14 Remus Lupin se décide.
Harry fit quelques pas avant d'être de nouveau interrompu dans son avancée. Décidemment on ne voulait pas lui foutre la paix ce soir, qu'est-ce qu'ils avaient tous contre lui ? C'est pas comme s'il était le seul dans ce château quand même !
-Ton parrain ne s'arrange pas, pouffa Draco qui sortit de derrière une armure où il s'était caché pour éviter l'animagus qui parlait beaucoup trop à son goût.
-Tu nous espionnais ? demanda Harry en plissant ses yeux.
-Hein ! Comment tu peux croire ça de moi ! C'était bon pour avant, quand on été encore élèves dans cette école, répondit le blond sans s'offusquer de l'accusation vu que Harry avait un sourire gouailleur mais quand même agacé.
-Tu reviens d'où là ? Je croyais qu'on partageait l'appart dans la tour des griffons !
-Harry, si tu pouvais éviter de me rappeler cette humiliation, clama le Serpentard un peu grandiloquent en portant une main à son cœur.
-Je te rappelle qu'ainsi tu es plus près de ton cher loup, espèce de vaurien !
-Mon cher loup que je n'ai pas beaucoup vu en un mois, je te signale.
-Est-ce que c'est de ma faute si tu manques d'initiatives ?
-J'ai pas dit ça, mais bon. Je sens que ma patience est à bout, il va bien falloir qu'il sorte de sa tanière quand même !
-Et moi j'ai l'impression de devenir l'unique représentant du courrier du cœur de Poudlard, râla le survivant.
-Oh ! Tu allais rendre une petite visite à Severus ?
-Si on ne m'arrêtait pas tous les deux couloirs je serai déjà en train de le titiller, oui.
-Je sens que Severus va adorer ça, ricana le blond, mais à mon avis n'en profite pas trop, il a la baguette facile, ajouta Draco sans se rendre compte de son jeu de mot un peu graveleux et tellement facile.
-Très drôle, Draco. Occupe-toi de celle de Remus, elle doit frétiller, espèce de pervers, pouffa le Gryffondor.
-Je ne parlais pas de cette baguette-là, rigola le Serpentard.
-Ben voyons ! Mais tu aimerais bien, hein ?
-Tiens au fait ! J'ai reçu un parchemin de mon père, susurra Draco avec perfidie pour se venger.
Harry sourit, si Draco pensait le surprendre et bien c'était raté.
-Comment va-t-il, ce cher Lucius ?
-Très bien, en fait il me demandait comment toi tu allais.
-Ce brave homme ! Toujours à s'inquiéter pour autrui…..
Le blond le regarda avec incrédulité avant de cligner des yeux.
-Mon père qui s'inquiète pour quelqu'un ! Tu rigoles là ?
-Non, je suis on ne peut plus sérieux, maintenant j'aimerai poursuivre mon chemin, Draco. Et si tu retournes dans la tour profites-en pour passer un petit coucou à Remus.
-Ouais c'est ça ! Fous-toi de moi en plus.
Quand le survivant toqua à la porte de Snape il était déjà très tard. Harry regarda autour de lui avec suspicion pour voir si un autre cœur en perdition n'allait pas lui demander des conseils.
-Potter ! Qu'est-ce que vous faites là ? Il est minuit passé, est-ce une heure pour rendre visite aux gens ! Eructa Snape aimable comme d'habitude en ouvrant sa porte.
-Je sais lire l'heure, Snape, je vous remercie, et inutile de m'envoyer des postillons sur le visage.
-Ca ne répond pas à ma question, répliqua l'homme qui garda sa porte entrouverte juste ce qu'il fallait pour que le morveux ne s'incruste pas chez lui, chose qu'il aimait faire habituellement depuis une semaine.
-Je n'ai pas le droit de venir demander des nouvelles de ma filleule ?
L'homme souffla d'exaspération.
-Lilas-Belle est chez la nounou, ce que vous devez savoir, Potter, et ce depuis des semaines déjà. Alors je repose ma question, pourquoi venir m'ennuyer ?
-Je peux entrer quand même ! Eluda Harry en levant les yeux au plafond.
-Je n'en vois pas l'utilité, ou alors vous n'avez pas de rendez-vous ce soir et vous vous êtes dit dans votre petite tête de Gryffondor que vous alliez m'emmerder, ce qui ne m'étonnerait guère de vous, Potter.
Snape ne voulait pas de Harry à cause d'un Lucius Malfoy qui venait d'arriver chez lui par la cheminée et qui avait, soi-disant, des choses importantes à lui communiquer.
-Mais nous pourrions discuter de choses et d'autres, non ?
-Aucun intérêt pour moi.
-Ouais, je vois que vous êtes toujours aussi aimable et hermétiquement clos.
-N'avez-vous pas du travail au lieu de venir m'agacer ? Je suis sûr que vos copies sont encore sur votre bureau et qu'aucune n'a été corrigée. Vous êtes affligeant, monsieur je me fous de tout, finit Snape en claquant la langue de désapprobation.
-D'accord vous avez gagné je m'en vais, quand vous serez de meilleure humeur vous me ferez signe. Et surtout avant de vous coucher ce soir n'oubliez pas d'avaler votre potion d'Humeur Joyeuse, ça changera de celle que vous avalez chaque matin, Aigreur et Terreur, tout un programme.
-Foutez-moi le camp, morveux insolent, je vous ai assez vu pour la journée, vociféra le maître des potions en claquant la porte au nez de Harry.
-Vieux ronchon, hurla le survivant en repartant dans sa tour.
Le jeune homme ne put s'empêcher de rigoler, lui aussi était bon à ce jeu qui consistait à s'envoyer des vannes. Dès lundi il allait agacer et chatouiller la patience de Snape à la table des professeurs, rien que pour l'ennuyer et le voir perdre de sa superbe. Le prof allait en perdre son latin, pouffa le Gryffondor en longeant le couloir plongé dans les ténèbres.
-Est-il parti ? demanda l'aristocrate aux yeux gris en posant sa canne sur une commode supportant déjà des tas de livres aussi gros les uns que les autres. Je ne savais pas qu'il faisait le siège de tes appartements, s'amusa Malfoy.
-Ca devient de plus en plus dur de m'en débarrasser si tu veux savoir, Lucius.
Le blond ne répondit pas de suite à Severus, il voyait bien que les visites intempestives de Harry le perturbaient au plus haut point. Il savait ce que Severus pensait vraiment de Harry, il savait aussi que ses mots dépassaient souvent sa pensée et que Harry ne lui était pas aussi indifférent que ça. Le problème, car problème il y avait, résidait dans le fait que le survivant n'était pas sérieux et que pour lui ce n'était qu'un amusement de plus, ce qui n'était pas le cas de Severus ni le sien d'ailleurs.
-Si tu me disais plutôt pourquoi tu es venu ? Pas que ta présence me gêne, loin de là, mais d'habitude tu te fais annoncer plusieurs jours à l'avance, est-ce important ?
-Pour moi oui, ça l'est, Severus.
Le maître des potions invita son ami à s'asseoir tandis qu'il leur versait à tous deux un verre de Bourbon.
Lucius ne prit pas place dans le fauteuil désigné, il ne quittait pas des yeux Severus qui lui aussi resta debout. Malfoy se demanda s'il avait pris la bonne décision de venir lui parler aujourd'hui, il avait mis un mois pour réfléchir à ce qu'il allait lui dire, et cela n'avait pas été facile, loin de là. Enfin il décida de s'exprimer et tout ce à quoi il avait pensé de négatif disparu.
-Depuis combien de temps nous connaissons-nous, Severus ?
-Je ne sais pas avec exactitude, je dirais vingt-sept ans, fit le maître des potions intrigué devant cette question pour le moins inattendue.
-Vingt-sept ans, tu as raison. Notre amitié a résisté à beaucoup d'événements, n'est-ce pas ? Tellement de choses auraient pu nous séparer, Le Lord, la guerre, notre incroyable ténacité à nous mettre dans des situations dangereuses, et j'en passe.
-Ca tu peux le dire, Lucius ! Tu as toujours été mon seul véritable et unique ami. Je n'ai jamais regretté une seule journée ensemble, surtout quand nous étions encore élèves à Poudlard.
Le Serpentard brun plissa les yeux en voyant Lucius le jauger, où l'homme voulait-il aller avec sa phrase intrigante et son regard hypnotisant ?
-Justement, Severus, j'aimerais que cette amitié entre nous cesse ce soir pour…
-Hein ! Mais que t'arrive-t-il ? Pourquoi une telle décision ? S'enquit le maître des potions en se raidissant sous le coup de la surprise. N'arrivant pas à cacher son inquiétude au sujet du rejet de sa personne. Qu'avait-il fait pour mériter ça ? Rien, il en était certain.
L'aristocrate se rapprocha de Snape en deux pas et l'enlaça pour le plus grand désarroi de Severus qui ne sut quoi dire ni quoi faire.
-Laisse-moi finir ma phrase, s'il te plait, tu parleras après, chuchota-t-il contre sa joue tiède et légèrement râpeuse.
Le maître des potions n'essaya pas de s'échapper de l'étreinte de Lucius. Mieux, après un instant de réflexion il l'enlaça lui aussi, comme s'il voulait le retenir contre lui. Il était chamboulé plus qu'il ne voulait se l'avouer par les mots de l'aristocrate et il attendait la suite avec fébrilité.
-Je veux que cesse notre amitié pour que se développe l'amour que j'ai pour toi, admit le Serpentard aux yeux gris. Je suis sérieux, Severus. Tu sais que je ne m'amuserais pas avec tes sentiments et les miens.
L'homme aux robes noires planta son regard dans les yeux de son vis-à vis, pas vraiment étonné de sa confession mais néanmoins interdit devant l'aveu si émouvant de Lucius qui avait mis sa fierté de côté pour le surprendre.
-Je ne sais quoi dire, Lucius, je pensais avec raison que tu…avais des vues sur quelqu'un d'autre.
Lucius n'eut pas besoin de lever ou de baisser la tête pour embrasser l'homme dont il était amoureux depuis des années, ils étaient tous les deux de la même grandeur. Sur le moment Severus n'y crut pas, puis il fut bien obligé d'admettre que son meilleur ami ne plaisantait pas puisqu'il était en train de mettre sa langue dans sa bouche. Le professeur fut électrisé et son corps frémit en entier sous la caresse buccale, un vrai délice de perceptions.
Snape finit de se poser des questions quand Lucius l'emporta dans un baiser à couper le souffle, le blond gémissait à ses oreilles et c'était délirant. Il aima ça et il se demanda comment il n'avait jamais osé le premier pas, incroyable ce qu'il avait pu être aveugle ! Et finalement c'était tellement flagrant, eux deux ensembles.
Les deux sorciers reprirent leur souffle l'un contre l'autre, enlacés. Inquiet Lucius admira son ange sombre en ouvrant les yeux, celui-ci souriait, c'était bon signe, non ?
Le brun attrapa le blond par la nuque et lui fit voir à quel point il avait apprécié. La nuit, leur nuit, se finit dans un lit, dans l'intimité d'une alcôve. Les deux hommes firent l'amour deux fois, apprenant à se connaître plus intimement par des caresses et des mots chuchotés à voix basse.
Chacun put profiter du corps de l'autre, il n'y avait ni dominant ni dominé. Severus se demanda comment il n'avait pas vu l'amour de Lucius plus tôt tandis que l'aristocrate soufflait sur son épaule avant d'y déposer un baiser sensuel. Il était tellement obnubilé par Potter qu'il n'avait pas aperçu l'essentiel alors qu'il soignait le blond depuis des semaines. Son amour pour Lucius était là, présent, il n'avait pas su le voir mais maintenant c'était si évident.
Voilà pourquoi pendant la bataille il essayait de ne pas le quitter des yeux pour le protéger en cas de coup dur. Voilà pourquoi quand il l'avait vu avec Potter il avait piqué une crise de jalousie, mais bon là il avait deux raisons. Voilà pourquoi ils étaient si bien ensembles depuis des années.
Merlin, il était amoureux de deux hommes !
Une langue mutine se promena sur son cou et son corps trembla violemment, sa virilité pulsa de nouveau contre la cuisse de Lucius qui eut un sourire de débauché. Les deux sorciers se remirent à s'embrasser en gémissant sourdement, leurs lèvres soudées et leur corps pressé l'un contre l'autre. Ils se reprirent l'un après l'autre, prenant plaisir à s'enfoncer dans la chaleur de l'autre, s'agrippant aux hanches pour mieux profiter des va-et-vient longs et profonds qui allaient les libérer dans un cri d'extase.
Les Serpentards soufflèrent puis s'allongèrent sans se séparer quand ils furent repus. Ils parlèrent un long moment, se caressèrent aussi, puis s'embrassèrent, et enfin s'endormirent dans la chaleur des draps et des couvertures.
Un étage plus haut, alors qu'il était déjà très tard, Remus Lupin monta les marches pour rejoindre lui aussi la tour des Griffons. Il était allé faire un tour dans le parc, il avait besoin de réfléchir et pour ça rien de mieux que de s'aérer l'esprit en marchant. Il venait de prendre une résolution et il espérait qu'il n'aurait jamais à le regretter. En effet ! Pourquoi se priver d'être heureux ? Pourquoi ne pas se laisser une chance de vivre pleinement avec l'homme dont il était amoureux ?
Combien de fois avait-il fantasmé sur Draco ? Il ne savait plus ou alors il ne le savait que trop. Toutes les nuits le blondinet visitait ses rêves les plus érotiques qui soient. Allait-il oser se déclarer ? Comment et quand ?
Beaucoup plus tôt Sirius était revenu à la charge en le tannant pour qu'il l'accompagne à Londres, des emplettes urgentes, lui avait-il dit. Pourquoi il n'en profiterait pas pour s'acheter une ou deux tenues plus seyantes pour appâter Draco ? Lui avait il soufflé. Elles pourraient faire la différence.
-Non, lui avait-il répondu, il préférait rester ainsi, naturel. Pas qu'il n'avait pas envie de faire un effort pour Draco, seulement ça semblait si futile. Cependant ce n'était pas dit qu'il ne le ferait pas plus tard, un jour prochain certainement.
Remus entra dans ses quartiers. Demain, samedi, il n'y avait pas cours, mais à quoi servirait-il de traîner cette nuit dans le château pour oublier ? Il préférait aller se coucher et penser à un beau blond qu'il pouvait toucher à sa guise dans ses songes sans craindre de se faire rabrouer.
Quinze jours plus tard, un lundi, Remus prit une bonne douche avant de commencer la longue journée qui se profilait devant lui. Il enfila son plus beau pantalon et sa chemise blanche pas encore tout à fait défraîchie, il mit par-dessus sa dernière robe de sorcier potable en la laissant ouverte évidemment. Puis il sortit de ses quartiers pour se rendre dans la grande salle où le brunch devait déjà être servi.
-Rem ! L'interpelle Sirius, tu t'es fait beau aujourd'hui. Décidé à passer à l'attaque ? Le taquina l'animagus avec un petit air coquin.
-Mêle-toi de ce qui te regarde, Siri, bougonna d'une voix néanmoins douce le lycan.
-T'inquiète, je ne t'ennuierai pas aujourd'hui, ni avec Scott, ni avec des quolibets ridicules, je sais que c'est important pour toi.
-Serais-tu devenu plus raisonnable ? Parce que là je dois avouer que tu m'épates.
-Disons qu'entre maraudeurs on doit se tenir les coudes, le renseigna Sirius Black en marchant à côté de son ami. Et tu vois je ne suis pas un ingrat puisque je te souhaite bonne chance avec Draco.
Remus regarda Sirius de travers, il laissa passer quelques élèves avant de répliquer.
-Tu ne feras pas de blagues douteuses, tu promets ?
-Je promets, Rem. Aucune blague foireuse.
Quand les deux hommes entrèrent dans la salle ils virent que tous les professeurs étaient attablés. Sirius alla s'assoir près de Harry qui lui-même était à côté de Snape. Remus fut ravi de voir que la seule place vacante était celle près de Draco alors que d'ordinaire la place était prise par l'animagus. Le loup jeta un regard à Harry et à Sirius et leur fit un clin d'œil polisson.
Draco surpris se tourna vers le maraudeur quand il fut assis, ses yeux gris tombèrent sur deux iris ambrés qui le firent frissonner. Le Serpentard n'en revenait pas que Remus soit si près de lui, lui qui le fuyait tout le temps.
-Bonjour, Draco, murmura l'homme. Bien dormi ?
-Euh…oui, et toi ?
-Très bien je te remercie.
Snape renifla, enfin le loup se décidait, c'était pas trop tôt, pour un peu Draco aurait eu des cheveux blancs avant qu'il ne se déclare.
Harry ricana en toisant le maître des potions d'un air ironique.
-Tout le monde n'est pas coincé, Snape.
-Sûr que vous vous ne l'êtes pas, vos aventures d'une nuit ne se comptent plus, Potter. Je croyais que vous vous seriez calmé de ce côté-là, comme quoi j'avais tort. Comptez-vous vous faire tous les mâles de Pré-au-Lard et des environs ?
-Eh quand bien même, vous êtes jaloux ?
-Certainement pas, je ne serais pas une de vos victimes, cracha Snape avant de se lever et de regagner ses cachots.
Rester une minute de plus près du sauveur du monde sorcier allait le rendre cinglé, ce con était tellement attirant et tellement imbu de sa personne qu'il en devenait infect parfois.
Le petit déjeuner passa trop vite au goût d'un jeune Serpentard qui aurait voulu que le moment dure une éternité. Remus se leva, et pour montrer son intérêt envers Draco il lui retira galamment la chaise quand celui-ci se leva à son tour.
-Je…ne sut que dire le blond qui n'y comprenait plus rien. Merci, Remus, dit-il quand même pour faire voir qu'il n'était pas pris au dépourvu. Un Malfoy n'est jamais à court de mots, se fustigea-t-il, jamais.
-De rien, Dray, j'espère que nous aurons l'occasion de déjeuner côte à côte ce midi, murmura le lycan avec un sourire que Draco n'était pas près d'oublier tellement il était, déloyal, dans le sens ou le Serpentard en perdit toutes pensées cohérentes.
-J'en serais ravi, opina le blond en se défendant de bafouiller sous peine de se Doloriser lui-même s'il le faisait.
Scott et Harry eurent chacun une pensée pour Dray. Leur ami devait jubiler intérieurement mais son cerveau devait avoir perdu une connexion vu la tête qu'il faisait en ce moment, rigolèrent-ils silencieusement.
Remus avait pris la bonne décision, au moins maintenant il savait ce qu'il voulait, pas comme ces idiots de Sirius et de Snape, quoique avec Snape ce n'était pas la même chose puisqu'il n'était pas amoureux de lui, spécula le survivant. Mais bon avec Siri il avait quelques doutes là, surtout en voyant la façon dont il regardait Scott, assurément lui aussi allait agir, ses conseils avaient peut-être portés leurs fruits après tout.
Sirius était allé se rhabiller à Londres, et l'effet avait été dévastateur sur Scott puisqu'il était venu le voir dans son appartement pour le supplier de l'aider à garder ses neurones intacts devant le maraudeur perfide qui avait décidé de le rendre fou. Cela avait été difficile mais Scott y était arrivé quand Harry l'avait persuadé que Sirius n'en serait que plus empressé et plus amoureux s'il l'ignorait encore un peu.
Harry faillit bouder en voyant que lui avait jeté son dévolu sur le plus récalcitrant des hommes, il ne parlait pas de Lucius, celui-ci, d'après ses regards, ne sera pas difficile à convaincre pour l'amener dans son lit. Seigneur ! Que ne donnerait-il pas pour avoir les deux hommes entre ses draps pour une partie de sexe torride, frémit le jeune homme qui ne pensa pas un seul instant que les deux hommes en question puissent avoir des sentiments pour lui, et que c'est pour ça qu'ils ne lui avaient pas encore sautés dessus.
Harry aimait ça, baiser, d'ailleurs il ne s'en cachait pas. Deux corps en fusion qui se donnent du plaisir, des doigts agiles qui prodiguent mille caresses qui rendent fous. La jouissance ensuite qui le porte loin dans l'inconnu qu'il a l'impression qu'il ne pourrait jamais revenir. Oublier tout le reste pendant un moment, ne plus penser à rien si ce n'était au plaisir qui lui brûlait les reins.
Harry n'avait jamais été amoureux et ne le sera probablement jamais, c'était ridicule comme idée, il préférait rester libre de toute contrainte, mais ça ne l'empêchait pas de profiter du corps sublime de ses amants de passage. Snape ! Eh bien Snape était une tentation, un désir qu'il voulait assouvir et ce même s'il ne ressentait rien de particulier à son encontre hormis l'envie de le sentir contre lui et en lui.
Snape était un putain de défi, tout comme Lucius Malfoy. Pas très gentil tout ça, même un peu dégueulasse de vouloir profiter d'eux, mais les deux hommes ne l'aimaient pas alors où était le mal de jouir de leur corps et de se faire du bien ? Pensa le survivant qui ne pensait pas qu'il pouvait avoir tort.
Lucius, bien loin de là et des considérations du survivant, réfléchissait au moyen de se rapprocher de Severus, une journée loin de lui et il devenait déraisonnable. Sa priorité était d'abord le maître des potions qu'il aimait par-dessus tout. Pour Harry il préférait rester prudent, le jeune homme n'était pas lui-même, il ne ressemblait plus au Gryffondor qu'il avait connu avant et pendant la bataille.
Harry souffrait d'un manque d'affection et d'un mal-être évident. Le gamin courait derrière tous les pantalons et ce depuis des mois. Il avait une réputation sulfureuse de tombeur et de briseur de cœur et d'après lui cela ne faisait que commencer. Il se doutait qu'il y avait un problème majeur, mais de quel genre et de quel ampleur ? Avec Harry Potter il était impossible de savoir.
Pourquoi Harry agissait ainsi ? Pourquoi se perdre dans d'autres corps comme un affamé ? Qu'espérait-il oublier, ou quoi ?
La guerre avait laissé de graves séquelles sur le survivant, il n'était pas bête au point d'ignorer ça. Un jour elles le rattraperont et ce jour-là ça fera mal, très mal. Il ne savait pas comment arrêter ça, il faudrait qu'il en parle à Severus et dès ce soir, car pour lui il ne faisait aucun doute qu'un ennui se profilait à l'horizon même s'il ne savait comment il allait se développer.
Relu et corrigé par TiteNana.
