Donc la suite que vous connaissez déjà...Mais c'est pour remettre dans le contexte ! :)
LEÇON 10 : Il n'y a pas qu'en cuisine qu'il est question d'alchimie – partie 2.
Nico fut réveillé par l'agitation et les chuchotements autour de lui. Il fronça les sourcils, grogna à leurs intentions pour les faire taire et essaya de se rendormir.
Sans y parvenir.
Sans ouvrir les yeux, il prit connaissance de son environnement proche. Son oreiller était tout chaud et doux. Très agréable si vous voulez un avis.
Par contre, il se soulevait de manière régulière.
Ne me dites pas que… ?!
Il voulut s'assurer de ce que son cerveau imaginait comme scénario. Il allait se redresser et ouvrir les yeux sauf qu'on lui jeta quelque chose dessus et qu'il fit tout noir. Une couette. Impossible de voir quoi que ce soit là-dessous.
Mais il était sûr de sa théorie.
Il avait dormi sur la poitrine dénudée de Will.
D'ailleurs comment avait-elle fini dénudée cela restait un mystère. Un millier de scénarios des plus terrifiants lui passait par la tête. Ils n'avaient quand même pas… ?
Tous ceux qui murmuraient autour d'eux devaient se poser la même question.
Il ne parvenait que des sons étouffés à Nico mais il entendit très bien la question suivante :
- Qu'est-ce qu'il se passe là-dessous ? demanda un garçon.
Faire le mort. Ne pas bouger. Nico était tout de même tenté de laisser glisser sa tête sur le matelas.
- Rien. Absolument rien.
Nico avait reconnu la voix. Il retint sa respiration. Qu'allait inventer Lou Ellen cette fois ?
- C'est…le chat.
Si Nico avait pu, il aurait provoqué son propre arrêt cardiaque. Mieux valait mourir que d'entendre la suite.
- Le chat ? répondit un garçon.
- Ouais ouais ! Il a…attrapé une souris et…enfin c'est pas beau à voir, quoi…
- Il n'y a pas de chat, ici, Lou.
- Si si ! Allez voir dans l'appentis ! Il y en a au moins trois ! Le quatrième est ici. Il attend le réveil de son maître. Pour lui offrir son cadeau.
- Son cadeau ? Mais qu'est-ce que tu me shampooines, là ?
- Tu savais pas ? Les chats apprivoisés offrent à leur maître une de leur proie. Dans ce cas-là, une souris. Le mien les dépose sur le pas de la porte mais apparemment celui de Will est très attaché à son maître. Il va lui offrir jusque dans son lit.
Nico allait sortir la tête de sous la couette, parce-que respirer la dessous devenait difficile, et aussi pour mettre fin à cette comédie grotesque mais son oreiller décida de remuer et de l'attraper fermement par la taille.
Nico sursauta et rougit violemment. Trop de proximité !
Que personne ne soulève cette couette ! Par pitié !
- Fait comme moi, glissa Will au creux de son oreille. Dors.
Nico sursauta une nouvelle fois. Il ne s'attendait pas à ce que le blond soit réveillé. Will esquissa un sourire sans ouvrir les yeux.
- Qui a faim ? lança Lou à la cantonade. Petit-déj pour tout le monde ! Allez ! Tout le monde descend !
Will et Nico entendirent la porte claquer. Le brun soupira en se redressant et rejeta immédiatement la couette pour respirer enfin. Will baissa son T-shirt – qui était juste remonté pendant la nuit, ce qui rassura un peu Nico – et grogna parce-qu'il avait soudain froid.
- T'es réveillé depuis combien de temps ? demanda Nico.
- Je dirais une bonne demi-heure, répondit Will, sans ouvrir les yeux.
- Et tu n'as pas eu le bon sens de me pousser ?! Maintenant tout le monde… !
Will ouvrit les yeux brutalement et fixa Nico.
- Je profitais d'un moment rare. Et puis on peut être reconnaissant à Lou.
- Pff ! La crédibilité du chat frôle le zéro absolu sur une échelle de 1 à 10.
- Mais elle a au moins su faire sortir tout le monde, fit Will, souriant, en se redressant sur ses mains.
Au même moment la porte s'ouvrit à la volée. Ils n'eurent pas le temps de réagir, que Lou Ellen leur lançait :
- Si vous pouvez encore avaler quelque chose, le petit déjeuner est servi !
Elle leur adressa un clin d'œil et claqua une nouvelle fois la porte.
Nico resta figé.
- Elle n'a pas dit ça ?
- Si, répondit Will.
- Elle n'a pas réellement insinué ça ?!
- Si.
- Elle a côtoyé Leo hier soir ?
- Une peu. Mais je crois qu'elle est comme ça de nature.
- Je vais la tuer.
Nico rejeta la couette encore plus loin. Il allait se lever, courser Lou, la…quand Will l'attrapa par la taille et l'obligea par la force à se recoucher, coupant court à toutes ses pensées d'homicides concernant Lou.
- Plus tard.
Le blond posa les mains de chaque côté de sa tête et, le surplombant, il planta son regard dans le sien.
- Qu'est-ce que… ? commença Nico, inquiet.
- Tu ne vas nulle part. Je te garde avec moi encore un petit moment, fit Will en déposant un baiser sur ses lèvres.
Puis il s'allongea à côté de lui.
Le blond glissa sa tête au creux du cou de Nico et passa un bras en travers de la poitrine de Nico. Celui-ci rougit.
- T'es au courant qu'on ne pourra pas faire semblent de dormir éternellement ? demanda Nico pour masquer sa gêne.
- Je sais. Mais fait comme moi : il n'y plus personne, ils sont occupés pour un petit moment, alors profite.
L'idée séduit Nico qui se rapprocha de Will. Son corps était chaud et sentir cette proximité était rassurante en un sens. Nico aurait presque pu croire à un rêve.
Will déposa un baiser dans son cou. Nico sursauta instinctivement.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Je profite.
