Bonjour à tous !

Toutes mes excuses pour le retard j'ai eu beaucoup, beaucoup de choses à faire avec mon travail notamment ^^

J'espère que cette suite vous plaira et vous fera patienter dans la dernière ligne droite avant la saision 5 ;-)

Bonne lecture et n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !


Les bras croisés sur sa poitrine et le regard sombre, Beckett observait distraitement le balai des gyrophares quand Castle arriva dans son dos et posa une main sur sa hanche, murmurant un merci à son oreille. Elle se retourna brusquement et lui adressa son regard le plus noir. Bien qu'un peu surpris, il ne se laissa pas intimider et poursuivit.

« Merci d'avoir été là.

- Je n'étais pas là Castle. »

Sentant la colère la gagner à nouveau, Kate se détourna et commença à marcher d'un pas vif vers sa voiture.

« Kate ! »

La jeune femme fulminait et n'aspirait plus qu'à s'éloigner de la scène au plus vite pour reprendre ses esprits. Rick la suivit pourtant et lui attrapa la main… il n'en fallait pas plus pour qu'elle explose.

« Qu'est ce que tu as dans la tête ? Tu aurais pu te faire tuer.

- Tu es en colère parce que tu as eu peur mais…

- Évidemment que j'ai eu peur ! C'est mon boulot de mettre ma vie en danger pas le tien. Tu es écrivain Castle, cesse de vouloir jouer les héros ! »

Il déglutit difficilement, ravalant sa peine pour ne pas en rajouter davantage. Castle jugea bon de s'éloigner un peu d'elle et prit sa voix la plus douce pour continuer.

« Kate…

- Castle tu es parti comme un fou à la poursuite d'un psychopathe alors n'essaie même pas de te justifier.»

La peine qu'elle lut dans les yeux de son amant arrêta Beckett quelques instants. Mains sur les hanches, elle faisait des allers retours entre Castle et sa voiture toute proche pour essayer de se calmer. En vain.

« Ne refais jamais ça. Ne refais jamais ça espèce de crétin ! »

Elle s'engouffra finalement dans sa voiture, bientôt suivi par Castle qui n'avait absolument pas l'intention de la laisser dans cet état. Assis sagement sur le siège passager, il attendait qu'elle vide son sac sans un bruit.

« Je voulais juste te protéger de ce fou mais je t'ai laissé sur l'enquête. Je t'ai laissé venir ici parce que je savais combien c'était important pour toi mais toi… toi tu pars en courant derrière un tueur en série, tu t'engouffres seul dans un dédale de ruelles. »

Les mots s'échappèrent sans que Kate puisse les retenir. Elle fixait obstinément son volant pour éviter de croiser le regard de son amant, visiblement sous le choc.

« Est-ce que tu as la moindre idée de ce que ça me rappelle ? S'il t'était arrivé quelque chose… mais tu t'en fiches, tu n'as pas pensé une seule seconde aux gens que tu laisserais derrière toi. »

Les propos de la jeune femme le blessèrent d'autant plus qu'il la comprenait. Il lui avait déjà reproché de ne se soucier que de son enquête en oubliant le reste du monde et se sentait désormais complètement idiot d'avoir cédé aux mêmes travers. Il ouvrit la bouche pour s'expliquer mais elle le coupa avant même qu'il puisse prononcer le moindre mot.

« Je veux rentrer chez moi Castle. Toute seule. »

(…)

On frappa violemment à la porte et Kate sursauta sur son canapé. Elle prit quelques secondes pour reprendre ses esprits après de longues heures à regarder bêtement par la fenêtre. Beckett fixait désormais la porte, essayant de décider si Castle venait lui faire des reproches ou s'excuser… dans le doute, elle finit par aller ouvrir en soupirant. Elle le trouva devant sur le pallier, mains derrière le dos et plus beau que jamais.

« Je suis désolé.

- Il t'a fallu des heures pour t'en rendre compte ?

- Kate… »

Ils s'observent longuement, détaillant les expressions de l'autre avec minutie. Castle vit sans peine que sa compagne était encore tourmentée et s'en voulut aussitôt d'avoir mis autant de temps à venir la voir.

« Je peux entrer ? »

Elle hocha la tête sans un bruit et repartit vers le salon, le laissant fermer la porte derrière lui.

Appuyée sur la table de la cuisine Beckett l'observa faire avec attention, cherchant à savoir ce qu'il cachait derrière lui. Il arriva rapidement à sa hauteur et lui offrit un sourire timide avant de lui tendre le panier en osier qu'il avait dissimulé en arrivant.

« Je suis probablement un crétin…. Mais au moins je suis un crétin avec tes muffins préférés.»

Kate détailla longuement le panier et n'accorda pas un regard à son écrivain. Castle attendait désormais le verdict, la respiration suspendue à la réaction de la jeune femme. Après quelques secondes qui lui semblèrent durer une éternité, sa compagne se décida enfin à sourire discrètement. Kate se saisit alors du panier et le posa sur la table lentement, complètement absorbée en apparence par les gâteaux dorés. Un murmure se fit finalement entendre.

« Je suis contente que tu ailles bien. »

Castle se rapprocha et la prit timidement dans ses bras.

« Oh Kate… »

Serrée dans ses bras, Beckett se laissa aller, caressant sa joue du bout des doigts.

« Je suis désolé, tellement désolé. »

(…)

Une tasse dans chaque main, elle s'assit sur le canapé au plus près de son compagnon qui l'entoura d'un bras. Elle reposa sa tête sur son épaule et se laissa contre lui.

« Ma mère et Alexis sont arrivées dans les Hamptons, elles viennent d'envoyer un message.

- Ça leur fera sans doute du bien de s'éloigner un peu de tout ça. »

Ils ne dirent rien pendant de longues minutes, profitant simplement de la présence l'un de l'autre et sirotant leur café lentement. Dès qu'elle eut fini, Rick attrapa sa tasse et la posa près de la sienne sur la table basse. Il la prit dans ses bras et s'allongea avec elle sur les coussins voisins.

« Notre anniversaire ne s'est pas du tout déroulé comme prévu.

- Je vais décaler ma journée à vendredi, ça nous fera trois jours en comptant le week-end. C'est pas si mal.

- C'est vrai. »

Après avoir longuement hésité, Castle se décida à capturer doucement les lèvres de sa compagne et enfouit son visage dans ses longs cheveux.

« Je ne t'ai même pas offert ton cadeau !

- Je n'ai pas besoin de cadeau Rick.

- On n'a jamais besoin de cadeau, c'est pour ça qu'ils sont cools ! »

Elle rit de son air de gosse et l'embrassa furtivement avant de se redresser. Le voir en vie auprès d'elle avait fini par lui faire oublier la colère et la peur. La jeune femme se mordit la lèvre en observant son amant, soudainement envahie par le doute.

« J'ai dit quelque chose ?

- Non. Non c'est juste que moi je l'ai… ton cadeau.

- Alors tu as le droit de m'en faire mais pas moi ?

- Je ne sais pas comment tu vas réagir. »

Son malaise arracha un sourire à Rick qui se redressa à son tour. Il entremêla ses doigts à ceux de sa compagne et planta son regard dans le sien.

« Il n'y a qu'un moyen de le savoir ! »

Kate lui sourit et partit dans sa chambre. Elle en revient avec un petit paquet noir qu'elle tendit à son écrivain favori. Comme un enfant au matin de Noël, son visage s'illumina et il fondit sur le paquet, retirant une simple boite carrée. Il jeta un coup d'œil à Beckett et l'inquiétude qu'il lut sur son visage l'amusa: elle doutait toujours de ses idées, même un an après le début de leur relation.

Il finit cependant par soulever le couvercle de la boite et y découvrit une nouvelle montre.

« Regarde mieux » chuchota t elle.

Il obéit sans protestation et écarquilla les yeux quand il comprit enfin.

« La montre de ton père. » Souffla t-il.

Castle releva la tête et croisa le regard embrumé de sa compagne. Elle baissa les yeux quelques secondes et se lança dans les explications qu'il attendait désormais avec impatience.

« Je sais que ça parait bizarre comme cadeau mais… »

Rick resserra sa prise autour des doigts de la jeune femme pour l'encourager et ils échangèrent un sourire.

« Ma mère lui a offert cette montre il y a des années. J'étais encore une enfant quand il l'a portée pour la première fois mais je me souviens encore d'elle qui disait en riant 'tu seras forcé de penser à moi à chaque minute'. Après sa mort il n'arrivait plus à la porter, c'était devenu trop douloureux pour lui alors je l'ai récupérée.

- Pour la vie que tu as contribué à sauver.

- Oui. En ayant la bague de ma mère autour du cou, c'est un peu comme s'ils étaient encore réunis. »

Les yeux de Beckett brillaient sous le coup de l'émotion. Castle lui prit doucement la main, laissant la jeune femme s'échapper dans ses souvenirs.

« Tu es sure de ne pas vouloir la garder Kate ?

- Il faut bien remplacer celle que tu as cassée ! »

Il lui fit un sourire mais ne la lâcha pas des yeux, attendant une réponse sérieuse à ça question.

« Mes parents s'aimaient plus que tout et j'aime l'idée qu'on puisse suivre un peu leur exemple. Un père ancien alcoolique et une mère assassinée n'est certainement pas le meilleur profil d'une histoire d'amour mais… enfin il y a plus que ça derrière cette montre.

- Je comprends.

- Tu ne trouves pas ça trop étrange ?

- Non. Je trouve que c'est un cadeau magnifique. »

Elle sonda longuement son regard avant de lui offrir son plus beau sourire. Kate s'approcha un peu plus de son compagnon et posa ses jambes sur ses genoux.

« Je ne suis pas très douée pour te dire ce que je ressens mais… je crois qu'aujourd'hui je comprends ce que mes parents éprouvaient l'un pour l'autre. J'ai ressenti pendant quelques secondes la détresse qu'a dû surmonter mon père…j'ai vu notre année défiler en un instant.

- Je vous aime Kate Beckett. »

Le regard de la jeune femme se brouilla à nouveau et elle enroula ses bras autour des épaules de Castle, cachant son visage dans son cou.

« Moi aussi Rick. Moi aussi » murmura t-elle.

Ils restèrent un long moment dans les bras l'un de l'autre se cajolant distraitement. Les mains de Kate restaient rivées sur les épaules de son compagnon et il ne cessait d'effleurer sa peau du bout des doigts, lui laissant ainsi le temps de gérer ses émotions.

« Du coup tu n'as plus de montre. Il faudra remédier à la situation.

- Tu cherches toujours un prétexte pour m'acheter quelque chose.

- Toutes mes excuses, quelle idée de chercher à te faire plaisir ! »

Ils échangèrent un nouveau sourire et Kate vint s'installer dans les bras de son amant, fermant les yeux pour mieux savourer l'instant. De longues minutes passèrent sans qu'ils n'échangent le moindre mot.

« Quand je t'ai vu partir à la poursuite de Tyson j'ai vraiment eu envie de te tuer. S'il t'était arrivé quelque chose…

- Je vais bien Kate. Tout va bien.

- Je veux que tu comprennes Castle, que tu arrêtes de faire n'importe quoi. J'ai déjà perdu ma mère, je ne veux pas en supporter plus.

- J'ai compris Kate.

- Je l'espère. »

Calée dans ses bras, Beckett observa son amant enfiler sa nouvelle montre autour de son poignet. D'un geste doux, Kate verrouilla elle-même le fermoir comme l'avait fait sa mère bien des années auparavant. La jeune femme réalisa alors tout le chemin qu'elle avait parcouru depuis sa rencontre avec l'écrivain, depuis qu'il était venu bousculer ses habitudes, examiner son passé et reconstruire son avenir. Parfois elle avait du mal à croire à quel point elle avait changé, à quel point elle avait baissé la garde devant cet homme.

Complètement absorber par ses pensées, elle ne réalisa qu'au bout de plusieurs minutes que Castle la détaillait, un sourire aux lèvres.

« Pourquoi tu souris autant ?

- Je vais t'emmener dans les Hamptons.

- C'est ta façon de me demander mon avis ?

- Non, je t'y emmènerai de toute façon. Ça sera un bon moyen de célébrer comme il se doit cet anniversaire loin du poste et des coups de téléphone incessants.

- Et depuis quand prends tu des décisions sans même m'en parler ?

- Depuis le début de notre partenariat très chère. »

Elle esquissa un mince sourire en réalisant qu'il n'avait pas tout à fait tort : Castle était au moins aussi buté qu'elle.

« Ne vas pas t'imaginer que tu pourras avoir le dernier mot si facilement à chaque fois. Je ne proteste pas uniquement parce que j'ai envie de voir cette maison.

- Je n'en doute pas.

- Il vaudrait mieux. »

Castle ne cacha pas son amusement face à l'attitude de sa compagne. C'était tellement elle… Kate ne pouvait s'empêcher de vouloir reprendre le dessus dès qu'elle pensait avoir trop mis en avant ses sentiments et ses émotions. Il s'approcha doucement de son oreille et attrapa délicatement le lobe entre ses dents.

« Monsieur Castle j'espère que ce n'est pas une invitation.

-Comment ça ?

- Si tu as la moindre idée derrière la tête tu devrais penser à autre chose.

- Mais pourquoi ?

- Parce que tu m'as fait la peur de ma vie. Je veux être sûre que tu n'oublies pas ta promesse.

- C'est une punition ?

- Exactement.

- Tu n'oserais pas, tu ne tiendras pas. »

Beckett se retourna alors vers son amant, s'installa au dessus de lui et plongea son regard dans ses yeux clairs avant de se pencher vers lui.

« Non seulement je tiendrai mais en plus je vais te rendre fou. »

Sur ses mots, elle porta les mains sur le col de son chemisier et descendit lentement ses doigts sur le premier bouton qu'elle défit d'un geste habile. Elle répéta son manège avec le deuxième, laissant apparaître la naissance de sa poitrine aux yeux de son partenaire. La jeune femme se pencha à nouveau et murmura quelques mots.

« Je te rendrai fou et tu n'auras pas le droit de me toucher Rick Castle. »

Castle en resta bouche bée, fasciné par le spectacle qui se déroulait sous son regard. Cette femme le tuerait sans doute un jour mais il en était fou, fou de ses multiples facettes. Les yeux rivés sur la jeune femme, il ne put s'empêcher d'afficher un large sourire.

(…)

Tout juste arrivés dans les Hamptons, ils furent accueillis par Martha et Alexis, visiblement pas gênées le moins du monde de devoir partager leurs vacances. Kate s'émerveilla devant l'immense maison qu'elle découvrait d'abord depuis l'extérieur. L'écrivain avait choisi une bâtisse un peu à l'écart de toutes les autres. Castle l'entoura d'un bras et remonta l'allée à ses côtés, pressé de lui faire découvrir l'intérieur.

L'incroyable lumière qui baignait la pièce fut la première chose qui émerveilla la jeune femme. Les murs clairs et les immenses baies vitrées donnant sur la mer donnaient l'impression de vivre directement sur la plage. La vie y était organisée comme au loft: une grande cuisine donnant sur le salon et la salle à manger, une cheminée ouverte, des canapés gigantesques… tout ici évoquait le repos et la tranquillité. Kate déambulait désormais dans la pièce, étudiant chaque détail de la décoration avec soin. Les cadres au mur, les objets déposés à droite à gauche, tout était fait avec beaucoup de goût.

« Tu aimes ?

- Beaucoup. Ça te ressemble.

- Tu veux voir l'étage ?

- Évidemment ! »

Glissant ses doigts entre les siens, Rick entraîna sa compagne dans l'escalier et commença par lui montrer la pièce du fond, il lui ouvrit ainsi la porte avec un immense sourire sur le visage, impatient. L'endroit était comme un cocon… un immense espace de couleurs douces, de bois clairs et de tissus prenait forme sous les toits. Une grande bibliothèque aux étagères débordantes recouvrait l'un des murs de la pièce. Juste à côté, une immense fenêtre avait crée un petit renfoncement transformé par l'écrivain en banquette blanche recouverte de coussins. Une sorte de hamac était suspendu au plafond entre deux poutres apparentes, donnant à cet espace un charme presque enfantin. Dans un coin une petite table elle aussi entourée de coussins.

« C'est là que tu écris ?

- Ça dépend. Parfois ici, parfois dans le salon mais c'est sans doute ma pièce préférée.

- C'est vraiment magnifique.

- On a passé un temps fou avec Alexis ici.»

Un mince sourire illumina le visage de Kate quand elle vit l'expression un brin nostalgique de son amant.

« Tu veux voir la suite ?

- Bien sûr. »

Le sourire de la jeune femme s'élargit encore quand il l'attira contre lui pour continuer la visite. Beckett allait décidément adorer son séjour.


TBC