Fanfiction :
Too Bad For Me

Chapitre X.4 :
Bréciliane suite et fin

Disclamer :
Les personnages appartiennent à Bioware blablablabla xD

Note de l'auteur :
Suite et fin du chapitre sur les Dalatiens… Zevran inside !


Nous suivons notre médiateur jusqu'à une salle gigantesque au plafond si haut que lever la tête pour le regarder me donne le vertige. A vue de nez je dirais qu'elle se situe au centre des ruines, presque tout à fait sous la terre. Ou du moins son immense plafond ne doit pas dépasser beaucoup du niveau du sol. Le reste de la meute est là, sur notre passage, de féroces claquements de dents et des grognements sourds. Je ne suis pas dupe, la décision de parlementer n'a pas été prise par les loups eux-mêmes mais par Versipelle. A la moindre esclandre, ils nous sauteront à la gorge. Je regarde autour de moi, il y a également quatre sylvains endormis aux coins de la pièce. Ceux-là nous donnerait pas mal de fil à retordre également. Je vois une porte de l'autre côté, à mon avis un raccourci pour l'extérieur, je vois mal les loups passer chaque fois les squelettes et tournicoter dans les couloirs qui n'en finissent jamais à chaque fois qu'ils descendent ici ou remontent à la surface. Mais l'option "fuite" n'est pas envisageable. Je dois trouver ce qui empoisonne mon peuple et ce qui peut le sauver. Je regarde enfin devant moi, une femme nue se tient devant moi. Mais la définir comme une femme serait un peu réducteur, tout comme le loup blanc, ses jambes sont cernées de lianes et de lierre , la couleur de sa peau oscille entre le bleu et le vert, ses yeux sont entièrement noirs, signe de possession. Ses bras sont veinés de branches et ses doigts sont des racines. Elle caresse le dos de Garrol, le loup se calme et s'agenouille devant elle. Elle me regarde, ses cheveux noirs et souples tombant sur ses seins comme le feuillage d'un arbre pleureur.

" Je vous souhaite la bienvenue, mortel. On m'appelle Dame-Sylve."

"Vous êtes avec les loups garous..."

"Non, je ne suis pas des leurs. Si j'avais pu me manifester plus tôt, je l'aurais fait."

"Ne l'écoutez pas, ma Dame! Il vous trahira! Nous devons le tuer sur-le-champ!" hurle Garrol.

"Fais silence, Garrol. Ton désir d'en découdre n'a fait que semer la mort parmi tes proches. Est-ce réellement ce que tu souhaites?"

"Non, ma Dame. Tout sauf ça."

"Le temps est donc venu de conférer avec cet étranger, de nous défaire de notre rage. Je vous prie d'excuser le comportement de Garrol. Il lutte contre sa nature."

"C'est ce que nous faisons tous." dis-je, amer, en pensant à l'engeance qui bouillonne en moi.

"Ce n'est que trop vrai. Mais vous ne pourriez l'affirmer avec davantage que force que ces créatures. Leur nature profonde est une malédiction dont ils sont affligés à refus."

Tu crois que je les ai suppliés de me souiller, moi?

" Les questions doivent se bousculer dans votre esprit, mortel. Zathrian vous a dissimulé maintes réponses."

"Comment le savez-vous?"

"Zathrian ne vous aurait jamais offerte la vérité nue. Il vous appartient de découvrir quelles réponses méritent d'être révélées. C'est Zathrian lui-même qui a conçu la malédiction dont souffrent ces créatures, la même affliction qui frappe désormais ses propres gens. Lorsque les Dalatiens s'établirent jadis en cette contrée, une tribu d'humains hostiles à leur voisinage demeurait non loin de cette forêt. Zathrian avait un fils et une fille."

"Les humains... tourmentèrent le garçon avant de l'achever. La fille, ils la violèrent et la laissèrent pour morte. De retour parmi les siens, elle se découvrit... enceinte et s'ôta la vie." continue Garrol.

Je peux à présent comprendre ce qui n'allait pas dans ce tableau trop manichéen. Le coup des méchants loups qui attaquent les pauvres elfes dans le forêt c'était un peu difficile à avaler. Et puis je savais bien que Zathrian me mettait mal à l'aise.

"Alors il les maudit, n'est-ce pas?"

"Zathrian rallia ces ruines et convoqua un esprit redoutable qu'il assujettit au corps du grand loup. Ainsi naquit Versipelle." Reprend le chef des garous.

"La duperie est dans la nature des hommes." conclut Sten comme si c'était la morale de cette histoire.

"Lorsque les hommes se retirèrent enfin, ceux qui avaient été frappés par la malédiction demeurèrent, pitoyables bêtes dépouillées d'esprit." Continue la Dame-Sylve en ignorant Sten.

"Jusqu'à ce que je vous trouve et que vous me donniez la paix." conclue Garrol.

" J'ai montré à Garrol une autre facette de sa nature. J'ai apaisé sa rage et exalté son humanité. Et il a conduit ses frères devant moi."

"Mais pourquoi vous en prendre aux Dalatiens? Par soif de vengeance?"

" En partie. Nous voulons mettre un terme à la malédiction. Les crimes commis contre les enfants de Zathrian sont graves, mais ils furent perpétrés par des hommes depuis longtemps défunts. Nous avons tenté de contacter Zathrian chaque fois que l'occasion s'est présentée, mais il a toujours négligé nous appels. Nous ne le tolérons plus."

"Nous répandons la malédiction parmi les siens, pour l'obliger à nous écouter."

"Je vous en conjure, mortel, amenez-le ici. S'il voit ces créatures et entend leur détresse, sûrement acceptera-t-il de lever la malédiction."

Je réfléchis une seconde. Après tout les garous sont finalement des humains. Que m'importe qu'ils meurent? Si j'avais eu les pouvoirs de Zathrian et qu'un pareil malheur m'avait frappé, j'aurais agi à l'identique. J'aurais même trouvé un moyen pour que ce soit pire encore. Mais j'ignore si tous les loups sont là et si c'est Zathrian qui a lancé la malédiction, tuer Versipelle se révèlera peut-être inutile, il y a certainement veillé. Je range mentalement mes priorités et celle qui arrive en tête de liste c'est de sauver les miens du mal qui les ronge, s'il faut pour cela libérer les loups de leur malédiction alors soit. Il sera toujours temps de les tuer plus tard. Mais je n'ai pas non plus l'assurance que Zathrian n'ait pas besoin de Versipelle pour lever la malédiction donc je ne peux pas la tuer simplement. Non, je suis dans une impasse. Je relève les yeux vers elle.

"C'est d'accord, je conduirai Zathrian devant vous."

"Dîtes-lui que s'il refuse, je veillerai à ce que jamais Versipelle ne reparaisse. Jamais son clan ne sera délivré du mal." Elle fait une courte pause. "Au-delà de cette chambre, un passage vous a été ouvert qui vous conduira à la surface. Revenez avec Zathrian, aussi tôt que possible."

Je la salue respectueusement, c'est peut-être idiot mais un esprit de la forêt, c'est un peu comme la forêt elle-même. Je reprends le chemin du clan. Mes compagnons parlent derrière moi mais je suis dans un état second, je ne fais même pas attention à la direction de mes pas, je rentre machinalement, comme guidé vers les miens. J'entends les mots de la conversation derrière moi mais je n'en saisis pas le sens, je sais juste qu'ils parlent, qu'ils parlent de notre découverte. Arrivés en haut des marches, surprise, Zathrian nous attend... Quel fumier. Il vient s'assurer que nous faisons son sale boulot à sa place. Je ravalerai mon envie de lui mettre des poings dans la figure parce que c'est un archiviste et je ne peux pas lever la main sur un archiviste... Mais là tout de suite j'ai envie de lui démolir son petit crâne lisse de vieillard en robe.

" Vous voilà." Qu'il nous dit.

"Vous ne me faisiez pas confiance, hein?"

"Il veut s'assurer que nous avons bien exécuté ses basses œuvres" ricane Morrigan. "C'est bien cela, magicien."

Combien vous pariez qu'il nie d'une manière ou d'une autre?

"Ne m'appelez pas comme ça, sorcière. Je suis l'Archiviste de ce clan et j'ai agis en tant que tel. Avez-vous récupéré le cœur?"

Ah non perdu. Donc c'est un connard, mais un connard honnête.

"Je ne vous ai pas promis de vous ramener son cœur, seulement de retrouver Versipelle pour vous."

"Non? Alors pourquoi ressortez-vous des ruines?"

"C'est donc que vous les connaissiez, ces ruines. Pourquoi ce secret?"

"Je n'en voyais pas l'utilité. Je savais que vous les trouveriez et je n'ai pas jugé bon de vous donner un cours d'Histoire sur des évènement qui ne sont pas de votre ressort"

"Non c'était bien mieux de me faire croire que vous étiez blanc comme neige pour que je règle la situation comme VOUS l'entendiez."

"L'esprit semble vous avoir persuadé d'embrasser sa cause. Puis-je savoir ce qu'elle désire?"

"A votre avis?"

"Survivre. C'est l'instinct prépondérant chez les créatures de cette sorte."

"Elle veut que vous leviez la malédiction, ou elle fera disparaitre Versipelle."

"Vous avez bien conscience qu'elle et Versipelle ne sont qu'une seule et même entité."

"Prenez moi pour un idiot, je ne fais que transmettre un message."

"C'est elle, le puissant esprit de cette forêt que j'ai invoqué dans le corps du loup. C'est l'incarnation de la forêt elle-même aussi belle qu'impitoyable, aussi sereine que sauvage, pure que bestiale. Ainsi est la Dame, ainsi est Versipelle, les deux facettes d'une même réalité."

"Avec laquelle nous sommes censés vivre en harmonie, pas la dénaturer."

"C'est elle qui est à l'origine de la malédiction. Ceux qu'elle a touchés ont pris l'image de cette dualité pour devenir à la fois bête sauvage et humain."

"Non, celui qui est à l'origine de cette malédiction, c'est vous."

" Ces monstres sont ceux-là mêmes qui ont attaqués mon clan. Ils méritent d'être éradiqués et non défendus."

"Et vous méritez la même chose pour avoir déclenché cette situation."

"Venez, je vais vous raccompagner dans les ruines. Allons parler à l'esprit; je la contraindrais à reprendre la forme de Versipelle. Vous pourrez l'occire et récupérer son cœur."

"Etes-vous au moins disposé à leur parler?"

"Pour quoi faire? Vous avez beau jurer qu'ils ont recouvré leurs esprits, ce n'en sont pas moins des bêtes sauvages. Leur nature n'a pas changé. Ils ne désirent que vengeance... Ou une libération que je ne leur donnerai pas. Non, prenons le cœur et finissons-en!"

" Vous avez vous-même créé ces monstres, et aujourd'hui ils contrôlent leur malédiction!"

"Quand bien même, ils n'en sont pas moins monstrueux que leurs ancêtres. Leur misérable existence est toute méritée. Cette rivalité ne vous concerne pas, garde des ombres. Allons récupérer le cœur et finissons-en!"

J'adore la cohérence des propos de cet homme. La guerre loup garous contre Dalatien ne me regarde pas par contre il veut bien que j'aille taper sur les loups quand même...

"Le temps n'a donc pas apaisé votre haine?"

"Le Dalatien que vous êtes connait les tourments que nous imposent la liberté et la justice? Je ne pouvais pas laisser leurs crimes impunis!"

Tiens d'un coup je ne suis plus Garde des Ombres, je suis Dalatien. C'est marrant, il y a deux minutes ont aurait juré que j'étais étranger à la cause.

"Mais maintenant notre peuple partagent leurs souffrances!"

"J'ai juré de protéger mon peuple et je le ferai. Jamais je n'aiderai les descendants de ces monstres, qui méritent cent fois leur sort."

"Daignez au moins les rencontrer, je n'en demande pas plus."

"Mais que ferez-vous s'ils préfèrent la vengeance aux paroles? Me protégerez-vous?"

"Oui, si vous n'attaquez pas le premier. Nous verrons qui est le plus sauvage des deux."

"J'ai peine à y voir une quelconque utilité ... mais c'est entendu. Bien des siècles ce sont écoulés; voyons ce que l'esprit veut me dire."

Nous reprenons les marches à l'envers. Nous descendons longuement, Zathrian marche à grands pas mais je m'efforce toujours de ne pas lui démolir le portrait. Cet homme fait honte à la sagesse des archivistes Dalatiens. J'ai toujours considéré les archivistes comme au-dessus de toutes querelles et de toute colère. La colère, la haine, c'est bon pour les gens comme moi, dont la voix n'a pas d'incidence sur l'avenir des clans. C'est bon pour ceux qui suivent, pas pour ceux qui mènent.
Et en parlant de mener, nos pas nous font retrouver la chambre de Dame Sylve. Les loups grondent et hurlent avec colère mais elle, est immobile. Elle regarde avancer Zathrian.

"Te voilà donc, esprit!"

Je me choque de la manière dont il s'adresse à la forêt elle-même et je reste bouche-bée. Qu'il en veuille aux loups c'est une chose, qu'il s'amuse à provoquer la Nature c'en est une autre. Mais je me tais, Zathrian est tout de même archiviste, sa colère l'aveugle pour le moment, mais la raison finira peut-être par lui revenir, lorsque l'esprit et lui auront parlé. Je n'en ai pas l'air comme ça, mais je suis un grand optimiste...

"Elle est la Dame de la Forêt! Témoignez-lui du respect!" grogne Garrol.

"Tu t'es donc choisi un nom, esprit? Ainsi que pour tes animaux de compagnie? Ces... bêtes qui te servent de disciples?"

"Ce sont eux qui m'ont baptisée, Zathrian. Ces noms ils les ont choisis en leur âmes et conscience; et c'est justement parce que je leur rends leur âme, leur conscience, qu'ils sont mes disciples."

"Ils n'en ont pas plus que leurs ancêtres. Des bêtes sauvages! Des chiens galeux! Leur cœur est aussi noir que leur silhouette est difforme!"

"Il ne nous aidera jamais, ma Dame! Je vous l'avais dit! Il ne vient pas parlementer!" Garrol semble prêt à bondir mais sa tension montre qu'il se retient.

"C'est bien pour parlementer que je suis là même si je n'en vois pas l'intérêt. Nous savons tous que la violence est inéluctable. Votre instinct vous y pousse et le mien aussi."

"Il n'y a là rien d'inéluctable. Ton cœur n'est pas dénué de compassion, Zathrian. Notre pénitence a assez duré, tu le vois bien."

"Ta pénitence est aussi éternelle que ma souffrance, esprit. Ce n'est que justice."

" Ta souffrance est-elle vraiment la seule raison de ton refus? As-tu raconté à ce mortel comment tu as créé la malédiction?"

"Il... M'a dit qu'il vous avait invoquée et emprisonnée dans un loup." dis-je, mal assuré.

"C'est vrai, Versipelle et moi sommes unis en un être. Mais pour utiliser pareille magie, Zathrian a dû verser son propre sang... Zathrian, ton peuple pense que tu as redécouvert l'immortalité de tes ancêtres, mais c'est faux. Tant que la malédiction perdure, toi aussi."

"Non, c'est faux!"

"Vous avez donc trahi notre peuple pour vous venger!" J'écume de rage, Alistair me pose la main sur l'épaule pour me retenir.

"Je n'ai trahi personne! J'ai fait ce que j'estimais nécessaire, ce qui était justice et l'est toujours!"

"La vie de Zathrian dépend de la malédiction." Distille la Dame Sylve. "Mais l'inverse n'est pas vrai. Sa mort peut contribuer à la lever, cependant."

"Alors tuons-le! Mettons-le en pièce!" rugit Garrol.

"Vous avez peut-être la parole mais vous n'en restez pas moins des bêtes sauvages. Qu'avez-vous à gagner en me tuant? Je suis le seul à connaitre la fin du rituel, et jamais je ne l'accomplirai!"

"Vous voyez? Il faut tous les tuer!"

Eh! Je refuse qu'on me mette dans le même panier que Zathrian! Et d'ailleurs c'est un regard dédaigneux que je lui jette lorsqu'il se tourne vers moi pour me prendre à témoin.

"Voyez donc comme ils sont prompts à se retourner contre vous! Faites ce pour quoi vous étiez venu, Garde des Ombres, ou ôtez-vous de mon chemin."

Alistair avance d'un pas pour me soutenir, la main toujours posée sur mon épaule. Il me jette un regard pour deviner ce que je vais décider, entre un fou furieux qui refuse le seul moyen de sauver mon peuple et la nature en souffrance, j'ai fait mon choix. Une chose me retient encore... Je ne peux pas lever la main sur un Archiviste ... Je ne peux pas faire ça... Même avec toute la colère que j'ai en moi, je ne peux pas à nouveau tuer l'un des miens... Alistair regarde Zathrian, puis moi, puis Zathrian. Je doute qu'il puisse comprendre mon conflit intérieur... mais il a fait le lien avec Danyla, ça ne fait aucun doute.

"Alors vous mourrez avec eux! Vous allez tous endurer les souffrances que vous méritez!"

Je me retourne alors vivement et ma dague à aiguille part dans l'épaule de Zathrian avant même qu'il ne se retourne. Je ne veux pas qu'il meure, il faut le forcer à se rendre. Il me fait face, fou de rage, son bras pendant et saignant sur son côté. J'aurais pu le tuer immédiatement, cette lame aurait pu finir dans son cœur ou dans sa nuque, mais non. Je ne tuerais plus de Dalatien, je ne tuerai jamais d'Archiviste. Alistair m'a compris, il charge avec son bouclier mais Zathrian a le temps d'animer les arbres autour de nous. Merde. Il va nous obliger à le tuer. Je fais signe à Morrigan et Sten de s'occuper des arbres, je sors mon arc, je vise, je prends mon temps pour aligner mon tir... Et la flèche part et se plante dans l'épaule de Zathrian alors qu'il passe devant une énorme racine. La flèche le transperce et se plante dans le bois, il est bloqué contre le mur. Le coup n'est pas mortel, mais il sera douloureux pendant plusieurs mois. Alistair résiste à la magie, il plaque son bouclier contre Zathrian pour l'immobiliser et le prive de son bâton. Je me retourne ensuite pour aider à neutraliser les arbres mais ceux-ci ce sont arrêtés.

"Assez!" hurle Zathrian" Assez... Je ne peux pas ... vous vaincre..."

Je reviens vers lui et casse la flèche que je lui ai plantée dans l'épaule, Alistair le décolle du mur pour le faire glisser dans le sens du bois et le libérer... Je ne veux pas du sang de Zathrian sur moi, je recule, le templier le soutient seul aisément, je détourne le regard... Je ne peux supporter d'avoir porté la main sur un archiviste...

"Tuez-le! Allez!"

"Non. Nous ne le tuerons pas. S'il n'y a pas de clémence dans nos cœur, comment pouvons-nous espérer qu'il en ait."

"Je ne peux pas accepter, esprit. Je suis... trop vieux ... pour être clément. Tout ce que je vois, ce sont les visages de mes enfants, de mon peuple. C'est ... impossible."

"Allez-vous condamner votre clan, notre peuple pour si peu?" Je plaide.

"J'ai peut-être... vécu trop longtemps. Cette haine qui brûle en moi est pareille à une vieille racine noueuse. Elle a consumé mon âme... Et toi, esprit? Tu es prisonnière tout comme moi de cette malédiction... Ne crains-tu pas ta fin?"

"Tu es mon créateur, Zathrian. Où je n'étais que néant tu m'as donné forme et conscience. J'ai connu douleur et amour, espoir et crainte, toute cette joie qu'est la vie. Mais il n'est rien que je désire plus que la mort. Je t'implore, ô créateur... Achève-moi. Nous implorons... ta clémence."

"Grande est ma honte, esprit. Je suis... un vieillard qui n'a que trop vécu."

"Alors c'est entendu? Tu briseras la malédiction?"

"Oui le temps est venu." Zathrian se relève, il est tombé à genoux sous la douleur de ses blessures... Je ne regarde toujours pas. "Finissons-en... Finissons-en ensemble."

Alors ils se positionnent face à face. Et leurs corps se baignent d'une aura magnifique qui ressemble à l'aube. Je retiens mes larmes. Je déteste ce à quoi j'ai participé mais le clan est sauvé. Je ne peux m'empêcher de regarder la lumière, mon cœur s'allège un peu. Puis l'aube devient un soleil brulant qui nous oblige à nous cacher les yeux avec nos bras, lorsque nous regardons à nouveau, Zathrian est allongé par terre, Dame Sylve a disparu. L'instant d'après tous les loups se mettent à briller, ils redeviennent humains. Des hommes et des femmes en piteux état.

"C'est terminé..." dit l'un d'eux en me fixant, je fuis son regard. " Elle est partie, et nous... revoilà humains. J'ai peine à y croire..."

"Humains?" j'émets un ricanement narquois. "C'est encore une autre malédiction?"

"A côté de ce monstre qui était en nous et que nous devions combattre à tout instant, c'est parfait. Idéal!"

"Bref... Je ferais mieux de rentrer au camp Dalatien..."

"Je comprends... Ils vont se demander par quel miracle leurs blessés se rétablissent. Et puis il faut leur raconter la mort de Zathrian. Merci... Nous ne vous oublierons jamais."

Ils s'enfuient. Les larmes se battent pour sortir de mes yeux mais je les refoule. Aucune magie, aucune mort ne me rendra mon sang et mon clan. L'Archidémon vaincu, je ne récupèrerai jamais ma vie d'avant. Je suis jaloux, meurtri... Je passe devant Alistair et je sors du temple à grands pas, sans les attendre. L'idée de donner une sépulture à Zathrian ne m'effleure même pas.

J'ai l'impression d'être un fantôme lorsque nous revenons. Nous avons fait le voyage en silence, je ne réalise pas tout de suite que nous sommes arrivés. Ce n'est que quand Lelianna se jette sur moi et qu'elle me serre contre elle que je prends conscience de notre retour au camp. Je lève les yeux vers l'apprentie de l'archiviste. Je parle avec elle toute la nuit, anéanti. Au matin tout le clan s'est endormi. J'ai tout déballé, même ce qui s'est passé avec Tamlen, Ostagar, Flemmeth, Lothering... et la mort de Danyla puis de Zathrian. J'ai donné l'écharpe à Athras puis, quelques heures avant l'aube, je suis allé m'assoir près du feu de camps, sur la terre, le dos contre une souche d'arbre, et j'ai pleuré. Tout seul. En silence. Je n'ai jamais aimé pleuré. Je suis un homme, je suis censé faire partie d'une Garde légendaire... mais cette nuit-là peu importait. J'ai pleuré Tamlen, j'ai pleuré mon clan, j'ai pleuré Danyla, j'ai pleuré le départ que je suis en train de préparer avec le reste du groupe. Nous avons passé la journée au camp et nous repartons demain matin. Ce soir, le clan organise les funérailles de Danyla et Zathrian. Le corps de Danyla a retrouvé sa forme normale, elle a été ramenée et enterrée dignement.

"Finduilas! Finduilas!"

Je me retourne, Athras vient me voir, il a un sourire aux lèvres que je ne lui avais pas vu jusqu'alors.

"Je voudrais te remercier d'avoir retrouvé Danyla."

"Ce n'est pas la peine, c'était mon devoir de la ramener aux siens..."

"Je voudrais quand même faire quelque chose. C'est moi le tatoueur du clan, tu as vu mon atelier non? bien. Lorsque nous en aurons terminé avec les funérailles, voudras-tu que je continue ton tatouage clanique?"

"Athras... Je n'ai plus de clan, et je ne suis censé continuer mon tatouage que le jour où j'aurai été reconnu comme..."

"Un héros. C'est ce que vous avez été pour le clan"

".. Reconnu comme un pilier du clan."

"Vous êtes Dalatien, même sans clan vous le restez et je pense que votre clan ne m'en voudra pas de reprendre leurs motifs. Et puis, après nous avoir sauvé, vous faîtes un peu parti de notre clan, non?"

Je baisse la tête, touché, et je marmonne que le motif est compliqué et que cela va prendre du temps, Athras me fait taire.

"Ce n'est pas moi qui me lève tôt demain pour partir sur les routes."

J'accepte finalement, je suis gêné mais comblé. C'est idiot mais savoir que les miens me considèrent toujours comme l'un des leurs me fait un bien fou.


"Ça vous fait mal?" demande Lelianna et posant la main sur mon épaule.

"Si je vous enfonce ma dague dans l'épaule, vous croyez que ça vous fera mal?" Je rétorque en chassant sa main de mes cicatrices encore fraîches de la nuit.

Le motif d'entrelacs qui ornait mon front et se poursuivait en traits interrompus sur l'arête de mon nez s'étend maintenant d'un somment de mes épaules à l'autre, descend sous mes omoplates en les recouvrant, et les pointillés descendent le long de ma colonne vertébrale jusqu'au milieu de mon dos. Je suis très fier… mais j'ai mal. Athras m'a bandé entièrement le torse et m'a donné un onguent à étaler dessus à chaque lune pendant le mois qui vient.

« Oh… oh je suis désolée… »

« C'est rien, ce n'est pas comme si j'avais la peau du dos à vif ! » Dis-je, en ne dissimulant même pas mon ironie.

« Quand pourra-t-on le voir ? »

« … Vous avez pourtant écouté tout ce que disait Athras. Je vais devoir enlever et refaire les pansements tous les soirs pendant un mois. Et en plus vous l'avez regardé faire, donc vous l'avez déjà vu. »

« Je pensais qu'on saignait plus que ça. » reprend-elle sans relever. « Surtout sur une surface pareille. »

« Si ça vous plait tant que ça de m'imaginer saigner, sachez que pour mon front ça ne s'arrêtait pas, j'ai cru que je faisais une hémorragie. Et c'était bien plus douloureux que le dos. »

« Mais ça va aller pour vous battre ? » questionne Alistair avec sollicitude… pour la quatrième fois depuis le lever du soleil.

« Mais oui … Tant qu'on ne s'amuse pas à appuyer dessus toutes les cinq minutes ça va. »

Mon regard noir dissuade Lelianna d'ouvrir la bouche à nouveau mais Morrigan, elle, ne peut pas s'empêcher d'y mettre son grain de sel.

« Je ne comprends pas comment on peut avoir envie de se faire charcuter pendant des heures. En plus en vieillissant tout s'affaissera ! »

Je n'aurai pas ce problème, Morrigan… Rassurez-vous…

« Ce n'est pas une question d'esthétisme, c'est symbolique, Morrigan. Les tatouages sont… un peu comme des … des grades en fait. Les tatouages claniques renseignent sur le rôle de leur porteur. Le premier, celui du visage, se fait lors du passage à l'âge adulte. Le second, après la première chasse fructueuse. »

« Où est votre second tatouage ? » s'enquit Lelianna.

Je pose un doigt sur mon nez.

« Les traits n'étaient pas là lors du premier tatouage et les contours foncés du dessin principal non plus. »

Ses lèvres forment un petit « o » puis elle regarde à nouveau la route… Sten s'est arrêté pour regarder une femme courir vers nous, Morrigan a croisé les bras et Alistair hausse un sourcil. Vu les grands gestes qu'elle nous fait elle est surement en détresse… Chouette on va encore sauver des humains… Merveilleux… Nous la laissons venir jusqu'à nous, elle s'arrête, essoufflée.

« Ils ont attaqué le chariot ! Je vous en prie aidez-nous ! »

Et elle repart en sens inverse sans même attendre notre réponse.

« Lelianna, restez là pour garder le nôtre, de chariot, des fois que ce soit une embuscade. On doit passer par là de toute façon, on ne va pas avoir le choix d'aller y jeter un coup d'œil.»

Je fais signe aux autres de me suivre alors que nous débouchons sur une petite clairière… Pas de bruits de combat, pas de cris… Ca sent mauvais. En arrivant devant les lieux où nous sommes censés apporter de l'aide, il n'y a qu'un homme en armure légère, blond, la peau halée. Un cadavre de bœuf mais pas d'humains tués, juste des chariots en mauvais état. A droite je détecte les piquets d'un piège… C'est une embuscade ! Je sors mes armes de leur fourreau dorsal… Je n'aime pas ça du tout. Et j'avais raison, ça empire, l'elfe fait un geste et toute une ribambelle de bandits se placent de chaque côté de la petite plaine, sur des falaises à trois mettre au-dessus de nous, impossible de se mettre à couvert. Et pour aggraver le tout, ils nous font tomber un tronc d'arbre dessus, que nous évitons en nous jetant par terre.

« Mort au Garde des Ombre ! » crie-il

La femme qui nous a amené ici est en réalité un mage. Elle prépare une boule de feu et me la jette dessus avant que je me sois relevé, je roule sur le côté mais les flammes pulvérisent mon épaulette gauche, je suis touché, mon épaule me fait un mal de chien. Je serre les dents et me relève péniblement, il faut que j'atteigne les hauteurs pour me mettre à l'abri. Je saute par-dessus le piège qui gêne le passage sur ma droite, mes dagues toujours solidement ancrées dans mes mains. Je tue un bandit, Alistair, qui a déclenché le piège mais s'en est tiré à bon compte, se jette sur le second. Je m'arrête une seconde derrière une énorme pierre en regardant passer les flèches au-dessus de ma tête. Merde la blessure n'est pas profonde, le devant de mon épaule est brûlé légèrement, ce sera remis d'ici quelques jours, le cuir a bien encaissé… mais quel mal de chien. Je range mes dagues et sors mon arc, je trempe une flèche dans un poison et je bande mon arc avant de sortir de mon couvert. Je plante un mec en lui traversant la gorge d'un trait puis je me cache à nouveau. Sten est face à l'assassin un bas, Morrigan essaie de neutraliser la sorcière. Alistair a presque fait le tour. J'envoie un projectile déclencher un piège à loup juste devant lui pour qu'il regarde où il marche. Message passé avec brio, il contourne les autres et même le second fil tendu en travers de son chemin en montant pour taper sur les archers.

La douleur redevient supportable et je sors de ma cachette, les archers sont occupés avec Alistair, debout, je marche silencieusement de côté pour me positionner derrière l'assassin tandis que le mage s'écroule, électrifié. Je descends et je l'attaque par derrière en lui collant un violent coup du pommeau d'une de mes dagues sur la nuque. Il s'effondre sur le sol et j'envoie Sten chercher Lelianna et le reste de l'équipe. Il faudra que je félicite Thalion d'être resté à sa place sagement. Je n'aurai pas aimé le voir dans ce traquenard. Le temps de le ligoter et notre assassin raté se réveille, assis, adossé à la chariote en ruine, devant un groupe de gens en armes un chouia énervés. Il gémit en se réveillant, il doit certainement avoir mal à l'arrière de la tête le pauvre chéri.

« Hein ? Qu'est-ce que… Oh… Je pensais me réveiller mort… ou ne pas me réveiller du tout … Mais je vois que vous ne m'avez pas encore tué… »

« Je pensais vous torturer.» Je dis, d'un ton dégagé.

« Oooh, donc vous m'avez gardé en vie pour qu'on s'amuse un peu, n'est-ce pas ? hmm… Mais la torture a normalement pour but d'interroger le supplicié, non ? Dans ce cas, et malgré le plaisir potentiel que l'on pourrait trouver à cette activité, peut-être que je peux vous épargner un peu de temps et aller droit au but. »

Un assassin masochiste… Pourquoi pas… ou un parfait idiot… Est-ce qu'il se rend compte que je peux lui trancher la gorge à tout moment… Je ne le ferai pas… mais je pourrais.

« Mon nom est Zevran. Zev, pour les intimes. Je suis membre des Corbeaux Antivans, et j'ai pour but d'éliminer tous les Gardes des Ombres survivants en Ferelden…. Ce en quoi j'ai échoué, malheureusement. »

« Excusez-moi si je ne trouve pas que ce soit malheureux. »

« Je ne serai bien d'accord avec vous si j'étais à votre place… Pour moi en revanche, c'est un peu embarrassant. Etre capturé par sa cible n'est pas particulièrement reluisant dans la carrière d'un assassin. »

« Dommage pour vous. » Je dis, imperturbable.

« Oui, c'est vrai, dommage pour moi. » (En anglais: "yes, it's true. Too bad for me." Et là vous avez tous reconnu le titre de la fic! You are ridiculously awesome ! Ahahahah... hmm pardon.)

« Qui vous a engagé pour nous tuer ? »

« Un homme assez taciturne, dans la capitale. Loghain, je crois que c'était son nom… Oui c'était ça. »

« Est-ce que ça veut dire que vous êtes loyal à Loghain »J'ai les dagues qui me démangent, il a plutôt intérêt à dire non s'il veut survivre quelques minutes de plus.

« Je ne sais pas ce qu'il vous veut. Les problèmes habituels j'imagine, vous menacez son pouvoir ou quelque chose comme ça. Mais non, je ne lui suis pas loyal. J'ai été contacté pour effectuer un service, cela s'arrête là. »

« Et vous vous êtes planté… Et maintenant ? »

« C'est entre Loghain et les Corbeaux. Et entre les Corbeaux et moi. »

« Et entre vous et moi ? » Je dis, en essayant de ne pas relever de double sens à ma phrase, mais je crois que ce Zevran est le seul à avoir relevé.

« C'est ce que nous essayons de déterminer, non ? »

« J'imagine que tuer un Garde des Ombres doit rapporter pas mal. »

« Je n'ai pas été payé du tout. Les Corbeaux, par contre, ont touché une coquette somme, d'après ce que j'ai pu comprendre. Si vous voulez tout savoir, je suis aussi pauvre qu'une souris Chantriste. Etre un Corbeau Antivan n'est pas vraiment une profession d'ambition, pour être parfaitement honnête.»

« Quel intérêt ? »

« Eh bien à part un manque cruel d'ambition, je suppose que je suis devenu Corbeau parce que je n'ai pas eu beaucoup de choix. Les Corbeaux m'ont acheté jeune. J'étais une affaire, à ce que je me suis laissé dire. Mais ne laissez pas ma triste histoire vous influencer. Les Corbeaux ne sont pas si mauvais. Ils ne sont pas chiches, ni en vin ni en femme… ou en hommes… Quelques soient vos préférences. En revanche, les cadeaux d'adieux sont en général misérables. Si vous envisagiez de les rejoindre, réfléchissez-y à deux fois. »

« Je vais prendre ça pour un conseil avisé. »

Mais le chemin se fait dans ma tête. Le parallèle entre son histoire et la mienne. C'est stupide mais depuis qu'il a prononcé les mots ''je n'ai pas eu le choix'' je n'ai plus envie de le tuer. C'est un peu comme si j'expliquais à l'Archidémon après avoir perdu que je n'ai pas demandé à entrer dans la Garde des Ombres… J'imagine assez bien son état d'esprit malgré son air bravache.

« Vous avez l'air d'avoir de la ressource, je suis certain que vous avez d'autres options. »

« Pourquoi est-ce que vous me révélez tout ça ? Et si facilement, en plus. »

« Pourquoi pas ? » Il rit et la chaleur de sa voix me remonte l'échine. Je remarque alors son accent, alors que cela fait plusieurs minutes que je lui parle. La langue à Antiva doit être très belle. « Je n'ai pas été payé pour me taire. Cela dit je ne l'ai pas proposé, en fait. »

« J'aurais attendu plus de loyauté pour votre guilde. »

« La loyauté est un concept intéressant. Si vous le désirez, et si vous avez fini de m'interroger, nous pouvons en discuter plus tard. »

« Je vous écoute, mais faîtes vite. » Je maintiens la pression mais ce qui m'intéresse maintenant c'est de décider ce que je vais faire de lui.

« Bon voilà la chose. J'ai échoué, je n'ai pas pu vous tuer, donc ma vie est amendée. C'est ainsi que marchent les choses : si vous ne me tuez pas, les Corbeaux le feront… Mais voyez-vous... J'aime la vie. Et vous êtes précisément le genre d'opportunité d'échapper aux Corbeaux. Donc, laissez-moi vous servir. »

J'alimente la conversation, mais je gagne du temps pour réfléchir l'air de rien. Un elfe dans le groupe, un second elfe… Même s'il n'est peut-être pas Dalatien, je ne connais pas son tatouage facial, mais un elfe tout de même. Rien ne devrait me pousser à croire son histoire mais je ressens le besoin de l'emmener avec nous. C'est un peu comme si, tout en quittant mon peuple, j'obtenais de pouvoir en emmener une part avec moi… Je garde un visage neutre, je ne veux pas qu'on devine mes pensées. Lelianna et la calèche des nains arrivent doucement et déplacent l'arbre à l'aide du cheval de trait.

« Et pourquoi je voudrais de vos services ? »

« Pourquoi ? Parce que j'ai été entraîné à de nombreuses choses : le combat, le vol, le crochetage. Je pourrais également vous prévenir si les corbeaux tentaient quelque chose de plus… Sophistiqué contre vous… Maintenant que mes tours ont été déjoués. »

C'est assez tentant en effet…

« Je connais aussi pas mal de blagues. Douze techniques de massage, six jeux de cartes différents ? Je fais fureur en soirée, vous savez ? »

… Alors là … Je porte la main à ma bouche pour dissimuler mon sourire alors que mes compagnons s'insurgent de son inconscience.

« Qu'est-ce que vous voulez de moi en échange ? »

« Eh bien… laissez-moi réfléchir … être autorisé à rester en vie serait un bon début, et ce pourrait être marginalement plus efficace si vous décidez de me garder et me rendre utile. Et si vous décidiez un jour que vous n'avez plus besoin de moi, laissez-moi reprendre mon chemin. Jusque-là, je vous appartiens. »

« Est-ce que je dois m'attendre au même genre de loyauté dont vous faites preuve envers votre guilde ? »

« Je suis quelqu'un de très loyal. A partir du moment où on ne me demande pas de mourir pour mes échecs. Ce n'est pas une faute, si ? Enfin, sauf si vous êtes également du genre à agir de la sorte… Dans ce cas, je suppose que ma lettre de recommandation n'est pas très reluisante…. »

J'ai un sourire amusé, que je ne cache pas cette fois, je me baisse pour lui défaire ses liens.

« Très bien, j'accepte votre offre. Et je n'ai pas pour habitude de tuer les incompétents, rassurez-vous. Je préfère leur botter les fesses.»

« Ce qui explique qu'Alistair soit toujours parmi nous ! » Je vous laisse deviner l'auteur de cette douce déclaration d'amour.

« Hé ! » S'insurge le principal concerné. « Mais … Mais quoi ? On prend l'assassin avec nous ? Vous êtes vraiment sûr que c'est une bonne idée ? »

Thalion apparait en jappant, il se jette sur moi pour se frotter à son maître bien aimé qu'il avait perdu de vue –ça a l'air d'être le supplice le plus intolérable qu'on puisse faire souffrir à ce chien, je vous jure-. Puis il renifle Zevran et lui lape la figure à plusieurs reprises. Je l'éloigne d'un geste doux et il s'assoit pour me regarder me débattre avec les cordes qui retiennent l'elfe prisonnier

« Si je ne recrutais pas n'importe qui, vous ne seriez pas là. »

« Aoutch… Pas faux mais… Aoutch. » Fait-il, blessé. « Bon j'imagine que vous savez ce que vous faites. »

« Un bon plan. » Minaude Morrigan. « Mais j'examinerai le boire et le manger avec attention à partir de maintenant, si j'étais vous. »

« C'est un excellent conseil pour tout le monde ! » dit notre nouveau compagnon en saisissant mon bras pour se relever. Il se place face à moi, dans son armure verte et or. « Je vous prête ici allégeance jusqu'à ce que vous décidiez de m'en décharger. Je suis votre serviteur inconditionnel… J'en fais le serment. »

Il s'incline devant moi puis croise mon regard. Je reste bloqué quelques secondes sur la couleur de ses yeux, je n'avais jamais vu d'yeux mordorés. Je me mets mentalement une gifle et je hoche la tête pour lui indiquer que j'accepte son serment. Le chariot finit par passer, on entend le trot du cheval s'arrêter non loin. Zevran va chercher ses affaires et les met dedans avant de m'emboiter le pas d'un air confiant lorsque j'annonce qu'il est temps de repartir. Mais manifestement, Tout le monde n'est pas de cet avis.

« Je suggère qu'on lui garde les mains attachées dans le dos » Annonce Lelianna.

Je lève les yeux au ciel, autant les laisser s'amuser le temps qu'ils se détendent avec cette histoire, si je me récrie et que je prends son parti, mes raisons de l'emmener seront trop évidentes : je défendrais un elfe. Le principal c'est qu'il vienne avec nous.