Chapitre 14 : Terrible attente
Mon père m'obligea à rester dans la voiture. Malgré mon envie mes jambes n'auraient pas pu soutenir mon poids. Je n'avais aucune force.
L'image que j'avais devant moi se figea dans mon esprit.
Charlie et Alice étaient partis parler à ce qui semblait être le chef des pompiers. Je les voyais faire des gestes, sûrement afin d'imaginer la scène.
Où étaient-ils ? Mes yeux balayaient l'endroit de long en large pour essayer de repérer l'un de mes deux amis. J'ouvris la portière puis avança vers l'épave de la moto. Le choc avait dû être très violent. Je supposais que la moto avant foncé dans la voiture d'Edward.
Je sentis une main se poser sur mon épaule. En me retournant, je fus surprise de le voir.
Edward ! Je suis soulagée de te voir. Mes larmes coulèrent à flots.
J'ai essayé de l'éviter mais il s'est jeté sous mes roues.
Il est ?…
Non enfin … je ne crois pas ça fait cinq minutes qu'il a été emmené par l'ambulance
Je l'enlaçais de toutes mes forces.
- On ne doit pas tarder, ils tiennent absolument à m'y emmener,dit-il en montrant ses sauveteurs de la tête.
Tu n'as rien ?
Non t'inquiètes pas, plus choqué que blessé.
Monsieur, vous pouvez nous suivre SVP ?
Un ambulancier s'était approché de nous.
Je veux vous accompagner !
Bella, restes avec ton père.
Certainement pas ! Il a fait ça pour toi à cause de moi. Je dois être à son chevet. C'est mon devoir, je l'aime.
Bon d'accord mais ne perdez pas de temps Melle !
Juste le temps de prévenir mon père.
Nous arrivâmes en 6 minutes 23 plus tard aux urgences. Après plusieurs visages différents et plusieurs dizaines de minutes, une infirmière m'indiqua la chambre de Jake. Il était encore là. Parmi nous. Pour combien de temps, je ne sais pas mais j'avançais vers lui.
Il était étendu sur ce lit, endormi. Arborant malgré lui son beau torse nu tout bronzé. Il était relié à différentes machines. Cette scène me donna des frissons. Un son de doux battements de cœur en jaillit. Il vivait. C'est tout ce qui importait.
Il portait différents bandages aux bras, aux jambes et à la tête. Je vins lui tenir la main lorsqu'une infirmière entra.
Oh excusez moi, je ne vous avez pas vue entrer.
Je plissai mes lèvres pour esquisser un sourire.
- Je n'en ai pas pour longtemps.
- Faites !
Après un silence.
Votre petit ami a vraiment eu de la chance. Nous l'avons sauvé in extremis. Il est arrivé à temps… Vous faites un très joli couple si je puis me permettre.
Dans cette dernière phrase, on pouvait sentir de la jalousie. Elle était jeune et devait tout juste sortir de l'école. C'était une très belle femme et je suis sûre qu'elle ne devait pas avoir de mal à trouver chaussure à son pied.
A ces mots « petit ami », je répondis.
- Oui, merci
Pourquoi oui ? On est officiellement meilleurs amis non pas fiancés. Ce qu'il a fait ce soir est tout de même la meilleure preuve d'amour que l'on m'avait faite… J'espère que de là où il est, il ne m'a pas entendu prononcer ces mots sinon il saura me le ressortir.
Je pris à nouveau sa main des deux miennes, quand l'infirmière quitta la pièce.
Jacob ? Jake, tu m'entends ?
Il était si paisible. L'infirmière qui m'avait indiqué sa chambre m'avait annoncé qu'il avait été placé dans un coma artificiel suite au traumatisme qu'il avait eu. Elle m'avait bien expliqué que ce ne serait que temporaire. Je priai haut et fort pour qu'il puisse se réveiller le plus tôt possible. Alors que je commençais à m'endormir dans le fauteuil placé à côté de lui, Edward me réveilla d'une caresse de sa longue main.
Bella réveilles toi,chuchota t-il comme pour ne pas réveiller le blesser.
Quoi ? Euh ça fait longtemps que je suis là ?
Non peut être 1h30mn je ne saurais te dire. Je vais te raccompagner tu as besoin de dormir et les infirmières ont pour ordre de nous prévenir dès qu'il se réveillera. Jour et nuit. Je leur ai laissé mon numéro de téléphone.
Tu es un amour. Te l'ai-je déjà dit ?
Euh sûrement mais je ne m'en lasserai jamais.
J'aimerai réellement qu'il se réveille au plus vite.
Crois moi, moi aussi.
Je me dirigeais pour la dernière fois de la journée vers mon meilleur ami pour lui embrasser le front et lui dire doucement que je l'aimais. Pour la vie.
- Je reviens demain c'est promis. Tu auras intérêt à ouvrir les yeux garçon !
…
Je vais conduire,dis-je à Edward sur le parking de l'hôpital en essayant de lui prendre les clés.
Certainement pas !
C'est toi qui a eu un accident il y a si peu, pas moi
Tu as été aussi choquée voire même plus que moi par cet événement. Donc JE conduis.
Il m'embrassa dans mon cou.
J'abdique. De toute façon je n'ai pas la tête à ça ce soir. Je risquerai peut être plus à en provoquer un autre.
Je ne voudrais pas te voir blesser mon cœur tu es beaucoup trop importante pour moi.
C'était la première fois qu'il me surnommait ainsi, cela parut tout naturel. Pour moi aussi tu es tellement important si tu savais. Je passais mes bras autour de son cou pour l'attirer jusqu'à mes lèvres. Depuis quand ne l'avais-je pas embrasser ? Cela me parut une éternité. Ca m'avait manqué. Il était tendre et je perçus une de mes larmes couler sur ma joue. Enfin … je croyais au début.
C'était lui qui au rythme de notre échange pleurait. Sa langue était agréable comme elle l'avait toujours été. Il savait comment faire fondre une fille. Je n'avais qu'une envie qu'on aille de suite dans ma chambre.
On rentre ? Dit-il en cachant son visage humide.
D'accord, je te suis.
Il m'ouvrit la porte de la voiture d'alice qui avait eu le temps avec mon père de faire les allers retours.
Merci
A ton service.
Tout le long du chemin il me tint la main. En repensant à la journée, je venais de remarquer que depuis qu'il était venu dans la chambre me chercher on ne se lâchait plus. Je devais réellement tenir à lui comme lui tenait à moi.
Arrivés devant la maison, il m'ouvrit à nouveau la portière puis m'aida à sortir. En me voyant tituber par la fatigue, il décida de me porter jusqu'à ma chambre. Bien que cette vision me fit plutôt penser à la scène où après le mariage l'homme porte sa femme pour rentrer chez eux, je me laissais faire. J'étais tellement fatiguée et pourtant grandement envie de lui, de son corps, des ses mains sur le mien.
- Restes avec moi ce soir.
Avec plaisir. Reposes toi maintenant tu en as grand besoin,dit-il en m'allongeant sur le lit le plus délicatement possible. Il me dressa une couverture sur moi puis s'installa à côté de moi.
Je t'aime.
Idem.
Je m'endormis en quelques secondes malgré moi, en gardant en mémoire les visages de mon meilleur ami allongé seul dans cette chambre et celui de mon prince charmant qui était étendu à côté de moi.
