit vite que j'étais sérieux. J'appris alors pour son petit frère et compris ainsi ses larmes. Puis je promis de m'occuper personnellement d'elle jusqu'à leur arrivée. Au fond de moi je redoutais cette échéance.

Quand j'ai décidé de tout lui avouer à ma clairière je ne me suis jamais senti aussi bien. Peut-être était-ce son silence qui était tellement… intense. Il disait plus que tous les mots. Elle brava toutes ses peurs du contact en me prenant sa main. Moi j'aurais aimé me blottir dans ses bras et pleurer comme un enfant pleurerait dans les bras de sa mère. Je savais au fond de moi qu'elle me pardonnerait toutes mes faiblesses bien que ne le méritant pas.

Mais le plus dur de toute ma vie ne faisait que se profiler : la laisser partir. Jamais je n'aurais pensé vivre pareille douleur. Pour autant, contrairement à avant sa rencontre, je ne désirais pas en finir avec la vie. Pourquoi ? Justement parce que je vivais. Je veux dire, aimer, haïr, adorer, détester, être apaisé, être en colère, tout cela ne fait que montrer que vous êtes vivants. Avant sa rencontre je ne ressentais rien de ces sentiments et c'est pour cela que je voulais en finir avec la vie. Mais là, j'étais vivant. Je ne me sentais pas pour autant mieux, au contraire, mais je vivais.

Quand j'ai recommencé à composer grâce à Alice, je ne me suis pas posé une seule question sur les sujets de mes chansons. Cela venait tout seul. One night racontait ma rencontre avec Bella. Tout ce que cela avait provoqué. Tous les changements dans ma vie.

Smile again était quant à elle directement écrite pour Bella. Je voulais trouver toutes ces choses qui lui permettraient de retrouver sincèrement le sourire. Chansons après chansons je racontais tous les sentiments par lesquels j'étais passé ces derniers mois. Tous mes doutes, mes douleurs, mes solitudes. Je ne savais pas ce que cela donnerait à la fin, mais j'écrivais, je composais. Etrangement c'est sa berceuse qui m'a posé le plus de problèmes. Pourtant elle était déjà composée en partie. Mais justement. Je me revoyais encore l'imaginant alors que je regardais Bella dormir. J'avais cette frustration de ne plus pouvoir le faire et même d'avoir cette peur de ne plus jamais la revoir. Alors j'avais du mal à compléter ma berceuse. Je ne réussis à le faire que quand je me promis à moi-même de la retrouver un jour afin de pouvoir la revoir sourire, rire, me parler avec ses yeux envoutants et même dormir.

Finalement, la dernière composée fut peut-être la plus importante. Elle était le bilan de tout mon cheminement. Alive. J'étais à nouveau vivant. En la composant je fus frappé par un détail insignifiant mais tellement ironique. Entre « Alive » et « Alice » il n'y a qu'une lettre de différence. Il est vrai que ma sœur est très vivante. En fait elle porte merveilleusement bien son prénom, et au fond de moi je lui dédicaçais cette chanson autant à elle qu'à Bella.

D'ailleurs, quand elle se présenta chez moi avec les billets d'avion, j'ai cru que j'allais l'étouffer avec mon étreinte tellement j'étais heureux de son initiative. Le temps de prévenir ses parents et son frère de notre arrivée et nous étions tous les deux dans l'avion.

Je sentais qu'Alice me cachait quelque chose, mais je préférai ne rien lui demander. Elle avait accepté de garder le silence sur tous mes agissements de ces derniers mois alors je respectais le sien. Plus tard quand elle me parla de son projet de s'installer à Paris, j'étais heureux pour elle, sincèrement. De plus je savais qu'elle ne serait pas seule. Mais je pris également conscience que tout était peut-être en train de se jouer. La veille j'avais pris conscience au parc d'attraction à quel point je tenais à Bella. Moi aussi je rêvais de tout plaquer et de rester ici. Mais où est vraiment ma place ? Le temps nous le dira je pense.

Quand j'ai vu Bella à l'aéroport, mon cœur a fait un bond dans la poitrine. Deux raisons à cela. J'étais sincèrement heureux de la revoir. Mais j'étais aussi affolé de voir qu'elle était peut-être dans un pire état que la dernière fois où je l'avais vue. Si moi j'avais avancé, ce n'était vraisemblablement pas son cas. Mais je vis aussi cette lueur s'allumer dans son regard à mesure qu'elle comprenait que nous étions vraiment là.

Et je vis tous les changements qui s'opéraient au fur et à mesure des heures. Quand elle s'endormit dans le canapé je ne savais que faire. Emmett non plus d'ailleurs. Alice me donna un coup d'œil encourageant. Je posai délicatement ma main sur son épaule et ne perçus aucune réaction. Je la pris alors le plus délicatement possible dans mes bras.

Ce moment fut mon paradis. Je la tenais pour la première fois dans mes bras. Je n'avais jamais été aussi proche d'elle et étrangement, aucun moment ne fut aussi intime que celui-ci à cette date. Je ne pus m'empêcher de déposer un tendre baiser sur son front avant de partir. Mon souhait fut alors récompensé. Je pouvais la voir dormir. Toujours aussi belle.

Le lendemain matin je compris qu'elle avait intercepté notre conversation avec son frère. Quand elle déposa un baiser sur sa joue ce fut tellement… intense. Pourtant ce geste peut paraitre anodin. Toutefois, il était très loin de l'être. C'était le plus beau cadeau qu'elle pouvait lui faire. Même s'il n'avait rien dit et qu'il n'est pas de nature jalouse, je sais qu'il aurait voulu être à ma place pour la ramener dans sa chambre alors qu'elle dormait. Mais il savait qu'elle avait besoin de temps. Ce geste avait fait monter des larmes à ses yeux, nous avions tous pu le voir.

D'ailleurs je me rappelle encore aujourd'hui que cette journée avait été forte en émotion. J'avais assisté ensuite à un coup de foudre entre le thérapeute de Bella et ma sœur. Le pire c'est qu'il est le frère de sa future associée. Je ne pus m'empêcher d'être attendri, mais je le surveillerai de prêt. Même s'il aide beaucoup Bella je ne lui permettrai pas de faire du mal à ma petite sœur.

Mais il est vrai qu'il l'aide vraiment. Nous étions loin d'imaginer qu'elle trouverait le courage de reprendre les cours et surtout de se tenir à sa résolution. J'ai tellement angoissé le jour de sa reprise. Mais finalement tout s'est bien passé.

Et finalement, à la fin de cette journée pleine d'émotions, j'avais trouvé le courage de lui donner mon disque. J'avais tellement peur de sa réaction. Quand elle m'a montré la pile de CDs dont j'en étais l'auteur qu'elle avait, je me suis demandé comment elle avait réussi à se les procurer. Puis j'ai compris qu'elle les avait d'avant. J'en fus heureux mais aussi anxieux au fond de moi. Et si elle était autrefois une groupie comme les autres ? Mais je me refusai de penser cela. Et quand bien même c'eut été le cas, la Bella d'aujourd'hui est quelqu'un qui me voit tel que je suis aujourd'hui. C'est pourquoi je voulais lui dédicacer cet album. Elle était mon inspiration mais aussi la force qui m'avait permis de l'écrire.

Quand je vis cette lueur dans son regard, je sus que j'avais eu raison. Je ne regrettais vraiment en aucun cas la confiance que je lui avais offerte. Mais quand vint le moment de la laisser mon cœur se fut lourd et je le fis à contrecœur. Ce soir là j'eus du mal à trouver le sommeil. J'aurais dû comprendre pourquoi, mais il m'a fallu une photographie le lendemain pour que le déclic se fasse.

Alors que je regardais ce cliché complètement anodin, juste une bande d'amis s'amusant à un parc d'attraction, j'ai vu le sourire sincère de Bella. Et je me suis surpris à rêver de goûter à ses lèvres. A me dire combien elles devaient être douces. Et alors j'ai compris ce qui était pourtant évident. Toutes mes actions n'avaient été guidées que de par les sentiments que j'éprouvais à son égard.

Pourtant, j'ai cru que cet amour ne serait qu'à sens unique. Et surtout, pour moi, après ce qu'elle avait vécu il m'était inconcevable qu'elle arrive à être suffisamment courageuse pour faire confiance à nouveau à quelqu'un à ce point là. Et une fois encore c'était mal la connaitre.

Quand je suis entré dans sa chambre ce soir, c'était après avoir fait un certain nombre d'aller-retour entre ma chambre et la sienne. J'avais peur que mes émotions me trahissent. Elles avaient déjà été mises à rude épreuve après l'accident. Elle ne comprend donc pas à quel point sa vie m'est importante et indispensable. Mais une fois de plus elle a montré son caractère désintéressé. Nous aurons au moins gagné quelque chose de cette histoire : elle reparle. Sa voix est aussi enchanteresse que ses yeux. Je ne me lasserai certainement jamais de l'entendre.

Mais ce n'est pas tant le son de sa voix que le contenu de ses paroles qui m'ont désarçonné. C'était comme si elle m'avait fait une déclaration d'amour. Elle avait besoin de moi. Elle me voulait à ses côtés. Elle était prête à sacrifier sciemment sa vie afin de me sauver.

Les larmes qui coulaient sur sa joue étaient tellement belles. Elles étaient pures, innocentes et si profondes. Je ne pus m'empêcher d'approcher ma main afin de les recueillir. Sa joue était tiède et infiniment douce. L'amour qui m'habitait me submergea alors. Il me fut impossible de le retenir. Je sentis qu'il fallait que je le lui dise. Que c'était maintenant ou jamais.

Alors je lui ai raconté tous mes secrets ou presque. Alors je lui ai dit que je l'aimais. Mais je pensais qu'elle serait gênée ou qu'elle partirait. Il n'en fut rien. Elle resta et m'affirma que mes sentiments étaient réciproques. Je sais aujourd'hui que cette nuit est la plus belle de ma vie avec celle de ma rencontre avec elle.

Je ne pus m'empêcher de rapprocher mon visage. Mon envie de goûter à la saveur de ses lèvres était trop grande. Une fois de plus elle ne me repoussa pas. J'étais au paradis. Mais je savais qu'il ne fallait pas pousser ma chance. Je rompis alors le baiser avant de déraper. Je ne suis qu'un homme finalement devant une déesse.

Mais elle ne me laissa pas partir. Elle me demanda de rester dormir avec elle. Et me voilà avec la femme de ma vie dans mes bras. Elle s'est endormie comme un ange. Je la regarde dormir et des millions de mélodies me viennent à l'esprit. Une bulle a été créée, et tant que nous serons dedans rien ne nous arrivera. Elle ne fait qu'être dans mes bras, et pourtant ce moment est des plus intimes. Il vaut presque toutes les caresses du monde. Nous sommes justes ensembles, enlacés, à nous aimer.

Demain est un autre jour, et en attendant je compte bien profiter de ma nuit.