Chap.14 Dark Shadows
- Je m'appelle Chiko Uchiha. Et depuis ce jour, je vis dans le corps de Reiji Yasaemon, votre grand-père.
Un lourd silence accède à cette déclaration. Personne n'osait remettre en cause le récit de ce vieil homme qui venait de se cacher le visage dans ses mains dans une attitude qui exprimait toute sa fatigue. Levant un visage interrogateur vers mes hommes, je constatais qu'ils étaient tout autant estomaqués que moi. Je croisais le regard Itachi, puis celui du nouveau membre de ma famille, Fuhito. Lentement, je me relevais et me dirigeais vers le vieil Uchiha. D'une voix douce mais ferme, je brisais le silence :
- Et personne de votre clan ne s'est aperçu de cet échange ?
- Hn. Si seulement. J'ai retrouvé mon clan peu après, dissimulant ma nouvelle apparence. Ma famille pleurait ses morts. Mon corps était à la morgue. Cet idiot a réussi à se faire éventrer par un de ses semblables, entraînant sa mort… et m'empêchant ainsi à tout jamais de retrouver mon corps. Des décennies plus tard, j'ai appris que mon clan avait été à son tour massacré, et par l'un des siens. Qu'il n'en reste plus que deux aujourd'hui, dont l'assassin, me tue un peu plus chaque jour. Si je le tenais celui-là !
J'échangeais un regard gêné avec Itachi alors que je me souvenais lui avoir dit que mon grand-père serait ravi de le rencontrer avant de me pencher vers le vieil homme pour reprendre :
- Alors, si vous détestez mon clan, pourquoi avoir accueilli Fuhito ?
- Parce que ce gamin m'a fait pitié. Je ne suis pas un monstre, contrairement aux vôtres.
Toute l'attention du groupe convergea alors vers le jeune adolescent, qui en rougit de gêne. En bégayant, il nous donna quelques précisions sur sa vie d'avant :
- Je… je n'étais pas t-tout seul au dé-début… J'avais une sœur, Okuni, et ma mère. Mais… Un jour des gardes nous ont arrêtés pour nous présenter à un seigneur, qui connaissait nos origines… Elles… Elles… J'ai été le seul à en réchapper.
Curieusement, sitôt que Fuhito eut fini, Deidara posa une main sur son épaule pour le réconforter discrètement. Finalement, il est peut-être l'un des plus empathiques de tout l'Akatsuki… Sûrement du fait de sa jeunesse. L'histoire de Fuhito m'avait aussi émue… Et je m'aperçus soudainement de la chance que j'avais. J'étais, jusqu'à peu de temps, dans une situation privilégiée : j'ai grandi dans une famille sans autres problèmes que les notes et les disputes entre enfants, où personne ne se posait des questions sur moi et sitôt au courant de mes origines, j'ai été prise en main par des ninjas puissants me servant en quelque sorte de gardes du corps. Aucun de mes proches n'est mort, mis à part mes parents biologiques que je n'ai de toute manière pas connus. Un nouveau silence plana sur l'assemblée avant que Zetsu ne décide de prendre les devants :
- Nous sommes désolés pour vous, mais nous allons devoir continuer à remuer le couteau dans la plaie. Nous sommes venus ici pour en apprendre plus sur le Tenshingan, votre savoir nous serait d'une grande aide pour le futur.
- On ne perd pas de vue ses priorités à ce que je vois, hein jeune homme ? Qu'est-ce que tu veux savoir sur la rouquine ? D'ailleurs, en parlant d'elle… Tu sais l'activer au moins ? Tu as accès au chakra ?
- Oui, pas de problèmes avec ça maintenant.
- Tant mieux, parce que Fuhito non. Et il y a un sceau sur son chakra, sûrement posé pour éviter que vous soyez repérés durant votre enfance.
- Oh, heu, je sais comment arranger ça. Pourrais-tu t'en charger s'il te plait ? Demandais-je à Itachi, ayant peur de prononcer son nom devant l'ancien Uchiha.
Il acquiesça posément et s'en occupa immédiatement dans un élan surprenant de bonne volonté. Serviable aujourd'hui dis donc ! Peu rassuré, le jeune se laissa néanmoins faire et le remercia avec un air admiratif. Pfeu, c'est sûrement facile à faire dès qu'on a un peu l'habitude des histoires de chakra…
Pendant ce temps, Chiko Uchiha s'était repris en main et me tournait une nouvelle fois autour, m'étudiant bien plus sérieusement que la première fois. Il me saisit brusquement le poignet et le tourna dans tous les sens avant de relever la tête vers moi, l'air concentré.
- As-tu des symboles qui apparaissent sur ton corps lorsque le Tenshingan est activé ?
- Oui… Uniquement sur les bras ceci dit. Ce sont des sortes de spirales allongées qui partent de mes clavicules jusqu'à mes majeurs.
- Bon. Tu n'es encore qu'au premier stade du Tenshingan, tant mieux.
- Pourquoi ? Vous avez l'air de bien vous y connaître pour un Uchiha !
- Je n'aurai pas à m'inquiéter de tes visions et des fantômes. Et oui, j'ai fini par connaître mon sujet, à force de devoir les affronter et de vivre dans le corps de l'un d'entre eux. Je n'ai pas seulement le contrôle sur le corps de Reiji, mais également accès à son savoir, ses habilités et ses souvenirs. D'où la possibilité de devenir fou en oubliant sa propre identité.
- Ah, d'accord… effectivement, je suis désolée. Eh, mais attendez un peu, des visions et des fantômes ? Quoi ?!
- T'occupes. Active-moi ça, que je puisse me faire une idée plus précise de ton cas.
Hochant la tête, j'activais docilement ma pupille. J'eus alors tout le temps de voir les petits sourires fiers de mes accompagnateurs et le visage béat de Fuhito pendant que le vieil masquait presque assez rapidement un mouvement de recul. Je relevais tranquillement les manches de mon vêtement, observant curieusement les symboles apparaître. C'était plutôt joli… Je les admirais en silence quelques instants avant de les tendre vers Chiko. Il suivit du doigt leur tracé en les étudiant attentivement. Tout le monde attendait impatiemment ses paroles.
- Ma foi, c'est pas mal pour une débutante. Tu vois les deux tracés qui s'entrecroisent, ça veut dire qu'il ne te manque pas grand-chose pour accéder au stade suivant de la pupille. Plus les spirales sont espacées et plus le chakra est libre. Son apparition s'est produite durant un moment mouvementé, je me trompe ? Non, ça ne peut être que ça. Tu es un beau spécimen ! Chakra de type eau, je présume ?
- Ouah, oui, vous êtes incroyable ! Vous voyez tout ça rien qu'en regardant mes bras ?
- Non, c'est juste que pratiquement tous les Yasaemons possèdent ce type de chakra, c'est pas sorcier de deviner. Les Uchihas à contrario ont facilement le type feu.
La nature est bien faite, j'ai envie de lui dire… Ce n'est pas pour rien que nous sommes des ennemis héréditaires apparemment. Chiko s'intéressa soudainement à mes yeux et en maintint un grand ouvert pour l'observer attentivement. Il fit la grimace puis me relâcha, me laissant frotter mon œil d'un air outré :
- Berk. Il en faut vraiment peu pour que ton Tenshingan ne se développe. Tu as déjà fouillé des esprits à en juger par les quatre spirales… Je n'arrive pas à croire que je sois obligé de faire ça. Dites les punks, j'imagine que si vous me l'avez amenée, c'est pour qu'elle devienne plus puissante ?
- Ça serait bien, mh. On n'est pas des baby-sitters non plus !
- Eh, ce n'est pas moi qui est collée aux basques de Sasori je te signale !
- On est en binôme idiote !
- Peut-être, mais-
- Oh, les débiles ! Je n'ai pas de temps à perdre moi, navré. Tu la veux plus puissante ou pas ?
- Pourquoi est-ce que c'est moi qui dois choisir, mh ?!
- Oui. – le coupa Itachi de sa voix monocorde, absolument pas amusé par nos échanges.
Chiko en fut satisfait. Il m'entraîna à sa suite hors de la maison, esquissant quelques gestes pour fixer un genjutsu puis se mit en position de combat. Etonnée, je suivis son exemple en me préparant mentalement au pire. Soudainement, le vieil homme grogna et fut derrière moi en un éclair pour me frapper sèchement dans le dos. Pensant qu'il voulait que je modifie ma position, je me replaçais rapidement mais écopais d'une nouvelle tape. En râlant, il me gronda :
- On ne t'a rien appris ? Libère moi ce chakra et vite, on ne va pas y passer l'année !
- Que- Quoi ? Pour quoi faire ?
- Je t'en pose des questions moi ? A ton avis, qu'est-ce qu'on fait avec du chakra ? Il faut que tu sentes son ampleur, que tu l'acceptes dans sa totalité ! On n'arrivera à rien là, si tu as peur de le relâcher. Tiens-toi droite, respire profondément, concentre-toi ! Empotée…
Ce qu'il peut être horripilant ce vieux avec son ton condescendant… Je lui obéis néanmoins, m'appliquant à sentir ce fameux chakra. Après quelques minutes, une nouvelle sensation s'empara de moi: je pouvais non seulement sentir mon chakra s'étendre mais aussi celui des autres personnes m'entourant, les envelopper avec le mien. Je compris mieux pourquoi on les qualifiait de monstres ces hommes-là… Leurs chakras étaient tout simplement effrayants par leur puissance. Mais le mien n'avait rien à leur envier au final. En raffermissant mon emprise, je pourrais faire suffisamment pression sur eux pour les obliger à ployer devant moi. Encore une fois, mes émotions amplifiées par le Tenshingan vers le mauvais côté de l'excès me soufflaient des idées que je n'aurais jamais eu normalement. Un sourire hautain se dessina sur mes lèvres. Oh, ce serait si tentant de les voir s'agenouiller devant moi… Alors que je fis un pas pour me rapprocher d'eux, Chiko, qui était resté près de moi, posa sa main sur mon crâne.
- Maintenant petite fille, concentre-toi bien. Écoute-moi. Je vais forcer ton chakra à nous révéler sa véritable nature et à nous montrer toute sa puissance. Tu vas en souffrir et c'est normal. Mais souviens-toi toujours que ce chakra est à toi, qu'il n'y a que toi pour le contrôler et ce n'est pas l'inverse. Ne cède pas aux pulsions infâmes qu'il fera monter en toi. Le but pour toi est d'apprendre à finalement le maîtriser, tous les autres Yasaemons sont passés par là avant toi. Es-tu prête ?
- Allez-y.
- Parfait. Reculez les crétins, ça va faire mal.
Prenant une brève inspiration, il me frappa soudainement le crâne avec le plat de la main. Le monde s'écroula autours de moi. Submergée par la douleur et d'émotions violentes, je m'entendis crier sans réussir à m'en empêcher. Je me pris la tête dans les mains, luttant pour ne pas tomber à terre. D'un regard brûlant de haine, je fis reculer d'un pas les hommes m'observant, qui semblaient inquiets. Des voix apparurent dans ma tête, j'eus peur d'être devenue folle à cause de la douleur. Des milliers de mots tournaient dans mon crâne, chuchotés, criés, murmurés… C'était terrible. Je focalisais mon attention sur le vieil homme. Guidée par les voix, je me redressais et écartais les bras d'un geste gracieux, me sentant envahie par la puissance de mon chakra. En expirant doucement, j'abaissais soudainement mes mains, créant une gigantesque vague allant s'abattre sur le vieillard. La souffrance ne s'arrêta pas pour autant, ni l'envie de tout détruire. Je compris que je ne m'en sortirai jamais en écoutant les voix. En laissant mon chakra s'échapper de son propre-chef, je risquai effectivement de devenir folle. Il faut que je le fasse plier à ma volonté.
Je commençais par réciter un mantra, mais cela ne m'aida pas, de même pour les respirations zen ou les jutsus de relaxation. Sentant la pression autour de moi s'accentuer, je constatais que mon environnement proche commençait aussi à se sentir mal : la terre se fendait dans d'affreux craquements, le vent soufflait furieusement et des filets d'eau remontaient tels des serpents à la surface. Rien de très rassurant pour mes spectateurs… A court d'idées pour réussir à me reprendre, je finis par exécuter une suite de pas de danse que j'avais toujours répété lors de mon apprentissage. Me forçant à fixer mon attention uniquement sur les gestes que j'esquissais, je dansais avec une acuité de mes mouvements comme je n'en avais jamais eu. Ils étaient fluides comme l'eau, gracieux comme jamais, occupant tout l'espace.
Cette technique peu ordinaire pour un ninja porta ses fruits. A la fin du quatrième enchaînement, une sensation de paix m'envahit et je cessais de bouger. J'avais repris le contrôle sur mon chakra. Etrangement calme, je désactivais ma pupille. Prise d'une fatigue subite, je m'écroulais dans les bras de Chiko, qui avait miraculeusement été épargné par la vague et s'était rapproché à temps. Balbutiante, je réussis à demander si j'avais réussi :
- Oui. Te voilà désormais moins dangereuse et plus puissante, porteuse du Kaihô Tenshingan. Que la chance soit avec toi…
Je souris à sa remarque, avant de sentir la fatigue me submerger. Si j'avais su qu'un jour je pourrais effectivement être qualifiée de puissante… J'en serai presque soulagée de faire partie de l'Akatsuki : au moins, ma pupille ne sera pas exploitée par un Daymio ou un Kage trop heureux d'avoir une nouvelle arme dévastatrice sous la main pour attaquer d'autres villages.
A mon réveil, qui fût moins douloureux que prévu, je trouvais Itachi à mon chevet, occupé à lire attentivement un parchemin. Je dus me redresser un peu trop rapidement car la tête me tourna et je poussais un grognement mécontent. Je pensais être parfaitement rétablie tiens… L'étrange jutsu de Chiko me donnait encore l'impression qu'une forge avait élu domicile dans mon crâne. Passant une main sur mon front, je sortis du lit puis m'étirais consciencieusement, attentive aux courbatures. Après ça, je décidais de déranger Itachi dans sa lecture passionnante :
- J'ai dormi longtemps ?
- Non heureusement. Toute la nuit, et il est actuellement quinze heures.
- Tu parles ! Je crois que je n'ai jamais dormi aussi longtemps ! Dire que je me sens encore fatiguée… Il s'est passé des choses ?
Comprenant que son instant de tranquillité s'était envolé, Itachi enroula soigneusement le parchemin avant de se lever et de se diriger vers la cloison, qu'il entrouvrit :
- Rien de particulier, j'ai juste retiré le sceau de Fuhito. Cela dit, il n'a toujours pas activé sa pupille.
- Oh, peut-être bien parce que personne n'a essayé de le tuer, lui, non ?
- Peut-être bien.
Ma petite pique ne remporta pas un grand succès. Quoique, il daigna tout de même relever les coins de ses lèvres. Il faut qu'il fasse attention le pauvre, un de ces jours il pourrait vraiment sourire… Celui qui en sera la cause aura droit à une statue et à mon admiration éternelle. Je suivis Itachi à travers les différentes pièces de l'habitation souterraine, retrouvant avec un plaisir certain le soleil. Il y avait tout le monde dehors, même le vieux Chiko. Fuhito fut le dernier à remarquer notre présence, mais le seul qui se précipita vers nous avec un air d'admiration totale sur le visage.
- Vous êtes enfin réveillée Suzuki-san ! Oh, merci d'être resté auprès d'elle Itachi-san !
Itachi hocha la tête puis parti rejoindre Zetsu, commençant une discussion dont je ne pus en comprendre la teneur. Le jeune garçon m'attrapa doucement le poignet pour regagner mon attention et se mit à me questionner, toute trace de timidité envolée :
- Suzuki-san, d'où venez-vous ? Vous saviez depuis longtemps pour la pupille ? Est-ce que vos parents ont survécu ? D'ailleurs, quel âge avez-vous Suzuki-san ? Où est votre bandeau ?
- Oulà oulà, doucement Fuhito ! D'abord, enlève le san, appelle moi juste Suzuki, d'accord ? Pas de chichis.
Il acquiesça les yeux brillants, attendant mes réponses avec impatience. Je vais peut-être légèrement décevoir ses attentes… Je n'ai rien de la ninja forte et expérimentée qu'il s'attend à avoir comme cousine.
- Et ensuite… Je suis sûrement plus ignorante que toi sur la pupille et « l'art » d'être ninja. Je n'ai pas pu intégrer l'Académie de mon village, celui de la Cascade, donc je suis devenue danseuse. C'est pour ça que je n'ai pas de bandeau… Et j'ai dix-sept- eh, mais attendez, quel jour sommes-nous ?
- On est vers la fin avr-
- Le ving-huit. – le coupa Chiko, qui apparemment écoutait lui aussi la conversation, en plus des membres de l'Akatsuki.
- Alors mon anniversaire est passé depuis une semaine… J'ai dix-huit ans ! Et, oh mon Dieu, les mecs, j'ai disparu de la circulation depuis deux mois ! Oh non, oh non, oh non…
Je me mis à faire les cent pas, trop stressée pour rester en place. Deux mois, rien que ça ?! Et mon anniversaire ! Personne ne s'est aperçu de ma disparition alors ? Qu'est-ce qu'ils attendent chez moi pour lancer les avis de recherche ? Bon, c'est vrai que cet enlèvement m'a permis d'en apprendre plus sur moi et mon passé, que ces criminels ont finalement du bon mais… Ça fait un choc de comprendre que personne ne s'inquiète pour moi là-bas ! Même mes parents ?
Complètement paniquée, je fis un bond en sentant la main d'Itachi se poser sur mon épaule. Ma pupille, sensible à mes états de nerfs, s'activa d'elle-même provoquant chez l'Uchiha et l'ancien un nouveau mouvement de recul. Agrippant Itachi par le col, je m'écriais :
- Comment ça se fait, bande de débiles ?! Pourquoi, pourquoi, est-ce que j'ai l'impression d'avoir vu mon identité civile complètement détruite ? Vous avez lancé quel jutsu sur mon village pour effacer totalement toutes traces de mon existence, hein ? Réponds-moi !
C'est ce qu'il fit, d'une voix très calme et posée, comme si j'avais posé une question tout à fait normalement.
- Nous comptions t'en informer prochaine-
- Te fous pas de moi !
-D'accord, d'accord. Nous pensions que tu finirais par oublier. L'Akatsuki doit rester discrète pour le moment, nous ne pouvions pas nous permettre de-
- Attendez un peu, vous faites partis de l'Akatsuki ?! s'écria Chiko en ramenant précipitamment Fuhito derrière lui – Tous autant que vous êtes ?
Les membres de l'Akatsuki resserrèrent leur rang autours de moi, comme pour me défier de répondre non. De toute manière, ce n'était pas mon intention : j'ai fini par rejoindre leur organisation de mon plein gré, vous vous souvenez ?
- Effectivement papi, hm. Un problème ?
- Allons allons, ça avait si bien commencé… Il n'y a pas de raison pour que ça se termine mal…
- Devrons-nous vous rappeler que nous savons où vous vous terrez maintenant ?
- Ne… Ne… Sortez d'ici immédiatement ! Ah, j'ai tout de suite su que vous étiez de la mauvaise graine, quittez ces lieux !
- Ou quoi, Chiko Uchiha ? Devrai-je me charger de vous ? Votre savoir nous est certes précieux, mais un refus de coopérer pourrait bien rétablir le fait que le clan Uchiha a été décimé dans sa totalité et que Suzuki est bel et bien la seule héritière du clan Yasaemon. Suis-je assez clair ?
- C'est ça, apprends-moi la vie jeunot ! Tu crois que j'ignore qui tu es ? Itachi Uchiha, l'assassin de son propre clan. Pire, tu oses croire que ces menaces m'intimideront ! Ca fait déjà trop longtemps que je vis dans ce cauchemar, j'ai côtoyé la mort et la folie, ce n'est pas un arrogant petit jeune qui me fera peur.
Dans un sens, j'admire ce grand-père. Il faut être sacrément courageux pour traiter de la sorte Itachi en face d'un public et du principal concerné. Deidara ricana, très amusé par sa verve et par la tournure de la situation, faisant peur à Fuhito, qui se recroquevilla derrière Chiko. J'arrive assez bien à m'imaginer ce qu'il peut ressentir face à nous… Des criminels qui les menacent de mort après qu'ils nous aient rendu un sacré service… Je me sens mal. Itachi, d'une voix glaciale, conclut sous mes yeux indignés :
- Dans ce cas-là, vous ne verrez pas d'inconvénient à ce que je termine proprement ce carnage.
- Essaye pour voir.
- Je vous en prie, Chiko-sama, ne vous mettez pas dans cet état-là, pensez à votre âge !- Fuhito retint le vieillard et se mit devant lui, s'inclinant face à nous. Ses yeux brillaient de détermination lorsqu'il déclara – Tout ninja à du sang sur les mains. Je vous suis reconnaissant pour vous être chargé de l'éducation de ma cousine et j'aimerais que vous pardonniez notre mauvais accueil. Voudriez-vous-
- Fuhito ! Jamais nous ne pactisons avec ce genre de personne ! Mieux vaut mourir que de les aider à accomplir leurs desseins ! Comme toi, pauvre cloche, qui n'est qu'un lâche ! Ton petit frère, t'as été incapable, hein ? Et tu l'as fait en pleine nuit ! Si tu savais tout ce que je vois en toi…
Les yeux de Chiko changèrent : une pupille de serpent apparut, au centre d'un tourbillon oscillant entre le rouge sang et le bleu pur. Quatre symboles étranges apparurent ensuite à l'intérieur. Un étrange mélange entre le Sharringan et le Tenshingan, qui tenait plus du premier que du second. Une aura intimidante entoura alors le vieil homme, fascinant tout le monde sauf Itachi qui avait le visage encore plus fermé que d'habitude. Un mauvais pressentiment me poussa à garder ma nouvelle pupille activée.
- Itachi Uchiha… Dire que tu étais si prometteur… Quel dommage que tu te sois rallié au mal. Je commencerai par toi avant de retrouver Sasuke, qui a l'air si corrompu. Je refuse que vous souilliez davantage le nom des Uchihas !
Avant même d'avoir terminé sa dernière phrase, Chiko se jeta sur Itachi, arme à la main. J'eus alors un aperçu des capacités du génie des Uchihas : son corps éclata en une nuée de corbeaux qui foncèrent sur le vieil homme, le forçant à battre en retraite.
Le jeune criminel réapparut un peu plus loin, les yeux brillant de l'éclat sanglant du Sharrigan. Chiko eut un rictus haineux et cracha dans sa direction avant de retourner à l'assaut. A une vitesse normalement impossible pour une personne de son âge, il se déplaça vers Itachi et le frappa une fois à l'épaule avec son kunaï, coup que le brun n'esquiva pas. En effet, Chiko avait tout l'air d'un homme arrogant et trop sûr de lui : en le laissant prendre confiance en lui, le plus jeune était certain de le voir commettre une faute fatale à un moment ou un autre.
Le petit manège dura quelques minutes avant que le jeune Uchiha ne décide d'interrompre le jeu : parant de manière surprenante toutes les attaques de son aîné, il le mit en déroute : son kunaï posé contre son cou à la peau fripée, je compris qu'il lui laissait le choix. Mais la bouche du vieillard se tordit dans une expression de haine pure et il articula quelque chose que personne si ce n'est Itachi ne put entendre. Le kunaï plongea alors vers le cœur. Ce qu'Itachi ne vit pas, c'est que le vieil homme avait lui sorti de sa manche un long poignard qu'il dirigeait vers ses côtes, risquant de lui infliger une blessure mortelle.
Une sensation qui décidemment devenait familière se diffusa dans tout mon flanc et je grimaçais. Pour épargner à Itachi une mort lente et douloureuse, je m'étais interposée à toute vitesse entre lui et Chiko. Aïe.
- T'as intérêt à me revaloir ça un jour ou l'autre d'accord ?
- L'intelligence ne se partage pas.
- De rien, je t'en prie, arrête de me remercier… Ça m'a fait plaisir à moi aussi de me faire taillader les côtes !
Un grognement derrière moi me fit écarquiller soudainement les yeux. Non, ça ne peut… Me retournant précipitamment, je vis que je n'avais pas été la seule à écouter son instinct : Fuhito était au sol, le kunaï plongé dans la poitrine… mais pas dans le cœur. Chiko était près de lui, lui tapotant fébrilement l'épaule l'air complétement anéanti. Je me laissais tomer près d'eux et attrapais la main du jeune garçon, ressentant une étrange impatience mêlée à de l'inquiètude.
Les yeux de Fuhito se rouvrirent, la coloration bleutée du Tenshigan ayant remplacé le vert apparemment commun aux Yasaemon. Je serrais sa main dans la mienne, un grand sourire aux lèvres. Papillonnant des cils, il se redressa à moitié, l'air incrédule.
- Aïe… Aïe ! J'ai mal ? Mais alors… Mais-
- Oh oui ! – ravie, je l'embrassais avec effusion sur les deux joues, provoquant un froncement de sourcils chez les garçons – Oh oui, tu es vivant Fuhito !
Il me sourit, les joues empourprées puis baissa les yeux vers sa poitrine. Il lâcha un petit cri étouffé en constatant que le kunaï bougeait sur le même rythme que sa respiration et le retira en serrant les dents. Il fut le premier stupéfait de voir la peau se résorber peu à peu, redevenant lisse et blanche. Le chanceux, il n'aurait même pas de cicatrice pour se souvenir de cette « renaissance » ! Je passais ma main dans ses cheveux, souriant de toutes mes dents. Lui par contre poussa un nouveau cri horrifié en voyant le poignard de Chiko planté entre mes côtes. J'allais lui assurer que ce n'était rien lorsqu'une paire de bras me souleva du sol pour me remettre sur mes jambes puis me retira le poignard d'un coup sec, m'arrachant un glapissement de surprise et de douleur.
- Doucement ! Vous connaissez la douceur ou au moins la notion ? – m'exclamais-je furieuse en direction de Deidara, qui prit un air supérieur pour me répondre.
- Si en rentrant, ça ne t'as pas tué, ça ne te tuera pas en sortant, hm.
- Et bien heureusement que tu n'es pas le médecin du groupe, parce qu'il y a des cas où il ne faut vraiment pas retirer l'arme justement, je t'assure !
- Et comment une petite danseuse comme toi sait tout ça ?
- Famille de ninjas oblige, en plus d'un frère medic-nin.
- Tu m'en diras tant, hm…
Il me laissa aller et je pus à mon tour aider Fuhito puis Chiko à se relever. La fierté du vieil homme en avait pris un sacré coup en constatant qu'il n'était plus assez en forme pour botter les fesses d'un petit jeune, aussi dangereusement doué soit-il. Et il venait d'assister à la pseudo-mort de son petit-fils… Il observait les membres de l'Akatsuki comme de dangereux serpents. Refusant mon aide, son regard resta obstinément fixé sur eux.
Fuhito lui ne déclina pas mon offre et en profita pour me glisser discrètement à l'oreille que c'était la première fois qu'il voyait quelqu'un capable de toucher Chiko. Lui-même n'avait jamais réussi qu'à l'effleurer durant leurs entraînements. Drôlement bien conservé pour son âge, le vieux…
Je retournais auprès de mes camarades tandis que mon petit cousin partait aider son grand-père. Craignant d'affronter leurs regards, je compris que le moment des adieux était arrivé. Nous avions eu ce que nous voulions… Ou presque. Me retournant une dernière fois vers eux, je posais l'une de mes deux dernières questions :
- Finalement, pourquoi avoir massacré le clan Yasaemon ?
Et suspense ! Voilà (enfin) le quatorzième chapitre, je crois que j'ai battu mes propres records de retard dans la publication :D
Vous êtes des merveilles de patience, sachez que c'est une des meilleures qualités ! Je pourrais vous faire tout un discours sur la merveilleuse chose qu'est d'avoir beaucoup de patience à revendre, mais je vais m'en abstenir pour plutôt vous remercier du fond du coeur 3 Merci de continuer à suivre cette histoire, merci pour vos commentaires qui sont toujours très appréciés et merci aux nouvelles personnes qui ont ajouté dans leurs favoris la vie de Suzuki !
J'espère vous retrouver pour le prochain chapitre, où Suzuki découvrira la véritable nature de son clan !
Ciao~
