Disclaimer : tous les personnages de ce chapitre sauf deux appartiennent à Alexandre Astier. Et comme ces lignes ne servent absolument pas à ça, j'en profite pour préciser que ce chapitre ne sera pas vraiment centré « action »… De rien.
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Réponses aux reviews anonymes :
Hello : non, ta mémoire ne te joue pas de tours, Olaf n'apparaissait pas dans la BD, il ne sort que de mon imagination. Et je vois que ton sens fin de l'observation t'a permis de déduire une partie de ce qui va se passer dans ce chapitre… Je ne t'en dis pas plus, bonne lecture !
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Chapitre 14 : les discussions sont ouvertes. La boîte d'aspirine aussi.
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Grands dieux, sa prononciation était catastrophique. Plus encore que celle de Snorri, lui au moins se faisait comprendre sans mal. Mais ce colosse… Et le fait d'avoir le cerveau paralysé par la terreur ne l'aidait pas à interpréter ses baragouinements. La brute dut s'en apercevoir, car il le secoua comme pour le réveiller avant de répéter d'une voix plus impatiente, son épée pointée vers sa gorge :
— Où as-tu volé ça ?
Ah, là, il avait compris. Sauf qu'il ne voyait pas du tout de quoi il était question. Ce qu'il exprima de façon claire et précise :
— Mais… De… Quoi ?
Bohort ressentit une vive douleur dans le dos et le postérieur lorsque le barbare le lâcha brusquement, le laissant choir sur la fine couche de paille et de saleté. Sonné, il n'eut pas le temps de se remettre avant que la même main ne le force à se relever, ne lui saisissant cette fois qu'un poignet qu'il lui colla devant son propre nez.
— Ça ! s'écria-t-il en le foudroyant d'un regard si meurtrier que Bohort eu l'impression d'être transpercé de part en part. Il n'est pas à toi, dis-moi à qui tu l'as volé !
Le chevalier se décida à baisser les yeux sur la chose dont parlait la brute et qu'il ne parvenait de toute évidence pas à nommer :
— Le… Le bracelet ? parvint-il à articuler, surpris de constater que les mots arrivaient encore à trouver le chemin de sa bouche – tout comme de la présence du bijou, qu'il avait totalement oublié.
— C'est ça, le « bracelet ». Dis-moi d'où il vient et je réfléchirai à te donner une mort rapide.
Même s'il avait conscience depuis le début que c'était plus ou moins le but de la manœuvre, entendre parler de sa mise à mort imminente manqua de le faire défaillir. Il se serait probablement écroulé si l'autre ne l'avait pas retenu par un bras ; l'autre, d'ailleurs, qui commençait à s'impatienter.
— Alors ? dit-il en le secouant à nouveau. Mon offre ne te tente vraiment pas ?
— Je ne l'ai pas volé ! s'écria-t-il. C'est un cadeau !
— Un cadeau, dis-tu ? De qui ?
— De… D'un ami.
Le barbare se plongea un instant dans une intense réflexion, sourcils froncés et yeux levés au ciel, ne craignant de toute évidence pas de lâcher son prisonnier des yeux. Lorsqu'il parut être arrivé à une conclusion satisfaisante, il reporta son attention sur lui et le menaça à nouveau :
— Alors, dis-moi à qui ton ami l'a volé.
Bohort mit encore quelques instants à comprendre la nouvelle question.
— Mais… Il ne l'a pas volé ! Le bracelet était à lui !
— Tu me mens, breton ! gronda-t-il en resserrant sa prise et en rapprochant sa lame jusqu'à ce qu'elle vienne lui chatouiller la pomme d'Adam. Ce bracelet d'or est à mon cousin, je le reconnais ! Dis-moi où je pourrai le retrouver !
— Votre… Cousin ?
— Oui, pourquoi, je me suis trompé de mot ?
— Non, non, je n'ai pas l'impression…
— Alors si tu as compris, réponds !
Son cousin ? Non… Impossible ! D'après le roi, Siger avait affirmé qu'il ne ressemblait pas au reste de sa famille, mais à ce point ?
Son ravisseur faisait presque deux têtes de plus que Snorri, lui-même déjà très grand, et était près de trois fois plus large. Ses cheveux longs étaient blonds, comme sa barbe taillée assez courte pour laisser voir une mâchoire carrée et puissante, bien loin du menton pointu de son prétendu cousin. En revanche, les yeux bleus étaient les mêmes… la lueur d'intelligence rusée en moins. Ce n'était bien entendu pas une preuve, mais cela pouvait ne pas être qu'un hasard.
— Je pense que vous vous fourvoyez, balbutia-t-il en sentant la pointe de l'épée dangereusement proche.
— De quoi ?
— Que vous vous trompez, se reprit-il. Je suis persuadé que celui qui m'a donné ce bijou ne l'a volé à personne…
— Alors ton ami t'a menti, affirma-t-il. Et puisque tu ne sais rien…
— Attendez ! s'écria-t-il tandis que l'épée se levait. Ce que je veux dire, c'est que mon ami et votre cousin sont probablement une seule et même personne.
Le viking s'immobilisa, intrigué.
— C'est sans aucun doute votre cousin qui m'a donné ce bracelet, précisa-t-il.
— Quoi ?
— Je veux dire que votre cousin est mon ami…
Ou plutôt était, mais ça il n'avait pas besoin de le savoir pour le moment.
— Oui ben ça va, j'avais compris, merci ! Je ne suis pas complètement idiot…
Il vint brusquement replacer la lame sous son cou.
— Par contre, j'ai du mal à te croire. Mon cousin ne se serait pas prétendu « ami » d'un de ses geôliers ! Il va falloir que je me montre plus persuasif…
— Mais je ne suis pas son geôlier ! supplia Bohort, que seul l'instinct de survie maintenait dans un état conscient. Et il n'est même pas prisonnier… Les vôtres l'ont d'ailleurs rejoint tout à l'heure, il est donc tout à fait libre…
— Ah ! fit le viking avec un sourire victorieux. Ils l'ont donc retrouvé. Parfait. Il n'aura pas été longtemps captif de ton roi, chevalier breton !
— Mais il n'a jamais été prisonnier ! jura Bohort, désespéré de prouver ses dires. Il était dans la forêt lorsqu'ils l'ont retrouvé, je l'ai vu… Il n'était pas prisonnier !
— Alors, c'est qu'il a trouvé le moyen de s'échapper avant, affirma-t-il avec conviction. Je le connais bien, il a sûrement trouvé une idée. Tu essaies juste de m'embobiner pour sauver ta misérable peau, ajouta-il, sûr de lui, en le soulevant à nouveau d'une main et en brandissant son arme de l'autre.
— Attendez ! s'écria encore une fois Bohort, abattant sa dernière carte. Si vous le connaissez bien, je peux sûrement vous prouver que j'étais bien son ami…
— Et comment tu comptes t'y prendre ? demanda-t-il, sceptique mais curieux.
— Il parle le latin et rêve d'apprendre le grec, ce qui est maintenant en partie fait, d'ailleurs. Il aime lire Ovide et a appris oralement les histoires d'Homère. Il aime la compote de pommes avec du miel mais il déteste le ragoût de mouton, l'odeur lui donne la nausée. Il avait peur des chevaux quand il était enfant, et il s'est planté dans le pied la première hache qu'on lui a mis dans les mains parce qu'il ne s'attendait pas à la trouver si lourde…
Bohort récitait à toute vitesse tout ce qu'il pouvait se souvenir concernant Snorri, et qui pourrait assurer sa crédibilité auprès du féroce guerrier qui pour le moment, l'écoutait sans paraître vraiment comprendre le but de la manœuvre.
— Je sais déjà tout ça, répondit finalement le viking qui, à en juger par sa tête, venait quand même d'en apprendre une ou deux. Qu'est-ce que tu essaies de faire ? Si tu veux juste gagner du temps…
— Mais non, se désespéra Bohort, toujours suspendu au bout d'un bras de la solidité d'un tronc d'arbre. Mais comment aurais-je pu savoir tout ça s'il ne me l'avait pas confié ? Et pourquoi me l'aurait-il confié si je n'avais pas été son ami ?
Le viking fronça les sourcils en réfléchissant aux paroles de son prisonnier. Puis, pour la deuxième fois en quelques minutes, le fondement de Bohort fit une rencontre brutale avec le sol de la grange.
— … C'est pas complètement faux, ce que tu dis, breton.
Le chevalier leva les yeux, pour voir son agresseur à nouveau plongé en pleine réflexion.
— Si c'est vrai ce que tu dis, alors il ne serait sûrement pas heureux que je te tue…
— En tout cas, je ne le serais pas, moi, approuva Bohort qui commençait enfin à entrevoir une lueur d'espoir.
— Ou alors, tu l'as torturé pour avoir ces informations, reprit-il en baissant les yeux sur lui.
— Mais non ! s'écria-t-il. Pourquoi aurais-je fait ça ? Je ne pouvais pas savoir que je serai capturé…
— Mouais…
Il réfléchit à nouveau à comment il pourrait convenir d'agir, ce qui visiblement commençait à lui donner mal à la tête.
— Très bien, déclara-t-il sous le regard anxieux de Bohort qui attendait en retenant son souffle. Je sais ce que je vais faire.
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— Attendez, recommençons depuis le début, si vous voulez bien, demanda Snorri qui commençait à être un peu perdu et qui avait de plus en plus mal à la tête – et cette fois-ci sa blessure n'y était pour rien. Répondez juste par oui ou par non, d'accord ?
— Euh… Oui, répondit Gunnar.
— Vous êtes venus avec Olaf, c'est bien cela ?
— Oui.
— Mais Pas avec mes frères. Ni Helgi, ni Henning.
— Oui.
— Mais non, répondit un autre. Qu'est-ce que tu racontes, débile, ils ont rien à voir avec ça !
— C'est pour ça que je dis oui à ce qu'il dit, gros taré !
— Bon stop ! Dites oui si j'ai juste : Helgi et Henning n'ont rien à voir avec votre présence ici ?
— Oui, répondirent cette fois en chœur les deux guerriers.
— Mais vous n'êtes pas tous du clan d'Olaf ! Tiens, toi, je suis sûr que tu es du mien ! Haki t'a cassé les trois dents de devant le jour où tu as oublié de le saluer !
Le viking édenté approuva.
— Oui.
— Mais pourquoi avoir suivi un chef qui n'était pas le tien ?
— …
— Tu ne veux pas me répondre ?
— C'est-à-dire que la réponse n'est ni oui ni non, jarl…
« Jarl » soupira en pressant sur son front le chiffon imbibé d'eau fraîche qu'on lui avait passé pour soulager l'élancement dans son crâne. Cette situation était à peu près aussi difficile à comprendre que l'origine de la nouvelle autorité dont il semblait jouir. Ou de celle de son nouveau surnom… ou titre… Non, c'était trop débile. Et vu la difficulté qu'il avait à comprendre une situation simple, il n'osait pas poser trop de questions à ce sujet.
— Bon, laissez tomber pour l'instant. Puisqu'Olaf a débarqué avec vous, où est-il à présent ?
— Il est discrètement parti aux nouvelles vers les villages alentours, répondit Gunnar, visiblement ravi d'avoir enfin une question à laquelle il pouvait répondre de façon simple. Pour voir s'il entendait parler de vous.
Snorri leva un regard mi- surpris, mi- incrédule vers le guerrier roux.
— Olaf ? Discrètement ?
Il ne connaissait pas deux mots qui fussent plus mal assortis, dans n'importe quelle langue que ce soit. Il n'osait pas imaginer le résultat de cette expédition…
— Et il est supposé revenir quand ?
— Avant la fin de la journée. On l'attend, il ne devrait plus trop tarder, à présent.
— Il va être bien content de voir que vous nous avez retrouvés, ajouta un autre.
— C'est surtout vous qui m'avez trouvé, bougonna-t-il en passant à nouveau le chiffon sur son front.
— Oui, mais vous vous êtes échappé seul, rappela Gunnar. On n'a pas eu besoin de pénétrer dans les geôles du roi, ce qui nous a quand même bien simplifié la tâche !
— Hum…
Ils semblaient en effet tous ravis d'avoir échappé à ça, et surtout de l'avoir effectivement retrouvé. Il percuta tout à coup un détail : « prisonnier » ? Pourquoi s'étaient-ils attendus à le trouver prisonnier ? Ça n'avait pas de sens ! Il n'y avait qu'une seule explication possible : Olaf, ce cher Olaf, n'était au courant de rien. Et il avait embarqué avec ses hommes en croyant qu'il avait été retenu de force par leurs ennemis… Il soupira en se passant une main sur le visage. C'est bien ce qu'il avait soupçonné en reconnaissant la description du pavillon de son cousin dans la bouche d'Arthur – l'ours sur fond rouge. Comme si sa situation n'était pas assez compliquée comme ça…
— Jarl, ça va ?
— Oui oui…
Il n'y avait que deux choses qu'il ne comprenait pas encore : bien entendu, cette histoire de « jarl ». Et ensuite, si le fait qu'Olaf et ses hommes ne soient pas au courant de sa situation honteuse était crédible, ça l'était moins pour les hommes de son propre clan. Il avait le fort pressentiment que les deux étaient liés… et qu'il se ferait un claquage cérébral s'il essayait de comprendre maintenant.
Il attendrait le retour d'Olaf.
En attendant, il y avait une autre question qui le taraudait.
— Au fait, le chevalier qui était avec moi quand vous m'avez trouvé… Qu'est-il devenu ?
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— Messire, je ne crois pas que ce soit une très bonne idée…
— Je trouve au contraire que c'est une excellente idée ! affirma le viking. C'est même la meilleure idée que j'ai eue de toute ma vie !
Ce qui ne paraissait pas en tout cas être une excellente idée aux yeux de Bohort, c'était la façon qu'il avait de le traîner ainsi derrière lui par l'avant-bras. Non seulement les doigts qui se trouvaient au bout commençaient sérieusement à s'engourdir, mais il avait du mal à suivre le rythme imposé par les grandes jambes de son ravisseur. Car il ne se faisait pas d'illusions, il était prisonnier.
— S'il est vraiment ton ami, il me le dira et il sera content de te voir. S'il ne l'est pas, c'est que tu m'as menti et que tu faisais partie de ceux qui l'ont enlevé. Dans ce cas, je reprendrai là où je me suis arrêté. Simple, non ?
— Mais je vous l'ai déjà dit, Snorri n'était pas prisonnier…
— Il me le confirmera lui-même. Problème résolu, inutile d'en parler plus. D'ailleurs, si vous êtes amis, tu devrais être content de le revoir, toi aussi, non ?
Le chevalier déglutit difficilement.
— Oui, bien sûr, se força-t-il à répondre.
Le barbare ne l'écoutait cependant déjà plus, toute son attention focalisée sur la route à suivre. Visiblement, il savait déjà où aller : lui et ses complices avaient dû se fixer un point de rendez-vous plus loin. Et quand ils les auront retrouvé, il aura un gros problème : il n'avait pas menti en disant que Snorri n'était pas prisonnier, mais quant à se prétendre encore son ami… La seule chose qu'il pourrait encore espérer à ce niveau-là, c'était qu'ils croisent une patrouille du roi. Et encore faudrait-il qu'ils les repèrent, dans cette forêt touffue. Heureusement, même s'il semblait savoir où il voulait aller, le viking avait du mal à s'orienter dans cet endroit qui n'était pas chez lui. Cela lui ferait gagner du temps. Décidé à améliorer leurs chances d'être découverts, il eut soudain une idée : s'ils entendaient leurs voix, ses compagnons les repèreraient sans doute plus facilement ? En particulier la puissante voix rauque de la brute… Il réfléchit à toute vitesse : comment le faire parler sans éveiller ses soupçons ? Il ne paraissait pas spécialement fin, mais s'il avait le moindre doute sur son stratagème, il n'hésiterait pas à le lui faire payer par l'acier.
Il hésita un instant à mettre ce plan à exécution ; mais après tout, qu'avait-il à perdre…
— Dites, messire, l'appela-t-il, profitant qu'il s'était arrêté pour prendre ses repères, je me demandais…
— Quel est le chemin à prendre ? Moi aussi.
— Non, pas exactement… J'ai entendu un terme de votre langue un jour, et je ne suis pas sûr de savoir ce qu'il signifie…
— Pourquoi ne pas avoir demandé à Snorri ? répondit-il distraitement sans cesser de regarder autour de lui.
— En fait… C'est lui qui me l'a dit, mais je n'ai pas osé lui demander. J'avais peur de passer pour un ignare…
A sa grande surprise, il vit le viking étouffer un rire.
— Ouais, je vois ce que tu veux dire. Bon, c'est quoi, ce mot ?
— Je crois que c'était « jarl ».
Il baissa les yeux vers lui, le dévisageant d'un air étonné.
— C'est drôle que tu me parles de ça, breton. Je suis justement censé annoncer à Sno qu'il vient de le devenir.
— Comment cela ? fit Bohort, sincèrement étonné. Vous voulez dire qu'il est jarl, mais… qu'il l'ignore ?
— Oui, c'est ça.
Le chevalier n'avait plus besoin de feindre la curiosité, à présent. Il savait très bien ce qu'était un jarl, Snorri le lui avait effectivement expliqué ; un chef, en gros. Lorsque la bande de vikings qui l'avait attaqué l'avait appelé ainsi, il en avait simplement conclu que c'était un mensonge de plus de la part de celui qui s'était fait passer pour son ami. Mais visiblement, il s'était trompé.
Quelle importance cela avait-il, au fond ? Cela ne changeait pas grand-chose, qu'il soit au courant de sa promotion ou pas. Néanmoins… Il avait envie de savoir. Il avait la vague intuition – à moins que ce ne fût qu'un espoir – qu'il y avait quelque chose de plus à comprendre là-dessous. Et après tout… Même s'il se trompait, ça aurait toujours l'avantage de faire parler son ravisseur. Enfin, s'il consentait toujours à parler.
— J'avoue que j'ai un peu de mal à comprendre l'importance de cette nouvelle, dit-il d'un ton qu'il voulait le plus détaché possible, vu que je ne sais pas encore vraiment ce qu'est un jarl…
— Ah je sais, c'est par là, l'interrompit-il. Mais je te préviens, c'est pas à côté… Enfin, comme ça, ça me laissera le temps de t'expliquer tout ça, et je risque de devoir m'y reprendre à plusieurs fois.
— Quoi ? Vous allez vraiment tout me dire ? s'étonna Bohort qui se faisait à nouveau tracter par son propre bras.
Vraiment, il n'en espérait pas tant !
— Pourquoi ? Ça t'intéresse plus ?
— Si si…
En revanche, il ne s'était pas attendu à ce que ce soit si facile de lui faire tout déballer. Il ne semblait même pas se méfier de ce qu'il pourrait faire de cette information…
— Oui, c'est même une bonne idée, dit-il en écartant la branche d'un hêtre que Bohort se prit dans la figure faute d'avoir pu l'éviter. T'as l'air d'être un gars pas trop con, donc si j'arrive à te l'expliquer à toi, je devrais pouvoir le faire pour Sno.
Avant que Bohort eut décidé s'il s'agissait d'un compliment ou pas, il ajouta :
— En plus, si t'es sincère, il n'y a pas de problème à ce que tu le saches. Et si tu ne l'es pas, je vais te tuer de toute façon. Donc tout va bien. Non ?
