Bonjour tout le monde,

Un grand merci pour tous vos commentaires. Vous avez encore fait exploser ma boite mail avec vos reviews (92 tout de même !) et j'espère que celui-ci vous donnera encore envie de m'en envoyer tout plein !!! :D

Merci également à tous les nouveaux venu qui m'ont laissé un petit message ! :)

Que dire sur ce chapitre, et bien j'ai eu un mal fou à l'écrire et je crois que j'y serais encore si So ne m'avait pas donné un petit coup de main. Donc merci So :D Et merci également à Beatrice qui a corrigé ce chapitre en un temps reccord !

Bon allez fini les bla bla et bonne lecture :)

***

Chapitre 13

Pourquoi ?

***

Une odeur de café vint titiller mes narines endormies et j'ouvris un œil. L'agression fut telle quand je vis la luminosité environnante que je dus renoncer à ouvrir mes paupières. J'eus l'impression que quelqu'un me martelait le crâne à grand coup de batte de baseball et je gémis en ramenant ma couette sur ma tête.

- Allez debout le pilier de bar ! s'exclama une voix que je ne reconnus pas.

Qu'est-ce qui avait bien pu me mettre dans cet état ? Tout résonnait dans ma tête. Je me concentrai tant bien que mal sur mon dernier souvenir en date et me rappelai vaguement avoir fait du shopping avec Alice, à moins que ce ne soit un rêve… J'avais bien trop mal à la tête pour réfléchir à tout ça pour l'instant.

- Debout !

Je sentis une main me secouer vivement et je ne pus empêcher un grognement de sortir de ma gorge, ce qui eut pour effet d'accentuer encore un peu plus mon mal de crâne. Mais qui voulait tant me voir debout alors que je n'aspirais qu'à dormir pour oublier ma tête douloureuse.

- Allez Bella ! Ca ira mieux après un café et une aspirine mais pour ça il faut que tu te lèves.

Je sentis qu'on enlevait la couette de ma tête et la lumière qui parvint à s'infiltrer au travers de mes paupières closes me fit l'effet d'un électrochoc. J'enfouis ma tête dans mon oreiller en râlant de plus belle.

- Et bien tu n'es pas du matin à ce que je vois.

Amy ! J'avais enfin trouvé à qui appartenait cette voix. Mais que faisait-elle chez moi ? Etais-je bien chez moi d'ailleurs ? Cette question associée à ce mal de crâne me rappelait de mauvais souvenirs d'une lointaine époque. Que s'était-il donc passé pour que je sois dans cet état ? Je savais par expérience qu'il ne me servait à rien de chercher des réponses, elles viendraient à moi quand mon mal de crâne se serait estompé.

- Amy laisse moi dormir, dis-je d'une voix rauque et pâteuse.

- Pas avant que tu n'aies avalé un café et une aspirine, insista-t-elle.

Je tendis alors le bras en direction de sa voix pour qu'elle me donne la tasse.

- Non, non, non ! Je veux te voir hors du lit avant de partir. Je serai plus rassurée.

- Je vais bien ! râlai-je

- Hum hum … permets-moi d'en douter.

Elle ne lâcherait pas l'affaire. Autant que je lui obéisse pour qu'elle me laisse tranquille ensuite. Je pris mon courage à deux mains et me redressai sur le lit. L'afflux sanguin augmenta la douleur dans mon crâne encore un peu plus. J'avais l'impression qu'un troupeau de bison y faisait une course.

- Voila qui est mieux. Maintenant faut ouvrir les yeux, plaisanta-t-elle.

Je râlai encore un peu plus et ouvris péniblement mes paupières, millimètre par millimètre, pour laisser le temps à mes yeux de s'habituer à la luminosité environnante. Je pensais trouver une pièce baignée de soleil tellement j'eus du mal à ouvrir mes paupières mais en fait il faisait plutôt sombre. Je tournai lentement ma tête vers la fenêtre.

- Il neige ? demandai-je.

- Oui, depuis déjà quelques heures, me dit-elle en me tendant la tasse de café et un comprimé.

Je les attrapai et pris l'aspirine sans me faire prier. Si seulement cela pouvait avoir un effet instantané ! J'avalai une gorgé de café en silence, attendant que les médicaments agissent.

- Alors tu aimes toujours autant la margarita après ça ? me demanda Amy en rigolant.

Voila donc la coupable, la tequila ! Maintenant, il ne restait plus qu'à trouver le pourquoi. Je fronçai les sourcils et me concentrai à la recherche de bribes de souvenirs qui me permettraient de rassembler les pièces du puzzle qu'était devenue cette journée.

Je ramenai mes jambes vers moi et les serrai entre mes bras, alors qu'Amy s'assit sur le lit à côté de moi. J'avais beau me creuser la cervelle, je n'arrivais pas à rassembler mes idées. Je bus une nouvelle gorgée de café.

- Hum… alors c'était comment se baiser avec Tom ? me demanda Amy en souriant.

Je crus m'étouffer avec mon café et en recrachai la moitié sur le lit en toussant. Avais-je bien entendu ?

- Quoi ? m'écriai-je réveillant un peu plus les tambours dans ma tête.

Amy rigola de plus belle.

- J'en étais sûre ! Tu ne t'en souviens même pas. Pauvre Tom ! Il n'a pas compris ce qui lui arrivait hier soir.

Non, je n'avais pas pu faire ça… Je n'en revenais pas. Qu'est-ce qui avait bien pu me passer par la tête.

- Ce n'est pas possible…, me plaignis-je.

- Et si, tu allais danser avec lui et pouf ! Tu t'es jetée sur lui pour l'embrasser.

Déjà que j'aille danser ce n'était pas normal mais alors la suite… Je posai la tasse de café sur ma table de chevet et pris ma tête entre mes mains, la secouant lentement de gauche à droite comme pour nier cette vérité.

- Tu veux qu'on en parle ? ajouta-t-elle.

Je relevai la tête pour la regarder et vis qu'elle semblait tout à coup soucieuse. Seulement je n'étais pas d'humeur à discuter et encore moins à me faire sermonner pour mon attitude de la veille.

- Pitié pas de remontrance maintenant. Laisse-moi digérer l'information et calmer mon mal de crâne s'il te plait. Je n'en reviens toujours pas ! J'ai vraiment fait ça ?

Elle fit un signe de tête positif et je posai la mienne sur mes genoux.

- Quelle galère. Mais qu'est ce qui m'a pris ? ajoutai-je.

- Je ne sais pas. Comme je te l'ai dit, tu t'es levée pour aller danser avec lui, tu as regardé un moment un de tes élèves qui était dans la salle puis tu t'es retournée et tu l'as embrassé. Et puis finalement t'es partie en titubant et je t'ai retrouvée dans la rue.

Je redressai la tête encore plus inquiète.

- Un élève ? demandai-je.

- Oui tu sais… Zut je ne me rappelle plus son nom… Celui que tu as vu lors de ton premier jour quand tu es tombée dans les pommes.

Sa phrase fit l'effet d'une bombe dans ma tête et des flashs de la veille me revinrent en mémoire. Tout d'abord ce fameux « baiser » avec Tom, puis Edward qui m'observait dans l'ombre. Je me revis pleurer dans la voiture, puis la forêt, un lac, Edward et…

- Oh mon dieu ! m'exclama -je.

Mes pensées avaient remonté le temps du « baiser » à la déclaration d'Edward. J'étais sous le choc, vivant pour une deuxième fois cette révélation des plus troublantes. Je portai ma main devant ma bouche comme pour m'empêcher d'en dire plus devant Amy qui surprise par ma soudaine attitude me regardait suspicieusement.

- Que t'arrive-t-il ?

- Euh… Rien. C'est juste que…

- Oh ! La mémoire te revient ! s'exclama-t-elle. Alors pourquoi as-tu embrassé Tom ? A cause de ton ex c'est ça ?

- Mon ex ? m'étonnai-je.

Qu'avais-je bien pu lui dire pendant mon délire de la veille ? Je commençai à sérieusement m'inquiéter.

- Oui, tu m'as dit lui avoir parlé avant que je ne te retrouve dans la rue. Tu m'as bien fait rire d'ailleurs. Je ne sais pas ce qu'il t'a fait, mais le traiter de vampire ce n'était pas très sympa.

J'étais stupéfaite. Avais-je vraiment osé dire ça ? Fort heureusement, mon état avait laissé penser à Amy que je délirais. Je devais changer de sujet au plus vite. Je repris ma tasse de café et en bus une gorgée tout en cherchant un moyen d'éluder discrètement, en vain.

- Je n'ai pas vraiment envie de parler de ça maintenant, dis-je alors tout simplement.

- Ok, comme tu voudras. Je vais te laisser de toute façon. On ne va pas tarder à venir me chercher.

Trop occupée avec ma gueule de bois, je ne m'étais même pas demandée comment Amy s'était débrouillée pour s'occuper de mon cas.

- Comment m'as-tu ramené hier ? demandai-je alors qu'elle se dirigeait vers le salon.

Je m'extirpai difficilement de mon lit et la suivis. La position debout relançait encore de plus belle les coups dans ma tête et une grimace se dessina sur mon visage. Je portai mes mains sur mes tempes et appuyai pour essayer de les atténuer, sans succès.

- Et bien, je t'ai raccompagnée avec ta voiture. Tu m'as donné ton deuxième trousseau de clés, je suis rentrée chez moi toujours avec ta Ford, puis je suis revenue tout à l'heure pour voir comment tu allais et pour te ramener tout ça. Une amie vient me chercher d'ici cinq minutes.

- Merci Amy, vraiment. Merci pour tout.

Elle me sourit et attrapa un sachet posé sur le bar de la cuisine.

- De rien. C'est normal entre amies. A charge de revanche !

J'attrapai le sachet qu'elle me tendait et regardai à l'intérieur.

- Un muffin ?

- J'ai pensé que tu aurais peut-être faim, me dit-elle.

- Merci. La prochaine fois que tu prévoiras une soirée on échangera les rôles, riais-je.

- Non merci ! s'exclama-t-elle. Je te laisse la migraine !

Je remerciai une nouvelle fois Amy et elle partit lorsqu'un coup de klaxon retentit dehors. Je reposai le sachet et partis dans la salle de bain. J'avais besoin de me détendre, d'évacuer un maximum toute la tension que je ressentais dans mon corps et le moyen le plus efficace d'y parvenir serait une bonne douche bien chaude.

Je me glissai sous le jet et fermai les yeux. Tous les évènements de la vieille me revinrent peu à peu en mémoire. Ce n'était sans doute pas l'idéal pour me relaxer. Je me revoyais au bord du lac et j'entendais à nouveau ce « je t'aime »… J'eus soudain envie d'hurler très fort pour extérioriser tous ces sentiments contradictoires qui m'assaillaient. Je serrai mes poings pour retenir ce cri et des larmes se mêlèrent alors à l'eau qui coulait sur mon visage. Je posai ma tête sur la paroi de la douche et laissai aller mes sanglots.

Après de longues minutes passées à pleurer, je me sentis vidée et épuisée. Mon mal de tête se fit encore plus intensif et je ne rêvai que d'une chose, me reposer. Je sortis de ma douche, enfilai un vieux jogging et allai dans le salon. Je grignotai silencieusement le muffin que m'avait apporté Amy tout en m'efforçant de laisser au loin mes pensées les plus sombres. Gardant mon esprit porté sur ma fille qui me manquait, je sentis mes paupières s'alourdir et je m'allongeai sur le canapé.

***

- Edward ?

Je me réveillai en sursaut à cause d'un cauchemar et le vis debout devant moi qui m'observait. Je me redressai instinctivement sur mon coude et le regardai. Ma tête ma rappela à l'ordre et je grimaçai. L'aspirine avait fait effet, la douleur était moins intense mais malgré tout, toujours présente. Il me fixait alors que je me redressais lentement pour m'assoir sur le canapé. Il avait retrouvé son expression dure et froide. A quoi pouvais-je m'attendre après l'attitude que j'avais eu la veille ?

- Qu'est-ce que… commençai-je.

- Ne t'inquiète pas Bella, j'ai compris le message hier, m'interrompit-il froidement. Je suis juste venu te ramener ceci.

Il me tendit sa main droite et je vis un bout de chaine en argent y dépasser. Je le regardai perplexe et lui tendis la main en retour. Il déposa l'objet dans celle-ci sans que nos peaux ne rentrent en contact. C'était le médaillon de mon arrière-arrière-grand-mère. En forme de cœur, ce médaillon était serti de nombreux petits diamants, certains en son centre, en forme de losanges, et d'autres ronds sur le contour. Le dernier, le plus gros, était disposé sur l'attache.

Ce médaillon m'avait était offert par ma mère lors de la naissance de ma fille, il contenait d'ailleurs une photo d'elle et moi, prise il y a quelques mois. C'était une tradition qu'avait instaurée mon arrière-arrière-grand-mère. Elle l'avait offert à sa fille à la naissance de son premier enfant, qui l'avait donné ensuite à son tour à ma grand-mère. Ma mère l'avait reçu à ma naissance et l'avait gardé pendant vingt-trois ans jusqu'à ce 6 avril où elle me l'avait remis. Je le remettrais également un jour à Alicia, lorsque celle-ci deviendrait mère.

- Mon médaillon ! m' exclamai -je. Mais où…

- Tu l'as perdu en repartant du lac. Je voulais te le rendre hier soir mais tu ne m'en as pas vraiment laissé l'occasion.

Sa voix était froide et dure. Je baissai les yeux, me rappelant à quoi il faisait allusion. Je me sentais vraiment honteuse d'avoir réagi ainsi. Embrasser Tom ! Je me dégoutai rien qu'en y repensant. Il fit un pas vers la baie vitrée, je remarquai alors que celle-ci était maintenant entre-ouverte. Il avait du passer par là. Je pensais pourtant l'avoir verrouillé.

- Désolée, murmurai-je à son attention.

Il se retourna vers moi et m'observa alors que j'étais repartie dans la contemplation du carrelage de mon salon. Ne voyant aucune réaction de ma part, il reprit la direction de la sortie mais je ne pouvais le laisser s'en aller ainsi, j'avais besoin de réponses. Je voulais tout savoir. Rester dans l'ignorance m'était devenu insupportable. Je me relevai d'un bond dans sa direction et mon mal de crâne s'amplifia. Je grimaçai en portant mes mains sur mes tempes. Il se retourna vers moi inquiet.

- Ca va ? me demanda-t-il.

Je lui fis un signe positif de la tête tout en essayant de calmer le martèlement incessant dont j'étais victime.

- Oui… Ca va… J'ai juste l'impression qu'un groupe de rock joue à guichets fermés dans mon crâne.

Il me fixa perplexe alors que je relâchais mes tempes pour lui faire face.

- Gueule de bois, précisai-je.

- Je vois, me dit-il. Alors repose-toi.

Il s'avança à toute vitesse vers la baie vitrée et sortit sur la terrasse.

- Edward, attends ! m'exclamai -je.

Il se figea dos à moi.

- S'il te plait, ajoutai-je timidement.

J'attendis quelques secondes qu'il se retourne mais il n'en fit rien. Il était debout à quelques pas de moi, stoïque, fixant la forêt qui entourait la maison.

- Je… Je suis désolée…, murmurai-je sachant qu'il m'entendrait très bien. J'ai agi de manière stupide…

Il se retourna enfin vers moi tout en restant à l'extérieur. Ses pupilles or inexpressives me fixèrent intensément et chose qui ne s'était pas produite la veille, je sentis mes joues rosir sous son regard inquisiteur.

- … Je suis désolée, murmurai-je encore.

Et c'était vrai, j'étais désolée, autant par ma réaction que par la tournure que prenaient les choses. J'avais l'impression d'être au bord d'un précipice et que je risquais à tout moment de basculer dans le vide. Depuis que je l'avais rejoint au bord de ce lac et qu'il m'avait avoué ses sentiments, j'avais l'impression d'avoir perdu tous mes repères et je me sentais totalement désorientée.

J'avais envie au fond de moi de comprendre pourquoi. Toutes ces questions qui avaient jailli dans ma tête en un éclair la veille me torturaient.

Pourquoi, s'il m'aimait comme il me l'avait dit, m'avait-il à ce point fait souffrir ?

Je ne cessais de me poser cette même question en boucle depuis que j'avais repris « conscience » des évènements. Mais j'avais aussi très peur de ce que je risquais d'apprendre et tout ceci était au dessus de mes forces.

Ses pupilles me fixèrent avec encore plus d'insistance et cette attitude distante et froide qu'il arborait me mit hors de moi. J'avais déjà les nerfs à fleur de peau et j'étais à cran mais là je sentis le point de rupture se rapprocher à grand pas. J'allais craquer d'une minute à l'autre et je devais absolument me reprendre.

Je lâchai son regard et me retournai sentant que mes yeux commençaient à s'embrumer et que mes larmes n'allaient pas tarder à faire leur apparition. Je pris une grande inspiration pour essayer de les contenir mais lorsque la main froide d'Edward se posa sur mon épaule, c'en fut trop. Je ne pus les retenir plus longtemps et j'éclatai en sanglot.

Je m'écartai vivement d'Edward, l'éloignant un maximum en allant de l'autre côté du salon tout en me battant avec moi-même pour regagner mon calme coûte que coûte.

- Bella.

Mes larmes continuaient à couler le longs des mes joues, finissant leur course sur mon t-shirt. Ma gorge était trop nouée pour que je puisse dire quoi que ce soit. Tout ce dont j'étais capable, c'était d'attendre que la crise passe, impuissante.

- Bella, parle-moi.

Je ne l'entendis pas s'approcher mais au son de sa voix, je pouvais le deviner juste derrière moi. D'un geste de la main je séchai mes larmes et pris une profonde inspiration pour essayer de me calmer alors qu'un silence pesant envahit la pièce.

- Bella, s'il te plait parle-moi… Dis-moi pourquoi tu pleures.

Je crus halluciner. Je restai figée, me repassant sa dernière phrase en boucle dans ma tête. C'était bien cela, je n'avais pas rêvé et je n'en revenais pas.

Un rire nerveux franchit mes lèvres sans que je ne puisse le contrôler. Comment osait-il ? J'oubliai ma gueule de bois, mon mal être et mes doutes. Mes questions attendraient un autre moment pour trouver leurs réponses. Les poings serrés au point de me faire mal je me tournai vers lui plus déterminée que jamais.

- Comment oses-tu Edward ? criai-je. Comment peux-tu oser me poser cette question ?...

- Bella…

Je lui fis signe d'arrêter. Je ne voulais pas entendre ces explications, je ne voulais pas qu'il essaie une fois de plus de me mentir. Je voulais lui dire tout ce que j'avais sur le cœur une bonne fois pour toute.

- Arrête ! Tais-toi ! hurlai-je. Tu veux savoir pourquoi je pleure et bien je vais te le dire. Tu m'as détruite il y a dix ans. Tu n'aurais pas pu me faire plus souffrir que ce que tu m'as fait. J'ai cru mourir quand tu es parti. Tu m'aurais tué de tes propres mains que ça n'aurait pas été pire. Et tu me demandes pourquoi je pleure après ce que tu m'as dit hier ?

Je ne pouvais retenir ma haine. J'avais bien trop mal pour arriver à me contrôler. Il fallait que ça sorte. Il fallait que j'extériorise tout ce mal, toute cette peine, toute cette haine.

- Qu'est ce que tu veux savoir d'autre Edward ? Vas-y, demande, puisque c'est l'heure de vérité… Tu veux savoir ce qui s'est passé pour moi après ton départ ? Et bien, je me suis laissée mourir, j'ai laissé toute cette peine que je ressentais me tuer à petit feu. J'ai cru devenir folle. J'ai même été à deux dois de sauter d'une falaise, tout ça pour te sentir près de moi. Stupide, non ?…

Je le vis légèrement tressaillir à mes dernières paroles mais je continuai sur ma lancée alors que mes larmes et que le martèlement de mon crâne redoublèrent d'intensité.

- …Tu veux que je te dise… si je suis en vie aujourd'hui c'est grâce à Jacob. J'ai mis des mois pour arriver à refaire un peu surface… pour arriver à sourire de nouveau… grâce à lui. Et j'ai tout reperdu quelques mois plus tard parce qu'en partant tu avais oublié d'emmener avec toi tes congénères…

Mes sanglots m'étouffaient et je dus faire une pause pour reprendre mon souffle. Edward n'avait pas bougé, toujours aussi stoïque. Seuls ses yeux laissèrent transparaître son désarroi.

- Tu ne sais rien de ce que j'ai pu ressentir Edward, rien du tout ! Cette année là, j'ai tout perdu, et par deux fois !...

Je n'arrivai même plus à respirer tellement ma gorge était serrée. Edward fit un mouvement vers moi et je fis un pas en arrière. Je n'en avais pas fini avec lui. Il avait voulu savoir, il saurait tout. Quand ma respiration se stabilisa, je repris de plus belle.

- Que voulais-tu que la stupide petite humaine que je suis fasse après ça ? lui demandai-je amère. Après avoir eu l'impression d'être amputée d'une moitié de soi à deux reprises. Après avoir eu le cœur tellement en pièces qu'il ne battait encore que par miracle. Comment voulais-tu que je m'en sorte ? COMMENT ? hurlai-je. Je n'avais plus rien, plus personne pour me venir en aide. J'ai tout perdu… tout ! J'ai fui Forks, les Quileutes, mon père, ma famille, mes amis, ma vie. J'ai tout fui ! J'étais incapable de faire autre chose que de partir loin, le plus loin possible de tous ces horribles souvenirs…

J'étais comme possédée par ma colère. La laisser entièrement s'exprimer après tout ce temps me fit du bien. Peut-être pas autant que je ne l'aurais espérée mais je pouvais enfin dire tout ce que j'avais ressenti. Il saurait enfin tout le mal qu'il m'avait fait.

- Je t'ai peut-être aimé plus que tout au monde Edward, mais je t'ai détesté bien plus encore.

Cette fois-ci je le vis vraiment tressaillir, j'avais réussi à l'atteindre. Je tremblais de toute part, envahie par ma haine, alors que mes larmes coulaient toujours abondamment sur mes joues

- J'étais comme morte. Un zombi aurait été plus vivant que moi à cette époque… J'ai tout fait pour me sentir à nouveau en vie. Tout ! Mais rien n'y faisait.

- Bella… murmura-t-il enfin après toutes ces longues minutes où il m'avait seulement écoutée.

- NON ! hurlai-je. Non. Bella est morte à Forks il y a dix ans Edward. Plus personne ne m'a jamais appelé comme cela à part mes parents jusqu'à ce que vous reveniez tous dans ma vie…

Mon crâne était près à exploser tellement il me faisait mal, ma gorge était nouée par les sanglots qui l'opprimaient, ma voix s'éraillait à force de crier… j'étais à bout de force et pourtant je continuai. Seuls mes nerfs me portaient encore sur mes jambes à cet instant.

- …J'ai mis des années pour oublier… Pour enfin revivre… Et tout ça pour te retrouver ici. Tout ça pour que tu me dises que tu m'aimes… Pourquoi Edward ? POURQUOI ? hurlai-je à nouveau frôlant l'hystérie.

D'un pas rapide, à une vitesse totalement inhumaine, il me serra dans ses bras et me ramena contre sa poitrine. Mes pauvres tentatives pour échapper à son emprise ne servirent à rien et je fondis encore plus en larmes, souillant sa chemise, alors que mes poings serrés tambourinaient son torse de marbre.

- Pourquoi ?…, murmurai-je entre deux sanglots. Pourquoi m'as-tu fais ça ?… Pourquoi ?…

C'était la seule chose que j'étais encore capable de dire, les seuls mots qui arrivèrent encore à franchir mes lèvres. Cette interrogation me hantait depuis la veille, depuis que je savais qu'il m'aimait.

***

Et bien voila encore un chapitre de fini, j'espère qu'il vous a plu. N'hésitez pas à me donner votre avis, que vous ayez aimé ou détesté. Le chapitre suivant est en court d'écriture. J'espère pouvoir vous le poster rapidement.

J'attends vos reviews avec impatience :) Alors cliquez, cliquez cliquez sur le petit bouton vert !!!