Mot de l'auteure :Je dédie ce chapitre à Ayuluna car je ne sais plus si je l'ai cité et remercié pour sa superbe idée du chapitre 12 (quand Harry verse son sang dans la bouche de Draco)! Merci à toi!
Merci à vous tous aussi, anonymes ou non, pour vos encouragements (jusqu'au bout! ç.ç) et toujours à Agadou pour ses corrections.
Bon, vous comprendrez à la fin du chapitre pourquoi je ne vous fais pas d'adieux... .
Bonne lecture !
Oh et : LEMON ! LEMON ! LEMON ! (non, comment ça, vous ne vous y attendiez pas?).
Chapitre 14 - Immortel comme toi
L'immortalité. (Ou presque).
Harry n'y avait jamais vraiment songé.
En tant qu'Élu, combattant du Lord noir, il avait toujours cru qu'il mourrait sur le champ de bataille, dans l'honneur et la gloire (quel intérêt après une vie si courte ?).
Il ne s'était donc pas posé de questions sur le sujet. Il ne savait même pas si l'on pouvait vivre éternellement ou pas !
Mais en cet instant, il était persuadé que l'immortalité existait et que Malfoy en était le dieu créateur.
Son baiser était si doux, si chaud, et il durait depuis si longtemps qu'Harry avait l'impression d'en perdre la tête. Il se sentait à la fois faible et fort dans ses bras : Rien ne pouvait l'atteindre, mais paradoxalement il était persuadé que Malfoy pouvait le tuer rien qu'en levant le petit doigt. L'emprise qu'il avait sur lui était tout simplement incommensurable.
Un dieu... ou plutôt un démon. Lucifer en personne, avec ses dents pointues et son corps sexy, appel irrésistible à la luxure la plus débridée.
Tout le corps d'Harry était en feu, et il ne pouvait l'empêcher de trembler de désir au contact du blond. Ses gémissements se faisaient de plus en plus pressants et il réussit à peine, après ce long baiser, à soupirer: « ma chambre ».
Malfoy le prit au mot et l'entraîna dans sa propre chambre. Il le jeta presque sur le lit et vint capturer à nouveau ses lèvres pour un autre baiser enflammé. Qui aurait cru qu'il y avait quelques minutes à peine, c'était lui qui était réticent à l'idée de coucher avec Harry ?
Harry lui-même ne comprenait pas ce soudain retournement de situation, mais comme cela l'avantageait, il ne s'en plaignit pas.
La langue de Draco caressait la sienne avec insistance, rentrant et sortant de sa bouche comme l'aurait fait son sexe. Le goût de son sang était toujours présent, mais Harry s'en fichait. Il s'y était tellement habitué que cela l'excitait même plus.
Il passa ses jambes autour des hanches du blond et rapprocha leurs deux bassins. Le contact de leurs érections les fit pousser un râle de plaisir, et Harry se cambra pour prolonger cette sensation euphorique.
Draco en profita pour embrasser son cou et revenir lécher sa morsure toujours en sang.
-Malfoy, j'ai envie de toi, soupira Harry, les joues rouges et les yeux humides.
-Je sais, répondit simplement Draco.
Il remonta à son visage et l'embrassa encore. Harry répondit au baiser : il adorait lorsque le blond l'embrassait comme ça, de son plein gré. Il aurait pu mourir pour un de ses baisers.
-J'en ai marre de me battre contre toi et tes envies Potter, ajouta Draco en rompant le baiser.
-Alors, laisse-toi faire, répondit Harry, le sourire aux lèvres.
Il n'attendit pas que Malfoy lui réponde et commença à détacher la boucle de son pantalon. Avec des gestes lents et sensuels, il le repoussa jusqu'à ce que Draco soit à nouveau debout, et il se glissa au pied du lit, à genoux devant lui. Dans le même temps, il fit glisser son pantalon jusqu'à ses pieds, emportant avec lui son boxer noir.
Il jeta un regard brillant et pervers aux yeux gris et envieux de Malfoy, et sans rompre ce contact visuel il commença à le caresser avec application.
OooOo
Draco avait complètement perdu la tête. Du moins, c'est ce qu'il pensait.
Il avait répondu au baiser de Potter, puis il l'avait entrainé dans sa chambre et maintenant il le laissait le sucer. Toutes ses bonnes résolutions tombaient à l'eau. Comme il lui avait dit, il n'arrivait plus à se battre contre le désir de Potter qui était aussi le sien. Il avait envie du brun, de son sang, de son corps... de son cœur qui était déjà sien.
Potter voulait lui donner tout de lui, et ce soir Draco était prêt à l'accepter. Car il avait eu peur pour lui. Il avait cru en crever tellement il s'était inquiété pour lui. Le sourire cruel de Nott ne quittait pas sa mémoire, et il savait de quoi lui ou son père étaient capables pour arriver à leurs fins. Qu'aurait-il fait s'il avait retrouvé Potter mort, vidé de son sang?
Potter ne pouvait pas mourir, pas comme ça. Il était l'antidote qui le maintenait en vie, sa drogue, son oxygène...
Severus avait raison, il ne pourrait pas vivre sans lui. Il ne trouverait jamais de remède à leur problème.
Potter est le seul remède qui existe.
Draco rejeta sa tête en arrière et plongea ses mains dans les cheveux noirs d'Harry. Ils étaient doux. Il ne comprenait pas ceux qui disaient que ses propres cheveux étaient exceptionnels : ceux de Potter avaient beau être un nid d'oiseau, ils n'en étaient pas moins brillants et soyeux.
Draco gémit. Il allait jouir s'il ne s'arrêtait pas tout de suite ! La bouche d'Harry était... sublime. Il l'aspirait, le suçait, le caressait sans aucune retenue.
Avec douceur, il repoussa néanmoins Harry, et le força à se rallonger sur le lit. Il vint coller son corps au sien et prit son menton entre ses doigts. Avec ses deux dents pointues, il taquina sa lèvre inférieure.
Harry lui répondit en léchant ses dents avec sa langue.
-Nudis, murmura Draco.
À ses mots, leurs vêtements en trop disparurent et ils se retrouvèrent tous les deux nus.
Harry dévora du regard le torse imberbe de Draco et se redressa pour l'embrasser. Il happa au passage un de ses tétons.
-Harry..., gémit Draco.
Harry se stoppa, le cœur battant. Harry... il l'avait appelé Harry. C'était la deuxième fois ce soir.
Draco profita de son moment d'étonnement pour glisser sa main entre leurs deux corps. Ses doigts prirent racines dans sa blessure ensanglantée. Il traça un chemin de sang de son cou jusqu'à son sexe érigé qu'il commença à masturber lentement. Puis il laissa sa langue ravaler le sang écoulé, léchant jusqu'à la dernière perle rouge.
Heureux de sa prestation, il revint caler sa tête près de la sienne et plaça ses doigts à l'entrée de son intimité, prêts à le préparer.
Harry se laissait faire, totalement subjugué par l'audace et la créativité de Draco. Il l'embrassa dans le cou et agrippa ses cheveux et son dos.
Mais lorsque Draco le pénétra enfin, après une préparation bien agonisante tellement elle fut lente, une idée folle lui vint en tête : il eut envie de le mordre. De mordre dans son cou d'albâtre, et pas seulement pour lui faire un suçon, mais bien pour faire surgir son sang de sous sa peau et goûter enfin à son essence.
Harry s'était déjà demandé quel goût avait le sang de Draco, mais il ne s'était jamais imaginé un jour le mordre pour de vrai. Cependant, alors que Draco s'appliquait à le pénétrer, il fixait son cou comme si c'était la chose qu'il désirait la plus au monde.
La notion d'éternité reprit à nouveau place dans ses idées et il se posa enfin la question : et s'il devenait vampire à son tour, pourrait-il vivre éternellement avec Draco ?
Cette question s'imposa à lui comme LA solution.
Devenir vampire.
Après tout, pourquoi pas ? Il deviendrait assez puissant pour battre Lucius Malfoy, il pourrait vivre aussi longtemps que Draco, et le lien ne serait plus un problème pour eux.
La jeune femme du conte avait pensé à cette éventualité elle aussi, n'est-ce pas ? C'était son amant qui avait refusé, mais peut-être que Malfoy accepterait.
Draco buta plus violemment contre ses fesses et Harry arrêta de penser pour crier.
-Refais-le, le supplia-t-il.
Le blond s'exécuta et s'éloigna de lui pour mieux revenir et s'enfoncer profondément, jusqu'à toucher ce point si sensible. Ils crièrent ensemble cette fois-ci, et Draco doubla le rythme de ses mouvements.
Il souleva Harry et tous les deux se retrouvèrent en position assise. Harry avait ses bras autour de son cou et lui autour de son corps. Il le soulevait et le relâchait de plus en plus vite pour qu'il s'empale sur son sexe et que leur rythme ne soit pas interrompu. Leurs torses se touchaient, se frôlaient.
Harry respirait fort dans son cou, et ses yeux à demi-fermés ne quittaient pas le cou de Draco. Dans son subconscient, il remarqua que Draco portait un collier, mais il obstrua très vite ce fait pour repenser à son idée première : mordre Malfoy.
Au fur et à mesure que l'orgasme s'approchait de lui, ce désir s'intensifiait.
Et il finit par se libérer à la dernière minute.
Draco n'avait rien deviné de ses intentions. Il avait fermé ses yeux pour mieux ressentir cette chaleur dans laquelle il baignait.
Alors quand l'orgasme arriva, fulgurant, il écarquilla des yeux sous le choc de la morsure.
-Harry! Cria-t-il.
Mais il était trop tard, Harry suçait son sang comme un drogué, totalement déconnecté de la réalité.
Ou comme un jeune vampire affamé.
OoOoOoO
-Ce CON m'a mordu ! Il m'a mordu ! S'écria Draco, à bout de souffle.
Severus Snape tenta de le calmer en posant une main sur son épaule, mais le jeune vampire se dégagea et commença à s'agiter dans tous les sens, faisant les cent pas dans le petit salon dévasté de son amant.
Severus jeta un regard en biais à Umeda. L'infirmier l'avait suivi lorsque Draco l'avait appelé, deux minutes plus tôt, totalement paniqué. Son cou était alors en sang et il était quasiment nu.
Les deux hommes n'avaient pas mis longtemps avant de comprendre la situation.
-Où est-il ? Demanda posément le professeur de potion, bien qu'il fût sûr de connaître la réponse.
-Dans la chambre. Il m'a mordu – et le pire c'est qu'il a réussi à me faire mal ce con !
-Oui je crois que nous avons compris que Mr Potter est con, Mr Malfoy, le coupa Umeda.
Draco l'ignora superbement et continua son récit. Il agitait ses mains nerveusement et ses yeux étaient voilés par la peur.
-Et après avoir bu mon sang, il s'est mis à convulser. Je... je ne savais pas quoi faire. Il a arrêté au bout de quelques minutes puis il s'est endormi. Depuis je l'ai secoué dans tous les sens, mais impossible de le réveillé. Même le sort Enervatum ne marche pas.
Draco acheva sa dernière phrase par un profond soupir et s'affala sur le canapé, la tête entre les mains.
Tout ça, c'était trop dingue. Comment avait-il pu passer de « faire l'amour avec Potter » à « appeler son parrain dans l'urgence après avoir été presque tué par Potter » ?
Pourquoi Potter l'avait-il mordu ? Et pourquoi avait-il réagi comme ça à son sang ? La transformation d'un humain en vampire n'existait pas! Tout ça, c'était des mythes, des contes de vieilles femmes. Pour être vampire, il fallait des prédispositions génétiques, et Potter n'en avait pas aux dernières nouvelles !
Draco fit part de ses pensées aux deux hommes. Umeda fut le premier à lui répondre. Draco n'aimait pas ce vampire de second rang. Cet homme pouvait être égoïste, pervers et inquiétant au possible, comme il pouvait se soucier de ses élèves, leur montrer de la sympathie, et être 'gentil' avec certaines autres personnes. Comme avec son parrain. Pourquoi le collait-il autant ?
-Vous avez raison, Draco. Mais n'oubliez pas que Potter descend d'une famille de sang pur, du côté de son père en tout cas. De plus, il est l'élu et votre calice. Tous ces facteurs changent peut-être la donne.
-Tu ne devais pas faire des recherches sur le lien Calice-Vampire? Lui demanda Severus.
-Granger l'a fait. Elle a trouvé un livre à la bibliothèque de Poudlard, répondit Draco en fronçant des sourcils. Peut-être qu'elle aurait une réponse, ajouta-t-il avec conviction.
Draco se releva et se dirigea vers la cheminée de Potter. Il prit une pincée de poudre de cheminette dans un pot sur le manteau de celle-ci et la jeta dans le feu. Il l'avait allumé quelques minutes plus tôt, pour prévenir Severus.
-Le Terrier, annonça-t-il en passant sa tête dans le feu.
Potter lui avait donné le nom de la maison des Weasley au cas où il aurait eu besoin de le joindre en urgence.
Draco tomba nez à nez avec Mrs Weasley. La bonne femme poussa un cri aigu et se recula vivement du feu, la main sur le cœur.
-Merlin vous m'avez fait peur ! Lui dit-elle une fois son souffle repris.
Elle l'avait vouvoyé par pure politesse, car elle ne l'avait pas reconnu. Draco le sut, car quand elle se rapprocha du feu, ses yeux se rétrécirent et elle perdit son sourire.
-Draco Malfoy ? Lui demanda-t-elle suspicieuse.
-Exact. Désolé de vous avoir effrayé, répondit rapidement Draco, pas le moins désolé du monde.
Il avait des choses plus urgentes à traiter.
-Je cherche Hermione Granger, c'est très important.
Mrs Weasley fronça du nez et s'essuya les mains sur son tablier. Draco l'avait sûrement interrompu dans ses tâches ménagères.
-Qu'est-ce que tu lui veux à Hermione ? Répliqua-t-elle toujours méfiante.
Molly ne connaissait pas Draco Malfoy personnellement, mais elle en savait assez sur lui pour s'en méfier.
Elle savait que lui et son père n'avaient jamais pris part à la guerre, qu'à Poudlard il était le premier à embêter son petit Harry, et que plus récemment il était mêlé d'une certaine façon à la rupture entre Harry et Charlie – bien qu'elle ne sût vraiment pas pourquoi.
-Molly, c'est vraiment urgent.
Sentant que Draco aurait besoin d'aide pour la convaincre, Snape s'était introduit à son tour dans la cheminée.
En le voyant, Mrs Weasley abdiqua et leur demanda d'attendre le temps qu'elle aille chercher Hermione.
-Dites-lui de venir chez Potter, lui lança Draco avant qu'elle ne disparaisse dans les escaliers.
Ils n'attendirent pas son retour et sortirent de la cheminée.
Umeda, de son côté, était rentré dans la chambre d'Harry pour vérifier son état physique.
Ils n'eurent pas à attendre bien longtemps. Hermione pénétra dans le salon quelques minutes plus tard... suivie de Ronald Weasley et de son frère, Charlie.
Draco accueillit ces deux derniers avec des regards noirs, haineux.
Ils y répondirent tous les deux, et Charlie pâlit en voyant la tenue très légère dans laquelle Draco se trouvait.
-Que se passe-t-il? S'exclama Hermione, empêchant sans le savoir une bataille imminente.
-Granger, nous avons besoin de votre livre. Savez-vous si dedans il est mention d'un quelconque procédé de transmutation de vampire à calice ? Dit Snape.
-Non, je l'ai lu en entier et il n'en parle nulle part, répondit Hermione sûre d'elle. Pourquoi, il est arrivé quelque chose à Harry ?
Ses yeux passèrent de Severus à Draco. Les rouquins ne manquèrent pas de remarquer son changement de comportement et ils s'avancèrent tous les deux vers Draco, menaçants.
-Que lui as-tu fait ? Cracha Ron.
-Où est-il ? S'écria plus fortement Charlie.
Draco ignora la belette pour se concentrer sur son ennemi direct ici : l'ex de Potter. Il le fixa durement, et siffla d'une voix froide :
-Rien, c'est lui qui m'a attaqué, ça ne se voit pas peut-être ?
Il pointa son cou avec provocation.
-Oh mon dieu, Harry t'a... ? Hoqueta Hermione, ses mains devant sa bouche.
Un éclair de compréhension traversa les visages des deux Weasley et une seconde plus tard Charlie tenait Draco par le cou, appuyant là où sa blessure lui faisait mal.
-Connard ! Tu l'as transformé c'est ça, hein ? Hurla-t-il, fou de rage.
Son frère sortit sa baguette et la pointa sous son menton.
Du coin de l'œil, Draco vit Granger crier et retenir son petit ami, alors que Snape et Umeda sortaient leurs propres baguettes, prêt à agir au moindre faux pas des frères.
Personne ne bougea. Le moindre geste de la part de l'un d'entre eux pourrait enclencher sorts et dommages irréparables.
-Weasley calmez-vous ! Il est normalement impossible pour Draco de transformer qui que ce soit en vampire, si nous vous avons fait venir ici c'est justement pour nous en assurer ! S'écria Snape pour tenter de calmer la situation.
Les yeux de Draco dardaient toujours son ennemi, qui était bien plus grand que lui, et il respirait fort à cause de la douleur. Ses gênes de Sang Pur étaient en ébullition et si Charlie Weasley n'avait pas été l'ex de Potter alors il l'aurait tué sur-le-champ !
En même temps, c'était parce qu'il était l'ex de Potter qu'il désirait le tuer.
Draco se permit un sourire. Après tout, qui est-ce qui venait de se taper Potter encore une fois et de le faire crier de joie ?
-Pourquoi tu ris ? Lui cracha Charlie.
-Je me demandais juste comment Potter avait pu sortir avec toi.
-Va crever Malfoy !
Cette voix était celle de Ron, et son sort crépita intensément avant d'être bloqué par un autre sort qui fit voltiger sa baguette magique à travers la pièce.
Toutes les têtes se tournèrent alors vers l'origine du sort en question. Dans l'encadrement de la porte du salon, Harry se tenait droit – ou presque –, le doigt levé.
Draco nota qu'Umeda avait pris soin de le rhabillé, il portait donc un caleçon et un jean. Par contre, ce crétin d'infirmier n'avait sûrement pas jugé bon de lui rajouter un t-shirt.
Potter souriait d'un petit sourire niais et débile. Rien de très flagrant, mais ce fut assez pour faire tourner l'inquiétude de Draco en colère. Alors comme ça Potter trouvait la situation amusante ?
Draco profita de l'inattention de son agresseur pour se dégager vivement de lui et se précipiter sur Potter. Son poing partit sans qu'il ait pu le retenir. Tant pis s'il lui abîmait sa belle gueule, Potter n'avait qu'à ne pas se foutre de lui et le MORDRE !
Le blond entendit tous les autres pousser des hoquets de surprises. Umeda retint de justesse Potter avant qu'il ne touche le sol.
Mais Harry avait accusé le coup et il se redressa avec aisance. Puis il fit une chose à laquelle Draco ne s'attendait pas du tout : il lui arracha son collier.
Le cœur de Draco manqua un battement quand ses doigts se refermèrent sur cette partie de lui-même et il en resta bouche bée.
-Je crois que je l'ai mérité, dit Harry.
Draco ne sut pas exactement s'il parlait du coup de poing ou du collier. Cette ambigüité accentua sa colère.
Il le regarda cacher le bijou dans la poche de son jean avant de se tourner vers ses amis. Harry feinta la surprise et leur demanda ce qu'il faisait tous ici.
-Nous sommes venus parce que Malfoy appelait à l'aide, mais apparemment tu vas bien, c'est lui qui perd la boule, répondit suspicieusement Ron.
Il semblait attendre que son ami le contredise, mais Harry se contenta de sourire et acquiescer.
-Oui, disons que j'ai eu... une envie soudaine, lança le Gryffondor avec un air gêné.
Umeda et Snape échangèrent un regard, et Draco fusilla Harry du sien.
-Tu as bu son sang ? Lui demanda Charlie, incrédule.
Harry rougit et hocha de la tête. En fait, il n'était pas très sûr de ce qui lui était arrivé cette dernière heure, vu qu'il l'avait passé à hurler et à se tordre de douleur dans son lit, mais la dernière chose dont il se souvenait c'était la jouissance et le goût du sang de Malfoy.
-Et... comment te sens-tu ? Hésita Hermione.
Harry prit son temps pour répondre. Devait-il leur mentir ou non? Très certainement, oui. S'il voulait que son nouveau plan marche à merveille et que Malfoy ne lui file pas entre les doigts, alors il devrait forcément mentir un peu. Enfin maintenant, si Harry avait vu juste, Malfoy ne partirait pas sans son collier.
-Bien, mais je crois que le sang de vampire n'est pas très digeste ! Rit Harry.
Sa blague tomba à plat.
Hermione avait un visage vraiment inquiet et Harry voyait bien qu'elle hésitait à venir le serrer dans ses bras. Mais il allait bien, vraiment ! D'ailleurs, il ne s'était jamais senti si fort, si puissant. Sinon comment aurait-il fait pour stopper aussi vite et aussi rapidement le sort de Ron ?
-Tu n'as pas... changé ? Tu es toujours le même ? Insista la jeune femme.
Harry poussa un soupir d'agacement et lui montra ses dents. Elles étaient blanches, toutes de la même longueur, impeccables.
La tension qui régnait dans la pièce sembla se dégonfler à son geste et tout le monde se détendit. Enfin, tous sauf Draco qui n'avait pas quitté des yeux la poche du pantalon d'Harry.
-Et peut-on savoir ce que tu faisais avec Malfoy avant qu'on arrive au juste ? Railla Ron.
Deux claques se firent entendre : Hermione et Umeda venaient de se frapper le front devant tant de tact.
Snape grogna pour désapprouver la stupide question du rouquin.
Quant à Charlie, il resta muet. Mais Harry aurait parié tout ce qu'il possédait qu'il voulait connaître la réponse autant que Ron.
Harry s'éclaircit la gorge. Il ne savait vraiment pas comment leur annoncer ça. Ce n'était pas déjà assez flagrant ? Malfoy était pourtant en petite tenue... d'ailleurs, Harry faisait son possible pour que ses yeux ne glissent pas trop souvent sur le corps affolant du blond.
-Hum, on... disons que nous sommes juste..., bégaya Harry.
Non, il n'arriverait décidément pas à le dire.
Mais sa pauvre tentative suffit tout de même. Ron poussa un profond soupir et ses épaules s'affaissèrent.
-Ouais, je m'étais toujours douté qu'il y avait un truc louche entre vous deux, lâcha-t-il, surprenant et Harry, et Hermione.
Harry se mordit la joue intérieure. Le prenait-il bien ou pas en fin de compte ?
-Potter est mon calice. Je ne tolérerai pas qu'on l'approche, et je fais ce que je veux de lui, dit soudainement Malfoy.
Harry et Ron redressèrent brusquement la tête à ces mots, choqués. Mais le blond s'adressait directement à Charlie et ses yeux réduits en deux fentes dangereuses le mettaient en garde.
Pour toute réponse, Charlie eut un rire nerveux et secoua de la tête.
-De quel droit tu parles comme ça d'Harry ? Ce n'est pas ton objet non plus ! S'écria Ron, outragé.
Draco eut un sourire carnassier et Harry frissonna. Il le trouvait à la fois sexy et dangereux quand le blond prenait son air de vampire en puissance.
-Après avoir couché plusieurs fois avec lui, il me semble que j'ai bien ce droit, n'est-ce pas ?
Harry crut s'étouffer. Comment pouvait-il sortir ça avec autant de désinvolture? Il ne le comprendrait jamais !
Son visage devint rouge et tout le monde évita son regard, même Hermione semblait trouver un intérêt croissant pour son plafond. Harry frappa Malfoy en l'insultant. Mais Malfoy, qui avait encore des réserves, contra son attaque en ajoutant :
-Ce n'est pas toi, Potter, qui « voulais aller plus loin » ?
Cette phrase fut la conclusion de l'entrevue. Snape s'éclaircit la gorge et après avoir pesté contre les querelles de couples et les fausses alertes vampiriques, annonça qu'il rentrait chez lui. Umeda le suivit aussitôt avec un sourire tout aussi carnassier que celui de Draco deux minutes plus tôt.
Ce fut ensuite au tour d'Hermione de décider de partir. Elle embrassa Harry sur la joue et lui promit de lui apporter le livre de Poudlard, « au cas où ». Elle entraîna Ron à sa suite qui fit un vague signe à son meilleur ami. Devant la cheminée, ils attendirent Charlie qui n'avait pas bougé d'un pouce.
Il regardait Malfoy, une question scotché au bout des lèvres.
-Je ne laisserai personne le toucher, répondit le blond à son interrogation muette.
Charlie acquiesça, offrit un pauvre sourire à Harry et disparut avec les autres dans la cheminée.
-À nous deux maintenant Potter.
OoOoOoOoOoO
Malfoy le regardait avec ses yeux de prédateurs, comme s'il allait le bouffer sur place. Harry ne recula pas et sortit le médaillon de sa poche.
-C'est ça que tu veux ? Je crois que tu me dois une explication, Malfoy.
Le Serpentard se stoppa aussitôt.
-Alors toi aussi, répliqua-t-il en montrant son cou.
Leurs deux regards s'affrontèrent puis Draco proposa:
-Bien, jouons cartes sur table. Je te dis pour le collier, et tu m'expliques ce qui se trame dans ta petite tête de Gryffondor.
-Ok.
Harry vint s'assoir en tailleur sur le canapé et fit signe à Draco de le rejoindre. Puis il le regarda de manière tout à fait innocente et attendit que le blond se dévoile.
Ce que Draco fit, non sans un soupir.
Il lui raconta tout, ou presque. Il passa vite fait en revue sa douloureuse transformation, ce triste jour d'hiver, de pluie. Le froid, l'impression de vide qu'il avait ressentis en perdant ce morceau de vie, puis le goût exquis du sang, et celui infect de ce qui avait été son plat préféré. Il lui parla de ce collier qu'il avait fabriqué pour y introduire son âme, puis du conseil de Snape.
-Moi ?
Les yeux d'Harry s'étaient écarquillés en apprenant que Malfoy l'avait choisi pour garder son âme. Comment, pourquoi ? À l'époque, ils se détestaient toujours.
-Ouais, toi. Aujourd'hui encore je ne sais pas vraiment pourquoi, mais c'est à toi que j'ai pensé en premier. Je me suis introduit dans l'infirmerie et j'ai jeté un sort au collier pour qu'il se fonde dans ta chair et que tu ne soupçonnes pas son existence.
Il lui raconta ensuite la fausse potion, censée rompre leur lien, et qui n'était en fait que la potion pour extraire le collier, mêlée à une potion de sommeil, puis sa fuite. Il éluda tout l'été, mais Harry n'eut pas besoin qu'il lui raconte pour imaginer le calvaire qu'il avait dû vivre sans son sang, à mourir de faim.
-Garde-le, acheva Draco en désignant le collier. Après tout, « tu l'as mérité », ajouta-t-il en mimant les mots d'Harry.
Harry resta stupéfait. Sa phrase avait-elle une quelconque connotation ? Pourquoi son cœur battait-il plus fort subitement ? Malfoy venait-il de lui faire une déclaration à sa façon, à demi voilée ? Ou alors l'avait-il fait tout à l'heure, devant Charlie, en jurant de le protéger quoiqu'il arrive ?
Un élan de douceur et d'amour submergea Harry et il regarda le collier comme si c'était la chose la plus précieuse au monde.
Il le passa ensuite autour de son cou et s'approcha de Draco. Sa main droite se posa sur son genou, alors que son autre main vint caresser sa joue et amener son visage prêt du sien.
Ses yeux s'accrochèrent aux siens et Harry se dit qu'il ne pourrait plus jamais se passer de leur couleur, qu'elle soit grise ou pourpre.
-Merci, souffla-t-il avant de l'embrasser.
Draco se laissa faire, il avait laissé tomber toute ses barrières de toute façon. Il répondit machinalement à son baiser, ignorant l'accélération de son pouls et du sang dans ses veines. Il devrait s'y habituer à l'avenir.
-Vas-tu enfin me dire pourquoi tu m'as mordu ?
Harry se recula et ses lèvres s'ourlèrent en un mystérieux sourire.
-J'en avais envie. Je voulais savoir quel goût ton sang avait, je voulais faire comme toi, s'expliqua-t-il.
-Quoi ?
Draco recula pour mieux le dévisager. Ses yeux parlaient pour lui et le traitaient de fou.
-Tu te fiches de moi ?
-Non. De plus, ta réaction et celles des autres m'a donné une idée, ajouta Harry le plus sérieusement du monde. Vous avez tous cru que je m'étais transformé en vampire, n'est-ce pas?
Draco le jugea du regard, méfiant. Il avait du mal à le croire.
-Je n'ai pas menti, si je me suis senti mal après c'est parce que j'ai fait une indigestion ou quelque chose comme ça, se justifia Harry. L'important c'est que si même Snape a pensé que je devenais un vampire, alors les autres le penseront aussi.
Draco fronça des sourcils.
-Tu veux dire... mon père?
-Exactement! Peut-être que le sorcier Harry Potter ne l'impressionne pas, mais le vampire Potter aura plus de chance.
Les yeux de Draco se mirent à briller autant que ceux pleins de folies d'Harry. Il était totalement subjugué par son culot. Il le traita de fou, mais intérieurement il se dit que cette idée lui plaisait bien et qu'elle avait toutes ses chances de réussir.
Il prit son visage en coupe et l'embrassa. Un vent doux et chaud, aussi incongru et utopique que l'idée du brun, enveloppa son bas-ventre et pour la première fois de sa vie de vampire, Draco commença à croire que, peut-être, son avenir n'était pas si noir. Peut-être qu'il ne détestait pas Potter, et peut-être qu'en l'ayant comme compagnon à ses côtés, son père arrêterait de lui pourrir la vie.
OoOoOoO
De son côté, Harry répondait au baiser du blond avec enthousiasme. Tous les tabous étaient enfin levés entre eux maintenant, et à lui aussi l'avenir paraissait soudainement plus clair. Un avenir avec Malfoy – Draco.
C'est pour ça qu'il devait ignorer les cris de douleur de son corps.
Il ne savait pas ce qu'il lui arrivait, mais il sentait bien que le sang de Draco était toujours présent en lui. Et il avait l'impression qu'il continuait à se répandre dans tout son corps, petit à petit, comme un poison à retardement...
À suivre...
Bon, comme vous l'avez compris, ce chapitre n'est pas le dernier. Je pensais en écrire un grand et loooooong pour terminer cette fiction, mais quelques souvenirs de scénarios me sont revenus en mémoire, et je n'ai pas eu le temps de les mettre sur le papier. Donc, ce chapitre-ci sera l'avant-dernier (j'espère xD!) mais je ne pense pas que cela vous dérange, non ? ;D
En tout cas merci encore pour tous vos encouragements, et à la prochaine !
Lyj'
