J'ai finalement décidé de ne pas me laisser abattre. Je me suis mis un grand coup de pied au cul (Reno a aidé, aussi) et je me suis remise au boulot.

Voici donc le quatorzième chapitre, en espérant qu'il vous plaise.


« Dis, tu comptes te lever un jour ? », fit Roxas à l'amoncellement de couvertures.

L'amoncellement en question grogna. Bougea un peu. Puis resta totalement immobile. Les épaules de Roxas s'affaissèrent.

« Axeeeel..., soupira t-il.

-Mhgn... C'trop tôt...

-Il est midi, Axel.

-C'bien c'que j'dis... »

Un bras émergea du tas de coussins. Il tâtonna un peu dans le vide, à l'aveuglette. Quand il rencontra le bras du blond, il s'en saisit et le tira vers le lit. Roxas s'affala sur le rouquin qui le ceintura et le retint contre lui.

« Je dois aller bosser, Axel. »

Il avait l'impression de parler à un gosse.

« Reste avec moi...

-Je peux pas, tu le sais très bien...

-S'teuplé... »

Un gosse de cinq ans.

« J'ai besoin de ce job, Axel. Ils ont beau être sympa, ils vont pas me garder si je n'y vais pas.

-Tpa bzin dbser...

-Tu pourrais sortir la tête de l'oreiller quand tu parles ? »

Une tête rouge émergea. Entre les mèches, les yeux d'Axel ne s'habituaient pas à la lumière.

« J'disais, t'as pas besoin de bosser. »

Devant le sourcil haussé de Roxas, il ajouta :

« J'gagne assez d'argent pour deux.

-Et la fac ? C'est toi qui va me la payer peut-être ?

-Ça peut s'arranger... »

Roxas se leva.

« J'vais bosser. Appelle-moi quand tu seras redescendu sur Terre. »

Puis il quitta la pièce.

« Eh ? Roxy, t'es en colère ?, fit Axel en se redressant dans le lit.

-A ton avis ?, lança le blond de l'autre bout de l'appartement.

-Euuuh, oui ?

-Bingo !

-Euuuh, pourquoi ?

-Devine ! »

La porte claqua. Le silence revint. Axel ne comprenait strictement rien à ce qu'il venait de se passer. C'était quand même pas le fait qu'il voulait lui payer la fac qui l'avait énervé ? Axel ramena ses cheveux en arrière et attrapa son paquet de cigarettes sur la table de chevet.

« Reno ? J'ai besoin de toi, mec.

-J'ai pas plus d'idées que toi, frangin., déclara platement l'autre roux du haut de l'armoire.

-Tu crois que ça lui plaît de travailler là-bas ? »

Reno haussa les épaules.

« Ben, il rencontre des gens, il voit plein de monde...

-Brrr... Rien que d'y penser, ça me fout des frissons...

-Tout le monde n'est pas asocial comme toi, mon pote. Et puis il y a ses collègues. Ce sont des gens différents de nous, Zex', Dem' et les autres, c'est autre chose.

-Tu vois que t'as des idées. »

Reno lui tira la langue. Axel haussa les épaules avec amusement. Il coinça sa clope entre ses lèvres et se décida à se lever. C'est à ce moment-là qu'il remarqua le tremblement de ses mains. Il exhala doucement la fumée. Finalement, c'était une chance que Roxas soit parti au restaurant. Il y avait encore trop de choses qu'il lui cachait. Il enfila un bas de pyjama, s'attacha les cheveux dans la nuque et prit la direction de la salle de bains.

« J'pense aussi que ça doit lui plaire l'idée qu'il ne devra qu'à lui le fait d'être allé à la fac. »

Axel sursauta. Même si Reno était une création de son esprit malade, il arrivait quand même à le surprendre.

« Tu réfléchis encore à ça ?, s'amusa Axel en comptant le nombre de comprimés qu'il avait dans la paume. Quatre, cinq...

-C'est un des avantages du dédoublement de personnalité simultané, pendant que tu te prends la tête parce que t'es en manque, je réfléchis au pourquoi de la colère de ton cher blondinet.

-Tu m'épates, fit Axel, indifférent. Et d'ailleurs ce n'est pas à cause du manque que je tremble, c'est parce que les calmants nerveux ne font plus effet. »

Il avala sa demi-douzaine de pilules.

« Je suis clean depuis plus de deux ans, ne l'oublie pas.

-Toi, ne l'oublie pas., fit Reno, plus sérieux que jamais. Tu as encore de la méthadone dans ce placard. »

Il pointait un flacon derrière Axel.

« C'est un médicament. Un substitut. Au cas où.

-''Au cas où'' après deux ans, Axel ?

-Écoute Reno, tu m'emmerdes, ok ? J'ai pas eu besoin de remplacer cette putain d'héro par cette putain de méthadone depuis que Riku m'a sevré, compris ? Alors arrête de me prendre la tête là-dessus. »

Reno leva les mains, un air innocent sur le visage.

« Je ne suis que le fruit de ta maladie, frangin. Je dis tout haut ce que tu penses tout bas. Quand je te prends la tête, c'est que tu te prends la tête tout seul.

-Bordel, ta gueule... »

Il savait que Reno avait raison. Pourquoi gardait-il encore ce substitut d'héroïne ? Il n'y avait plus touché depuis la cure de désintoxication que lui avait fait suivre Riku avant de le faire admettre dans la société. Au cas où... C'était quoi en fait ? Son filet de secours ? La bouée si jamais il était tenté à un moment ou à un autre ? Putain... Je suis juste complètement flippé à l'idée de pas avoir de béquille... Axel avala ses autres gélules tout en fixant le flacon de méthadone. Après quelques longues minutes à fusiller la bouteille de verre marron, il l'attrapa et en vida le contenu dans le lavabo. Puis il la balança dans la poubelle.

« T'es content ?

-Autant que toi. »

Axel s'alluma une autre cigarette. Il fumait trop, il le savait. C'est un autre problème. Il s'en occuperait plus tard. Pour l'instant, l'important était que Roxas ne soit plus énervé contre lui. Commencer par nettoyer un peu l'appartement.

« Dis, Reno ?

-Oui ?

-Tu voudrais pas te matérialiser, genre là maintenant tout de suite, et m'aider à ranger la maison ?

-J'adore tes blagues, tu sais. »

oOoOo

Pourquoi ça l'avait autant énervé qu'Axel lui propose de lui payer l'université ? D'accord, ça partait d'une bonne intention, celle de lui permettre d'arrêter de bosser au restaurant, donc d'être plus souvent ensemble et ensuite celle de lui permettre de suivre le cursus universitaire dont il avait envie. Mais il avait quand même sa fierté. Il n'allait pas non plus se faire entretenir, manquait plus que ça, tiens ! Après avoir été à la botte d'un enfoiré pendant huit mois, il s'en passerait, merci. Et puis il aimait bien le restaurant. Il voyait d'autres personnes que le triangle Axel-Zexion-Demyx. Il ne voulait plus être enfermé.

« ...uhouuu ? »

Roxas sursauta. Yuffie claquait des doigts à côté de ses oreilles.

« Quoi ?

-J'vérifiais si t'étais vivant. T'avais les yeux complètement vides, on aurait dit un mort-vivant.

-Merci, Yuf', ça fait plaisir...

-Ça va pas ?

-Si, si. »

La jeune fille se planta devant lui, les poings sur les hanches.

« Raconte.

-De quoi ?

-Ben ce qu'il se passe, banane !, fit-elle en roulant des yeux.

-Mais rien, j't'ai dit. Y a des plats qui attendent, tu vas te faire engueuler. »

Elle s'éloigna en pointant ses yeux puis les siens à lui, pour lui dire ''ne crois pas t'en tirer à si bon compte.'' Il haussa les épaules et retourna à sa vaisselle.

oOoOo

Son portable sonna. C'est Roxas, c'est Roxas, c'est Roxas, c'est...

« Larxène, fit Axel, plus blasé que jamais. Qu'est-ce que tu veux ?

-Bonjour à toi aussi, Axel ! Je vais bien, c'est gentil de t'en inquiéter, merci. Et toi comment tu vas ?, enchaîna la blonde, ironiquement.

-Larx...

-Oui, oui, bon... C'était juste pour te féliciter.

-De ?

-D'être revenu dans les petits papiers des huiles grâce à ton boulot niquel chrome à Lowbast.

-Ah.

-Et pour te prévenir que tes vacances s'achèvent demain.

-Soir ?

-Matin. Je t'ai envoyé un dossier par mail. Faut que ça soit fait demain.

-Mais je croyais que j'étais excusé ?

-Justement. C'est important, donc il leur faut le meilleur. Appelle-moi si t'as des questions. »

La blonde raccrocha. Axel pesta. S'ils l'envoyaient encore à Pétaouchnok, il allait... Il allait faire quoi d'ailleurs ? Il ne pouvait rien contre eux. Putain. Il alla chercher son ordinateur dans son ancienne chambre. Deux mails en attente sur sa boîte professionnelle et... un mail sur sa boîte privée ? A tous les coups, c'était un spam, personne ne lui écrivait sur cette adresse-là. Il alla directement voir le dossier que Larxène avait constitué. Avec elle, il pouvait être sûr que les informations seraient fiables : c'était une des meilleurs agents d'espionnage et de recherche dont la société disposait. Voyons qu'elle sera cette mission ''super-importante-nécessitant-leur-meilleur-assassin''.

oOoOo

Personne ne l'attendait. Il était un peu déçu. Connaissant Axel, il pensait qu'il serait venu le chercher pour s'excuser. Pourtant l'arrière-cours était déserte. Roxas soupira. Il avait peut-être exagéré, le matin. Il ajusta son sac à dos sur l'épaule et prit le chemin de l'appartement. Il commençait à connaître Lusio à présent et bien qu'elle soit complètement différente de Twitown, il l'aimait bien. Il passa devant le campus de l'université. En cette fin d'après-midi, plusieurs groupes d'étudiants discutaient assis dans l'herbe, aux tables de pique-nique ou sur les murets. Il pensa à Hayner, Pence et Olette. Ils devaient faire la même chose, à Island. Faudrait que je leur téléphone. Et que j'aille les voir, la prochaine fois que je prends des congés. Il songea à Axel. Il ne vaudrait mieux pas qu'il vienne avec lui. Si Hayner apprenait qu'il était de nouveau en couple, il s'énerverait et lui dirait quelque chose comme ''t'as pas assez souffert comme ça ? Faut que tu recommences même pas un mois après ?''. Très peu pour lui. Il entendit quelqu'un l'appeler. Il ne connaissait pourtant pas beaucoup de monde, à Lusio. Il se retourna. Le garçon qui l'avait aidé au supermarché, un peu plus d'une semaine en arrière, lui faisait de grands signes de la main.

« Roxaaaas !

-Salut, euuh... Sora. »

Le brun lui fit un gigantesque sourire, heureux que l'on se souvienne de lui.

« Qu'est-ce que tu fais dans le coin ?

-Je rentre de mon boulot. Euh, et toi ?

-Je sors de la fac.

-Ah. »

Roxas l'envia.

« Ton ami y est aussi ?

-Mon ami ?

-Le type aux cheveux gris.

-Ah ! Riku ! Non, il sort pas souvent de chez nous, il travaille par internet.

-Ah, okay...

-Et toi, l'épouvantail, il bosse avec toi ? »

Roxas esquissa un sourire.

« Non. Il... »

Il s'arrêta. Au fond, il ne savait même pas ce que faisait Axel.

« Il glande toute la journée., finit-il et Sora éclata de rire.

-T'habites par ici ?

-Deux-trois blocs plus loin. Et toi ?

-Quatre-cinq. »

Ce Sora était marrant. Il ne prenait pas la tête. Lui, au moins. Roxas regretta immédiatement ses pensées. Axel n'était pas prise de tête. Il était, comme aurait dit Demyx, ''space mais pas méchant''. C'était injuste de s'énerver contre lui pour rien. Et de toutes façons, qui connaissait quelqu'un à cent pour cent ?

oOoOo

Axel regarda l'heure et jura. Il avait loupé l'heure de sortie de Roxas. Il décida d'aller à sa rencontre, il connaissait le chemin que le blond empruntait chaque jour. Il ferma son ordinateur, enfila sa veste et sortit. Il croisa un des habitants de l'immeuble dans l'escalier.

« Salut, Léon ! »

Le dénommé Léon lui répondit par un signe de tête. Il était un peu plus âgé que lui et ne parlait pas beaucoup, à l'inverse de sa colocataire, Aerith. Axel sauta les dernières marches et déboula sur le trottoir.

Au bout de quelques minutes de marche, il aperçut sa tête blonde préférée. Il fronça les sourcils quand il vit qu'il était accompagné. Roxas croisa son regard. Il lui fit un minuscule sourire. Axel avait l'impression qu'il lui disait ''oui oui, je t'ai vu, mais je fais style que non, tu vois je suis en pleine conversation avec un de mes amis...''. Plus il se rapprochait, plus la tête du brun qui parlait avec Roxas lui disait quelque chose. Axel fouillait sa mémoire à toute vitesse. C'est quand il ne fut plus qu'à quelques mètres d'eux qu'il se souvînt. Le métro. C'était le garçon que Riku attendait sur le quai du métro.

oOoOo

Alors comme ça, il était venu à sa rencontre ? Roxas aurait bien aimé être sarcastique mais il ne pouvait définitivement pas. Surtout pas quand il se souvenait de l'attitude d'Axel face à Seifer. Mais bon, le rendre un peu jaloux et lui montrer qu'il avait d'autres amis ne pouvait pas lui faire du mal, si ? L'expression d'Axel changea quand il détailla Sora. Ils se connaissent ?

« Ça va, Axel ?

-Hein ? Ah, euh, oui, oui. Désolé, je voulais venir plus tôt, mais je bossais... »

Sora se tourna vers Roxas, l'air moqueur.

« Ben alors ? J'croyais qu'il faisait que glander ? »

Roxas rougit. Axel le fixa, faussement indigné.

« Comment ça, je glande ? »

oOoOo

Le rouge monta de plus belle à ses joues. Axel sourit, fier de son effet. Le blond se triturait les cheveux.

« Façon d'parler, grommela t-il.

-Ouais, c'est ce qu'on dit, hein !, rigola Sora. Bon, aller, je vous laisse, Riku m'attend !

-Ok, euh, à plus. Bonne soirée. »

Axel se mordait la lèvre. Alors comme ça, ils étaient restés en ville ? Riku était complètement inconscient ou quoi ? Roxas, remis de ses émotions, le dévisageait.

« T'es sûr que ça va ?

-Ouais. », souffla le roux.

oOoOo

Roxas haussa un sourcil dubitatif.

« Tu le connais ?

-Non, non.

-Ah.

-On rentre ? »

Il acquiesça. Après tout, ça ne le regardait pas. Enfin, si, un peu quand même, mais bon, si Axel ne voulait pas en parler...

« Alors comme ça, tu bossais ?, reprit-il, taquin.

-Eh oui. Je reprends le boulot demain.

-Ah. »

Roxas était déçu. Bon d'accord, c'était lui qui s'était énervé le matin-même, il ne pouvait s'en prendre qu'à lui.

« Dis, au fait...

-Oui ?, lui répondit Axel en ouvrant la porte de l'immeuble.

-C'est quoi, ton job ? »

Le roux se décala pour laisser sortir la vieille du premier, les yeux rivés sur la poignée de la porte.

oOoOo

Il se sentait piégé. Roxas avait posé la question. Et de façon on ne peut plus sérieuse, en plus ! Merde, Reno ! Je fais quoi ? « Tu lui dis la vérité ? » Je peux pas ! Je veux pas le mettre en danger ! « Tu fais diversion ? » Comment ? « Je sais pas, moi ! » La voix de Roxas rompit son échange télépathique.

« Axel ? »

Il reporta son attention sur le blond. Ils entrèrent dans l'immeuble et commencèrent à gravir les six étages en silence.

« Axel ?, répéta Roxas avec plus d'insistance.

-Je t'explique à l'appart'. », fit Axel sans se retourner.

oOoOo

C'est quoi ce délire ? Pourquoi est-ce qu'une question aussi innocente que celle-là le mettait dans un état pareil ? C'était quoi ? Un agent secret ? Un dangereux criminel recherché par Interpol ?

Ils entrèrent dans leur appartement, toujours en silence. Roxas alla déposer ses affaires dans sa chambre tandis qu'Axel s'asseyait sur le canapé. Quand il revînt dans le salon, le roux se prenait la tête dans les mains. Roxas s'installa dans le fauteuil à côté du canapé.

« Je peux pas te dire beaucoup de choses., commença Axel, les yeux rivés sur ses mains.

-Co-Comment ça ?, fit Roxas, nerveux.

-Ça te mettrait en danger.

-Ah, ok... Ça fait très réplique de film de superhéros, ça tu sais. »

Il espérait détendre un peu l'atmosphère, mais Axel lui lança un regard désespéré.

« Je... Je travaille pour... »

Axel se triturait les mains.

« Pour une organisation... Et... »

Nouvelle pause. Il se massa la nuque. Roxas voyait qu'il en coûtait à Axel de lui expliquer. Il quitta le fauteuil. Axel leva la tête vers lui, paniqué.

« C'est bon. N'en dis pas plus. Tant que tu es là, que tu restes le même, avec moi, ça ne fait rien. Je ne veux pas savoir, je n'en ai pas besoin. Tu es Axel. C'est tout. »


Voilà, voilà.

Je bosse déjà sur le quinzième et je compte avancer rapidement, j'ai plein d'idées. Même si le bac est bientôt là. ^^

J'ai une question pour vous : Que pensez-vous qu'il va arriver prochainement dans Puisque la folie te guette ?

J'ai hâte de savoir ce que vous pensez ! =D