Auteur : AlyNiki

Traductrice : Moi

Spoilers : -

Rating : M

Genre(s) : Angst/Romance

Disclaimers : Tout l'univers des Cullen appartient à Stephenie Meyer. L'histoire que vous allez lire appartient à AlyNiki. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Bêta : omoi yume...Merci Apolline!

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.

Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!


- Chapitre 14: Hades et Perséphone -

Si j'avais trouvé le trajet d'aller long, le trajet du retour sembla sans fin. J'étais bien trop inquiète pour même envisager de m'endormir pour passer le temps. Depuis qu'Esme m'avait dit que je devais être là avant que les problèmes ne viennent à moi, je ne pouvais pas arrêter d'imagnier les pires scénariosdans ma tête. Bien sûr, n'était-ce pas pour ça qu'Edward était venu en Alaska? N'était-il pas venu me protéger d'un danger autre que les nouveaux-nés? Combien de risques ma vie pouvait-elle courir en vingt-quatre heures avant que quelqu'un ne finisse par réaliser que je n'en valais pas la peine?

Esme me lança fréquemment des regards en coin. Je ne pense pas qu'elle réalisait que j'en étais consciente. Ou peut-être que c'était sa tentative subtile de me faire parler au lieu de m'inquiéter de quelque chose que je ne pouvais pas contrôler. Quelle que soit son intention, je l'ignorai. Je n'étais pas d'humeur à papoter et l'entendre me dire de ne pas m'inquiéter ne servirait à rien non plus. Donc je restai silencieuse et continuai à regarder le paysage défiler, en espérant pour une fois qu'un vampire oublierait que je n'aimais pas la vitesse et conduirait aussi vite que possible.

On arriva chez les Cullen au petit matin. Sur tout le trajet de l'allée menant à la maison, je sautillai sur mon siège avec excitation et nervosité. Je ne savais pas à quoi m'attendre mais j'espérai juste que je serais capable de voir rapidement Emmett et Jacob.

Emmett régla cette inquiétude pour moi en m'arrachant à la voiture avant même qu'Esme n'ait finie de la garer. Il me souleva agilement de mon siège et me fit tourner deux fois dans les airs. J'enfouis mon visage dans son torse dur dans une vaine tentative de ne pas être malade. Il rigola de bon coeur et me reposa par terre, me serrant dans ses bras de toutes ses forces. Trop fort.

"Emmett!" réussis-je à couiner. "Peux...pas...respirer!"

Il rigola à nouveau et relâcha très légèrement son étreinte d'une fraction. Une de ses mains souleva mon menton pour que je le regarde directement. Bien que ma tête tournait encore, je ne l'avais jamais vu plus clairement. Son sourire était radieux et me réchauffa de l'intérieur. Ses yeux pétillaient de malice. Ses fossettes étaient profondes et diaboliquement séduisantes sur son visage déjà parfait.

"Tu m'as manqué," me dit-il. Ses yeux étaient brillants d'émotions. "Je me suis inquiété pour toi tout le temps où tu étais loin de moi. Je n'ai pas arrêté de penser à toi. Bien sûr, j'ai eu ces nouveau-nés pour me divertir," me taquina-t-il avec un clin d'oeil.

J'éclatai de rire à ça. Seul Emmett pouvait être amusé par une armée de nouveaux-nés envoyés pour me tuer. Et pourtant, ça avait été le cas. Puis je réalisai qu'il avait été inquiet. Avait-il entendu parler de la vision d'Alice? Etait-ce pour ça qu'il avait été inquiet? Je devais lui en parler, ma consicence l'exigeait.

"Ne t'inquiète pas, Irina ne m'a pas touché," lui dis-je honteusement. Edward par contre...Je m'en inquiéterai plus tard.

"Irina quoi? Qu'est-ce qui ne va pas avec Irina?" demanda-t-il. Son front se plissa adorablement et ses sourcils se froncèrent sous l'effet de la confusion.

Eh bien, ce n'était pas vraiment comme ça que j'avais imaginé cette conversation. Bien que ça m'expliquait pourquoi Edward était venu me protéger au lieu d'Emmett. Ça voulait dire qu'Alice et Edward ne lui avait jamais dit ce qu'elle avait vu. Je ne pouvais qu'espérer que leur raison était que personne ne perde leur concentration en étant distrait par leur inquiétude pour moi. Edward m'avait toujours dit qu'il était facilement distrait.

Je pris une profonde inspiration pour me préparer à lui répondre. "Elle est venue me chercher, Emmett. Elle voulait me tuer pour venger la mort de Laurent."

Ses yeux d'un ambre chaleureux devinrent instantanément noirs. Toute trace d'amusement disparut de son visage. A cet instant, il semblait vraiment aussi létal qu'il l'était. Seule ma confiance en lui me garda ancrée à lui au lieu de laisser ma peur prendre le contrôle de mon corps.

"Comment t'es-tu échappé?" me demanda-t-il, ses yeux scannant rapidement mon corps. Pour s'assurer que j'étais toujours entière, je suppose. Il plongea ensuite son regard dans le mien, exigeant une réponse.

Je réussis à souffler un seul mot, "Edward."

Emmett grogna. Il me relâcha rapidement et commença à faire les cents pas devant moi. Son comportement erratique ne fit que confirmer mes soupçons; m'être retrouvée seule avec Edward avait été une erreur. Bien sûr, il imaginait le pire. Bien sûr, il imaginait que c'était plus qu'un simple sauvetage. Si je ne lui avais pas été complètement dévouée, il aurait peut-être eu raison. A une époque, il n'y a pas si longtemps que ça, j'aurais été folle de joie qu'Edward me revienne, quelle que soit la raison. Plus maintenant. Et grâce à Emmett, plus jamais.

"Emmett," l'appelai-je d'une voix faible.

Il leva la main pour me faire taire, sans jamais regarder dans ma direction ni arrêter de faire les cent pas. Je grimaçai en réalisant que j'étais complètement ignorée par l'homme que j'aimais. Ces vampires finiraient vraiment par avoir ma mort. Seulement, pas comme je le voulais.

Je sentis un bras froid s'enrouler autour de mes épaules et tournai la tête pour voir Alice me sourire tristement. Jasper était à côté d'elle, avec la même expression sur le visage. Elle m'attira doucement vers la maison et pour une fois je ne résistai pas. Je jetai un dernier coup d'oeil à Emmett par-dessus mon épaule alors qu'on s'éloignait. Il ne regarda pas une seule fois dans ma direction, me convainquant dans ma décision de le quitter avant qu'il ne puisse me quitter.

Une fois à l'intérieur, je m'effondrai dans les bras d'Alice. J'essayai, j'essayai vraiment de retenir mes sanglots. Je ne voulais pas que qui que ce soit me voit aussi faible, surtout pas Emmett. Je ne lui montrerais pas à quel point sa réaction m'affectait. Je ne voulais pas qu'il choisisse de rester avec moi par culpabilité. Je m'étais déjà permis de croire qu'il voulait de moi. Je ne laisserais pas ma faiblesse le forcer à avoir une relation pathétique avec une faible humaine.

"Laisse-lui un peu de temps," me murmura Jasper.

Alice hocha la tête avec approbation. "Il a juste besoin d'un peu de temps pour réfléchir, Bella. Emmett est incroyablement irrationel et jaloux en matière de femmes."

"Je le sais mieux que quiconque," ajouta Jasper, avec un petit sourire en coin.

On éclata tous d'un petit rire gêné. Bien sûr, Emmett avait été irrationnel et jaloux auparavant; il avait Rosalie, la déesse de la beauté personifiée. Et maintenant, enfin, avant, il m'avait moi. Il n'y avait rien en moi qui pouvait le rendre jaloux ou irrationnel.

Jasper soupira. "Tu devrais vraiment arrêter de douter de toi-même, Bella. Il t'aime, ça j'en suis certain. Il est juste furieux et irrité pour le moment, et je suis prêt à parier que c'est après Edward qu'il en a."

Ça me fit renifler. Bien sûr, il devait probablement en vouloir un peu à Edward. Mais c'était à cause de moi qu'il était furieux. Je l'avais trahi. J'avais laissé Edward m'embrasser avant mon départ pour l'Alaska. J'avais fais confiance à Edward et l'avais suivi lorsqu'il était venu me chercher en Alaska. J'avais trahi la confiance qu'Emmett avait en moi. Il avait toutes les raisons d'être furieux après moi. Et son irritation? Ben, je suppose que n'importe qui serait irrité s'ils devaient trouver le meilleur moyen de dire à leur petite-amie infidèle que tout était fini entre eux devant toute leur famille, surtout après combattu une armée de nouveaux-nés vampires enragés pour protéger cette fameuse petite-amie.

Jasper grogna et secoua la tête. Il me regarda ensuite, les yeux brillant férocement de détermination. "Aimerais-tu ressentir ce qu'il éprouve pour toi?"

Je secouai la tête. Il n'y avait pas moyen que mon coeur fragile puisse supporter la douleur de l'intense rejet que je venais de voir. Comme je l'avais dit auparavant, ces vampires finiraient par avoir ma mort.

Du coin de l'oeil, je vis Alice hocher la tête. Je fus immédiatement sur mes gardes, mais avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, je fus engloutie par la sensation la plus chaleureuse au monde; un amour pur et joyeux. Le genre d'amour qui faisait naître un sourire aux lèvres et vous réchauffez de l'intérieur. Le genre d'amour qui rendait même la pire des vies valable d'être vécue chaque jour, juste pour l'expérimenter. Le genre d'amour que j'éprouvais pour Emmett.

Pourquoi Jasper me montrait-il mes propres émotions? Je savais que j'aimais Emmett. Je n'avais pas besoin de preuves pour ça. Puis je me rappelai que Jasper avait voulu me montrer ce qu'Emmett ressentait pour moi. Sauf que ça ne pouvait pas être ça. Je l'avais regardé me laisser partir, les yeux brillant de haine. Ça ne pouvait pas être ce qu'il ressentait. Ça devait être ce qu'il avait ressenti; avant que je ne trahisse sa confiance, son amour.

"Tu as tort, tu sais," me dit la voix apaisante de Jasper. "C'est ce qu'il ressent encore. Je te l'assures, il ne t'en veux pas du tout. Fais-moi confiance, Bella. Aies foi en Emmett, il t'aime plus que même lui ne le réalise."

Je secouai la tête avec dégoût. "Il ne veut plus de moi," m'étranglai-je.

Mes larmes s'échappèrent alors. Alice me serra contre son coeur et me berça doucement. Je la laissai me réconforter parce que j'avais besoin de me sentir acceptée par quelqu'un à cet instant. J'avais besoin de savoir que quelqu'un tenait encore à moi. J'étais égoïste et je prendrais ce que je pourrais avoir.

Je fus vaguement consciente qu'elle bougea sous moi alors que je pleurai. Son bercement apaisant recommença en moins d'une seconde. Une simple pause dans ses mouvements me fit conclure qu'elle avait probablement eu une petite vision qui l'avais distraite brièvement. Sa main glissa dans mes cheveux. La froideur de sa peau fut un soulagement après avoir passé tant de temps à pleurer. C'était apaisant. Je savourais cette sensation et un minuscule sourire étira mes lèvres.

Je relevai ensuite la tête avec l'intention de remercier Alice de m'avoir réconforter. Je fus abasourdie, cependant, de découvrir que c'était Emmett qui me regardait avec inquiétude. Ses sourcils se détendirent et ses bras se détendirent autour de moi. Je réalisai ensuite que mon propre visage devait être alarmé. Je pris rapidement une expression impassible. Je ne me faisais pas confiance et je ne voulais pas qu'il me juge par mon expression. J'avais encore ma dignité.

Jasper rigola en sentant mes émotions. Il était maintenant assis à l'autre bout de la pièce, avec Alice sur ses genoux. "On va vous laisser régler ça, alors," dit-il alors qu'ils se levaient pour quitter la pièce.

J'hésitai longuement mais finis par reporter toute mon attention sur Emmett. Il semblait aussi appréhensif que je l'étais. C'était étrangement réconfortant pour moi. Peut-être qu'il tenait encore à moi et qu'il redoutait mon rejet vu que je semblais si détachée. Si c'était le cas, je pourrais calmement apaiser ses peurs.

Lentement, avec incertitude, je plaçai une main tremblante sur son bras. C'était un geste tout simple. Pour n'importe qui d'autre, ça n'aurait rien voulu dire. Je savais ce que ça voulait dire, cependant, et Emmett aussi. Je lui redonnais ma confiance; je lui rouvrais mon coeur.

Ça ne pouvait se terminer que de deux façons et je me préparai aux deux. Soit il esquiverait mon geste et mon rejet serait complet, soit il resterait immobile et me sourirait, me signifiant par là que tout allait bien entre nous.

A ma plus grande surprise, il choisit une troisième option. Ses yeux, qui avaient suivi la trajectoire de ma main, se plongèrent dans les miens à l'instant même où j'entrai en contact avec sa peau. Il me fit son sourire tout en fossette et m'attira dans ses bras à vitesse vampirique, m'écrasant presque contre son torse.

"Je croyais que je t'avais perdu," me murmura-t-il à l'oreille.

Son nez effleura mon cou et il inhala mon odeur profondément. Je savais que ça devait enflammer sa gorge, bien que pas autant que pour Edward. Bien que j'étais humaine et une tentation, ma confiance en lui ne vacilla pas. Il ne me ferait pas de mal.

Finalement, son étreinte se détendit, bien qu'il ne me relâcha pas. Pour ça, je lui en serais éternellement reconnaissante. Même si j'avais froid, je ne voulais être nulle part ailleurs. Je dus frissonner parce que je fus soudainement enveloppée dans une couverture en cachemire chaude. Elle sentait légèrement comme Emmett et me fit sourire. Je me demandai comment cette couverture avait été réchauffée parce que personne dans la maison n'était capable de fournir de la chaleur corporelle, donc je jetai un coup d'oeil curieux à Emmett.

"Je l'ai mis quelques minutes dans le sèche-linge pendant qu'Alice te berçait," m'expliqua-t-il avec un autre sourire. "Je savais qu'une fois que je t'aurais dans mes bras, je ne te relâcherais plus et je me suis dit que tu apprécierais mon geste un peu plus si tu ne mourrais pas de froid."

"Merci," murmurai-je. Ma voix semblait étrange, même à mes propres oreilles. J'avais pleuré pendant si longtemps que mes cordes vocales en avaient pris un coup.

Emmett me tendit un verre d'eau avec un petit sourire connaisseur. Je le pris rapidement et bus tout le verre. L'eau clapota dans mon ventre lorsque je me réinstallai. Ça fit éclater Emmett de rire et les vibration firent encore plus clapoter l'eau dans mon ventre, le faisant rire encore plus fort. C'était un vrai cercle vicieux, à mes dépends.

Je rougis profondément. Le rouge me monta aux joues, au nez, et même au cou. Je ne pouvais qu'espérer qu'Emmett ne s'en rende pas compte. Bien sûr, il avait déjà entendu les bruits embarrassants que mon ventre était capable de produire. Est-ce que ça pouvait devenir encore prire?

Une pensée me traversa l'esprit. "Est-ce que le sang clapote dans ton ventre après une chasse?" lui demandai-je, avec une curiosité sincère.

Il rigola et secoua la tête. "Non, nos corps absorbent les nutriments du sang très rapidement. On a la même impression d'être plein que toi cependant. Mais le sang ne reste pas dans notre estomac donc il ne peut pas clapoter."

Intéressant. Encore une autre raison de devenir vampire: plus de bruits intestinaux embarassants. Bien que j'étais curieuse. Si un vampire buvait trop, que se passerait-il? Seraient-ils malades au point de vomir comme un humain? Leur forme physique étant figée, un vampire gourmand ne pouvait pas grossir...quelle chance! Mais comment leurs corps compensaient-ils lorsqu'ils avaient plus satisfait leurs soifs? Je devrais tester cette théorie un jour où l'autre.

"Je devrais m'assurer que tu sois nourrie, cependant," dit-il en grimaçant légèrement. "Honnêtement, je pense qu'il me faut une alarme pour me rappeler de te nourrir vu que tu dois manger si souvent." Sa voix était à nouveau pleine d'humour malgré son apparence.

"Et je devrais accrocher une clochette autour de ton cou et celui d'Alice pour que vous ne puissiez plus me prendre par surprise," répliquai-je en plissant légèrement les yeux.

Je réfléchissai brièvement au meilleur moyen de faire alors que le rire d'Emmett résonnait dans toute la maison. Peut-être que je pourrais être assez agile pour les glisser autour de leurs cous lorsque je les serrai dans mes bras. Pas qu'ils ne les remarqueraient pas, mais ça valait la peine d'essayer.

"Ça ne marchera pas, Bella," me dit Alice, depuis l'étage. Sa voix était pleine d'amusement aussi.

Je soufflai avec indignation. "Est-ce parce que je n'en serais vraiment pas capable ou est-ce que tu sais que si tu me le dis alors je n'essayerais même pas?"

Elle gloussa à nouveau. "Tu n'es pas assez douée pour ça," me répondit-elle simplement.

Emmett arrêta finalement de rire et attrapa un plateau couvert de nourriture. Une omelette aux champignons, des toasts beurrés, du bacon, des saucisses, même des cubes de melons frais accompagné par un grand verre de jus d'orange. C'était un repas impressionnant et bien plus que je ne serais jamais capable de manger.

"Tu as cuisiné?" lui demandai-je.

"Quelqu'un doit s'occuper de mon humaine favorite et de ses besoins nutritionnels," me dit-il en levant les yeux au ciel. "Alors goûtes à tout et dis-moi ce que tu préfères."

"Emmett?" appelai-je doucement avant d'attendre qu'il croise mon regard. "Tu sais que tu es en train de me couver, hein?" Il hocha la tête avec un petit sourire aux lèvres. "Et tu sais que je n'aime pas que les gens fassent des choses pour moi, n'est-ce pas?" Il hocha à nouveau la tête, son sourire s'effaçant légèrement. "Sauf toi. Merci."

Son sourire réapparut et il me montra ses dents blanches. "De rien, mon chou. Maintenant mange, il faut que tu ais de la force pour me raconter ce qui s'est passé avec Irina."

Je déglutis bruyamment. "Avant que la bataille éclate, je sais pas quand précisément, Alice a eu une vision d'Irina se lançant à ma poursuite en Alaska," commençai-je. Emmett montra ma nourriture du doigt et ses yeux se durcirent à la mention de son nom. Je pris une bouchée de mon omelette avant de continuer. "Edward l'a vu dans son esprit donc il s'est précipité en Alaska pour s'assurer que j'allais bien." Je m'interrompis pour avaler une autre bouchée.

"Et tu allais bien?" insista-t-il.

"Non," chuchotai-je après avoir avalé. "Elle est venue, comme Alice l'a vu."

Emmett grogna et se massa le front de sa grande main. "Pourquoi ne m'ont-ils pas parlé de ça? J'aurais dû être là pour toi!"

Je lui fis un sourire désolé. "Il m'a dit qu'ils avaient besoin de toi pour la bataille. Tu sais comment c'est, ils avaient besoin de quelqu'un de fort pour se débarasser de ces nouveaux-nés," lui dis-je avec un clin d'oeil. Ça marcha, il me fit un petit sourire. "Enfin bref, quand Irina est arrivée, Edward l'a gardé à distance jusqu'à ce qu'Esme puisse me ramener chez les Denali. Kate et Tanya ont convaincu Irina de partir avant qu'Edward ne la détruise."

"Il l'a laissé en vie?" cria Emmett.

Je ne pus qu'acquiescer. Son cri m'avait rendu silencieuse. Ses yeux s'assombrirent et son regard se perdit dans le vide par-dessus ma tête. Je ne pus que me demander à quoi il pensait, mais j'avais l'impression que ses pensées étaient loin d'être plaisantes.

"Tu sais," commença lentement Emmett, toute trace de jovialité ayant disparu de sa voix. "Je me sens presque reconnaissant envers Edward. Il est peut-être mon plus grand rival mais je peux apprécier qu'il t'ait gardé en sûreté. Mais là encore, il a jeté ce droit par la fenêtre en laissant cette stupide fille s'enfuir. Il aurait dû la tuer lorsqu'il en avait l'opportunité." Il plongea ses yeux dans les miens. "Je l'aurais tué."

Étrangement, cette déclaration ne me surprit pas. Emmett était toujours à la recherche d'une bonne bagarre et ça aurait été une excellente opportunité. Mais plus important que ça, il était férocement protecteur, comme me l'avait dit Jasper.

C'était impossible, alors que j'étais assise sur ses genoux, alors qu'il subvenait à chacun de mes besoins, de ne pas voir à quel point il m'aimait. Ma résolution ne s'était affaiblie qu'en son absence. Il y avait encore quelque chose qui me rendait incroyablement inquiète et anxieuse en cas de séparation. Maintenant qu'il était à nouveau avec moi, je savais qu'il m'aimait. Je savais qu'il ne laisserait jamais rien s'immiscer entre nous; pas Edward, pas des vampires assoiffés de sang, et pas de vampires vengeurs. Il aurait tué Irina.

"Est-ce que tu vas me dire quel est le problème pour lequel j'ai dû revenir?" lui demandai-je soudainement.

Il ferma les yeux et m'ébouriffa légèrement les rouvrit ensuite les yeux pour me dire, "Plus tard. Il faut que tu manges maintenant."

Cette réponse me rendit folle parce que je voulais désespérément savoir ce qui se passait, ce qui mettait encore plus ma vie en danger. Cepandant, Emmett avait raison, j'avais incroyablement faim après avoir sauté tous mes repas pour rentrer au plus vite.

Je finis de manger alors qu'Emmett observait chacune de mes bouchée avec curiosité. C'était presque insupportable, mais la façon dont il me regardait lorsque je glissai la fourchette entre mes lèvres faisaient battre mon coeur. Ses yeux étaient d'un doré foncé, tirant sur le noir alors qu'il me regardait. La fine courbe de ses lèvres attiraient tout autant mon attention que mes lèvres attiraient la sienne. Emmett n'avait jamais été plus sexy qu'à cet instant, à me regarder intensément; les yeux affamés, de moi.


Après quelques heures passées avec Emmett, je me rappelai soudainement que Jacob avait été blessé et que je voulais le voir. Emmett n'aima vraiment pas cette idée mais il accepta de me laisser aller le voir à condition que j'aille avec Carlisle lorsqu'il irait l'examiner. Il me fit aussi promettre d'être plus que prudente. Apparemment, les Quileutes avaient commencé à faire confiance à Carlisle vu qu'il était le seul médecin au monde à savoir que le surnaturel existait. L'alliance hésitante entre les loups et les Cullen durant la bataille lui avait gagné un peu de confiance et les loups lui étaient reconnaissant d'avoir offert ses services pour soigner Jacob.

Je restai assise dans le salon et papotai avec Billy pendant que Carlisle examinait Jacob. Notre conversation fut fréquemment interrompue par les cris de Jacob alors que Carlisle l'examinait. Billy ne sursauta pas une seule fois et j'en conclus qu'il s'y était habitué et qu'il n'avait pas peur pour la vie de son fils. Bien que je savais que Jacob n'était pas en danger avec Carlisle, c'était agréable de voir quelqu'un d'autre acceptait ce fait aussi facilement que moi.

Finalement, j'eus le droit d'entrer dans la chambre de Jacob pour le voir. Il rayonna en me voyant entrer timidement. Mais à part son sourire radieux, il semblait affreux. Son bras et sa jambe droite étaient couverts de bandages et il semblait avoir été passé à tabac.

"Oh, Jake!" soupirai-je.

Il éclata de rire. "J'ai survécu. Je suis content que tes sangsues t'aient laissé venir me rendre visite, Bells."

"Jake," le disputai-je. "Sois gentil. Carlisle te soigne."

"Sûr, sûr," marmonna-t-il avec un large sourire aux lèvres. "Alors t'as enfin décidé que tu voulais aimer quelqu'un de chaud?" me demanda-t-il d'une voix taquine.

Je levai les yeux au ciel et me laissai tomber à côté de sa jambe bandée. Il grimaça et plissa le nez à la douleur que les vibrations provoquèrent. Ça me tira un petit sourire moqueur.

"Je suis venu voir comment allait mon meilleur ami. Tu as été blessé et tu n'aurais pas dû l'être. Je voulais juste m'assurer que tu allais bien," lui dis-je.

"C'est ça," ricana-t-il. "Je pense que tu en as marre de mourir de froid à chaque fois que tu veux serrer ton suceur de sang dans tes bras et que tu veux un vrai homme pour t'étreindre."

Je fronçai les sourcils et me tournai pour faire face au mur. Ça ne fit que l'encourager cependant.

"Et maintenant tu ne peux même pas me regarder parce que tu sais que j'ai raison," continua-t-il. "Tu sais à quel point je t'attires, surtout que je suis à moitié-nu." Il s'interrompit et je rougis furieusement. Pas parce que je l'avais reluquer mais parce que je venais à peine de me rendre compte qu'il avait raison. Il était à moitié nu dans un lit. "Regarde-toi! Tu es déjà en train d'imaginer ce qu'on pourrait faire ensemble et que tu ne pourrais jamais faire avec ce suceur de sang."

"Ce n'est pas ça!" crachai-je. "J'imagine la mort la plus lente et la plus douloureuse que tu puisses avoir pour avoir suggéré que je te reluquais."

Il rigola à nouveau. "Alors tu veux y aller lentement, hein? Je peux faire ça. Je ferais n'importe quoi pour toi," ajouta-t-il tendrement.

Je refusai de répondre à ça. Il entraînait volontairement cette conversation sur une pente dangereuse. Je ne voulais pas lui faire plus de mal que je ne lui en avais déjà fait, et surtout pas alors qu'il était encore en train de se remettre d'une attaque. Je n'avais pas l'intention de nier mes sentiments pour Emmett ou mes intentions et j'espérai qu'il n'insisterait pas.

Au bout d'un moment de silence, Jacob comprit enfin. "Très bien, une visite purement amicale. Pigé," me dit-il avec un sourire. "Combien de temps tu peux rester?"

"Je suis là jusqu'à ce que Carlisle en ait marre de t'entendre critiquer son espèce. C'est mon chauffeur," répondis-je.

Je n'avais pas pu résister à l'envie d'ajouter cette petite réprimande pour Jacob. Il devait bien savoir que j'aimais ces vampires et qu'ils étaient ma famille. Les dégrader me blessait aussi. Qu'il le comprenne ou non, il changea de sujet.

"On va faire un feu de camp dans une semaine. Tu devrais venir. Toute la Meute sera là et on va raconter les légendes. Euh, enfin, je suppose que ce ne sont pas vraiment des légendes en fait, hein?" se corrigea-t-il avec un petit rire sadique. "Alors, tu viendras?"

Je soupirai. "Je sais pas, Jake. Je ne pense pas qu'il apprécieront la présence de la 'fille aux vampires'."

"Ça ne les dérangera pas," répliqua-t-il rapidement. "Je m'en assurerais. Tu es mon invitée et ils seront gentils. Je te le promets. S'il te plaît? On ne passe plus de temps ensemble." Il fit la moue pour faire bonne mesure. "Je te le promets, juste en tant qu'amis. Viens avec moi."

Je secouai la tête avec un petit sourire. Il semblerait que tout le monde sache faire exactement la bonne moue pour me convaincre de faire ce qu'ils voulaient. Alice était à remercier pour ça.

"Je vais y penser," d'accord?"

Jacob sembla satisfait par mon compromis. Peu après, Carlisle apparut sur le pas de la porte et me demanda si j'étais prête à rentrer. Je suivis le mouvement et dis au revoir à Jacob avant qu'il n'essaye encore de me persuader de sortir avec lui.


Il ne me restait plus que deux choses à faire; découvrir ce qu'était cette fameuse urgence et affronter Charlie. Je n'avais vraiment pas hâte de rentrer à la maison pour voir Charlie. Je savais déjà, pour l'avoir expérimenté auparavant, qu'il serait furieux. J'avais déjà bien assez de problèmes à cause du bordel que Jacob et Emmett avaient fait dans ma chambre quelques semaines plus tôt.

Charlie serait fou de rage; ça c'était certain. Il serait probablement déçu aussi. Après tout, j'avais été punie mais il avait fait une exception. Il s'était attendu à ce que j'agisse de manière responsable. Et ça ne faisait pas si longtemps que ça que j'avais fait quelque chose de similaire en partant en Italie pour empêcher Edward de se suicider en provoquant les Volturi.

Les Volturi! Ça devait être ça! C'était la nouvelle menace. Edward m'avait dit qu'Irina avait été chez les Volturi et qu'il n'était pas sûr qu'elle reviendrait avec eux ou avant eux pour se venger toute seule. Alice devait les avoir vu arriver et les Cullen voulaient que je sois sous la protection de toute la famille lorsqu'ils arriveraient. Comment avais-je fait pour ne pas m'en rendre compte plus tôt? C'était parfaitement logique.

Je jetai un coup d'oeil à Carlisle qui surveillait consciensieusement la route. Il devait s'être aperçu que je l'observais mais ne réagis pas. Je soupirai bruyamment et me renfonçai sur mon siège dans l'espoir d'attirer son attention. Ça marcha. Un petit sourire étira ses lèvres mais il resta silencieux et se contenta de tourner légèrement le volant. On approchait de chez Charlie donc je décidai que si je voulais des réponses, j'allais devoir poser des questions.

"Les Volturi viennent pour moi, n'est-ce pas?" lui demandai-je directement.

Carlisle avait des siècles d'expérience pour contrôler ses réactions. Donc je ne fus pas surprise de le voir prendre une expression impassible avant de se tourner vers moi.

"Qu'est-ce qui a bien pu te donner cette impression, Bella?" me demanda-t-il, ou plutôt, mentit-il.

"Pitié, Carlisle? Je veux juste la vérité. Edward m'a dit qu'Irina était allée les voir pour leur dire que j'étais encore humaine. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils ne viennent de toute façons. Donc ça doit être pour ça qu'il était si important que je revienne au plus vite. La famille veut que je sois là quand ils arriveront."

"Bella, ne crois-tu pas que le dernier endroit où tu devrais être est l'endroit où sont les Volturi?" me demanda-t-il innocemment.

Ça me fit réfléchir un instant. Il marquait un point. Non, il marquait dix points. Ça n'aurait aucun sens de me garder humaine en présence des gardes Volturi. Rien ne les empêcherait de se débarasser de moi une fois qu'ils m'auraient trouvé. Enfin, rien à l'exception des Cullen. Mais j'avais déjà vu à quel point Jane était diabolique. Il ne leur faudrait pas beaucoup de temps pour mettre les Cullen hors d'état de nuire pour me prendre la vie.

Mais là encore, si je n'étais pas là, ils fouilleraient toute la ville, partout où mon odeur serait. Tellement de personnes risqueraient de perdre leurs vies à cause de ma présence dans la communauté. Les Cullen ne les laisseraient certainement se lancer à ma recherche dans la ville.

Je secouai la tête. "Ils viennent pour moi," répétai-je fermement.

Pour la première fois, je lui tirai une réaction. Ses yeux s'écarquillèrent sous l'effet de la surprise avant qu'il ne se reprenne.

"Pas dans l'immédiat," me répondit-il. "Nous avons encore quelques semaines."

Je hochai la tête. Quelques semaines. Il ne me restait plus que quelques semaines à vivre. Plus que quelques semaines avec Emmett avant que ma vie ne touche à sa fin. C'était une réalité douloureuse à accepter mais je trouverai la force. Je ne laisserais pas cette pensée pendre comme une épée de Damoclès au-dessus de ma tête et gâcher ce qui restait de mon existence.

Carlisle me laissa sous le porche de Charlie avec un sourire triste. Il semblait avoir ressenti ma reluctance à rentrer. Mais nous savions tous les deux que c'était inévitable. Il valait mieux que j'affronte sa furie maintenant plutôt que de le faire paniquer pendant encore des jours.

Comme je m'y attendais, Charlie était fou de rage lorsqu'il me trouva à la maison. Il m'en voulait tellement que toute pensée rationnelle lui échappa. Lorsqu'il reprit enfin le contrôle, il m'engueula pendant plus d'une heure, me reprochant mon manque de respect et de responsabilité. Puis il me fit me sentir encore plus mal en me disant à quel point il se sentait blessé, et à quel point il s'était inquiété pour moi. Charlie et moi ne parlions jamais de nos émotions. Nous avions tous les deux du mal à nous exprimer. Le fait qu'il m'ait dit si ouvertement qu'il avait été inquiet, terrifié et blessé avait été douloureux. Il s'était rendu si vulnérable en admettant ça. Ça me fit réaliser à quel point mes actions avaient été égoïste lorsque j'étais partie sans même penser à lui.

Oui, mes actions avaient été justifiée parce que sa vie aurait été en danger comme la mienne. Je n'aurais pas voulu qu'un nouveau-né me traque jusque chez Charlie pour le trouver à la place. Mais ça avait été irresponsable et égoïste de ma part de penser qu'il ne serait qu'en colère. J'aurais dû savoir qu'il s'inquiéterait.

Je fus privée de sortie indéfiniment. Il me dit que je n'avais pas le droit de recevoir de la visite et que je n'avais pas le droit de sortir à part pour aller à l'école, au travail, ou à l'épicerie. J'acceptai sa punition sans me plaindre parce que je savais que c'était plus que juste au vu de mon comportement récent. De plus, ce n'était pas comme si je ne verrais pas Emmett chaque soir après que Charlie soit parti au lit. Alice, je la verrais à l'école ou en soirée si elle décidait de me rendre visite. Mes jours étaient comptés de toutes façons. Je pouvais bien donner cette paix d'esprit à Charlie pour le temps qui me restait.


Ça faisait une semaine maintenant. Emmett restait avec moi aussi souvent que possible et refusait même de me laisser seule pour aller chasser. Je savais qu'il jouait avec le feu mais il semblait ressentir le besoin d'être avec moi aussi longtemps que possible pour le temps qu'il nous restait. Je savais que sa soif devait être douloureuse pour lui mais s'il était prêt à l'ignorer, alors j'en ferais autant.

Emmett suggéra qu'on passe notre dimanche après-midi à jouer au baseball. Enfin, pour être honnête, je regarderais les Cullen jouer. La journée était orageuse et ce serait donc parfait. Charlie était occupé par le travail parce que deux de ses adjoints étaient malades et que la paperasse s'empilait. Au début, j'avais hésité à accepter, mais Alice m'avait assuré que mon comportement docile ne lui donnait aucune raison d'appeler pour s'assurer que je serais bien là. Et même s'il appelait, elle pourrait rapidement me ramener la maison et je pourrais lui dire que je sortais de la douche et que je n'avais pas entendu le téléphone sonner.

Tout se passait aprfaitement bien jusqu'à ce que les yeux d'Alice se perdent dans le vide alors qu'elle était sur le point de lancer. J'eus une étrange impression de déjà-vu en voyant son expression sérieuse. Jasper fut à ses côtés en un instant et il lui demanda ce qu'elle avait vu. Ses sourcils se froncèrent lorsqu'elle se tourna vers moi. Edward semblait complètement paniqué alors que son regard voyageait entre Alice et moi.

"Rien," chantonna sa voix aigue.

Emmett se tendit à côté de moi lorsque le vent souffla. Au début, je crus que le vent avait envoyé mon odeur dans sa direction et que ça tentait son contrôle. Celà étant, jusqu'à ce que je me rendre compte que les yeux de tous les Cullen étaient tournés vers l'orée de la forêt. Je regardai attentivement mais ne vis rien. Le grognement bas d'Emmett derrière moi me prit par surprise. Il se glissa agilement devant moi avant de s'accroupir. Il semblait sur le point de bondir pour attaquer ce qui se tenait à couvert des arbres.

Mon coeur battait vicieusement dans ma poitrine. Mon souffle s'accéléra alors que j'attendais avec impatience de voir ce qui approchait tout en me préparant au pire. Ma main se tendit instinctivement pour toucher le bras d'Emmett. Il ne me regarda pas, mais il tendit la main en arrière pour attraper la mienne afin de me réconforter légèrement.

"Bonjour," dit Carlisle. "Nous ne faisons rien. Nous sommes tout simplement en train de faire un match de baseball." Il s'interrompit comme pour attendre une réponse. "Pour ce que j'en sais, ce n'est pas une violation du traité. Nous ne sommes pas sur vos terres. Alors puis-je vous demander quel est le problème?"

Traité? Terres? Bien sûr. Ils avaient sentis les loups et s'étaient immédiatement mis sur la défensive parce qu'ils approchaient. Je repoussai ma peur et me détendis. Je me permis même de renifler intérieurement en me disant que j'étais la seule humaine que je connaissais qui serait à l'aise non seulement en présence de vampires et de loups-garous mais même en sachant que ce sont des ennemis mortels.

"Ça n'a rien à voir avec le traité," dit la voix de Jacob alors qu'il émergeait des arbres.

Mes yeux s'écarquillèrent et le rouge me monta aux joues lorsque je le vis. Il ne portait qu'un short en jean. Son torse était complètement nu et exposait couche après couche de muscles parfaitement sculptés. Je ne l'avais peut-être jamais reluquer auparavant mais c'était certainement le cas maintenant. Je savourais le buffet visuel devant moi, je devrais juste m'assurer de ne pas passer au dessert.

"Et je suppose que ce n'est pas une simple visite," continua Carlisle.

"Non," répondit froidement Jacob. "On a senti l'odeur de nouveaux vampires dans le coin et on voulait savoir si ce sont des amis à vous avant de les attaquer."

Alice s'approcha discrètement de moi et enroula son petit corps autour du mien avant de fermer les yeux.

"Qu'est-ce que tu fais?" lui demandai-je à voix basse.

"Il faut que je sois près de toi pour voir ton futur," me répondit-elle.

"Nous n'attendons aucun visiteur," continua Carlisle, en ignorant volontairement Alice.

"Alors ça ne vous dérange pas qu'on les tue?" le provoqua Jacob.

"Non," répondit Carlisle. Puis il continua immédiatement, "tant que c'est justifié et que ce n'est pas juste pour le plaisir de tuer."

Jacob éclata de rire à ça et un rire aboyant résonna au loin. "Il n'y a pas besoin de justification pour tuer un suceur de sang."

Carlisle soupira. "Quoi que tu penses de nous, je t'assures que c'est infondé. Maintenant, tu peux transmettre le message que nous n'attendons aucune visite et que si ces arrivants vous posent le moindre problème vous êtes libres d'en faire ce que vous voulez."

Le reste de la Meute aboya, pour marquer leur approbation, je suppose, et Jacob fit mine d'aller les rejoindre. Il s'arrêta à mi-chemin pour me jeter un coup d'oeil. Il devait être assez loin pour qu'Alice puisse revoir mon futur parce qu'elle se figea soudainement. "Ils sont là," dit-elle.

Ses doigts et ses ongles s'enfoncèrent dans la peau douce de mon bras. C'était douloureux, mais supportable. Cela étant, jusqu'à ce que sa poigne se resserre au point de pratiquement me briser les os. Ses ongles s'enfonçaient trop dans ma peau et elle était sur le point d'arracher ma chair et d'exposer mon sang aux vampires présents sur le terrain.

"Alice!" lui criai-je alors que ses yeux se perdaient dans le vide. "Alice, lâche-moi! Tu me fais mal," la suppliai-je.

C'était inutile. Ses ongles transpercèrent ma peau une seconde fois. Emmett se tendit à côté de moi alors que l'odeur de mon sang assaillissaient ses narines et ses yeux s'assombrirent. Ça faisait trop longtemps qu'il n'avait pas chasser.

Jacob se précipita vers moi et m'éloigna d'Alice dès qu'elle relâcha mon bras. Il leur lança un regard noir à tous les deux, ne leur faisant clairement pas confiance. Je ne lui en tins pas rigueur, bien que je savais qu'ils ne me feraient jamais de mal avec une certitude que Jacob ne comprendrait jamais.

"Saleté de suceur de sang, vous ne pouvez pas tenir cinq minutes sans la mettre en danger!" les accusa-t-il.

"Jake!" commençai-je à protester.

"Ce n'est pas nous le danger cette fois," dit sombrement Alice.

"Qu'est-ce que tu veux dire?" lui demanda Jacob, d'une voix clairement suspicieuse alors qu'il me tenait derrière lui.

"Ils viennent pour elle. Elle ne survivra pas s'ils la trouvent," répondit-elle avec impatience.

Les yeux dorés d'Alice croisèrent les miens et me supplièrent. Elle essayait de me faire silencieusement comprendre la gravité de la situation. Je devais trouver le moyen de m'en sortir. Je devais trouver le moyen de changer le futur. Pour moi. Pour Alice. Pour Emmett. Je devais trouver le moyen de survivre.

"Qui vient pour elle?" demanda Jacob. "Les nouveaux suceurs de sang? Le reste de la Meute est déjà en route pour les arrêter!"

"Ce n'est pas une bonne idée," intervint Carlisle. "Ce sont des vampires puissants, presque des rois parmis nous, avec des dons encore plus dangereux que ceux de ma famille. Ta Meute ferait bien de rester hors de leur vue. Ils exterminent les loups-garous."

Jacob se tourna vers lui à ça. Il semblait comprendre la gravité de la situation mais refusait de l'admettre. Même si c'était du suicide, les loups de refusaient jamais de combattre. "Alors qu'est-ce qu'on est censés faire? Les laisser chasser en ville et venir chercher Bella?"

"Bien sûr que non," répondit Carlisle. "Nous nous occuperons d'eux et je t'assures que j'obtiendrais la garantie qu'il ne chasseront pas en ville."

"Jake," chuchotai-je d'une voix suppliante. Il tourna la tête vers moi et son visage s'adoucit.

"Bella, je suis tellement désolé! Je vais t'emmener loin d'ici, je te cacherais. Ils ne te trouveront jamais. Tu pourras vivre ta vie en sécurité avec moi."

"Jake, je ne peux pas," murmurai-je. "Ils n'arrêteront jamais de me chercher. Nous ne serons jamais en paix."

"Il doit y avoir un autre moyen," dit-il en retenant un sanglot avec du mal.

"Oui," lui dis-je, d'une voix rendue plus forte par ma résolution. "Le traité dit qu'ils...que les Cullen ne peuvent pas me mordre..."

"Et?" demanda-t-il séchement, sans comprendre où je voulais en venir.

"Je saigne déjà, Jake. Il n'y aurait aucune morsure. Il n'aurait qu'à laisser son venin entrer dans mon corps."

"Pour devenir l'une d'entre eux?" cracha-t-il avec dégoût. "En quoi ce serait mieux que la mort, Bella? En quoi c'est mieux qu'une vraie vie?"

Je pris une profonde inspiration et expirai lentement. Je savais que Jacob n'approuverait jamais vraiment ce plan, mais il ne l'avait pas immédiatement refusé non plus. Ça pouvait marcher. Ça marcherait. Il fallait que ça marche. Tout mon futur et tout mon bonheur en dépendait.

"Préférerais-tu me voir morte ou ne plus me voir du tout?" lui demandai-je calmement.

Il secoua furieusement la tête. "Ce n'est pas juste!"

"C'est le seul choix, Jacob. Il n'y a rien d'autre. Soit j'obéïs à leur loi et deviens l'une d'entre eux, ou ils me poursuivront pour le restant de ma vie humaine et lorsqu'ils me trouveront, ils me tueront. Bien sûr, je pourrais probablement leur échapper pendant quelques années, voir même pendant une décennie. Et peut-être que je pourrais passer tout ce temps avec toi. Mais est-ce que ça en vaudrait vraiment la peine? Commencer une vie ensemble avant qu'ils ne me trouvent et détruisent tout?"

Une larme roula sur sa joue cuivrée et il m'attira contre son corps chaud. "Je t'aime, Bella. N'est-ce pas suffisant? Pourquoi ça ne peut pas être assez pour te garder en sécurité? Je ne laisserais rien t'arriver," promit-il.

"Tu ne peux pas me sauver de tout, Jake. Je ne suis qu'humaine...pour le moment."

Il soupira dans mes cheveux. "Donc c'est soit te laisser devenir l'une d'entre eux, soit te perdre pour toujours, alors?" Je hochai la tête et attendis sa réponse. "Je ne peux pas te perdre, Bella."

Je souris contre son torse. La victoire enflamma mes veines et mon espoir revint. "Est-ce que c'est ta permission alors?" insistai-je.

Jacob me repoussa légèrement pour étudier mon visage. Son pouce effleura légèrement ma joue, laissant une traînée brûlante sur ma peau. Il me fit un faible sourire avant de regarder Emmett par-dessus mon épaule et de hocher la tête.

"Je ne peux pas te perdre, Bella," répéta-t-il. "Vas-y, maintenant. Je me charge des autres."


Prochain chapitre : Robin des Bois et Dame Marianne

[Mode Saw-v2 ON]

Vous voulez la suite ? Moi, je veux des reviews... Vous savez ce qu'il vous reste à faire !

[Mode Saw-v2 OFF]