Hello!!!
Et voila le nouveau chap, j'espere qu'il vous plaira ^^ merci à toutes les revieweuses!!!!!!
14. Just some jealous girls
1978, le 20 Janvier
Le monde est incroyabement petit, quand on a dix-sept ans. Et on est vraiment très stupide, quand on a dix-sept ans. Regardez-moi, par exemple, je n'avais pas l'air si atteinte par les folie de l'adolescence, il y a quelques semaines. Il a suffit d'une montée hormonale, et ça y est, tout est sans dessus dessous. Il y a un mois, je ne savais pas ce que c'était d'avoir un ami, il y a une semaine je m'avouais être amoureuse du garçon le plus populaire de l'école, trois jours plus tard je me laissais embrasser pour la première fois de ma vie, et avant-hier, je faisais l'erreur monumentale de laisser mon superbe nouvel amoureux dévoiler notre relation au grand jour.
Et comme je le disais, c'est fou ce que le monde est petit! Surtout à Poudlard, qui est si on veut un microcosme de la jeunesse mondiale. Il n'a pas fallut vingt-quatre heure pour que tout le monde sache, depuis les elfes de maisons jusqu'au directeur, en passant par tous les élèves, que Sirius et moi sommes officiellement ensemble. Il faut dire aussi que quand Sirius Black décide de rendre quelque chose officiel, il ne le fait pas à moitié ! C'était hier matin. Je suis entrée seule dans la grande salle, comme d'hab, en marchant à tâtons vers mon traditionnel bol de café noir. Je ne suis pas vraiment du matin, et ça n'étonnera personne je pense, parce que je ne suis pas spécialement de l'après-midi non plus, ni du soir.
Bref j'ignorais encore tout du danger qui me guettait. En général, je regarde mes pieds en marchant, ce qui m'évite de croiser le regard des autres. Déjà que je n'aime pas qu'on me regarde en temps normal, le matin, la sensation désagréable que ça me donne décuple. Je me dirige donc tranquillement vers une place libre à la table de ma maison, quand je me fais happée par un boulet de canon. Boulet de canon aux lèvres plutôt douces, qui viennent se coller aux miennes avec une confiance presque insolente. Imaginez un peu la scène: moi, Maïa Sorn, à peine douchée, immobilisée debout, en plein milieu de la grande salle, à l'heure de pointe, Sirius Black collé à ma bouche. Ses mains étaient fermées autour de mes bras avec une telle force que je devinais qu'il craigne que je le gifle ou m'échappe devant tout le monde.
Quand il s'est enfin décidé à me laisser reprendre ma respiration, j'ai cru que j'allais le tuer. Absolument toutes les têtes étaient tournées vers nous, la plupart étonnés, quelques rares enjouées et certaines mêmes aux moues dégoutées. Je crois que je n'ai jamais été aussi rouge de ma vie, et pourtant, question rougeur, je me suis toujours posée là. J'avais tellement honte que j'arrivais à peine à respirer normalement. Et lui, tout guilleret, se contentait de me tenir la main et de sourire à la foule. A ce moment là, j'aurais pris un malin plaisir à lui coller ma main en travers de la figure, mais que voulez-vous, il sera toujours le même...En plus, c'est un peu de ma faute: je l'avais autorisé à dire la vérité aux autres, sans même négocier sur les conditions. Ca m'apprendra à lui faire confiance...
En ce moment même, je suis tranquillement assise en cours de Sorts, à ma place habituelle. J'essaye avec difficulté de faire imploser la petite boule de parchemin posée sur ma table, bien concentrée, lorsque quelque chose heurte mon oreille droite. A première vue, c'est une autre feuille de parchemin, pliée en huit cette fois. Je lève la tête, et quelques bureaux plus loin, j'aperçois Sirius me faisant de grands signes pour me montrer sa lettre. Je lui souris brièvement et, après avoir vérifié que le prof ne pouvait pas me voir, je déplis le papier. Quelques mots sont griffonés dans une écriture sèche, et un smiley m'adresse un clin d'oeil maladroit derrière la marge. Les gars se font un pocker pendant la pause, je crois pas que je jouerais, tu veux qu'on aille dans le parc ? Je lève les yeux au ciel et écris quelque chose à mon tour, avant de le lui renvoyer. Il pleut, crétin.
Je le vois faire la moue en lisant mon mot. J'ai été un peu sèche, c'est vrai. Je suis comme ça. Mais je crois qu'il a l'habitude, et il ne se froisse plus pour ça, il sait que ce n'est pas volontaire. Je le vois attraper sa plume, et noircir un peu plus la feuille. Sans prendre gare à qui aurait pu le surprendre, il roule le papier dans sa paume et le renvois dans le fond de la salle, vers moi. Malheureusement, je ne suis pas aussi habile que je le voudrais, et la boulette tombe à terre. Je pousse ma table et me baisse pour la ramasser. Je ne sais même pas comment Mr Flitwick fait pour ne pas s'apercevoir de notre manège ! Je t'emmène boire un verre à Pré-au-Lard, alors. On sera au sec, promis. Je lève les yeux vers lui, fronce les sourcils et secoue la tête, pour lui montrer que je ne comprends pas. Normalement, le village n'est pas autorisé aux élèves en dehors des week-ends prévus. Il balaye mes inquiétude d'une main. Laisse moi juste le temps de me changer après le cours, on se rejoint dans le hall. Il acquiesça en découvrant ma réponse.
Lorsque la sonnerie retentit, j'attrape mes affaires en moins de deux, et quitte la salle. J'ai finalement réussi à faire imploser cette satanée boule. Je remonte les marches de la tour Gryffondor le plus vite possible. Je ne veux pas trop le faire attendre, quand même. Beaucoup de monde en descend, ce qui m'étonne assez, parce que tout le monde est sensé avoir cours, à cette heure ci. J'arrive enfin devant le portrait de la grosse dame, qui met un temps interminable à me laisser entrer. A mon passage, je l'entends marmonner et ricaner avec la vieille chouette aigrie qui vient lui tenir compagnie dans son tableau de temps à autres. Même elles doivent être au courant de l'annonce de ma liaison avec Sirius. Une histoire qui fera sûrement jaser dans les dortoirs jusqu'à la fin de nos études, contrairement à ce que prétendait monsieur Black.
J'entre dans mon dortoir, et après avoir rapidement éjecté gants et écharpes, je tire ma malle depuis sous mon lit. La plupart des trucs qu'elle contient sont sombres et informes, mais j'aimerais être plus ou moins bien habillée, aujourd'hui. Ca rattraperait peut-être les lacunes que j'ai dans d'autres domaines. Je choisis un pantalon cigarette noir, des chaussures type boxeuse, et un haut long chauve-souris gris perle. En-dessous, je mettrais un col roulé en laine et un leggings en coton pour pas trop me les geler. J'attache mes cheveux en queue de cheval haute, et passe un coup d'eau sur mon visage. Je suis rougie et gercée par le froid, mais je ne peux pas y faire grand chose. Je ressors de la salle de bains insatisfaite, comme toujours, et manque de hurler. Alice était tranquillement assise sur mon lit. Comment est-ce qu'elle était entrée sans faire aucun bruit ?
"- Salut !" M'accueille-t-elle, lâchant ma cravate rouge et or qu'elle était en train de tripoter.
"- Tu m'as fait peur." Ai-je reproché.
"- Désolée. Tu vas voir Sirius ?" Demande-t-elle. Je me demande si il va continuer longtemps de raconter notre vie à tout son petit clan, mais je me contente de hocher la tête. "Il te manque juste un peu de mascara et une paire de talons." Ajoute-t-elle avec un sourire. Mon sourcil gauche se soulève de son propre chef.
"- Ce sera bon comme ça, merci." Mieux vaut que j'etouffe ce poussin dans l'oeuf, avant qu'elle ne s'empare de sa trousse à maquillage et me relooke. J'attrape quelques gallions dans mon porte-monnaie, et quitte la pièce au plus vite.
Je commence à descendre les marches, en guettant tout de même à droite et à gauche si Sirius n'était pas dans les parages. Malheureusement, tout avait l'air d'être desert, au chateau. Certainement parce que les uns étaient en cours, et les autres bien au chaud dans les salles communes. Il n'y avait que moi pour sortir par un temps pareil. En soupirant, je continue de descendre sur les escaliers de marbre, en me méfiant qu'ils ne se mettent pas à bouger ou faire un de leurs tours de passe-passe insupportables. Lorsque j'arrive au palier du deuxième étage, mes yeux -automatiquement dirigés vers le sol- rencontrent deux paires de ballerines. Je lève les yeux, et tombe sur le sourire pervers de Tanya Kay et d'une de ses courtisanes.
"- Tu te pousses, Machin-Chose, on aimerait passer." M'ordonne la seconde. Tanya lève la main pour la faire taire.
"- Attends Charlène, tu sais à qui tu t'adresses ? Tu as devant toi la copine officielle de Black!" Dit-elle avec un respect ironique. J'essaye de les contourner pour passer mon chemin, mais elles se déplacent en même temps que moi. "Où tu vas comme ça, Sorn ? Tu veux pas nous raconter comment tu as reussis à piégier un mec avec qui les filles comme toi n'ont aucune chance, d'habitude ?"
"- Non, pas vraiment." Ai-je répondu sèchement, en essayant à nouveau et en vain d'esquiver les deux pimbeches. Elles se mettent à rire simultanément.
"- Ne sois pas bècheuse, on pourrait devenir de grandes amies, qui sait ? Je te prêterais mon maquillage pour arranger un peu ta face, et je te donnerais des conseils..." Dit-elle pour continuer à se moquer de moi.
"- J'ai pas besoin de tes conseils, merci." Ai-je tenté de mettre fin à notre échange. Elle éclate de rire, seule cette fois, et s'approche doucement de moi.
"- T'es vraiment sûre ? Pourtant, j'ai beaucoup d'expérience en ce qui concerne Sirius. Je pourrais te dire tout ce qu'il aime au détail près." Se vante-t-elle en passant la pointe de sa langue sur ses lèvres. Je sens mon visage prendre une couleur cramoisie, ce qui fait redoubler leurs ricanements. Je sais de quoi elle parle, et c'est ce qui me met mal à l'aise. Je n'ai aucune expérience dans ce domaine, et je ne sais pas comment je pourrais un jour rivaliser avec des filles aussi expérimentées que Kay..."Pas la peine de rougir comme une gamine, ce sont les choses de la vie..." S'amuse-t-elle.
Cette fois, je ne peux plus supporter l'humiliation qu'elles me font subir. Une chance qu'il n'y est que nous dans les escaliers. Furieuse et terriblement gênée, je passe entre les deux corps élancés et sveltes, pour reprendre mon chemin. Mais au passage, mon pied reste bloqué contre quelque chose qui ressemble fortement à un autre pied, et alors je sens que c'est tout mon corps qui est en train de partir en avant. La demi-seconde où je suis suspendue dans les airs me semble à la fois courte et interminable, et j'en profite vaguement pour placer mes bras devant moi, histoire de limiter les dégâts. Malheureusement, ça n'a pas l'effet escompté. Avec tout l'élan que j'ai pris pour quitter les pestes au plus vite, j'atteins une vitesse de chute qui ne promet rien de bon.
Il y a exactement quarante-huit marches sur ce palier, et j'ai pu deguster la sensation de chaque arrête de marbre contre mon corps. Le dos, l'extérieur des cuisses, le crâne, le coude, tout y est passé. Si je me sors de là sans aucune fracture, je suis une miraculée. Dans un de mes roulé-boulé, j'aperçois enfin le sol du palier suivant, à quelques mètres de moi seulement. Je me dis que c'est bientôt terminé et que jusqu'à preuve du contraire, je suis toujours vivante, mais c'est sans compter sur l'atterissage. Mon corps roule encore sur le marbre, ayant pris de la vitesse dans la descente, et je finis ma course contre la rambarde de bois précieux. Comme un fait exprès, ma tempe cogne pile poil sur l'angle d'un des barreaux, et cette fois, la douleur est trop forte. Quelques moucherons troubles volètent devant mes yeux pendant un instant, puis c'est le noir.
*********
J'entends une voix masculine. Une voix puissante et un peu hautaine, qui me donne envie de sourire. C'est Sirius. J'essaye de comprendre ce qu'il dit, mais c'est impossible, il prend des intonations inhabituelles. En fait, il ne parle pas, il chantonne. C'est un air que je ne connais pas. Avec un effort surhumain, j'ouvre mes yeux. Mes paupières papillonent quelques secondes, et je les sens gonflées comme si j'avais dormi pendant des semaines. A peine mes yeux sont ouverts, la lumière crue des néons me force à les refermer. C'est alors que les maux de tête arrivent, comme une batterie lourde et régulière qui jouerait exclusivement à l'intérieur de mon crâne. J'essaye encore de regarder autours de moi, mais tout est double, ou bien tordu de façon étrange.
"- Maïa ?" Appelle la voix. Même si une seule infime partie de mon cerveau semble encore fonctionner, c'est suffisant pour qu'une lumière se mette à clignoter dans ma tête: Sirius! Sirius! Sirius! Et que je souris. Enfin, ça doit sûrement plus ressembler à une grimace, mais c'est l'intention qui compte.
Après quelques minutes, je commence à me sentir mieux. Peu à peu, je me souviens de ce qui s'est passé, et de pourquoi je suis ici. Je bois un verre d'eau pour me rafraichir, et me mets en position assise dès que ma tête s'arrête de tourner. Je ne suis plus habillée, Sirius m'explique que pour soigner mes plaies, l'infirmière a du ôter mes vêtements. Maintenant, je porte une espèce de robe en papier blanc, ouverte dans le dos. Mes cheveux ne sont plus attachés, non plus, mais je sens une bande contre eux. Avec les coups que je me souviens avoir pris sur la tête, ça ne m'étonne pas. Dès qu'il voit que je peux à nouveau parler et sourire normalement, Sirius passe une main sur ma joue.
"- Combien de temps j'ai dormi ?" Lui ai-je demandé. Il jette un oeil sur l'horloge, ce qui est putôt bon signe. Déjà, ce n'est pas un labs de temps qui se chiffre en jours.
"- Deux heures et demi, à peu près." M'informe-t-il. "C'est un gamin de Poufsouffle qui t'a trouvée. Je t'ai attendu dans le hall pendant une bonne vingtaine de minutes, et puis Alice est venue me dire qu'on t'avait emmené à l'infirmerie. Elle a eu l'info par Tanya." Dès qu'il mentionne son nom, mes yeux changent. Je ne veux plus jamais croiser ni parler à cette espèce de..." Tu te sens mieux ?" Demande-t-il en continuant de caresser ma joue. Je recouvre sa main de la mienne, et fais oui de la tête.
Il se relève alors, puis se penche au-dessus de moi. Malgré la fatigue et les douleurs, mes sens s'enflamment de la même façon lorsque nos lèvres se touchent. Nos doigts s'enlacent, et je sens très vite son torse venir se coller au mien, en faisant attention à ne pas s'appuyer dessus. Une bouffée de chaleur nait dans mon abdomen, et s'étend jusqu'à mon visage. J'ai l'impression que ma surchauffe interne cherche à s'échapper par chaque pore de ma peau. Pour ne rien arranger, les baisers de Sirius changent. Sa main libre vient envelopper ma nuque, et il devient plus...je sais pas trop comment le dire. Doux ? ou bien Langoureux ? Sa langue passe plus lentement contre la mienne, mais bientôt il met fin à cet échange.
Je pense que c'est la fin de nos calins pour cette fois, mais il n'a pas la même idée en tête, apparemment. Il embrasse maintenant ma machoire, y laissant les empreintes humides de ses lèvres. Puis mon cou, ma clavicule, mes épaules, et sa main se détache de la mienne. Je la sens descendre et effleurer mon ventre à travers mes vêtements. C'est à ce moment que je réalise que je ne porte plus la tenue que j'avais passée, mais une de ces robes de papier blanc ouvertes dans le dos et incroyablement courtes qu'on donne aux personnes hospitalisées. Le tissus est incroyablement fin, et Sirius doit sûrement sentir les frissons qu'il me donne à travers. Sa main continue de faire son chemin, et arrive sur ma cuisse nue. La bouffée de chaleur qui m'envahit est plus forte que jamais lorsque nos deux peaux entrent en contact. C'est alors qu'un raclement de gorge se fait entendre.
"- Monsieur Black!" commence la voix sèche et cassante de l'infirmière. "Je pense que Mademoiselle Sorn peut respirer par elle même maintenant, vous pouvez la lacher." dit-elle d'un ton ironique. Génée, je suis plus rouge que jamais. Sirius, lui, se détache de moi avec un petit sourire en coin et passe une main dans ses cheveux.
"- Je vais en cours, je repasserais te voir dans la soirée..." murmure-t-il. Il s'abaisse et embrasse mon front, ce qui me met encore plus mal à l'aise, puis il sort de l'infirmerie de son pas energique et assuré. L'infirmière fronce alors les sourcils.
"- Je ne suis pas sûre de le laisser entrer quand il reviendra..." soupire-t-elle. "Je pense te garder encore quelques jours, Maïa, étant donné la situation, je préfère que tu reste sous ma surveillance." J'acquiesce. J'ai l'habitude.
