Note : re-upload
- Chapitre 13 -
Bella se serra contre Jacob un instant, elle n'aimait pas ce qui se déroulait devant ses yeux mais elle était heureuse de retrouver son meilleur ami en ces temps troublés. Elle savait que pour leur sécurité à tous, il était important qu'ils s'entrainent mais voir Emmet faire face à Paul ne pouvait pas lui plaire. Emmet grognait, feulait, faisait preuve de vitesse et d'endurance alliées à une force non négligeable. Jasper lui demandait plus de précision et d'avoir des déplacements moins prévisibles. Emmet était Emmet et tout ce qu'il voulait c'était foncer dans le tas. En face, Paul savait se faire rusé, feinter pour saisir le vampire par derrière avant de déchainer toute sa colère et sa violence. Il était précis et brutal, mais manquait de vitesse face à un vampire et il restait beaucoup trop au ras du sol.
Rosalie avait un style de combat des plus étonnants, principalement concentré sur ses poings. Loin de la grâce et de l'agilité dont Alice faisait preuve et qui déconcertait tant les loups, incapables de la saisir. Elle manquait néanmoins cruellement de force, briser le bras d'un vampire lui serait difficile, pratiquement impossible. Elle pourrait servir d'appât, distraire mais il lui faudrait un partenaire. Un coup un peu plus puissant qu'un autre fit voler Rosalie qui se réceptionna gracieusement au sol. Dans la seconde, elle s'était de nouveau élancée. Elle était tenace.
Jasper contrait, bondissait, se retournait avec force et vitesse. Il était incroyablement précis dans ses attaques et il semblait parvenir à encaisser les chocs les plus rudes. L'expérience du combat. De temps à autres, il s'arrêtait soudain pour donner un conseil avec son air de professeur.
Edward était le plus rapide, il pouvait éviter la plupart des coups mais il était également le plus distrait. Il n'avait aucune expérience et ça se ressentait fortement. Jasper l'observait par moments avant de lever les yeux au ciel dans une mimique toute humaine, alors que Carlisle était très satisfait d'avoir réussi à jeter son « fils » au sol.
Tout autour des combats, la terre volait, arrachée au sol, donnant une impression des plus surréalistes.
Alice réussit à feinter son compagnon et à l'enserrer dans ses bras, ce qui provoqua un petit fou rire général. Oui, tous les hommes avaient un point faible.
Sam tournait à présent autour d'Edward, tous crocs dehors. La technique était bonne, il était suffisamment tête en l'air pour ne pas voir Leah arriver, mais il entendit ses pensées bien avant qu'elle n'attaque. Loupé. La louve avait tendance à foncer dans le tas, tout comme Emmet. Il fallait leur apprendre à changer de techniques. Face aux nouveau-nés ils n'auraient aucune chance.
Le Major se posta sur un arbre pour observer plus attentivement les combats. Il y avait ceux qui n'auraient pas assez de force pour briser un vampire : Esmé, Alice et Seth a priori. Ceux qui privilégiaient un combat au ras du sol et qui ne savaient pas se réceptionner en cas de chute : Quil, Embry, Leah, Jared... Ce n'était visiblement pas naturel pour les loups. Les plus lents, Carlisle et Paul, qui pourraient avoir de grosses difficultés à toucher leurs ennemis. Il n'avait pas vu Jacob se battre longtemps mais il ne semblait pas avoir de soucis majeurs, tout comme Sam qui était un excellent guerrier. Peut-être devrait-il confier l'entraînement d'Edward à Sam, laisser à Rosalie le soin d'apprendre à tomber aux loups et demander à Carlisle et Paul d'essayer de frôler Alice. Ainsi, il pourrait superviser les entrainements de tout le monde en se faisant aider par les autres.
Il mit le système en place très rapidement et observa. Alice courait avec tellement de grâce que la terre ne volait pas derrière elle. Elle sautait parfois d'arbre en arbre avant de retomber pour frapper ses adversaires sans leur laisser le temps de se retourner. Elle était vive et chaque attaque plus violente que les autres demandait à ses assaillants un temps de réflexion qui provoquait des visions fugaces. Elle ne risquait rien, Jasper avait pourtant du mal à ne pas intervenir, c'était tout de même sa compagne qui était pourchassée. Carlisle commençait à anticiper les mouvements de sa fille pendant que Paul s'organisait pour la piéger. Il progressait vite. Il était satisfait.
Un peu plus loin Rosalie tentait d'expliquer à un groupe de loups comment retomber, mais ils étaient loin d'avoir son agilité et elle n'était pas des plus patientes. Jasper alla alors lui prêter main forte, d'abord en leur faisant observer des chutes avant de les faire essayer.
La nuit tombait lentement lorsque les loups, épuisés rendirent les armes. Ils avaient besoin de se nourrir et de dormir. Les vampires n'étaient certes pas fatigués, mais la soif se faisait sentir. Lorsque Paul chercha sa compagne du regard, il s'aperçut qu'elle était partie. La journée avait été longue. Il s'en alla en direction de la villa des Cullen, pensant la trouver avec Emily en train de rire et de cuisiner pour une bande d'affamés.
A quelques centaines de mètres de la zone d'entraînement, Jacob et Bella discutaient. Il l'avait entrainé à sa suite, sous forme humaine, en lui demandant un instant. Sa meilleure amie lui manquait, il voulait lui parler sans avoir l'impression d'être constamment surveillé. Bella avait souri tendrement, elle ne connaissait que trop cet effet. Heureusement qu'elle n'était pas sensible au don d'Edward sinon, elle aurait l'impression de n'avoir plus aucune intimité.
Jacob l'avait emmenée dans un très joli endroit, si calme, loin des affrontements amicaux. Pourtant, malgré la quiétude du lieu, il semblait tendu et inquiet.
– J'aurai voulu faire ça autrement, tranquillement. Mais je n'ai vraiment pas le temps...
Entendait-il quelqu'un s'approcher ? Si c'était le cas, il suffirait de le chasser, elle avait le droit de passer du temps avec ses amis. Elle tendit l'oreille mais ses perceptions humaines ne lui apprirent rien.
– Il faut que tu saches que je t'aime désespérément. Alors je t'en prie, choisis-moi, à sa place.
– Tu sais très bien que... qu'il s'est imprégné de moi.
– Mais tu m'aimes ! Il n'a pas à t'enchaîner de force à lui !
– Je... ne partage pas tes sentiments.
– Je ne te crois pas.
– Crois-le ou pas ! ... C'est ce que je ressens.
– Tu as d'autres sentiments pour moi mais tu refuses de l'admettre ! Je n'abandonnerai pas. Je vais lutter pour toi. Jusqu'à ce que ton cœur cesse de battre.
– Dans ce cas la lutte ne sera pas très longue.
– Tu précipites les choses parce qu'il est trop faible. Je serai capable de te protéger. Tu ne serais pas forcée de changer.
– Non, c'est faux. Je sais ce que je veux.
– Tu ne serais pas obligée de changer pour moi, Bella. Ou de dire adieu à qui que ce soit. Lui n'en aura jamais autant à t'offrir !
Il saisit la main frêle de Bella pour la poser contre sa poitrine, tout contre son cœur de loup. Bella fit non de la tête et soudain, Jacob saisit sa nuque et l'embrassa. Le contact était rugueux, elle tenta de reculer mais la poigne sur sa nuque se fit plus forte, l'empêchant de se dérober. Elle secoua vivement la tête et, enfin, il la lâcha.
Elle recula d'un pas sous ses propres sentiments. Haine, dégoût et rage. Sans la moindre hésitation, elle referma son poing et l'envoya de toute ses forces dans la joue de Jacob avec un style finalement similaire à celui de Rosalie. Un bruit sourd se fit entendre alors que Bella venait de se fouler le poignet. C'était comme si elle avait frappé un mur... Jacob écarquilla les yeux, le coup ne lui avait même pas fait pencher la tête. Bella attrapa son poignet pour l'immobiliser avec une envie d'hurler de rage. Elle se détourna pour partir en direction de la nouvelle villa sans un regard en arrière.
Jacob comprenait-il qu'il venait une fois de plus de tout gâcher ? Elle était loin d'en être convaincue.
Elle arriva toujours aussi furibonde à la ville. Paul était perché sur l'un des tabourets, un énorme hamburger entre les mains. Il leva les yeux vers elle en fronçant les sourcils. Il s'était inquiété, seulement voilà, il se savait déjà colérique, franchement pas patient, pas bavard non plus et il n'avait toujours pas permis à sa compagne d'entrer dans sa maison. Il savait que son imprégnation n'avait pas dû être simple à vivre pour elle alors il ne voulait pas rajouter étouffant et jaloux à sa collection de défauts. Derrière lui, les autres loups étaient plongés dans leur repas. Visiblement, les actions de Jacob n'avaient pas atteint la conscience collective mais elle n'y réfléchit pas plus que cela. Elle se dirigea vers Carlisle et lui demanda avec une adorable rougeur s'il pouvait lui accorder quelques minutes. Tous les vampires se figèrent et Carlisle la fit rentrer dans le cabinet tout proche. Elle l'inaugurait.
Emmet, toujours prompt à rire, lui demanda :
– Ben alors, t'as encore voulu marcher et mâcher du chewing-gum en même temps ?
– J'ai voulu démolir un loup-garou, lui répondit-elle sur le même ton.
Le silence gela l'air. Ils semblaient déjà avoir compris de qui elle parlait. Elle entendit Sam crier : « Paul ! Non ! » avant d'entendre un grand fracas derrière la porte. Elle voulut se redresser mais Carlisle lui fit non de la tête. Pas question que sa patiente humaine s'interpose entre deux loups-garous.
– Ça concerne leur meute. Ils vont régler ça.
En effet, Paul avait décidé de régler le problème... définitivement. Jacob était bien plus fort que lui. Il en avait conscience, mais il avait osé blesser sa compagne. Sous forme lupine, il arrachait la terre du sol en galopant comme un fou. Il sentait ses frères derrière lui et son alpha tentait par tous les moyens de le faire s'arrêter. Paul décrivit une large boucle, puisqu'il n'entendait pas Jacob, il ne pouvait qu'espérer que ce dernier ne l'entende pas non plus de son côté. Jacob avait senti l'odeur des loups qui s'approchaient, il s'était tourné vers elle, prêt à l'attaque. Il ne s'attendait pas à ce que Paul surgisse derrière lui.
Ils se rendirent coup pour coup, dans un combat d'une rare violence, loin des simulacres de l'après-midi même. Ce que Jacob n'avait pas prévu, c'était que Paul ne chercherait pas à briser ses pattes ou à mordre ses flancs, il cherchait sa gorge. Il voulait le tuer.
Pour la première fois depuis longtemps, Jacob eut peur. Sam se jeta dans l'affrontement et parvint à retenir Paul quelques secondes pendant que les autres se chargeaient de Jacob. Le regard d'acier se figea dans le regard du loup noir, sans savoir quoi faire. Il ne pouvait pas laisser Jacob partir. Il avait osé faire du mal à Bella. Il avait osé... Mais Sam le savait lui aussi et lui non plus ne pouvait le pardonner en un instant.
Maintenant, Jacob serait son ennemi quoi qu'il dise, quoi qu'il fasse. Jamais il ne pourrait oublier qu'il avait trahi et blessé sa compagne. Il hurla sa décision au ciel, dans un chant plein de colère.
