Disclaimer : Ces adorables bambins torturés ne m'appartiennent toujours pas. (et, encore une fois, grand bien leur fasse)
Rock, Love & Tragedy
Chapitre 14 : Aboutissement
"Room Service !" S'exclama joyeusement Sora en poussant la porte entrouverte de la chambre d'ami, où se trouvait Riku, avec son pied. Il pénétra à l'intérieur de la pièce et rejoignit l'autre garçon en quelques enjambées, avant de poser le plateau qu'il tenait dans ses mains sur la table de chevet.
L'argenté était assis, le dos calé contre le dos du lit et soutenu par quelques oreillers, les jambes repliées contre son torse, mais cependant séparées de celui-ci par une mince couverture, et fixait son ami avec amusement.
"Tu ne devrais pas, tes domestiques auraient très bien pu s'en occuper à ta place." Fit-il, narquois, tout en désignant le plateau d'un signe du menton. Il se redressa légèrement à l'aide de ses coudes. "Ah... Si j'avais un jour penser que tu étais aussi riche, je t'aurais mieux traité." Ajouta-t-il en roulant des yeux.
Sora rit doucement, puis tira une chaise dans le coin de la pièce, la ramena près du lit, et s'assit dessus. Il attrapa ensuite à nouveau le plateau – contenant un verre de jus d'orange, un bol de lait chaud au miel, et deux croissants beurrés –, et le posa sur ses genoux. Riku huma la bonne odeur que renvoyait la nourriture vers lui et, tandis que ses narines frémissaient de plaisir, sourit sincèrement. Le châtain attrapa un couteau et une fourchette, coincés dans une attache du plateau prévue à cet effet, et découpa les croissants en petit bouts, pour faciliter la tâche à Riku, et pour éviter qu'il ne mette des miettes partout... Ou, plutôt, parce qu'il avait une idée derrière la tête. Mais l'ardeur qu'il mettait à découper l'aliment en morceaux ne laissait rien présager de tout cela au plus grand. Finalement, quand il eut fini, il leva les yeux vers l'argenté, qui le regardait faire avec attention. Il se pencha délicatement, afin de ne pas tout renverser, et agita devant lui la fourchette à laquelle pendait un bout de croissant.
"Fais aahh !" Lâcha-t-il soudain devant l'air ahuri de son ami.
"Pardon ?"
Sora inclina la tête sur le côté, ouvrit en grand ses yeux d'un bleu encore plus bleu que l'océan, et lui offrit son plus beau sourire.
"S'il te plaît." Chantonna-t-il doucement, en articulant bien toutes les syllabes de ce petit mot.
Riku avala bruyamment sa salive. Avec un tel regard et une bouille aussi craquante, il ne se sentait pas le cœur à refuser quoi ce que fut à son ami, même si cela pouvait être gênant pour lui.
"Ah." Proféra-t-il mollement, avant d'ouvrir la bouche en grand. Le rouge lui monta soudain aux joues, et il dut se faire violence pour ne pas enfouir sa tête dans ses mains tellement c'était embarrassant.
Satisfait, Sora lui fourra immédiatement le croissant dans la bouche, et l'observa le réduire silencieusement en charpie entre ses dents. Il couva l'argenté d'un regard appréciateur.
Personne ne pouvait lui résister quand il faisait cette tête là, c'était un fait. Et Riku était bien évidemment comme tous les autres.
Disons carrément que personne ne pouvait lui résister tout court.
Riku ne pourrait donc rien lui refuser, et pour peu qu'il se donne vraiment la peine de lui faire comprendre ses sentiments, le chanteur serait bien obligé de les accepter. Mais le fait était que le châtain ne savait pas exactement quoi lui montrer, étant donné qu'il était lui-même assez incertain en ce qui concernait ses émotions. Amour, profonde affection, intérêt un peu trop vif, amitié ambiguë ? Un peu de tout. Cependant, leur relation actuelle était trop indécise, n'avait de limites, et manquait de choses essentielles. Et l'argenté ressentait la même chose, Sora le savait. Le fait qu'il l'eut tout à l'heure repoussé signifiait certainement qu'il commençait peu à peu à s'en rendre compte, même si cela restait encore du domaine suggestif, flou. Certes, Sora n'avait pas du tout l'intention de lui forcer la main pour l'instant... Mais ce vide finirait par être trop opressant. Nager dans les ténèbres de cette façon finirait par le lasser tôt ou tard... Et il sentait que c'était pour bientôt. Il voulait du nouveau. Plus que tout, il désirait que leur histoire avance.
Dès que l'argenté eut fini de mâcher, le bassiste s'empressa de lui mettre un nouveau morceau de nourriture dans la bouche, et continua ainsi de lui donner la becquée, en le laissant boire à sa guise le jus d'orange et le lait entre chaque bouchées.
Rompu, Riku pria son ami de descendre ses oreillers avant de s'allonger à plat (tant qu'à faire, autant en profiter au maximum, hein), et de fermer les paupières. Il était rempli. Il posa d'ailleurs une main sur son ventre et le frotta vigoureusement. Ce n'était pas si horrible que ça, finalement, de se faire nourrir comme un gamin. C'était même plutôt marrant. Et puis Sora semblait content, alors, même si sa fierté en tant qu'homme en avait - encore - prit un coup, il n'avait aucune raison d'avoir honte.
Sora...
L'argenté rouvrit légèrement les yeux et distingua sans tarder le châtain à ses côtés, toujours sur la chaise, les coudes appuyés sur le rebord du lit, le fixant en silence, songeur, ailleurs. Pris d'une soudaine impulsion, nerveuse sans doute, Riku obstrua immédiatement sa vue.
Quand il réfléchissait, ou bien même dès qu'il quittait cette attitude de gentil petit naïf, Sora semblait être quelqu'un d'autre. Il paraissait tellement plus mature, tellement plus mesquin... Et il fallait avouer que c'était quand même... Effrayant.
L'espace d'un instant, Riku douta donc atrocement, et ne put s'empêcher de se repasser en boucle tous les moments qu'ils avaient passés ensemble, l'épisode de l'ascenseur et ceux de la cuisine revenant souvent au premier plan. Il songea alors que peut-être, le châtain, à chaque instant, à chaque geste qu'il avait prodigué envers lui, avait eut une idée derrière la tête. C'était d'ailleurs fort probable... Mais tellement inadéquat, quand on connaissait le personnage (en surface, du moins).
Le chanteur soupira, ne sachant plus exactement quoi penser. Il avait beau y réfléchir, il n'arrivait décidément pas à saisir l'autre garçon. Il y avait quelque chose de crucial qui lui échappait, il en était certain, mais il était tout bonnement incapable de mettre la main dessus... Et puis, ce n'était pas vraiment le bon moment... Ou bien si. Il faudrait bien qu'ils clarifient les choses à un moment donné. Leur amitié s'était bâtie sur un terrain trop instable, qui finirait par s'écrouler si lui, Riku, ne remédiait pas vite à toutes les broutilles les empêchant de clarifier une bonne fois pour toute la situation. Mais, la question était, comment ? En parlant ? Et en disant quoi, au juste ? En lui déballant sa vie, en puis en exigeant que Sora fasse de même en retour ? ... Certainement pas. Les mots ne suffiraient pas.
De son côté, Sora réfléchissait aussi, mais pas aussi obscurément qu'il n'y paraissait. En fait, il se demandait seulement la manière dont était en train de se dérouler les choses entre son frère et Axel. Et connaissant le peu de patience que possédait Roxas, il était pratiquement certain qu'il allait pousser le roux aux aveux, quitte à en devenir limite hystérique. Roxas était ce genre de type. Gentil, un peu trop inquiet, parfois simplet, mais il n'était pas calme, bien au contraire. Il était impulsif, irréfléchi, jaloux, fier, impétueux, et peu enclin aux mystères et aux secrets. Aussi, il ne faisait aucun doute qu'il avait noté l'étrange relation qui liait les deux autres frères, et il ne faisait donc aucun doute qu'il chercherait à avoir des réponses. Roxas avait la particularité d'être naturel, et c'était cela qui pouvait attirer chez lui. Il était incapable de se mentir totalement à lui-même, par conséquent, il ne mentait pas non plus aux autres. Sa fougue était bénéfique, belle, apaisante. Et Sora appréciait cet aspect du caractère de son frère plus que tout.
Finalement, tiré de ses pensées, le châtain décréta qu'il ferait mieux de ramener le plateau en bas, avant que Selphie ou qui que ce soit d'autre ne monte pour prendre de ses nouvelles. Il se leva et se saisit du plateau, tandis que Riku, ayant senti du mouvement à côté de lui, se décida enfin à ouvrir pleinement les yeux. Il se rendit compte, en voyant Sora commencer à s'éloigner, que ce dernier aurait dû faire une chose qu'il n'avait pas encore fait. Maintenant qu'il y réfléchissait, même en prenant en compte les deux facettes probables de la personnalité de son ami, il allait dans le sens qu'il aurait dû le faire. N'importe qui l'aurait fait.
"Hé." Le héla-t-il.
Le bassiste pivota dans sa direction, lui lança un regard interrogatif.
"Tu ne m'as pas demandé pourquoi je m'étais retrouvé à errer dans les rues, dans un état pitoyable, hier soir." Ajouta-t-il, une pointe d'étonnement dans la voix. En fait, cette phrase n'était pas vraiment une affirmation, mais plutôt une question.
Et Sora l'avait très bien compris.
"Je sais juste que tu t'es disputé avec ton frère, et comme il n'a pas l'air d'être une personne des plus délicates, j'en ai vaguement déduit la suite. Mais je ne voulais pas t'embêter avec ça." Répondit le châtain en haussant les épaules. "Maintenant, je ne suis pas contre de plus amples précisions, mais ne te force pas, je ne t'en voudrais pas." Lui assura-t-il, compréhensif.
Riku se mordit la lèvre. Il n'avait pas envie de lui expliquer. Car il en viendrait inévitablement à parler de Séphiroth. Ce qu'il lui avait fait... C'était tellement humiliant. Sora ne le verrait certainement plus de la même façon, après avoir prit connaissance des faits. Cependant, il avait envie de se confier à cet illustre inconnu, à cet ami, à ce meilleur ami. De lui avouer toutes ces peines et ses péchés, et de se réchauffer le cœur à la l'aide de ses sourires éclatants. Mais en même temps, le seul fait de penser à cette solution le répugnait.
Voyant le désarroi de l'autre garçon, le châtain soupira.
"Te force pas, j'ai dit. J'attendrai encore un peu le véritable Riku. Toute ma vie s'il le faut."
Sur ce, il lui adressa un sourire maladroit, qui, avouons-le, ressemblait plus à une grimace qu'à autre chose.
L'argenté resta hébété un moment. A ne plus en douter, Sora avait vraiment une personnalité des plus complexes. Et sa notion de l'amitié était un peu étrange. Mais il avait réussi à décider Riku à tout lui avouer, ou du moins en partie. Maintenant. Car s'il attendait trop, il finirait par perdre ses résolutions, et ne lui dirait plus rien du tout. Il avait besoin de lui parler vite, et à tout prix. Et tant pis si le regard qu'avait le bassiste sur lui changeait du jour au lendemain. Il ne pourrait s'en prendre qu'à lui même. De plus, il avait promis.
"Pas la peine." Fit Riku.
Le châtain fronça les sourcils, ne sachant pas trop si ce "pas la peine" signifiait qu'il ne devait pas attendre car le guitariste ne dirait rien, ou, au contraire, car ce dernier s'était décidé à passer aux aveux.
"Tu n'auras pas à attendre aussi longtemps." Continua l'argenté d'une voix brusque, comme s'il était en train de se rendre compte qu'il aurait mieux fait de se la fermer et de laisser Sora partir. En fait, c'était le cas. Mais maintenant qu'il s'était enfin décidé, tout laisser tomber ne ferait qu'irriter un peu plus le bassiste, même s'il ne le montrerait certainement pas.
"Je vais te le dire. Maintenant." Dit-il à nouveau, en continuant de se persuader lui-même avec ses propres paroles.
Sora l'observa avec hésitation, tout en ne pouvant s'empêcher de danser sur un pied.
"Qu'est-ce que t'attends ? Dépêche-toi, avant que je change d'avis."
La curiosité naturelle et propre à l'être humain que le châtain possédait se réveilla sans plus tarder en lui. Il se baissa et laissa le plateau à même le sol avant de s'empresser de rejoindre l'autre garçon. Il sauta sur le bout du lit, prenant bien soin d'éviter les membres de Riku, et, planté sur ses genoux, frappa sur ceux-ci, en position "ragots" et prêt à entendre n'importe quoi. Cette fois, il retroussa le coin de ses lèvres en un vrai sourire.
"Je t'écoute." Fut tout ce qu'il trouva à dire pour encourager son ami.
Riku hocha la tête et se tordit nerveusement les doigts sous les draps. Par où commencer ? Et surtout, qu'est-ce que Sora avait réellement envie d'entendre ? Raconter son... viol (il déglutit rien que d'y penser) serait sans doute un peu trop mélodramatique. Alors, seulement résumer, avec un air détaché... Et dire aussi que son propre frère avait également décidé d'abuser de lui, et qu'il était évidemment trop faible pour lui résister. Qu'il n'était qu'un gosse impuissant seulement bon à se faire sauter et puis jeter. Oui, un putain de douloureux air détaché ferait sans doute l'affaire.
Prit par une soudain inspiration, il retraça donc à Sora les grandes lignes de l'histoire, en contournant son viol au profit du problème Axel-le-harceleur-sexuel. Il voulait en parler. Au début. Mais c'était trop dérangeant à dire à haute voix. Cependant, Riku n'avait pas menti. Oui, si l'on ne considère par le mensonge par omission comme un véritable mensonge, alors il avait été sincère.
Mais les fils manquant à l'histoire apparurent clairement au châtain. Ce dernier attendit que le silence s'installe entre eux après quelques minutes de flottement avant d'oser poser les questions qui lui brûlaient atrocement les lèvres.
"Pourquoi Axel a-t-il soudain décidé d'être si protecteur envers toi ? Et pourquoi êtes-vous partis de chez cet homme qui vous hébergeait ?"
Riku détourna le regard.
Il avait oublié. Le bassiste n'était pas aussi naïf qu'il n'y paraissait.
"Et puis, cet homme, c'était ce Séphiroth, n'est-ce pas ?" Continua Sora de plus belle, pourtant persuadé que son ami ne répondrait pas. Mais cette fois-ci, le chanteur en avait dit trop ou pas assez. Et le châtain était plutôt agacé. Il manquait une pièce au puzzle. Une pièce cruciale, qui avait rendu Riku tel qu'il était aujourd'hui. Cette pièce... Séphiroth...
Qu'avait-il fait ?
Qu'avait-il fait qui puisse tout d'un coup décider Axel à désirer le corps de son propre frère ?
Il ne voyait vraiment pas. Quelque chose de logique, bon sang... Mais quoi, hein ? Il les avait trahis ? Abandonnés à nouveau ? Il s'était servi d'eux ? Il avait voulu s'en servir pour gagner de l'argent ? Il les avait dupés ? Abusés ? Qu'est-ce que cela pouvait-il bien être, à la fin ?
Non. Cette chose concernait uniquement Riku. Et la conséquence était le changement de comportement de son frère.
Donc, logiquement...
Il se souvint brumeusement des gémissements nocturnes de son ami.
Ce Séphiroth avait tenté de le tuer ? Ou bien... De le... Violer ?
Les prunelles océans de Sora s'écarquillèrent soudain d'horreur, et l'argenté sut à cet instant précis qu'il avait compris.
Sora avait tout imaginé. Mais pas ça. Ce genre de choses n'arrivent pas dans la "réalité". Seulement dans les films un peu trop tragiques, ou alors, à la rigueur, aux informations. Et, en général, ce sont des filles qui subissent cet outrage. Pas des garçons. Pas quelqu'un comme Riku. Et l'apprendre comme ça, aussi simplement... C'était ridicule, impossible.
C'était plus fort que lui, le bassiste avait besoin d'extérioriser cette révélation plus qu'inattendue. Maintenant.
"Il t'a violé ?" Osa donc Sora, presque sur le ton de la plaisanterie. Il s'attendit à ce que que l'argenté nie, ou bien alors éclate de rire devant la stupidité dont il venait de faire preuve en avançant cela.
Mais Riku se contenta de serrer les dents. Entendre ces mots dans la bouche de l'autre garçon lui donnait des frissons. Sans parler de la manière dont ils étaient sortis de sa bouche. Comme si tout cela n'était qu'une grosse farce. Il aurait bien voulu, lui, que c'en soit une.
Incrédule, Sora finit par capituler. Mais quelque chose de plutôt surprenant se produisit.
Deux fossettes se creusèrent au niveau de ses joues, il plaqua ses deux mains sur le bas de son visage... Et pouffa en silence.
Drôle. C'était vraiment drôle. Et totalement illogique ! La façon dont avait réagit Axel, en plus... Absurde !
Et cruel.
Ironiquement atroce.
Et ce rire incontrôlé, il ne parvenait pas à y mettre fin. Bientôt même, les larmes se mêlèrent à son irrépressible crise d'euphorie, amères gouttes salées sublimant sa réaction déplacée.
Là, Riku ne sut vraiment plus quoi faire. Sora se... Moquait de lui ?
Oui, sans l'ombre d'un doute. La question ne se posait même pas.
Et c'était pénible, incroyablement rude. Pas invivable, non, il savait, cette douleur, il ne la connaissait que trop bien. Celle d'être absurdement trahi.
Une fois encore, il s'était fait avoir. En beauté. Il s'y attendait un peu, mais...
Il n'aurait pas dû lui raconter. Il aurait dû fermer sa gueule, comme toujours. Il aurait dû... Il n'aurait même pas dû pouvoir espérer un jour que le châtain le comprenne et lui accorde son amitié. Il avait tout gâché, stupidement, pour se soulager, il avait cru que... Que, en quelque sorte, il y avait une lumière au bout du tunnel. Et voilà que son ami se foutait ouvertement de lui. Mais, à la rigueur, il ne lui en voulait pas, même s'il était néanmoins un peu agacé de sa réaction. En fait, c'était lui, le seul fautif. Il avait tout gâché. Il gâchait toujours tout. Et s'il n'avait pas eu conscience du fait que même s'il continuait dans la voie de l'auto-reproche rien ne changerait, il aurait continué à se blâmer lui-même jusqu'à en avoir des maux de crâne insupportables. Comme il l'avait tant fait, en condamnant une fois sur deux Axel, lorsqu'il était petit. Bien sûr, il savait que c'était vain. Mais ça l'aidait, à l'époque.
A présent, Sora pleurait de rire, hystériquement. Il hoquetait parfois, tentait de se calmer, mais il n'y avait rien à y faire. Il ne pouvait même plus réfléchir convenablement. Et il avait mal aux côtes, à la gorge, et ses yeux lui piquaient. Ces infimes détails ne l'empêchaient pourtant pas de continuer. Si bien qu'au bout d'un moment, ses membres se mirent à trembler. D'abord doucement, puis avec plus de force, plus de rapidité. Névrosé, il tremblait de toute son âme (comme c'est poétique), secoué par de violents soubresauts.
Puis les rires cessèrent, sans pour autant que ses larmes ne s'arrêtent. Elles redoublèrent d'ailleurs d'intensité, rendant momentanément le garçon aveugle. Aveugle de sa propre stupidité.
La raison lui revient peu à peu, et sa bêtise lui fut balancée en pleine figure.
Fou, il était fou. Aberrant. Sot. Pire qu'Axel, pire que ce Séphiroth. Il était le pire de tous.
Il frotta nerveusement ses yeux et aperçut Riku qui l'observait, interdit. Il tendit le bout de ses doigts humides vers la joue de son ami et la caressa simplement.
Gelée.
Pas tiède. Juste froide. Glacée. Comme dans la cuisine, l'autre fois.
Riku. Une poupée frissonnante, brisée, fracassée, trahie. Une poupée qui ne se plaint pas, qui subit, en silence, à l'ombre de son ressentiment.
Une poupée qui aurait pourtant dû lui mettre un poing dans la figure au lieu de simplement le regarder avec résignation.
Sora s'approcha un peu plus, se fraya un chemin entre les couvertures et les jambes de Riku, de façon à être le plus proche de lui possible. Il touchait toujours la joue de l'argenté, avec douceur, tendresse. Finalement, il attrapa à deux mains son visage et plongea ses prunelles traîtresses dans celles du chanteur, qui, lui, était totalement perdu. Mais Sora s'était à présent calmé, il avait les idées claires, et il avait tout compris.
"Pardon." Murmura-t-il, et il répéta ses excuses une bonne dizaine de fois, presque suppliant.
C'était ça.
Cette chose qui l'avait tellement attiré chez Riku, outre le piment qu'il avait ajouté dans sa vie monotone avec son groupe de musique. Il avait enfin mis le doigt dessus.
Riku le rendait fou. Mais pas seulement lui. Axel aussi... Il l'avait embrassé, sans doute à l'instant même où il avait réalisé qu'il venait de se faire violer. Et maintenant, lui-même qui était pris d'une crise de folie sortie de nulle part ! Ces sentiments qui hurlent à l'intérieur, frôlant la déraison... Les actes qui brûlent d'être accomplis, mais qui, bien trop irresponsables, restent ancrés au plus profond des méandres de l'esprit torturé des êtres vivants... Riku était sans doute capable de les éveiller chez n'importe qui, sans même s'en rendre compte. Et cette magie, lorsqu'il empoignait un micro, lorsque sa voix fluide s'accordait à n'importe quelle mélodie. Un chanteur de rock comme ça, toutes les filles en serait sûrement folles. Et encore plus si elles venait à découvrir son passé... Les filles sont comme ça. Elles se délectent de la souffrance d'autrui, et elles versent toutes les larmes de leurs corps sur les malheurs de quelqu'un qui ne sait même pas qu'elles existent. Elles aiment passionnément à travers un mirage. Elles rêvent. Et la chute fait mal, mais elles se relèvent toujours. Alors peut-être qu'au bout du compte, ce sont elles, les plus fortes... Ou du moins les plus douées pour échapper à la réalité. Et Sora aussi, il était comme ça. C'est le côté mystérieux de Riku qui l'avait tout de suite séduit. Son aura instable.
Et maintenant qu'il savait, il ne l'aimait que d'autant plus. A travers son passé, à travers ses tourments concrets, à côté desquels ses réflexions de bourgeois blasé faisaient pâle figure. Sa souffrance, si belle et tragique.
Sora était décidément aussi tordu et perfide qu'une fille.
Il était détestable. Et encore plus car l'argenté ne lui inspirait même pas de compassion.
Ce n'est donc pas pour son étrange réaction qu'il s'était excusé à son ami, mais c'était d'avoir des pensées aussi abominables et incongrues. Aussi humaines et sales.
Foutu soleil, qui inspire l'admiration, et qui attise l'engouement le plus total.
Et foutu Riku, qui n'était pas conscient de ses rayons dévastateurs, et n'était d'ailleurs même pas en train de trouver le comportement du châtain étrange. Effectivement, le voir éclater de rire ne l'avait pas perturbé plus que ça, un peu comme s'il s'attendait à quelque chose de ce genre.
Personne ne devrait avoir aussi peu de réaction que ça.
Sora saisit les épaules de l'autre garçon, enfonça légèrement ses ongles dans sa chair, et ne le quitta pas des yeux.
"Le vrai Riku est merveilleux." Dit-il dans un souffle, tandis que les yeux de son ami reflétaient l'incrédulité la plus totale, face à l'incroyable changement de comportement du plus petit. Ce dernier continua. "Et il a besoin de moi."
Une énième larme silencieuse roula le long d'une de ses joues.
Riku avait besoin de lui, pour ne plus souffrir à nouveau. S'il était à ses côtés, alors il n'aurait plus rien à craindre. Il le protégerait de tout, des mots, des gestes. Il serait toujours là.
Riku avait vraiment besoin de lui, comme jamais personne encore, et il le savait, il en était sûr. Il en avait envie.
"Donc je serai toujours là pour lui."
L'argenté cligna plusieurs fois des paupières. Sora était - aparemment, mais rien n'était moins sûr - revenu ce garçon obsédé par son véritable lui, ce garçon qui lui avait dit l'aimer et lui avait pris la main, dans la cuisine, l'autre fois. Ce garçon auquel il avait cédé, auquel il cédait à nouveau, parce que trop décontenancé pour y réfléchir. Mais cette fois, il avait conscience du fait que son ami était loin d'être quelqu'un de simplet. Ses mots avaient donc une réelle signification. Il ne devait plus hésiter. Il devait faire ce qu'il aurait dû faire à l'instant même où ils s'étaient rencontrés. Ce masque derrière lequel se dissimulait Sora... Il le percerait. Un jour.
Ce fut au tour de Riku d'attraper les épaules du châtain. Puis il passa une main dans ses cheveux, et puis deux, et les ébouriffa affectueusement, avant d'effleurer du bout des doigts son visage, de retracer ses traits fins et harmonieux.
Et il l'embrassa. Leurs langues se mêlèrent, lentement, pour la première fois. Elle se complétaient parfaitement, comme si elles étaient faites l'une pour l'autre.
Sora voulait croire à tout cela. Il voulait croire que c'était comme dans les livres. Que c'était l'amour, finalement. Que c'était beau, dévastateur... Et que ça se terminerait mal. Mais qu'ils s'aimeraient même dans les flammes de l'enfer.
Sora n'était pas un garçon bête et naïf. Il était juste frustré. N'importe qui ayant pu entrer dans son esprit aurait témoigné qu'il était complètement dérangé. Mais il vivait enfin maintenant qu'il avait rencontré Riku. Et il les vivait pleinement, cette vie, ce rêve, ce cauchemar.
Il avait enfin ouvert les yeux.
C'est ce qu'il pensait actuellement, alors que l'argenté, lui, ne pensait pas, trop occupé à goûter intensément à la chaleur de deux lèvres désirées et attendues, qu'il ne prit même pas la peine de comparer à celle de son frère.
C'est donc à partir de ce moment là que leur relation prit un tournant décisif. Ils avaient mis les choses au point. Certes, Riku ne s'était pas confié totalement, et Sora ne s'était pas réellement révélé sous son vrai jour, mais ils s'étaient compris. Ils allaient pouvoir tout recommencer.
Même s'il n'y avait aucune lumière au bout du tunnel, ils essayeraient, ils panseraient leurs blessures, et ils avanceraient.
Si leurs ailes devaient se briser, ils tomberaient ensemble.
Ou pas.
Axel, de son côté, se vit également obligé de tout dévoiler à Roxas. Il mit un quart d'heure à tout raconter, sans que le blond ne l'interrompe une seule fois. Ce dernier avait lâché le col de son tee-shirt et avait cessé de le menacer au moment même où le guitariste avait décidé de tout avouer. Et puis il avait écouté, s'était abreuvé des paroles du plus grand, s'était délecté de la douce saveur de la vérité, aussi cruelle fut-elle. Axel n'avait pratiquement rien omis, poussé par la subite envie de se confier qu'avait réveillé le batteur en lui. Sa pauvreté, la manière dont il se devait de prendre soin de son petit frère, l'atrocité des rues, pour deux gamins comme eux, Séphiroth, le bonheur, la lumière, tellement bénite et inattendue qu'elle avait suffit à l'aveugler, les doutes de Riku, auquel il était resté sourd, et puis le jour fatidique. La plus grande erreur de sa vie. Et la manière dont l'horreur s'était emparée de ses sens, et l'avait poussé à vouloir protéger Riku au point même de le blesser encore plus. Ce petit geste idiot, ce moment où il avait pété les plombs, où il avait laissé son impulsivité prendre le dessus.
Quand le roux eut terminé son récit, le blond ne réagit pas tout de suite. Il se contenta d'analyser dans sa tête la quantité impressionnante d'informations qu'il venait d'emmagasiner, comme un robot. Ecouter, classer, se forger une opinion juste. Comme il s'efforçait de le faire quand il se savait prêt à réagir trop violemment.
Axel était un idiot. Un abruti finit qui avait gâché sa vie et celle de son frère. Pas en faisant confiance à ce violeur, non, ni même en le laissant entre ses mains sans se douter de rien. En continuant à le souiller comme il l'avait fait, voilà comment il les avait détruit tous les deux. Mais il fallait supposer que le roux s'en était rendu compte trop tard, et que la force de l'habitude ayant déjà tissé ses fils impitoyables, il n'avait pu s'arrêter. Cependant, cette réaction n'inspirait aucun dégoût à Roxas. Seulement une colère incontrôlable, et une étrange compassion sortie de nulle part. Comme si, d'une certaine manière, il était apte à comprendre ce geste désespéré. Il n'empêche que malgré toutes les suppositions tordues qu'il avait pu se faire à propos des deux musiciens, jamais cette théorie ne lui était venue une seule fois à l'esprit.
"Idiot." Murmura-t-il enfin, et ce simple mot reflétait en effet toute l'étendue de ses pensées.
Il saisit le guitariste par les épaules et s'appuya sur celles-ci afin de se mettre à genoux, avant de s'asseoir à califourchon sur les cuisses de l'autre garçon. Roxas s'empara de son visage, laissa ses doigts vagabonder le long de sa mâchoire, retraça les deux petites larmes violettes peintes sous ses prunelles émeraudes qui le fixaient, partagées entre l'étonnement et l'appréhension. Et puis il approcha son visage du sien, et s'appropria ses lèvres. Il mordilla d'abord légèrement la chair rose, jusqu'à y laisser de petites marques de dents, avant de lécher cette peau offerte à son bon vouloir, et de finalement glisser sa langue à l'intérieur de sa bouche en un baiser suave, savoureux, passionné, ardent ; mais aussi empli de reproches. Axel se laissa aller à cette étrange tendresse. Sa propre langue s'empressa de rejoindre sa jumelle, et tandis qu'elles commençaient ensemble un jeu endiablé, il eut tout le loisir de passer ses bras dans le dos de Roxas et, ainsi, de le plaquer contre son torse.
Ils se séparèrent quelques instants plus tard, pas encore essoufflés, non, mais parce que le roux venait d'être frappé par l'absurdité de la situation. Le blond lui lança un regard inquiet, tout en essuyant sa bouche humide d'un revers de la main. Ce fut au tour d'Axel de le prendre par les épaules, l'éloignant de quelques bons centimètres.
"Pourquoi tu restes là ?" Demanda-t-il durement, s'arrachant néanmoins une petite grimace intérieure devant son ton particulièrement inapproprié.
Effectivement, c'était insensé. Roxas ne pouvait pas réagir de cette manière. Il ne pouvait pas l'embrasser comme cela, après tout ce qu'il venait de lui raconter, à moins d'être fou, ou alors incroyablement stupide.
"Tu devrais... Je sais pas moi, être dégoûté. Par ce que j'ai fait. Je devrais t'inspirer horreur et mépris, ou un truc comme ça." Ajouta-t-il maladroitement en voyant que le batteur ne le suivait pas vraiment, voir pas du tout.
"Non." Répondit immédiatement celui-ci. "Ce que tu as fait était complètement inconsidéré, mais tu n'étais qu'un gamin. Et même si je suis incapable de comprendre vraiment, je peux l'accepter. Je m'en fiche. Nous faisons parti du même groupe, non ? Alors je ne peux pas laisser ton passé détériorer notre relation, même si je t'en veux d'être aussi bête. Si nous devons travailler ensemble, il faut conserver notre bonne entente. Et puis ton côté incestueux mis à part, il est plutôt bon de t'avoir pour ami."
Axel écarquilla les yeux. Et bien, s'il s'attendait à ce genre de réaction, il n'aurait même pas pris la peine de s'inquiéter. Apparemment, rien ne pouvait briser la volonté en fer du blond.
Le tournant léger qu'il apportait à la conversation était plus qu'inattendu, lui aussi. Homosexualité, inceste, il était vraiment prêt à tout accepter. Un "ami" un peu trop compréhensif, en somme.
Trop étrange, néanmoins.
"Mais..." Commença à nouveau Roxas, et le roux fut soulagé de voir qu'il y avait effectivement un mais. "Tu ne me dégoûtes pas, mais l'acte en lui même de toucher son propre frère de cette manière me répugne. Si tu ne veux pas que je mette fin à notre amitié, alors arrête-toi. Ne pose plus la main sur lui, ne le regarde plus de cette manière indécente."
Le guitariste retrouva son habituel sourire railleur. En fait, il n'était pas sûr que Roxas lui pose cet ultimatum uniquement parce que l'inceste le dérangeait. C'est plus comme s'il voulait que personne d'autre à part lui-même ne touche à Axel. Ce garçon avait décidément une curieuse étrange conception de l'amitié (presque autant que Sora), et cela ne fit qu'amuser le roux plus encore.
"Je ne peux pas te le promettre." Répliqua-t-il enfin, d'une façon un peu trop détachée, qui déplut tout de suite à Roxas.
Ce dernier eut alors la subite envie de le gifler, juste pour le forcer à faire disparaître cette fierté mal placée, cette obstination à la limite de la déraison. A quoi bon lui avoir raconté tout cela, si c'était pour ne rien changer à la situation ? Ne se rendait-il pas compte qu'il avait fini par traumatiser Riku, avec ses bêtises ? Allait-il encore continuer à lui faire subir ce supplice encore longtemps, la scène de la veille ne lui avait-elle donc pas servie de leçon ? Pourquoi continuait-il à s'enfoncer toujours plus profondément dans ses erreurs... ?
Finalement Roxas leva la main, menaçant, mais ses doigts se rétractèrent au dernier moment, et ce ne fut non pas du plat de la main qu'il frappa la joue d'Axel, mais bel et bien avec son poing. Il ne s'était pas retenu pour ce coup, et malgré le fait qu'il n'était pas doté d'une force herculéenne, il ne l'avait pas frappé en douceur.
Une trace rouge apparut sur la joue du roux au moment même où Roxas retirait son poing, signe d'un futur hématome qui ne passerait sûrement pas inaperçu. Le blond attrapa ensuite le menton d'Axel, ramenant vers lui sa tête partie sur le côté sous la force de l'impact, et le força à lui faire face, à regarder sans ciller les deux iris azurs le fixant intensément, à s'y perdre, à s'y noyer.
"Jure-le." Fit-il dans un souffle, non pas suppliant, mais plutôt menaçant, et incroyablement persuasif.
Le roux ne dit rien, trop sidéré pour.
Il ne pensait pas à Riku pour l'instant. Plus maintenant.
Il n'y avait que Roxas. Roxas devant lui, Roxas qu'il n'avait jamais imaginé être aussi fougueux. Intéressant. Oui, il était tout simplement intéressant. Il n'était pas ce garçon banal que le guitariste s'était tant imaginé. Et, en fait, dans la douteuse relation qui s'était établie entre eux, celui qui était totalement soumis à l'autre, ce n'était pas lui. C'était Axel. Depuis le début, il n'avait jamais réussi à faire ce qu'il voulait de Roxas, à moins que celui-ci n'en ait inconsciemment envie. S'en rendre compte seulement maintenant était particulièrement inquiétant. Et pourtant, Axel n'y avait vu que du feu. Il n'était même pas dit non plus que le blond se soit aperçu qu'il le tenait complètement à sa merci.
Alors Axel pouvait jurer, oui. Il se sentait prêt à acquiescer à la moindre des demandes de Roxas, en cet instant présent. Mais dès qu'il aurait échappé à son contrôle, rien ne prédisait qu'il ne recommencerait pas à vouloir protéger son frère d'une manière un peu trop excessive. Il y avait pris goût, et il était impossible pour lui d'y mettre un terme aussi rapidement. Cependant, pour la première fois de sa vie, il avait envie d'essayer. Il souhaitait ardemment arrêter de pourrir Riku de l'intérieur, et simplement veiller sur lui, comme un frère normal devrait le faire. Et surtout, s'abandonner totalement à Roxas. S'engager dans un combat déchaîné contre lui, un passionnant jeu du chat et de la souris, où il serait tout simplement cette vulgaire souris, où le choix ne lui appartiendrait plus, où ses erreurs ne seraient plus fatales. Oui, aussi anormal que cela puisse paraître, il avait vraiment envie d'essayer.
"Je le jure."
Ces trois petits mots échappés de la bouche d'Axel (car oui, dans son esprit, il en était toujours à tenter de se persuader que c'était la meilleure chose à faire) arrachèrent un sourire radieux au blond.
Il avait gagné.
Et il savait que son ami tiendrait parole. Parce que désormais, il serait toujours derrière lui pour lui remettre les idées en place.
Et Naminé ?
A vrai dire, il ne savait pas. Il n'y pensait même pas, en fait. Axel était sa priorité immédiate pour le moment. Et, la seule partie de lui qui, peut-être, songeait actuellement à la femme qu'il aimait, et bien cette infime partie priait sans doute pour que cette dernière ne se réveille jamais.
Riku mit seulement une journée (celle de son réveil) avant de se remettre complètement de ses nausées. Après leur baiser, Sora et lui n'avaient plus reparlé de l'incident, qui englobait également Séphiroth et le fou rire du châtain, donc qui était plutôt dur à affronter en face. Pourtant, ils y pensaient, tout le temps. Et plus ils y pensaient, plus ils auraient voulu pouvoir réécrire entièrement cette scène d'une manière... Disons plus normale.
Roxas ne revint pas dormir à la maison et resta chez Axel, qui était pour l'instant interdit de droit de visite à son frère, qui lui même n'avait aucune envie de le voir. Mais le concert de l'Organisation XIII approchait à grands pas, et ils seraient bien obligés de se faire face. De toute façon, s'ils ne mettaient pas eux non plus les choses au point, cela ne pourrait que créer des problèmes au groupe. Aussi, les garçons décidèrent de s'entraîner deux à deux, chacun de leur côté, en attendant le jour J. Pour les chansons qu'ils interprèteraient, ils laissèrent à Xigbar le choix de décider parmi les titres que Xemnas avait au préalable listés comme adéquats à cette fameuse soirée. Ce mini-festival de l'une des boîtes de production les plus importantes d'Illusiopolis (sinon la plus importante) tournait autour de cet adorable thème qu'est l'amour (évidemment). Sky in Blue serait donc au menu, pour le plus grand bonheur du chanteur et du bassiste, qui en étaient plutôt fiers. Ils bossèrent d'ailleurs comme des fous dessus, et en ressortirent totalement au point. Des quatre garçons, ce fut eux qui mirent le plus de cœur à se préparer (parce que ça leur évitait de devoir parler d'autre chose que de musique, en fait), contrairement à Axel et Roxas qui lambinèrent un peu et passèrent le plus clair de leur temps à se disputer, à se réconcilier, à se frapper – gentiment –, et à s'embrasser. Ils n'allèrent donc qu'une seule fois à leur studio, pour répéter seulement moins de deux heures, pendant lesquelles Axel s'était reçu une baguette de batterie dans la tête uniquement parce qu'il avait eu l'audace de prononcer le nom de Riku d'une manière trop sensuelle au goût du blond. Puis ils s'étaient battus et finalement le roux avait réussi à calmer la bête en furie qu'était Roxas à l'aide de caresses et de baisers. En gros, ils n'avançaient pas. Mais, étonnamment, le jour du concert, ils furent quand même prêts.
"Riku !!" Cria Sora depuis le hall de sa maison tout en enfilant une paire de bottes en cuir noir.
Ce dernier, dans la chambre d'ami, finit d'enfiler une chemise et de remonter la braguette de son jean délavé (qui appartenait, et appartient d'ailleurs toujours, à Roxas) avant de dévaler les escaliers. Il rejoint son ami et mit également des chaussures avant d'enfiler un manteau. Il décrocha au passage celui du châtain et le lui tendit.
Une fois chaudement habillés, ils sortirent et se faufilèrent immédiatement dans la voiture de Cloud, le chauffeur, qui les attendait. Ils étaient à présent en Janvier (Nda : ils ont pas fêté Noël mais faites pas gaffe, encore une incohérence stupide de ma part, vous êtes habitués x)), et ce mois était particulièrement froid, surtout cette année. Pendant que le paysage défilait sous ses yeux, Riku ne manqua pas de remarquer que celui-ci lui était étrangement familier. Bien sûr, occupé qu'il était à fredonner les paroles d'une de ses compositions, il ne se souvint pas qu'il l'avait observé pendant un an durant au travers de la fenêtre d'une certaine maison se trouvant dans le quartier.
N/A : Là vous êtes tous en suspens, j'suis sûre. Séphiroth habite-t-il toujours dans le coin ? Axel et Riku vont-ils se réconcilier ? Paix'Q va-t-elle enfin arrêter de vous emmerder avec tous ces sentiments dégoulinants pour enfin passer au choses sérieuses, à savoir le progrès de leur carrière de musiciens ? A la dernière question, la réponse est oui, en tout cas. Je me suis encore étendue ce chapitre-ci, mais c'était pour mettre les choses au point une bonne fois pour toute (sisi, je vous jure), et pour concrétiser leurs relations brumeuses. Dans les chapitres à venir, je passerai les story of love au second plan pour insérer de nouveaux personnages, faire quelque concerts (j'vais me documenter, pour une fois, au lieu d'écrire n'importe quoi) et avancer dans le temps.
Je voulais poster pour Noël, et j'ai vu qu'il y avait de bonnes âmes qui avaient fait un effort pour cette occasion avec leurs fics... Malheureusement, je n'en fais pas partie. x) Mais je voulais vraiment. C'est juste que j'ai pas eu le temps (et ouais, à mon âge, j'ai déjà un emploi du temps de ministre... d'ailleurs, en parlant d'âge, ce Samedi c'est mon anniversaire - 10 janvier -, donc oubliez pas de me le souhaiter -crève-). Et puis vous savez ce que c'est, les fêtes, faut aller voir la famille, et en plus faut endurer les repas de famille (où tu prends cinq kilos rien qu'à imaginer ce que tu vas manger), et voilà, c'est la magie de Noël quoi.
Ah et comme on me la fait remarquer, dans le dernier chapitre, Sora s'est lavé les dents et direct après il est allé bouffer...
Bah, ça vous est jamais arrivé ? (non ? jamais ? -sors-)
Encore une connerie signé Paix'Q, haha.
Bref, j'espère, comme toujours, que vous ne vous lasserez pas de cette fic qui décidément fait du surplace. :) (mais j'y peux rien)
