Voici enfin la 14ème partie. Désolée pour l'attente.

Bonne lecture,

Z.

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Nanao se rendait de bonne heure à l'académie. Elle avait demandé et obtenu l'autorisation pour accompagner un groupe d'étudiants dans le monde réel. Elle n'y allait pas en temps qu'enseignant, seulement en temps qu'observateur. C'était bien entendu la raison officielle et personne à l'académie n'avait rien eu à redire. Les raisons officieuses de son voyage étaient toutes autres et aucunes n'étaient liées à son travail.

Elle avait été autorisée à quitter l'hôpital trois semaines auparavant mais à la seule condition de prendre deux semaines de repos avant de retourner travailler. Et, chose incroyable, elle avait accepté avec joie. De toute sa vie, elle ne se souvenait pas d'avoir été aussi fatiguée! Elle avait passé la première semaine endormie, et la deuxième à manger, ce qui était, selon l'avis de son capitaine, LA meilleure façon de vivre sa vie, à condition d'arroser les repas avec un bon saké, évidemment.

Son retour à la division s'était passé selon la tradition en vigueur à la 8ème, accompagné d'une fête. Elle s'était prêtée de bonne grâce à la coutume même si elle avait bu moins de saké que l'aurait voulu le capitaine Kyôraku. Puis les choses étaient revenues à la normal.

Enfin presque!

Pour les hommes de sa division, elle avait été absente suite à un problème de santé. Ils ne savaient rien de plus et même si certains imaginaient les choses les plus folles – après tout, elle n'était jamais absente habituellement – leur comportement restait le même. Par contre, en ce qui concernait leur capitaine, les choses étaient bien différentes! Il était aux petits soins pour elle et si elle avait apprécié lorsqu'elle était en repos chez elle, il en était tout autre au travail... Bien sûr, il venait au bureau et en prime, il faisait sa part de travail! Mais le prix à payer était bien trop important: Il était toujours sur son dos! Il portait ses dossiers, lui apportait ses repas, lui offrait de lui faire un massage des épaules ou des pieds toutes les dix minutes, lui proposait du thé, d'ouvrir ou de fermer la fenêtre… Elle n'en pouvait plus. Elle n'avait jamais été aussi en retard dans son travail depuis qu'il s'était mis en tête de lui venir en aide!

La jeune femme avait envisagé toutes les solutions pour que les choses reviennent comme avant mais rien ne semblait réalisable, il ne lui restait plus que deux solutions: le meurtre ou le suicide. Et comme le suicide était hors de question…. Elle s'était demandée où se procurer du saké frelaté quand l'horrible réalité s'était rappelée à elle: combien de formulaires aurait-elle à remplir pour la mort par empoisonnement de son capitaine? Non, ça n'en valait pas la peine.

Aussi ce voyage dans le monde réel était une façon de lui échapper. Il ne savait pas qu'elle avait demandé à quitter la Soul Society, elle s'était bien garder de lui en parler. Il était devenu tellement hyper protecteur ces derniers jours que dans le meilleur des cas elle aurait pu partir à condition qu'il l'accompagne, ce qui aurait rendu caduc la raison même de cette "fuite".

Aussi étouffant qu'il l'était, le capitaine Kyôraku n'était pas le seul à avoir motivé son désir de quitter la Soul Society. Byakuya avait aussi sa part de responsabilités. Même s'il était tout sauf étouffant – elle ne l'avait vu qu'une seule fois depuis qu'elle avait repris connaissance – elle avait besoin de s'éloigner de lui aussi loin que possible.

Nanao comprenait pourquoi son amant l'évitait. Parce que c'était le mot: il l'évitait. Quand elle se rendait chez lui, il était malheureusement absent pour diverses raisons, toutes plus fausses les unes que les autres. Et elle, elle acceptait ses mensonges parce qu'elle comprenait ce qu'il ressentait. Il avait eu peur et il lui en voulait, c'était compréhensible. Et contrairement au capitaine Kyôraku qui se montrait trop collant pour les mêmes raisons, Byakuya la fuyait.

Il était cependant passé chez elle trois soirs auparavant pour parler.

Quand elle était parvenue à mettre à la porte son capitaine qui semblait avoir décidé que son salon était son nouvel endroit préféré de toute la Soul Society, ils avaient eu une longue conversation et maintenant, c'était elle qui le fuyait. Quel beau couple ils faisaient!

A la décharge de la jeune femme, la conversation qu'ils avaient eue ne s'était pas déroulée comme elle l'avait espéré. Elle s'attendait à des reproches – qu'elle méritait pour ne lui avoir rien dit de ce qu'elle comptait faire – elle s'attendait aussi à se faire sermonner – elle aurait subit sans rien dire – elle avait même envisagé qu'il puisse hausser le ton – ce qui était peu vraisemblable – elle s'était attendu à tout, sauf à une demande en mariage dans les règles. Et ce fut donc ce qu'il fit.

Elle n'avait pas put lui répondre et ça n'avait pas semblé le perturber. Il lui avait expliqué ce qu'un mariage avec lui changerait et ne changerait pas à sa vie puis il lui avait demandé d'y réfléchir avant de prendre congé. Et c'était exactement ce qu'elle faisait, elle y réfléchissait… tout en l'évitant! Ca n'était pas une réponse très mature à la situation, mais c'était actuellement ce qu'il lui semblait être le plus prudent. Et là encore, un voyage dans le monde réel tombait à point nommé.

Il y avait une troisième raison à cette virée dans le monde réel: Elle comptait se rendre chez Tsukabishi Tessai pour le remercier de ce qu'il avait fait autrefois pour elle et de ce qu'il avait tenté de faire trois semaines auparavant. Pour tout dire, cette raison était la plus noble des trois qu'elle avait pour quitter la Soul Society et c'était celle qui lui était venue en dernier! Elle n'y avait réfléchi que la veille. Mais bon, ce qui comptait c'était d'y avoir finalement pensé!

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Une fois le Senkaimon franchit, Nanao ne put que s'amuser des visages anxieux des aspirants shinigamis. De l'autre côté du portail, ils faisaient encore tous les gros bras mais dans le monde réel, leur confiance s'était quelque peu effritée! Pour la plupart ils allaient voir des Hollows pour la première fois de leur vie et ils n'allaient avoir à compter que sur eux et sur ce qu'ils avaient appris pour s'en sortir. Il y avait effectivement de quoi angoisser!

Nanao les laissa tandis que les sixièmes années mettaient en place les exercices que les plus jeunes allaient avoir à effectuer. Le vice capitaine de la 8ème division serait bien resté avec eux parce qu'il y avait longtemps qu'elle n'avait pas eu l'occasion d'occire quelques Hollows. Pour tout dire, elle n'avait pas particulièrement envie de casser du Hollow, elle mourait surtout d'envie de dégainer son zanpakutô, ce qui était un désir assez récent. En fait, depuis qu'elle était sortie de la 4ème division, elle ne pensait presque qu'à ça. Ce qui n'était pas évident pour réfléchir aux soucis que lui causaient les deux capitaines de sa vie.

Depuis aussi loin qu'elle se souvenait, sortir son zanpakutô – Akiko – de son fourreau avait toujours été quelque chose qui la répugnait. Elle n'avait jamais pu expliquer clairement à quiconque la raison – pas plus qu'à elle-même – mais pour simplifier, elle le trouvait laid. Pourtant c'était une lame comme les autres, et quand Nanao passait en Shikai, elle se tintait légèrement de bleu. Le capitaine Kyôraku trouvait ça joli – il avait même ajouté que le sabre était à l'image de sa propriétaire : joli et inoffensif, tant qu'on ne se frottait pas à lui ! – mais Nanao n'avait jamais rien éprouvé de tel. Jusqu'à ces quelques semaines…

Et elle pensait en connaitre la raison. Quand le capitaine Tsukabishi avait scellé une partie de sa pression spirituelle lors de son enfance, il avait par la même changé la forme et le nom de son zanpakutô. Et quelque part, même si elle avait aimé Aki de tout son cœur, de manière inconsciente, elle avait su qu'il n'était pas à elle, qu'il n'était pas elle. Et ça devait être ce sentiment qui avait fait qu'elle n'était jamais à l'aise avec son sabre.

Et pendant toutes ses années, elle avait même réussi à presque le faire disparaitre ! Tous les autres shinigamis dont le sabre dépassait la longueur d'un couteau le portaient fièrement bien en évidence à la ceinture. Mais pas elle ! Elle parvenait à le ranger dans la manche de son uniforme… et le bras de la jeune femme était plus court que ne l'était son arme ! Si certains de ces collègues s'en étonnaient parfois – elle ne se donnait jamais la peine de répondre à leurs interrogations – elle avait la meilleure explication possible : en réalité, son zanpakutô disparaissait quand elle faisait mine de le ranger. Le capitaine Kyôraku – qui savait pour ce détail – trouvait que c'était un fait qui prouvait bien que le zanpakutô et le shinigami ne faisaient qu'un : le sabre de Nanao était à l'image de sa propriétaire, à savoir, pratique ! Et quoi de moins commode qu'une barre en métal ceinte à la taille ? Le zanpakutô n'est pas vraiment un objet physique, c'est avant tout une projection de la pression spirituelle de son maître et Nanao en avait une telle maîtrise qu'elle le faisait disparaitre et apparaitre à son grès. Mais elle se gardait bien de s'en vanter à ses collègues qui exhibaient leur arme avec tant de fierté !

Maintenant, elle parvenait enfin à les comprendre. Elle-même aurait bien fait comme eux mais changer d'un coup de façon de faire aurait semblé trop étrange – tout du moins à ses yeux – et il fallait reconnaitre qu'un sabre à la taille était trop gênant ! Et tout ça parce qu'il avait enfin pris sa véritable forme et son véritable nom : Akihito.

Il n'était d'ailleurs plus question de l'appeler Aki ! L'esprit de son zanpakutô n'avait pas changé d'apparence, probablement parce que Nanao était très attachée au garçonnet qu'elle rencontrait dans son monde intérieur, mais la jeune femme était persuadée au fond d'elle que ça n'allait pas rester comme ça pour toujours. Elle était déjà retournée dans son monde intérieur durant ces trois semaines et il lui avait semblé qu'Akihito avait légèrement grandi. Elle soupçonnait qu'il allait encore grandir pour devenir ce qu'il était vraiment : cet homme qui était tombé du scellé.

En ce qui concernait le sabre en lui-même, il n'avait pas changé d'apparence mais pour ce qu'il dégageait, ça c'était autre chose. Nanao n'avait pas pu le vérifier parce qu'elle n'avait trouvé personne pour croiser le fer avec elle. Le capitaine Kyôraku avait refusé car il avait craint de la blesser, le capitaine Ukitake avait une baisse de forme, Byakuya l'évitait quand ça n'était pas elle qui le faisait ! Elle avait même demandé à Matsumoto mais la jeune femme avait préféré faire la fête pour fêter son rétablissement plutôt qu'un duel ! Les seules personnes à qui Nanao n'avait pas demandé étaient Hinamori Momo parce qu'elle n'avait pas un très bon niveau au sabre – elle était la partenaire idéale lorsqu'il était question de kido – et Yachiru Kusajishi parce que la fillette l'aurait peut être tuée sans le faire exprès… Mais elle avait confiance, elle trouverait tôt ou tard un partenaire !

Il y avait eu un autre changement notable depuis que Nanao avait retrouvé Akihito : sa vision.

Les jours qui avaient suivi sa sortie de la 4ème division – pas ceux qu'elle avait passés endormie – avaient été marqués par de fortes migraines et une vue brouillée. Elle avait pensé que c'était dû à ses lunettes – et elle n'avait pas tort – mais ça n'était pas parce que sa vue avait baissé. C'était tout le contraire ! Elle avait retrouvé une vision parfaite !

Ça, c'était quelque chose que Nanao avait un peu de mal à s'expliquer. En quoi le fait d'avoir retrouvé la totalité de sa pression spirituelle faisait qu'elle voyait mieux ? Le lien n'était pas évident. Mais à bien y réfléchir, Nanao ne se souvenait pas d'avoir eu des problèmes de vue lorsqu'elle était dans le Rukongai. Ça lui était soudainement arrivé à l'école de shinigamis, après avoir été malade. Malade n'était pas le bon terme vu qu'on venait de lui poser un scellé partiel mais c'était ce qu'on lui avait expliqué quand elle était petite fille : "tu as été gravement malade, c'est pour ça que tu arrives moins bien à faire tout ce que tu maîtrisais parfaitement avant!"

Nanao préféra ne pas repenser au passé parce que maintenant qu'elle savait ce qu'on lui avait fait, tant de choses qui l'avaient frustrée alors trouvaient leur explication. Comme par exemple le fait d'avoir été un jour excellente en kido et le lendemain "seulement" au dessus de la moyenne. Ou alors comment elle avait eu son zanpakutô dès la première année à l'académie et comment du jour au lendemain il avait disparu et comment elle avait dû travailler comme une forcenée pour le faire réapparaitre. Non, mieux valait se concentrer sur autre chose. Après tout, si la baisse de sa vision était un tant soit peu liée à la pose du scellé, c'était donc une bonne chose en soit. Après tout, c'était grâce à ça qu'elle avait décidé de rentrer à la 8ème division.

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La fillette qu'était Nanao était allée se réfugier sous un arbre, suffisamment loin de l'académie pour ne pas être vue ou entendue par l'un ou l'autre des étudiants.

Elle en avait gros sur le cœur et comme en temps normal elle n'était pas vraiment appréciée des autres élèves – ce qui n'était pas vraiment un souci pour elle – elle n'avait pas le désir d'être traitée en plus de bébé parce qu'elle avait l'envie irrépressible de pleurer. Mais elle avait une bonne raison à ça ! Elle sortait tout juste de l'infirmerie parce qu'elle avait constamment mal à la tête. Le médecin lui avait d'ailleurs donné l'ordre de passer le voir s'il y avait le moindre souci. Comme elle avait été gravement malade, il ne voulait pas prendre de risques. Et elle était sortie de là avec des lunettes sur le nez, d'où le mal être qu'elle ressentait présentement.

Elle ne savait pas trop depuis combien de temps elle se trouvait là quand, sans prévenir ou même demander l'autorisation, une femme s'était assise à côté d'elle :

"Quelqu'un est mort ?"

Nanao ne put répondre à cette question qui avait eu le mérite d'arrêter ses sanglots tellement elle avait été déconcertée par une telle intrusion. La fillette se permît de détailler la nouvelle venue. Dans d'autres circonstances elle aurait été choquée par la tenue plus qu'indécente de l'inconnue. Cette dernière portait un uniforme qui semblait être un uniforme de shinigami mais qui ne pouvait pas l'être : il n'y avait pas de pantalon ! Jamais Nanao n'avait vu un tel vêtement, pas même dans le Rukongai. S'en était presque scandaleux tellement la tenue était courte. Mais ça allait de pair avec la conduite inconvenante de la femme : on ne s'adressait pas à quelqu'un d'une façon aussi familière sans même se présenter avant.

"Alors, quelqu'un est mort ?"

Nanao se contenta de bouger la tête de droite à gauche. Cette réponse non vocale accrocha un sourire sur le visage de l'inconnue. Elle portait des lunettes et elle avait les cheveux nattés ce qui lui donnait un air enfantin.

"Alors, pourquoi est-ce que tu chiales comme un bébé? Si personne n'est mort, il n'y a donc aucune raison de se morfondre. Tu devrais plutôt profiter de la journée et aller t'amuser avec tes amis."

Nanao ne croyait pas ce qu'elle venait d'entendre. Est-ce que la femme vivait dans une bulle pour raconter une telle absurdité?

"Il n'y a pas que la mort qui peut rendre les gens tristes, il y a des millions d'autres choses qui peuvent le faire!"

"Ah oui? Comme quoi?"

Nanao n'aurait avoué pour n'importe quel prix la raison de son chagrin mais si la fillette qu'elle était avait été moins bouleversée et moins prise au dépourvu, elle se serait rendue compte que l'inconnue était en train de la manipuler pour la faire parler:

"Je porte des lunettes!"

L'inconnue resta un instant silencieuse comme si elle attendait la fin de la phrase. Une raison aussi saugrenue ne pouvait être la cause d'un tel chagrin…

"Et cette pour cette raison que tu pleures? Je pensais que c'était pour quelque chose de plus grave!"

"Mais c'est grave!"

"En es-tu sûre? Qu'est ce que ça va changer à ta vie? Crois tu réellement que ça va mettre un terme à ta vie sociale? Que tu vas devenir une shinigami passable à cause de ça? Vas y, dis moi."

La fillette essuya avec sa manche les dernières larmes qui roulaient encore sur ses joues. La question que lui avait posée la femme avait le mérite de l'interloquer. Elle avait été anéantie lorsque le médecin lui avait tendu les lunettes mais elle n'avait pas pris le temps de se demander pourquoi. Sa vie sociale? Elle n'en avait cure. Ses talents de shinigami? Bien sûr que non, en quoi une mauvaise vision pouvait influer sur un sort de kido? Non, c'était pour autre chose, pour une raison importante. Au bout de quelques instants de réflexion, elle lâcha dans un souffle:

"Parce que Seiji ne me reconnaîtra pas si j'ai des lunettes."

La femme se pencha vers elle pour comprendre tous les mots que prononçaient la petite fille:

"Qui est Seiji?"

"C'est mon frère."

"Et il est attardé mental?"

"Non! Bien sûr que non!"

Seiji était un grand frère super intelligent. Comment cette femme pouvait ne serait-ce qu'imaginer le contraire?

"Et tu crois que le simple fait de porter des lunettes ferait que ton frère ne te reconnaîtrait pas? Alors c'est toi qui le prends pour un simple d'esprit. Une paire de lunette n'est pas un déguisement, personne ne se ferait tromper par ça. Réfléchi un peu petite!"

C'était vrai. Seiji la reconnaîtrait tout de suite quand il l'aurait retrouvée. Et sinon, ça serait elle qui le reconnaîtrait. Il n'y avait pas de raisons de s'inquiéter pour ça! La femme avait raison, il y avait bien pire que le port de lunettes!

"Et en plus je vois que tu aimes lire." L'inconnue désigna de la tête le livre que Nanao avait posé à côté d'elle. "Avec des lunettes, tu apprécieras encore plus ce qui se trouve dans ce bouquin, tu peux me croire! La lecture est tellement plus agréable quand on parvient à déchiffrer les lettres…"

C'était vrai. Nanao n'avait vu que le point négatif à ce qui lui arrivait. Ne plus arriver aussi bien qu'avant à lire était presque aussi grave que de ne pas être reconnue par Seiji!

"Et puis crois moi, il y a plein d'autres avantages à porter des lunettes!" Comme la fillette semblait boire ses paroles, elle continua. "Tu ne peux pas imaginer l'effet que ça a sur les hommes lorsque tu te sers des branches et de ta bouche pour faire des trucs suggestifs!"

Devant l'air circonspect de sa jeune audience, la femme se rendit compte de l'âge de la fillette avec qui elle discutait. Il était peut être plus sage de ne pas développer ce genre de sujet avec une enfant. Elle préféra changer carrément de sujet.

"Au fait, je ne crois pas que nous nous soyons présentées. Je m'appelle Lisa Yadômaru, vice capitaine de la 8ème division. Et tu es?"

A l'évocation du titre de sa compagne, Nanao se releva prestement avant de courber l'échine et de se présenter dans les règles:

"Nanao Ise, madame. Etudiante en 1ère année à l'académie."

Nanao redressa légèrement la tête quand la femme lui faisant face se mit à rire:

"Repos petit soldat! Ni toi, ni moi ne sommes en service il me semble. Viens donc te rasseoir et montre moi donc ce que tu es en train de lire!"

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C'était de cette façon que Nanao avait rencontré Lisa. Par la suite elles s'étaient revues de temps à autre avant que la fillette ne s'enrôle à la 8ème division.

"Bonjour Nanao, tu m'as l'air bien pensive."

La petite fille qu'était toujours Nanao – bien qu'étant en dernière année à l'académie – releva la tête du formulaire qu'elle peinait à remplir. Elle se redressa aussitôt pour saluer la nouvelle venue même si elle savait par avance ce qu'on allait lui répondre:

"Vice capitaine Yadômaru!"

"Pas de ça avec moi! Combien de fois faudra-t-il que je te dise de m'appeler Lisa?"

Devant le sourire espiègle qui s'affichait sur le jeune visage qui lui faisait face, Lisa ajouta:

"Et dire que je croyais que tu avais assez d'intelligence pour retenir ce simple fait!" Elle n'attendit pas de réponse à cette remarque et s'assit en face de la fillette avant de prendre la feuille de papier qui se trouvait entre elle deux. "Une demande d'intégration pour une division?" Devant le hochement de tête affirmatif de sa jeune compagne Lisa s'étonna: "Tu es forte en art démonique. Le corps de kido ne t'a pas contacté pour que tu rejoignes leurs rangs?"

"Non, et s'ils ne l'ont pas déjà fait, ils ne le feront pas."

Tout le monde savait qu'on ne postulait pas dans ce corps, c'était eux qui recrutaient.

"Et te ne sais pas où tu souhaites aller?"

Nanao avait bien une idée. Il était vrai que la 8ème division était assez attrayante. Et puis leur vice capitaine était vraiment gentil. Mais Nanao ne voulait pas l'avouer. Que ferait-elle si Lisa lui disait purement et simplement qu'elle ne voulait pas d'elle dans sa division? La fillette avait l'habitude d'être rejetée mais ça n'était pas pour ça qu'elle appréciait.

"En fait, j'ai une amie, Yachiru, elle est à la 11ème division et elle m'a dit que j'étais la bienvenue dans sa division mais…"

Devant l'air gêné Nanao Lisa vola à son secours:

"Mais tu as rencontré leur capitaine et tu n'es pas certaine que ça soit la division qui te conviendra le mieux."

Nanao hocha énergiquement la tête:

"J'avoue que je ne suis pas assez forte au sabre pour répondre aux critères de la 11ème division…"

"Je trouve qu'être consciente de ses lacunes est une bonne chose mais c'est quelque chose que tu peux améliorer par un travail acharné."

"Oui, mais il n'y a pas que ça. Je crois que le capitaine Zaraki me fait un peu peur. Alors…"

"Seulement un peu? Tu es plus courageuse que je le croyais. Moi, cet homme me terrifie, et je n'ai pas honte de l'avouer!" Cet aveu arracha un sourire à la petite fille. "Et la 8ème division, tu y a pensé? Que dirais-tu de faire ta demande là bas? Je connais du monde, je pourrais faire jouer mes relations!"

La proposition alla droit au cœur de Nanao. C'était d'ailleurs la chose la plus gentille qu'on lui avait dit depuis qu'elle était entrée à l'académie. C'était même la première fois qu'elle sentait qu'elle était bienvenue quelque part. Et c'était une sensation agréable. Nanao remplit immédiatement la partie qui lui posait problème dans le formulaire: la case "quelle division souhaiteriez vous intégrer?".

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Nanao redressa ses lunettes sur son nez. Elle n'avait plus besoin de les porter, elle avait d'ailleurs fait remplacer les verres correcteurs par de simples carreaux, mais elle n'arrivait pas à se faire à l'idée de les abandonner. Peut être était-ce trop tôt. Où alors ne voulait-elle pas se débarrasser du seul lien qui lui restait avec son mentor?

Elle n'eut pas plus de temps à consacrer à cette question car elle arrivait en vue de la maison de Tessai Tsukabishi.

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L'ancien capitaine du corps de kido n'était pas chez lui. Nanao n'avait rencontré que deux adolescents qui lui avaient appris que l'homme qu'elle souhaitait rencontrer ne serait pas de retour avant deux à trois jours.

Après leur avoir laissé un message à transmettre, elle n'avait rien de mieux à faire que d'aller observer les exercices des aspirants shinigamis. Elle aurait peut être aussi du temps à consacrer à réfléchir à son avenir. Byakuya était un homme bien, qui plus est un bon parti. Mais avait-elle envie de passer le reste de sa vie auprès de lui?

Elle ne réfléchit pas plus quand une pression spirituelle attira son attention. C'était une aura qu'elle n'avait jamais sentie auparavant. Enfin pas vraiment. Ca ressemblait à une pression spirituelle de hollow mais c'était plus puissant. Beaucoup plus puissant.

Un frisson parcouru alors l'échine ne Nanao. Elle devinait ce qu'était cette présence. Une pression spirituelle de hollow mais en plus puissante? C'était un arrancar!

Un arrancar qui se dirigeait vers le lieu d'entraînement des premières années!

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Et voilà, la suite prochainement.

Bye.

Z.