La ville, survoltée, s'agitait tant et si bien entre ses murs que les Rôdeurs finirent par s'inviter à la fête. Malgré les ordres, on avait allumé une dizaine de feu pour percer les bois sombres et débusquer les assaillants, montrant le chemin aux morts. Ceux-ci, peu nombreux pour l'instant, envahissaient le Sud-Ouest, forçant les murs et la tôle, et certains commençaient à trouer les panneaux qui bouchaient le mur, dévoilant quelques centimètres d'une rue silencieuse. Ce côté de la ville, oublié et déserté, ne méritait certainement pas une vraie surveillance, ce que les Rôdeurs apprécièrent grandement. Et, lentement, tel le poison coulant dans les veines des immunisés, ils se diffusaient au compte-goutte.

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Daryl se sentait comme une machine. Ainsi dans son arbre, à tenter de tirer dans la nuit, alors qu'Andréa et Merle s'évertuaient à tuer des Rôdeurs. Le dernier rayon de soleil avait fini par disparaître, et la nuit était désormais noire. N'ayant plus de flèches ni de temps, il décida de descendre, laissant les Furtifs se charger du reste.

« Hé, y'a quelqu'un ? » Daryl saisit son talkie, appuyant sur le bouton on, à deux mètres du sol. « Tek et Fantôme sont dans mon périmètre, ils sont sur un toit près du parking ! »

« O.K., Caleb, bien reçu. On arrive. » Daryl se jeta du haut de sa branche sur le mort qui voulait s'en prendre à Andréa, alors que Merle la tirait en arrière.

« On s'bouge, Daryl, pas l'temps d'siester ! » Siffla son frère en ouvrant la marche, alors que Daryl lui filait les lunettes de vision nocturne.

« Rick, c'est à toi ! » Lâcha Daryl avant de ranger définitivement le talkie, s'enfonçant entre les arbres, Andréa collée dans son dos. « C'te fois-ci, Blondie, tu nous quittes pas ! »

« On fait quoi, on rejoint Karim ? »

« Nan, ces enculés sont trop nombreux ! » S'écria Merle. « Dîtes-lui de rejoindre Carol, nous on va essayer d'entrer aussi ! »

« C'est pas ce qu'on avait décidé, Merle. » Siffla Daryl en cognant un Rôdeur.

« Rien à foutre, c'est l'bordel à l'intérieur, autant en profiter ! On pourra toujours les aider ! »

« Il a raison. Je pourrais vous guider ! » Décréta Andréa en faisant tomber un mort. « Pas de temps à perdre ! »

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Rick jeta une œillade à Michonne qui hocha la tête au signal de Daryl, alors que Martinez prenait une grande inspiration. Aux grandes portes, la moitié des soldats présents avaient fini par rejoindre les habitations pour leur protection, et on braquait des lampes sur les arbres au hasard, attirant les quelques morts rôdant aux alentours. Il en restait donc quatre, et Michonne et Rick en avaient deux dans leurs viseurs.

Martinez finit par s'avancer devant, les mains levées, alors qu'on braquait des fusils sur lui, ainsi qu'une grosse lumière blanche. Derrière lui, deux Rôdeurs se traînaient lentement.

« Tirez pas ! »

« Martinez ? Mais qu'est-ce que tu fous là ? » Demanda-t-on.

« J'suis v'nu vous dire que la prison vous attaquait pour Tek et les F ! »

« Putain, alors c'est eux ! Tirez, il est avec ces connards ! »

« NON ! » Hurla l'Hispanique si fort que le soldat immobilisa ses hommes. « Croyez-moi, ils vont… »

Deux hommes tombèrent soudainement au sol, tandis que le troisième, touché à l'épaule, s'effondra du côté de Martinez. Avant que le dernier ne réagisse, une balle traversa son ventre, mais la balle de Martinez, elle, avait pour objectif la tête. Une fois atteinte, ne restaient que les deux morts-vivants.

Rick et Michonne s'avancèrent, commençant à grimper les voitures, alors que Martinez les rejoignait. Rick lui lança un regard noir, la main sur son Glock doté d'un silencieux, et l'Hispanique fronça les sourcils.

« Quoi ? »

« Croyez-moi, ils vont quoi ? »

« Rien, c'était juste pour… »

« Fait gaffe à ta gueule, Caesar. T'as peut-être sauvé ma fille mais j'hésiterais pas s'il le faut. »

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Fléau contemplait la rue d'un air hébété. Partout, des gens couraient et criaient, tous armés, alors qu'une flèche venait de clouer au sol un pauvre garçon qui avait fait tomber son fusil. Il était pile face à lui, à moins de quinze mètres, le fixant alors qu'il se vidait de son sang. Fléau n'osait traverser la rue, ne pouvant que le regarder.

Il était toujours à Woodbury. Ce qui signifiait que Brayne avait été la pendant que les Dixon le torturait –encore. C'était incompréhensible. James avait disparu –encore-, et il était complètement perdu.

Des soldats tiraient au hasard dans les arbres, dans les rues, et il entendait derrière lui une fusillade. Il avait vu sa sœur grimper des toits avec un homme assez grand, certainement Tek, se dirigeant là où il était supposé être détenu. Il n'avait su quoi faire, ni que dire, seulement regarder. Le doute le bouffait plus que la peur, et il avait l'impression d'être un étranger pour lui-même. Que faisait-il à Woodbury ? Pourquoi Brayne avait-il laissé faire les Dixon et Tek ? Etaient-ce vraiment eux qui lui avaient fait tant de mal ? Et Fantôme, que faisait-elle là, en ville, si elle avait disparue ? Venait-elle l'aider ou…

Il finit par avancer lentement vers le mourant, qui le suppliait de le sortir de là. Il scrutait les alentours en tremblant, s'attendant à prendre une flèche lui aussi. Il entendit un sifflement mais l'ignora, récupérant le fusil avant de s'éloigner en trottinant, sans un regard pour l'adolescent. Il allait quitter cette ville et cette vie, pour ne jamais y revenir. Retrouver James, aussi. Ça, c'était très important.

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Caleb siffla mais Fléau l'ignora, et il jura. En bas, cinq Rôdeurs attendaient impatiemment qu'il redescende, l'appelant de leurs râles incessants. Tek et Fantôme étaient passés au-dessus de lui sans le voir, et voilà que le garçon s'enfuyait. Mais quelle famille de merde, vraiment. Fuis-moi je te suis, pas un pour rattraper l'autre. Ils auraient dû s'entretuer depuis des lustres, mais Tek lui avait avoué n'avoir pu tuer Brayne quand il en avait l'occasion, après son coma. Ben voyons. Une famille trop soudée pour s'entretuer, mais assez pour tuer les autres, voilà ce que c'était. A croire qu'au fond d'eux, ils s'aimaient tous les uns les autres.

Soudainement, apparut dans son champ de vision deux morts, qui se jetèrent sur l'adolescent étendu au sol. Et bientôt, trois autres suivirent, le faisant gémir. Il chercha l'endroit qui aurait pu les laisser passer, et jura lorsqu'il vit un petit groupe collé à un pan du mur. D'autres longeaient la ville, et atteindraient bientôt Rick et les autres.

« Hé, tout le monde. » Dit-il, la bouche collée contre son talkie. « Bougez-vous le cul, les morts se joignent à la partie. Ils viennent du Sud, et sont plutôt nombreux. Rejoignez Tek et Fantôme au niveau des caves, et sortez par-là, je vous rejoindrais dès que vous y serez. »

« Combien de temps tu peux rester en haut ? » Répondit Rick.

« J'vous couvre quelques minutes, mais il me reste que six flèches. Ensuite, j'essaye de trouver Jill avant vous. Jill ? T'es là ? »

Il n'eut aucune réponse.

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Brayne et sa petite troupe auraient pu atteindre Rick, Martinez et Michonne s'ils n'avaient pas croisé sur leur route cinq morts dévorant un civil. Les soldats avaient alors hurlé, se fichant éperdument du Gouverneur qui leur intimait de garder leur sang-froid, et s'étaient jetés sur les morts pour les massacrer. Seulement, quatre autres avaient surgi du Nord, suivit par d'autres, et ils avaient étés pris au piège. Deux Woodburyens avaient été mordus, et Brayne n'avait pu s'empêcher de les insulter. Cons, mais cons ! Qu'ils crèvent, tiens, ils le méritaient amplement !

Mais il avait quand même aidé les siens à s'en débarrasser. Les civils sortis étaient vite rentrés avec l'arrivée des Mordeurs, mais certains avaient pris les armes pour défendre la ville. Il scrutait chaque visage, pour se rappeler qui remercier et qui punir une fois la nuit passée.

Sauf qu'en attendant, Rick était entré. Repéré, aussi, car son groupe échangeaient des tirs avec quelques soldats et civils. Le problème, pour Brayne, c'est qu'il avait aussi aperçu cette connasse de Fantôme courir jusqu'au parking. Ce qui signifiait qu'à l'heure actuelle, elle avait certainement déjà trouvé Fléau.

Il savait qu'il fallait trouver la fuite et mettre un terme à l'invasion des morts avant que ceux-ci ne soient trop nombreux. Il savait aussi que sans lui, les siens n'arriveraient à colmater la brèche. Mais, sans lui et quelques expérimentés, le Shérif aurait la peau des rares défenseurs des portes principales.

S'ils avaient été plus nombreux, si Brayne ne s'était pas acharné à descendre tous ceux du régime Philip Blake, ils auraient pu s'occuper des deux fronts sans problème. Mais Brayne n'y avait pas pensé, trop focalisé sur les Ceara. Parce qu'il n'avait pas prévu un plan B, trop persuadé que la ville l'aimerait assez pour le supporter. Et maintenant, il en subissait les conséquences. Son nez se mit à le gratter, reconnaissant l'odeur de la fumée, et il se tourna vers les habitations. Quelqu'un avait fait tomber un des multiples braseros allumés pour l'occasion, dont le feu s'était étendu au jardin et au premier étage d'un immeuble. Son immeuble. Son appartement.

Une bouffée de rage envahit son être, et il s'empara du fusil d'un des Soldats avant de s'avancer droit vers les morts, indiquant aux autres de s'occuper de Rick.

On osait l'attaquer et brûler son foyer ? Très bien, il ne ferait pas de quartiers. Si les autres s'en sortaient ce soir, il jurait sur sa vie qu'il se vengerait, et raserait la prison ainsi que tous ses habitants.

Il entendit leurs grognements avant même de les voir, ce qui le poussa à accélérer. Les civils lui firent de la place alors qu'il les bousculait sans état d'âme, retirant le chien. A peine vit-il les premiers morts qu'il commença à tirer, vite rejoints par quelques-uns armés.

« Que tout le monde prenne les armes ! C'est encore nous qu'on attaque, nous qu'on veut tuer ! » Hurla-t-il pendant qu'on le couvrait. « Soldats, civils, adultes et enfants, ce soir, vous n'êtes que Woodburyens prêts à tout pour sauver leur vie ! Woodburyens, descendez les rues ! Défendez vos familles et vos biens de vos propres mains ! NE LES LAISSEZ PAS DETRUIRE TOUT CE QUE NOUS AVONS SI HARDIMMENT BATI ENSEMBLE ! »

La force de ses mots donna le courage aux autres, qui prirent enfin leur destin entre leurs mains. Ils reconnaissaient bien là leur Gouverneur, et les cris de rage remplacèrent les cris de terreur.

« Ne vous arrêtez pas avant qu'ils y passent tous ! Que certaines aillent chercher les voitures et les ramènent ici pour boucher le trou ! Que d'autres se joignent aux défenseurs des portes principales pour leur prêter main forte ! Ceux qui ne feront rien seront coupables de trahison et condamnés à mort ! »

Au bout de quelques minutes, voyant que la ville reprenait assez vite du terrain, il décida de retourner sur l'autre front, prêt à tuer Rick et sa bande.

Non. Il n'allait pas s'arrêter pour Rick. La priorité, c'était son œuvre Fléau, pas ce fichu policier de merde incapable d'être un véritable leader comme lui. Que ses soldats le tuent, lui qui avait tant envie de rejoindre sa femme en Enfer. Alors, vérifiant que personne ne le suivait et profitant de la cohue, il s'enfonça seul dans les rues, rejoignant directement les caves.

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Fléau passait incognito sans même y faire attention. Il avait bien changé de pantalon et volé une veste dans un appartement, mais il marchait si lentement dans la rue, fixant de son visage tuméfié le bordel qu'était Woodbury, qu'il se demandait comment on ne pouvait le remarquer. Il passa devant son immeuble, où il n'y avait personne. Voyant qu'on ne s'intéressait point au Ceara en fuite, il pénétra les lieux, monta les escaliers et ouvrit la porte d'entrée, qui n'était pas fermée à clef. Dehors, il entendait les fusils, les râles et les cris de tout un monde qui s'écroulait. Se dirigeant dans la salle de bain, il ouvrit le robinet, car leur immeuble avait le luxe d'être toujours raccordé, comme d'autres en ville. Il se nettoya le visage, ne cillant même pas au contact de l'eau froide, ainsi que ses cheveux et son cou. Puis, s'observant dans la glace, il fronça les sourcils. Il alluma la bougie posée sur la petite armoire, et l'approcha du verre.

Ses yeux verts étaient beaucoup plus clairs, et dorénavant, les tâches blanches étaient bien grandes et bien plus visibles. Il était tout rouge et violet, mais il remarqua que la tâche à sa morsure au niveau de l'épaule avait grossi. Désormais, les veines se coloraient jusqu'à son omoplate, prêtes à gagner tout son dos d'ici quelques semaines.

Secouant la tête, il sortit de la pièce, s'empara d'un sac et vida les armoires, ne s'arrêtant pas face aux cadavres qui jonchaient le sol. Il récupéra une batte de base-ball et un couteau, avant de jeter un œil à la rue. Puis, par une pulsion étrange, il prit une bouteille d'huile, et redescendit aussi vite qu'il était monté, ne prenant pas le temps de fermer la porte derrière lui. Au pied de l'immeuble, un brasero éclairait la rue. Il cassa une fenêtre du rez-de-chaussée, et répandit de l'huile sur l'herbe, le mur, et l'intérieur de l'appartement. Enfin, il poussa le brasero, qui enflamma le tout.

Jugeant son méfait accompli, il trottina jusqu'au mur, attendit que les soldats accomplissant une ronde passe, et le franchit.

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« Pas là… Il n'est pas là… » Tek frappa dans la porte, poussant un juron.

Fantôme, elle, tremblait. L'odeur exécrable de la pièce lui en rappelait une, bien douloureuse dans son souvenir. La pénombre et la chaleur ne lui étaient pas inconnues, et son cœur s'affolait dans sa poitrine, alors que ses mains devenaient moites.

« Je suis déjà venue… »

« Quoi ? »

« Je suis déjà venue là. J'y suis restée longtemps. Je… »

Fantôme s'interrompit, alors que son cousin se précipitait déjà à l'extérieur. Elle n'entendit plus qu'un bourdonnement sourd à ses oreilles, qui lui donna mal à la tête. Suffoquant face aux souvenirs flous qui lui revenaient soudainement, elle recula à son tour, fermant la lourde porte de la cave.

« Hé, cousine, pas l'temps d'niaiser, on y va ! » S'écria-t-il depuis le couloir.

« Il m'a enfermée là. Il nous a laissé là, avec Fléau. Il a…Il a… »

« Tu m'fais quoi là ? » Chuchota-t-il en se rapprochant.

Tek fixa sa cousine avec incompréhension, la voyant haleter et devenir rouge, les larmes aux yeux. Elle paniquait complètement, au pire moment possible. Putain de Ceara, y'avaient qu'eux pour réagir ainsi.

Elle se précipita soudainement dehors, se riant du danger, cherchant avec hystérie de l'air. Une fois dehors, Tek peinant à la suivre, elle se mit à vomir durant de longues minutes alors qu'il surveillait les alentours. Mais très vite, ils furent repérés, et ils durent s'éloigner pour éviter les balles, la respiration de Tek devenant de plus en plus hachée.

Il tenta de lui parler mais elle demeurait muette, fonçant vers les murs, récupérant un Glock oublié là.

« Il te reste des balles ? » Finit-elle par demander, alors qu'ils s'étaient arrêtés pour laisser des soldats passer.

« Plus que deux. Toi ? »

« Une dans ce flingue, et aucune dans l'autre. »

Elle le fixa étrangement, et il allait lui poser une question lorsqu'une flèche fusa à deux centimètres de sa tête, avant de se ficher dans la poitrine d'un adolescent qui les tenait secrètement en joue. Tek fixa le garçon mort sur le coup puis l'autre côté de la rue, où les Dixon le fixaient avec une joie mêlée à de la peur. Ils restèrent quelques secondes ainsi, séparés par une guerre, alors que le cœur de Tek s'enivrait déjà à l'idée de retrouver ses frères.

Puis, mû par le même instinct, les deux Ceara traversèrent la rue à une vitesse folle, profitant du calme apparent, mais on les remarqua, et Tek se prit une balle dans le mollet. Il s'écrasa sur le bitume aux pieds de Merle, alors que Daryl, ayant rechargé son arbalète, tira en direction des trois soldats qui les prenaient en chasse avec l'aide d'Andréa.

« Faut qu'on dégage, maintenant ! Rick, on n'a plus le temps ! » Hurla Merle dans son talkie tout en aidant Tek à se mettre derrière une benne, le passage étant bloqué par les Woodburyens.

« On y est presque, j'ai plus de nouvelle de Caleb et Brayne n'est plus très loin ! Barrez-vous sans nous, on vous rej… »

« Rick ? T'es là ? Phil m'a dit qu'il n'fallait pas aller à la cave, tu m'reçois ? »

Le talkie crachota, puis s'éteignit. Merle le frappa contre le mur par colère, et il jura lorsqu'il se rendit compte qu'il avait cassé l'antenne.

« Ramène Tek à la maison avec vous. » Lâcha soudainement Fantôme en lui donnant son Glock vide. « J'vais tâcher de réunir les autres. »

« Quoi ? Non, tu… hé, reviens ici, Phil ! Saloperie ! »

Mais il dû se relever pour la couvrir, et assista, impuissant, à sa disparition.

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Michonne ferma les yeux de Martinez, qui venait de mourir d'une balle dans l'abdomen. Elle tremblait, mordait ses joues de l'intérieur, rongée par la culpabilité. Il s'était jeté devant elle pour la sauver, et il venait d'en crever. Par sa faute. Ils ne trouvaient pas Tek ni Fantôme, et ils étaient à une vingtaine de mètres du mur, et moins de trente pour les caves. Rick vérifiait les alentours en rangeant son Glock pour prendre son Colt, stressé comme jamais. Ils s'étaient réfugiés un instant derrière une bâtisse, dans un jardin, mais vu le silence des caves, il se doutait que les Ceara n'étaient pas là. N'ayant plus de nouvelles de personne, il ne voulait pas risquer la vie de Michonne après celle de Martinez, et il contempla la femme avec douleur. Elle planta son couteau dans l'oreille de l'Hispanique, le visage dur, avant de se relever et prendre son sabre, prête à se battre.

« Rentre sans moi. Dis-leur de m'attendre dix minutes, et après, partez. »

« Quoi ? Rick, je ne te laisse pas… »

« Ecoute, s'ils sont dans le coin, on saura bien sortir par nous-mêmes. Et si je ne reviens pas, alors Carl aura besoin de toi pour la suite. »

Elle attrapa son bras pour lui éviter de s'enfuir, mais il lui renvoya un regard si noir qu'elle recula.

« Fais pas de conneries. Ton fils a besoin de toi. Ne laisse pas cette ville… »

« C'est entre moi et lui ! » Siffla-t-il avec une haine violente. « Ça peut se jouer ce soir. Je peux tout arranger cette nuit. Je ne laisserai pas cette occasion m'échapper. »

« De quoi tu parles ? »

Il ne lui répondit pas, la poussant une fois en arrière pour lui signifier de s'en aller. Choquée et inquiète, elle finit par obéir, disparaissant dans la nuit.

Il resserra son arme dans sa main, souffla un coup.

Oh oui. Ce soir, c'était entre lui et Brayne.

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Rick pénétra la cave, refermant la porte sur les Rôdeurs qui grognèrent de déception. Presque hystérique, il tourna sur lui-même à la recherche d'une issue de secours, ayant été surpris par une horde, et tomba nez à nez avec Brayne, qui voulait son flingue posé sur la table. Celui-ci venait à peine de gagner les caves et se rendre compte de la disparition de Fléau, qui avait vraisemblablement tué Roy, que le policier avait débarqué sans prévenir.

Ils se fixèrent durant une seconde, séparés par une vieille table en bois, puis d'un même mouvement, ils se jetèrent l'un sur l'autre, Brayne pour récupérer son Glock et Rick pour le défoncer. Le Shérif était nettement plus fort, et il le balança de l'autre côté de la salle, poussant l'arme du pied, se mettant à sourire.

Le voir avait ranimé l'énorme flamme de haine qui dormait en lui. C'était comme si tous ses vieux instincts violents avaient attendu ce jour depuis la naissance de l'Humanité. Il n'y avait plus que lui et Brayne, et la préoccupation pour son groupe disparut pour laisser place à celle, plus dangereuse, du besoin de faire mal.

Brayne voulut se relever, mais il ne lui en laissa pas le temps. Attrapant ses cheveux, il projeta son genou dans son ventre avec violence deux fois, avant de remonter jusqu'au plexus solaire, lui coupant la respiration.

« Pas d'arme. » Ricana-t-il dans un souffle aigre. « Juste toi, moi, et mes poings. Et ça, c'est pour T-Dog et Oscar ! »

Tenant toujours sa tête dans sa main, il l'aplatit contre le mur, entreprenant d'enfoncer méticuleusement son nez dans son visage, écoutant avec un plaisir malsain les couinements de souffrance du garçon. Le relâchant, il secoua sa main, dont les jointures étaient blanches. Oh, douce vengeance qui s'était faite beaucoup trop latente…

Il le maintint au sol avec son pied, écrasant sa tête. Brayne se débattit, mais le policier lui sauta sur les jambes, le faisant hurler. Rick ne put s'empêcher de rire, et il réitéra l'opération.

« Pour Lori ! » Hurlait-il en essayant de casser une de ses chevilles.

N'y arrivant pas, Rick laissa tomber le pied qu'il tenait, et Brayne en profita pour le lui enfoncer dans la figure. Rick tituba, et le garçon se releva, mais d'un coup de coude, il lui fit cogner la tête contre le mur, et il se jeta sur lui pour le faire tomber, ce qu'il réussit. Un nouveau coup de poing explosa l'arcade sourcilière du Ceara, et cette fois-ci, Rick attrapa une de ses chevilles, tendant la jambe sous son nez, avant de lever son propre pied et viser le genou.

« Pour Lori ! » Répéta-t-il.

Brayne hurla lorsque la rotule péta, et que son tibia se cassa net. Des larmes dévalèrent ses joues, et Rick s'en délecta follement. Il se concentra sur ses côtes, gourmand.

« Pour Maggie, Carol, Beth ! Pour Carl et Judith ! Pour Daryl, Merle, Tek, Phil, James ! »

Il le souleva et le jeta contre la table, qui se brisa sous le choc, avant de prendre la gorge du garçon entre ses mains. Celui-ci gémissait et crachait du sang, et Rick lui intima de le regarder.

« On va tout détruire. » Chuchota-t-il. « Tout ce que tu as voulu faire de cet endroit et des Ceara, on va tout effacer et recommencer à zéro. Ils t'oublieront, te détesteront. C'est de ça, dont tu as peur. Tu as peur de la solitude. Tu les manipules de peur qu'ils ne te quittent. Tu n'es pas un vrai méchant, même si tu essayes tant d'en être un. T'es juste un gamin qui n'est rien sans sa famille. »

Il serra lentement ses doigts, patient, alors que Brayne se débattait pour un peu d'air. Rick sourit, réalisant qu'il était sur le point d'en finir, n'hésitant pas à serrer plus, toujours plus, la carotide de Brayne battant entre ses doigts…

Clic.

Il se retourna avec surprise, et contempla une enfant blonde tenir l'arme de Brayne et viser sa tête. Il lâcha par reflexe sa victime, qui aspira des grandes goulées d'air avec frénésie.

Lizzie était passée par l'autre sortie, sachant que Fléau était enfermé là, attendant que les choses se calment pour sortir de sa cachette. Et elle était tombée sur Rick. Celui-ci avait un regard des plus meurtriers, animal, froid et fou, couvert de sang des pieds à la tête.

« Tire… » Chuchota Brayne, qui s'étouffait dans son sang. « Lizzie, tire ! »

« Lizzie…Lizzie Samuels, la sœur de Mika ? »

La blonde ouvrit la bouche de stupeur, tanguant sur ses jambes fluettes.

« Vous connaissez ma sœur ? »

« Elle vit chez moi. » Répondit calmement Rick en faisant un pas en avant.

« N'approchez pas ! » Hurla-t-elle en resserrant son arme, et il obéit, tentant de lui sourire. Il lui fallait cette arme. Il la lui fallait maintenant. « Comment…ma sœur est morte, elle… »

« C'est ce que t'as dit Brayne ? » Un nouveau ricanement, si acide que Rick s'en brûla la langue. « Tu lui fais vraiment confiance pour ce sujet-là ? »

« Ne l'écoute pas, il ment. Si tu ne tires pas, il va nous tuer. » Gronda Brayne en clopinant pour s'éloigner, mais Rick ramassa et pointa un morceau de bois sur lui, prêt à lui sauter à nouveau à la gorge.

« Tu bouges, tu crèves ! »

« Ne l'touchez pas ! »

« Petite, donne-moi cette arme. Tu peux encore voir ta sœur, vivre avec nous. »

Mais elle secoua la tête, perdue, le canon braqué sur l'œil du Shérif. Brayne voulut une nouvelle fois s'avancer, mais le Glock se retrouva face à son nez.

« Qu'est-ce que tu… »

« Tu m'avais dit qu'elle était morte…C'est toi qui… » Le canon virevolta entre les deux têtes, alors qu'elle tremblait.

« Lizzie. » La voix trop basse pour être rassurante, Rick ne la lâchait pas du regard. « Donne-moi cette arme, et tu retrouveras ta sœur. Je suis chef de police, tu sais… »

« Me parlez pas comme si j'étais une enfant ! » S'indigna-t-elle, et il se tut. « Vous comprenez pas tout c'que fait Brayne pour nous ! Vous êtes un adulte, vous êtes un de ces menteurs qui… »

« Lizzie putain ! Tue-le ! » Hurla Brayne, le regard fou, la coupant dans son monologue. Elle décala l'arme de la tête de Grimes, stupéfaite.

D'instinct, Rick se précipita et enfonça son morceau de bois dans le ventre de Brayne, qui hurla. Il se plaqua au sol, alors que la balle traversa l'espace vide où aurait dû être sa tête, avant que Lizzie ne lâche l'arme et se mette à crier à son tour. La blonde se précipita sur son ami, alors que Rick récupérait l'arme. Brayne avait perdu connaissance, et gisait au sol comme une vulgaire proie.

Il l'avait. Rick avait sa vengeance à ses pieds, prête à mourir pour soulager sa conscience. Un sourire mauvais s'étala sur ses lèvres, et Lizzie sentit une terreur sans nom s'éprendre d'elle.

« Pousse-toi. » Gronda-t-il, mais elle secoua la tête avec hystérie, le protégeant de son corps, le sang s'étalant sur le plancher. « Fini de jouer, maintenant. Dernier avertissement. »

« Non ! Vous ne pouvez pas le tuer ! »

« Il t'as fait croire que ta sœur était morte, il a tué des membres de ma famille ainsi que ceux de ta ville. »

« Tout le monde ne peut pas survivre. On ne peut pas toujours gagner, on ne doit pas s'arrêter pour pleurer les morts. C'est ce que les adultes m'ont toujours dit, c'est ce que Brayne m'a appris. Il va sauver tous ceux qui restent. Si vous le tuez, on va tous mourir. »

Rick fronça ses sourcils, perturbé par la foi qui suintait à travers la voix de Lizzie. Elle était prête à mourir pour un garçon qui s'était joué d'elle, et malgré la peur, elle ne bougeait pas.

« Pousse-toi ! » Il s'empara de son bras mais elle hurla, refusant de se lever. Elle lui donna des coups de pieds, ainsi que des coups au visage, dont il se fichait.

« Hé, le chef de la prison, t'es là ? »

Fantôme apparut soudainement, passée par l'issue de secours, et se figea face au spectacle qu'étaient les trois personnes. Elle s'approcha avec curiosité, sourcils froncés, son frère à moitié mort se vidant de son sang. Puis elle sonda le visage de Rick, qui avait les traits figés et le teint pâle. Elle déglutit avec difficulté, fixant son frère avec inquiétude. Il ne fallait surtout pas que Rick le tue, et elle avait l'impression que c'était déjà bien mal parti.

« Hé, toi. Rick, c'est ça ? » Il ne répondit pas, et Lizzie en profita pour s'extirper de sa poigne, sans pour autant s'en aller. « Les autres nous attendent. Et Fléau n'est pas là. Il faut partir. »

« Je le tuerai avant. »

« Tu ne peux pas faire ça. Je… Je ne sais pas où est Fléau, je l'ai cherché aussi longtemps que je pouvais, mais…»

Une autre salve de balles tirées non loin d'eux la fit sursauter, alors qu'elle sentait son cœur battre la chamade.

« Si tu le tues, il ne pourra jamais me dire où il est. Je veux retrouver Fléau. »

« Parce que tu crois qu'il te répondra, hein ? Que toute cette putain de ville va t'accueillir à bras ouverts demain matin et qu'ils te montreront tous la voie ? »

« Bien sûr que non. Mais Brayne peut très bien me mener à lui, volontairement ou non. Sans lui, je perds toutes mes chances. Je ne sais pas ce qu'il lui a fait ni ce qu'il a pu lui mettre dans le crâne. J't'en supplie, Rick, laisse-le en vie. »

Sa voix avait eu des ratés, surtout sur ces derniers mots. Soudain, elle baissa les yeux sur son ventre et fronça les sourcils. Rick voulut parler mais du sang sortit à la place des mots de sa bouche, et il battit des paupières, stupéfait. Quelques gouttes avaient atterri sur le visage de Fantôme, qui n'avait pas bougé. Il ouvrit la bouche une seconde fois, mais du sang en surgit encore, s'étalant sur son cou et sa poitrine. En baissant les yeux, il remarqua une tâche au niveau de son plexus, juste sous ses côtes, qui s'étendait lentement. Au bout de dix secondes, elle était déjà une fois et demie plus large. Il jeta un œil mi-mortifié mi-scandalisé à Lizzie, qui secoua la tête, bouche bée. Elle avait pourtant raté sa cible, il avait dû se blesser pendant la bagarre… Il détourna les yeux et s'arrêta sur le morceau de bois, dont le sang luisait sur les deux extrémités pointues.

« Oh mer… » Fantôme ne put finir son juron que déjà, Rick tanguait, et elle dut le soutenir du mieux qu'elle put. « Lâche pas putain ! » Elle récupéra son arme, et Lizzie se remit à la supplier. « Ferme-là toi aussi ! Saleté de gamine ! »

Elle traîna le Grimes à l'extérieur, arme au poing, alors que Lizzie la regardait partir d'un œil désespéré.

« Mais qu'est-ce que tu fous ? Bouge-toi, on s'en va ! »

« Je laisserai pas Brayne… »

« Lizzie, putain. » Elle poussa un long soupir, alors que Rick s'évertuait à évacuer le sang dans sa gorge. « Choisis : Brayne ou Mika ? »

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Hakim s'apprêtait à rejoindre Carol avec sa voiture lorsque Fléau avait surgit devant lui, sorti de nulle part. Les deux s'étaient fixés en chien de faïence, interloqués, sans rien dire. Puis, par réflexe, Fléau s'était mis à courir. Du coup, par réflexe lui aussi, Hakim s'était lancé à sa poursuite.

C'était sans compter sur les morts, qui sentaient le sang de loin. Et si la majeure partie de la horde se concentrait sur la brèche du Sud, beaucoup d'entre eux s'étaient déplacés, éloignés, et c'était tous les alentours qui en étaient infestés. Fléau ne risquait rien, mais très vite, Hakim ne put en dire autant, et dû s'arrêter de le poursuivre pour se sauver la mise. Un rôdeur lui sauta sur le dos, et il eut du mal à s'en débarrasser.

« Fléau, reviens ! On est là pour toi ! »

Le garçon se retourna, laissant un mort le bousculer. Il avait la batte posée sur son épaule, d'une attitude nonchalante, mais ses traits durs et tirés trahissaient sa nervosité.

« Vraiment ? Et pourquoi ça ? » Puis, secouant la tête, il recula. « Non, j'veux pas savoir. J'veux juste être seul. »

« Pars pas putain ! »

Mais c'était trop tard. Il regagna sa voiture, s'enferma dedans, et démarra. Le chemin n'était pas long jusqu'à Carol, mais la pénombre le forçait à avancer lentement. Il passa sa main sur son cou, qui était trempé de sueur, mais elle revint rouge de sang.

« Non. Oh putain, non non non… »

Il sursauta lorsque sa voiture percuta soudainement quelque chose ou quelqu'un, et on frappa contre sa vitre avec hystérie. Il reconnut le visage d'Andréa, qui ouvrit la porte derrière lui avec violence, alors qu'une masse sombre s'écroulait sur la banquette, poussant un cri. Merle le rejoignit côté passager, et Hakim resserra sa veste autour de son cou, priant pour que sa blessure passe inaperçue. Devant, Daryl et Andréa couraient en évitant les quelques morts, alors que Merle lui hurlait d'avancer.

« Bordel mais… »

« Tek est blessé, et Carol a besoin d'aide ! Roule ! »

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Carol leva les yeux du corps de Jill, qui peinait à tenir le choc. La malheureuse avait été mordue trois fois, et elle baignait déjà dans son propre sang lorsqu'elle était venue trouver Carol, une dizaine de Rôdeurs sur le dos, qui, excités par l'odeur du sang et le bruit des fusillades, se faisaient deux fois plus violents.

Le percuteur de son Beretta frappa le vide, et la femme jura, ordonnant à la Russe de se lever tout en sortant son couteau. Mais à peine l'avait-elle levé que Daryl passa en trombe devant ses yeux, explosant le Rôdeur rien que par la puissance de sa course. Andréa aidait déjà Jill, alors qu'on lui hurlait de démarrer la voiture. Elle s'y précipita, tâta pour trouver les clés qui n'étaient plus sur le contact. La précipitation des autres la fit paniquer, et elle dû s'y reprendre à plusieurs fois avant de sortir les clefs du trou dans lequel elles étaient tombées. Sur le siège passager, la voix d'une femme se faisait entendre, et elle reconnut Phil qui s'énervait du silence de son correspondant.

« Y'a quelqu'un ? J'ai besoin d'aide pour sortir Rick, vous attendez quoi ? Hé, j'vous parle ! »

« Moi pas partir sans Caleb ! » Entendit-elle depuis l'extérieur. « Non, moi aller l'chercher ! »

« Je suis là ! » S'exclama Carol une fois qu'elle eut retrouvé la clé et que le moteur tourna. Les phares de la voiture d'Hakim éclairèrent la sienne, et elle saisit le talkie alors qu'Andréa rentrait dans sa Chevrolet, sans Jill. « Où êtes-vous ? »

On ne répondit pas tout de suite, et elle en profita pour récupérer Daryl, qui ferma la porte sur lui en poussant un énorme soupir de soulagement, épuisé par une telle nuit.

« C'est O.K., vous deux ? » Demanda avec inquiétude Carol en voyant Andréa chercher des traces de morsures sur elle.

La blonde finit par hocher la tête, essuyant le sang sur son visage, et Daryl grogna un oui sur un ton brut.

« Carol, c'est Michonne ! Venez au point convenu, Rick est blessé et Fantôme peine à retenir les Rôdeurs ! »

« Roule Carol ! » S'écria Daryl à ces mots, serrant avec force le talkie dans sa main.

Elle s'exécuta, percutant quelques cadavres ambulants, et au bout de quelques minutes, ils virent une petite horde focalisée sur trois personnes. Ils profitèrent de leur inattention pour les tuer par derrière, les Dixon étant les plus déchaînés. Andréa accueillit Rick au creux de ses bras sur la banquette arrière, retenant comme elle le pouvait le sang qui s'échappait du Grimes au bord de l'inconscience. Elle fronça les sourcils lorsqu'une enfant blonde se glissa dans le peu d'espace restant à l'arrière, mais le chasseur hocha la tête sans s'expliquer, lui donnant néanmoins son accord.

Carol reprit le volant tandis que depuis le siège passager, Daryl donnait des tissus à Andréa pour éponger le policier.

« Oh non Rick, pas toi…Serre ma main, lâche surtout pas, ça va aller, on rentre…Où sont les Furtifs ? Enfin, Caleb ? »

« J'sais pas. Fantôme et Michonne sont montées avec Merle. »

« Alors on…on va les laisser en rade ?! C'est hors de question, on a bien assez de place pour… »

« Non, on n'a pas assez de place. Il n'répond plus depuis un long moment, déjà, et Jill est partie on ne sait où en plus d'avoir été mordue. Ils sont p'têt déjà morts. »

« On laisse pas les nôtres dehors. Plus vite, Carol ! »

Elle accéléra à la vue des Rôdeurs face à eux, qu'elle renversa sans préambule. Il y eut un passage à vide avant qu'un autre corps ne percute son véhicule, et le visage hagard de Caleb s'explosa sur le pare-brise, faisant hurler Andréa.

Il gémit et gigota quelques secondes, avant que son front ne se pose sur la vitre, complètement mort. Personne ne bougea durant un certain temps, Carol tremblant comme jamais, avant que Daryl ne sorte prudemment de la voiture, lui aussi sous le choc. Il entendait encore les râles des morts qui assiégeaient Woodbury, les empêchant de les pourchasser.

Puis, les mains moites et la bouche sèche, il retira délicatement le corps du jeune Furtif et le posa au sol, sur le bord de la route. Il lui tira une balle dans la tête, et resta une seconde au-dessus de lui sans rien dire.

Quand il rejoignit la voiture, les autres n'avaient pas bougé, fixant la route avec incompréhension.

« Roule, Carol. » Murmura-t-il d'une voix très rauque, la tête basse.

La Chevrolet eut à nouveau des vrombissements, et disparut avec l'autre voiture dans la nuit noire.