Auteur: Si on prenait le temps
Titre: Si on prenait le temps
Disclaimer : Les personnages et le cadre de Poudlard appartiennent à J.K.R, je ne les utilise que pour inventer mes propres histoires, sans en tirer profit
Rating: M pour des relations explicites entre deux hommes
Pairing + Warning: HP/DM, mon couple préféré. Homophobes, s'abstenir.
Note: Chose promise, chose due : Avant dernier chapitre…
Bonne lecture.
Chapitre 14 : La prophétie (suite)
Le matin de Noël, se fut Harry qui réveilla son ange par des baisers papillons.
- Debout, Draco, c'est Noël, si on ne descend pas tout de suite, ils sont capables de défaire les cadeaux sans nous.
- Ils n'oseraient pas, quand même ? Demanda le blond en se redressant doucement.
- Tu ne les connais pas ! Répondit Harry en riant.
Draco se dit qu'il n'y avait pas meilleure façon de commencer la journée qu'en faisant rire son amour. Ils se levèrent rapidement et s'habillèrent tout aussi vite pour finalement arriver dans le salon où tout le monde était rassemblé.
- C'est pas trop tôt. J'ai faillit aller vous chercher ! S'exclama Ron.
- Mais qu'elle heure il est ? Demanda Draco à son parrain, lui aussi présent.
- 7h30. J'ai bien cru que j'allais tuer Lupin pour m'avoir tiré du lit si tôt.
- Aller ! On ouvre les cadeaux ! S'écria Ginny en se jetant tête la première dans les innombrables paquets sous le sapin.
Ce fut une orgie de papier cadeau et de rubans colorés. A un moment, Harry se redressa pour observer la scène. Draco avait un sourire de petit garçon en ouvrant ses paquets. Tout comme Harry, il n'avait certainement jamais eu un Noël aussi heureux. D'ailleurs, Severus aussi avait l'air d'un bienheureux. Même si il levait les yeux au ciel quand Lupin s'extasiait devant un cadeau, il ne pouvait pas cacher l'éclat de joie dans ses yeux, ni le sourire qu'il laissait apparaître de temps en temps.
Le couple avait reçu pas mal de cadeau en rapport avec la grossesse de Harry. Ces cadeaux étaient en général adressés à « La famille Potter et Malfoy ». Draco surprit d'ailleurs son petit ami à conserver les emballages sur lesquels était inscrite cette formule.
Tout le monde fut émerveillé par les cadeaux reçus. Personne n'avait été oublié. Molly avait même fait un pull vert à Draco et un pull noir à Severus. Ils se crurent obligés de le mettre et l'assemblée fut tordue de rire devant la mine boudeuse du professeur de potion, marqué d'un grand S sur la poitrine. Les rires redoublèrent pour Hermione quand Harry le compara à Superman. Les autres ne comprirent pas mais rigolèrent quand même.
Harry éclata en sanglots quand il ouvrit le cadeau de Draco. Ce dernier lui avait offert une chaîne en or avec un pendentif en forme de serpent.
- Mais qu'est-ce qu'il y a ? Demanda le blond. Il ne te plait pas ?
- Il est superbe, mon amour. Lui répondit Harry avec un sourire débordant de larmes. Ouvre ton cadeau.
Draco s'exécuta et éclata de rire devant son collier en or blanc, accompagné d'un pendentif représentant un lion.
- Les grands esprits se rencontrent ! S'exclama Molly en s'approchant pour voir les bijoux.
- Et s'unissent, conclue Hermione avec un grand sourire.
La journée se poursuivit, comme elle avait commencée, dans la bonne humeur. Il fallut avant toute chose nourrir les deux morfales (entendez Harry et Ron) épuisés par tout ce déballage de cadeau. Georges rentra chez lui pour ouvrir la boutique, les ventes étaient toujours élevées le jour de Noël, pour les éternels retardataires. Severus et Lupin se laissèrent convaincre de rester pour la fin des vacances. Enfin, Hermione décida ensuite de les emmener au cinéma. Grande expédition pour Ron, et Draco qui ne connaissaient pas plus que ça le monde moldu.
Première étape, mettre des vêtements moldus. Encore une fois, ce fut la bagarre pour savoir ce que mettrait Harry et Draco pour ne pas avoir l'air trop sexy. Finalement, ce fut Hermione qui choisit deux jeans et deux chemises blanches. Classique et qui n'appelle pas de discussion. Surtout qu'il faisait un froid de canard dehors et qu'ils porteraient deux manteaux bien chauds par-dessus.
- On m'a déjà parlé du cinéma, mais je n'y ai jamais mis les pieds. Commenta Draco alors qu'ils marchaient tranquillement du côté moldu de Londres.
- Qui t'en a parlé ? demande Harry, étonné que Draco connaisse l'existence d'un art moldu.
- Blaise. Il est très féru de ce divertissement. Il m'avait promis de m'y emmener. Mais, mon … père n'a jamais voulu que je m'abaisse à côtoyer des moldus.
- Tu verras, je suis sur que ça va te plaire ! Répondit Harry en se callant confortablement dans les bras de son amant pour avoir plus chaud.
- Je suis surtout heureux d'y aller avec toi. Fit Draco en resserrant sa prise sur le corps crispé par le froid de son petit ami, et en l'embrassant tendrement.
Des passants se retournèrent sur leur passage. Leur couple était remarquable, aussi bien par leur beauté que par leur différence.
- Ils n'ont jamais vu deux hommes ensembles ? demanda Ron qui avait aussi remarqué l'expression mi-admirative, mi-dégoûtée des passants.
- Nous sommes dans un quartier chic de Londres, répondit Hermione. Ici, et plus généralement chez les moldus, l'homosexualité n'est pas vraiment tolérée.
- Moi, ça ne me gène pas. Mais si tu veux, Harry, on peut jouer la discrétion.
- Sûrement pas ! répondit le brun en serrant Draco encore plus fort.
- D'accord, d'accord, mais relâche moi un peu ou tu vas m'étouffer ! s'exclama Draco alors qu'ils arrivaient devant le cinéma.
- Alors, film d'action ou d'amour ? Interrogea Hermione en regardant les affiches.
- Action ! Firent Ron et Draco.
- Eh bien, pour une fois qu'ils sont d'accord, va pour action ! Conclu Harry en souriant.
Ils choisirent donc le film policier. Harry paya pour tout le monde car Hermione n'avait pas d'argent sur elle, et que les deux autres n'avaient que de l'argent sorcier.
Ils s'installèrent au fond de la salle pour pouvoir commenter le film si besoin était d'expliquer certains passages aux sorciers pur sang.
Quand les lumières furent tamisées, Draco se rapprocha sensiblement de son petit ami. Tout cela lui donnait des idées… Mais il fut complètement absorbé dès que l'écran s'illumina. Harry rit sous cape en se disant que ce n'était que les publicités et qu'il était déjà hypnotisé.
Draco n'avait jamais rien vu de pareil. C'était un peu comme les photos animées, mais en beaucoup plus long et avec le son. Un mélange de photos et de radio. Comment se faisait-il que pas un sorcier n'ai adapté cette technologie au monde sorcier. Il comprit rapidement que les premières images faisaient la promotion de produits sucriers comme des glaces, des chocolats. Puis vint des images sans queue ni tête, avec une voix parlant derrière.
- Je ne comprends pas, Harry. Le film a commencé ?
- Non, c'est de la pub pour d'autres films qui vont bientôt sortir. Ils t'incitent à y aller en te montrant des extraits.
Draco reconnu alors un film romantique, un film de guerre et un film où ils parlaient d'aliènes. Il se promis de demander à Harry se qu'étaient des aliènes.
La salle fut plongée dans le noir une nouvelle fois.
- ça va commencer, lui glissa Harry à l'oreille en lui prenant la main.
Harry se fia à cette main, dont les doigts étaient entrelacés avec les siens pour recueillir les impressions du blond sur sa première expérience cinématographique. Draco sursautait beaucoup au début, à chaque changement de scène, puis il s'habitua et se fit plus calme. A un moment particulièrement tendu, il serra la main de Harry dans la sienne, certainement sans s'en rendre compte. Harry sourit dans le noir. Son petit ami se laissait prendre au jeu. Le film se termina par la mort tragique du héros et les lumières se rallumèrent. Quand Harry se tourna vers Draco, ce dernier avait une larme au coin de l'œil. Harry se pencha pour lécher cette petite goutte d'eau salée.
- Ça t'a plut, mon ange ?
- Pourquoi il a fallut que ça se termine comme ça ?
- C'était un film noir. Ça ne pouvait pas se terminer bien. Tu es triste ?
- Disons que j'aurais préféré finir sur une note un peu plus heureuse…
- On recommence alors ? On peut voir un film drôle, si tu veux.
Harry se retourna pour voir ce qu'en pensaient Hermione et Ron, quand il vit son meilleur ami effondré et en pleurs dans les bras d'Hermione.
- Je pense qu'il est impératif qu'ils voient un film plus rigolo. Répondit Hermione avec un sourire.
Ils refirent la queue devant le cinéma et s'installèrent une nouvelle fois dans une salle obscure. Hermione fut obligée de demander de l'argent à Harry car Ron la tannait pour avoir une glace dont ils avaient fait la pub lors de la séance précédente. Elle revint donc les bras chargés et tendit un esquimau à chacun. Ron se jeta dessus, il avait fini avant que les publicités ne commencent. Hermione fut obligée de le retenir pour ne pas qu'il aille en acheter un deuxième. Le film commença alors. C'était une très bonne comédie. Ils rirent beaucoup. Draco et Ron arboraient encore un sourire béat en sortant dans la rue.
- C'était mieux que le premier ! S'exclama Draco.
- On n'aurait pas du vous emmener voir un film triste pour votre première fois. S'excusa Harry.
- Non, c'est pas grave, comme ça on a encore plus apprécié le deuxième ! répondit Ron. Il faudra qu'on remette ça !
Tout le long du chemin, Draco et Ron se racontèrent leurs passages préférés, comme deux enfants. Harry et Hermione marchaient devant, un sourire attendrit sur les lèvres.
- Qui eut cru que le grand Draco Malfoy parlerait avec autant d'intérêt et d'admiration d'une invention moldu ! S'étonna la brune.
- La prochaine fois, je l'emmènerais voir un film romantique.
- Comme si il n'était pas assez amoureux comme ça ! Répondit Hermione en riant. C'est plutôt moi qui devrait emmener Ron. Il m'a offert un stylo bic moldu pour Noël !
- Il pensait te faire plaisir. Dit Harry pour défendre son meilleur ami. Si il m'en avait parlé, je lui aurais dit qu'un stylo bic n'était pas très romantique !
- Je sais que ça partait d'une bonne intention. Fit Hermione toujours en riant.
Quand ils arrivèrent au square Grimaud, l'après-midi était déjà bien entamée. Ils s'installèrent donc pour faire une partie de bataille explosive en attendant l'heure du dîner. La soirée se passa agréablement. Harry s'attachait de plus en plus à Severus. Ils avaient, après tout, un passé chargé et des sentiments communs aussi bien pour Lupin, Draco, ou même Dumbledore. Ils n'étaient pas si différents que ça, finalement. « Peut-être que je vais arrêter d'être systématiquement engueulé en potion ? Peut-être aussi que je vais faire des efforts en cours ? ». Se dit Harry, qui soupçonnait déjà fortement son petit ami d'avoir fait pression sur Severus pour qu'il arrête de le coller tous les soirs.
Quand ils montèrent se coucher, Draco se mit en pyjama en disant qu'il avait mal à la tête.
- Je pense que c'est à cause du cinéma, j'ai la tête comme une citrouille depuis qu'on est rentrés.
- C'est parce que tu n'as pas l'habitude. Répondit Harry. Pas de cinéma pendant un moment, alors. Il est hors de question que tu me fasses le coup de la migraine tous les soirs !
C'est en riant et en embrassant tendrement son ange que Harry s'endormit, heureux, sans vouloir penser au lendemain.
Pourtant le soleil se leva et il fallut se rendre à l'évidence. Aujourd'hui ils sauraient ce que la prophétie leur réservait. Ils passèrent à la douche et Draco voulut montrer à Harry qu'il n'avait plus du tout mal à la tête. Ils descendirent donc assez tardivement pour le petit déjeuner. Quand ils arrivèrent, tout le monde était en grande discussion.
- Bonjour tout le monde ! s'exclama Harry. Qu'est-ce qui se passe de si bon matin ?
- Alors premièrement, il est 11h donc ce n'est plus vraiment le matin, répondit Severus, visiblement agacé. Et ensuite, vos « amis » insistent pour venir au ministère avec nous.
- Je n'y vois pas d'inconvénient. Répondit Draco en s'essayant entre Lupin et Ron.
- Ils vont nous faire remarquer ! S'exclama Severus.
- Et alors ? Intervint Molly, vous n'y allez pas incognito.
- Je sais d'avance que ça va être l'émeute avec le « Sauveur » au ministère. J'aurais préféré être discret. Se justifia le professeur de potion.
- De toute façon, en période de Noël, il n'y aura pas un chat ! Conclu Arthur en se levant.
Tout le monde le suivit, il avait donné le signal du départ. Molly emballa des viennoiseries pour que Draco et Harry puissent manger en route et ils se retrouvèrent dans la voiture, accompagnés de Severus, Arthur, Hermione et Ron.
Visiblement, Arthur avait tord, même en période de Noël, le ministère grouille de monde. Et une fois de plus, pour leur plus grand malheur, Severus pouvait se targuer d'avoir eu raison. Dès qu'une employée avait aperçu Harry, elle avait crié tout fort : « Le Sauveur est parmi nous ! ». Et tout le monde présent dans le hall s'était retourné pour apercevoir l'Elu. « Génial, ils parlent de moi comme si j'était une espèce de divinité. Manquait plus que ça ! ».
Severus se tendit, Draco mit la main sur sa baguette et se plaça devant Harry. Ils continuèrent leur chemin alors que la foule se rapprochait de plus en plus en se densifiant. Arrivés aux ascenseurs, Ils durent s'arrêter pour attendre une cabine. Une jeune femme se faufila pour accéder à Harry.
- Monsieur Potter, Monsieur Potter, je pourrais avoir un autographe ?
Harry ne savait pas quoi répondre, il n'avait jamais eu à faire cela. Il n'eut pas longtemps à attendre, parce que tout le monde avait entendue la demande faite par l'admiratrice et que la foule se fit compacte. Hermione, qui se trouvait entre eux et la foule fut bousculée. Ron joua des coudes pour l'aider et Draco fit barrage de son corps pour éviter un maximum que son petit ami ne soit malmené. Arthur et Severus exhortaient au calme, sans grand succès.
La goutte d'eau qui fit déborder le vase déjà bien plein de Draco, fut quand un jeune homme hystérique se jeta sur Harry pour essayer de s'accrocher à sa cape. Harry fut projeté contre les grilles de l'ascenseur et Draco devint vert de rage. Il se jeta un sonorus et s'adressa à la foule.
- Mesdames, Messieurs, si vous ne vous calmez pas tout de suite, je vais être dans l'obligation d'utiliser la magie pour vous éloigner de nous. Harry Potter a faillit être blessé dans cette bousculade. Sachez que je ne tolérerais pas une chose pareille. Reculez tous !
Le ton meurtrier de la voix de Draco associé à la peur encore inhérente au nom des Malfoys eut raison des dernières réticences et l'air se fit beaucoup moins rare autour d'eux. C'est à ce moment que l'ascenseur daigna arriver. Le jeune homme de tout à l'heure essaya de monter avec eux, mais Draco se fit nettement moins poli et le jeta littéralement dans le hall.
Arthur appuya sur la touche de l'étage numéro 9 et l'ascenseur descendit lentement.
- Je ne vais pas m'abaisser à vous à dire : « Je vous l'avais bien dit » ! Finit par dire Severus.
- On aurait du venir hier, quand le ministère était fermé. Répondit Ron.
- J'ai bien faillit tuer le sale petit morveux qui s'était accroché à toi ! Fit Draco, toujours crispé. Harry, est-ce que ça va ? Demanda-t-il en voyant que son amant était un peu pâle.
- Je… je me demandais comment on allait faire avec le bébé. Ils vont le harceler. Et encore, les médias ne sont pas encore au courant ! Sa voix se brisa sur cette constatation.
- Ne t'inquiète pas, on le protégera. Et puis, si il faut, on quittera Londres. On pourra aller en France, j'ai une maison là-bas.
- Mais, notre vie est ici ! Je ne veux pas te faire tout quitter pour nous.
- Notre vie est ensemble, tous les trois. Peu importe où l'on vit. Répondit Draco en prenant Harry dans ses bras.
- Et puis, on sera toujours là pour vous. Intervint Hermione.
- Ouais, enfin bon, tu sais que les français mangent des grenouilles ? Je doute que Neville veuille y goûter. Lui qui perd tout le temps son crapaud.
- Ron ! Tu es un estomac sur patte ! Fit Hermione en riant à la réflexion de son petit ami.
Draco, Harry et Arthur rirent aussi. Severus, resta sérieux. Il ne faut pas exagérer tout de même.
Ils débouchèrent sur un couloir obscur vers lequel menait une unique porte. Ils se dirigèrent donc tous ensemble vers cette porte de bois. Harry se sentit nettement moins bien en se retrouvant dans cette atmosphère connue. Des images dérangeantes de sa dernière visite quelques années plus tôt vinrent se rappeler à lui. Hermione ressentit probablement la même chose car elle lui prit la main. Arrivés devant la porte, Arthur passa le premier. Ils suivirent, l'un dernière l'autre, Severus fermant la marche.
La pièce dans laquelle ils arrivèrent était, sans surprise pour Harry, parfaitement ronde. Il se demanda d'ailleurs comment ils allaient trouver le chemin vers la salle des prophéties. Ils leur fallait passer par la salle du temps. Mais quelle porte emprunter ?
Se fut Severus qui répondit à sa demande muette en incantant une formule très compliquée, dans une langue étrangère. Hermione semblait comprendre les paroles. Ce devait donc être des runes. Le professeur de potion tournait sur lui-même pour s'arrêter enfin en face d'une porte dont la couleur avait changé, passant du noir au rouge.
- Par ici. Dit-il simplement.
Il ouvrit lui-même la marche et les attendit de l'autre côté de la porte. Le bruit dans la salle était presque assourdissant. Un cliquetis continu se faisait entendre, et à perte de vue, des horloges, petites ou grosses, rondes ou carrées, accrochée au mur ou posées sur des tables faisaient défiler le temps, inexorablement. Draco regardait du côté de la cloche de cristal où un oisillon grandissant puis mourrait, à l'infini, représentait le temps qui passe. Ils s'approchèrent tous, la porte qu'ils devaient traverser était de l'autre côté de la cloche, sur le mur du fond.
Harry s'avança pour ouvrir la porte mais son poignet fut retenu par Draco.
- Non, je préférerais que tu ne passes pas le premier.
C'est donc lui qui passa devant et ouvrit la porte. Il se trouva estomaqué devant la vue qui s'offrait à lui. Des rangées d'étagères se profilaient sur plusieurs dizaines, voire centaines de mètres baignées dans une lumière bleutée qui semblait émaner des rayonnages eux-mêmes. A y regarder de plus prêt, les étagères contenaient des sortes de boules de cristal de toutes les tailles et de toutes les formes. Se sont elles qui diffusaient une aura bleue. Harry, qui était étonné de voir la salle en parfait état, alors que lors de son dernier passage, ils l'avaient massacré, se retourna vers Severus.
- Comment on fait pour savoir laquelle c'est ?
- Heureusement que je ne suis pas un Gryffondor qui se jette la tête la première dans les problèmes. Répondit Severus avec un sourire. Il recommença à incanter des formules toutes plus compliquées les unes que les autres. Il semblait les essayer les unes à la suite des autres, jusqu'à ce qu'une semble marcher. En effet, une petite bulle de lumière blanche apparut juste devant Severus. Elle frétillait littéralement et partit rapidement devant. Severus la suivit à grand pas, les autres sur ses talons. La bulle avançait tellement vite, que, pour ne pas la perdre, ils furent obligés de courir. Draco allait demander à Harry de s'arrêter parce que l'exercice physique n'était pas recommandé pour lui, mais la bulle bifurqua dans une allée pour finalement s'arrêter devant une étagère où il n'y avait qu'un seul bocal.
La prophétie avait une forme sphérique, parfaitement ronde. On aurait pu la confondre avec une véritable boule de cristal. Dessus était inscrit « Bellatrix Lestrange, juin 1996. ».
- Vous devez la prendre tous les deux. Dit Severus en poussant Draco devant lui.
Le blond prit la main de Harry dans la sienne et de l'autre toucha la boule. Rien ne se passa. Harry approcha lui aussi sa main et attrapa la boule. Ils soulevèrent ensemble la prophétie qui s'éteignit d'un seul coup, n'émettant plus sa lumière bleutée caractéristique. Le couple resta le regard fixé sur cette prophétie pendant un bon moment avant que Harry ne se décide à la mettre dans la poche de sa robe de sorcier.
- On l'écoutera au calme, à la maison.
Ils repartirent donc en sens inverse. Mais cette fois-ci ils passèrent par une entrée de service, de l'autre côté du bâtiment pour ne pas rencontrer trop de monde. Ils marchèrent ensuite jusqu'à la voiture et rentrèrent sans encombre. Harry tenait sa cape fermement serrée pour ne pas risquer de perdre la prophétie. Ils furent accueillit pas Molly, Lupin et Ginny, visiblement impatients d'entendre la prophétie. Ils s'installèrent donc dans le salon et Harry déposa la prophétie sur la table basse au milieu du cercle qu'ils avaient formé en s'assayant.
- Comment fait-on pour la voir ? Demanda-t-il en allant retrouver Draco sur le canapé. La dernière fois, elle est tombée et s'est brisée.
- Il y a un moyen moins radical, répondit Severus. Vous êtes prêts ? Demanda-t-il en regardant son fillieul et Harry.
Ils hochèrent la tête en Severus prononça un « Revelium ».
La sphère se remit à briller de sa lueur bleutée et une fumée bleue s'en échappa. Avec un mouvement de recul, ils virent apparaître devant eux, tels des fantômes translucides, Voldemort, Bellatrix et Queudver.
- Encore lui ! S'exclama Ron en reconnaissant son ancien animal de compagnie, sous sa forme humaine.
Les silhouettes se mirent en mouvement, elles semblaient parler, pourtant aucun son n'était émit. « C'est bien notre veine, si la prophétie à un défaut. Manquerait plus qu'elle soit muette ! » Se dit Harry en se tortillant sur le canapé. Draco était très tendu. Voir réapparaître le Seigneur des Ténèbres était assez traumatisant, même si il n'était pas en chair et en os.
La scène se déroulait toujours en silence. Voldemort parlait avec Bellatrix qui le regardait comme si il était la huitième merveille du monde. Puis, tout à coup, elle sembla se figer. Sa tête bascula vers l'arrière et elle se mit à trembler. Queudver allait pour la toucher quand le Seigneur des Ténèbre l'arrêta. Enfin, la prophétie émit un son. Bellatrix formula enfin sa prédiction.
- Un jour viendra où l'alliance du fils de ton plus fidèle Mangemort et de l'Elu engendrera l'Etre le plus puissant que le camp de la Lumière ait jamais compté dans ses rangs.
Voldemort s'était redressé et on voyait très bien qu'il était passablement énervé. Seulement, la prophétie était redevenue muette. La fumée se dissipa et retourna s'enfermer dans sa bulle de cristal alors que Bellatrix tombant évanouie était la dernière image visible.
Le silence était lui aussi tombé sur le salon du 12 square Grimaud. Ils avaient tous le regard encore fixé sur la boule de cristal. Seul Harry avait baissé les yeux. Il avait porté les mains à son ventre, le caressant doucement. Draco fut le premier à bouger et se retourna pour regarder son amant. Tous les yeux glissèrent vers eux.
- Alors c'est lui. C'est le bébé notre plus grand pouvoir ? Murmura Harry.
- La prophétie n'aurait pas pu être plus claire. Répondit Severus avec un sourire. J'aurais seulement aimé voir la tête du Seigneur des Ténèbres si il l'avait su !
Son sourire se transforma en rire de soulagement. Il fut bientôt suivit par Lupin et tous les autres. Molly se rua vers Harry pour le serrer contre elle.
- Vous n'avez plus rien à craindre, maintenant. Votre bébé va être très puissant et il sera tourné vers le Bien.
Elle avait les larmes aux yeux. La tension contenue de ces derniers jours ressortit et se transforma en rires ou en pleurs selon les individus. Draco et Harry, eux se regardaient dans les yeux, absorbés par la révélation et surtout par l'espoir de vivre, pour une fois, une vie sans embûches. Une vie tous ensembles.
- Fin du chapitre 14 –
J'espère que vous avez aimé, suite et fin très bientôt…
