Salut !
Je sais, encore une fois, je ne respecte pas le délai que j'avais fixé. Mais cette fois-ci, il y a des chapitres en avance... du coup la suite ne devrait pas trop tarder. xD
Un combat s'annonce dans ce chapitre, et qui vous étonnera je pense...
Bonne lecture !
Chapitre 14 : Retour impossible
— Non mais faut pas délirer ! Ca va faire trois jours ! Trois putains de jours !
— Vanitas, la ferme !
Les relations au sein du groupe allaient mal. Ou tout du moins entre deux personnes, et une troisième si cette dernière se sentait obligée d'intervenir. Naminé ne savait plus quoi faire pour maintenir la situation, d'autant plus que le 04 ne faisait aucun effort de coopération. Xion ne s'entendait absolument pas avec lui, et Kairi lançait quelques répliques de temps à autre lorsqu'elle était à bout. Sora demeurait le seul individu sensé et calme sans crier à tout bout de champ.
Xion, après avoir précédemment crié sur le cyborg, enfonça ses mains dans les poches de son pull et accéléra le pas. Elle ne tenait pas à rester près de lui au risque de devenir folle.
— Hé, j'en ai juste marre de marcher sans arriver à destination ! s'exclama de nouveau Vanitas. Ca fait trois jours qu'on est en route, deux jours qu'on a semé les agents, et on voit même pas votre foutu bâtiment principal !
— Tu pourrais te calmer, s'il te plaît ? grogna Kairi au bord de la crise de nerfs.
— Le bâtiment principal se trouve de l'autre côté de la ville, à l'opposé de celui de Xigbar, intervint Naminé. C'est normal que l'on ne soit pas encore arrivés.
Le 04 parut outré que sa seule coéquipière ne prenne pas sa défense. Il voulut protester, mais le regard glacial que la 02 lui lança l'abstint. Il se contenta de marmonner un juron et de suivre les mages en essayant de rester tranquille.
Ils n'avaient pas pris le risque d'utiliser le bus ou le métro ; ils se seraient immédiatement fait repérer par les agents de l'Etat. Même si les deux cyborgs avaient éliminé la grosse majorité des émissaires sans aucune difficulté, il n'en restait pas moins qu'ils devaient se montrer prudents.
Vanitas se demandait ce qui était arrivé à Demyx. Naminé était la dernière personne à l'avoir vu, et elle lui avait conseillé de se cacher. Il devait certainement se trouver en compagnie des Fondateurs pour les protéger. Le 04 soupira longuement, ne parvenant pas à garder son calme alors que Roxas pouvait à tout moment se trouver en danger de mort. Comment la 02 arrivait à gérer cela ? De plus, ces petits mages commençaient sérieusement à le faire voir rouge à force de se montrer aussi insolents. Surtout le mage qu'ils avaient fait prisonnier. Pour qui elle se prenait ?
— Si cela peut te rassurer 04, on a encore environ trois heures devant nous avant d'arriver au bâtiment principal, indiqua Sora.
— Su-per, ironisa Vanitas.
Naminé ne se donna même pas la peine de le reprendre. Elle n'était ni sa mère, ni sa nounou, et encore moins en présence de sorciers. Tout à l'heure, elle en avait juste assez qu'il se plaigne, mais là Vanitas ne semblait pas continuer à râler. Enfin la paix.
Roxas avait réfléchi à tous les moyens possibles de s'échapper, mais aucun ne pouvait l'aider. Les mages avaient pensé à l'enfermer dans une cellule entièrement faite de métal, de ce fait il ne pouvait pas briser les barreaux ou les murs avec de simples coups de poing ou de pied. De toute manière, les chaînes l'entravaient bien trop pour qu'il puisse même faire cela.
Il attendait donc patiemment la venue de chaque personne pour saisir une occasion, mais seul Riku lui rendait visite. Cet adolescent prenait toujours soin de refermer la porte tout en le fixant pour éviter toute mauvaise surprise, puis y restait adossé. Impossible alors de l'assommer juste avant qu'il ne condamne la sortie. Le 01 espérait qu'au moins une fois dans la journée, un idiot viendrait pour une raison quelconque et serait bien moins prudent. Il se précipiterait alors immédiatement vers lui – ou tout du moins comme il le pouvait, enchaîné comme il était – et s'enfuirait. A moins qu'il n'essayait de briser ses liens maintenant pour être en possession de tous ses mouvements ? Cela semblait une bien meilleure idée. Roxas observa les entraves à ses chevilles ; une chaîne reliait deux anneaux, et ne semblait pas faite de la dernière pluie. Cela allait être dur. Il regarda tout autour de lui, à la recherche d'un objet qui pourrait lui être utile. Seul le vide s'offrait à lui, en dehors du lit sur lequel il s'adossait. Il ne pouvait qu'attendre un miracle impossible qui ne se produirait sans doute jamais pour sortir de cette cellule.
Il entendit des clés enfoncées dans la serrure de la porte, et se tourner. Une visite. Sans surprise, Riku apparut à l'entrebâillement de la porte, accompagné cette fois-ci de deux gardes. Une précaution ? A quoi cela pouvait-il bien servir ? Le jeune homme donna des instructions à voix basse à ses compagnons, qui hochèrent la tête et se dirigèrent vers Roxas. Ce dernier se contenta de les regarder agir, même s'il se posait plusieurs questions quant au but de cette entrevue. Contre toute attente, l'un des gardes sortit une petite clé et déverrouilla les deux anneaux qui lui restreignaient les pieds. Le 01 ne se leva pas tout de suite, lançant un regard interrogateur à Riku, ne comprenant pas son acte. Riku haussa les épaules et pointa du pouce derrière lui.
— Le commandant Xigbar veut te voir, indiqua-t-il avec indifférence. Je ne sais pas ce qu'il te veut, ni pourquoi il ne vient pas directement ici. Maintenant lève-toi et suis-nous.
Le miracle impossible. Roxas s'exécuta et suivit Riku, tandis que les deux gardes fermaient la marche – certainement pour empêcher une éventuelle tentative de fuite. Il s'était débarrassé de ses menottes aux chevilles, à présent il devait retirer celles aux poignets, ce qui s'avérait beaucoup plus compliqué. Pour le moment il allait tout simplement suivre les mages, et aviserait ensuite. Il ne fallait pas précipiter les choses alors qu'une telle occasion s'offrait à lui.
Le bâtiment était bien plus grand que le précédent. Roxas ne savait pas où il était, mais il en déduisait qu'il s'agissait de l'un des quartiers généraux principaux des sorciers. Pendant qu'ils traversaient les couloirs, il pouvait noter le nombre conséquent de salles, les grandes pièces vitrées servant sûrement pour les réunions, une large terrasse au fond du couloir ainsi que des systèmes d'alarme disposés partout. Une bâtisse sécurisée et spacieuse ; mener un combat ici pouvait se montrer à la fois dangereux et avantageux : pour l'un car l'ennemi serait beaucoup plus nombreux, et pour l'autre car les mouvements n'étaient pas réduits. Le 01 put garder tout cela en mémoire juste avant que l'on le pousse dans une salle – vaste également – où plusieurs personnes se tenaient droites, dont Xigbar qu'il reconnut immédiatement. Il n'y avait qu'un bureau, des canapés et des étagères. Rien d'autre. Roxas ne fléchit pas face aux regards intenses qu'il recevait de la part de tous ces hommes, au contraire même ; il soutenait ces œillades et affichait clairement qu'il demeurait imperturbable. Xigbar renvoya les deux gardes, puis demanda à Riku de se positionner sur le côté en attendant les prochains ordres, tandis qu'il s'avançait vers le 01. Roxas le toisa du regard, attendant qu'il prenne la parole – pas question de faire le premier pas. Le borgne esquissa un sourire.
— Eh bien 01, comment te sens-tu, enchaîné et impuissant ? se moqua-t-il.
— Que voulez-vous ? demanda Roxas en ignorant son interlocuteur. Vous auriez pu venir me voir dans ma cellule.
Le sourire de Xigbar ne fit que s'élargir tandis que les autres mages présents s'avancèrent vers le cyborg. Celui-ci lança des regards furtifs à ses adversaires, sentant le danger venir. Lorsqu'un homme tenta de poser une main sur son épaule, Roxas pivota sur lui-même et donna un coup de pied vertical dans la main de son opposant, enchaînant ensuite avec d'autres coups dans le ventre. Immédiatement, les mages ripostèrent et préparèrent des salves de sorts malgré l'interdiction que Xigbar s'égosillait à ordonner. Roxas aperçut du coin de l'œil une sphère de feu s'approcher, et présenta alors ses menottes qu'il brandit. La chaîne reliant les anneaux fondit en son milieu, libérant donc instantanément les poignets de son prisonnier. Xigbar se racla la gorge en voyant cela et dut se résoudre à attaquer aussi pour maîtriser l'humanoïde.
— Si vous m'aviez écouté, bande d'incapables ! grogna-t-il.
Avec une vitesse insoupçonnée, Xigbar n'eut besoin d'à peine quelque secondes pour canaliser sa force et catapulter un énorme glacier en direction de Roxas. Ce dernier n'avait pas prévu l'intervention du borgne dans cette petite bataille, et fut pris de court par la magie. Alors que les autres mages s'éloignèrent rapidement avec horreur, le 01 se fit toucher par le Glacier X de plein fouet. Il s'été protégé la tête avec ses bras, mais le reste de son corps semblait engourdi et paralysé par le choc de l'impact. Les mages choisirent ce moment pour fondre sur lui et le maîtriser, le plaquant violemment au sol. Xigbar poussa un long soupir d'exaspération et s'accroupit en face du cyborg.
— Bon, on va pouvoir parler ? lança-t-il dédaigneusement. De toute façon je pense pas que tu puisses faire grand-chose.
Roxas ne daigna pas répliquer. Encore un peu sonné par l'attaque, il tenta de se débattre, mais la prise de ses agresseurs était trop forte pour qu'il s'en échappe – quatre hommes en tout, deux lui restreignant les jambes, deux s'occupant des bras. Il ne savait pas ce que lui réservait le chef de la direction offensive, mais cela ne devait pas être très joli. Xigbar arbora un rictus moqueur et se pencha d'un peu plus près vers l'oreille du 01.
— Est-ce que tu as déjà entendu parler du « contrôle de l'âme » ? susurra-t-il. Bien que le terme ne soit pas très approprié, surtout pour vous, ça reste une magnifique technique à perfectionner.
Le cyborg craignait le pire. Il pouvait entendre le sourire de Xigbar s'élargir au fur et à mesure qu'il parlait.
— Tu auras l'honneur d'être le premier à l'essayer.
Les mages autour de lui se raidirent instantanément, mais s'abstinrent de faire tout commentaire pouvant aller à l'encontre des projets de leur chef. Ce dernier se leva et se dirigea vers Riku, qui jusque là avait assisté à la scène sans rien dire – malgré le fait qu'il en ait voulu. Il lui tapota l'épaule et pointa Roxas du doigt, un sourire carnassier sur les lèvres, comme s'il avait déjà remporté la victoire.
— Riku, tu sais que tu es l'un de mes meilleurs soldats, n'est-ce pas ? jubila-t-il. Fais-moi le plaisir de nous débarrasser de ce déchet avec ce que je t'ai appris.
Riku frissonna inconsciemment. Utiliser cette magie ? Il avait une grande confiance en ses capacités et à sa concentration, mais l'employer sur le 01? Il savait qu'une part d'humanité résidait en ces cyborgs – malgré toutes les protestations de son entourage qui s'obstinait à réfuter ses affirmations –, mais il n'était pas certain qu'il parviendrait à réussir sa tâche. De plus, il n'éprouvait aucune envie à obéir, non ; il ne voulait pas contrôler Roxas. Cet humanoïde le fascinait, beaucoup trop, tellement qu'il commençait à ressentir des émotions étranges. Malheureusement pour lui, l'impatience de Xigbar fit qu'il dut se résoudre à se plier aux ordres, et il s'approcha du 01 à terre. Ce dernier le fixa de ses yeux céruléens, comme s'il le mettait à l'épreuve, comme s'il le provoquait, comme s'il l'incitait à le défier dans ce combat mental. Riku ne se déroba pas.
— Il semblerait que je sois de nouveau en position de force, fit-il avec une pointe d'ironie. Tu m'en vois navré si je gagne.
Riku planta son regard dans celui de Roxas, une lueur de détermination dans les yeux. Contre toute attente, le cyborg ne détourna pas le regard ; il le soutint, même, au grand étonnement de tous. Xigbar fronça les sourcils ; pourquoi cet humanoïde se laissait-il faire délibérément ? Pensait-il vraiment faire le poids face au pouvoir de Riku ? Cela le dépassait.
Après seulement une dizaine de secondes, l'atmosphère sembla soudainement changer. Riku relâcha doucement sa concentration et se tourna vers Xigbar. Celui-ci s'approcha du cyborg, qui alors avait baissé la tête depuis que le jeune homme avait détourné le regard, et vit avec surprise que les yeux de Roxas paraissaient dépourvus de vie – plus qu'à l'ordinaire. Il ne contint pas son rire. Son rire dément.
— Ca y est ! s'écria-t-il. Nous y sommes parvenus ! Le contrôle de l'âme fonctionne réellement ! Riku, fais donc un essai et commande ton nouveau pantin.
Les mages qui maintenaient Roxas au sol s'écartèrent et se levèrent, afin de laisser Riku le contrôler librement. Le garçon inspira profondément.
— Lève-toi et dirige-toi vers la fenêtre, ordonna-t-il.
Tout le monde retint son souffle. Roxas, machinalement, se releva en s'appuyant sur ses bras, la tête droite, se dirigea sans vie vers la fenêtre et s'y arrêta. La manière dont il marchait paraissait tellement saccadée, lente et terne sans la férocité du cyborg ; même sa posture semblait dénuée de toute âme. Ses yeux ne reflétaient plus rien, seulement du vide ; du noir complet, de l'obéissance totale.
Alors que les mages et Xigbar criaient leur victoire, Riku se mordait la lèvre inférieure, coupable et insatisfait. Comment se réjouir d'un triomphe aussi facile ? Le 01 n'avait opposé aucune résistance ; on aurait même dit qu'il s'était intentionnellement laissé faire, et cela perturbait le mage au plus haut point. Pourquoi ? Cet humanoïde devait certainement s'agir du plus fier des quatre, il ne se laisserait normalement pas contrôler aussi aisément ! S'il avait au moins montré une once de résistance, peut-être que Riku aurait pu se ravir de ce succès, mais les circonstances faisaient qu'il ne le pouvait décemment pas. Une incompréhension totale planait sur le jeune mage.
Une idée germa soudainement dans son esprit. Risquée, mais elle valait le coup d'être essayée. Riku se tourna vers Xigbar et tenta de se montrer le plus naturel possible, en espérant qu'il n'éveille aucun soupçon de par son comportement un peu étrange.
— M. Xigbar, où avez-vous rangé les dagues du 01 ? demanda-t-il calmement.
— Ses armes ? répéta Xigbar. Elles doivent être dans mon bureau.
Il fit un vague mouvement de main vers le deuxième tiroir de son bureau, les sourcils haussés, curieux de connaître le plan de son subordonné. Lorsqu'il le vit se diriger vers la table pour se saisir des dagues, les autres mages hoquetèrent de surprise, craignant que leur collègue ne fasse un faux pas. Tout de suite, l'un d'eux s'enquit de la situation, légèrement suspicieux.
— Qu'est-ce que tu veux faire avec ces dagues ?
— Je vais faire un test, répondit sereinement Riku.
Le mage voulut répliquer, mais Xigbar lui pria de laisser Riku mettre son plan à exécution. Ne voulant pas montrer d'insubordination, l'homme dut se résigner à obéir et à observer.
L'ombre d'un sourire naquit sur les lèvres de Riku, qui le cacha du mieux qu'il le pouvait afin de ne pas détruire son image de soldat discipliné. Il soupesa d'abord les armes et observa les ciselures sur les lames, s'assurant de leur authenticité ; pour en avoir manipulée une, il pouvait les distinguer des autres couteaux. Il sentit de nouveau ce sentiment de puissance et de faiblesse, de lourdeur et de légèreté, de cette intuition que le sort se trouvait entre ses mains, qu'il devait choisir la manière dont il fallait employer ces dagues au combat. Comment faisait Roxas pour se débrouiller avec ces sensations perpétuelles ?
Secouant la tête, Riku se concentra sur sa tâche. Il appela le 01 d'une voix ferme pour capter son attention, et lorsqu'il vit ces yeux bleus se poser sur lui, il agita précautionneusement les dagues devant lui. Il voulait savoir si ce cyborg parviendrait à reconnaître ce qu'il lui appartenait. Il le voulait. Il ne prêta pas attention aux avertissements de Xigbar, ni à ceux des autres mages ; il fixait Roxas, lui criant intérieurement de réagir, de bouger, de parler, de faire quelque chose face à cela. Un infime espoir résidait toujours en lui, attendant le moment où l'humanoïde se libérerait de lui-même de son emprise, sortant alors victorieux de ce contrôle d'esprit. Il murmurait inlassablement des encouragements.
Et là, en l'espace d'une seconde, sans même qu'il n'ait pu voir ni entendre quoi que ce soit, les dagues disparurent de ses mains. Riku dut prendre une poignée de secondes avant de comprendre et de percevoir les cris d'horreur et de surprise qui l'entouraient, ainsi que les bruits de combat et les ordres hurlés par Xigbar. Là, maintenant, un sourire narquois étirait ses lèvres. Il savourait la réussite de son idée, de son envie égoïste de libérer le cyborg.
Xigbar jura vulgairement en voyant ses mages tomber un à un, inertes. Les attaques du 01 se succédaient les unes après les autres, très rapidement, tel un félin chassant sans relâche sa proie. Il voyait les assauts magiques échouer inlassablement, les mouvements habiles de l'ennemi à se déplacer dans la salle, sa parfaite maîtrise de ses dagues trancher avec précision les gorges de ses opposants, et tout cela dans un calme absolu.
Ce n'est pas humain.
Pourquoi Riku avait-il fait cela, nom de Dieu ? Que voulait-il prouver ? Xigbar avait tout simplement envie d'empoigner le mage et le jeter par la fenêtre, mais pour le moment d'autres problèmes plus importants se présentaient à lui. De son seul œil doré, il dévisagea Roxas qui venait de décimer le dernier mage de la pièce à l'exception de Riku. Il grogna.
— C'est bon, tu t'es amusé ? J'arrive pas à croire que tu t'es occupé seul d'autant de mages à la fois. Certains d'entre eux faisaient partie de mes meilleurs hommes, tu sais.
— Vous êtes le prochain sur la liste, commenta froidement Roxas.
— Essaie pour voir.
Xigbar lança un coup d'œil en direction de Riku, et lorsqu'il vit que ce dernier restait debout sans rien faire, ne levant même pas le petit doigt pour l'aider, il renifla.
— Sale traître.
Riku haussa les épaules. Même s'il ne voulait pas spécialement voir son commandant se faire tuer sous ses yeux, il ne pouvait rien faire pour arrêter Roxas. Tous leurs combats s'étaient soldés par des égalités, et il trouvait cela quelque peu bizarre qu'il le stoppe alors que la dizaine de minutes précédente, il tentait de le faire revenir à lui. De toute évidence, le cyborg gagnerait, qu'il affronte un ou deux mages ne changerait pas grand-chose… De manière plus simple, Riku ne ressentait aucun désir à vouloir affronter le 01, étrangement. Il ignorait pourquoi toutes ces émotions arrivaient en flot dans son esprit – des sentiments contradictoires avec ses principes et les règles établies chez les mages. Il ne savait même plus dans quel camp il se trouvait.
Roxas n'attendit pas une seconde de plus pour s'élancer sur Xigbar, ne prenant pas le temps d'établir de stratégie. Le plus tôt il se débarrasserait de lui, le plus tôt il pourrait s'occuper du reste du bâtiment. D'un mouvement leste de poignet, il donna un coup en oblique qui érafla la joue du commandant, faisant alors naître un filet de liquide rouge. Ne s'arrêtant pas là, il enchaîna avec d'autres attaques aussi rapides les unes que les autres, mais Xigbar ne comptait pas rester les bras croisés ; aussitôt qu'il vit les prochaines actions de son adversaire, il créa un bouclier qui bloqua efficacement chacun des coups de lame. Le bruit de frottement entre la paroi protectrice et les dagues fit grimacer l'adulte, sentant que sa défense serait bientôt détruite. Rapidement, il invoqua autour de lui des sphères de feu les encerclant tous les deux ; Roxas cessa abruptement son assaut et fixa les menaçants globes brûlants, crépitant de braises. S'il tentait de les esquiver, tôt ou tard l'un d'entre eux le rattraperait ; d'autre part, il doutait fort que son ennemi envoie tous ses projectiles en même temps, et attendrait qu'une faille s'ouvre pour l'attaquer. Passant son regard en vitesse du sortilège au visage souriant de Xigbar, il décida de plonger au sol. Le commandant émit un rire sarcastique et lança ses sphères de feu en direction du cyborg, tout en créant une barrière autour de lui.
— Tu ne peux pas m'échapper ! s'exclama Xigbar.
Deux sphères partirent à la poursuite de Roxas, mais ce dernier parvint à leur échapper en roulant elles explosèrent au contact du sol et provoquèrent un écran de fumée qui se dissipa rapidement, révélant alors d'autres globes à la suite. Le 01 se releva prestement et continua à esquiver les attaques lancées à son encontre malgré l'espace restreint de la salle. D'un coup d'œil rapide, il s'aperçut que la barrière protégeant Xigbar faisait toujours effet, ce qui l'empêchait d'aller directement l'attaquer sans risquer de se faire avoir par ce sortilège de feu. Il aurait pu montrer un signe d'irritation, mais il se concentra plutôt sur une façon de briser ce cycle perpétuel de bouclier et magie. Il restait trois sphères sur le terrain ; Xigbar ne semblait pas apprécier ses échecs et décida alors de tenter le tout pour le tout en dirigeant ses trois projectiles vers son adversaire de trois angles différents. Elles partirent de ce fait avec beaucoup de vitesse, fonçant littéralement sur leur cible, face à lesquelles Roxas choisit de s'échapper au dernier moment. Observant attentivement l'offensive, il attendit. Il attendit jusqu'à ce que les sphères aient un endroit d'impact commun ; cela s'avérait risqué et inconscient, mais il s'agissait de sa seule issue.
Maintenant.
Les trois globes se réunirent et Roxas sauta en arrière, évitant alors de se prendre l'attaque de plein fouet. Le souffle de l'explosion le fit chanceler mais il ne se laissa pas distraire par cela ; à la place il s'élança de nouveau vers Xigbar, qui venait juste de retirer sa barrière, certainement dû par le temps limité de son invocation. Le commandant se racla la gorge et évita de justesse un coup qui aurait pu être fatal s'il ne s'était pas baissé. Grognant de frustration, il projeta plusieurs pics de glace qui s'échouèrent dans les jambes du cyborg, lequel se déroba quelque peu face au soudain moment de paralysie. Il n'abandonna néanmoins pas et continua ses attaques, usant de ses pieds s'il le fallait pour faire diversion et frapper ensuite avec ses dagues. Xigbar commençait à se lasser de ce combat et voulait en finir vite ; il murmura une brève incantation qui fit illuminer le sol sous les pieds du 01. Accélérant ses mots, la lumière blanche devint de plus en plus vive et une colonne apparut soudainement et emprisonna Roxas. Ce dernier écarquilla les yeux ; la magie Sidéral, encore et toujours. Cette fois-ci il ne put prévoir le sortilège tellement son utilisation avait été rapide. Condamné alors à subir l'horrible martyr mental que provoquait cette magie, il tomba à genoux, la tête entre les mains, résistant du mieux qu'il pouvait pour ne pas sombrer dans l'inconscience. La dernière fois il avait pu s'en empêcher, sans oublier qu'il s'agissait de l'œuvre de Riku, un mage certes puissant, mais encore peu expérimenté, contrairement à Xigbar qui possédait des années et des années de vécu pour perfectionner ses pouvoirs.
Le commandant sourit. C'était la fin pour ce cyborg. Personne ne pouvait s'en sortir vivant d'une magie Sidéral lancée par un redoutable mage. Qui ce cyborg se croyait être ? Le défier, lui ! Il ne réfléchissait pas aux conséquences de ses actes impulsifs. Il lança un coup d'œil à Riku ; celui-ci n'affichait aucune expression, comme s'il ne se préoccupait absolument pas du résultat du combat. Peut-être que c'était le cas ? Malgré toute l'efficacité et la ferveur qu'il mettait à accomplir son devoir, sa précédente action avait beaucoup déçu Xigbar. S'il n'avait pas agi de la sorte, pour une raison qu'il ignorait de surcroît, tout ceci ne serait pas arrivé, et le 01 aurait été sous leur contrôle pour renverser les scientifiques. Le commandant prévoyait déjà un plan d'attaque avec ce nouvel élément, mais le sort en avait décidé autrement ; le revoilà la case départ. Avec un peu de chances, l'humanoïde survivrait, et il ne suffirait que de lui prodiguer les premiers soins pour qu'il guérisse ; la suite se passerait comme il l'avait calculé. Mais voilà la faille : s'il survivait, et Xigbar en doutait fortement.
Lorsque la colonne de lumière s'estompa pour laisser place à un Roxas complètement engourdi et étourdi, Xigbar s'approcha de lui et se mit à son niveau. A la manière dont sa tête tremblait mollement, il était certain que son sortilège venait de l'achever. Quel dommage ; cela lui aurait procuré une sensation de victoire et de puissance s'il avait pu user du pouvoir de ce cyborg pour le retourner contre ses créateurs. Ces derniers pouvaient se vanter autant qu'ils le voulaient sur le potentiel de leurs humanoïdes, eux-mêmes ne sauraient pas les contrer.
Il s'apprêtait à se redresser quand il sentit subitement une douleur à la poitrine, bloquant alors sa respiration. Baissant la tête, il vit avec horreur une dague noire le transperçant, créant une tache rouge sur son vêtement tandis que de grosses gouttes tombaient sur le sol. Incrédule, sa tête lancinante, les yeux écarquillés, la respiration saccadée et irrégulière, cherchant de l'oxygène, il vit Roxas relever la tête. Rien ne pouvait être déchiffré sur son visage. Ses yeux bleus fixaient simplement l'homme en face de lui. Des yeux dénués de tout sentiment.
— Toi…, haleta Xigbar. C'est impossible…
Lentement, le cyborg leva son autre main, sa dague blanche, et la planta sans pitié dans la gorge de Xigbar.
Je pense que je ne peux pas faire plus explicite concernant les sentiments confus de Riku ! XD Et oui, je laisse sur un cliffhanger. Ha. *sort*
