Le couple était resté de longues minutes dans ce parc, à partager de tendres baisers, de chastes caresses et des mots d'amour. Eh puis, après avoir regardé les étoiles scintiller au-dessus de leur tête, étroitement enlacés, ils avaient décidé de rentrer à l'hôtel.
Julia aida William à se déshabiller, veillant à ne pas regarder avec trop d'intérêt son corps pour ne pas être tentée par son désir pour lui. Lorsqu'il se trouvait simplement en pantalon devant elle, elle s'éloigna de lui, prête à quitter la chambre. Mais il la retint aussitôt, glissant ses mains dans son dos pour l'attirer contre lui, nichant son visage dans ses cheveux pour prendre la parole à peine plus fort qu'un murmure dans son oreille.
-Reste.
-Je ne peux pas William, soupira Julia en fermant les yeux, tu es encore fragile et si je reste avec toi cette nuit, nous risquons de…
-Je saurai être sage, la coupa William avant de déposer un baiser humide dans sa nuque.
-Oh oui je vois ça, lança Julia en riant doucement.
Ils s'éloignèrent légèrement pour croiser leur regard et se sourire.
-S'il te plait, insista William, j'ai besoin de te tenir dans mes bras.
Elle soupira alors profondément et déposa un baiser sur ses lèvres avant de quitter son étreinte.
-Je reviens, dit-elle simplement.
Elle quitta alors rapidement la pièce sans un autre regard. William en profita pour retirer son pantalon et rejoindre le lit alors qu'elle entrait à nouveau. Elle ferma la porte à clé derrière elle et lui adressa un simple regard accompagné d'un sourire avant de se rendre dans la salle de bains, tenant sa chemise de nuit dans la main. Elle en ressortit quelques courtes minutes plus tard, changée, les cheveux défaits. Elle avança doucement vers le lit en jouant avec les cordelettes qui se trouvaient sur sa poitrine. A cette vue, William déglutit péniblement, se souvenant de la nuit qu'il avait passé avec elle, du moment où il avait ouvert ces cordelettes et écarté le tissu. Il revit l'instant où ses doigts avaient glissé sur sa peau pour lui relever la chemise de nuit et pour finalement la lui retirer avant de goûter sa peau douce et sucrée. Il tenta de reprendre ses esprits, regardant pourtant avec gourmandise ce qu'il se dessinait sous le fin tissu blanc. Julia continua d'avancer doucement vers lui et prit place sur le lit, se glissant sous les couvertures sans même quitter son regard. Elle passa une main sur sa taille et l'autre dans sa nuque pour venir déposer un baiser sur sa joue.
-Je vais avoir beaucoup de mal à rester sage, grommela William en fermant les yeux.
Elle rit à nouveau doucement et éteignit la lumière qui se trouvait sur la table de chevet avant de se blottir tout contre lui et de fermer les yeux.
-Bonne nuit William, murmura-t-elle en nichant son visage dans son cou.
-Bonne nuit Julia, répondit William en resserrant son étreinte autour d'elle.
Le soleil commençait sa course dans le ciel et pourtant le jeune homme était déjà réveillé. Il regardait tendrement celle qui dormait paisiblement contre lui. Il ne pouvait s'empêcher de caresser sa hanche, luttant pour ne pas remonter le fin tissu sur son corps, jouant avec les boucles indisciplinés de ses cheveux. Lorsqu'il vit qu'elle se réveillait doucement, il se pencha vers elle et déposa un baiser sur sa tempe.
-Bonjour, murmura-t-elle en souriant en croisant son regard.
-Bonjour, répondit William de la même façon, bien dormie?
-Merveilleusement bien et toi?
-Tout aussi bien.
Ils échangèrent encore un regard avant que William ne se penche vers elle pour l'embrasser avec amour pendant un long moment.
-William, il nous reste une journée à passer à Winnipeg, que veux-tu faire?
-T'épouser, répondit aussitôt le jeune homme avant de l'embrasser à nouveau.
-Tu n'es pas sérieux?
-J'aimerai qu'on se marie ici, que nous rentrions à Toronto comme étant mari et femme.
-Mais…
-Ce n'est qu'un rêve, je sais, coupa le jeune homme en caressant sa joue, tu as besoin de ta famille et de…
-Je n'ai besoin que de mon fiancé, d'un témoin, d'un prêtre et d'une robe, lança Julia en souriant, et si je ne me trompe pas, il ne me manque que la robe.
-Tu veux vraiment qu'on se mari aujourd'hui?
-Pourquoi pas? Si George et l'Inspecteur sont d'accord pour être nos témoins et si nous trouvons un prête prêt à officier si rapidement, j'accepte de t'épouser aujourd'hui même.
-Dans ce cas, je m'occupe de trouver le prêtre et l'église, ainsi que les alliances, tu n'as à t'occuper que de la robe. Je suis certain que George et l'Inspecteur accepteront d'être nos témoins.
-Cela risque d'être un peu compliqué, je doute trouver une robe de mariée, mais je tâcherai d'en prendre une qui y ressemble au mieux.
-Je t'épouserai en chemise de nuit s'il le faut, soupira William avant de l'embrasser passionnément, tu es tellement belle en chemise de nuit.
Elle ne répondit pas et rit une fois de plus en sentant les baisers du jeune homme se perdre dans son cou. Elle n'avait jamais imaginé à quel point William pouvait être passionné et amoureux, tendre et attentionné. Elle l'avait suspecté, mais le voir prendre soin d'elle de cette façon, qu'il lui prouve sans cesse à quel point il l'aimait, qu'il ne puisse s'empêcher de lui dire à quel point il voulait qu'elle devienne son épouse, tout cela était nouveau pour elle. Et elle appréciait cette situation. « Si seulement nous aurions pu éviter toutes ces souffrances pour en arriver là. Si seulement William », pensa Julia en fermant les yeux alors qu'une main du jeune homme caressait tendrement sa cuisse et que ses lèvres prenaient le chemin de son cou à nouveau.
La journée était presque terminée et une fois encore le soleil l'avait dominé. George se tenait devant la petite église à la sortie de la ville, attendant patiemment que l'Inspecteur Murdoch n'arrive.
-Bon sang Crabtree, il ne s'est tout de même pas tiré? Lança Brakenreid en arrivant à sa hauteur.
-Je ne pense pas Monsieur, il est fou amoureux du Docteur. Il a dit qu'il devait régler un détail.
-La cérémonie va commencer dans cinq minutes, Ogden attend dans le bureau du prêtre et elle est au bord de la crise de nerfs.
-Je doute que quoique se soit ne se passe avant l'arrivée du fiancé, Monsieur.
-Eh bien y a plutôt intérêt, je suis le témoin du Docteur alors si Murdoch…
Il n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'un cheval arriva au galop, William sur son dos. Il arriva près d'eux et attacha l'animal.
-Murdoch, qu'est-ce que vous foutiez bon sang? Lança son supérieur.
-Il manquait des fleurs, dit-il simplement en lui tendant un bouquet de fleurs des champs qu'il avait cueilli, je dois le donner à Julia et…
-Ca porte malheur de voir la mariée avant le mariage, grommela Brakenreid en lui prenant le bouquet des mains, je vais le faire.
Il en sortit une qu'il glissa dans la poche de la veste de William avant de secouer la tête de gauche à droite et d'entrer dans l'église d'un pas décidé.
-Ca va aller Monsieur? Demanda timidement George.
-Oui, je…ça va George, répondit William en souriant poliment mais triturant ses doigts, avez-vous les alliances?
-Bien entendu Monsieur.
-Je vous rembourserais leur achat dès notre retour. Je ne voulais pas que Julia les paie, vous comprenez.
-Je comprends et rien ne presse. C'est un plaisir de pouvoir vous aider.
-Julia est prête?
-Je crois que oui.
-Bien…bien dans ce cas.
-Tout va bien se passer, j'en suis certain.
William ne répondit pas et lui sourit une fois encore, puis, d'un même pas, ils entrèrent dans l'église pour se rendre près de l'autel. Ils saluèrent le prête et Thomas les rejoignit, se plaçant de l'autre côté de l'allée. La jeune nièce du prête se tenait un peu plus loin, jouant une douce mélodie au violon. L'église était vide mise à part eux. Les portes au bout de l'allée étaient restées ouvertes et lorsque la jeune femme apparut au bout de l'allée le cœur de William s'arrêta de battre l'espace d'une seconde. Elle resta immobile avant de croiser son regard et de lui sourire, commençant sa marche vers lui, tenant le bouquet qu'il lui avait offert devant elle. Elle avait attaché les cheveux comme elle le faisait bien souvent, laissant quelques mèches rebelles danser dans sa nuque et sur ses joues, elle était à peine maquillée, ses yeux brillaient d'un éclat qu'il avait rarement vu, sa robe n'était pas une robe de mariée. Elle était d'un gris bleuté, avec une encolure en dentelles et quelques perles. Elle était simple et élégante à la fois, à l'image de ce mariage célébré en hâte.
Julia arriva à sa hauteur et elle tendit son bouquet à Brakenreid avant de glisser ses mains dans celles de William, lui souriant largement, ne pouvant quitter son regard empli d'amour pendant de longues et interminables minutes. Avant que finalement le prête ne les déclare mari et femme, avant que William ne la prenne dans ses bras et ne l'embrasse passionnément et longuement.
Leurs amis les félicitèrent et ils quittèrent tous les quatre l'église d'un même pas, se retrouvant sur le parvis, William et Julia étroitement enlacés.
-Bon, voila une bonne chose de faite, grommela Brakenreid, et maintenant rentrons à l'hôtel pour un bon repas et une nuit de sommeil le train part à…Murdoch qu'est-ce que vous faites?
William attira Julia par la main vers le cheval et le détacha.
-Je tiens à profiter de ma nuit de noces avec mon épouse Monsieur, dit-il simplement avant de monter à cheval.
Il tendit alors la main à Julia qui y grimpa également, s'asseyant en amazone, se serrant tout contre William.
-Mais le train part à…
-Huit heures de la gare centrale, termina William, je sais, nous vous retrouverons là-bas, dit-il avant de lancer le cheval au galop dans la rue déserte.
-Où m'emmène-tu mon amour? Murmura Julia sur ses lèvres.
-Au bout du monde, répondit simplement William avant de l'embrasser tendrement sans ralentir l'allure alors que le soleil touchait la terre et embrasant le ciel.
L'Agent Crabtree et l'Inspecteur Brakenreid les regardèrent partir simplement et ils échangèrent un regard et un sourire.
-Et si on allait boire un coup pour fêter ça Crabtree? Parce que, ces deux là, nous auront donné du fil à retorde. Je crois que nous pouvons enfin se féliciter de les voir mariés.
-Je ne serai pas contre un verre pour fêter ça Monsieur, répondit George en souriant.
à suivre... la fin approche.
