Salut tout le monde! Pour commencer un grand merci à vous les filles pour vos reviews et vos messages d'encouragements, j'en ai grand besoin. Je m'en sors plus avec ces travaux et le bordel que cela produit.

Nous ne sommes pas mercredi mais je vous ai assez torturé avec les deux derniers chapitres alors avec deux jours d'avance je vous poste le chapitre tant attendu.

Bonne lecture.


Chapitre 12 : Retrouvailles.

Mon Dieu il allait venir, j'avais entendu Peter lui indiquer l'endroit où nous étions. Comment allais-je lui cacher mes sentiments ? Pourquoi fallait-il qu'il soit empathe et que je sois aussi vulnérable à son pouvoir que n'importe qui d'autres ! C'était la panique totale.

Je m'étais laissée tomber sur le sol j'avais ramené mes jambes contre ma poitrine en me balançant légèrement d'avant en arrière. J'adoptais cette position quand les choses n'allaient vraiment pas pour moi, quand je me sentais désespérée. Cette posture me suivait depuis l'enfance, c'était une façon de me déconnecter du monde en me sentant en sécurité, réaction enfantine que j'avais du mal à faire passer. En sécurité parmi deux vampires au régime classique il y avait de quoi rire. Mais si Jasper me les avait envoyé c'est que je ne risquais rien avec eux, je lui faisais assez confiance pour ne pas remettre en question son jugement.

Charlotte s'approcha de moi, s'installa à mes côtés et passa sa main dans mon dos. Elle tentait de me réconforter mais on voyait bien que si elle l'avait déjà fait cela datait d'il y a quelques siècles alors. Mais je lui étais reconnaissante d'essayer.

-Bella qu'est-ce que tu as ? demanda Peter. Je sentais une pointe d'anxiété dans sa voix, il n'était pas aussi sec que précédemment. Mais je ne répondais pas, j'essayais de me reprendre et ce n'était pas facile car si j'ouvrais la bouche j'allais certainement me remettre à pleurer et ça je ne le voulais pas.

-Elle panique, je crois que tu n'aurais pas dû dire à Jasper qu'elle avait des sentiments pour lui. Elle ne lui avait rien dit.

-Mais je ne lui ai pas dit ça.

-Le fait de lui révéler qu'elle rêve de lui et qu'elle pleure tous les soirs c'est la même chose Peter. Heureusement que tu n'as rien dit concernant son parfum, lâcha-t-elle consternée. C'est pas vrai, ils savaient même que j'avais trouvé son parfum, en plus du malaise, la honte s'ajouta à mon panel d'émotion du moment. J'enfouis mon visage entre mes jambes et mes bras. Ne t'inquiète pas Bella, je trouve ça très mignon et je dois avouer que le jour où je t'ai vu rentrer dans cette échoppe tu m'as surprise et si tu ne l'avais pas trouvé seule à cause de ton odorat humain je te l'aurais fait parvenir.

Je relevais la tête pour l'observer, elle avait un regard doux et attendri malgré la couleur carmin de ses yeux.

-Et puis si ça peut te rassurer Peter est un rustre. Ne te fais pas de souci je pourrais presque affirmer que tes sentiments sont partagés, j'eus un choc elle venait de dire que Jasper avait des sentiments pour moi. Non elle a dit qu'elle en était « presque » sûre, ce qui laissait quand même une place au doute et dans mon esprit c'était une grande place.

-Tu sais nous connaissons le Major depuis longtemps, très longtemps. Nous lui devons la vie, et notre bonheur, m'informa Peter qui venait de prendre place en face de nous. Jamais il nous a demandé le moindre service, il est très fier il s'est toujours débrouillé tout seul. Mais quand tu as quitté l'Amérique il y a quatre mois, il nous a appelé pour nous demander de te veiller dans l'ombre. Et je dois dire qu'il n'avait pas tort. J'aimerais savoir comment tu as fait pour arriver jusqu'à ton âge en vie et en un seul morceau ? Parce que je n'ai jamais vu une personne attirer la malchance avec autant d'assurance. On a perdu le compte des potentiels agressions en tous genres, et même repousser certains vampires, d'ailleurs nous en avons jamais rencontré autant en quatre mois, que sur les deux dernières années.

Je souris j'avais déjà entendu ce genre de réflexion, Jake m'avait déjà fait part de son angoisse causée par ma malchance légendaire.

-Je ne dois pas être si malchanceuse que ça, j'ai apparemment toujours un ou des chevaliers pour me tirer d'embarras.

-Oui c'est pas faux.

-Vous me suivez depuis quel endroit ?

-Depuis Paris, me répondit Charlotte.

-Co... OH ! Jake il était au courant depuis le début ! C'est pour ça qu'il n'a pas fait de crise. Je vais l'écarteler le clebs, rageai-je.

-Bella ? Je ne voudrais pas me montrer trop curieux, mais je t'ai entendu plaisanter avec ton ami, à Paris justement. Et vous plaisantiez sur le fait qu'il était un loup-garou.

-Oui c'est le cas, pourquoi ? ils se regardèrent choqués avec sa compagne.

-Tu es pire que ce que l'on croyait. Tu vas aller chercher protection chez des loups ? demanda-t-il choqué.

-Tu fais confiance à Jasper ?

-Oui bien évidemment.

-Donc tu devrais savoir qu'il ne ferait rien qui puisse me nuire. Ce sont des loups mais ils ont un parfait contrôle de leur nature, et ils ne s'en prennent pas aux humains ils les protègent des vampires.

-Je n'y comprends rien, j'en parlerais avec le Major quand il sera là, dit-il plus pour lui que pour son auditoire. Le fait qu'il rappelle que Jasper allait arriver, raviva mon anxiété, mon cœur s'emballa de nouveau, ce qui pour des oreilles de vampires ne passa pas inaperçu.

-Tu devrais manger Bella tu n'as rien avalé depuis deux jours, me houspilla Charlotte.

-Je n'ai pas vraiment faim, me défendis-je.

-Écoute tu penses connaître le Major. Mais permets-moi de te dire que s'il arrive et qu'il voit que tu n'es pas en forme parce que l'on n'aura pas pris soin de toi, il pourrait aller jusqu'à nous tuer. Alors je t'aime bien mais je tiens à ma vie. Tu vas prendre un de vos trucs dégueulasse et tu vas avaler ça que tu le veuilles ou non ! me menaça Peter.

-D'accord je vais manger. Par contre pouvez-vous me raconter comment vous l'avez connu, et pourquoi vous l'appelez Major ?

-Oui c'est possible ça, me répondit Peter. Et puis ça passera le temps, en attendant qu'il arrive. Pour le grade de Jasper en fait il l'avait avant sa transformation, il était soldat lors de la guerre de Sécession. Il a prit du gallon pendant cette guerre, et lorsque Maria l'a trouvé il venait d'être promu Major, c'est à cause de cela que nous l'appelons rarement par son prénom, parce qu'il a été le plus jeune Major de l'histoire des États-Unis. Une espèce de fierté m'envahit, je me sentais tellement fier de lui, que si jeune il ait pu se distinguer des autres. C'était peut être vaniteux de ma part mais il était tellement plus que n'importe qui, et cela avait transpiré alors qu'il n'était qu'humain, cette assurance et cette prestance c'était inné chez lui. Je ressentais tellement de fierté pour lui que c'en était à la limite de la suffisance.

J'allumais mon réchaud, sortis la casserole et vidais le contenu de ma boîte de raviolis dedans alors qu'il commençait sa propre histoire.

-J'étais de Little Rock en Arkansas, j'étais forgeron et je travaillais avec mon père. J'adorais mon métier et je devais même reprendre l'affaire familiale. Un jour un nous eûmes une grosse commande, le genre de commande qui à l'époque allait nous assurer la prospérité surtout en période de guerre, c'était juste avant la bataille de Little Rock. Je n'avais d'ailleurs toujours pas été appelé. Mais je me doutais bien qu'avec l'ampleur que prenait la guerre de Sécession cela arriverait bientôt alors j'espérais pouvoir terminer cette commande avec mon père pour que ce dernier puisse s'assurer que notre entreprise familiale soit encore prospère ou en tout cas qu'elle puisse survivre à la guerre quand je rentrerais. Alors je travaillais d'arrache-pied nous relayant avec mon père. Comme je n'avais ni épouse, ni fiancée je travaillais de nuit et mon père me relayait la journée, les forges tournaient en permanence et à plein régime. Puis une nuit alors que je m'affairais à la tache comme à mon habitude. Une belle femme entra dans mon atelier, les portes restant ouvertes en permanence à cause de la chaleur. Elle était magnifique et son teint pale détonait avec celui des autres jeunes filles de la région, et lui donnait des airs aristocratiques elle inspirait le respect malgré son jeune âge. Elle me charma, puis quand j'aperçus ses yeux rouge j'ai paniqué, je savais que ce n'était pas normal et il n'y avait pas de lentilles de couleurs à l'époque. Elle me mordit et trois jours de souffrances plus tard je me réveillais dans une pièce que je ne connaissais pas avec d'autres personnes, nous étions tous allongés à même le sol. Le seul à être debout et à nous regarder était un jeune homme blond qui tout comme la jeune fille précédemment inspirait respect, mais la crainte également. Il nous expliqua ce que nous étions devenus et ce que l'on attendait de moi. Jasper formait tous les nouveaux-nés, il était doué et vaillant aux combats, il faisait la fierté de Maria qui en était amoureuse, elle fit de lui son bras droit, son homme de confiance, son général. J'étais doué moi aussi pour les combats, et je devins assez rapidement le second de Jasper. Nous nous sommes liés d'amitié assez facilement et une relation de confiance et de respect s'est tissée entre nous.

Charlotte reprit la narration arrivant sur son histoire à elle.

-Moi j'étais une Yankee, j'habitais New York avec ma famille. Je venais de me fiancer avec un notable de la ville, un avocat avec un brillant avenir. Autant dire que ma famille était aux combles du bonheur quand je leur appris que nous allions nous marier. Mais je voulais avant cela, rendre visite à ma grand-tante pour qui je vouais une admiration et un attachement sans bornes. Comme celle-ci était invalide et qu'à l'époque les moyens de locomotions ne permettaient pas à une personne dans son état de voyager. J'avais obtenu de mes parents de me laisser la visiter malgré la guerre qui faisait rage. Ma grand-tante habitait dans le Missouri qui était encore sous la protection de l'Union donc mon père me laissa y aller, mais seulement sous la tutelle de ma grande sœur et de son mari.

Puis lors d'une halte dans une auberge comme nous le faisions tous les soirs pour passer les nuits en sécurité. Un groupe composé de deux hommes et une femme, tous plus beaux les uns que les autres, nous ont attrapé sans ménagement alors que nous nous apprêtions à pénétrer dans l'auberge après avoir installé les cheveux à l'écurie. Ils s'étaient déplacés si vite que je n'avais presque rien remarqué et ils avaient une force incroyable, car même le mari de ma sœur ne put se dégager de la poigne de son geôlier. Ils nous traînèrent dans les bois qui jalonnaient la seule et unique route. Puis toujours sans ménagement la femme qui m'avait attrapée, me mordit, elle en fit autant avec ma sœur et mon beau-frère. Comme pour Peter, nous nous sommes réveillés dans une salle à même le sol. Nous eûmes droit au même discourt de bienvenue que les autres, et nous avons été formés aux combats par Jasper et Peter. J'ai perdu ma sœur lors d'une bataille et mon beau-frère également car il avait voulu porter secours à son aimée.

Peter reprit le cours de l'histoire.

-Elle était inconsolable, j'avais déjà remarqué Charlotte depuis longtemps, depuis son réveil en fait et je me sentais attiré par elle. Alors quand je l'ai vu dans cet état j'ai fait tout ce que je pouvais pour lui apporter mon soutien puis notre amitié évolua rapidement en affection réciproque. Tout allait très bien jusqu'au soir où Jasper est venu me trouver pour m'informer que Maria avait décidé de faire du vide dans son armée, ceux qui avaient plus d'un an devaient périr, elle ne voulait que du sang neuf. Nous avions commencé notre extermination et je me demandais comment j'allais pouvoir sauver Charlotte, puis ce fut son tour et je me suis opposé à Jasper. Il aurait pu aisément nous tuer tous les deux, mais j'avoue que j'ai compté sur notre amitié pour pouvoir nous en sortir tous les deux vivants. Et j'ai eu de l'intuition, il nous laissa nous enfuir. Il a pris un risque en faisant ça, car personne ne désobéit à Maria, elle aurait pu tuer n'importe qui pour ça, mais le fait qu'il soit le Major Whitlock, le Dieu de la guerre, lui a sauvé la vie, quoi qu'il aurait eu le dessus sur Maria sans problème. Mais c'est comme ça que nous lui devons la vie, et que nous avons contracté une dette d'honneur. Quelques années après comme je connaissais le malaise de Jasper quant à sa vie de soldat. Je suis revenu le rechercher pour l'informer qu'il y avait une alternative à la guerre, les massacres et les tortures, qu'il y avait une autre façon de vivre. Et c'est ainsi que Jasper a quitté Maria pour partir avec nous.

J'avais fini de manger depuis un bon moment, et la nuit commençait même à tomber. J'avais été totalement absorbée par leurs histoires. J'imaginais Jasper fier, fort, craint et respecté parmi tous ces vampires, véritablement loin de celui que j'avais connu. Celui qui se laissait manipuler par sa femme, accédant et cédant à tous ses caprices ou idées farfelues qu'elle pouvait avoir. Le Jasper de Peter et Charlotte correspondait plus à l'image et à la sensation que je me faisais de lui. Lorsque je lui avais demandé de ne pas laisser Edward s'approcher de moi, j'avais ressenti cette puissance émaner de lui, j'avais été en totale confiance, je savais que j'étais en sécurité avec lui et je ressentais cette sensation à chaque fois qu'il me prenait dans ses bras. Je n'avais pas su d'où cela provenait, maintenant je comprenais.

-À quoi penses-tu Bella ? J'espère que nous ne t'avons pas choqué au moins ? demanda Charlotte.

-Non en fait je pensais à la différence qu'il y a entre votre Jasper, le Major et celui que j'ai connu avec Alice. Et maintenant je comprends beaucoup plus de choses, cette force que je sentais émaner de lui et qui était toujours étouffée par l'exubérance et le tempérament de sa femme.

-Oui je me demande comment il a fait pour tenir aussi longtemps, avoua Peter. Ils sont si différents, à l'opposé l'un de l'autre, vraiment pas assortis.

-Je ne peux pas croire qu'elle l'ait amené à changer pour le modeler à ses désirs. Et pourquoi s'est-il laissé faire ?

-Parce qu'elle lui a témoigné de l'affection et de la douceur, il en avait besoin. À cette époque il était en plein doutes concernant sa vie. Tu sais Bella il a toujours croisé des personnes qui avaient besoin de lui pour ses qualités de meneur ou de guerrier, et il a toujours dû se montrer fort pour tout le monde. Alors quand ce petit bout de femme a débarqué de nulle part et qu'elle a tout pris en mains, sa vie et tout le reste, il s'est senti soulagé et soutenu. Jasper ne s'est jamais senti bien dans sa peau, parce qu'il a fait des choses monstrueuses selon lui, et cette sensation a toujours été renforcée par son don d'empathie. Alice est la seule qui ait toléré son passé malgré ses convictions alimentaires, m'expliqua Charlotte.

-Mais ce passé a fait de lui ce qu'il est aujourd'hui. Pourquoi personne ne l'accepte tel qu'il est, ce n'est pas comme s'il continuait à faire toute ses horreurs. Il n'est pas difficile de l'apprécier pour ce qu'il est et si moi humaine, j'y arrive je ne comprends pas que les autres soient tous autant qu'ils sont de mauvaise foi.

-Je suis d'accord avec toi Bella et je pense que tu devrais lui en parler quand il sera là. Je crois qu'il a besoin d'entendre ce genre de chose et pas que de nous.

-Peut-être s'il ne s'enfuit pas avant, murmurai-je pour moi. Mais c'était sans compter sur leur ouïe sur-développée.

-Je ne le pense pas. Jasper est apte à tout affronter même une démone humaine en colère ou amoureuse voire même mes deux. Aussi effrayante sois-tu, plaisanta Peter. Ce qui me fit sourire.

Nous parlâmes ensuite de mon séjour où ils m'avaient suivi. Toutes les fois où j'avais échappé aux agressions en tout genre, vols, viols, et tous les vampires que j'attirais. Ils m'avouèrent que mon odeur était très alléchante même pour une humaine, et que c'est la raison pour laquelle j'attirais les vampires, mais cela je le savais. Je commençais à fatiguer et Charlotte le vit.

-Tu devrais aller te coucher, Nous veillerons sur toi cette nuit, tu peux dormir tranquille.

-Oui tranquille, avec deux vampires, c'est l'adjectif adéquate, raillai-je.

-Je sais que nous ne sommes pas « le bon vampire », mais pour ce soir faudra t'en contenter ma jolie, me répondit Peter avec humour.

Je lui souris sarcastiquement et entrais dans ma tente. J'allais sortir ma photo et l'huile d'argan qui m'aidaient habituellement à m'endormir mais je repensais au fait que j'avais une garde rapprochée avec des sens infaillibles et bien qu'ils connaissaient malgré moi mes petit travers je n'osais pas et refermais mon sac.

-Ne renonce pas à tes petit rituels pour nous. C'est tellement mignon, lâcha Peter moqueur. Je sentais que j'allais bien m'entendre avec lui.

-La ferme Peter, répondis-je exaspérée.

-Conseil que je te retourne. Évite nous un rêve gênant comme la semaine dernière, rétorqua-t-il sur le même ton. Qu'avais-je dont rêver de si gênant la sem...

-Putain Peter ! criai-je. Mêle-toi de tes affaires et surtout ne raconte rien et à personne ! réalisant à quel rêve il faisait référence. Ils éclatèrent de rire. Et ils veulent que je dorme tranquillement. Pfff ! soufflai-je agacée.

Le lendemain matin je me levais le dos en vrac, la nuit avait été rude et agitée. J'avais eu du mal à trouver le sommeil. L'arrivée imminente de Jasper m'angoissait et mon rêve qui me revint en mémoire ne me permit pas de me sentir mieux. Certes il avait été plus soft que celui auquel avait fait référence Peter la veille au soir, mais je me doutais que j'allais essuyer les railleries du vampire brun. Je sortis de ma tente sous les sourires amusés de mes deux acolytes ce que je craignais, j'attrapais une casserole et mis de l'eau à chauffer pour mon thé. Puis avec la bouteille je m'éloignais quelque peu pour me brosser les dents, avec deux vampires dans les environs valait mieux éviter d'ouvrir la bouche avec une haleine de chacal.

Une fois ma tache accomplit et mon thé à la main :

-Puisque vous êtes là, pourriez-vous me dire où je pourrais trouver un point d'eau j'aurais besoin de me rafraîchir.

-Mais bien sûr et que faire d'autre pour me rendre agréable ? Enfin dans la mesure de mes possibilités je suis un homme marié moi, je lui offris mon sourire le plus faux dont je disposais.

-Dans ces conditions un hamburger avec un grand pot de glace grand Marnier éclats de caramel pour compenser ma frustration, vu que tu me refuses tes faveurs.

-Je ne te les refuse pas vraiment mais je suppose que le Major n'appréciera pas forcément de prêter ses jouets, même à moi.

-Il est assez intelligent pour ne pas t'en tenir rigueur, j'en suis persuadée. Et puis s'il n'y a que ça promis je protégerais le petit vampire fragile que tu es, du si terrible Major Whitlock. Lui rétorquai-je amusée.

-C'est pas possible, il avait fallu que vous ayez le même sens de l'humour, gémit Charlotte. Gardez en pour Jasper je vous en prie, je m'en voudrais d'être la seule à en profiter.

Nous rîmes ensemble devant la mine consternée de Charlotte. Une fois mon thé avalé et m'être habillée je les suivis à travers la jungle. Petite virée que j'appréciais tout particulièrement, car tout ce qui aurait pu s'avérer dangereux pour moi fuyaient devant eux. Bien sûr les remarques sur mon allure ne tarissaient pas. Sans m'avertir Peter me souleva et me posa sur son épaule sans ménagement, ce qui j'en suis certaine m'occasionnera des bleus. Et bien évidemment je ne me privais pas pour lui hurler dans le creux de l'oreille toutes sortes de gentillesses qui me venaient à l'esprit et qui j'en suis sûre et même si je ne la voyais pas, amusait Charlotte. Je dois reconnaître que nous arrivâmes un peu plus vite, mais c'est moi qui devrais souffrir des hématomes dû à son manque de délicatesse. Foutu force vampirique.

Nous étions au pied d'une petite cascade, les odeurs de ce lieux m'enivraient, c'était un endroit sans prétention mais magnifique, rien à voir avec les scènes paradisiaques à la télé. Non c'était différent la beauté de ce lieux résidait dans son état sauvage où les ronces côtoyaient de jolies fleurs dont j'étais incapable de nommer. Il me reposa sur le sol avec plus de douceur sous mon regard noir.

-Retourne-toi maintenant lui, ordonnai-je.

-Certainement pas et je ferais comment pour être sûr qu'aucune petite bête dangereuse ne t'approche ?

-Ben tu t'en remettras à ton épouse. À moins que tu ne lui fasses pas confiance ? Où préfères-tu te rincer l'œil ? ajoutai-je aguicheuse.

-Et je te conseillerais moi aussi de te retourner parce que je suis parfaitement capable de t'arracher les yeux, si tu ne le fais pas, répondit sa femme les mains sur ses hanches en le toisant de haut, sous mon regard moqueur.

Il prit une mine faussement renfrognée et se tourna sous nos sourires moqueurs à Charlotte et moi. Je me déshabillais pour me retrouver en sous-vêtements. Je pénétrais dans l'eau qui n'était pas glacée mais elle était loin d'être chaude, cela me fit un bien fou tout de même. Charlotte vint me rejoindre, elle avait un corps magnifique de quoi me faire douter de mon propre charme, enfin heureusement que j'étais habituée à ses sensation avec Rosalie. Puis ce fut le tour de Peter et ce qui était un pur moment de relaxation se transforma en bataille rangée, heureusement pour moi Charlotte avait pris mon parti. Voyant la partie de chahut se transformer en moment d'une tendre complicité entre les deux amants. Je décidais de sortir de l'eau le plus discrètement possible, leur laissant l'intimité dont ils avaient besoin.

Ils savaient parfaitement que je sortais, et le fait qu'ils me laissaient faire m'indiquait qu'il n'y avait aucun danger pour moi dans les bois environnant, mon oreille humaine était assez loin pour ne rien entendre, puis j'avais apporté mon MP3. Je m'enfonçais un peu plus loin et m'installais contre un arbre mousseux qui m'apporta un certain confort et je mis mes écouteurs. Comme toujours je recherchais la seule et unique chanson sur la centaine qui occupaient l'espace de ma cd'thèque portative que j'écoutais.

La voix de Thom Yorke raisonnait pour son troisième passage. Quand je sentis un tsunami de joie et de bonheur me happer et m'engloutir toute entière. J'ouvris les yeux le cœur battant et me levais aussi rapidement que je le pus, car je savais ce que cela voulait dire. Il était là, la joie, la peur, l'excitation de le revoir se mélangeaient. Je fis le tour de moi même et je me stoppais net quand devant mes yeux se révéla, la plus belle chose qu'il m'ait été donné de voir. Il était là debout entre les arbres, à un trentaine de mètres de moi. Son visage était rayonnant, arborant un sourire magnifique qui me subjugua littéralement. Mon cœur cognait dans ma poitrine il voulait s'enfuir pour aller le rejoindre, j'étais heureuse. Tout l'amour que j'avais ressenti pour lui ces derniers mois envahi et débordait de mon être, si bien que mon corps et mon âme étaient trop étroits pour le retenir, et je ne pouvais rien retenir. Je m'étais préparée à son arrivée enfin aussi bien que j'avais pu en si peu de temps. J'avais pensé à masquer mes sentiments par d'autres mais maintenant qu'il était là je ne pouvais plus rien contrôler. Le temps d'un battement de cil il était devant moi, me surprenant. Il m'attrapa par la taille alors que ses yeux étaient plongés dans les miens m'hypnotisant m'emmenant dans un autre monde où seulement nous deux vivions, il me murmura.

-Je suis désolé, je ne voulais pas t'effrayer.

Une nouvelle déferlante d'amour et de satisfaction émanait de moi quand j'entendis enfin sa voix. Mes jambes devinrent cotonneuses, mon esprit était embrouillé, mon corps ne m'obéissait plus ne reconnaissant en Jasper que son seul et unique maître. Il prit mon visage dans ses mains avec beaucoup de précaution comme si j'avais été faite de cristal, ce que j'étais pour lui et il posa délicatement ses lèvres sur les miennes. Mon cœur battait irrégulièrement, je me savais atteinte de tachycardie mais à ce rythme il allait lâcher j'en était certaine. Quoi qu'il pouvait bien me lâcher maintenant s'il le désirait, je venais enfin de connaître l'unique et vrai bonheur, je pourrais mourir heureuse. Mon estomac se contractait et semblait peser une tonne. Mon corps était pris d'assaut par des courants électrique pas même quantifiable, alors que nos langues se cherchaient et se goûtaient, et mon Dieu quel goût divin il avait. Mes jambes ne me portaient plus et tout ça seulement produit pas ses lèvres sensuelles et si douces, son haleine sucrée, sa langue froide mais si délicieuse. J'avais rêvé un millier de fois à ce baiser mais rien n'approchait ce que je ressentais en cet instant précis. Rien ne pouvait me préparer à ressentir cela, c'était au delà du réel, au delà de l'entendement, ou de l'imaginaire. On m'avait déjà embrassée avant lui, j'avais aujourd'hui l'impression d'avoir été leurrer.

Je répondis à son baiser précieux et urgent, j'allais plus en profondeur y mettant tout l'amour, le manque et le désir, toute l'affection qu'il m'inspirait, je ne retenais rien je lui envoyais tout tel que cela me venait, il me serra un peu plus fort dans ses bras. J'étais heureuse, tellement heureuse que j'en pleurais de joie. Il se détacha de moi quelques secondes après me laissant le temps de respirer, chose que je ne savais plus faire instinctivement. Il me regardait un éclat nouveau dans les yeux, alors qu'il essuyait de son pouce les larmes qui coulaient le long de mes yeux.

-Tu m'as tellement manqué Bella, j'aurais aimé lui répondre, mais je n'arrivais plus à coordonner mon esprit pour trouver quelque chose à dire qui ne soit pas stupide. Enfin c'était avant d'entendre une voix derrière moi qui réussit à rappeler ma raison et à me faire redescendre sur terre.

-Putain c'est pas croyable, tu arrives à la lui faire fermer toi ! plaisanta le vampire brun. Sous le sourire heureux de Charlotte, et celui ô combien comblé de Jasper.

-C'est parce que tu sais pas y faire ? lui répondit mon vampire blond. Je lui souris j'étais aux portes du bonheur rien ne pourrait m'éloigner de cette sensation aujourd'hui.

-S'il faut en arriver à cette extrémité je te l'accorde je ne sais pas y faire, Charlotte vint pour enlacer Jasper, j'allais m'écarter pour ne pas me retrouver au milieux.

-Oh ! Non tu ne t'éloignes pas toi. J'ai attendu assez longtemps maintenant que je t'aie je ne te lâche plus, Charlotte arborait à peu près le même sourire que moi enfin je présumais. Elle nous enlaça tous les deux et me lança un regard complice qui voulait dire « Tu vois je te l'avais dit » ce qui n'échappa pas à Jasper.

-Bon si on rentrait au campement par ce que je crois qu'il va être l'heure pour l'humaine de manger, lâcha Peter, après avoir donné une tape viril dans le dos de Jasper pour lui dire bonjour.

-Et mon hamburger, et ma glace ? invoquai-je ayant retrouvé ma voix.

-Oui, mais là ma belle si tu es frustrée ce n'est plus de ma faute, ni de mon ressort. Tu vois ça avec le responsable, me répondit-il avec un sourire complice.

-Une promesse est une promesse, et je ne t'en voudrais même pas si tu goûtes à la jolie serveuse, tentai-je d'argumenter avec une moue enfantine.

-Humm ! Tentant, répondit-il.

-Bienvenue dans mon enfer Jasper, trancha Charlotte face à la surprise de mon vampire devant notre complicité récente.

-Frustration ? Intéressant, dit-il de sa voix si sensuelle en vrillant son regard dans le mien, faisant monter tout le sang de mon corps à mes joues.

Ce qui bien sûr ne fit qu'accentuer l'hilarité de Peter, et c'est dans ce bonheur total de retrouvailles merveilleuses que nous retournâmes au campement où je découvris le sac de Jasper à côté de ma tente. Je me sentis soudain mal à l'aise. Avait-il senti son parfum dans mes affaires ?

-Bella qu'est-ce qu'il y a ? me demanda-t-il. Foutu empathe, pas moyen d'avoir peur en paix.

-Rien de bien intéressant, rétorquai-je espérant ne pas avoir à aborder ce sujet.

-Mais...

-On en reparlera plus tard, le coupai-je espérant ne pas l'avoir vexé d'avoir été si brusque, car je ne voulais pas gâcher ce moment magique.

Je ne le lâchais pas du regard. Comment pouvait-il me trouver à son goût? Il avait l'air tellement différent du jour où je l'ai quitté à Hanover. Est-ce que c'est cette forêt qui avait un effet révélateur sur lui ? Je ne savais pas. Je fus sortie de mes pensées et de ma contemplation par mon téléphone.

-Merde Jacob, j'ai oublié de l'appeler ce matin.

-Il est pire qu'une mère ce gosse, fit Peter à Jasper.

-Il se fait beaucoup de soucis pour Bella, il y tient beaucoup, lui répondit mon vampire blond.

-Jake, formulai-je dans mon téléphone.

-Tu t'es calmée ma belle ?

-Oui ça va mieux, mais je t'en veux toujours.

-On avait pas le choix Bella et on apparemment bien fait. Il est arrivé ?

-Oui il y a quelques minutes.

-D'où ton calme surnaturel j'aurais dû m'en douter.

-Jake, fais attention tu vas dire des choses que tu vas regretter, l'avertis-je.

-Bon et qu'est-ce que tu vas faire maintenant que ton preux chevalier vient de te rejoindre. Tu prolonges comme c'était prévu initialement ou tu rentres ?

-Je ne sais pas. Mais pour le moment j'ai faim et tu sais comme moi qu'on ne prend pas de bonne décision le ventre vide, ouf je venais de m'en sortir in-extrémis.

Enfin presque il fallait faire avec le don de Jasper et cela allait s'avérer difficile. Mais je ne voulais pas l'obliger à faire quoi que ce soit. On avait besoin d'en parler ensemble et posément. J'allais demander des nouvelle de Leah quand je l'entendis jurer comme le charretier qu'il était.

-Merde, merde et remerde,lâcha t-il apparemment très contrarié.

-Qu'est-ce qu'il se passe Jake ? demandai-je un peu plus affolée.

-Cette putain de sangsue qui essaie de franchir notre territoire depuis quelques temps. Bella il faut que j'y aille je te rappelle et vois avec Jasper pour ton voyage, que je sache si je dois venir te chercher ou non. Bon je file.

J'allais lui répondre mais j'entendis la tonalité qui mettait fin à notre conversation. J'en étais sidérée.

-C'est assez surprenant cette race et leurs principes, commenta Peter.

-Comment ça ? lui demandai-je.

-Des enfants de la lune tueurs de vampires, c'est en soit pas si surprenant que ça. Qu'ils aient assez de contrôle pour ne pas exterminer les humains c'est étonnamment remarquable. Mais qu'en plus ils les protègent de nous je trouve cela aberrant. Sans compter sur le fait qu'ils confient à nous ta protection, je dois avouer que je suis complètement dépassé, nous avoua-t-il.

-En fait Carlisle a fait quelques recherches sur eux. Et d'après les informations qu'il a récolté. Ce ne sont pas des enfants de la lune, ce sont des modificateurs. Et toujours d'après lui, ils bénéficieraient d'une très ancienne protection magique, qui leur permet de se transformer dès qu'un vampire, leur ennemi naturel est à proximité. À partir de ce moment ils se transforment quand bon leur semble, expliqua Jasper.

-Ce ne sont pas de vrai loups-garous, demandai-je incrédule.

-Non les loups-garous ou les enfants de la lune, comme leur nom l'indique ne se transforment qu'à la pleine lune. Tu sais pour l'avoir vu de tes yeux que Jake se transforme à volonté qu'il fasse pleine lune, nuit ou jour. L'astre lunaire n'a rien à voir avec sa transformation.

-Incroyable j'aimerais bien voir ça de mes yeux, ajouta Peter, sous le regard désapprobateur de sa compagne.

-Je ne pense pas que cela soit raisonnable Peter. Car autant Jacob à l'esprit ouvert ou en tout cas est plus apte à donner sa confiance, autant son Alpha ne l'est pas et s'il vous voit à proximité de leur terre c'est la mort assuré et je t'assure qu'ils savent y faire.

-Pourtant les Cullen et toi viviez à leur côtés et en plus ce fameux Jake nous a délibérément confié la protection de Bella, affirma Charlotte avec mépris.

-Je comprends ton indignation Charlotte mais c'est légèrement plus compliqué que ça en a l'air. En ce qui concerne la famille, notre régime alimentaire fait que nous nous tolérons, ils savent que nous respectons les humains et qu'ils ne font pas parti de notre alimentation. Donc tant que le traité n'est pas rompu il n'y a pas de problème. Pour la protection de Bella seul Jacob rentre en jeu et je suppose qu'il a dû subir les foudres de son Alpha. Mais Jacob fait confiance à Bella qui elle me fait confiance, c'est pour cela qu'il a accepté ma proposition. Et malheureusement malgré que vous ayez pris soin de Bella, la nature de votre régime fait que vous êtes une menace potentiel pour les humains. Et même si Jacob ne vous ferait pas de mal délibérément de par le service que vous lui avez rendu en veillant sur Bella, il serait dans l'obligation de suivre les ordres de son Alpha, il ne peut pas s'y soustraire.

Charlotte avait l'air de se calmer un peu par contre Peter semblait lui plus curieux quelque chose me disait qu'il s'essaierait tout de même à une petite rencontre, c'était dans sa nature. Je suis sûre qu'il ne vit que pour l'adrénaline qu'il peut ressentir et se provoquer il a dans son regard cette drôle de lueur malicieuse qui s'est allumée quand Jasper a raconté la véritable nature des Quileute.

Quand à moi je n'avais d'yeux que pour mon vampire blond au regard de velours. J'étais assise à ses côtés sa main dans la mienne qui n'avait plus sa fraîcheur habituelle. J'aurais aimé avoir plus que ce simple contact, mais je devais garder en mémoire que l'on venait de se retrouver après quatre mois de séparation. Il avait certainement dû se désensibiliser de mon odeur, je savais que mon parfum avait une influence particulière pour les vampires. Alors je devais respecter son désir de ne pas le tenter ne pas me mettre en danger pas qu'il m'effrayait mais juste pour lui, pour ne pas le pousser dans ses retranchements, car moi j'étais convaincu qu'il ne me ferait aucun mal.

Charlotte et Peter nous avertirent qu'ils partaient se nourrir et que l'on disposait de tout le reste de la journée ainsi que de la nuit juste pour nous. Après avoir essuyé une bonne douzaine de remarques grivoises de Peter ils nous laissèrent enfin. La perspective de rester seule avec Jasper, bien qu'agréable soit-elle, me mit soudain mal à l'aise. Car bien sûr être avec Jasper me réjouissait, mais nous devions aussi parler et je ne savais pas vraiment encore quelle position adopter face à cette situation. Je ne niais pas avoir des sentiments pour Jasper, mais je devais prendre en compte mes envies, mes convictions, et Alice.

Tout le chemin que j'avais parcouru jusqu'à aujourd'hui, ce vide que j'avais tenté de combler, cette blessure que j'avais réussi à surmonter. Je ne voulais plus d'Edward parce qu'il était vampire et qu'il m'avait abandonnée tout comme le reste de sa famille. Il avait réussi à m'abandonner alors qu'il était seul et sans compagne. Jasper avait trouvé son âme sœur, et je savais qu'il avait des sentiments pour elle, et je savais qu'il pouvait à tout moment retourner auprès d'elle, cette simple idée me faisait déjà souffrir. Car même si je savais qu'ils s'étaient éloignés ces dernières années ils avaient l'éternité pour se retrouver et si elle décidait de le récupérer alors qu'il était avec moi, parce qu'elle se rendrait enfin compte qu'il est l'homme de sa vie, je ne pourrais pas tenir la comparaison et je ne survivrais pas à un deuxième abandon.

Je ne pouvais pas me laisser aller totalement, il allait partir et j'allais encore souffrir. Et bien que rien n'était commencé à peine un baiser échangé, je sentais déjà que le mal était fait. Je savais que je m'étais déjà accrochée à lui. Je m'étais déjà accrochée à lui depuis longtemps en fait et sans même m'en rendre compte, car si tel n'avait pas été le cas je n'aurais pas souffert de son manque, de son absence ces derniers mois. Je voulais m'abandonner à lui, pour lui, avec lui comme je m'étais abandonnée dans ce baiser. Je voulais y croire malgré tout, malgré le fait que j'entendais dans ma tête une alarme qui venait de se mettre en marche, elle clignotait et sonnait vigoureusement m'avertissant que j'étais au bord du gouffre.

Avais-je encore assez d'espace de manœuvre pour reculer et faire demi tour ? Voulais-je seulement le faire ? J'étais perdue et partagée entre le désir de foncer dans une relation avec lui et prendre ce tout ce qu'il voudrait bien me donner tout en sachant que cela ne durerait pas. Et ma conviction que je faisais une grosse erreur, erreur que j'avais déjà commise avec son frère, une erreur qui m'avait valu plus d'un an de ma vie avant de pouvoir recommencer à sourire, plus d'un an pour arriver à ne plus pleurer quand je voyais un couple se tenant par la main ou tout simplement se sourire, sans parler du fait de pouvoir refaire confiance à quelqu'un. Alors oui j'étais perdue.

-Tu sais je pense qu'une conversation à deux serait plus salutaire, m'interrompit Jasper alors que je me laissais emporter par le flux de mes pensées.

-Excuse-moi, j'essayais juste de faire le point.

-J'ai bien compris rassure-toi et je sais que tu as besoins d'être seule avec ton esprit, je respect ça. Seulement je perdais le fils de tes émotions et je ne savais pas où tu en étais. Et les émotions qui émanent de toi me font peur je te l'avoue.

-J'ai peur également Jasper je ne sais pas du tout ce que je fais, je n'arrive même pas à être en accord avec moi-même. Et cela m'agace au plus haut point.

-Laisse-moi éclaircir certains points si cela peut t'aider. Tout d'abord et point principal, je ne retournerais pas avec Alice. Je ne mentirais pas, j'ai toujours des sentiments pour elle mais ils ne sont plus assez fort, en tout cas pas assez pour que je puisse reprendre là où nous nous sommes arrêtés.

J'eus un pincement au cœur quand il m'avoua toujours aimer sa femme, bien sûr que je le comprenais il était son âme sœur, et c'est normal. Quelque part j'aimais toujours Edward moi aussi bien que ce sentiment soit quasiment inexistant à ce jour, j'avais aimé les moments que l'on avait passé ensemble sinon pourquoi est-ce que j'avais mal quand j'y repensais. Je me sentis soudainement apaisée, je dirigeais mon regard vers Jasper, auteur de ce sentiment factice, qui avait dû certainement se méprendre dans l'interprétation de mes sentiments.

-Je suis désolé Bella, essaye de comprendre et surtout d'admettre que je tiens à toi plus que toute logique, je ne pensais même pas qu'un jour j'aurais pu t'aimer toi. Je me suis tellement éloigné de toi volontairement, j'ai moi-même construit un mur pour nous séparer, je n'ai jamais voulu te donner la moindre chance d'accéder à celui que j'étais. J'ai même voulu te tuer le jour de ta rentrée scolaire tout ça parce que tu avais réussi l'exploit d'attirer l'attention du plus inabordable de tous les vampires, mais surtout parce que tu me perturbais. Et puis il y a tout ce que nous avons traversé avec toi, comme James lorsqu'il te traquait, puis ton anniversaire. Cet accident, où nous sommes partis, où nous t'avons tous abandonnée. Ensuite je les aie quitté à mon tour, ne supportant plus tout ces ressentiments dont je nourrissais l'intensité à chacune de mes apparitions. Je me suis retrouvé ici et j'ai pu me recentrer sur moi, sur mes émotions, sur mes envies et ma vie. Je me suis rendu compte de plusieurs choses. La principale c'est que tu me manquais, et que ce sentiment ne venait pas d'Edward, d'Alice ou aucun des autres membres de la famille. Non c'était mon sentiment à moi, il n'y avait personne pour m'influencer. Donc je me suis penché dessus je voulais comprendre où j'avais pu développer ces sentiments pour toi. Où j'avais baissé ma garde.

-As-tu trouvé une réponse ?

-Je pense que cela c'est passé lorsque j'assurais ta protection, quand James te traquait, sans m'en rendre compte mes yeux glissaient vers la cicatrice unique vestige de cette rencontre. En fait je m'en suis rendu compte lorsque je t'ai accompagné aux toilettes de l'aéroport juste avant que tu ne me fausses compagnie. C'est d'ailleurs à cause de ça que tu as réussi, j'étais en train d'analyser mes propres sentiments, et je n'ai plus fait attention aux tiens et puis il y avait tellement de monde que je me suis un peu plus concentré sur moi pour ne pas me laisser acculer par ce maelström d'émotions externes. Je ne voulais pas que cela soit vrai j'étais avec Alice et je l'aimais, j'ai donc accusé un résidu des sentiments d'Edward et d'Alice à ce trouble. J'ai remisé cela au fin fond de ma tête pour ne plus y repenser. Je n'y suis pas arrivé tout de suite car quand je me suis rendu compte que tu avais réussi à t'enfuir, que je t'avais perdu j'ai été complètement paniqué c'était la première fois de ma vie où je ne savais plus quoi faire. Alice a eu une vision et nous sommes arrivés. Edward bien entendu le premier étant le plus rapide et surtout ayant puisé l'information directement dans la tête d'Alice, alors que l'avion venait à peine de se poser. Quand je t'ai vu allongée sur le sol dans l'état dans lequel tu te trouvais j'ai perdu toute réserve et je t'assure que James a souffert le martyr avant de mourir. Puis une fois en sécurité j'ai réussi à passer au delà de tout ça et j'ai tout mis sur les sentiments exacerbés de tout le monde présent, parce que je ne voulais pas admettre que je puisse nourrir d'autres sentiments qu'une simple amitié et encore même cela je ne le voulais pas.

La confession de Jasper me surprenait au plus haut point. Je ne pensais pas avoir eu un tel impact sur lui et surtout depuis si longtemps. Je repensais exactement à ce passage de ma vie, ce moment où j'aurais pu devenir l'une des leur. Ce jour où j'ai inconsciemment compris qu'Edward ne m'aimait pas assez pour faire de moi un vampire pour passer le reste de son éternité avec moi.

-On peut dire que ce jour aura été celui des révélations, ajoutai-je. C'est aussi ce jour que j'ai compris qu'Edward ne m'aimait pas assez pour faire de moi une immortelle, enfin inconsciemment je l'ai compris à cet instant.

-Tu sais ça me coûte de devoir te le dire parce que j'ai peur de me desservir, mais je dois rester honnête avec toi. Mais tu as tort Edward a des sentiments forts et sincères pour toi. Et s'il n'a pas voulu laisser le processus évoluer comme cela aurait dû être le cas c'est parce qu'il est intimement persuadé que nous somme maudits, des damnés et qu'il ne veut pas de cela pour toi.

Ce qui me surprit avant tout c'est qu'il y a quelques temps de cela j'aurais profiter d'un aveu comme celui là pour le rejoindre. Mais bizarrement l'aveu de Jasper ne me faisait ni chaud ni froid.

-Jasper si pour aujourd'hui nous laissions le passé au passé.

-Tu as raison ? J'ai cru comprendre que tu avais certains problèmes de frustrations, me susurra-t-il à l'oreille de sa voix chaude et si envoutante.

Jamais personne ne m'avait fait un tel effet juste avec le timbre de sa voix. Il faut dire que je ne l'avais jamais vraiment analysé, mais cette voix basse, si viril et sensuelle avec ce petit grain traînant dans son accent du sud était vraiment de ce qu'il y avait de plus sexy au monde, il aurait pratiquement pu me faire jouir juste en parlant.

-Tu t'enflammes Bella, rit il.

-Tu dois avoir raison je dois avoir accumulé pas mal de tension sexuelle pour être dans cet état juste avec quelques paroles. À moins que tu me manipules ? demandai-je le sourcil levé.

-Non tout viens de toi ce qui est d'autant plus flatteur.

Il me déposa des petits baisers le long de ma jugulaire, attisant mon désir et le feu ardent qui me consumait littéralement. Le fait qu'il parcourt ma jugulaire aurait pu me faire peur si je n'avais pas confiance en lui. Mais ce n'était pas le cas, ma confiance était aveugle, et surtout je n'étais déjà plus en état de contrôler mon cerveau et même mon instinct était pris dans le désir qu'il me fasse sienne, et je priais le ciel qu'il accède à ma supplique.

-Jasper ne me dis pas que tu vas t'arrêter là car je ne m'en remettrais pas, dis-je en me préparant à la frustration.

-Je suis dans le même état que toi Bella. Le seul moyen de m'arrêter là maintenant serait que tu me le demandes. Et je t'assure que même dans ce cas là il me faudrait bien plus de courage que je n'en dispose.

-Humm ! gémissais-je grisée par ses paroles. Ce qui tombe bien car je n'ai nulle envie de m'arrêter et certainement pas de t'arrêter toi.

-Attends Bella.

-Où vas-tu ? demandai-je paniquée.

-Ne t'en fais pas je pense juste à ton petit confort personnel, dit-il en sortant mon duvet et l'installant près du foyer éteint, avec un sourire en coin des plus ravageur. Tu ne croyais tout de même pas que je t'aurais laissé dans un tel état ? me dit-il avec sa voix et son regard si sexy. Ce qui eut pour effet d'attiser l'Etna qui avait élu domicile dans mon bas-ventre. Je me jetais sur lui, sur cette bouche démoniaque qui arrivait à me faire tant d'effet juste en parlant. Une vraie tigresse, gloussa-t-il dans mon cou alors qu'il reprenait possession de ma gorge. Je lui facilitais l'accès en jetant ma tête en arrière. Tu sens si bon, Bella.

Mon téléphone se mit à sonner je l'ignorais et priais pour qu'il s'arrête et nous laisse continuer en paix. Il remonta une de ses mains qui se trouvait sur ma hanche jusqu'à ma poitrine. Sa bouche refit le chemin inverse et revint à mes lèvres. Il me souleva et m'installa sur ses genoux, délaissa ma bouche et se recula, m'observant, me détaillant alors que ses mains vinrent relever le sweet que je portais. Cette fois-ci ce fut son téléphone qui se mit à sonner, il eut la même réaction que moi, il l'ignora, nous savions pertinemment qui était à l'origine de ces appels.

Débarrassée de mon haut il m'admira de ses yeux noirs de désir, accentuèrent le mien. Il était si beau comment pouvais-je avoir autant de chance ? Je me sentais fière d'être dans ses bras, fière d'être celle qu'il avait choisi pour me faire sienne. Amoureusement et avec beaucoup de passion il m'embrassa, puis ses mains vinrent à la rencontre de ma poitrine qui avait dû être faite pour elles. Ses mains s'adaptèrent naturellement sur mes galbes, les sensations que j'en récoltais étaient tout simplement merveilleuses. Je me sentais aimée, désirée comme jamais auparavant. Je n'avais plus aucune retenue, je défis sa chemise avec empressement, je ne voulais plus attendre, je voulais être à lui, je voulais qu'il soit à moi, je voulais qu'il soit en moi. Je ne voulais plus que ça, comme si toute ma vie ne tendait que vers ce seul but. Il le comprit et s'empressa aussi soudainement que moi. Nos vêtements volèrent rapidement dans les airs. J'étais prête, tout mon corps, tout mon être l'appelait, il devait me prendre maintenant, il devait me faire sienne, j'en avais mal physiquement tant l'attente était insupportable. Et lorsque enfin il m'accorda la grâce de se fondre en moi, je sus qu'il était fait pour moi, que j'étais faite pour lui, nos corps se reconnaissaient, et se comprenaient, s'emboîtaient en parfaite harmonie. Je n'avais jamais rien senti de si intense, de si magique, de si puissant, il m'a honorée et comblée de la meilleure et de la plus belle des façons qui soit, jamais personne ne m'avait aimé de la sorte. C'était comme si je n'avais jamais rien connu avant lui, comme si j'avais été vierge de tous les plaisirs de l'amour. J'avais l'impression d'avoir trouvé ma vraie place dans ce monde, et je me sentais entière avec Jasper en moi. Il était doux, fort et attentionné à la fois. Il faisait ce qu'il fallait quand il fallait pour que je me sente au mieux et que je ressente tout intensément, si je voulais qu'il aille plus vite et plus fort il s'exécutait, quand je voulais qu'il ralentisse pour ne pas partir trop vite il le faisait également et sans que j'ai besoin de parler. Mais l'apothéose fut quand j'atteignis l'orgasme l'emmenant avec moi. Une éruption volcanique aurait ressemblé à un évènement mineur, mes muscles étaient si tendus que je n'arrivais plus à en reprendre possession, mon cœur battait tellement fort que je cru faire une attaque cardiaque, et mon souffle tellement erratique que je l'ai affolé.

-Bella ça va ? je sentais de la panique dans sa voix.

-Très bien, haletai-je. Laisse-moi deux minutes s'il te plaît, réussis-je à articuler. En fait laisse-moi dix minutes, je ne suis qu'une humaine moi, haletai-je essayant de me remettre de l'orgasme le plus intense de toute ma vie.

Il rit en voyant que j'arrivais encore à faire de l'esprit. Il se retira délicatement de moi et s'allongea à mes côtés. Me caressant avec douceur et tendresse mon flanc alors que je me positionnais contre lui, car son retrait de mon antre créa un vide immense que seul son contact pouvait soulager. Je me fis vite rattraper par ma condition d'humaine. La fatigue me rattrapa et m'emmena avec elle, alors que j'étais toujours contre l'homme de ma vie. Car oui je venais de le comprendre Jasper m'avait marqué d'une empreinte invisible, il venait de se créer dans mon cœur et mon esprit une place d'où personne ne pourrait jamais l'y déloger. Il était le roi de mon univers. Et c'est en prenant conscience de ce fait et heureuse d'être dans ses bras que je m'endormis sereine.


(N/R : hum je sens que tu nous leur réserves quelque chose de pas top avec ces appels ignorés, je me trompe ou pas, dis ?)

N/A: Je leur réserve certains rebondissements ça c'est évident au bout de seulement douze chapitres se retrouver et vivre heureux c'est pas possible pour mon esprit tordu. Lol Par contre faudra attendre un tout petit peu pour savoir. Et tu le sauras avant les autres ;)

Alors les filles qu'en pensez-vous? J'ai survolé le lemon mais je voulais plus rester dans la symbolique de leur union, promis j'entrerais plus dans le détail pour le prochain.

Dites moi quelle scène vous avez préféré? Et que pensez-vous de Peter?

Allez je retourne à ma cuisine pffff!