Chapitre 14 – La vengeance des gardes-chiourmes

Par le hasard des résultats, Serpentard et Gryffondor durent s'affronter à nouveau en quatre de finale de la coupe de Quidditch, accentuant les tensions entre les deux équipes. Les rouges et or attendaient sur le bord du terrain, les visages tendus et les gorges serrées.

- Allez ! Vous devez les battre aujourd'hui si vous voulez arriver avant les Serpentard dans le classement ! Les Poufsouffle et les Serdaigle se sont fait écrasés, nous avons encore une chance de les remettre à leur place ! encouragea leur directrice de maison.

En retrait, Amalia attendait, un sourire réconfortant aux lèvres. Ginny était la seule à le lui rendre, confiante en leur stratégie. Une fois que McGonagall eut terminé, la capitaine tenta de gonfler leur estime en rappelant les trop nombreuses injustices qu'ils subissaient au quotidien. Ici, sur le terrain, ils avaient un avantage pour battre les Carrow, et plus largement les Serpentard, à leur propre jeu.

Les enseignantes rejoignirent les gradins à la recherche d'une place au milieu de la foule compacte des habitants du château. Même dans la tribune d'honneur, tous les professeurs et l'ensemble du personnel de l'école s'étaient donnés rendez-vous pour ne pas perdre une miette du spectacle qui s'annonçait. Une pluie fine et continue tombait sur le public qui s'abritait à l'aide de parapluie, bonnets ou enchantements. Amalia se retrouva bien malgré elle au milieu d'une rangée et très vite, sentit qu'une main la poussait à s'asseoir sur l'une des deux places vides. Severus se tenait dans son dos, une expression imperturbable masquait ses émotions. Elle s'installa après s'être assurée que McGonagall avait trouvé un endroit où se mettre, à côté du professeur Chourave. Puis, emmitouflée dans sa cape, elle tendit sa baguette vers le ciel. Le sortilège d'Impervius se déploya au-dessus de leurs têtes dans un rayon court, contraignant le directeur à se rapprocher de sa femme.

- Hum, tu nous fais l'honneur de ta présence aujourd'hui ? demanda-t-elle d'une voix détachée.

En public, ils se devaient d'être distants.

- Je ne veux pas rater l'écrasante victoire annoncée des Serpentard sur les Gryffondor, répliqua-t-il d'un ton piquant.

Amalia roula des yeux et cacha son sourire dans son écharpe. Quelque chose remonta le long de son genou et rejoignit l'intérieur de sa cuisse. Dans les replis de leurs capes, la main chaude de Severus assurait à sa compagne de sa présence dans une rencontre à risque. Les Carrow s'avancèrent sur la pelouse, leurs balais à la main. Ce fut le moment que choisit le sorcier pour se pencher à sa droite et murmurer à l'oreille de la jeune femme :

- J'espère que tu ne me feras pas la tête ce soir…

- Pour quelle raison je te prie ? souffla-t-elle le plus bas possible.

- La dernière fois que Gryffondor a perdu, je me suis retrouvé à admirer la chute de tes reins car tu n'as pas daignée m'adresser la parole et tu t'es tournée de ton côté du lit.

L'attention du directeur se reporta sur le terrain, les surveillants avaient pris leur envol et lancé les différentes balles, Ginny et l'autre Attrapeur étaient déjà à la recherche du Vif d'or.

- Ne sois pas bête, c'est moi qui vais devoir te consoler après la défaite de tes petits protégés, acheva Amalia avec satisfaction au moment où un premier but en faveur de Gryffondor provoqua des applaudissements dans la foule.

Cependant, sur le panneau d'affichage surplombant le terrain, les chiffres indiquant les scores ne bougèrent pas. Le professeur de métamorphose sortit discrètement de sa manche sa baguette et la pointa pour faire apparaître les dix premiers points de son équipe. Mis à part sa voisine, personne ne put affirmer d'où venait le sortilège mais les huées qui étaient nées dans les tribunes se changèrent en acclamations.

- Tiens, c'est étrange non ? s'étonna d'un ton ingénu Amalia. Les arbitres auraient-ils du mal à additionner zéro et dix ?

Severus demeura les lèvres pincées et les yeux rivés sur le match. La stratégie mise en place par leur ancienne directrice de maison porta encore ses fruits. Les Gryffondor ne menaient pas le jeu, ils le survolaient littéralement. Les spectateurs n'arrivaient à suivre les actions tant elles étaient fluides, rapides et dévastatrices pour le camp d'en face. Ginny était survoltée, galvanisée par les encouragements d'une majorité de l'école. Elle passait d'un bout à l'autre du stade pour organiser ses troupes et limiter le nombre de buts encaissés par son équipe. Après vingts minutes le score était de 80 à 20.

Sur leurs balais, les Carrow grimaçaient, leurs tactiques injustes étaient parées et si par malheur l'Attrapeur rouge et or s'emparait de la minuscule balle dorée, Serpentard dégringolerait dans le classement. Alecto s'éleva au-dessus de son frère et scruta le ciel à la recherche de cette échappatoire. La pluie rendait l'observation difficile mais derrière une des tours, elle aperçut des mouvements furtifs.

- HARPER ! hurla la Mangemort. Là !

Son gros doigt boudiné désignait le sommet d'une des tourelles des gradins ce qui n'échappa pas à l'adversaire. La chevelure rousse de Ginny flottait au vent, elle fonça en direction des spectateurs, cherchant à couper le chemin à l'Attrapeur des Serpentard. Dans son dos, un sortilège fendit le ciel et la rata de peu.

- Par Merlin ! s'exclamèrent les enseignants qui s'étaient levés d'un bond pour s'assurer que l'élève n'ait rien.

- C'est inadmissible ! Depuis quand un arbitre attaque-t-il l'un des joueurs ? s'insurgea Minerva, scandalisée.

Les murmures des autres professeurs l'accompagnèrent mais personne n'osa interpeller le directeur resté impassible. Sa main était toujours posée sur la cuisse d'Amalia qu'il serrait de toutes ses forces pour l'empêcher d'intervenir. Consciente depuis leur sortie à l'opéra des menaces qui pesaient sur tous les êtres vivants autour d'elle, la blonde se retint, la mâchoire crispée, des larmes de colère lui montaient aux yeux.

Dans les airs, la capitaine de Gryffondor accéléra, imperturbable. A ce moment, Ginny pensait à Harry, à ce qu'il aurait fait pour braver à sa manière les Carrow, à son équipe aussi dont l'intégrité physique était liée à la capture du Vif d'or. Elle devait l'attraper, c'était son rôle et même si c'était la dernière chose qu'elle ferait avant de tomber de son balai.

Des traits dorés passaient devant elle, les minuscules ailes de la balle s'agitaient sous le filet de pluie qui les séparait. Ginny tendit les doigts, s'agrandit pour gagner quelques centimètres. Ses yeux se plissèrent comme pour intimer l'ordre au Vif d'or de s'arrêter. Et puis soudain, l'objet enchanté ralentit et termina dans la paume de l'Attrapeuse. Lorsqu'elle se retourna, l'air hébété, elle demeura prostrée sur son balai, la sphère lovée dans sa main.

Les hurlements de joie qui lui parvinrent étaient étouffés, elle avait réussi. Ce furent des dizaines de gestes amicaux de tous ses coéquipiers et des autres élèves de Gryffondor venus sur le terrain, qui la tirèrent de ce rêve éveillé. Ginny Weasley, capitaine de son équipe de Quidditch, avait attrapé le Vif d'or et permit à tout une école de se venger de l'oppression Mangemort.

- Miss Weasley ! s'exclama enthousiaste sa directrice de maison. Vous avez été épatante ! Félicitations ! Même si les arbitres n'ont pas encore sifflé la fin du match, c'est une victoire in-con-tes-ta-ble ! gloussa-t-elle.

Au-dessus de leurs têtes, les Carrow tournoyaient tels des vautours, hésitant à fondre sur la foule pour soulager leur colère. Dans les gradins, Amalia ne retenait plus le sourire sincère qui élargissait ses traits alors que son époux se leva et disparut dans un claquement de cape. Elle suivit le mouvement des habitants vers le château, heureuse de se joindre à la fête qui s'annonçait.

Étonnement, le concierge remonta la foule en trottinant, agitant un fanion aux couleurs des vainqueurs. Miss Teigne miaulait sur ses pas, surprise par tant de ferveur de la part de son maître. Amalia en comprit la raison lorsqu'elle constata que sa belle-mère faisait partie du petit groupe d'employés de Poudlard qui participait à l'allégresse générale. Rusard avait un faible pour elle, il n'y avait là aucun doute possible.

Dans l'euphorie qui agitait le château, deux ombres passèrent à toute vitesse les portes en chêne de l'entrée, les gens s'écartèrent sur leur chemin. Malheureusement, le vieux concierge ne les avait pas entendus arriver et demeura dans le passage au moment où Alecto Carrow déboula sur l'escalier principal.

- Dégage le Cracmol ! éructa-t-elle, bousculant Rusard.

Il tomba à terre et Amycus en profita pour lui assener un coup violent dans les côtes, provocant l'hilarité de sa sœur. Le Mangemort allait répéter son geste quand un sortilège de Fouet Incandescent lui maintient le pied en arrière.

- Aaaaaaaaaaah ! hurla-t-il de douleur.

- Arrêtez-vous immédiatement ou le directeur en entendra parler ! tonna une voix forte.

- Lâchez mon frère espèce d'idiote ! cracha Alecto.

Toutes les personnes présentes s'étaient déjà retournées vers l'origine de cette intervention, découvrant le professeur d'Histoire de la Magie, sa baguette tendue d'où un fouet rougeoyant sortait.

- Que quelqu'un aide notre concierge à se relever s'il vous plaît, demanda-t-elle à l'assistance avec le plus grand calme.

Hébétés mais conscients de la situation, les spectateurs vinrent en aide à Rusard et le conduisirent jusqu'à l'infirmerie, Amalia attendit qu'il soit hors de vue pour relâcher sa prise. Alecto en avait profité pour mettre en joue sa consœur.

- Baissez-tous vos baguettes, ordonna la voix grave de Severus.

Le directeur descendit les marches, d'un pas impérial, figeant de terreur tout le personnel témoin de la scène. Amalia s'exécuta, les yeux baissés.

- Toi, tu viens avec moi, articula-t-il à son encontre. Et vous autres, disparaissez !

Telle une nuée de moineaux, les capes s'agitèrent et en quelques instants, les surveillants, le directeur et sa femme se retrouvèrent seuls.

- C'est aussi valable pour vous, ajouta-t-il d'un ton sec.

Amycus remit en ordre ses vêtements et balaya de la poussière invisible de ses épaules avant de passer tout près d'Amalia et de lui glisser :

- Tu ne perds rien pour attendre…

- Non, je ne crois pas. Vous êtes là pour sanctionner les élèves, je m'occupe des professeurs, coupa Severus avec un regard glacial. Fin de l'incident.

Il saisit le bras de sa compagne et l'entraîna dans les couloirs déserts du château jusqu'à un réduit servant de placard à balai où il la força à entrer.

- C'était quoi ce spectacle ? lui reprocha-t-il à voix basse dès que la porte fut refermée. Je sais que ce que tu as vu à l'opéra t'a marquée mais par pitié, laisse Rusard endurer ce que son corps l'y autorise !

La jeune femme le regarda, les sourcils froncés. Et spontanément, elle relâcha les épaules et pencha la tête de côté sans prononcer une parole. L'expression contrariée de son époux laissa place à la stupéfaction de ne pas être contredit puis il se laissa gagner par le sourire tendre de sa compagne. La lumière du soleil formait une auréole autour de la silhouette d'Amalia, renforçant les teintes de blancs et de blonds dans ses cheveux. Elle le fixa, les yeux relevés alors que son menton était penché en avant comme Lily aimait le faire pour qu'il change d'avis ou se calme quand il s'emportait. Après un bref soupir, il l'attira dans ses bras et la serra de toutes ses forces jusqu'à ce qu'un léger ronronnement de contentement lui assure qu'elle avait bien compris le message.

oOo

Amalia précéda Severus à la sortie du placard, ils se séparèrent au pied de l'escalier principal afin que l'enseignante rejoignit son bureau dans le cloître. Une main puissante l'attira dans les toilettes du deuxième étage, projetant Amalia dans un souvenir malheureusement récent. C'était la même poigne qui l'avait enlevée sur le quai du Poudlard Express l'an passé. Sans avoir pu se débattre, le professeur se retrouva près des douches, forcée de se mettre à genoux devant l'unique baignoire en maille de la pièce. Elle tenta de se tourner mais une baffe magistrale lui fit danser des étoiles devant les yeux. Encore étourdie par ce coup, on lui saisit la tête par les cheveux et appuya d'un geste sec pour la plonger dans l'eau glacée.

Amalia s'agrippa aux bords du bac pour tenter vainement d'y prendre appui. La semelle d'une botte lui écrasa les doigts, arrachant un cri muet, étouffé par les bulles qui s'échappaient de sa bouche. L'air ne parvenait plus dans ses poumons, sa vue était brouillée par l'eau souillée et trouble. La panique l'avait envahie suffisamment pour que des questions comme qui ou pourquoi, ne lui effleurent même pas l'esprit. L'instinct de survie, comme un réflexe acquis au fil des années, prenait le pas du tout raisonnement.

Puis, aussi inattendu que l'était cette attaque, quelqu'un extirpa la jeune femme de sa prison liquide et lui maintint la tête en arrière.

- Alors on se croit plus maline que les autres hein ? grogna Amycus, crachant presque ses mots au nez de sa collègue.

Sa sœur ricanait d'une manière grotesque, sa manifestation était trop grossière pour témoigner d'un réel plaisir dans ce qu'elle voyait. Le rire raisonna dans toute la pièce carrelée, attirant fatalement son habitante. Dans une cuvette non loin de là, le fantôme de Mimi Geignarde apparut, ses lunettes dépassaient tout juste de la lunette des toilettes qu'elle occupait. Elle battit des paupières, apeurée par les surveillants.

- C'est le Quidditch qui vous met en rogne ? argua Amalia après avoir avalé une goulée d'air et recraché tout ce qu'elle put, un hoquet accompagnant la dernière vague d'eau mêlée de bile.

Cette provocation lui valut un autre voyage dans la baignoire. Quand elle sentit à nouveau ses cheveux ruisseler dans son dos, sa délivrance s'accompagna d'un sortilège douloureux.

- Voilàààà ! C'est comme ça que Rogue devrait te dresser !

Le Doloris devint plus appuyé sur sa poitrine. L'éclair lui parcourait à présent toute la cage thoracique, broyant le cri qui labourait sa gorge. L'emprise était telle que la sorcière ne parvint pas à s'enfermer dans son propre esprit, prise au dépourvue par cette attaque. Quelque chose en elle se débattait mais l'empêchait tout à la fois de se concentrer. Amalia croisa furtivement le regard de Mimi avant de sombrer dans la douleur.

Elle ne resta évanouie que quelques instants puisqu'elle sentit Amycus la basculer encore dans la baignoire, la réveillant de force.

- Le Seigneur des Ténèbres s'impatiente, il estime que tu ne fais pas beaucoup de progrès ! La méthode de Rogue est trop douce à notre goût et nous avons très envie que notre maître nous remercie pour notre investissement dans l'école ! Puisque tu refuses de plier le genou, tu vas mourir !

Le rire guttural hérissa la peau de sa victime, encore secouée par les spasmes de douleur du sortilège. Sa volonté était en train de la quitter. Il lui plongea encore une fois la tête dans l'eau. Amalia n'avait toujours pas repris complètement sa respiration et ne put retenir un toussotement qui lui fit perdre le peu d'air dans ses poumons. Son cœur ralentit et avant de fermer une dernière fois les paupières, elle vit le fond du bac en émaille au milieu de la nuée de ses cheveux, priant pour que Mimi aille chercher de l'aide dans un autre conduit.

- Lâche-la Amycus, coupa la voix glaciale du directeur.

- Aaaaaaaah ! Rogue ! Te voici ! J'expliquais à ta femme que le Maître n'aimait pas attendre… reprit le Mangemort d'un ton joyeux.

Derrière les mots se cachait une menace à l'encontre de son interlocuteur. Bien entendu, Voldemort était trop occupé par la fuite de Potter mais les Carrow feraient tout pour lui être agréable et si possible, servir leurs intérêts. Et quoi de mieux que d'évincer l'actuel directeur de Poudlard qu'ils estimaient trop mou dans la répression de la jeunesse magique.

- Lâche-la, répéta Severus, la mâchoire crispée.

L'homme réaffirma son emprise sur Amalia, la traînant par la nuque aux pieds de son époux. Soudain, une lumière d'un bleu électrique envahit la pièce, précédée de peu par un bruit de lame. Les miroirs de la salle de bain se mirent à vibrer et quand enfin le professeur d'Histoire réussi à ouvrir les yeux, elle découvrit les deux Mangemorts se tordant de douleur au sol, leur sang se rependait autour d'eux. Les flaques d'eau qu'ils avaient provoquées par cette tentative de noyade se teignirent en rouge, diluant les traces de lutte. Le sortilège Sectumsempra avait de nouveau sévi dans les toilettes du deuxième étage.

oOo

La douce voix de Madame Pomfresh attira Amalia vers la lueur des bougies qui dansaient dans l'infirmerie.

- C'est bien, revenez parmi nous, murmura-t-elle.

Tout le côté droit de son visage lui faisait mal comme si elle s'était pris une porte sur l'arcade sourcilière.

- Ils vous ont bien malmenée, compléta la femme. Bon, je vais descendre m'occuper d'eux à présent, je crois que quelqu'un veut vous parler…

La malade sourit faiblement pour rassurer Madame Pomfresh, rapidement remplacée par un Severus à l'air inquiet. Ses paumes chaudes se posèrent sur les joues de sa compagne qui lui saisit les poignets.

- Je vais m'en sortir… souffla-t-elle entre deux battements de paupière.

Elle remarqua que ses avant-bras étaient enfermés dans des bandages très serrés.

- Tu vas devoir passer la nuit ici, tu es encore trop faible pour être bougée.

- Hum… Tu vas avoir du mal à t'endormir ce soir, mon Prince… soupira-t-elle.

- Je peux rester si tu le souhaites.

Il avait la mine livide, l'inquiétude avait grignoté les cernes déjà foncées sous ses yeux et ses cheveux sombres tombaient comme un rideau mortuaire autour de son visage.

- Non, tu dormiras mieux dans notre lit et puis qu'est-ce que Pompom va penser si elle te voit rester à mon chevet ? N'oublie pas, tu es le méchant, je suis la gentille sorcière… rit-elle faiblement.

Ses jambes tremblaient sous les draps, cette agression l'avait plus ébranlée encore que les bons soins de Bellatrix pour une raison qu'il lui échappait. L'émotion lui monta dans la gorge et sans signe apparent, elle s'effondra. Des bras chauds et rassurants la saisir immédiatement, accompagnés de mots susurrés à voix basse.

- Je suis désolée Severus, je suis faible…

- Qu'est-ce que tu racontes ? Tu as su faire face à bien pire. Tu t'en remettras…

- J'ai vraiment cru mourir dans cette salle de bain… sanglota Amalia, les larmes se perdaient dans le cou de son compagnon.

- Chuuuut… Tout ira bien. C'est fini. Je suis arrivé à temps pour les arrêter, Mimi est venue me chercher dès qu'elle s'est aperçue que tu ne t'en débarrassais pas seule. Je demanderai aux fantômes de te suivre au cas où.

- Tu… Tu ne te rends pas compte, je n'ai même pas réussi à utiliser ma magie sans baguette ! J'étais bloquée ! Mon esprit s'est… s'est emballé !

La détresse faisait bafouiller la jeune femme, elle s'agitait dans son lit, repoussant de ses poings son protecteur. Alors pour une fois, ce fut Severus qui lui attrapa les mains et la rassura.

- Pompom a dit que tu étais très fatiguée en ce moment et que tu t'étais plainte de ton dos. Peut-être est-ce que tu devrais prendre du repos, tu en as beaucoup fait pour aider Minerva et Pomona dernièrement. Si ton corps s'épuise, comment veux-tu que ton esprit réagisse ?

Il l'accompagna vers l'oreiller pour la forcer à se recoucher et remonta la couverture jusqu'à son menton.

- Maintenant tu vas prendre cette potion de Sommeil, me promettre d'arrêter de porter des sacs de terreau et t'endormir… Compris ? ordonna-t-il d'une voix douce.

Amalia esquissa une moue boudeuse et marmonna du bout des lèvres un timide « oui ». Après avoir bu son remède, elle posa sa tête sur le nid de plumes et tenta de bloquer les flashs qui lui revenaient en mémoire. A bout, l'enseignante se plaignit :

- Je n'ai pas envie de dormir !

- Laisse le temps à la potion de faire son effet, je reste ici jusqu'à ce que tu t'endormes.

- Je n'y arrive pas !

- J'ai été si pénible quand tu m'as soigné il y a deux ans ?

- Tu étais pire. Quand je t'ai trouvé tu sentais le Sombral ! J'ai même cru devoir te traîner sous la douche et te donner ton bain tellement tu faisais ta tête de mule !

Severus leva le nez pour fixer le mur et un petit sourire ravi lui étira les lèvres à l'évocation de cette possibilité.

- Espèce de cochon ! pesta la jeune femme.

- Il faut bien que j'ai de quoi m'occuper ce soir ! se justifia-t-il. J'admets qu'au début, je ne me serais pas laissé faire mais peut-être qu'avec un peu de persévérance...

Le sorcier déposa un baiser léger qui lui fut rendu. L'agitation s'était calmée dans les yeux d'Amalia.

- Si tu n'arrives pas à t'endormir, tu n'as qu'à penser à quelque chose de plaisant. Tiens, par exemple, que faisiez-vous, Lily et toi lorsque vous n'étiez que toutes les deux ?

- Hum… hé bien… débuta le professeur d'Histoire.

- Ne me racontes pas, montre-moi plutôt…

Severus profita de l'absence de l'infirmière pour s'allonger contre sa femme, la tête posée sur son ventre. Il entra dans son esprit et se laissa porter par le souvenir aussi doux que ceux qu'il avait vu au premier abord lors de leur nuit de noces.

oOo

Lily et Amalia étaient assises dans l'herbe haute du parc, des libellules volaient autour d'elles. L'aînée était dans le dos de la plus jeune des Gryffondor, elle lui nattait les cheveux et y piquait des pâquerettes cueilles à la va-vite.

- Comment as-tu réussi à produire un Patronus si jeune ? questionna Lily, admirative.

- Papa m'a dit de penser à un souvenir heureux mais je n'y arrivais pas. A la place je me suis imaginée quelque chose de plaisant, tu vois ?

- Oh ! C'est ingénieux ! Qu'est-ce que c'était ? insista-t-elle, très curieuse. Un garçon ?

Amalia se mit à rougir.

- Non ! Rooh Lily ! Non !

- Les garçons ne t'intéressent pas ?

- Si bien sûr… C'est juste que… ils sont bêtes.

L'éclat de rire cristallin de la rousse provoqua un pincement au cœur de Severus, lui rappelant à quel point les manifestations de joie de son amie lui manquaient.

- Ils ne le sont pas tous et après, en grandissant, certains deviennent même acceptables comme compagnons, ajouta Lily.

- Comme James ?

- Hum… Oui, peut-être…

- Allez ! Dis-le-moi ! Vous vous voyez ?

- En effet, je ne peux rien te cacher…

- Alors qu'est-ce qu'il y a ?

- … Je m'étais imaginé autrement mon premier petit ami… soupira la préfète.

- Différent à quel point ? réclama sa cadette.

- En tout, figure-toi !

La jeune Amalia se tourna pour comprendre, déchiffrant mal les différentes expressions qui se peignaient sur le visage de Lily.

- Parle-moi plutôt de ton prince charmant. Comment le vois-tu ?

- Déjà il faudra qu'il soit intelligent, comme Papa ! s'exclama d'un ton résolu Amalia ce qui fit à nouveau rire son amie. Ensuite, il me donnera des tas d'enfants ! Et puis il devra bien s'entendre avec toi, c'est une évidence...

Pendant qu'elle parlait, la préfète continua de cajoler la petite fille, entourant ses épaules de ses bras pour la serrer fort contre son cœur. La chaleur et la gentillesse qui émanaient de cette étreinte étaient autant d'éléments qui apaisèrent à la fois les Severus et Amalia du présent.

- Lily ? demanda une voix fluette.

- Oui ?

- Tu... m'aimeras... toujours ?

Le spectateur de ce souvenir n'entendit pas la réponse, Amalia venait de s'endormir. Il sortit lentement de la tête de sa compagne, deux mains s'étaient perdues dans ses cheveux. Sans la réveiller, il les replaça sous le drap et éteignit la bougie qui éclairait le visage serein d'Amalia, juste à côté de sa baguette.

Le directeur quitta l'infirmerie sur la pointe des pieds et, au détour du premier couloir, tomba nez à nez avec Madame Pomfresh.

- Ah ! Excusez-moi Professeur, vous m'avez surprise ! s'exclama la vieille femme, la main posée sur sa poitrine.

La plus grande peur de Severus était de se faire surprendre en position de fragilité auprès d'Amalia, il relâcha donc sa posture quand il se rendit compte que l'infirmière n'avait certainement rien vu.

- Ma femme vient de s'endormir, avez-vous fini de soigner les Carrow ? réclama-t-il d'un ton impérieux, les sourcils froncés.

- Oui, Professeur.

- Bien.

La médicomage inclina la tête et s'engouffra dans son bureau alors que son supérieur empruntait les escaliers vers les cachots. Une fois enfermée, elle souffla de soulagement car les talents de Legilimen de Severus n'étaient plus à démontrer. Elle craignait qu'il ne se rende compte qu'elle l'avait vu avoir des gestes tendres envers sa compagne. L'infirmière soupira. Au final, elle avait eu raison de croire que le jeune Serpentard un peu gauche mais gentil, n'avait pas tout à fait disparu. Et là où l'espoir s'insinuait, la résistance s'affirmait.

oOo

L'état du professeur d'Histoire demeurait préoccupant aux yeux de Madame Pomfresh mais Amalia essaya de la rassurer jusqu'au moment où elle rendit son petit déjeuner à peine sortie du lit. Son dos la faisait toujours souffrir ainsi que sa poitrine quand elle parvint enfin à s'extraire de l'infirmerie, non sans avoir entendu les recommandations de la médicomage.

- Non mais revenez ici jeune fille !

- Pompom… gémit Amalia.

- J'ai vu une marque sur votre omoplate ! Soit vous me laissez l'ausculter, soit je vous interdis de reprendre le travail aujourd'hui !

- D'accord ! consentit à contrecœur l'enseignante.

Les mains de Madame Pomfresh étaient douces et chaudes, il y avait au moins une chose d'agréable dans cette situation. Elle approcha un bougeoir de la blessure et finit par tapoter doucement la cicatrice avec un objet en métal.

- Hum… A l'occasion, il faut rouvrir ! conclut l'infirmière.

- Pardon ?

- Vous avez quelque chose sous la peau, il faudrait l'enlever. Qu'est-ce qui vous a provoqué cette marque ?

- Areum…

Amalia se racla la gorge, après tout elle pouvait à présent expliquer ce qu'elle faisait dans la Forêt Interdite avec Severus puisqu'ils étaient mariés. Plus personne ne viendrait faire d'histoire.

- Alors ? insista Madame Pomfresh. C'est Severus ?

- Non ! s'exclama la jeune femme d'un ton scandalisé avant de reprendre d'une voix plus détendue. Saviez-vous qu'il y avait sur le domaine de Poudlard des marécages ?

- Amalia ?

- Oh ! On dirait Albus lorsque vous prononcez mon prénom ainsi ! Et bien à l'intérieur, il y a une hydre qui y vit…

L'infirmière secoua la tête et roula des yeux au ciel.

- Ne me dites pas que c'est une hydre qui vous a blessée…

- Si, répondit penaude, la jeune femme.

- Bien, il n'y a plus d'urgence car si vous aviez été empoisonnée, les effets auraient été immédiats. Mais au vu de la taille de votre cicatrice, je pense que vous avez une écaille sous la peau. En tout cas félicitations, vous avez réussi à me cacher une blessure qui a dû suinter en plus ! Je ne sais pas qui vous a soigné mais cette personne a fait du bon travail…

Amalia serra les lèvres et évita le regard de sa collègue.

- Ah d'accord ! J'en conclus que vous vous êtes arrangée avec Severus ! gronda la médicomage. Que me cachez-vous encore ?

- Oh, rien de bien méchant ! acheva Amalia avant de s'enfuir.

oOo

Elle mit à profit une heure battante entre deux cours pour s'installer dans le confortable fauteuil de son bureau et subir les délicieuses caresses du soleil tiède sur sa nuque. Après quelques minutes, un doigt agile le posa sur sa tempe et descendit jusqu'à son menton pour la réveiller.

- Bonjour ma Belle aux bois dormants… murmura Severus d'une voix de velours.

- Bonjour mon Prince… Hum, désolée… Je… Je ne pensais pas faire un somme mais j'étais si bien… bafouilla-t-elle en se redressant. Il est quelle heure ? s'affola la jeune femme, une fois ses idées en place.

- Ne t'en fais pas, tu as vingt minutes avant ta prochaine classe. Pompom a dit de te reposer, tu aurais même dû aller dans notre lit…

- Je vais bien !

- Je ne crois pas. Ton corps n'arrive pas à récupérer aussi bien qu'en début d'année, il faut que tu te tiennes tranquille, insista le sorcier, plus autoritaire.

Mais Amalia ne répondit pas, résolue à descendre aux serres dès que possible pour prendre des nouvelles de Hagrid et du Professeur Chourave. D'un coup, son fauteuil pivota pour faire face à un visage qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps.

- Je te défends formellement de tenter quoique ce soit qui aille à l'encontre des ordres du Seigneur des Ténèbres, articula d'un ton glacial le directeur.

Penché en avant, les mains en appui sur les accoudoirs du fauteuil, son expression reflétait une colère froide. Il impressionna Amalia par sa posture mais très vite, elle s'enfonça dans son assise et rétorqua :

- Si tu crois que ce genre d'intimidation fonctionne avec moi…

- Ne me contrains pas à te menacer.

Il conclut sa phrase par un baiser sec sur le front de sa compagne et se redressa. Il pivota, faisait valser les pans de sa cape et quitta la pièce non sans avoir lancé un avertissement.

- Tout le personnel de l'école est convoqué à la fin des cours. Aucun retard ne sera accepté Professeur Rogue-Richards !

Et il claque la porte du bureau sous le regard perturbé de sa femme encore ensommeillée.

oOo

Fort heureusement, à l'heure de la réunion, les étourdissements de cette dernière avaient disparu avec son envie irrépressible de révolte. Dans la pièce aux hautes arches patientaient déjà certains de ses collègues et les murmurent cessèrent à son approche. Ce qu'elle prit pour elle au début, se releva être le silence qui précédait en réalité l'entrée des Carrow et de Severus. Les surveillants marquèrent une pause en voyant Amalia et, après une moue renfrognée, Amycus qui arborait encore une blessure au visage, s'approcha du siège à gauche de celui réservé au directeur. Severus tira le fauteuil et l'orienta vers sa compagne pour l'inviter à s'asseoir. Le message était clair : Minerva étant déjà installée à sa droite en qualité d'ancienne directrice adjointe, la seule place à ses côtés était réservée à son épouse.

Le Mangemort adressa une œillade noire à son supérieur et contourna la table, forcé à aller chercher une chaise à l'opposé. Sa sœur, prise au dépourvu, hésita avant de se retrouver entre Trelawney et une Madame Pince attentive. Du concierge à l'infirmière, tous les adultes se tournèrent vers leur supérieur.

- Je vous ai réunis aujourd'hui afin de vous rappeler un certain nombre de règles suite à l'incident d'hier. Je ne peux tolérer que les enseignants ou le personnel de Poudlard s'adonne à des règlements de comptes puérils, déclara-t-il d'une voix traînante.

Il se redressa et débuta une mise en scène dont lui seul avait le secret. Ses mains se posèrent sur le dossier du siège d'Amalia pendant qu'il parlait.

- Je vais débuter par les rumeurs d'après lesquelles des personnes, ici, dans le château, organiseraient des soirées privatives.

Il descendit ses doigts dans le cou de sa compagne, repoussant ses cheveux pour dégager son cou.

- Si tant est qu'elles existent, ces manifestations sont interdites. Tout manquement à cet avertissement conduirait inexorablement la personne responsable à un renvoi définitif et un aller simple pour Azkaban.

Les sous-entendus étaient pour Hagrid mais c'était sur Amalia que Severus refermait sa main, affirmant sa prise sur l'épaule de sa compagne tout en fixant de son éternel regard pénétrant, le demi-géant qui n'en menait pas large.

- De plus, reprit-il, la discipline a été confiée aux directeurs adjoints que sont Alecto et Amycus Carrow. Je tiens à rappeler…

Ses iris noirs se posèrent à présent sur les gardes-chiourmes, sa main serrant plus fort encore Amalia qui demeura impassible.

- … Qu'ils en ont la charge uniquement pour les élèves. Le personnel de l'école et ses enseignants, sont sous ma responsabilité.

Il insista, appuyant sur l'épaule de la jeune femme jusqu'à la faire céder. Elle s'affaissa dans son fauteuil, la mâchoire crispée. A l'autre bout de la table, le frère et la sœur ne baissèrent pas les yeux, la colère leur fit craquer les jointures de leurs poings.

- Avez-vous des questions ?

- Oui, Professeur, lança d'un ton provoquant Alecto. Il me semble qu'Amycus et moi-même avons les pleins pouvoirs pour assurer l'avenir des futurs dirigeants de ce pays. Si nous estimons que les professeurs ne sont pas en capacité d'appliquer le règlement…

La Mangemort toisa quelques instants les directeurs des quatre maisons avant de planter ses pupilles dans celles d'Amalia.

- Alors il nous apparaît important de modifier les consignes que nous avions édictées en qualité de surveillants.

Severus croisa les bras, attendant le moment les Carrow allaient asseoir leur autonomie face au directeur, prenant à témoin toute l'école. Amalia en profita pour masser son épaule endolorie, pesta intérieurement à l'adresse de son époux :

- J'ai bien compris où tu voulais en venir ! Inutile de me faire un bleu !

Il aurait voulu pénétrer son esprit pour lui répondre mais il se concentra sur son interlocutrice.

- Toutes les retenues devront avoir lieu dans notre bureau. Les professeurs n'auront plus à s'occuper de cette corvée dès aujourd'hui.

McGonagall retint une exclamation pendant que Slughorn s'étouffa avec le thé qu'il sirotait, indifférent au début de la réunion.

- A moins que vous ayez un argument du Ministère allant à l'encontre de cette décision ? renchérit Alecto, trop heureuse de la réaction de peur chez ses collègues alors que son frère jubilait dans son coin.

« Ministère » n'était qu'une appellation pour déguiser les volontés de Voldemort. Sur ce point Severus savait qu'il devait être plus malin que ses directeurs adjoints imposés. Il leva un sourcil d'indifférence et répondit :

- Soit…

Cependant, avant d'avoir pu ajouter quelque chose, l'enseignant de Sortilèges se révolta.

- Enfin, vous ne pouvez accepter que…

- Il suffit Filius. Mr. et Miss Carrow ont été nominés à Poudlard pour reprendre en main la discipline. S'il estime que les élèves ne se conforment pas aux exigences du Ministère, comme je viens de vous l'expliquer, alors, je me dois de leur accorder tous les moyens nécessaires à l'application de ces consignes.

Le demi-gnome allait contester les ordres de son supérieur qui coupa court.

- Ainsi, j'exige de la part de tous les professeurs, le respect de cette nouvelle consigne. Suis-je assez clair ? réclama le Serpentard d'un ton impérieux.

Son enseignant ne répondit pas, préférant baisser les yeux vers ses mains.

- Filius ? insista alors Severus.

- Oui, Professeur, marmonna d'une voix à peine audible le petit homme.

- Avez-vous d'autres points à soumettre à l'assemblée ?

La question du directeur conduit les adultes présents à échanger des regards interrogateurs. Soudain, la voix fluette de Flitwick s'éleva à nouveau.

- Et quand est-il du Poudlard Express ?

- Que voulez-vous dire ? s'étonna Severus, reprenant place en bout de table.

- Les vacances de Pâques approchent et pendant le dernier convoi, des élèves ont été enlevés alors que le train étant sous votre responsabilité. Que comptez-vous faire pour y remédier ?

Le regard du demi-gnome brillait de défiance. Il avait perdu en plus de Luna, deux autres étudiants de sa maison. Les Serpentard avaient été épargnés mais au total, à son arrivée sur Londres, le Poudlard Express avait été délesté d'une dizaine d'élèves.

- Y a-t-il des volontaires pour accompagner nos étudiants jusqu'à Londres et assurer leur sécurité ? questionna le directeur.

Il ne s'attendait certainement pas à ce que sa femme lève le bras.

- Amalia… soupira-t-il, cachant ses yeux dans une main. Qui d'autre ?

Timidement, deux autres membres du personnel se manifestèrent.

- Bien, c'est donc décidé. Si vous n'avez pas d'autre intervention, la réunion est close.

Flitwick sourit de satisfaction et le professeur d'Histoire se redressa d'un coup pour tenter une sortie rapide mais la voix trainante de son époux raisonna dans la pièce.

- Veuillez rester ici, Mrs. Rogue-Richards.

McGonagall et Chourave s'en allèrent, inquiètes de laisser leur collègue seule avec le directeur. Une fois la porte close, Amalia se crispa, les yeux fermés, persuadée qu'elle allait une fois de plus recevoir un déluge de reproches. Pourtant, ce fut une poigne délicate qui l'attira vers la dos du fauteuil directorial et un souffle tiède qui lui caressa la joue.

- Amalia, regarde-moi s'il te plaît… demanda-t-il à sa proie, coincée entre le siège et ses bras.

Elle ouvrit un œil puis deux en constatant que l'expression de Severus n'était pas contrariée.

- J'ai eu le temps d'y réfléchir la nuit dernière et j'en suis venu à la conclusion que même Dumbledore n'a jamais réussi à te mettre au pas. J'en déduis qu'il n'existe rien qui puisse te faire rester calme… Il disait que tu étais comme le vent, indomptable.

Amalia esquissa une moue amusée.

- Mais essaye de te mettre quelques secondes à ma place. S'il… s'il t'arrivait malheur, je ne m'en remettrais pas…

La voix du sorcier se brisa, provoquant un pincement dans la poitrine de sa femme.

- Il ne m'arrivera rien, ne t'en fais pas.

Ses mains remontèrent jusqu'au visage de son aimé qu'elle embrassa, délicatement.

- Tu n'es pas invincible et j'en ai eu l'illustration hier. J'ai bien failli te perdre alors s'il te plaît, fais au moins semblant de t'incliner aux ordres du Seigneur des Ténèbres.

Elle hésita puis consentit à murmurer.

- Je vais y réfléchir… pendant mon voyage sur Londres… si tu m'y autorises…

Severus secoua la tête avant de la prendre dans ses bras.

- Oui, mon indisciplinée Gryffondor.


Prochain chapitre : Don du jour

Note : Bon hé hoooo ! Y'a encore quelqu'un ? (je connais la réponse, je vois les stats !) Pas une review depuis des semaines ! Les vacances ou le texte vous ont fait fuir ?

A la semaine prochaine pour un chapitre qui vous fera bondir !