Hey tout le monde ! J'imagine que vous devez dire, "wow mais quel est ce fantôme qui revient de loin" mais je suis de retour après une longue absence dont j'aimerais m'excuser. J'avoue avoir perdu la motivation, l'énergie et le temps d'écrire et ça était difficile de m'y remettre. Mais les derniers épisodes de la saison 3 m'ont redonné l'inspiration et j'essaie de la garder et de continuer cette fic car je ne veux pas être une de ces auteurs qui laissent des fics inachevées. Je ne promets pas d'update rapide, je ne veux pas m'avancer mais je peux vous promettre que je finirai cette fic. Merci à ceux qui ont pris le temps de laisser des reviews, d'ajouter à leur favoris, j'apprécie vraiment :) Sur ce enjoy ;)
Une confrontation
Dans la vie, il y a des temps de joie, de bonheur. Mais aussi de peine, de tristesse et de colère. Parfois l'émotion est telle qu'on ne peut plus la retenir et tout autour de nous éclate. Je n'avais jamais été quelqu'un cherchant le conflit. Bien sûr je me disputais souvent avec mon frère et plus d'une fois j'ai fait hurler mes parents mais c'était contre mon gré. Mais petit à petit, ma vie est devenue une suite de confrontations, les unes après les autres s'enchaînant et dévastant tout sur leur passage comme un ouragan. Il a suffi qu'un matin, je me lève et demande la vérité haut et fort pour que ma vie devienne un tourbillon de disputes allant de la couleur de la chambre dans la maison à l'existence des vampires...
Il était onze heures. Le soleil brillait déjà dans le ciel, un bleu lumineux rassurant en cette période de l'année. Je pouvais entendre les rires des enfants et le son des coups de pied dans les ballons de ma chambre. Je ne bougeais pas. Mon lit était un sanctuaire de paix que je ne voulais pas quitter. Dès que je poserai un pied par terre, la réalité me rattrapera et tout deviendra concret. Mes parents feront partie d'un Conseil secret détestant les vampires, mon oncle sera un chasseur de vampires et celui qui aurait pu être mon petit ami sera un vampire. Et dire que certaines filles se plaignent que leurs parents n'apprécient pas le garçon qu'elles voient, au moins toute leur famille ne veut pas le tuer...
- Dure soirée sœurette, interrompit mon frère en se laissant tomber sur mon lit.
Je gémis et me cachai sous la couette. Bien sûr il fallait que Jeremy décide d'apparaître de nul part le seul matin où je voulais être tranquille !
- Est-ce qu'il faut que j'aille taper Damon ?
Je levai les yeux au ciel puis me rendit compte que c'était inutile, il ne pouvait pas me voir. En faisant la moue, je m'extirpai de mon cocon pour grommeler qu'il pouvait laisser Damon tranquille. Je préférais savoir Jeremy très loin de Damon en fait.
- Et après tu te plains de moi quand je parle le ''bourré'' ? Parce que crois moi, ton ''à moitié sous la couette'' est pas mieux, se moqua-t-il.
Je soupirai et sortis de mon refuge pour de bon, m'adossant contre la tête de lit à côté de lui.
- J'ai dit que tu pouvais le laisser tranquille.
- T'es sûre ? Parce que j'ai pas peur de lui, déclara-t-il avec un grand sourire. Puis j'ai toujours ma batte de base-ball...
- Jeremy ! Tu restes loin de Damon, l'avertis-je.
- Bien bien, je laisse ton petit copain en paix !
- Ce n'est pas mon petit copain, corrigeai-je brusquement.
- T'es dans ta période du mois ? Parce que je te trouve vraiment grincheuse...
- Jeremy ! m'indignai-je.
- Tu sais, Vicky était un peu pareille, si je lui donnais pas son chocolat, elle...
- Okay, assez de cette conversation ! C'est déjà difficile d'accepter que mon petit frère est sorti avec... cette fille. Je ne veux pas en entendre parler en plus ! Les parents sont encore à la maison ? demandai-je pour changer de sujet.
- Non, c'est la Toussaint aujourd'hui je te rappelle.
- Ah oui. Je ne comprendrai jamais pourquoi maman veut à ce point faire cette fête, je veux dire c'est même pas une tradition nationale, commentai-je en me levant.
- Elle trouve ça touchant et très distingué de la part des Français, railla Jeremy en me suivant. Tu vas voir qu'un jour, elle va nous obliger à porter des bérets toute la journée !
- Tu sais que tous les Français ne portent pas des bonnets, hein ?
- Je demande à voir, marmonna-t-il.
Je secouai la tête, mon frère avait vraiment une vision de la vie carrée. Et à ce moment je l'enviais, j'aimerais aussi oublier certaines choses qui vivent dans ce monde...
Nous descendîmes à la cuisine, la maison calme et paisible. Je n'aurais pas été prête à faire face à mes parents, j'étais heureuse qu'ils soient déjà endormis hier lorsque j'étais rentrée.
- Et Oncle Ric ?
- Aucune idée, il a reçu un appel ce matin et est parti en trombe, m'informa mon frère en s'asseyant sur un tabouret.
Je me figeai, une désagréable sensation remontant le long de mon dos. Est-ce que Damon avait appelé Alaric ? Lui avait-il raconté la soirée d'hier ?
- Bref c'est toi et moi contre le monde aujourd'hui, déclara mon frère avec une mine sérieuse avant de rire.
- Je ne pourrais pas rêver mieux, soupirai-je.
- Tu ne rechignais pas il y a à peine deux jours sur le manque de temps qu'on se consacrait l'un à l'autre ?
- Non je rechignais il y a deux ans et à l'époque tu étais encore mignon, répliquai-je en lui tirant la langue. Faut te réveiller, Jer !
- Bien, alors j'imagine que tu ne veux pas qu'on parle de l'utilité de la clé dans le bureau de papa, dit-il avec un faux soupir. Je m'en vais !
- Jeremy, appelai-je. C'est bon, je m'excuse. Maintenant, parle !
- Puisque c'est demandé si gentiment. J'ai voulu passer par ta chambre hier soir pour rentrer mais la fenêtre était fermé et tu n'étais pas là.
- Tu avais encore oublié tes clés ?
- J'avais surtout promis à maman de revenir directement après la soirée d'Halloween, avoua-t-il.
- Tu ne changeras jamais, soupirai-je.
- Ce n'est pas le plus important ! Je suis donc passé par le bureau de papa et comme je n'étais pas très... en possession de mes moyens, j'ai encore trébuché et me suis étalé par terre. Pour me relever, je me suis donc appuyé sur le mur et il a bougé.
- Le mur ?
- Yep ! Comme si c'était une porte. Malheureusement papa a débarqué, m'a engueulé et je suis vite parti dans ma chambre.
- Tu veux dire que la clé ouvrirait cette porte ? demandai-je en me redressant pour lui faire face.
- Ou quelque chose de l'autre côté. Prête à escalader ?
Je n'avais jamais vu Jeremy aussi excité à l'idée de faire quelque chose. Il était toujours sur la défensive et restait enfermé dans sa chambre. Mais maintenant ses yeux pétillaient et il était sur le point de faire des petits sauts. J'acquiesçai avec un sourire et reposai mon bol dans l'évier.
Lorsque je tournai la tête, je vis les fleurs que Damon m'avait apportées hier soir dans un vase sur la table. Des souvenirs de la soirée d'hier me frappèrent. Des yeux rouges, des crocs, un baiser et un vampire. Tant que j'étais dans mon lit, j'avais pu prétendre que ce n'était qu'un mauvais rêve. Mais c'était bien réel. Et je ne savais toujours pas ce que j'allais faire.
- Ça va Elena ? demanda Jeremy me sortant de ma torpeur.
- Oui oui. Laisse moi juste mettre quelque chose de plus habillé.
- On se rejoint dans le bureau !
Il monta à l'étage et disparut. Je me laissai aller à ce moment et quelques larmes coulèrent. Je ne me comprenais plus et je ne comprenais plus le monde. Pourquoi est-ce que cela m'arrivait à moi ? Pourquoi est-ce que ma meilleure amie devait être une sorcière, pourquoi je devais tomber amoureuse d'un vampire ?
Je respirai un bon coup et tâchai de reprendre mes esprits. Me lamenter ne servirait à rien, il fallait que je sois forte. J'étais une Gilbert bon sang ! Et il semblerait que ma famille côtoie les vampires depuis bien longtemps. Alors je ne me laisserai pas abattre. Je grimpai les escaliers et me faufilai dans ma chambre. J'enfilai rapidement un pantalon et un pull et partis à la suite de mon frère.
Quand je découvris le bureau, Jeremy n'était pas là. Le tiroir où il y avait la clé était ouvert cependant. J'appelai le nom de mon frère prudemment et fis quelques pas dans la pièce. Sa voix étouffée me parvint d'un mur sur ma droite. Je m'approchai et toquai deux fois. Cela sonna creux. D'un coup le mur bougea et surprise je fis un bond en arrière. Une entrée apparut avec au milieu mon frère qui me regardait d'un air moqueur.
- Tu t'attendais à quoi ? Un fantôme, rigola-t-il.
Je ne répondis rien, préférant taire le fait qu'un fantôme ne m'aurait même pas étonné. Je suivis mon frère qui repartit en arrière. Je fis seulement un pas avant de me retrouver dans une petite pièce. Elle était entièrement en pierre, rendant l'atmosphère froid mais ce n'était pas le plus important. Non, cette pièce était remplie d'armes. Et pas n'importe quelle arme, des pieux. Des dizaines de pieux. Il y avait même quelques arbalètes et des flèches. Et au fond, un énorme coffre noir trônait, fermé par un cadenas. Jeremy était déjà accroupi devant et avait inséré la clé. Je restai bouche bée devant ce véritable armada. Spécialement lorsque mon frère ne semblait pas surpris du tout.
- Elena viens voir, m'appela-t-il.
J'avançai lentement encore trop choqué pour fonctionner normalement. Je m'accroupis à côté de mon frère et regardai à l'intérieur du coffre. Il y avait des dizaines de carnets comme celui que nous avions trouvé dans la banquette, certains semblant vieux, d'autres plus récents. J'attrapai le premier que je pus atteindre et l'ouvris. Jeremy lut par dessus mon épaule.
- John Gilbert, 2011.
- C'est à papa, murmurai-je.
- Tu crois qu'il y a des vampires à Mystic Falls en ce moment ?
Je me figeai et pendant un instant mon sang se glaça. Jeremy l'avait dit, le mot. Il était au courant. Comment le savait-il ? Les parents ne lui auraient jamais rien dit ! Puis je me rappelai, lui aussi avait pu lire le carnet de Jonathan Gilbert. Et si j'avais compris, alors rien n'aurait pu l'en empêcher.
- Je pense qu'ils tiennent des journaux même s'il n'y a pas de vampires, déclarai-je.
- Je n'arrive pas à croire que papa ne nous ait jamais parlé de ça. Je veux dire, c'est juste génial !
Je fronçai les sourcils et me tournai vers mon frère. Génial ? Je m'étais attendue à tout sauf ce mot. C'était tout sauf génial. Horrible, effrayant, perturbant et j'en passais. Comment Jeremy pouvait-il penser cela ? Avait-il perdu la raison ? Je lui jetai un regard furieux, me laissant complètement dépassé par mes émotions. Je n'étais plus maître de moi-même, une tornade venait de s'infiltrer en moi et était sur le point de tout balayer devant elle, ma première confrontation de la journée...
- Comment peux-tu dire que c'est génial, explosai-je. Jeremy, tu te rends compte de ce que ça veut dire ? Nos parents nous ont menti et nous sommes en danger ! On n'est pas dans un film mélodramatique où les vampires sont des gentils qui veulent simplement être acceptés dans la société ! Tu as vu les articles toi aussi, tu as vu toutes ces attaques animales. Ils tuent des gens ! Et quelque chose me dit que je suis sa première cible !
- Sa ?
Je venais à peine de reprendre mon souffle lorsque mon frère prononça ce mot. Je blêmis face à son regard confus et instantanément la colère retomba et une envie de me cacher me prit.
- Oui enfin leur, tu sais aux vampires !
J'essayais de me rattraper mais mes bafouillages et mes mains s'agitant dans tous les sens n'aidaient sûrement pas. Jeremy se rapprocha de moi et me les attrapa pour que je reste immobile. Il plongea son regard dans le mien et pendant un moment je me posai la question : essayait-il de m'hypnotiser ?
- Elena tu as dis sa, comme au singulier, comme un seul vampire, déclara-t-il lentement. De qui parlais-tu ?
- Jeremy, plaidai-je avec une petite voix. Ne cherche pas à comprendre, s'il te plaît !
Je n'avais pas la force ni l'envie de me battre avec lui. J'étais déjà assez peu sûre de moi, mes choix et de ce que j'allais faire alors je n'avais pas besoin de l'inquiétude et des reproches de mon frère. Et puis une part de moi désirait tout lui raconter et le laisser décider à ma place. C'était puéril et immature de tout laisser reposer sur les épaules de mon frère, qui plus est petit frère, mais j'avais la sensation qu'il saurait quoi faire.
- Elena ! dit-il en haussant le ton. Tu viens de dire que tu étais en danger à cause d'un vampire ! Et tu veux que je laisse tomber ? Qui est-ce et pourquoi veux-tu le protéger ?
- C'est toi que je veux protéger, m'écriai-je. Je ne veux pas que tu ailles faire quelque chose de stupide comme aller l'affronter !
- Il faut en parler aux parents, déclara-t-il.
- Non, contrai-je immédiatement prise de panique.
Je savais exactement ce qu'allaient faire les parents. Ce serait comme en 1864, comme avec Jonathan Gilbert. La chasse aux vampires serait ouverte. Et Damon finirait mort. Bien que j'étais morte de peur à l'idée de le revoir, je l'étais encore plus à l'idée de le voir mort. Jeremy avait raison, une part de moi voulait protéger le beau vampire.
- Pourquoi ? Ils savent ce qu'ils font eux et ils te mettront en sécurité !
- Jeremy, je m'en occupe, assurai-je. Promets moi que tu ne diras rien !
- Mais...
- Promets !
- Bien, grognai-je. Je dois y aller !
Il se leva et partit de la pièce me laissant seule. Je relâchai mon souffle et me mordis la lèvre. Je devrais aller me faire pardonner mais cela pouvait attendre quelques heures, le temps que je trouve une solution à toute cette histoire.
Je repris les journaux que nous avions sortis et je les remis en place. En en posant un, ma main effleura quelque chose de froid, quelque chose de métallique. Je fronçai les sourcils, qu'est-ce que c'était ? Je dégageai la voie en enlevant des carnets et tombai sur un petit coffret noir en fer. Je l'ouvris, à l'intérieur il y avait une boussole.
- La boussole de Jonathan, murmurai-je.
Un bruit retentit derrière moi et je sursautai. Cela venait de la porte, quelqu'un essayait d'entrer ! J'enlevai la boussole du coffret, la cachai dans ma poche et rangeai la grande malle rapidement. Je la refermai avec le cadenas, Jeremy était parti avec la clé et cherchai une cachette des yeux. Peut-être derrière l'étagère des arbalètes...
- Foutu vampire, marmonna la personne qui rentrait.
Je reconnus la voix d'Alaric. Comment savoir si mon père était avec lui ? Je me précipitai derrière l'étagère dans le coin adjacent à la porte et attendis. Je vis Alaric se diriger vers la malle et mon cœur accéléra. Et s'il était venu chercher la boussole ? Mais il sortit juste un carnet et le feuilleta.
- 1er novembre, 1er novembre, murmura-t-il.
Il rangea le carnet et sortit son portable.
- C'est moi, dit-il à son interlocuteur. J'ai vérifié, il n'y a rien. Elle n'a pas pu lui dire ce matin, ils sont partis tôt. …... Il l'aurait déjà écrit, je connais John !
Parlait-il de moi ? « Elle n'a pas pu lui dire »... Lui dire que Damon est un vampire ? Est-ce qu'Alaric parlait à Damon ?
- Écoute, je vais essayer de la trouver et de réparer les dégats. …... Non Damon ce n'est pas une option !
J'avais ma confirmation au moins, soupirai-je intérieurement. Alaric se passa la main sur le front comme s'il avait mal à la tête.
- On parle de ma nièce là, s'énerva-t-il. Et c'est de ta faute si tout ça est arrivé, je t'avais dit de ne pas aller à ce dîner ! …... Eh bien, tu avais tort ! Il faut absolument garder ta place au Conseil, je m'occupe d'Elena et de ses amies. ….. Bien, on se voit ce soir.
Il raccrocha, jura dans sa barbe et ressortit non sans prendre quelques pieux et les fourrer dans son sac. Lorsque je fus sûre qu'il n'était plus là, je sortis de ma cachette. Je me précipitai vers la fenêtre et courus presque sur la rambarde pour arriver à ma chambre. Je me jetai sur mon téléphone et envoyai un sms à Caroline et Bonnie : « Réunion d'urgence, maison abandonnée dans 20 minutes ». Je me préparai à toute vitesse, non sans oublier la boussole, de la verveine et un pieu que j'avais piqué dans la salle d'armes et m'enfuis par ma fenêtre.
oooooooooooooooooo
- Alaric est de mèche avec Damon ? s'exclama Caroline.
J'acquiesçai. Nous étions assises par terre dans la maison et je venais de raconter ma matinée aux filles. De ma dispute avec Jeremy au coup de téléphone mystérieux d'Alaric. Bonnie avait placé un sort de protection sur la maison, cette fois-ci avec des instructions claires de sa grand-mère. Cette dernière lui avait expliqué que le soir d'Halloween était la nuit où les pouvoirs d'une sorcière étaient intensifiés. Ajoutez cela à une maison aux propriétés mystiques et le sort censé juste enfermer les vampires m'avait enfermée aussi.
- Donc ton oncle chasseur de vampire... aide les vampires ?
- Oui.
- Et Jeremy est au courant ? ajouta Bonnie.
- Pas pour Alaric. Juste que les vampires existent. Et que j'en connais un.
- Il faut qu'on découvre ce qu'ils mijotent, décida Caroline. Pour cela, il nous faut de la tequila et un sort de vérité.
- Pourquoi tu veux de la tequila ? demanda avec suspicion Bonnie.
- C'est toujours plus marrant de faire quelque chose en buvant !
- Je pourrais tout simplement demander à Alaric la vérité, proposai-je.
- Mais c'est plus marrant un sérum de vérité, il sera obligé de répondre à toutes nos questions ! bouda la blonde.
- Et si on réunissait Alaric et Damon au même endroit pour les interroger ? intervint Bonnie.
Caroline haussa un sourcil et nous échangeâmes un regard entendu. Ce n'était pas une mauvaise idée. Mais comment les réunir sans qu'ils ne se doutent de rien ? Et surtout sans aucun risque avec Damon ?
- Je pourrais faire le même sort qu'hier mais cette fois personne ne rentre à part Alaric et Damon, continua-t-elle.
- On ne peut pas mettre Alaric en danger, stoppai-je.
- Il est clair qu'ils sont ensemble pour quoique ce soit qu'ils préparent, rappela Caroline. Damon ne va pas lui faire de mal.
- Très bien alors. Comment on les attire ici ?
- Je vais aller chercher les ingrédients, dit Bonnie en se levant.
Caroline me regarda, me sourit et me tendit son téléphone en précisant qu'elle avait le numéro de Damon et de mon oncle. Je ne voulais pas savoir comment elle avait fait pour avoir les deux.
- Il est temps de remporter ton Oscar, dit la blonde avec un grand sourire.
Je soupirai et pris le téléphone. Premier appel, Alaric.
- Oui, dit-il en décrochant.
- Il faut qu'on parle, annonçai-je.
- Elena ? Pourquoi tu m'appelles du téléphone de Caroline ?
- Pourquoi tu as le numéro de ma meilleure amie ? répliquai-je.
Il y eut un court silence de l'autre côté de la ligne.
- Il faut qu'on parle, éluda-t-il.
- Rejoins moi au bois dans une demie-heure. Il y a une maison abandonnée, c'est un endroit tranquille pour parler.
- On pourrait faire ça à la maison tu sais.
- Je ne veux pas que Jeremy ou les parents nous entendent. Dès que tu es au bois, appelle moi. Je te donnerai les directions.
Je raccrochai sans lui laisser le temps de répondre et lançai un regard inquisiteur à Caroline.
- Tu as encore du chemin à faire petit scarabée, commenta-t-elle. Mais c'était pas mal !
- Le plus dur reste à venir, marmonnai-je.
Je descendis dans le répertoire et cliquai sur Damon. La sonnerie retentit une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, et finalement sa voix grave résonna. Mon ventre se serra et inconsciemment je serrai les poings. Il fallait que je sois forte.
- A quoi dois-je le plaisir de ton appel Boucles d'or, salua-t-il.
- Il faut qu'on parle.
- Elena, reconnut-il. Je ne pensais pas que tu appellerais si vite. Étais-tu si impatiente d'avoir ce deuxième rendez-vous ?
- Il faut qu'on parle, répétai-je.
Je ne devais pas me laisser influencer par sa voix charmeuse. C'était un vampire. Monstre avide de sang. Pas homme si sexy que même une nonne en abandonnerait ses vœux. Il fallait que je me concentre.
- Je suis entièrement d'accord. Dîner au Grill ? Tu mourrais pour un hamburger si je me rappelle bien.
- Je préférerais un endroit plus calme, comme la maison d'hier soir.
- Et retomber dans un piège tendu par ton amie la sorcière ? Je passe merci, se moqua-t-il.
- Le fait est que tu n'as pas le choix. C'est moi qui mène le jeu et tu as tout intérêt à faire ce que je demande, assurai-je avec confidence.
Je ne savais pas d'où cela venait mais d'un coup j'étais sûre de moi. Je n'allais pas me laisser impressionner par Damon. J'étais en position de force.
- Je pourrais te tuer d'une seule main, menaça-t-il. Toi, tes amies et même ton petit frère.
- Et tout le monde connaîtrait ton secret alors. S'il arrive quoique ce soit à moi, mes amies ou ma famille, je m'assurerais que le Conseil soit tout de suite au courant qu'un vampire est dans leur rang. Et quelque chose me dit qu'ils ne seront pas ravis de cette nouvelle, terminai-je avec un sourire presque diabolique.
Damon ne dit rien pendant quelques secondes et je retins mon souffle. Comment allait-il réagir ? Est-ce que j'avais trop eu confiance en moi ? La tension était immense et la peur s'infiltrait en moi.
- Bien, finit-il par dire.
- Dans quarante minutes.
Et je raccrochai. Caroline poussa un petit cri et se jeta à mon cou.
- Je suis si fière de toi ! La façon dont tu l'as maté, c'était de l'art ! Presque aussi bien que moi, complimenta-t-elle.
- Merci Caroline.
- Il n'y a plus qu'à attendre Bonnie.
ooooooooooooooooooo
L'heure du rendez-vous approchait bientôt. Bonnie avait enchanté la maison et nous espérions que tout allait se dérouler sans problèmes. Nous étions embusquées dans un buisson à une distance raisonnable de la maison. Tout était silencieux autour de nous.
Damon arriva le premier. Il s'arrêta à la lisière des arbres et scruta les alentours. Son regard s'arrêta sur notre cachette et nous arrêtâmes de respirer. Est-ce qu'il nous avait vues ? Quelques secondes passèrent et il se décida à aller dans la maison.
Alaric le suivit de près. Il m'avait appelé il y a un quart d'heure environ et je l'avais guidé. Il s'approcha de la maison et entra sans se poser de questions. Nous patientâmes un instant, nous voulions être sûres qu'ils ne pouvaient pas sortir. Nous entendîmes des exclamations, puis la porte s'ouvrit en volant. Et des jurons retentirent dans l'air.
- C'est bon, chuchota Bonnie.
Nous nous levâmes et échangeâmes un regard. C'était bon. Nous allions finalement avoir des réponses. J'étais effrayée à l'idée de savoir la vérité. Et si cette vérité empirait la situation ? Étais-je vraiment sûre de vouloir tout savoir ?
Caroline était déjà devant la maison et s'était posée devant la porte, les bras croisés, un regard sévère sur le visage. Bonnie était légèrement en retrait mais restait dans le champ de vision de nos deux ''prisonniers''. Je vins finalement me placer à côté d'elles et adoptai l'attitude de Caroline : bras croisés, regard sévère et aucune peur apparente.
Alaric semblait perplexe et nerveux. Damon fulminait. Il tournait en rond comme un lion en cage, son visage déformé par la rage et ses crocs luisant à la lumière du soleil. Je m'étais habituée à son visage de vampire maintenant. Il ne me faisait aucun effet. A part mon cœur battant, ma respiration haletante et mes mains moites... Mais cela n'avait rien à voir avec son visage de démon.
- Je croyais que c'était fini les tours de passe-passe, grogna-t-il.
- Elena, que se passe-t-il ? ignora mon oncle.
- Nous voulons des réponses, commençai-je.
- Et vous allez nous les donner, continua Bonnie.
- Sinon vous ne sortirez pas, conclut Caroline.
Damon grogna de nouveau et je frissonnai. Peut-être que je n'étais pas aussi stoïque face à l'animal en lui que je pensais.
- Je devrai toutes vous tuer, menaça-t-il.
- Comment ? Les vampires ont des bras extensibles ? se moqua Caroline.
- Non. Mais je ne suis pas le seul vampire de cette ville Blondie. Mon cher frère se fera un plaisir de vous croquer l'une après l'autre, finit-il en dévoilant ses canines.
Stefan, je l'avais oublié ! C'était un vampire ce qui voulait dire qu'il était autant un danger pour nous que Damon. Une mauvaise sensation s'infiltra dans mon être, comme de la bile remontant de l'estomac et la nausée me prit.
- Si je meurs, vous resterez coincé pour toujours, rappela Bonnie. Personne ne pourra défaire le sort.
- Damon, arrête de t'énerver ! intervint Alaric. Laisse les parler et tais toi pour une fois !
Étrangement, Damon redevint humain et arrêta de parler. Mon oncle semblait avoir une influence positive sur lui. Ses yeux bleuirent, son visage fut de nouveau aussi pâle que la lune et mon cœur se serra. Il ne devrait pas pouvoir me faire sentir si spécial rien qu'avec un regard...
- La question est simple : qu'est-ce que vous êtes venus faire à Mystic Falls ? demandai-je.
J'étais directe. Pas de détour, pas d'hypothèses, pas de pincettes. Alaric ne semblait pas s'attendre à ce que je sois si confidente. Il baissa les yeux puis se passa la main dans ses cheveux comme s'il était face à un énorme dilemme.
- Et qu'est-ce que le Conseil vient faire dans votre histoire ? ajouta Caroline.
- Vous êtes au courant pour le Conseil ? s'exclama mon oncle.
- Ric, tu devrais apprendre à surveiller ta nièce, soupira Damon.
- Et tu devrais apprendre à arrêter de flirter avec toutes les filles que tu vois, rétorqua Alaric.
- Et vous devriez répondre aux questions si vous ne voulez pas finir la nuit ici, interrompit Caroline.
- Écoutez, j'ai compris. Vous venez d'apprendre beaucoup de choses troublantes et vous ne savez pas vraiment comment réagir. Mais il vaut mieux que vous restiez en dehors de tout ça, avertit-il.
Je fis un signe de tête aux filles et commençai à marcher dans la direction opposée. Nous fîmes quelques pas avant que Damon ne dise qu'une chose. Un nom.
- Klaus.
