Bonjour! Voici la suite de C'était pas son jour! J'espère qu'elle vous plaira... Pour vous résumer les épisodes précédents, Sirius et Severus ont reçu du courrier de la part de Dumby. Dans ce courrier: une clé, une adresse, et un numéro de compte en banque. Sev et Sirius ont récupéré de l'argent à la banque et comptent bien visiter la maison le plus vite possible!
La suite courant août si je peux me connecter quelque part sinon ce sera dans la semaine du 20 août. Voili voilou!
Bonne lecture!
Nyctalope.
Chapitre 14 - Etat des lieux
Sirius se réveilla au lever du jour. Incapable de retrouver le sommeil, il se résigna. Après un regard tendre lancé à Severus, il s'installa au pupitre et entreprit de rédiger une lettre à Harry. Les mots venaient difficilement à sa plume. Il froissait bruyamment son parchemin pour la deuxième fois lorsqu'un grognement le fit sursauter. Il se retourna et eut le bonheur de voir le réveil du Maître de potions le plus craint de Poudlard : les yeux vitreux, les cheveux en bataille, une moue scotchée au visage, Severus Snape émergeait.
- Fais moins de bruit… grogna-t-il en rabattant les draps sur sa tête.
Bref, Severus était craquant. Mais Sirius n'était pas en état de craquer. Cette lettre à son filleul le tracassait. Il voulait le rassurer mais se sentait coupable de l'abandonner une nouvelle fois à la famille de Lily. Il avait également peur de l'inquiéter encore plus. Il poussa un long soupir et se prit la tête dans les mains.
- Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda Severus d'un ton bourru et ensommeillé.
- Je dois écrire à Harry mais… Je ne sais pas comme m'y prendre.
- En tout cas ne lui mets pas un T, ça ne force pas la communication, et j'en sais quelque chose, répliqua le professeur à présent parfaitement réveillé.
- Un T ?
- Aucun de ses devoirs n'a reçu plus que « Troll » cette année. Ton filleul est un cancre en potion. Puis il ajouta en souriant : comme toi à son âge, si je m'en souviens bien.
- Hééééééééééé protesta Sirius en lançant l'encrier.
Ils se chamaillèrent comme des gosses, prirent une douche puis commencèrent leur journée de travail.
Sirius était tellement impatient de visiter leur nouvelle maison qu'il lui semblait que le temps était distendu, qu'il s'étirait infiniment… Eléonore finit par lui dire de partir dès le repas de midi terminé et lui assura que tout se passerait très bien sans lui. Sirius alla annoncer la nouvelle tout excité à Severus mais se rendit compte d'une chose : on aurait besoin du professeur en cuisine pour le goûter. La cuisinière craqua devant son regard de chien battu et laissa son après-midi à Severus, non sans rappeler qu'elle avait bien dû se débrouiller seule pendant les mois précédant leur arrivée. L'homme ne put s'empêcher de sourire légèrement en voyant son compagnon sauter de joie et embrasser la petite dame sur ses deux joues rondes et roses.
O o O o O o O o O o O
Le repas de midi était enfin terminé. Sirius guetta l'approbation d'Eléonore et quitta le réfectoire rapidement. Il grimpa jusqu'à leur chambre en quatrième vitesse, récupéra le parchemin de Dumbledore, l'horrible clé et de l'argent et retourna devant le réfectoire afin d'attendre Severus.
O o O o O o O o O o O
- Le bus 17 est là, et le 19 ici, mais je ne vois pas le 18… remarqua Sirius, dubitatif.
Severus soupira et se remit en marche.
- Mais Seeeeeev, la place Elizabeth II est ici, où vas-tuuuuuuuuu ? pleurnicha Sirius.
- Je me dirige vers le banc là-bas. C'est marrant cet abri au-dessus, on dirait qu'il y a un numéro compris entre 17 et 19 inscrit dessus, rétorqua Severus d'une voix moqueuse. Puis il ajouta : Je ne me demande plus de qui tient Potter. Quoique… avec un parrain pareil il s'en sort plutôt bien. Enfin, heureusement qu'il a Lily comme mère, ça rattrape un peu le massacre…
- N'insulte-pas-James s'énerva Sirius.
Severus sourit, soupira et le nargua :
- Tu es vraiment trop prévisible ! Encore une fois je ne me demande pas de qui tient Potter.
- Mieux vaut être prévisible qu'un vieux con aigri ! répliqua Sirius d'un air suffisant et haineux.
Cette fois c'est Severus qui bouillait mais il n'en laissa rien paraître. Heureusement, le bus arriva et coupa court à leur dispute.
Les deux sorciers vérifièrent trois fois que le numéro 18 était bien inscrit à l'avant et sur les côtés du bus (on ne sait jamais si le bus se divise en deux, se justifia Sirius. Les moldus sont très ingénieux quand ils le veulent) et montèrent par l'avant. Après avoir acquis la certitude que le bus desservait bien l'arrêt « Rainbow Street » (Severus avait posé quatre fois la même question au chauffeur en détachant chaque mot pour être sûr qu'il comprenait bien), les deux hommes achetèrent leur ticket et s'assirent.
- On descend dans six arrêts, annonça Sirius après avoir étudié le plan.
- Non, quatorze, le contredit Severus. Tu as lu le plan de nuit, stupide Gryffondor.
- Je ne suis pas stupide ! se défendit Sirius en s'efforçant de ne pas crier.
- Tu es tellement stupide que je me demande ce que je fais là…
- Tu es dans le bus pour aller visiter NOTRE maison, monsieur-je-suis-plus-intelligent-que-tout-le monde
- C'est bien ce que je disais !
- Excusez-moi, les interrompit un jeune homme d'une vingtaine d'années.
- Il ne parlera plus si fort, je vous prie de l'excuser, anticipa Severus d'une voix mielleuse qu'il assortit d'un sourire aussi faux que les ongles de Rita Skeeter.
Leur interlocuteur sourit :
- Non non ce n'est pas ça du tout ! C'est juste que je n'ai pas pu m'empêcher de vous écouter et j'en ai déduis que vous alliez à Rainbow Street.
- Et ?
Sirius ne voyait pas où l'homme voulait en venir.
- Et vous avez tous les deux consulté le mauvais plan !
L'animagus éclata de rire tandis que l'homme continuait :
- Vous avez regardé le trajet de nuit et celui de jour en semaine, mais à partir du vendredi 13 heures, nous passons en horaires de week-end. Vous devez donc descendre dans huit arrêts.
- Ah, eh bien, merci, marmonna Severus, vexé.
- De rien ! Mon nom est Harry, continua le jeune homme en tendant la main devant lui.
Sirius sursauta en entendant le prénom de l'homme puis lui saisit la main et se présenta. Severus fit de même. Tous deux dévisageaient Harry à présent : il avait les cheveux assez courts et châtain clair, des yeux bleus rieurs, un sourire franc et un visage carré. Sirius le trouvait très à son goût, tout comme Severus qui ne l'aurait pas avoué même pour tous les livres de potions du monde. Il mettait un point d'honneur à ne sortir qu'avec de beaux bruns ténébreux. Harry les sortit de leurs pensées :
- Vos prénoms ne sonnent pas très anglais, vous êtes étrangers ?
- Nous venons de Bulgarie, répondit précipitamment Severus afin d'éviter toute bourde de son compagnon.
- Je ne l'aurais pas cru, vous parlez parfaitement notre langue ! les félicita Harry. Pardonnez-moi si je suis indiscret mais, vous venez pour le travail ?
- Pas tout à fait… C'est un peu compliqué en fait.
Harry changea de sujet, comprenant que les « étrangers » ne semblaient pas à l'aise avec la raison de leur venue à Londres. Ils discutèrent tous les trois durant les trois quarts d'heure de trajet. Sirius et Severus découvrirent qu'Harry habitait au même arrêt de bus qu'eux et qu'ils seraient peut-être voisins, qu'il était étudiant dans une prestigieuse université et qu'il adorait voyager. Le trajet passa très vite.
- Nous y voilà ! lança joyeusement Harry.
Tous trois descendirent.
- Je vais à gauche, votre maison est située à quelques numéros d'ici, sur votre droite. N'hésitez pas à passer me voir quand vous aurez emménagé, ça me fera plaisir ! J'habite au 56. Si vous êtes dans le coin, une bière vous attendra au frais, ça me fera plaisir. Et puis je pourrai vous parler un peu du quartier, ajouta le jeune homme en leur faisant un clin d'œil.
Harry les salua chaleureusement et partit sur la gauche. Les deux hommes étaient sous le charme. Ils mirent un léger temps avant de se reprendre et entreprirent de monter la rue jusqu'à leur adresse, au 69. Ils s'arrêtèrent devant une petite maison au jardin légèrement en friche. Ils se regardèrent, se demandant ce qu'ils allaient trouver à l'intérieur, et poussèrent le petit portail qui grinça.
O o O o O o O o O o O
Le petit hall d'entrée était sombre, sûrement à cause du contraste avec l'extérieur. Un couloir le continuait. Il s'ouvrait sur trois pièces à gauche et deux à droite.
La première porte à gauche donnait sur une cuisine assez petite. Elle était seulement équipée de l'évier. Les murs étaient peints en rose.
La pièce suivante était directement ouverte sur le couloir, sans porte. C'était le salon. Il était immense, donnant sur le jardin grâce à de vastes baies vitrées. Une cheminée se trouvait contre un des murs. Une table et des chaises en constituaient le mobilier. Des photos de Sirius et Severus prises à Poudlard étaient encadrées. Dans l'une d'elle Sirius volait sur un balai dans la tenue de l'équipe de Quidditch de Gryffondor et Severus, dans les gradins, lui jetait des coups d'œil qui se voulaient discrets. Sur une autre, Severus était concentré devant un chaudron en cours de potion et Sirius l'observait d'un air rêveur. Une troisième photo montrait Sirius et Rémus devant la salle commune des Serpentards. Rémus semblait prêt à frapper au tableau et Sirius le regardait d'un air maussade, lui reprochant visiblement quelque chose. Les deux hommes se regardèrent et esquissèrent une grimace avant de décrocher les cadres. Ils ne préféraient pas savoir pourquoi Dumbledore avait des photos d'eux. Et puis, les murs étaient peints en rose.
La dernière porte du mur gauche du couloir donnait sur une chambre bien éclairée, au centre de laquelle se trouvait un lit deux places. Il y avait également une armoire et deux tables de chevet. Et des photos d'eux. Différentes de celles du salon. Cette fois Sirius était en serviette au bord du lac et Severus, sous le saule pleureur, le regardait au-dessus de son livre. Sur une autre, Sirius et Severus avaient chacun un pied attaché à un pied de l'autre et se jetaient des regards noirs. Les murs étaient… peints en rose.
En face de la chambre se trouvait une petite salle de bains, comprenant une douche d'angle, un lavabo, un placard mural, des toilettes et des murs peints en rose. Ils soufflèrent de soulagement en voyant qu'aucune photo était accrochée au mur. Cependant, en ouvrant le placard ils tombèrent sur des serviettes de toilette brodées de « SS & SB ». Ils refermèrent les portes brusquement.
La pièce dont la porte était située entre le hall et la salle de bains était une deuxième chambre, sans aucun meuble, et également peinte en rose et avec des photos d'eux.
Sirius et Severus posèrent la pile de photos qu'ils avaient dans les bras sur le sol de la dernière chambre. Ils avaient découvert ensemble les pièces de leur maison et tous deux eurent la même idée :
- Il faut repeindre les murs le plus vite possible !
- Et faire attention à Dumby, il me fait peur… ajouta Sirius d'une petite voix.
Tous deux sortirent de la maison, et reprirent le bus. Il était déjà 17 heures. Durant le trajet ils discutèrent des changements à effectuer dans la maison :
- Il va falloir compléter le mobilier. Notamment dans la cuisine, ça me semble essentiel. Et acheter un lit pour la deuxième chambre. Et il faudra absolument acheter de la peinture ! résuma Severus.
Sirius acquiesça et ajouta :
- Je vois bien le salon en rouge, et notre chambre en orange. On pourrait fait la chambre d'ami en jaune pâle et la cuisine en jaune foncé ! Par contre la salle de bains je la vois plutôt en bleu…
- J'ai dû mal entendre…
Sirius commença à répéter.
- Black j'ai bien entendu mais je ne pense pas que je vais donner mon accord à ces changements. Il est HORS DE QUESTION que ma maison soit de la couleur des Gryffondor.
- Mais c'est pas à ça que je pensais !! Je me disais juste que le rouge c'était une couleur chaude, conviviale, tout comme le jaune et le orange ! se défendit Sirius.
- Je ne veux pas d'une maison conviviale, répliqua Severus froidement. Je veux une maison reposante dans laquelle personne du quartier ne voudra venir nous embêter lorsque nous lirons tranquillement.
- Nous n'avons pas la même conception de la vie à deux, c'est bien dommage.
Un froid glacial régnait entre eux.
- Je ne vois pas en quoi c'est dommage, Black. Tu n'as qu'à peindre ta chambre en rouge, je peindrai la mienne en vert, et le reste de la maison en blanc.
Sirius blêmit.
- Comment ça MA chambre et TA chambre ?
- Pour une fois, Dumbledore a vu juste en mettant deux chambres. Au moins je n'aurai pas à te supporter 24 heures sur 24. C'est sans appel.
Severus tourna la tête vers la fenêtre du bus et se mura dans le silence. Sirius tenta de le faire réagir, allant des excuses à la supplication, en passant par les promesses et la colère, mais rien n'y fit. Severus ne bronchait pas. Il ne parla pas plus à leur arrivée Place Elizabeth II. Ni en entrant dans leur chambre, après avoir couché les enfants. Sirius laissa Severus séparer leurs deux lits simples. Il cracha, une fois sous les draps :
- Si c'est vraiment ce que tu veux, nous pouvons acheter le deuxième lit demain. Mais ça serait bien qu'un jour tu sois assez mature pour accepter une relation !!
Sirius se redressa et se tourna vers Severus qui lui tournait obstinément le dos. Il ajouta, avec colère mais également avec une pointe de tristesse :
- Tu as un cœur mais tu fais tout pour étouffer ce qu'il te dit !! Ce n'est pas ça qui le ramènera ni qui te rendra heureux, Sev…
- Hum.. fut tout ce que répondit Severus.
Devant cette absence de réaction, Sirius soupira, prit son oreiller et sortit de la chambre en claquant la porte. Il en avait marre des sentiments « yo-yo » de Severus. Peut-être qu'en ne le sentant pas fâché et à quelques centimètres de lui il arriverait à se calmer et à dormir… Il entra dans la chambre de Mathias et grimpa dans le seul lit libre du dortoir, en face de son petit protégé. Il ne trouva pas le sommeil avant le milieu de la nuit.
Severus ruminait de sombres pensées dans son lit. Il n'avait pas vraiment voulu que cela se passe comme ça avec Sirius. Il était même heureux de leur maison. Mais cela lui rappelait sa vie avec Valerian. Cette vie-là aussi semblait parfaite et sans soucis, même si elle se déroulait sur fond de guerre. Severus secoua la tête afin de se ressaisir. Il ne fallait pas qu'il se trouve des excuses en invoquant Valerian pour expliquer sa peur viscérale d'aimer. Donc d'admettre qu'il était faible et ne pouvait pas tout contrôler. Il aurait voulu dire à Sirius qu'il ne voulait pas dormir dans une autre chambre, dans un autre lit que lui, ni même dans une autre maison que lui, mais savait qu'il n'y parviendrait pas. Il essaierait tout de même de s'excuser le lendemain matin… Mais ça serait dur. Dans tous les cas, il est hors de question de dormir dans une chambre peinte en rouge, fut sa dernière pensée avant de s'endormir, un peu honteux.
A suivre...
