Hello le monde !

Alors prêts pour un nouveau chapitre ! Il est un peu dur, mais je le trouve très beau ! J'espère qu'il en sera de même pour vous ! :p

Disclaimer : Rien n'est à moi, tout est à JKR, sauf Enora :)

Breffouille !

Bonne lecture à toutes et à tous !
On se retrouve en bas !

Enjoy it !


Chapitre 14

Harry poussa la porte de la vieille boutique, qui émit un « gling » sonore caractéristique, précisant au propriétaire l'arrivée de nouveaux clients. Enora, entrée à la suite de l'Élu et de George, parcourut, de ses yeux ébahis, le magasin de baguettes magiques. La partie, à laquelle avait accès les potentiels acheteurs, était petite ; il y avait tout juste la place d'y être à dix, sans être pour autant trop serré. Face à la porte d'entrée s'élevait un comptoir tout usé par les années. Mais, contrairement à ce que ses amis lui avaient raconté sur le chemin, tout semblait propre et rangé.

Soudain, surprenant la rousse dans son observation poussée du lieu, un homme d'une quarantaine d'années apparut derrière le comptoir. Il portait un veston en velours noir et une veste de costume de la même couleur. Cela contrastait fortement avec sa chemise d'un blanc immaculé. Le quadragénaire avait les cheveux poivre et sel, chose qui lui donnait un air très mature, détonnant avec son visage qui semblait encore enfantin.

- Bonjour à vous trois, leur sourit l'inconnu.

Enfin pas si inconnu que cela pour certains, car, lorsque George et Harry, qui détaillaient aussi la boutique, plongés dans leurs souvenirs, firent face à l'homme, ce dernier élargit de fonction exponentielle son sourire. En effet, il passa d'un sourire amical-commercial à un sourire joie-je-suis-dans-un-état-d'euphorie.

- Harry Potter et George Weasley ! Je suis bien heureux de vous revoir ! Mon père me parlait justement de vous, pas plus tard que ce matin, juste avant l'ouverture du magasin. Est-ce lui que vous venez voir ? Parce que vous savez pertinemment bien que vous n'avez pas besoin de passer par la boutique pour le visiter ! D'autant plus maintenant que je l'ai reprise, vous n'aurez que très peu l'occasion d'y voir mon père. Vous avez même son adresse personnelle..., débita l'homme sans discontinuer. D'ailleurs, en parlant de mon père, comment se porte la famille Weasley et Hermione Granger ?
- Eh bah... Tout le monde va bien, je te remercie Garrick*. Il semble que nous sommes tous à peu près retombés sur nos pieds, sourit George. Et, de ton côté, tes parents** se sont remis de... tout ça ?, demanda le roux, un peu gêné, comme s'il avait failli aborder un sujet tabou.
- Comme vous le savez, mes parents vivent désormais dans une des maisons du Ministère, depuis que la nôtre ait été brûlée durant la Guerre..., expliqua la susnommé Garrick, la voix tremblante, ce sujet étant un de ceux qu'il était difficile d'aborder. Il n'est d'ailleurs pas rare que nous retournions sur les lieux...
- C'est également mon cas, certifia le roux avec force, coupant le quadragénaire dans ses explications.

Enora voyait bien que c'était une partie de sa vie d'avant que son ami n'avait pas encore abordée avec elle. Elle était persuadée que cela le touchait personnellement, et que pour cette raison, George était lié aux Ollivander. Elle se promit de lui en parler un peu plus tard, parce que là, cela risquait d'être malvenu.

- Enfin... Ainsi va la vie, conclut doucement Harry, sortant les deux hommes de leurs intenses souvenirs qui semblaient remonter à la surface. Garrick, nous ne venions pas pour voir ton père, même si nous en serions très heureux. Nous sommes venus te voir tous les trois, dit-il en englobant ainsi Enora, parce que ta boutique est la meilleure pour ce qui est de pouvoir s'acheter une baguette.
- Oh !, sembla-t-il comprendre. Vous avez cassé la vôtre ? Peut-être pourrais-je y jeter un coup d'œil et voir si je peux y faire quelque chose..., proposa le gérant.
- Non, non... la nôtre va bien !, sourit George qui semblait avoir retrouvé un semblant de joie de vivre et qui commençait à s'impatienter quelque peu. Nous sommes venus accompagner notre amie, expliqua-t-il plus clairement en montrant la jeune fille de la main.
- Oh ! Eh bien, dans ce cas, veuillez vous approcher mademoiselle, je vous prie.

La rousse jeta un coup d'œil craintif à ses amis sur sa gauche. Ils l'encouragèrent à s'avancer vers le comptoir. L'homme la regarda dans les yeux quelques instants avant de se redresser, comme pris d'une intense inspiration.

- Hum... Oui... Je vois... Une baguette qui canaliserait votre immense et antique pouvoir..., déclara-t-il d'une voix un peu bizarre, comme s'il était en transe.

En entendant les paroles de Garrick, les trois amis tiquèrent et Enora jeta un regard derrière elle aux deux garçons. Ils la dévisagèrent, aussi surpris qu'elle par les dires du fils d'Ollivander Senior.

- Immense et antique pouvoir, vous dites ?, reprit Enora, surprise.
- Je vois exactement ce qu'il vous faut mademoiselle !, s'exclama le vendeur, ne répondant pas à la question que la rousse venait de lui poser.

L'homme se dirigea, sans plus attendre et sans un mot de plus, vers le fond de sa boutique, longeant de nombreuses étagères remplies de toutes sortes de boites, qui devaient contenir toutes sortes de baguettes. Pour une fois, Enora aurait voulu qu'il parle un peu plus. Néanmoins, Garrick revint rapidement avec un petit carton en forme de pavé, avec un peu de poussière accumulée sur le dessus. Il enleva le couvercle et présenta à la jeune fille ce qu'il contenait. Enora essaya de l'attraper du bout des doigts, mais, avant même qu'elle n'ait fait un seul geste, la baguette s'échappa de son contenant, comme si une force ne voulait pas qu'elle soit « contaminée » par la magie de la rousse. Pas le moins du monde offusqué par ce qui venait de se produire sous ses yeux, Garrick rangea la récalcitrante dans sa boite.

- Bon... Si celle-ci ne fonctionne pas... Peut-être que... Non ? Serait-ce possible ? Père serait drôlement surpris si..., marmonna-t-il dan sa barbe en retournant sur ses pas.

Enora le trouvait un peu bizarre. Cependant, elle lui fit confiance, parce que c'était ce que faisaient ses amis, et qu'ils ne l'auraient pas emmenée ici dans le cas contraire. Ce qui venait de se passer ne semblait d'ailleurs pas choquer ses amis outre mesure, comme c'était normal. Quelques secondes plus tard, elle entendit un homme tousser et elle se douta que c'était Ollivander Junior. Effectivement, il réapparut couvert de poussière de la tête aux pieds. Tandis qu'il venait d'éternuer, celle qui se trouvait sur la boite qu'il tenait entre ses mains s'envola gracieusement, créant de cette manière un petit nuage gris, au travers duquel la quadragénaire passa sans s'en soucier plus que cela. Présentant cette nouvelle baguette à la jeune fille, cette dernière ressentit une véritable attirance pour ce que contenait le coffret rectangulaire, qu'il venait d'ouvrir. Cette fois-ci, elle l'empoigna à pleine main et sentit un fort courant d'énergie pure la traverser de part en part. Pourtant, contrairement à ce qu'elle pensait, elle ne vit aucune rune de quelque sorte que ce soit apparaitre sur elle. Elle se sentait en parfaite symbiose, voire même complète, avec ce petit bout de bois.

- Wow !, s'exclama George, qui avait sentit cette vague de magie, tout comme les deux autres hommes de la pièce, oubliant tout réserve. Garrick avait totalement raison ! Ça canalise ton pouvoir !

Enora, encore surprise par ce qui n'était pas arrivé, ne répondit pas à son ami et ne remarqua pas le sourire satisfait du vendeur. Pour la première fois de la vie, sans qu'il n'y ait une quelconque crise en vue, elle sentait la magie grouiller en elle, circuler dans tout son être. Elle découvrait enfin la sorcellerie, et de cette manière, elle se découvrait elle-même. La voix du propriétaire du magasin la fit sortir de ses pensées.

-Je ne crois pas ce que je suis en train de voir ! Père ne me croira décidément jamais !
- Qu'est-ce que le cas de notre amie a de différent par rapport aux autres ?, demanda George, intrigué par ce que venait de dire l'homme qui leur faisait face.
- La baguette qu'elle a choisie, et qui l'a choisie, est la plus ancienne et la plus puissante de la boutique. Il n'en existe plus de pareille...
- Serait-elle plus redoutable que la Baguette de Sureau ?, questionna Harry, qui cherchait à jauger ce que Garrick voulait dire par puissante.
- Non... Cette Relique de la Mort avait bien plus de pouvoir, mais maintenant qu'elle a été détruite..., expliqua le quadragénaire en laissa sa phrase en suspens pour que son auditoire fasse lui-même les déductions qui s'imposaient.

Harry et George se jetèrent un coup d'œil. Ils savaient parfaitement qui avait anéanti cette baguette.

- Vous voulez donc dire que... je possèderais la baguette la plus puissante qui soit ?, demanda Enora, incrédule.

Garrick hocha gravement la tête.

- Elle n'est pas aussi célèbre que la Baguette de Sureau, vous savez... Seulement pour des connaisseurs. Mais elle est aussi unique par sa constitution même, ajouta l'homme.
- Vraiment ?, l'encouragea Harry, qui voulait en savoir davantage sur ce que sous-entendait Ollivander Junior.

Ce dernier réfléchit quelques instants avant de répondre.

-Eh bien, cette baguette est faite d'un bois, dont l'origine a disparu. Il venait du tout dernier palissandre de la forêt qui borde Poudlard.
- Tu veux parler de la Forêt Interdite ?, s'exclama George.
- Oui, c'est cela. Cet arbre était au centre du bois et était en train de mourir, pour une mystérieuse raison... Il était précieux parce que, pendant les milliers d'années de sa vie, il a accumulé dans son essence un énorme potentiel magique, qui était vraiment très intéressant. Mon ancêtre a, par conséquent, voulu en garder une partie. Il a pu, malgré la fragilité et la sensibilité magique du bois, en faire une baguette en l'associant à un autre composé inédit et unique en son genre.
- Lequel ?, questionnèrent les trois amis, suspendus aux lèvres du vendeur.
- Un cheveu de fée, annonça le quadragénaire, apparemment fier de son petit effet auprès de deux grandes personnalités de la guerre, qui avaient pourtant dû en voir des vertes et des pas mûres.
- Mais il y a une amie d'Alicia qui..., commença le roux, déçu de ce qu'il avait appris.
- Ce n'est pas n'importe quelle fée !, le coupa sèchement Garrick. C'est un cheveu du dernier roi connu par notre monde avant que cette espèce magique disparaisse, ou, du moins, n'ait plus aucun rapport avec notre gouvernement sorcier.

Un silence prit place après cette annonce. Allons bon, pensa Enora, j'ai la baguette la plus puissante et la plus unique au monde sorcier, mais je ne sais pas le moins du monde m'en servir correctement... Heureusement que les garçons étaient là, parce qu'elle était sûre qu'elle risquait d'enchaîner bêtise sur bêtise...

- Vous pensez que le fait que je me sois liée avec cette baguette vienne de ce que vous avez dit à propos de mon pouvoir tout à l'heure ? Qu'il soit antique ?
- En effet. C'est exactement ce que je crois, affirma-t-il.
- Bon... je... Combien je vous dois ?, demanda finalement la rousse.
- Eh bien... Ce sera sept Gallions mademoiselle, annonça Garrick.

Enora commença à sortir les pièces requises de sa bourse, lorsque la clochette de la porte d'entré du magasin sonna. Elle ne prit pas attention à la personne qui entrait, trop concentrée sur ce qu'elle faisait. Mais quand elle entendit les exclamations étouffées de ses amis et leur salutation, elle se retourna.

- Père !, s'écria le propriétaire en se précipitant vers le vieil homme tout ridé qui venait de poser le pied sur le plancher ciré de la boutique de baguettes. Tu ne devrais pas trop te déplacer quand je ne suis pas avec toi ! Tu sais bien que j'ai toujours peur que tu tombes sans personne pour aider à te relever...

Garrick aida son paternel à s'avancer jusqu'au comptoir et lui sortit une chaise, qui semblait avoir été préparée pour lui.

- Oh... Arrête donc ta comédie fils... Tu me la sers à chaque fois... Je commence à la connaître par cœur à la longue, tu sais... Oh !, s'exclama celui qui était en fait Ollivander Senior. Tiens donc... Mes vieux yeux ne me joueraient-ils pas de drôles de tours par hasard ? Sont-ce bien mes amis Harry Potter et George Weasley, qui sont là dans le magasin avec nous, fils ?

Avant que personne n'ait pu dire quoi que ce soit, le vieil homme enchaîna.

- Je me disais bien que ces visages m'étaient connus. Avez-vous donc un problème de baguette ? Non ! Je sais bien que vous n'en avez pas !, affirma-t-il, faisant ainsi les questions-réponses. Pourquoi seriez-vous là, alors ? Peut-être pour cette jeune femme qui vous accompagne ? (Il jeta un coup d'œil au comptoir sur sa gauche, par-dessus l'épaule de son fils) Oh ! Vous l'accompagnez pour acheter une baguette ? Hum... C'est sûrement votre première, parce que je ne me souviens pas vous avoir déjà vue... Ou peut-être êtes-vous allée chez mon principal et unique concurrent, Gregorovitch ? Non... Je ne pense pas... C'est bien votre première baguette... Passez-la moi que je vois celle qui vous a choisie..., conclut-il ainsi son monologue.

Enora fut soufflée de voir un corps si chétif pouvoir sortir autant de paroles en un si court laps de temps. Elle ne bougea donc pas tout de suite. George dut la pousser vers Ollivander pour qu'elle se décide à faire les quelques pas qui les séparaient. Respectueusement, elle lui tendit sa baguette. La rousse fut encore plus étonnée par l'homme, lorsqu'il recommença à parler, les yeux fermés.

- Hum... Je vois... Bois du dernier palissandre de la Forêt Interdite, cheveux du dernier roi des fées connus de notre gouvernement... Un bon équilibre pour une baguette faite dans un bois aussi fragile..., déclara-t-il, laissant son toucher lui donner les informations nécessaires. C'est vraiment la plus puissante des baguettes, mais contrairement à d'autres, elle n'obéira qu'à vous et personne d'autre. Pas même votre propre descendance, finit-il de dire en rouvrant les yeux et en fixant la jeune fille. Quel est donc votre nom, mademoiselle ?
- Elle s'appelle Enora Rogue, répondit Harry à la place de cette dernière avant qu'elle n'ait pu prononcer la moindre parole.
- Rogue ? Avez-vous un quelconque lien de parenté avec Severus Rogue ?, questionna encore le vieil homme.

Elle ne put qu'hocher la tête, car, comme à chaque fois qu'elle rencontrait une personne qui semblait avoir connu son père, elle avait les larmes aux yeux. Ce fut George qui précisa lequel pour elle. Ollivander père opina du bonnet à son tour.

- Votre père avait aussi une très bonne baguette. Elle était en bois de chêne blanc et avait un cœur en crin de très jeune licorne. Elle était assez puissante pour les métamorphoses et les sortilèges de guérison. Bien moins que la vôtre bien entendu... Mon fils a dû vous en parler, n'est-ce pas ?
- En effet..., dit Enora d'une toute petite voix. J'allais payer lorsque vous êtes arrivé...
- Bien, c'est du bon travail Junior. Faites donc, comme si je n'étais pas là jeune demoiselle... Comment va votre famille monsieur Weasley ?, enchaîna-t-il.

Enora se détourna de la conversation et reporta son attention sur sa bourse. Elle en sortit rapidement les sept Gallions que lui avait demandés Garrick. Elle les lui remit et le regarda les ranger dans sa caisse. C'était le premier achat qu'elle faisait avec son propre argent, ou du moins celui de son père. Elle se dit qu'elle allait demander à Ginny de lui apprendre quelques sorts simples et de lui montrer les gestes les plus communs à faire avec une baguette.

Pendant qu'elle réfléchissait, les hommes avaient terminé leur conversation. George décida d'attirer son attention. Lorsque ce fut fait, il proposa à ses deux amis d'aller boire une Bièraubeurre au Chaudron Baveur. Harry préféra éviter les foules et conseilla d'aller dans un bar un peu moins fréquenté. Les deux roux acceptèrent. Ils prirent alors congé du père et du fils vendeurs et se dirigèrent à travers la foule qui s'obstinait à vouloir leur serrer la main pour les remercier. Lorsqu'ils entrèrent dans le bistrot, qui ressemblait un peu aux Trois Balais, ils soufflèrent de soulagement dans un bel ensemble. Les trois compagnons s'assirent une table et commandèrent trois choppes de Bièraubeurre. Le gérant leur dit que leur première serait pour lui, arguant que c'était un moyen comme un autre de remercier les deux hommes du groupe pour ce qu'ils avaient fait durant la guerre. George prenait cette vague de reconnaissance un peu amèrement... Il savait que peu de ces gens, qui leur faisaient une poignée de main en murmurant merci, avaient combattu comme lui durant la guerre, en refusant d'obéir aux Mangemorts. Et il considérait que s'ils s'étaient un peu plus bouger, ils auraient pu plus facilement gagner cette guerre... Malgré tout, il ne leur reprochait rien, parce qu'il savait que tout le monde n'aurait pas eu le courage de faire le quart de la moitié du dixième de ce qu'il avait fait. Il but sa boisson un peu morose, mais il le devint encore plus, lorsqu'Enora posa une simple question par curiosité.

- Qu'est-ce qui est arrivé pendant la guerre à la famille des Ollivander ?

Harry et George se jetèrent un coup d'œil triste, se concertant. Puis ils se tournèrent vers leur amie. George ouvrit la bouche pour lui expliquer, mais aucun son n'en sortit. Sa gorge était bloquée par l'émotion. Il baissa alors les yeux vers sa choppe à moitié pleine de blonde la boisson sorcière. Harry prit donc le relai.

- Les Ollivander ont fait partie de ces personnes qui ont vraiment beaucoup perdu pendant... cette période noire de l'Histoire des sorciers, déclara Harry, qui semblait plonger dans ses souvenirs, de telle manière qu'il ne se rendit pas compte qu'il adoptait le ton du conteur, à tel point qu'on aurait pu croire que c'était quelqu'un d'autre qui parlait. Ils ont voulu se battre, à leur manière. C'est en fouinant un peu que Garrick, le fils, que tu as rencontré aujourd'hui, a réussi à prendre contact avec George et son frère, Fred. Eux aussi voulaient aider, mais d'une autre manière que la mienne. En se rencontrant, tous les trois cherchèrent un moyen de résister, mus par un sentiment commun, mais rien ne venait, chose bizarre, quand tu connais George et ses idées en pagaille. La deuxième fois qu'ils se sont vus, ils n'avaient pas remarqué qu'ils étaient suivis (Enora retint son souffle imperceptiblement). C'est au bout d'une demi-heure passée à discuter que l'espion se révéla à eux. C'était la sœur cracmolle de Garrick (Enora respira de nouveau normalement). Elle avait à cette époque la trentaine, la cadette de son frère d'une dizaine d'années. Dania*** les avait écoutés et leur proposa une solution pour se battre. Étant une Cracmolle, elle avait beaucoup étudié les Moldus et, en particulier, leur Histoire. Elle leur raconta comment les Résistants, durant la Seconde Guerre mondiale, avait utilisé la radio pour se tenir informer des nouvelles de leur camp. Elle leur proposa de faire pareil, en utilisant des outils moldus, qu'elle avait récupérés un peu partout. Au bout de quelques mois, ils émettaient sur les ondes, comme des Moldus, avec seulement un petit sort pour que ces derniers ne puissent pas tomber sur leur fréquence, sans pour autant que les Mangemorts puissent les repérer par un surplus de magie suspect. Tout avait été pensé : les animateurs avaient des surnoms. Par exemple, pour George, c'était Tentacula. Pour Dania, c'était Hérisson****. Il y avait des mots de passe magiques qui changeait à chaque fois pour pouvoir accéder à l'émission. Ils n'étaient jamais tous les jours au même endroit pour ne pas être repérés. C'était le meilleur moyen que nous avions trouvé avec Ron et Hermione pour nous tenir informés lors de notre chasse aux Horcruxes, tu sais ces objets magiques créés par Voldemort... Bref, tout allait bien jusqu'à un soir... Un groupe de Mangemorts les a retrouvés, on ne sait toujours pas clairement comment. Mais ce soir-là, ils étaient, pour une fois, dans une maison, dite à risque chez les résistants. Ils étaient planqués dans la cave des Ollivander, parce qu'ils n'avaient pas pu faire autrement. Leurs parents étaient partis chez des amis pour la soirée. Au bout de vingt minutes, je m'en souviens bien car c'était la fois où Ron avait fait tomber tout le tas de bois qu'il avait ramassé dans la forêt sur mon pied, eh bien... Au bout de vingt minutes de diffusion, on a entendu des bruits bizarres dans la radio. Des bruits de sorts. L'émission s'est alors arrêtée. Ils étaient trois ce soir à animer : George, son frère et Dania. Garrick était sur un autre coup. Tous les trois, ils ont essayé de s'échapper avec leur plan de secours, car ils en avaient toujours un. Ils avaient pris avec eux leur matériel de diffusion. Les garçons portaient tout et Dania les suivaient. Mais ce qu'ils n'avaient pas prévu, c'est que Dania se torde la cheville en courant dans la maison...

Harry s'interrompit pour reprendre son souffle et pour boire un coup. Enora observa les deux hommes qui lui faisaient face. Ils avaient tous les deux les yeux dans le vague, comme s'ils n'étaient pas là, que ce n'étaient pas eux qui avaient vécu ces horreurs quelques mois auparavant... La rousse se sentit étreinte au cœur par un sentiment de pitié et de compassion. Elle se doutait de comment cette histoire se terminerait, mais elle ne voulait en aucun cas l'envisager, tant c'était horrible d'y penser. D'autant qu'elle fut surprise d'entendre George reprendre le récit, d'une voix atone, là où Harry l'avait laissé en suspens.

- Nous courions quand nous avons, mon frère et moi, entendu un cri de douleur. Nous nous sommes retournés, pensant que Dania avait été touchée par un sort, mais elle s'était fait une entorse... Une putain d'entorse !, s'écria-t-il, faisant sursauter Enora qui ne s'attendait pas à ce qu'il s'énerve alors qu'il semblait si loin de ce qu'il était en train de raconter. Nous étions là, essoufflés, mais nous ne connaissions aucun sort contre les entorses... Maman nous avait fait apprendre tout plein de sorts de guérison pour des blessures magiques, mais rien sur les blessures moldues... Sur le coup, je m'en suis voulu et aussi à mon frère de ne pas savoir quoi faire. Nous avons alors voulu l'attraper, mais elle nous en a empêchés. Elle nous a hurlé de partir, de nous enfuir sans elle. Elle nous a dit qu'elle allait retenir les Mangemorts... Elle nous a poussé vers la zone de transplanage automatique que nous avions créée le jour-même. Elle a fermé à clé la pièce pour que nous ne puissions pas retourner sur nos pas. Nous l'avons entendue boiter vers un autre endroit, à l'opposé du nôtre. Nous avons essayé plusieurs sorts pour déverrouiller la porte. Mais le fait d'être Cracmolle ne lui avait enlevé l'intelligence et elle avait barricadé la porte avec une chaise. Cependant, le temps qu'on le comprenne, nous n'aurions pas pu faire l'aller-retour jusqu'à la zone de transplanage sans être tués... Fred, lui, il avait compris et avait commencé à pleurer la mort imminente de notre amie, en me tirant par la main. Mais je ne voulais pas la laisser, je ne voulais pas comprendre que c'était trop tard et que si j'allais la sauver maintenant, nous serions morts tous les deux. Fred ne m'a pas laissé le choix. Il était plus fort que moi et nous avons transplané en entendant un cri de douleur. Son cri. Nous l'avons abandonnée... (George réprima un sanglot) Le lendemain matin, nous avons appris que sa maison avait été brûlée et elle avec... La seule chose qui avait pu un tant soit peu me réconforter c'était de me dire qu'elle avait été tuée avant et pas brûlée vive*****, conclut le roux, sa voix se brisant sur ces quelques mots.

George s'effondra sur la table, des pleurs secouant son corps athlétique. En un bond, Enora était à ses côtés, le consolant comme elle le pouvait, passant sa main dans son dos. Elle lui parlait au creux de l'oreille. Peu importait ce qu'elle lui disait, tant qu'elle le faisait sur un ton apaisant. Dans le reste du bar, tout le monde était médusé, car ils avaient tous, mine de rien, écouté le récit des deux héros de guerre. Personne n'avait encore entendu ce type d'histoire. Enora arrêta quelques secondes de parler à George pour regarder dans quel état était Harry. Hermione lui avait racontée combien le jeune homme considérait que cette guerre et tous ces morts étaient sa faute. L'Élu était lui aussi au plus bas, les yeux dans le vague, son esprit enfoncé dans de sombres pensées. La rousse s'en voulait d'avoir ravivé chez eux de mauvais souvenirs. La jeune fille se décida alors à agir en conséquence, surtout en voyant toutes ces personnes, qui semblaient graviter autour d'eux comme des mouches autour d'une bouse d'Hippogriffe. Usant pour la toute première fois de sa baguette, elle créa instinctivement une sorte de dôme opaque et insonorisé, qui entoura toute leur table. Elle resta abasourdie, faisant des allers-retours du regard entre sa baguette et la voûte, ne comprenant pas comment elle avait pu réussir un sort informulé dès sa première fois ! Elle sourit tout de même devant son œuvre, puis continua à réconforter les deux hommes. Elle les fit sortir de leur torpeur et de leurs pleurs. Elle leur montra combien ils avaient été forts durant cette guerre, combien ils avaient été courageux. Toutes ces paroles bienveillantes à leur égard firent se dissoudre un gramme de la culpabilité qu'ils portaient tous les deux sur leurs épaules depuis un long moment déjà. Toute cette violence, tous ces morts. Ils relevèrent leur regard vers elle, la remerciant silencieusement d'être autant à leur écoute. La rousse leur sourit et se promit intérieurement d'essayer de panser le plus possible leurs blessures, car il lui semblait que tout ce qu'elle avait vécu au Manoir Malefoy n'était rien face à ce qui leur était arrivé.

Au bout de vingt minutes de discussions, Enora dissipa son sort. Harry la félicita pour avoir aussi bien réussi ce premier coup de baguette. Ainsi, tous les trois, un peu plus légers, un peu plus soudés, ils s'en retournèrent au Terrier.


* Le fils de Ollivander existe bien, selon Wikia. Mais il n'a pas de nom... Alors je me suis permise (c'est mon droit en tant qu'auteur) de le nommer comme son père, c'est-à-dire Garrick Ollivander Junior (oui... bon je n'ai pas beaucoup d'inspiration pour ce qui est des prénoms et des noms de mes personnages...)

** Donc, oui, comme on peut le subodorer, Garrick Ollivander Senior était bien marié et sa femme et lui étaient toujours vivants à la fin de la guerre.

*** Nom inventé par moi-même, mais son existence est vérifiable sur Wikia Potter.

**** Cette histoire (lien entre les enfants Weasley et Ollivander) étant inventée, je me permets aussi d'inventer le surnom de Dania. Pour ceux que cela intéresserait, c'était le surnom d'une grande Résistante française durant la Seconde Guerre monidale, qui a été la première chef de groupe de Résistants.

***** Il faut savoir que la fille des Ollivander est bien morte, donc, comme je l'ai précisé dans ma précédente note, j'ai arrangé cette mort pour que cela colle avec mon histoire...

Voili voilou !

Alors ? Vos avis ? Envoyez moi vos reviews que je puisse prendre en compte vos avis ! :D

Bon...

A la revoyure ! :D