Titre :Never say die
Source
: Gundam Wing AC
Auteur(e) : Lysanea
Genre : yaoi, romance, basée sur l'histoire originale
Disclamer: aucun des personnages ne m'appartient sauf Lexie et les clients
Rating : T
Personnages
: Heero Yuy, Duo Maxwell, Trowa Barton, Quatre Raberba Winner, Wufei Chang, Lexie
Statut : finie

Rars :
Tenshi
: merci pour ta review qui m'a touché ! je suis contente que tu n'aies pas été déçue à ton retour. Je te souhaite une bonne lecture de ce chapitre.

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Chapitre 14 : T'écouter et te suivre

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« L'amour est une laisse de soie qui conduit l'être humain soit au ciel soit en enfer. »
(Proverbe arabe)

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Profitant que Wufei soit venu demander quelque chose à Quatre en particulier, Duo s'éclipse en s'excusant.

Il s'avance jusqu'au groupe formé par Heero, Trowa et Lyssia, et dans le code qu'ils utilisaient avant, en mission, il fait comprendre à Heero qu'il aimerait être seul avec Trowa.

Heero lui sourit plus franchement et avec un très léger signe de tête, imperceptible pour n'importe qui d'autres qu'eux, ce qui amène Trowa, face à lui, à se retourner.

Alors Heero en profite pour demander à Lyssia de lui expliquer quelque chose sur la confection d'un petit four du buffet, dont il n'a prétendument pas reconnu le goût.

Ravie, la jeune fille l'entraîne à la recherche de l'amuse-gueule en question, laissant Trowa accueillir Duo.

- Ca aurait pu être discret, Duo, mais pas avec moi, lui dit-il avec un très léger sourire.

- C'était surtout pour Lyssia, en fait ! se défend Duo. J'avais pas grand-chose de particulier à te dire, mais juste envie d'être un peu seul avec toi. On s'est pas trop vu et tu repars demain !

- C'est vrai que je reste celui qui a passé le moins de temps avec toi. Je n'ai pas réellement profité de ton retour, encore. Mais je comprends ton besoin d'être seul avec Quatre.

- Y a d'autres raisons, tu sais. Déjà, Noin te réclame.

- Comme chacun d'entre nous.

- Ce que je comprends. Mais c'est bien que tu reconnaisses qu'elle a autant besoin de toi, son Preventer Stone, que des autres.

- Je n'en suis pas si sûr, Duo. Si tu m'avais demandé de rester, elle n'aurait pas tant protesté que ça.

- Pas parce que tu as moins de valeur à ses yeux, mais juste pour me faire plaisir. Elle est vraiment contente de me savoir en vie.

- C'est normal.

- Elle aurait sûrement préféré que ce soit Sally…

- T'as pas le droit de dire ça, Duo, lui reproche Trowa en fronçant légèrement les sourcils.

- C'est vrai, c'est pas correct… Disons qu'elle aurait aimé que Sally réapparaisse miraculeusement, elle aussi.

- C'est plutôt ça, oui.

- J'ose même pas imaginer ce qu'elle a dû traverser… La pauvre…

- Nous avons tous eu nos épreuves. A présent, c'est à toi de gérer la tienne et celle d'Heero. J'ai confiance en Quatre pour t'apporter le soutien nécessaire dans cette entreprise.

- Justement, c'est l'une des raisons pour lesquelles je ne te demande pas de rester, Trowa. Si t'es dans le coin, ce sera pas pareil, avec Quatre. Il est plus… distrait, on va dire. Ce que je comprends…

Trowa se contente d'hocher la tête.

- Mais t'inquiète pas, je compte bien avoir aussi des moments privilégiés avec toi, dès que je serai rentré ! poursuit Duo avec un large sourire. J'ai pas eu mon quota de virées en moto, ces dernières années !

- J'en profiterai, avant que Heero et toi ne repreniez votre relation et que vous ne disparaissiez pendant des semaines.

- Tu sembles vraiment convaincu qu'on va se remettre ensemble…

Trowa a un petit sourire, cette fois-ci, alors qu'il capture le regard de Duo en le fixant avec intensité.

- Je suis amnésique une fois par mois, Duo, depuis plus de quatre ans. Je sais pertinemment que recouvrer la mémoire n'est pas seulement retrouver le souvenir d'un amour vécu, surtout lorsqu'il est si puissant et entier. La seule chose qui t'empêche d'être avec Heero, ce n'est pas ce que tu n'éprouves plus pour lui, mais ce que tu ressens encore pour Milliardo, ce que tu as vécu avec lui et ce que ça t'inspire de culpabilité et de malaise. Une fois que tu auras composé avec ça, Heero et toi pourrez reprendre votre route, ensemble.

Duo rend son long regard à Trowa, sans ciller.

- Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que c'est le plus long speech que t'aies tenu depuis très longtemps ?

- Sûrement parce que c'est le cas.

Duo éclate de rire.

- Merci, Trowa, pour cet effort... Tu me manques déjà, tu sais, je blague pas ! ajoute-t-il en lui donnant une franche accolade.

- On se revoit bientôt.

- Ca c'est sûr ! Ah ! V'là Archie avec une nouvelle fournée de saucisses et de petits fours ! Sa cuisine va trop me manquer ! soupire-t-il alors que son ami lui fait signe.

- Vous vous reverrez.

- J'espère bien !

- Une fois qu'on t'a connu, on ne peut pas accepter de ne plus te revoir, Duo.

- C'est gentil, ça ! Et triste, pour certains…

Inutile de préciser à qui il fait référence.

- C'est bien pour ça que nous avons accepté de ne rien faire contre lui. Il a le pire châtiment qui soit, en étant condamné à ne plus te voir ni te parler.

- Il se l'est infligé lui-même, soupire Duo. Quel sacré bougre d'idiot…

Sa colère s'est apaisée, mais la tristesse qu'elle a laissée derrière elle demeure encore très profonde.

- Il connaissait les risques et il a choisi de les prendre.

- Je sais, mais ça reste un idiot, Trowa ! Quelle idée d'aller jusque-là, pour… Ah ! laisse tomber, ça sert à rien d'épiloguer là-dessus !

- Ok, accepte immédiatement Trowa, ne souhaitant pas lui gâcher la soirée.

- Je suis rassuré, dans un sens, que tout le monde se soit mis d'accord pour l'ignorer. J'aurais pas voulu que vous vous salissiez avec des idées de vengeance et tout… Le mal est fait et ça ne m'aurait pas consolé de le voir souffrir encore plus.

- Il t'a rendu heureux.

- C'est clair, reconnaît Duo avec un sourire triste. On a de supers souvenirs ensemble, malgré tout. Notre… couple, notre histoire, notre vie… On en faisait, des envieux et des jaloux. On s'aimait tellement, c'est effrayant, quand j'y pense !

- Tu devrais ne pas trop y penser.

- J'essaie, Trowa, j'essaie vraiment. Je reste conscient que ça appartient à une autre vie. Je sais pertinemment que j'aurais pu être aussi bien avec Heero.

- Tu le seras et plus encore, Duo, le rassure-t-il. Parce que tu n'es plus Donovan Leitch mais Duo Maxwell, avec ton passé, ton présent et votre avenir à construire ensemble.

Duo lui sourit, touché par ses efforts pour le soutenir.

- Et pourquoi tu mettrais pas ça en pratique pour Quatre et toi, hein ?

- Parce qu'il ne le souhaite pas, répond-il simplement.

- Il te l'a dit mot pour mot ?

- Pas besoin, son attitude parle d'elle-même.

- Tu te crois sérieusement capable d'interpréter correctement son attitude envers toi ? demande-t-il, les poings sur les hanches. Et si on parlait de la tienne, d'abord ?

- Ne te donne pas cette peine…

Duo lève les yeux au ciel en soupirant, ce qui fait voler les mèches de cheveux balayant son front.

Il a bien compris le « problème » de Trowa, tout comme Heero et Wufei avant lui.

Mais eux ont toujours considéré que c'était à Quatre d'agir pour forcer Trowa à sortir de cet état dans lequel il erre depuis trop d'années, entre apitoiement sur soi, résignation, lassitude et entêtement…

Seulement, ils prêtent à Quatre une force qu'il pense lui-même ne plus avoir.

Il faudrait qu'il puisse voir l'amour de Trowa derrière son éloignement, sa peur d'être repoussé lorsqu'il le rejette, ses appels au secours masqués par son refus de soutien.

Mais aussi puissant empathe qu'il soit, Quatre est totalement aveuglé et impuissant, bloqué derrière les barrières dressées par Trowa pour se protéger et surtout, le protéger, lui.

Il ne veut pas le forcer suite à ce qu'il a subit avec Orson, car cela représenterait aussi un viol de sa pensée.

Il ne veut pas lui imposer son soutien et même sa simple présence, parce qu'il est humain et blessé par le rejet de celui qu'il aime.

Le médecin lui a bien dit que les amnésies régulières et périodiques de Trowa n'avaient aucune explication médicale, que ses examens étaient normaux en dehors de cette zone irrémédiablement lésée depuis son enfance responsable de son amnésie définitive. Pour eux, les pertes de mémoire cycliques de Trowa ont une explication psychologique ou psychosomatique.

Bien sûr, Quatre a pensé qu'il pouvait s'agir d'une manière inconsciente pour Trowa de le rappeler à lui, de maintenir ce lien entre eux…

Mais il ne pouvait y croire, il n'en avait pas la force, ni la volonté d'espérer encore, après tant d'années d'effort, de rejet, d'éloignement.

Duo sait tout ça, Quatre lui en a parlé.
Mais ce n'est pas à lui de l'expliquer à Trowa, ça ne rendrait service à aucun d'entre eux, bien au contraire.

- Pourquoi vous essayeriez pas d'avoir une conversation franche, tous les deux ? propose-t-il, bien qu'il se doute que d'autres ont eu cette idée avant lui. En vous disant clairement les choses, vos attentes, vos sentiments, tout ça, pour démêler un peu ce foutoir, ça peut aider, non ? Vous vous méprenez l'un comme l'autre, c'est un truc de dingue, quand on regarde ça de l'extérieur !

- On y arrive pas, Duo. Discuter, être honnête l'un envers l'autre nous est très difficile. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est comme ça.

- Quatre me dit la même chose « depuis quelques temps, on arrive pas à communiquer, c'est comme si on se supportait plus, des fois ». Ca n'a rien à voir, moi je dis. Vous vous supportez, puisque vous recherchez constamment la présence de l'autre… Mais vous aimez pas vous retrouver en tête-à-tête, parce que ça vous forcerait à faire face à la situation. Je sais pas, il doit y avoir du sang de martyr dans vos veines, vous aimez souffrir… Bah ! quitte à souffrir, faites-le ensemble, vous pourrez vous consoler derrière rapidement…

Trowa sourit, mais le voile de tristesse qui l'entoure est à peine ébranlé par ce geste.

- J'aimerai que tout soit aussi simple.

- C'est sûrement bien moins compliqué que ce que vous vous forcez vire ! Tu l'aimes, non ?

- Là n'est pas la question. Je ne sais plus comment l'aimer, Duo, je n'arrive plus à la rendre heureux. C'est…

- Oui… ? l'encourage-t-il, le sentant hésiter.

Levant son regard au vert toujours aussi troublant vers Duo, Trowa se donne encore quelques secondes pour formuler sa pensée, avant de répondre à son ami.

- C'est difficile d'aimer quelqu'un à ce point- là et de ne plus savoir le lui montrer...

- T'oses plus le faire, parce que tu penses qu'il ne t'aime plus, c'est ça, hein ? Idiot, soupire-t-il après quelques secondes de silence prolongé. Je vais pas vous faire l'affront de vous mettre l'un en face de l'autre et de vous demander « tu l'aimes ? Oui ? Bien. Et toi, tu l'aimes ? Parfait ! Faites-vous un bisou maintenant, et après vous pourrez aller jouer ! »

Trowa éclate de rire et c'est si soudain, un son oublié tant il est loin le temps où il résonnait, que toutes les têtes se tournent vers eux.

Duo se redresse de la table contre laquelle il avait pris appui avec un grand sourire.

- Duo Maxwell, faiseur de miracles ! fanfaronne-t-il. Quatre, angel, viens-là, on a un nouveau jeu avec Trowa !

- Ca ira, Duo, merci, intervient celui-ci.

- Non mais je plaisante pas ! Allez, angel, viens nous rejoindre !

Quatre soupire, pas très rassuré, mais les rejoint quand même en prenant congé de Wufei.
Sauf que Duo n'a pas l'intention de rester.

- Je vais me chercher des saucisses, ça creuse de parler avec vous deux ! Amusez-vous bien ! sourit-il en embrassant Quatre au passage, avant de les laisser.

Quatre hésite un court instant, puis regarde Trowa.

- Je peux… ? demande-t-il en désignant la place laissée libre à ses côtés.

Trowa hoche simplement la tête et Quatre le remercie en s'appuyant sur la table.

- Qu'est-ce qui se passe, alors, qu'est-ce que c'est que cette histoire de jeu dont parlait Duo ?

- Rien de particulier, répond Trowa sans le regarder, les yeux perdus dans l'herbe du jardin. On discutait simplement.

- Pourtant, tu as ri comme tu ne l'as plus fait depuis des années…

Après une courte hésitation, Trowa lui rapporte les mots de Duo et Quatre se met à rire, lui aussi.

- D'accord, je vois… Sacré Duo ! Il a toujours de drôles d'idées.

- Peut-être a-t-il raison, tente Trowa.

Ces quelques précieuses secondes à rire avec Quatre lui font tellement de bien que ça ravive la flamme de l'espoir, qu'il n'a jamais vraiment réussi à éteindre.

- Tu veux que je le rappelle ? réplique immédiatement Quatre, avant de mordre la lèvre.

La flamme vacille et seule une légère braise crépite encore dans le cœur de Trowa, qui pourtant reste calme.

- Tu vois, c'est constamment comme ça, entre nous. On ne peut plus parler sans se provoquer ou se mettre au défi.

- C'est vrai, reconnaît Quatre. Je suis désolé, Trowa.

- Si ce n'est pas toi, c'est moi. Cela revient au même.

Ils ne disent plus rien un court instant.

Ce n'est pas aussi difficile qu'ils l'avaient imaginé, d'être directs, mais ils ne sont plus habitués, alors une certaine gêne s'installe.

- Vous repartez déjà demain, c'est arrivé vite...

- Très vite.

- J'espère que ça va aller, Trowa. Nous sommes à la fin du mois et tu n'as toujours pas eu d'amnésie.

- Si ça m'arrive, je t'attendrais en isolement, ce n'est pas important.

- Ca l'est. J'aimerai tellement comprendre pourquoi ça t'arrive.

- C'est nouveau, ça.

Quatre serre les poings.

- Non, ça ne l'est pas, soupire-t-il en ravalant son irritation qu'il sent monter dangereusement. Je cherche depuis plusieurs années à découvrir les raisons de tes amnésies épisodiques, pour trouver une solution et t'en guérir définitivement…

- Et te libérer de ce fardeau.

- Ai-je jamais employé ce terme ? se défend-il. Me suis-je jamais plaint ?

- Tu es trop bien élevé pour ça.

- Mais je t'emmerde ! craque-t-il soudain en se redressant. Est-ce que c'est correct, ça, d'après toi ? Tu penses vraiment que je fais ce que je fais par correction ? Je n'aurais jamais assez de bonne éducation pour ne pas t'envoyer chier, Trowa !

- Alors pourquoi ne le fais-tu pas, alors que tu en meures d'envie ? demande-t-il en le relevant enfin les yeux vers lui.

- Quand, qu'est-ce que j'ai bien pu dire ou faire qui t'aies amené à penser ça ?

- …

- Alors ? insiste-t-il face au silence de Trowa. Tu n'as rien à répondre, parce que c'est une excuse, tout simplement, conclut-il en se rasseyant à moitié sur la table.

Leurs trois amis les surveillent du coin de l'œil mais n'interviennent pas.
Ils sont assez discrets pour ne pas perturber la soirée, mais Heero et Wufei savent que les éclats de Quatre peuvent être assez impressionnants.

- Une excuse ? murmure Trowa.

- Tu me remets tout sur le dos, alors qu'en vérité, c'est toi qui me repousses et me rejettes. Tu as bâti un mur autour de tes pensées et de ton cœur, comme si j'étais un étranger ou un danger...

- Je n'ai rien fait, Quatre.

- Arrête ça, tu veux, je ne suis pas idiot, réplique-t-il en balayant sa remarque d'un revers de la main, comme il aurait chassé une mouche. Avant, il me suffisait de simplement t'effleurer pour que nous rentrions dans une espèce de communion... Aujourd'hui, je ne peux même pas m'approcher, la seule idée de me tendre vers toi est un risque…

- C'est parce que tu ne le souhaites plus, simplement.

Quatre soupire une nouvelle fois.

- C'est peut-être le cas, à présent, parce que je n'ai pas envie de découvrir que même au plus profond de ton cœur, il n'y a plus de place pour moi… murmure-t-il avec une profonde tristesse.

C'est elle qui ébranle Trowa, qui, pour la première fois depuis des mois, des années, même, perçoit les sentiments de Quatre.

Pas ceux auxquels il pensait, mais bien l'un de ceux qu'il espérait.

Mais avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit, Quatre se redresse et s'en va, sans un mot de plus.

Trowa le suit des yeux jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'intérieur de la maison.

Ne le voyant pas réagir, Heero, Duo et Wufei le rejoignent rapidement.

- Qu'est-ce que t'attends pour le suivre, au juste, un ordre de mission ? demande Heero, les sourcils froncés.

- Je pense qu'il a envie d'être seul.

- Certainement pas ! proteste Duo. Faut que t'arrête de penser, toi…

- C'est vrai. Arrête de réfléchir et agis, Barton ! Il serait temps de mettre fin à ce long chemin de croix, non ?

- On a pas su vous soutenir correctement, ces dernières années, intervient Heero. On aurait dû vous forcer à affronter vos problèmes plutôt que de vous laisser vous enliser dedans.

- Vous étiez très occupés, rappelle Trowa. Et ce n'était pas à vous de le faire.

- Certes, mais nous aurions dû trouver un moyen d'honorer notre amitié de meilleure façon, réplique Wufei. Peu importe le passé, aujourd'hui, nous avons l'occasion de faire en sorte que les malentendus disparaissent et avec eux, les tensions. Si nous devons vous enfermer dans une pièce pour cela, cela pourra s'arranger.

- C'est clair, on a tous les moyens, ici.

- Rien de bon ne pourra en sortir.

- Le meilleur moyen de le savoir est d'essayer, Barton.

- Mais comme on te sait assez intelligent pour comprendre de toi-même la nécessité de ce tête-à-tête, on te laisse une chance de l'organiser à ta manière, avant de te contraindre à la nôtre, le prévient Heero.

- Vous êtes chiants.

- C'est aussi à ça que servent les amis, Trowa !

- Quatre n'a pas l'air bien, il est dans la salle de musique, les informe Lexie en les rejoignant à son tour. Je suppose que ça a un sens, vu vos réactions…

Tous les regards se portent maintenant sur Trowa, qui finit par soupirer et se redresser.

Ils le laissent passer et sans un mot ni même leur lancer un coup d'œil, il traverse le jardin et entre dans la maison.

Il sait où se trouve a salle de musique puisqu'ils sont passés devant en arrivant, le petit Keryan étant au piano, et ils l'ont écouté le temps d'un morceau.

Et quand bien même il ne s'en serait plus souvenu, il lui aurait suffi de se diriger vers les notes de ce même piano qui s'élèvent.

Un air qu'il connaît bien, puisque c'est le leur, à Quatre et lui : un morceau composé ensemble au début de leur histoire, qui en dit tout, depuis leur première rencontre jusqu'à leur emménagement ensemble.

Ils ne l'ont pas joué depuis des années…

Et Quatre semble l'avoir complété de son côté, car de nouvelles notes beaucoup plus sombres et tristes se succèdent à présent, parlant de frustration, de colère, de peur et de désespoir, d'impuissance….

Pourtant, l'amour est toujours là.

Trowa est étonné d'arriver à entendre, à lire et à comprendre encore si bien tout ce que la musique permet à Quatre d'exprimer.

Il en est aussi clairement bouleversé.
Se pourrait-il qu'il se soit trompé ?

Comme l'a si justement remarqué Wufei, il n'y a qu'un moyen de le savoir.

Aussi entre-t-il dans la pièce où les dernières notes résonnent encore, et s'avance jusqu'à ce que Quatre, au piano face à lui, relève les yeux.

Son cœur se serre et se brise à la vue de tant de tristesse et de douleur.

Lui qui s'était juré de ne jamais le rendre malheureux, de faire en sorte que ses yeux d'un bleu si pur et profond ne connaissent jamais aucune tourmente, il se sait en être la principale cause, aujourd'hui.

Et ça le déchire jusqu'à l'âme.

- Trowa, je suis désolé, commence Quatre d'une voix rendue rauque par le trop plein d'émotion.

Vaincu lui aussi par le désespoir qu'il lit sur le visage pourtant si impassible de Trowa, si indifférent, depuis quelques temps, par sa détresse qu'il sent pulser depuis son cœur et son âme et qui irradie de lui en vagues sombres, qu'il se prend de plein fouet, Quatre rend les armes.

Il en a assez de lutter contre Trowa, contre lui-même, contre leurs sentiments confus, les malentendus et les tensions, les barrières de Trowa, les siennes, le souvenir de leur amour passionné...

Il est temps de jouer cartes sur table et tant pis si les derniers lambeaux de sa fierté tombent après cela, tant pis si les derniers morceaux de son cœur déjà brisé explosent dans sa poitrine, tant pis si la petite étincelle d'espoir qu'il n'a jamais pu s'empêcher d'entretenir est soufflée à jamais, il rassemble les derniers bruissements de courage qu'il possède encore et fait face à Trowa.

Autant mettre fin à la lente agonie de leur relation et tourner la page, si c'est ce qui doit être fait.

- Quatre…

- Laisse-moi parler, s'il-te-plaît, il faut… que ça sorte. Je ne crois pas que je pourrais efficacement aider Duo, dans l'état où je suis, et il a besoin de moi plus que jamais. C'est ce que tout le monde a tenté de me faire comprendre, ces deux derniers jours. Je veux qu'on trouve un moyen de régler ça avant que tu ne partes, demain, et je ne vois qu'une solution : vider mon sac, quoi que ça me coûte. Même si ça veut dire mettre un terme… à notre relation… ou ce qu'il en reste. Es-tu prêt à m'écouter ?

- Oui, répond-il avec sa simplicité habituelle, en s'appuyant contre le piano tout en gardant une certaine distance.

Quatre le regarde longuement, puis prend une grande inspiration, la gorge nouée, avant de se lancer.

- Je suis désolé de ne pas t'avoir soutenu correctement. Quand je t'ai senti t'éloigner de moi et me repousser, j'aurais dû comprendre que c'était une sorte de mécanisme de défense. Parce qu'à chaque fois que tu perds la mémoire, c'est comme un appel au secours pour que je revienne vers toi… N'est-ce pas ? Sois franc, s'il te plaît, au nom de tout ce que nous avons partagé, autrefois…

- Je ne pense pas l'avoir jamais fait de manière consciente, Quatre.

- Nous avons passé beaucoup de temps ensemble, ce mois-ci, peut-être cela explique-t-il que tu n'aies pas eu d'amnésie... Et cela confirmerait mon hypothèse.

- Peut-être, répond-il avec un léger haussement d'épaules. Tout ce que je sais avec certitude, c'est qu'une fois ma mémoire revenue, tu reprends tes distances...

- C'est toi qui t'isoles, Trowa ! proteste-t-il en quittant son tabouret pour se rapprocher de lui. A peine rentrés, tu t'enfermes chez toi et personne ne peut te joindre si tu ne le souhaites pas. J'ai mis près de dix heures pour capter ton attention et pouvoir t'annoncer que Heero avait retrouvé Duo ! Dix heures !

- Et que puis-je faire d'autre ? Tu sembles tellement souffrir, à chaque fois, c'est le seul moyen que j'ai trouvé pour te remercier et te laisser tranquille.

- Est-ce que tu peux imaginer une seule seconde l'épreuve que je traverse lorsque je suis près de toi, et que tu me regardes comme un parfait étranger ? Ne plus vivre avec toi et ne plus avoir à me réveiller à tes côtés pour affronter ce brusque changement d'attitude n'a rien enlevé à la difficulté de l'épreuve, Trowa.

- C'est bien pour ça que je ne veux pas te blesser davantage.

- En me repoussant comme tu l'as progressivement fait, tu as obtenu l'effet inverse. Parce que lorsque tu poses tes yeux sur moi en ne voyant qu'un parfait inconnu, j'ai l'impression de te perdre, à chaque fois, j'ai la vision de ce que serait ma vie, sans toi me reconnaissant et me regardant avec amour… Puis tu me reviens enfin, tu me repousses, me rappelant que de toute façon, c'est déjà arrivé et que je t'ai déjà perdu…

- Je t'ai perdu, réplique Trowa. Parce que je n'ai pas été à la hauteur, Quatre. Parce que je ne suis plus l'homme que tu as aimé, je ne suis plus qu'un poids mort que tu traînes en souvenir d'un amour que tu chér…

D'un pas, Quatre a comblé la distance entre eux et d'un geste, a coupé court aux propos de Trowa.
Celui-ci pose la main sur sa joue, rougie par la gifle assénée par Quatre.

- Je t'interdis de dire ce genre de chose, Trowa Barton… siffle-t-il la gorge nouée par l'émotion. Un poids mort ? Et puis quoi, encore ? J'ai prié devant ton corps inerte des semaines durant, après l'attentat, j'étais prêt à te donner la moitié de mes organes et ma vie entière pour sauver la tienne, je t'ai porté aussi souvent qu'il l'avait fallu, au cours de ces longs mois de rééducation, jamais au grand jamais je n'ai eu ce genre de pensées ! Jamais, pas l'ombre d'une foutue fraction de seconde !

Trowa le regarde avec intensité, alors qu'il reprend doucement la respiration qu'il a presque perdue, sous la force de son éclat de colère.

- Et je ne te remercierai jamais assez pour cela, Quatre.

- Tu aurais fait pareil pour moi, non ?

- Evidemment.

- Et sans plus attendre d'être remercié que moi ! C'est comme ça, c'est tout... conclut-il en serrant les poings contre ses cuisses.

- Peut-être, mais tu en as assez fait. Je comprends que tu ne souhaites pas continuer, après tant d'années. Tu espérais que je redevienne comme avant, mais c'est impossible, Quatre. Arrête de te voiler la face, accepte-le.

- Et toi, arrête de dire des conneries, bon sang ! Tu ne comprends donc rien ? Crois-tu que je resterai près de toi sans arriver à faire ma vie avec un autre, sans même la moindre envie d'essayer, si tu n'étais pas la seule personne au monde avec laquelle j'ai envie d'être, aujourd'hui et depuis notre première rencontre ?

- Ce n'est pas l'impression que tu donnes, réplique Trowa dans un murmure en détournant le regard un court instant.

- Parce que je n'ai pas voulu m'imposer, alors que tu semblais tellement ne plus supporter ma simple présence, par moments, au point de te retrancher je ne sais où ! Et je ne pouvais pas non plus t'imposer mes sentiments, alors que tu me donnais l'impression de ne plus les partager… soupire-t-il en secouant la tête, la main posée sur son cœur battant la chamade. J'ai eu peur que tu ne te sentes redevable, à tort, et que tu me tolères auprès de toi uniquement pour cette raison.

Trowa le regarde avec une rare intensité et malgré les papillons que ça fait éclore dans son ventre, Quatre soutient son regard sans ciller.

- Sais-tu quelle est la première chose dont je me souvienne, en recouvrant la mémoire ?

- Comment le pourrais-je, tu ne me parles jamais…

- Mes yeux se posent sur toi et je me rappelle combien je t'aime, Quatre.

- Alors pourquoi agis-tu ainsi ? murmure-t-il, la gorge encore plus nouée par l'émotion d'entendre ces mots qu'il n'espérait plus.

- Parce que tout de suite après, je me souviens que ce n'est plus ton cas, que je t'ai perdu par ma faute et que je suis incapable de te reconquérir. Avoir cette prétention serait déjà une insulte.

- Qu'ai-je fait qui t'aie permis d'arriver à une telle conclusion, Trowa ?

- Ton attitude. Que je comprends, encore une fois.

Quatre soupire et retourne s'asseoir, soudain las.

- J'ai fait une erreur en te laissant me repousser. J'aurais dû me battre, m'imposer, jusqu'à ce que tu me dises, parce que je l'aurais exigé, que tu ne m'aimais plus et que tu ne voulais plus de moi. J'ai accepté qu'on vive séparément parce que je pensais que c'était ce que tu voulais, j'avais l'impression que ma présence te pesait. Mais tu redevenais amnésique pour qu'on se retrouve tous les deux, loin de tout. Les médecins ont eu beau me dire que tu n'avais aucune atteinte neurologique, je n'ai rien compris, tout ce temps…

- Ou tu n'as pas voulu comprendre.

- De quoi m'accuses-tu encore, Trowa ? demande-t-il en relevant les yeux vers lui.

- De rien. Tu as agis normalement et j'ai aussi mes torts.

- Je ne crois pas qu'aucun de nous deux n'ait agi normalement, non… On s'est perdu et on se reproche tant de choses, aujourd'hui… Notre agressivité l'un envers l'autre est la conséquence logique de tous ces malentendus et ce manque de communication. C'est la somme de nos angoisses, de nos mal-être, de nos interprétations…

Trowa ne répond rien, se contentant de le regarder sans un mot.

- Qu'est-ce qui nous est arrivé, Trowa, comment tout ça a pu se produire ? continue-t-il. C'était si facile, entre nous, on se comprenait sans avoir besoin de parler… L'attentat contre la navette a été un évènement tragique, mais peut-il à lui seul justifier ou expliquer la situation ? On était plus fort que ça, non ?

- Apparemment pas.

Quatre serre les poings et les mâchoires.

- Ca n'a pas l'air de t'affecter plus que ça.

- Je suis le seul à blâmer.

- Pourquoi ?

- Parce que je ne suis plus assez fort, répond-il en détournant le regard un court instant, une nouvelle fois.

- Arrête de dire ça, arrête d'en revenir systématiquement à ça ! Tu te caches derrière cette phrase toute faite…

- C'est ce que je ressens.

- Je crois surtout… que tu as baissé les bras trop vite. Tu peux redevenir le Trowa d'avant l'attentat, tu sais. Et je peux t'y aider… si tu m'acceptes à nouveau à tes côtés, tente-t-il en désespoir de cause.

- Tu n'as pas à faire ça… commence-t-il en reculant d'un pas.

- Je veux être près de toi, assure-t-il avec une rare détermination, qui ébranle Trowa. Et à moins que tu ne me dises droit dans les yeux et le cœur ouvert que ce n'est pas ce que tu souhaites et que tu préfèrerais que nous gardions nos distances, je ne commettrai pas la même erreur, je ne te lâcherai pas, cette fois-ci !

- Je suis incapable de faire ça et tu le sais, soupire-t-il en faisant demi-tour pour sortir.

Il se sent bien trop proche de céder à la demande de Quatre au risque de le rendre malheureux, encore une fois, en le décevant, et il ne veut ça pour rien au monde.

Quatre n'a qu'une infime seconde d'hésitation car cette fois, il sait que s'il le laisse partir, il n'y aura plus de retour en arrière possible.

S'il a bien compris une chose, ces derniers jours, c'est qu'il refuse de le perdre définitivement.
S'il a bien compris une chose, ces dernières heures, c'est qu'il a le pouvoir d'empêcher ça.

- Il faut vraiment que tu t'en ailles ? Je ne cherche pas à te retenir, mais avant de partir, dis-moi au moins comment tu t'appelles ? Moi, je m'appelle Quatre Raberba Winner.

Trowa sent son cœur se briser à nouveau dans sa poitrine à ce souvenir datant de dix ans, déjà.
Leur première rencontre, leur première séparation, alors que Trowa quittait la base secrète de Quatre et de ses hommes pour suivre ses propres instructions.
La première fois qu'ils ont échangé leurs noms, après avoir improvisé un morceau au violon et à la flûte, ensemble.

- Je n'ai pas de nom, répond-il sans se retourner, comme cette fois-là. Mais si tu tiens absolument à m'en donner un, appelle-moi Trowa. Trowa Barton.

- Trowa Barton Bloom. L'un des seuls terriens pouvant rivaliser avec les capacités sensorielles accrues des colons, au point de réussir à piloter un Gundam. Le seul être qui me trouble à un point tel que je me sens comme aveugle et sourd, portant mon don comme un fardeau. Le seul homme que j'ai aimé, que j'aime et que j'aimerai, quoi qu'il arrive, même si cet amour ne m'était plus jamais retourné, même s'il m'était défendu ou s'il devait me tuer, termine-t-il dans un murmure.

Un murmure parfaitement audible, puisqu'il est à présent juste derrière Trowa, qui se retourne.

- Il y a tant de choses que je veux te dire, Quatre… Parfois, ce sont même juste quelques mots… Mais tout se perd avant même que j'ai pu les prononcer. Et à la place, je te parle si méchamment… Quatre, je ne veux plus te blesser ni te décevoir par mes paroles ou mon attitude, ni par mes faiblesses. Je ne… je… tente-t-il de poursuivre, mais sa voix se brise.

- Ca ira, Trowa, lui assure-t-il en prenant ses mains dans les siennes. Ca ira, si on le veut tous les deux. Nous nous sommes fait beaucoup de mal, bien malgré nous. Il va nous falloir du temps pour reconstruire ce qui a été…

- Détruit.

- Endommagé, rectifie fermement Quatre, avec un adorable froncement de sourcil. Et sur ces nouvelles bases, nous pourrons avancer.

- Oui.

- Est-ce que tu l'acceptes, Trowa ? Tu veux essayer, avec moi ?

- Je ne veux pas te faire souffrir davantage, répond-il en serrant ses mains toujours entre les siennes. Mais je ne peux pas vivre sans toi, Quatre, j'en suis conscient. C'est égoïste, je sais.

- C'est humain, le corrige-t-il. Et très flatteur. Je ressens la même chose, à ton sujet. C'est pourquoi ce sont ces années à se maintenir à distance envers et contre nous à grands renforts d'agressions verbales, qui nous ont le plus blessé. Laissons ceci derrière-nous et reprenons notre histoire là où elle était encore si belle et heureuse… Sans effacer tout ce que nous avons enduré, pour ne pas reproduire les mêmes erreurs… Mais sans craindre ces souvenirs, qui nous permettrons d'avancer. Et en se pardonnant l'un à l'autre.

- Je peux te pardonner, je l'ai déjà fait.

- Parce que tu te croyais responsable et pensais le mériter. Je veux que tu me pardonnes en reconnaissant que tu n'avais pas à subir tout cela de ma part. Tout comme je te pardonne de m'avoir fait souffrir, même si c'était malgré toi.

- Je te pardonne, Quatre. Mais reprendre notre histoire comme si j'étais cet homme qui a pu te rendre heureux, je sais pas si j'en suis capable.

- Est-ce que tu le veux, oui ou non, c'est tout ce que je te demande… ?

Trowa hoche la tête.

- Alors tu pourras, parce que dorénavant, nous sommes tous réunis. Nous pourrons demander de l'aide sans culpabiliser, ni avoir honte d'avoir fait un tel gâchis de notre histoire, face à Heero se battant pour retrouver Duo, face à Noin luttant courageusement pour faire son deuil de Sally…

- C'était donc ça, soupire Trowa.

- En grande partie, sûrement.

- Alors on a une nouvelle chance. Une vraie. Comme Heero et Duo.

- Si on s'en donne chacun les moyens et qu'on ose s'appuyer les uns sur les autres, oui, c'est certain. Ne me repousse plus jamais, Trowa. Je n'ai plus la force de le supporter…

- Je veux bien essayer.

Cela suffit à Quatre, pour le moment.

Ils ne peuvent pas se demander plus, après des années de combat l'un contre l'autre, à se perdre en malentendus et mauvaises interprétations, entre doutes, soupçons, angoisse et peur…

Ils se sourient, puis comblent la distance entre eux pour sceller leur nouvel engagement d'un baiser léger comme une promesse, bien plus doux et bien moins triste que tous ceux qu'ils ont échangé, dernièrement.

Puis ils se serrent fort l'un contre l'autre en s'appuyant contre le piano.

C'est comme si, soudain, ils prenaient conscience de ce qu'ils ont failli perdre, et ça leur donne cette impression étrange d'être des naufragés qu'on vient de secourir, et qui réalisent l'énormité de la catastrophe à laquelle ils ont échappé.

Certes, ils se sont retrouvés dans les bras l'un de l'autre, au cœur de nuits agitées, après la tourmente, la fougue et les échanges passionnés…

Mais depuis combien de temps n'avaient-il pas partagé ce moment d'abandon total en plein jour, en pleine connaissance de cause, en toute honnêteté, le regard franc et le cœur ouvert ?

Trop, bien trop longtemps.

Et ils se promettent de ne plus jamais laisser ça arriver, à l'avenir.
Et ils savent que de toute façon, d'autres qu'eux ne le permettront pas.

Leurs amis, ceux-là même qui les accueillent avec un franc sourire et un soulagement visible, lorsqu'ils les rejoignent enfin.

- Ca ne vaut pas encore un lancer de pétales de fleurs ou de grains de riz, c'est pas encore le bel été au-dessus de vos têtes et dans vos cœurs, mais vu la tempête, l'ouragan, le tsunami que vous avez traversé, je suppose que c'est un bon début, leur dit Duo en les entourant chacun d'un bras. Je vous préfère comme ça, les armes rangées et tout… Mon Trowa, le brouillard se dissipe autour de toi... Y a un peu plus de bleu, une teinte turquoise bien spécifique, un peu comme les mers du Sud, tu vois ?

- Parfaitement, Duo, répond-il en serrant plus fort la main de Quatre, dont les doigts sont entremêlés aux siens…

- C'est trop cool ! Je suis vraiment content ! Merci d'avoir fait l'effort, je sais ce que ça vous a coûté, croyez-moi…

- Je crois que c'est plutôt à nous de te remercier, mon Duo. Heero, Wufei, merci aussi de nous avoir soutenus et supportés tant bien que mal… Et désolé pour mon attitude parfois…

- Désobligeante ? propose Heero.

- Oui, entre autres.

Wufei hausse les épaules.

- Tant qu'il y a un résultat positif pour le présent et l'avenir, je veux bien mettre ces petits désagréments passés aux oubliettes.

- Tout ce qui va pas, aux oubliettes ! conclut Duo avec un grand sourire ravi.

Archie et Lyssia arrivent vers eux avec deux grands plateaux de cocktails et de petits fours, entre autres douceurs, suivis de Rules.

- On ne sait pas trop ce qui se passe et ça nous regarde pas, mais les choses ont l'air d'aller mieux, maintenant… leur dit la jeune fille, ses yeux bleus pétillants de gentillesse et de joie.

- Donc, trinquons, et mangeons ! décrète Archie en faisant tourner son plateau à la suite de Lyssia.

Ils lèvent leurs verres, mais Duo fronce soudain les sourcils.

- Où est Lex' ?

- On a sonné à la porte, elle partait ouvrir quand on est sorti de la cuisine, répond Rules. Ah ! la voilà…

En effet, la maîtresse de maison entre sur la terrasse, suivie de trois personnes, dont une que personne ne s'attendait à voir…

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A suivre…

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Merci d'avoir lu ce chapitre, à mercredi prochain pour le suivant.