THEME: n°11, fleur.

TITRE: Le langage des fleurs.

FANDOM: Harry Potter

PAIRING: Hermione Granger & Théodore Nott.

RATING: K+

DISCLAIMER: Rien ne m'appartient, je ne fais que martyriser les personnages créés par JKR pour les besoins de cette série de OS.

NOTE: Vous l'attendiez, le voici, le fameux thème Fleur! L'atmosphère tranche drastiquement avec celle des deux OS précédents, celui là est un peu guimauve, je dirais. Mais de la guimauve, quand on a eu deux OS dramatiques d'affilée ne fait jamais de mal. J'espère cependant que ce n'est pas trop guimauve, surtout la fin. M'enfin…je pense que le fait qu'ils se balançaient encore tous les noms d'oiseaux possibles et imaginables quelques paragraphes plus haut compense largement, non? Qui plus est, ce n'était pas du tout l'idée que j'avais au départ, mais c'était encore plus gnangnan, donc je vous épargne, trop de guimauve, ça colle des caries *pan* Sinon, pour le langage des fleurs, j'ai consulté la page wikipédia qui y est consacré, je n'ai rien inventé x)

Réponse aux reviews:

Roman2005: Merci pour ta review! Oui, j'ai voulu changer de registre pour le baiser, puis, ce n'est pas toujours évident d'en caser un au beau milieu d'un marasme de tragédies. Là, ça change carrément de registre. Je crois que si vous aimez bien quand ils s'étripent, vous allez être servis. J'espère que ce OS te plaira!

Elsar: Merci pour ta review! J'avoue, ils sont mignons, et dans celui-là, ils sont mignons également, même s'ils s'entretuent. Ouais, bon, je n'ai peut-être pas la même définition du mignon, maiiis. J'espère que ce nouveau OS te plaira =)

Meg-la-cacahuète: En même temps, je comprends pourquoi tu n'es pas motivée…SVT quoi. J'ai toujours eu en horreur cette matière, et j'étais bien contente de l'avoir abandonnée en seconde (j'ai fait SI, quoique, la mécanique et l'électronique, ce n'est pas franchement mieux, j'en suis encore traumatisée!) Eh oui, j'ai réussi à faire plus triste que le précédent, mais celui-là, il est quand même plus gai…quoique…c'est mitigé, on va dire. Prépare toi psychologiquement alors, parce que quand j'aurai publié le 17e OS, vous allez me haïr. En attendant, vous aurez droit à trois OS un peu guimauve pour faire passer la pilule, celui-ci étant inclus. Merci pour ta review, bon courage pour le reste de tes épreuves!

S3iky0: Remember me, il est horrible ce film, surtout la fin T_T Enfin, tant mieux que ça a eu un effet cathartique sur toi, parce que du coup, on avait moins envie de me maudire, enfin, je suppose *se frotte les mains d'un air sadique* Encore une fois, ils sont mignons dans ce OS (comment ça, ils sont toujours mignons? N'empêche que j'ai arrêté de compter le nombre de fois où vous me dites qu'ils sont mignons xD) et il est un chouïa plus joyeux. Merci pour ta review, en espérant que celui-ci te plaise également! Bisous, et bon courage pour tes exams.


Hermione flottait sur son petit nuage tout en beurrant sa tartine, sous le regard éberlué de ses deux meilleurs amis. De mémoire de Potter, jamais Hermione n'avait été aussi radieuse, aussi épanouie. Elle rayonnait comme un soleil, et semblait heureuse comme jamais. Le Survivant couva du regard la jeune femme, ses lèvres étirées en un sourire tendre. Ils avaient tant à perdre dans cette lutte contre Voldemort, qu'ils pouvaient bien s'offrir quelques instants de répit et s'accorder quelques précieuses minutes de bonheur. Cependant, Harry, tout comme Ron, ignoraient ce qui pouvait bien mettre leur meilleure amie de si bonne humeur. À côté d'elle était posé un parchemin soigneusement plié.

Ron bougonnait dans son coin. Il y avait quelques jours à peine, il avait avoué à Hermione ressentir de tendres sentiments pour elle. Hermione, avec toute la délicatesse dont elle était capable, lui avait fait comprendre qu'il ne pourrait rien espérer de plus de sa part, sinon, une forte et sincère amitié. Elle le considérait comme son frère, ni plus, ni moins, et ce, au même titre qu'Harry. Mais en la voyant si heureuse, si papillonnante, Ron se posait des questions. Toujours le système des et si. Et si Hermione voyait quelqu'un? Ce pourrait même être une des raisons de son refus. Pour autant, si elle avait quelqu'un, son admirateur secret s'était montré drôlement discret. De mémoire, Ron ne se souvenait pas avoir vu Hermione dans un tel état dès le petit déjeuner. Certes, elle revenait parfois dans la salle commune avec des étoiles dans les yeux, et un immense sourire accroché aux lèvres, mais Ron mettait ça sur le compte des bonnes notes qu'elle obtenait. Rien de bien intéressant, en somme, la routine.

-Hermione? Appela Ron, la voix légèrement rauque?

-Mh? Répondit la jeune femme, tout en mordant avidement dans son petit déjeuner.

-De qui est la lettre que tu as reçue, pour qu'elle te mette de si bonne humeur?

-Mes parents. Ajouta Hermione, précipitamment, alors que ses joues s'étaient colorées d'un joli rose. Ils veulent partir en Floride pour les prochaines vacances, et évidemment, je serai de la partie. Je suis heureuse, Ron, cela faisait des années que je voulais aller aux Etats-Unis…

C'était à moitié vrai. Certes, Hermione allait vraiment partir en Floride pour les prochaines vacances d'été, mais la lettre ne provenait pas de ses parents. Pour autant, il était hors de question qu'elle partage son petit secret, même avec ses deux meilleurs amis. Elle était assez égoïste pour désirer le garder pour elle. Hermione se mordilla la lèvre inférieure tout en ajoutant une fine couche de confiture de fraises sur sa tartine. Elle préparait son petit déjeuner avec délectation, et avec un peu trop de cérémonie pour que ce soit naturel. Selon Ron, Hermione en faisait trop, beaucoup trop. Le regard du rouquin se posa alors sur la fleur qui accompagnait la missive, mise bien en évidence à côté d'elle.

-Et…depuis quand tes parents t'envoient des marguerites? Interrogea Ron, en arquant un sourcil.

Pour toute réponse, Hermione s'empourpra violemment. Elle marmonna un personne entre ses dents, avant de leur tourner le dos, faisant signifier au rouquin que la discussion était close. Hermione glissa un regard en coin à la table des Serpentard, à l'exact opposé de la leur. Elle soupira en voyant que Théodore était encore mis à l'écart. Elle le contempla un moment. Il avait apparemment fini de déjeuner, et il était plongé dans la lecture d'un gros grimoire, ses lunettes de vue perchées sur le bout de son nez. Théodore ne portait pas souvent de lunettes, il détestait ça. Il n'en mettait que pour la lecture, et en cours parce qu'il ne voyait pas bien ce qui était écrit au tableau. Le cœur de la jeune femme s'emballa lorsqu'elle vit Théodore plier soigneusement ses lunettes pour les mettre dans leur boîtier. Croyant qu'il allait partir, Hermione mangea en quatrième vitesse ses tartines, et dédaigna le bol de porridge.

Il se leva effectivement cinq minutes plus tard, une fois qu'il eut tout rangé. Sans un regard pour la table des Gryffondor, il se leva et quitta la pièce. Elle prit également son sac de cours, qu'elle jeta sur son dos. Elle embarqua la lettre, et la fleur, qu'elle piqua dans ses cheveux. Puis, sous le regard éberlué des deux garçons, elle sortit à la suite du Serpentard, priant pour qu'il ne se soit pas encore retiré dans les étages. Elle avait besoin de le voir, de le toucher, de l'embrasser tout son soûl, de respirer son odeur délicatement musquée. Elle avait besoin de s'abreuver de tous ces détails qui faisait qu'elle l'aimait, tout simplement.

Le cœur de la jeune femme s'emballa lorsqu'elle le vit, au pied des grands escaliers de marbre. Il semblait attendre quelqu'un. Peut-être elle? Oh, si seulement…Fébrile, elle s'avança vers le grand Serpentard. Elle lui arrivait à peine à l'épaule, elle se sentait si petite, si menue entre ses bras. Vif et alerte, Théodore eut un mouvement de recul en entendant des pas dans le hall, avant de se détendre complètement lorsqu'il vit que c'était Hermione. Il adressa un sourire timide à la jeune femme, qui se jeta alors à son cou. Il la réceptionna volontiers, et referma ses bras autour d'elle. Il se baissa légèrement pour l'embrasser. Elle était beaucoup plus petite que lui, il était vrai, mais cela ne le dérangeait outre mesure.

Il déposait de chastes baisers sur ses lèvres délicatement rosées, ce qui fit fondre la Gryffondor. Il mordilla gentiment sa lèvre inférieure, arrachant à la jeune femme quelques soupirs. Impatiente, elle entrouvrit les lèvres, et son cœur s'emballa lorsqu'ils approfondirent leur baiser, laissant leurs langues s'enlacer et se caresser doucement. Ils ne s'arrêtèrent que lorsque l'air vint à leur manquer, phénomène qui était intervenu bien trop rapidement au goût des deux jeunes. Théodore prit doucement le visage de la Gryffondor entre ses mains calleuses, et ses pouces rugueux caressèrent gentiment ses joues rebondies et légèrement rosées. Elle pressa son front contre le sien, et elle ferma les yeux, se contentant d'écouter sa respiration saccadée. Ses bras enserraient la taille du Serpentard avec force, et elle regrettait simplement de ne pas pouvoir se fondre complètement en lui.

-On va faire un tour dans le parc? Proposa finalement Théodore, en adressant à la jeune femme un sourire à la fois tendre et timide.

-Si tu veux. Répondit la Gryffondor en prenant son bras et en l'entraînant vers la sortie.

En chemin, la main de la jeune femme glissa le long de son bras, pour venir s'enlacer aux doigts du jeune homme. Théodore frissonna lorsqu'elle lui prit la main. Cela faisait plusieurs mois qu'ils se fréquentaient, mais il n'y était toujours pas habitué. Il l'avait mise au parfum dès le début de leur relation. Il n'était pas le genre de petit copain à l'attendre à la sortie des cours, ou à la tenir par la main. Il n'était pas non plus du genre à l'ensevelir sous les compliments, mais il n'était pas rare qu'il en laisse échapper un par inadvertance. Il était plutôt avare de mots, et les je t'aime n'y faisaient pas exception. Qui plus est, il était tout autant avare de contacts, aussi, chaque baiser échangé, chaque caresse était un bien rare et précieux, dont il fallait prendre soin.

Hermione l'avait accepté tel qu'il était, sans souhaiter le faire changer. Elle lui avait simplement laissé le temps, persuadée que les gestes finiraient par venir d'eux-mêmes, qu'elle n'allait pas toujours devoir faire le premier pas pour solliciter un baiser ou un câlin. Parfois, Hermione le laissait venir. Elle était toujours délicieusement surprise lorsque c'était lui qui venait lui prendre la main sous la table lorsqu'ils étaient assis côte à côte en cours. C'était parfois lui qui l'embrassait furtivement au détour d'un couloir. C'était encore lui qui lui témoignait quelques petites attentions, comme par exemple, la lettre qu'il lui avait envoyée ce matin, avec cette simple marguerite. Elle avait été touchée de savoir qu'il avait retenu certains détails a priori sans importance, comme par exemple, le fait que les marguerites étaient ses fleurs préférées.

Elle ne s'était pas du tout attendue à recevoir une telle lettre, surtout de sa part. Elle savait que Théodore n'était pas doué pour s'exprimer avec les mots. Il tentait parfois de lui faire comprendre certaines choses à travers ses gestes, mais il n'y arrivait pas toujours. Il n'était pas très à l'aise avec tout ça, Hermione était après tout la première petite amie qu'il avait. Il ne savait pas trop bien comment s'y prendre avec elle, comment se comporter. Il n'y avait malheureusement pas de mode d'emploi des relations amoureuses réussies, il devait apprendre sur le tas. Ce n'était pas toujours concluant, mais il avait le mérite d'essayer, simplement essayer. C'était ce qu'il lui avait expliqué dans cette lettre.

Tous les sentiments qui le consumaient de l'intérieur avaient été exposés dans cette bafouille, plus ou moins habilement cachés derrière sa plume. Il s'était exprimé à cœur ouvert, et il lui avait dit, certes par écrit, tout ce qu'elle avait voulu entendre de lui. Elle savait qu'elle conserverait cette lettre comme un trésor, parce que Théodore avait bien précisé qu'il n'y aurait pas de prochaine fois, que c'était un exemplaire unique, qu'il n'y aurait pas de duplicata. Théodore avait également précisé qu'il ne souhaitait pas en parler de vive voix, alors, Hermione ne lui en parla pas, respectant ainsi sa volonté. Elle se doutait bien que cela devait être assez éprouvant pour lui de s'exprimer ainsi, mieux valait alors ne pas en rajouter. Elle ne voulait surtout pas l'embarrasser.

Du bout des doigts, Théodore effleura la marguerite qui était désormais piquée dans les cheveux d'Hermione, et il sourit doucement.

-Je vois que ma marguerite te plaît. Éluda-t-il en adressant à la belle Gryffondor un sourire en coin.

-Comment as-tu su? Se contenta de demander simplement Hermione, qui avait le feu aux joues.

-Je connais tes goûts bien plus que tu ne le penses. Se contenta-t-il de répondre d'un air mystérieux.

Hermione lui adressa un léger sourire, émue. Mais ce sourire là, contrairement aux autres, était forcé. Elle repensait sans cesse à sa discussion avec Ron, et tout ce qu'il lui avait dit ce jour là. Surtout, elle n'en avait pas parlé à Théodore, craignant sans doute sa réaction. Le jeune homme n'était peut-être pas démonstratif envers elle, mais il était possessif et jaloux. Ils se disputaient systématiquement lorsqu'Hermione lui parlait d'Harry et Ron. Surtout de Ron, en fait. Théodore avait dû comprendre que le rouquin ressentait bien plus que de l'amitié pour elle, et en toute logique, ça ne lui plaisait pas. Pas du tout, même. De là à avouer à son copain que son ami lui avait fait une superbe déclaration d'amour…elle n'était pas franchement masochiste. Et elle s'en voudrait si elle venait à briser la quiétude de ces instants parfaits. Parce que oui, tout était absolument parfait.

-Quelque chose ne va pas? S'enquit finalement Théodore, mal à l'aise, ayant probablement senti l'atmosphère se tendre imperceptiblement.

-Tout va bien, ne t'en fais pas. Mentit-elle, ce qui lui donna encore plus mauvaise conscience.

-Je te connais, Hermione. Répondit simplement le Serpentard, tout en faisant face à la jeune femme. Je sais quand il y a quelque chose qui ne va pas. Tu sais que tu peux m'en parler.

Hermione baissa les yeux, pour fixer l'écusson des vert-et-argent brodé sur l'uniforme de son petit-ami. Elle savait bien que Théodore attendait une réponse. La jeune femme se mordilla la lèvre inférieure, embarrassée. Insidieusement, ses joues s'étaient colorées d'un beau rouge brique, alors que la gêne montait en elle de façon exponentielle. Elle ne savait pas mentir, c'était un fait. Elle savait encore moins mentir à son propre petit-ami. Non seulement elle était une très mauvaise menteuse, mais en plus, il pouvait lire en elle comme dans un livre ouvert. Théodore, désireux de rompre ce silence gênant au plus vite, s'empara du menton de la jeune femme et lui releva doucement la tête, pour le forcer à le regarder. Leurs prunelles se rivèrent l'une à l'autre. Ambre contre outremer.

-Ce n'est pas une bonne idée. Murmura Hermione, dans un souffle. Je sais d'avance comment tu vas réagir, et je n'ai pas envie de provoquer une dispute.

-Et tu penses que c'est mieux d'accumuler les non-dits? Rétorqua Théodore, légèrement irrité. Je croyais que la confiance était la base d'un couple, c'est bien ce que tu m'as dit, non?

-Le fait est que je me sens mal à chaque fois qu'on se dispute. Exposa Hermione, le plus calmement qu'elle put. Je sais que tu vas m'en vouloir pendant des jours, et moi, je ne veux pas que tu me fasses la tête.

-Dis-toi que je risque encore plus de te faire la tête si tu t'obstines à ne rien me dire, et que je finis par découvrir le pot aux roses tout seul.

Hermione écarquilla les yeux, offusquée par le chantage du jeune homme. Elle reconnaissait bien là son côté Serpentard, mais dans un sens, il n'avait pas tort, bien qu'elle ne le s'avouerait jamais, orgueil oblige. Hermione se mordilla la lèvre inférieure, avant de se renfrogner et de détourner le regard, vivement. S'il tenait encore son menton, il ne pouvait toutefois pas la forcer à le regarder droit dans les yeux. Elle n'osa pas regarder vers lui, sachant pertinemment qu'il attendait une réponse claire, concise et efficace. Elle n'avait pas la possibilité d'éluder, maintenant qu'elle avait mis les pieds dans le plat.

-Bien. Concéda-t-elle, en croisant les bras sur sa poitrine. J'ai parlé avec Ron, la semaine dernière.

-Et? S'impatienta le brun, qui détestait particulièrement la manie qu'avait Hermione de tourner autour du pot.

-Il m'a dit des choses…que je n'étais pas censée entendre un jour. Je ne voulais pas les entendre, mais le fait est qu'il me les a dites quand même, alors je n'ai pas eu le choix à part l'écouter.

-Mais viens en droit au fait! S'exaspéra Théodore, qui avait relâché le menton d'Hermione dès lors que le nom du rouquin s'était glissé dans la conversation. Je préfère qu'on me frappe d'un coup sec plutôt qu'on s'amuse à remuer le couteau dans la plaie.

-On ne peut vraiment pas parler, avec toi! Le rabroua Hermione, qui venait de se fermer. Il faut toujours que tu te fermes et que tu montes sur tes grands chevaux!

-Je t'écoute, pourtant. Grinça Théodore, avec toute la mauvaise foi dont il était capable. C'est toi qui tournes autour du pot depuis tout à l'heure, je te ferais dire.

-Ron m'a avoué qu'il ressentait pour moi bien plus qu'une simple amitié.

Et voilà. La bombe venait d'être lâchée, et elle ne tarderait pas à exploser. Hermione se mordilla la lèvre inférieure, très gênée. Elle n'avait pas vraiment eu l'intention d'en parler à Théodore, parce que ce qui ne se savait pas ne faisait pas de mal, seulement, en ayant reçu des mots d'amour de la part d'un autre homme, elle avait eu l'impression de trahir le Serpentard et c'était inacceptable. Hermione ne souhaitait pas laisser les secrets et les mensonges pourrir leur relation, c'était un devoir moral d'être honnête avec lui, tout comme il l'était avec elle. Elle n'avait fait que repousser le moment fatidique, celle où elle aurait à dire l'odieuse vérité qui la rongeait depuis le début de la semaine dernière.

De son côté, Théodore n'avait toujours pas réagi. Il était resté de marbre face à la nouvelle, mais Hermione devinait bien la colère gronder en lui. Elle le connaissait par cœur. Elle savait ainsi que ces silences ne laissaient présager rien de bon. C'était le calme avant la tempête, en somme. Hermione osa glisser un regard vers son amoureux. Il se voulait impassible, mais sa mâchoire était crispée comme jamais. Hermione pouvait même sentir la colère battre dans ses tempes. Elle aurait voulu masser ces tempes, pour l'apaiser, pour le calmer, d'autant plus qu'il adorait quand elle faisait ça.

-Et alors? Demanda finalement Théodore, tendu comme un arc. Qu'est-ce que tu veux que je te dise? Tu as l'air d'attendre ma bénédiction, ou que sais-je.

-Ne sois pas stupide. Soupira Hermione, en levant les yeux au ciel. Pourquoi j'irais te demander une quelconque bénédiction, d'abord, puisque c'est avec toi que je veux être et toi seul.

-Tu fréquentes toujours la Belette alors que tu sais pertinemment ce qu'il ressent pour toi. Grogna-t-il, sourcils froncés.

-Ron est mon ami! S'indigna Hermione, qui resserrait ses bras autour de sa poitrine. Je ne pensais pas…qu'il puisse ressentir tout ça à mon égard. Je ne pouvais pas deviner. C'est vrai que ça a toujours été ambigu, mais le fait est qu'à une époque, j'ai cru être amoureuse de lui. J'ai désespérément attendu qu'il me fasse un signe, qu'il me considère enfin comme une fille et non pas comme la bonne vieille copine asexuée. Et là…il me dit ça maintenant.

-Weasmoche n'est vraiment qu'un crétin. Cracha Théodore avec mépris. Il a eu sa chance, il l'a laissée passer, fin de l'histoire. Vous seriez peut-être ensemble à l'heure qu'il est s'il s'était réveillé plus tôt.

-Tu insinues quoi, par là? Riposta Hermione, d'une voix suraigüe. Que si je suis avec toi, c'est par dépit, c'est ça? Que je me suis consolée dans tes bras, en espérant secrètement qu'il fasse un pas vers moi, pour te larguer sitôt qu'il se serait déclaré?

-C'est toi qui le dis. Grinça Théodore, méchamment. Tu noteras que je n'ai rien dit du tout, et que c'est toi qui interprètes mes propos comme ça t'arrange!

-Non mais je rêve! S'emporta la jeune femme, rouge de colère. Pour le coup, c'est toi qui n'est qu'un imbécile! Tu penses sincèrement que ce que je ressens pour toi n'est pas sincère, que je t'ai menti tout ce temps lorsque je disais que je t'aimais? Et que fais-tu du fait que je me suis donnée à toi, que c'est toi qui as eu l'honneur de me passer sur le corps? C'était pour parfaire ma comédie, tu crois?

-Je n'insinue pas que tu as menti! Rougit Théodore, piqué sur le vif. Je n'ai dit nulle part que tu m'as menti, en aucune façon. J'ai juste dit que c'était un crétin, et qu'il avait laissé passer sa chance. Je n'ai rien insinué du tout. Mais comprends moi à la fin, Hermione! Tu viens me dire ça la bouche en cœur, comme si ça n'avait pas la moindre importance! Ça en a, il ne faut pas te leurrer! Je suis censé le prendre comment? Tu es en train de me parler de tes sentiments pour la Belette, merde!

Hermione eut un mouvement de recul lorsqu'elle croisa son regard blessé. Elle se mordilla la lèvre inférieure, gênée. Elle se rendit alors compte qu'elle avait fait une bourde monumentale. Elle n'avait fait que parler de ses vieux sentiments pour Ron, mettant volontairement de côté leur histoire, comme si ce n'était pas quelque chose d'important. Elle se mordit furieusement l'intérieur de la joue, tout en s'insultant mentalement. Et elle était censée être la meilleure élève de Poudlard? Elle n'était vraiment pas douée pour gérer ses relations sociales.

- Écoute. Déclara enfin Hermione avec fermeté, tentant à grand peine de dissimuler les trémolos de sa voix. J'ai aimé Ron, c'est un fait, et une partie de moi l'aimera toujours. Je me doute que ce n'est pas plaisant pour toi à entendre, mais…j'ai mis du temps à t'aimer, à m'attacher à toi. Je ne te connaissais pas bien, et même au bout de sept ans, on était toujours des étrangers l'un pour l'autre. Ginny savait à peine que tu existais et…

-Je me fiche bien de Weaslette. Grogna Théodore, en croisant les bras à son tour. Ce n'est pas elle qui m'intéresse.

-Laisse moi finir! L'implora Hermione, qui commençait à perdre son calme. Je ne suis pas tombée amoureuse de toi tout de suite, sache le. Mais plus je te connaissais, et plus je notais toutes ces petites choses qui me plaisaient, et qui me plaisent encore. Tes petites manies, tes intonations, ou tes expressions du visage. C'est toi que j'aime, Théodore. Comment peux-tu être assez…bête pour venir remettre tout ça en cause?

-Et toi? Attaqua Théodore, sans se préoccuper de ce qu'Hermione venait de lui dire. Qu'est-ce que tu lui as dit, quand la Belette t'a fait sa superbe déclaration d'amour? Tu as pleuré? Tu l'as maudit de ne pas s'être manifesté plus tôt? Tu as regretté de déjà avoir quelqu'un, ce qui vous empêchait de donner libre cours à votre amour? Tu lui as dit quoi, exactement? Oh, Ron, si tu savais combien j'attendais ce moment depuis si longtemps…mais je ne peux pas, j'ai quelqu'un d'autre, mais t'inquiètes, s'il n'avait pas été là, j'aurais été absolument ravie de t'appartenir corps et âme

En disant cette dernière phrase, Théodore avait méchamment singé Hermione en prenant une voix haut perchée et les manières qui allaient avec. Après la longue tirade de Théodore, Hermione était tout simplement mortifiée. C'était bas, c'était mesquin, c'était blessant. Surtout, elle n'aurait jamais cru ça de lui. Certes, lorsque la colère prenait le pas sur la raison, les mots dépassaient volontiers la pensée, mais généralement, il n'y avait pas de fumée sans feu. La pensée devait forcément mûrir quelque part, quand bien même elle serait bien cachée dans les tréfonds de l'esprit de celui qui l'a exprimée. Hermione renifla légèrement, blessée par la cruauté de son petit-ami. Le sang avait quitté son visage, et elle était désormais blême.

-Tu n'es vraiment qu'un abruti. Asséna Hermione, durement. Tu n'as rien compris, rien à rien. Il faut que je dise dans quelle langue pour que ça rentre dans ta tête de pioche? Si j'ai été amoureuse de Ron dans le passé, ce n'est plus le cas aujourd'hui, triple buse! Tu es capable de le comprendre, ou i faut que je te fasse un dessin? Si je t'en ai parlé, c'est parce que je voulais être honnête avec toi, je ne voulais pas qu'il y ait de secrets ou de non-dits, mais je vois que j'aurais peut-être dû m'écouter et me taire.

La voix de la jeune femme s'était presque littéralement brisée au beau milieu de sa tirade, et à présent, les larmes roulaient sur ses joues. Elle adressa un regard navré à Théodore, et secoua la tête d'un air blasé. Les garçons étaient tous les mêmes, et Hermione était sincèrement dégoûtée d'en être arrivée là. Tout était parfait i peine une demi-heure, pourquoi fallait-il qu'elle ressente le besoin de tout gâcher, comme si en soi tout foutre en l'air était compulsif. Et Théodore restait là, les bras ballants, à la regarder pleurer sans savoir que faire. Elle aurait aimé qu'il la prenne dans ses bras et qu'il lui demande pardon, mais même ça, il en était incapable. S'excuser lui arracherait la gueule.

Voyant qu'il ne réagissait pas, Hermione lui adressa un dernier regard, et tourna les talons. Avant de s'éloigner, elle trouva néanmoins le courage de prononcer ces derniers mots:

-Quand tu réaliseras que tu t'es encore une fois comporté comme un con, j'espère qu'il ne sera pas trop tard.

Sur-ce, elle s'éloigna d'un pas rapide, les larmes roulant sur son visage pâle. Ce matin, elle papillonnait, elle avait envie de faire un câlin à quiconque se trouverait à sa portée, même s'il s'agissait de Drago Malefoy himself. À présent, elle avait juste envie de mourir, tant la douleur qui lui transperçait le cœur était atroce, presque insoutenable. Pour une fois, elle n'irait pas s'aplatir à ses pieds pour qu'il revienne. C'était à lui de faire le premier pas et de s'excuser, parce qu'il avait tort. Et c'était probablement là le nœud du problème: il tenait sans doute à son orgueil plus qu'à elle.


La journée passa lentement. Trop lentement, même. Si lentement, que ça en devenait insupportable. Aujourd'hui, Théodore n'avait pas été très attentif en cours, encore remué par la dispute de ce matin, et surtout, par les dernières paroles qu'Hermione avait glissées à son intention juste avant de prendre la fuite. quand tu réaliseras ton erreur, j'espère qu'il ne sera pas trop tard. Les mots tournaient en boucle dans son esprit, ils obnubilaient presque le jeune homme. Et à chaque fois qu'il revoyait le visage baigné de larmes de sa petite-amie, il sentait le remords venir lui tordre insidieusement les tripes. Il n'aimait pas faire pleurer la jeune femme, il voulait la voir sourire et papillonner, comme c'était le cas avant qu'ils n'en viennent à mettre le sujet sur le tapis. Théodore s'en voulait. Pourquoi fallait-il qu'il se soit montré si insistant?

Théodore avait observé Hermione, cet après-midi. Ils avaient classe d'arithmancie. D'habitude, il s'asseyait à côté d'elle, mais là, il semblerait qu'elle avait fait exprès de s'éloigner le plus possible de lui, comme s'il était pestiféré. D'un côté, c'était logique qu'elle lui en veuille, il l'avait blessée. Il avait été trop loin en l'imitant grossièrement. Il n'aurait pas dû, c'était un fait. Mais d'un autre côté, elle n'avait pas non plus à lui parler en long, en large, et en travers de ses sentiments pour la Belette. Il n'avait pas besoin de savoir, il n'avait pas envie de savoir. Alors, il avait jeté des regards fréquents vers la jeune fille.

Elle avait gardé la tête baissée tout l'après-midi, le nez collé à son parchemin, prenant frénétiquement ses notes. Mme Vector avait été surprise de ne pas voir le binôme travailler ensemble, mais elle n'avait rien dit. Heureusement, d'ailleurs, Théodore l'aurait mal pris qu'un professeur, aussi bien avisé fût-il, ne vienne se mêler de ses affaires. Le jeune homme avait tourné la tête lorsqu'il avait cru entendre la jeune femme renifler. Elle avait encore plus baissé la tête, et il avait juré la voir s'essuyer les yeux à un moment donné. Théodore soupira. Il sortit un mouchoir propre de son paquet, et d'un coup de baguette magique, il l'envoya à sa destinataire, avant de reporter son attention sur le tableau qu'il était censé remplir. Du coin de l'œil, il vit Hermione tourner la tête vers lui, mais il ne lui accorda aucun regard.

Il se frotta nerveusement les tempes. Il haïssait plus que tout se disputer avec Hermione. À chaque fois, il avait l'impression qu'il allait perdre celle qu'il aimait, et cette impression lui était insupportable. D'autant plus qu'à présent, il savait qu'elle pourrait retourner dans les bras de Weasley s'ils venaient à rompre, et c'était surtout cette idée là qui le foutait en l'air. Il était prêt à mettre sa main à couper que Weasley allait l'attendre bien sagement, mais Théodore ne voulait pas prendre le risque, sinon, il allait se retrouver manchot.

Après de longues et interminables minutes de cours, la cloche tant espérée retentit, libérant les élèves de la torpeur dans laquelle ils étaient plongés. Théodore glissa un regard vers Hermione. Il voulait lui parler, il ne pouvait pas rester comme ça. La savoir loin de lui était trop insupportable. Il sortit cependant de la classe, pour ne pas donner l'illusion à Hermione qu'il était en train de l'attendre. Il se posta donc à côté de la porte de la salle, attendant patiemment qu'elle daigne enfin sortir. Hermione passa à côté de lui sans le voir, tout du moins, elle l'ignora délibérément, ce qui agaça le jeune homme délibérément. Alors qu'elle partait d'un pas rapide, Théodore la saisit fermement par le poignet.

-Hermione! Appela-t-il, espérant ainsi attirer son attention.

Hermione se retourna. Le regard qu'elle lui lança alors le pétrifia. Il n'avait jamais eu droit à un regard aussi noir, aussi méprisant, de toute évidence, elle lui en voulait encore beaucoup. Théodore soupira, longuement. Il ne s'était sûrement pas attendu à ce qu'elle lui tombe dans les bras, mais il voulait au moins qu'elle écoute ce qu'il avait à dire. De toute manière, même si elle n'était pas d'accord, il le lui dirait quand même.

-Hermione, s'il te plaît, écoute moi. Implora-t-il, presque avec douceur.

Il faillit crier victoire lorsqu'Hermione s'arrêta, au beau milieu du couloir. Théodore s'efforçait de retenir la déferlante de joie qui se distillait dans ses veines, pour se rapprocher de la jeune femme, à pas de loups. Elle n'avait toujours pas bougé d'un iota. Il soupira doucement, avant de poser ses mains sur ses épaules frêles. Il nicha paresseusement son visage dans le creux de son cou, pour humer sa douce odeur. Il sourit contre la peau de la jeune femme lorsqu'il la sentit s'abandonner un peu à sa caresse. Elle était disposée à l'écouter. À regret donc, il la retourna, de façon à ce qu'elle soit face à lui. Elle baissa immédiatement le regard. Elle avait les joues chiffonnées par ses pleurs récents, et une telle vision donna au jeune homme mal au cœur.

-Dis moi qu'il n'est pas trop tard. Supplia-t-il, faisant directement écho à la dernière phrase qu'elle avait prononcée.

Hermione daigna enfin se plonger dans les prunelles glacées de son amoureux. Elle pouvait lire dans son regard toute sa douleur, mais aussi tous ses remords, ainsi que sa crainte de la perdre. Elle pouvait également y voir toute l'affection qu'il éprouvait pour elle, mais aussi son amour et son respect. Elle put ainsi comprendre qu'il était désolé pour toutes ces choses méchantes qu'il lui avait dites.

-Ça ne marche pas comme ça, Théodore. Souffla-t-elle d'une voix brisée. Tu ne peux pas me piétiner le cœur, et revenir comme si de rien n'était. Il faut que tu comprennes que tu ne peux pas te permettre de tout me dire, et surtout pas de cette façon. C'était odieux, Théodore. Tu n'avais pas à dire ça.

-Je sais. Répondit-il simplement, en caressant doucement sa joue du bout des doigts. Je m'en veux de t'avoir fait pleurer, pour autant, tu dois admettre également que les torts étaient partagés. Certes, je n'avais pas à te parler comme ça, mais toi, t'es-tu seulement mise à ma place? Ça t'aurait fait quoi, toi, de t'entendre dire que je ressentais des sentiments forts pour une autre, de te demander en l'espace d'un instant si notre histoire comptait réellement à mes yeux?

-Je suis désolée. Murmura-t-elle en fondants en larmes. Je…je ne pensais pas à mal en te disant ça, je voulais simplement te dire que…même si j'ai ressenti quelque chose de fort pour Ron, ce n'est plus le cas à présent, et c'est toi que j'aime, tu es le seul qui compte, et l'important, c'est que nous le sachions tous les deux.

Pour toute réponse, Théodore prit Hermione dans ses bras. La jeune femme se laissa aller contre son torse, sans aucune résistance. Il referma doucement ses bras autour d'elle, et il lui frictionna gentiment le dos. Elle pleura de longues minutes contre son épaule, exténuée. Il caressait ses cheveux très tendrement, et fut content de remarquer que la marguerite était toujours dans ses cheveux. Il piqua un baiser dans ses boucles brunes désordonnées. C'est qu'il l'aimait, son rat de bibliothèque, avec ses kilos de livres sur le dos, sa manie d'avoir toujours réponse à tout, ses crises d'hystérie, cette façon qu'elle avait d'être elle-même, tout simplement. Alors, pour se faire pardonner, le jeune homme fit apparaitre une rose blanche à l'aide de sa baguette, ce qui surprit Hermione.

-Tu sais, reprit-il, doucement, j'ai lu beaucoup de choses sur le langage des fleurs. C'est très important, quand on veut exprimer nos réelles intentions. Au début, je t'en offrais des blanches, tu t'en souviens? Eh bien, elles sont utilisées pour séduire la personne aimée. Après, je t'en ai offert des roses.

-amour timide et innocent? S'amusa-t-elle, alors qu'elle souriait à travers ses larmes.

-Tout à fait. Répondit-il, paré de son sempiternel sourire en coin. Parfois, je t'en offre encore des blanches, parce que ça veut dire à mes yeux que tu es la plus belle, ou bien, pour te déclarer simplement mon amour.

Il rougissait à mesure qu'il prononçait ces paroles, parce qu'il se sentait stupide, trop sentimental pour son propre bien. Mais, soucieux de toujours bien faire les choses, en plus de désirer étendre sa culture générale, il s'était renseigné sur le langage des fleurs, et avait emprunté un livre à la bibliothèque à ce sujet. Heureusement que Blaise n'en avait jamais rien su, sinon, le métis se serait moqué de lui jusqu'à la fin des temps.

-Et la rose blanche, alors? Demanda Hermione, timidement. La rose rouge, c'est pour déclarer sa flamme, non?

-La rose blanche, c'est pour m'excuser. Dit-il, très sérieusement. La rose blanche symbolise le cœur qui ne sait pas aimer, qui ignore tout de l'amour. Alors…oui. Je crois que m'excuser est un bon début. Et…regarde.

Amusée, Hermione le regarda faire ses tours de passe-passe. Elle avait remarqué qu'il était fébrile, mal à l'aise. Ses phrases étaient plus morcelées que d'ordinaire, il était nerveux. Elle sourit doucement lorsqu'elle vit une rose rouge apparaître au bout de la baguette du jeune homme. Il reprit la parole, pour se donner une certaine consistance.

-Tu l'as deviné, la rose rouge symbolise l'amour véritable, le désir charnel la passion à l'état brut. Mais ce n'est pas tout.

D'un sortilège, le jeune homme réunit les deux roses, non sans se piquer sur une épine au passage. Il grimaça, avant de porter son pouce à ses lèvres pour cueillir la goutte de sang qui venait de perler sur sa peau. Hermione fronça les sourcils en voyant une seule et unique rose, rouge et blanche. Théodore la tendit à Hermione, qui s'en empara délicatement, avant d'en caresser les pétales, légèrement songeuse.

-Une rose rouge et blanche, expliqua-t-il, est le symbole même de l'union, elle témoigne d'un désir de vivre ensemble. Troisième possibilité, elle exprime la pureté d'un amour passionné. C'est là que je voudrais revenir sur ce que tu as dit tout à l'heure, Hermione. Certes, j'ai eu le privilège, je cite, de te passer sur le corps. Seulement, si je suis avec toi, ce n'est pas que pour ça. Je ne suis pas le genre de mec à déflorer une nana au hasard pour la jeter ensuite. Peut-être que tu as regretté par la suite ce qui s'est passé, le mois dernier. Sache cependant que moi, je n'ai jamais rien regretté.

-Je n'ai rien regretté non plus. Répondit Hermione, très sobrement. Même si je n'en donne pas l'air, parfois, je n'aurais voulu partager ce moment avec un autre que toi.

-Une dernière chose. Reprit Théodore, avec un sourire timide. Quand on mélange le blanc avec du rouge…on obtient du rose. Et une rose…rose…symbolise un amour véritable et tendre, un amour réel et sincère. Cependant, cet amour peu avoir du mal à s'exprimer, peut-être à cause de la timidité, ou d'un quelconque autre facteur. C'est pourquoi je voudrais te demander d'être indulgente, Hermione. C'est nouveau pour moi, alors, je fais ce que je peux. Ce n'est peut-être pas comme tu l'avais rêvé, tout comme moi-même je ne suis pas quelqu'un de parfait. Il m'arrive de ne pas savoir comment exprimer certaines choses, d'hésiter quant à l'attitude à avoir…

Théodore n'eut pas le temps de finir sa phrase. Hermione venait de lui sauter au cou, sa rose désormais rose dans l'autre main. Elle avait capturé ses lèvres en un long et langoureux baiser, qu'il lui rendit sans concessions. Ils ne firent même pas attention à Septima Vector, qui venait à son tour de sortir de sa salle de classe et qui avait jeté au jeune couple un regard complice, tout comme ils ne firent pas attention au reste. Tout ce qui leur importait, c'était de retrouver l'autre, de s'aimer à en perdre haleine.

-Tant mieux si tu n'es pas parfait. Glissa-t-elle à son oreille, la voix rauque de désir. Tu serais bien ennuyeux, sinon.