Chapitre 14: Les marques maudites

Ginny était parvenue, et ce, non sans peine, à faire entendre raison à Harry, bien qu'il ne supportât que très peu la présence de Draco aux côtés de sa douce, il lui avait fallu reconnaître qu'effectivement le serpentard ne se comportait pas de la même manière. Il était étonnement calme en leur présence, ne lançant aucune pique venimeuse comme à son habitude et le plus étrange était qu'il semblait profondément soucieux de ce qui arrivait à Hermione. Il sourit en songeant que n'importe qui finirait par s'attacher à la petite lionne, s'il venait à cohabiter avec, tant elle était agréable. Ron avait, lui, bien mieux réagit que le brun, il était dans un tel état d'effervescence que rien n'aurait pu entamer son moral et croire à un chose aussi invraisemblable que la métamorphose de Malfoy junior était visiblement dans ses cordes. Cela faisait déjà une semaine que tous se rassemblaient quotidiennement en catimini dans la salle commune des gryffondors pour se concerter et aussi bizarre que cela puisse paraître le petit trio d'or venait à apprécier le nouveau Draco. Ce dernier s'était grandement amélioré socialement et il commençait à comprendre pourquoi sa camarade de chambre s'entendait si bien avec eux, il se dirigeait d'ailleurs vers son propre dortoir à la suite de leur petite réunion, espérant pouvoir discuter avec la jeune fille qui se faisait de plus en plus discrète. Ils n'avaient pas pu se réconcilier depuis leur dispute houleuse et le jeune homme ne parvenait plus à supporter les remords qu'il éprouvait. Il songeait déjà à ce qu'il allait lui dire lorsqu'au détour d'un couloir, il fut percuté par un poing s'écrasant violemment sur sa mâchoire; la force du coup le projeta au sol. Il savait, avant même d'avoir relevé la tête, à qui appartenait ces phalanges, massant son visage meurtri il se redressa pour faire face à ses agresseurs.

" Blaise.." Susurra t-il, crachant au passage un peu de sang. " Tu as des mains de fillette." Persifla t-il le foudroyant du regard.

- Ce n'est pas ce que ta mâchoire semble dire." Répliqua t-il, un sourire malsain accroché au visage.

- Je peux savoir ce que toi et tes gorilles de bas étages me veulent?" Demanda t-il calmement, essuyant du revers de la main le liquide carmin ayant taché ses lèvres.

- Rien de particulier, simplement te faire comprendre que nous n'approuvons pas que tu nous humilies en devenant ami avec des gryffondors." Dit-il dédaigneusement.

Oh vraiment." Souffla Draco, se rapprochant dangereusement de son ancien meilleur ami. " Et bien saches que je me fiche d'obtenir ton approbation." Le jeune métisse comprit trop tard ce que projetait de faire le serpentard et ne pût éviter l'uppercut qui déjà venait s'abattre sur son estomac, il tomba à genoux incapable de respirer correctement. Le jeune homme savait qu'il venait de signer son arrêt de mort, mais il n'avait pu se retenir, personne n'avait à lui donner des ordres et certainement pas ce crétin de Zabini.

Lorsqu'enfin il atteint ses appartements, c'est couvert de sang qu'il franchit la porte, il devait au moins avoir trois côtes fêlées et quelques dents sur le point de se décrocher, mais il s'était bien défendu, les deux lourdauds qui lui avaient assénés une pluie de coups étaient répartis en claudiquant, soutenant tant bien que mal un Blaise le nez en sang. Il s'affaissa bruyamment sur le plancher, ce qui alerta la jeune gryffondor, qui, sortant de sa chambre se rua vers lui. Prise de panique, elle le retourna pour le mettre sur le dos et soigner ses blessures.

" Mais que s'est-il passé?" Questionna t-elle sous le choc, mais voyant que le jeune homme ne répondait pas, elle décida de changer d'approche. " Il faut que je t'emmène à l'infirmerie." Dit-elle, commençant déjà à se relever, seulement Draco ne pouvait pas se présenter devant Mme Pomfresh car il serait incapable de fournir une excuse tangible, il la retint par la main et attirant son attention secoua vivement la tête.

- Non.." Parvint-il à articuler, sa bouche le faisant souffrir atrocement. Hermione saisit le problème et l'emmena dans sa chambre, elle avait lu tellement de livre sur la médecine ces dernières semaines qu'elle serait bien capable de le soigner, seulement elle ne possédait pas de connaissance en anesthésie et le jeune homme lu dans son regard inquiet qu'il n'était pas au bout de ses peines.

Pendant deux longues heures, les hurlements de douleur de Draco avaient retenti dans la pièce, étouffés par un asurdiato, qu'une Hermione désespérée avait fini par lancer face aux cris déchirants que le jeune serpentard ne pouvait retenir. Elle s'essuya le front à l'aide de son avant bras, soulagée que le massacre prenne fin. Draco était pantelant, mais toujours parfaitement conscient et décidé à lui parler tant qu'il le pouvait, il prit la main de la jeune fille dans la sienne et plongea son regard dans ses beaux yeux noisette. Il allait s'excuser platement pour son comportement, lorsqu'avec horreur il remarqua quelque chose sur la nuque de la lionne. Il se redressa aussitôt et approcha ses doigts du cou, d'ordinaire pâle, de la gryffondor. Cela ne pouvait pas être réel, il stoppa son geste alors qu'Hermione replaçait une mèche devant la tâche qui déjà noircissait sa peau. C'était donc ça, la raison pour laquelle elle semblait tourmentée depuis ces dernières semaines, le mal qu'elle avait cherché à combattre s'en prenait désormais à elle. Elle baissa les yeux, ne pouvant soutenir plus longtemps le regard de Draco qu'elle crut accusateur, mais il balaya cette idée de son esprit en caressant sa joue, lui intimant de relever la tête.

" Pourquoi ne m'en as-tu dont pas parler?" Demanda le jeune homme, d'autant plus inquiet par la sinistre découverte; retenant ses larmes, la brunette regarda résolument les murs vert sombre de la chambre.

- J'ai voulu te le dire.. Mais tu as réagit si violemment que j'ai pensé te dégoûter." Avoua t-elle la voix chevrotante au souvenir de leur dispute.

- Je.. Je n'imaginais pas une seconde que tu parlais de ça.. Je croyais que tu pensais à.. Enfin, on ne s'est pas comprit." Acheva t-il, ne souhaitant pas partir dans des propos plus que gênants et déplacés au vu de la gravité de la situation, Hermione ne s'en soucia pas, ils auraient tout le loisir d'en discuter plus tard, si elle était encore là songea t-elle rageusement. Seulement, l'effort n'ayant pas dû améliorer son état elle s'affaissa lourdement sur Draco, inconsciente.

Elle ne pouvait pas lui faire ça, pas maintenant, il était tellement affaibli que bouger lui semblait déjà impossible. Il souleva son visage, essayant de la réanimer, mais son corps tout entier paraissait relâché, désarticulé comme un pantin sans vie. Elle respirait encore, mais pour combien de temps?

Effrayé par la tournure des événements, Draco puisa dans ses dernières forces pour se lever, son abdomen le lançant douloureusement, il l'installa sur le lit et partit chercher les trois gryffondors qu'il avait quitté à peine quelques heures plus tôt, se soutenant aux parois du château, il arriva finalement à leur salle commune, passablement essoufflé.

De son côté, un jeune homme brun, observait la scène depuis l'ombre d'une statue attenante aux dortoirs, cela faisait maintenant des mois qu'il était au courant de ce qui se tramait au sein du petit groupe. Il avait alors prit la décision de grappiller autant d'informations que sa position le lui permettait et s'était lui même lancé dans des recherches analogues au phénomène morbide qui s'abattait sur Poudlard, il en était arrivé aux mêmes conclusions que la petite brunette, qui, d'après l'affolement de l'ex-prince des serpentards, était dans un état fâcheux. Bientôt, il trouverait une solution, seulement un obstacle de taille restait encore à franchir, il devrait choisir entre sauver ses camarades ou survivre. Il secoua la tête, il n'était pas encore prêt, alors autant ne pas s'encombrer l'esprit de peurs futiles; pour l'heure il devait analyser en toute discrétion le cadavre d'une des licornes qu'Hagrid entassait.

Toujours allongée sur son lit à l'infirmerie, Lavande ne pouvait s'empêcher de sourire, Ron venait la voir tous les jours, la couvrant d'attention et faisant fit de ses blessures de guerre. Madame Pomfresh avait tenu à la garder sous observation lorsque la jeune fille, bien que parfaitement rétablie, avait été incapable de lui expliquer ce qui avait motivé son geste sanglant. Lavande n'avait pas mentit, elle ne se souvenait plus de ce qui l'avait poussé à attenter à sa vie. Elle serra entre ses doigts le collier doré que son chevalier servant lui avait offert quelques jours plus tôt, et se remémora encore une fois l'expression de totale incompréhension qu'il avait eu lors de leurs retrouvailles. Elle s'apprêtait à glousser, lorsqu'un voile sombre passa devant ses yeux, son esprit sembla flotter quelques instants avant de disparaître, c'était une sensation étrange et elle se demanda si la mort ressemblait à ça. Son corps, d'abord secoué de tremblements, se rigidifia, pour se soulever de lui même. Lavande marchait le long des couloirs et personne ne l'apercevait, elle faisait sans doute un rêve, car même si le lieu paraissait réel, le temps, lui, était arrêté. Elle s'avançait lentement, effleurant des élèves au passage, tous étaient entourés par un faible halo de lumière et dès qu'elle les touchait, celui-ci disparaissait. Ses pas la menèrent de nouveau vers son lit et elle pût admirer son corps assoupi, décidément ses rêves étaient étranges, elle releva la tête vers le miroir posé sur la table de chevet, se demandant à quoi elle pouvait ressembler, mais en s'apercevant elle hurla, se réveillant instantanément..