Bonsoir !

Je m'excuse (pour changer) des longs mois d'attente entre deux chapitres. Mais là, on se rapproche de la fin, je vais être en vacances, donc je vais écrire tous les chapitres d'une traite (ou presque) et il n'y aura plus d'attente normalement.

Petit résumé des dernières événements : Sirius a laissé tomber Gabrielle, qui a fini par s'en remettre petit à petit. Elle rencontre alors le frère de Sirius, Regulus qui est fasciné par elle. Ils se lient d'amitié. Après l'avoir d'abord repoussé parce qu'il lui rappelait Sirius, elle décide de lui donner sa chance. Lily a voulu rencontrer Gabrielle mais cette rencontre a été un échec qui n'a d'ailleurs pas du tout plu à Sirius. Du côté de Voldemort, Bellatrix lui a appris que Regulus avait sauvé une moldue lors de la bataille dans le Londres moldu et Voldemort va donc vouloir se venger. Je rappelle au passage que Regulus a volé, plus ou moins volontairement, un livre à Voldemort. :) (voilà, j'espère que cela vous suffira à faire le point. :)).

Merci pour les reviews à : Holly Hell, Julia, Arsinoai, Roselia001, Judee.D, Arwina, GEBC et Caramelise !

Bisous & Bonne Lecture !


CHAPITRE 14

Bellatrix Black s'avança dans la pièce avec déférence. Elle ne baissait le regard que devant un seul être, ne s'inclinait qu'en présence de cette seule personne. La jeune femme n'aurait su dire à quand remonter sa passion pour les forces du mal. Avant même de rentrer à Poudlard, elle lisait avidement tous les livres qu'elle pouvait trouver sur le sujet. Alors, lorsqu'elle avait commencé à entendre parler du Seigneur des Ténèbres, de Lord Voldemort, l'idée de le rejoindre, de s'allier à lui ne l'avait plus quittée... Jusqu'à l'obsession.

Bellatrix Black avait le cœur noir...

Elle avait rencontré celui qui allait devenir son maître grâce à son père qui l'avait invité dans son manoir. Elle s'était flattée que ce puissant sorcier s'intéresse à elle. La flamme qui brûlait dans les yeux noirs de Bellatrix n'avait pu lui échapper... Il lui avait tout appris, avait fait d'elle son bras droit et elle ne doutait pas d'être la personne la plus proche du Seigneur des Ténèbres. Elle le vénérait au-delà de toute expression. Il était un symbole d'espoir car elle en était certaine, il parviendrait à éteindre la race des moldus et des sang-de-bourbes et les traitres-à-leur-sang tomberaient avec eux.

Pour beaucoup, et cela même parmi les mangemorts, Bellatrix Black était folle...

« Bella...

_ Oui, maître.

_ Où en es-tu de la mission que je t'ai confié? Demanda Voldemort, d'un ton calme et froid.

_ Regulus continue de voir la moldue, cracha la jeune femme. C'est bien elle qu'il a sauvée lors de l'attaque, je l'ai reconnue. Elle habite dans la même rue qu'Orion Black. »

Il y eut un silence... Le mage noir semblait réfléchir tandis que Bellatrix hésitait à reprendre la parole pour faire une requête...

« Maître, permettez-moi de châtier ce parasite qui jette l'opprobre sur ma famille. Je ne pourrais tolérer qu'il salisse notre nom.

_ Ici, c'est moi qui prend les décisions. C'est moi également qui tolère ou ne tolère pas! »

La voix de Voldemort avait claqué, sèche, sans compromis possible. Bellatrix resta immobile, son visage n'exprimant aucune émotion, acceptant la rebuffade. Le Seigneur devait avoir ses raisons...

« Ta famille Bella est une source de grande déception pour moi... Ta soeur Androméda, ton cousin Sirius... Et maintenant Regulus... Un de mes mangemorts qui plus est, que je croyais acquis à ma cause...

_ Regulus est un faible qui...

_ Tais-toi! Tu m'as toujours bien servi et je n'ai pas à me plaindre de Narcissa, c'est pourquoi je vais faire encore une fois preuve d'indulgence... »

Alors qu'il parlait, Voldemort affichait un petit sourire condescendant. La rouerie, le mépris, la cruauté se lisaient sur son visage, transparaissaient dans ses yeux...

« Regulus payera en temps et lieu. Pour le moment continue de le surveiller... J'aurai bientôt un service à lui demander... »


Regulus comptait avec délice sur les doigts de sa main les semaines qui défilaient depuis la première fois qu'il avait embrassé Gabrielle. Lorsqu'il fermait les yeux, il revivait avec intensité ce premier baiser inattendu. Ils discutaient comme à leur habitude chez elle quand elle s'était approchée de lui sans prévenir et avait déposé brièvement ses lèvres sur les siennes avant de se reculer, un sourire malicieux aux lèvres.

Pour un autre, cela aurait été une anecdote... Le frôlement de deux peaux, à peine une caresse... Mais pour Regulus, c'était essentiel, primordial, c'était comme s'il avait plongé dans une eau fraîche et vivifiante, comme si enfin il respirait, qu'il débutait tout juste sa vie. Il avait perdu conscience du monde alentour lorsqu'elle s'était rapprochée, enserrant son visage de ses mains pour approfondir le baiser. Instinctivement ses mains à lui s'étaient posées au creux de ses reins. Il ne l'avait pas lâchée... Jusqu'à ce qu'elle le repousse gentiment, l'air calme et paisible alors que lui était dans tous ses états. L'émotion qui l'emplissait jaillissait de tout son être.

Etait-ce à moment-là qu'il était tombé amoureux d'elle? Ou alors peut-être était-ce déjà fait? Il avait comme l'impression que le centre de son monde s'était déplacé et plus rien ne comptait que Gabrielle Sullivan. Le Black qui vivait en lui le haïssait pour ça, pour cette servilité amoureuse mais il ne pouvait lutter.

Et depuis, il passait de plus en plus de temps avec elle, délaissant son rôle de mangemort, délaissant ses parents et le manoir Black. Il ne songeait pas aux risques qu'il encourait, cela n'avait plus aucune espèce d'importance... Il aimait d'un amour violent et possessif auquel s'ajoutait la satisfaction personnelle d'avoir supplanté son frère. Car il en était persuadé, Gabrielle répondait à ses sentiments.


Gabrielle s'allongea sur son lit au côté de Regulus et posa une main légère et joueuse sur le ventre du jeune homme qui se crispa.

« Arrête Gabrielle.

_ Non, je veux que tu cèdes.

_ Je t'ai déjà expliqué que dans ma famille, on ne faisait pas ces choses-là avant le mariage.

_ Pourtant Sirius...

_ Je me fiche de Sirius, l'interrompit Regulus, agacé, je ne veux pas savoir ce qu'il faisait. J'ai des principes et je tiens à les respecter. On a déjà eu cette conversation nombre de fois.

_ Mais c'est ridicule. On ne va pas attendre de se marier avant de faire l'amour.

_ Bien sûr que si. »

Gabrielle se redressa, semblant réfléchir.

« Bien, je te préviens, je ne compte pas me faire passer la bague aux doigts avant plusieurs années. Je veux garder ma liberté pour le moment. Cependant, je suis chez moi, tu permettras donc que je me mette à mon aise.

_ Je t'en prie, répondit Regulus naïvement. »

Gabrielle retira son pull et son pantalon, un sourire taquin aux lèvres sous le regard gêné de son petit-ami. C'est en sous-vêtements qu'elle s'allongea près de lui, se collant à son corps et embrassant son cou.

« Gabrielle, tu es donc incapable de me laisser respecter l'engagement que j'ai pris? Ça me tient à cœur, essaie de le comprendre. »

La jeune fille se raidit et son sourire disparut, vexée que ses tentatives échouent ainsi. La conception de la vie qu'avait Regulus était si différente de la sienne qu'elle la déstabilisait.

« Je ne te comprends pas. Une fois que tu y auras goûté, tu ne penseras qu'à une seule chose, recommencer, alors cède à la tentation. Tu ne seras pas maudit jusqu'à la dixième génération pour cela, rassure toi.

_ Faire l'amour n'est pas anodin pour moi. Je veux que ce soit quelque chose de sérieux.

_ Tu es amoureux de moi Regulus, n'est-ce pas?

_ Bien sûr!

_ Alors, je ne vois pas ce qui te retient. Que veux-tu de plus? Une signature sur un contrat? Le mariage n'est que de la paperasse.

_ C'est symbolique... Si un jour nous nous marions, alors tu m'appartiendras et...

_ Pardon? Je crois que tu fais erreur. Jamais je ne t'appartiendrai Regulus, ni à toi ni à personne d'autre, l'interrompit Gabrielle.

_ C'était une façon de parler, ne le prends pas comme ça... »

Gabrielle se releva et se rhabilla prestement.

« Tu sais quoi, Regulus? Tu m'agaces. Alors je te propose de partir, j'ai besoin d'être seule.

_ Je t'agace? Regarde-toi, on dirait que tu ne penses qu'à ça. Je comprends mieux maintenant ce qui te plaisait chez Sirius. Lui, ça devait pas être le genre à te dire non, je présume. Enfin, ça l'a pas empêché de te laisser tomber. Tu n'étais peut-être pas si bien que ça au lit finalement. »

Le visage de Gabrielle pâlit alors qu'une colère peinée montait en elle.

« Dégage! Cracha t-elle »

Regulus disparut sans demander son reste.


La lune n'est encore qu'un fin croissant dans le ciel étoilé, nuageux cette nuit-là. Le monde se découpe sous sa pâle lueur, un monde qui a peur, qui craint un avenir sombre et sanglant. Tous ne parviennent pas à dormir en Angleterre, tentant d'oublier leur passé et leur présent. Deux jeunes filles, un verre d'alcool dans la main dansent sur une piste sous des regards concupiscents. Un peu plus loin, un jeune homme sur son balcon, accoudé à la balustrade, les yeux dans le vague, pensif. A quelques kilomètres de là, un autre garçon, étrangement semblable a ramené une inconnue dans son lit et lui fait l'amour. L'une des jeunes filles, la blonde aux grands yeux noirs et au décolleté plongeant embrasse un de ceux qui l'a abordée, laissant ses mains parcourir son corps. Elle désire s'abandonner à cette douce chaleur, oublier les causes qui l'ont conduite ici, dans les vapeurs de l'alcool et la volupté des corps. Elle ne pense plus aux paroles blessantes de Regulus, elle ne pense plus à lui tout court. Sirius semble en cet instant n'être jamais pénétré dans sa vie. Elle ne sait pas non plus comment elle parvient dans cet appartement inconnu. Elle sent brièvement la fraîcheur de la nuit sur sa peau lorsqu'on lui retire ses vêtements, puis c'est le grand trou noir...


Gabrielle fut réveillée par l'éclat d'un rayon de soleil traversant les persiennes. Sa tête lui faisait un mal de chien et elle avait l'impression que le lit tanguait. Elle se retourna, nauséeuse et sa main percuta alors un corps étranger. Elle hurla, désemparée. La soirée, était pour elle un souvenir brumeux, elle ne parvenait pas à se souvenir comment elle était parvenue ici... Car la chambre dans laquelle elle se trouvait n'était clairement pas la sienne... Réagissant à son cri, la masse à côté d'elle s'agita en grognant.

_ Qu'est-ce que je fais ici? S'exclama-t-elle.

_ Tu m'as allumée toute la soirée et c'est toi qui m'as proposé qu'on aille chez toi, répondit le jeune homme dédaigneux.

_ On a... on a?

_ Si, c'est ça qui t'inquiète, non, on n'a pas couché ensemble. Je t'avais à peine déshabillée, que tu t'es effondrée sur le lit. Impossible de te réveiller.

Gabrielle regarda le garçon qui lui faisait face, visiblement agacé par la manière dont la nuit avait fini. Certainement pas à la hauteur de ses espérances.

_ Excuse-moi, je n'étais pas dans mon état normal.

L'inconnu ne répondit pas mais son regard était éloquent : plus tôt elle déguerpirait, mieux il se porterait. La jeune fille ne demanda pas son reste ; elle rassembla prestement ses affaires et cinq minutes plus tard, elle se retrouva dans la rue, l'air hagard, se demandant dans quel quartier de Londres, elle pouvait bien être.


Il venait enfin de comprendre... Et l'idée l'horrifiait... Il resta un moment interdit, s'affaissant contre le dossier de sa chaise, le livre ouvert devant lui, éclairé par une simple bougie. La pièce autour de lui était sombre et un frisson le parcourut. Il eut peur tout à coup de ce qu'il venait de découvrir. Que ferait le Seigneur des Ténèbres s'il venait à savoir que le jeune, l'inoffensif Regulus Black avait découvert son secret? Il le tuerait sans doute... Et dans d'atroces souffrances... Il songea un bref instant à prévenir l'Ordre du Phénix, à rejoindre leurs rangs, tant l'idée de scinder son âme en deux à l'aide d'un Horcruxe le révulsait... Ses pensées le torturèrent durant des heures... Il n'avait jamais été aussi perdu... Le Mal absolu n'était pas pour lui, pourtant il savait déjà qu'il choisirait la prudence et ne ferait rien... Il n'était pas courageux et mourait de peur. Quand il repensait au regard de Bellatrix sur lui, lorsqu'il avait transplané avec Gabrielle, il était pétrifié, tenant vainement de se persuader qu'elle n'avait pas véritablement compris ce qu'il faisait, qu'elle était trop prise dans l'élan du combat... Il continuerait à jouer son rôle de mangemort soumis et ignorant. Ses quelques notions de legilimens le préserveraient... De plus, le maître était probablement bien trop occupé par ses préparatifs de bataille pour se soucier de lui et de ses pensées.


Gabrielle fut réveillée au cœur de la nuit par un bruit contre sa fenêtre. Elle se redressa précipitamment et se dirigea prudemment vers la vitre qu'elle entrouvrit.

_ Qui est-là? Interrogea-t-elle.

_ C'est moi, Regulus. Je peux monter?

_ Pour t'excuser?

_ Entre autres...

La jeune fille se recula de l'embrasure de la fenêtre, lui faisant signe de la rejoindre... Son cœur se serra en songeant que Sirius faisait la même chose autrefois... Mais elle effaça rapidement cette image de son esprit pour ne plus penser qu'à celui qui venait en cet instant vers elle. Elle ne lui en voulait plus pour ce qu'il lui avait dit ; elle savait qu'il avait parlé sous le coup de la colère.

Quand il eut passé le rebord de la fenêtre, il la serra dans ses bras, lui murmurant à l'oreille des paroles d'excuses. Elle acquiesça sans rien dire...

_ Pourquoi es-tu venu?

_ Je dois partir pour faire quelque chose d'important, quelque chose qui a à voir avec mon monde et je ne peux pas t'en parler, répondit Regulus d'un ton dans lequel perçait la peur.

_ Tu as l'air inquiet...

_ Ce que je vais faire est un peu dangereux mais je n'ai pas le choix.

_ Comment ça?

Elle le repoussa légèrement pour voir les traits de son visage. Il la regardait, cherchant ses mots, ne sachant s'il avait bien fait de venir la voir... Il lui saisit alors le bras et l'attira vers la fenêtre.

_ Tu ne sens pas la pesanteur de l'air, Gabrielle. Cette douleur qui foudroie le monde. L'âcre puanteur de la mort qui étend son ombre sur Londres... Regarde le ciel. Tu ne sens pas comme il est lourd de toutes les âmes qui quittent leur corps ce soir.

_ Je ne sens que la moiteur de l'air d'un soir d'été...

_ Le monde sorcier est à feu et à sang cette nuit. C'est la guerre là-bas, Gabrielle. Les hommes se battent pour leurs idéaux et certains n'y survivront pas. Je vais essayer de contribuer à mettre fin à cela... A ma manière.

_ Je ne veux pas que tu y ailles, Regulus, le supplia la jeune fille terrifiée.

_ Je ne peux pas faire autrement. Je me déteste bien assez comme ça, si je ne le faisais pas, je ne pourrais même plus me regarder dans un miroir. Dis-toi que je le fais aussi pour mon frère et ses amis.

Gabrielle le regarda sans rien dire, la tristesse se peignant sur son visage. Elle se blottit contre lui, désireuse de s'imprégner de sa présence... Il l'attira alors vers le lit et l'allongea en douceur, l'embrassant avec toute la tendresse dont il était capable. Il voulait lui montrer à quel point il l'aimait et à quel point elle comptait pour lui... Alors, maladroitement, il commença à la déshabiller et il caressait son corps, tremblant. Gabrielle prit les devants, rassurante, le guidant dans ses gestes et bientôt ils ne firent plus qu'un...


_ Il va être grand temps d'agir, Bella.

_ Oui, maître. Mais pourquoi avoir refusé que je participe à la bataille?

_ Parce que j'ai besoin de toi, autre part et je ne voulais pas prendre le risque que tu sois blessée.

_ Que vais-je devoir faire?

_ Tu te souviens naturellement de notre petite... Comment s'appelle-t-elle déjà?

_ Gabrielle Sullivan, Maître.

_ Oui, voilà, Gabrielle...

Voldemort se délectait de ces trois syllabes... Il caressait sa baguette de ses longs doigts blancs, marchant dans la pièce. Il était heureux, il allait enfin parvenir au but de sa vie. Il ne doutait pas que ses mangemorts remporteraient la bataille contre les forces du ministère de la magie, ce qui leur permettrait de renforcer leur emprise sur le monde sorcier. La petite moldue n'était qu'un digestif qu'il allait s'offrir car il avait en horreur la trahison et que Regulus méritait une bonne leçon.

_ Je veux que tu me la ramènes. Discrètement bien sûr. Et évite d'avoir à te battre contre ton cousin, je veux le garder en vie pour le moment.

_ Bien, Maître.

Dès le lendemain, Bellatrix se rendit Square Grimmaurd, se postant dans le coin d'une rue, guettant sa proie...


Gabrielle sortit de chez elle pour rendre visite à Holly, en début d'après-midi. Elle avait encore en tête, sa nuit passée avec Regulus. Depuis le matin, l'inquiétude ne la quittait plus. Elle n'attendait que son retour et cherchait donc à se distraire, à penser à autre chose...

Un éclair rouge.

Elle perdit connaissance.


Pour ceux que ça intéresse : retour des maraudeurs dans le prochain chapitre ! :) Et de l'action aussi. :)