A tous mes lecteurs, je suppose que certain aimerait me lapider et donc je vous fait toutes mes plus plaintes excuses pour ce retard de quatre long jours. Mais si je poste en retard, c'est bien pour une raison. Car à la relecture de ce chapitre, un peu avant de le publier samedi, j'ai été extrêmement déçu de mon travail et, pour vous, j'ai préféré le réecrire le plus convenablement possible.

Je pense que certain trouveront dans ce chapitre quelques choses qu'ils attendent depuis longtemps donc voici la suite et j'espère vraiment qu'elle vous plaira.

Réponse au reviews ( et y'en a pas mal, merci à tous :D ) : Jojobjg : Tu veux en lire plus et je comprend tout à fait alors j'espère que ce chapitre que je trouve bien assez long te fera plaisir. Contente de te compter parmi mes nouveaux lecteurs

Missbella 18 : Je suis toujours très heureuses de recevoir tes petits commentaires qui m'arrache toujours un petit rire. Je crois que toi qui suit depuis quelques temps devrait apprécier un certain passage. Je dit rien je te laisse découvrir.

V3RO : Une nouvelle fan ! Que ça me fait plaisir :) Que tu aimes ma façon d'écrire et de retranscrire m'a donné du beaume au coeur et voici la suite rien que pour toi ! ( Ainsi que pour les autres lecteurs bien sur ^^)

Xenagab : Will and Rachel 4 ever ! Eh bien si t'aime ça avec moi tu vas être servi. Enjoey this new chapter !

Leelou09 : Une de mes fidèles qui ne m'a jamais lâché c'est toujours très agréable de le savoir. Je t'avais promis quelques chose et bien le voilà ! Il ne te reste plus qu'à lire à présent :)

Little Miss Sunshine : Alors toi, je ne sais même pas quoi te dire après cette invasion de commentaires tous plus sublime les un des autres ! Tu m'as touché à travers tous tes mots et j'espère vraiment que mon histoire continuera encore de te plaire. Cela me déchirerait de te perdre en cours de route, l'ami ! Merci pour tout et profites bien de ce chapitre qui j'espère te plaira tout autant que les autres.


Elle traçait, du plus rapidement qu'elle pu, à travers les couloirs du lycée complètement déserts. Les bruits de la foule enragée réunit sur les gradins du terrain se répercutaient férocement contre les murs de l'établissement. Tout était plongé dans la pénombre et Rachel se sentait de plus en plus affolé au fur et à mesures des secondes qui filaient. Et ce satané sac qu'elle trimbalait derrière elle, à la force de ses bras, n'arrangeait en rien sa situation. Si elle se faisait prendre, c'était un renvoi à durée indéterminé qui l'attendait. Bon sang, mais comment avait-elle pu s'embarquer dans une telle galère ?

Elle était si angoissé à l'idée de se faire piquer comme la voleuse qu'elle était devenue qu'elle en avait perdu tout sens de l'orientation et voguait laborieusement dans les couloirs qui n'avaient plus rien en commun avec ceux qu'elle arpentait tous les jours. Il s'agissait belle et bien des mêmes, pourtant elle avait trouvé le moyen de se perdre avec la preuve qui pendouillait grossièrement derrière elle.

Elle continuait d'avancer, guettant le moindre signe de la venue d'une personne indésirée. Quand elle tourna au coin d'un corridor, qu'elle reconnue cette fois-ci comme étant celui des langues, elle percuta de plein fouet le corps d'un homme.

Elle tomba à la renverse, laissa le lourd sac s'étaler sur le sol, libérant la quasi-totalité des objets du délit. Paniqué, elle releva le regard vers la silhouette qui se tenait devant elle et tant la peur que le réconfort se dessina sur ses traits quand elle vit son visage.

- Rachel ? Mais, qu'est-ce que…

Puis le regard se déposa sur tout ce qui était éparpillé au sol.

- C'était toi ?

- Je… Je peux tout expliquer…

Un peu plus tôt dans la journée.

Il était presque midi quand Rachel se rendit compte que les heures, habituellement si lente pendant les cours, avaient filé comme le vent. Et lorsque la sonnerie lui ordonna de quitter son cours d'Anglais, elle le fit sans l'ombre d'un quelconque enthousiasme. Car à chaque changement d'heure, elle se rapprochait un peu plus des tracas imposés par le coach Sylvester.

« Elle va finir par me rendre chèvre cette Démone ! »

Et si seulement la blonde n'était que son seul souci, elle arriverait à le gérer – quoique - mais elle devait aussi faire face aux premières complications dans sa liaison avec Will, son professeur et pas des moindres.

Elle n'avait eu de cesse de ressasser son comportement de la veille après leur séparation où Will s'était montré extrêmement flegmatique et distant. Elle y avait songé une bonne partie de la nuit et cela se répercutait à vue d'œil sur son tempérament du jour. Déjà que sa journée s'annonçait rude, elle n'avait pas besoin de ça en plus.

Mais même si elle essayait perpétuellement de bloquer ses pensées sur l'objet de ses fantasmes et désirs, elle finissait toujours par retomber sur lui…Quoiqu'il arrive c'était inéluctable.

Pourtant dans cette histoire, elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir de l'avoir repousser de la sorte. À sa place, même si sa réaction aurait été très certainement différente, au fond, elle aurait été aussi déçue que lui. Et à vrai dire, elle l'était.

Car elle savait intérieurement que si elle avait pu passer cette nuit en sa compagnie, les choses auraient pris une tournure bien différente. Si ce soir elle pouvait être avec lui, leur rapport évoluerait à un tout autre niveau qui amènerait à un résultat tout aussi exaltant que conséquent. C'était certain.

Mais, il ne servait à rien de se cramponner à une chimère déjà balayer par la promesse qu'elle avait faite. Elle ne le verrait pas. Elle devait se le mettre en tête.

Cela dit, elle espérait au moins le retrouver dans la Cour Sud où ils avaient élu domicile presque chaque midi depuis ces deux dernières semaines. Elle se rappelait très bien de l'audace et de l'idiotie dont elle avait fait preuve pour l'amener jusqu'ici la première fois. À se souvenir, elle sourit presque bêtement.

Flashback

Le lundi suivant le week-end, et plus précisément le vendredi où tout avait basculé entre eux, elle avait dû se montrer intrépide et faire preuve de sang-froid.

Toute la matinée elle avait tenté d'approcher son professeur, tout en se montrant aussi discrète qu'une ombre. Mais toutes ses tentatives avaient été mises en échec. Même lorsqu'elle avait voulu prétendre parler avec lui à la fin du cours avec le Glee Club, elle n'avait pas pu. Exceptionnellement, trois élèves avaient décidé de rester un peu plus longtemps pour s'entraîner quelques minutes de plus sous l'œil critique de leur professeur.

Autant dire, que son exaspération avait atteint des records.

Alors, poster en chien de garde, pas loin du couloir des langues, elle attendait qu'il daigne se montrer au tournant. Les lieux situés plus au Sud du lycée était complètement vidé à cette heure-ci de la journée et il lui restait au moins trois quart d'heure avant que l'afflux d'élèves ne viennent montrer le bout de son nez. Le tout était que Will passe par là dans les prochaines minutes.

Cacher dans les toilettes qui faisait l'angle du couloir, à travers une légère embrasure, elle guettait le moindre son. Mais en l'espace de dix minutes, la seule présence qu'elle eût remarquée était le concierge qui passait avec son chariot et un élève de première année très certainement.

Désespérant et se rendant compte un peu plus de la stupidité de rester planquer comme une taupe au fond de son trou, elle décida de ramasser son sac et de quitter cet endroit.

Mais quand son sac fut sur son épaule, des bruits de pas se firent entendre et aussi rapidement qu'une flèche, elle rouvrit légèrement la porte.

Personne n'était en vue pour le moment mais le sifflement d'une voix vint titiller son ouïe. Et cette mélodie, elle la connaissait très bien pour l'avoir interprété une quantité de fois incalculable.

« Don't stop believing » indiquait l'arrivé de son séduisant et charismatique professeur.

Et, soudainement, quand elle vit l'ombre de sa silhouette sur le mur d'en face, dans une vitesse folle, elle bondit hors des toilettes et attrapa Will qui sursauta violemment sous l'assaut. Elle l'embarqua par la manche aussi sec dans une course effrénée. Elle courrait, le plus vieux sur ses pas, plus au Sud encore, prenant à gauche avant de poursuivre sur la droite. Quand, d'un coup, elle se rendit compte que ses pas l'avaient conduit instinctivement jusqu'à la Cour Sud.

Elle qui n'avait pensé qu'à simplement l'attirer dans les toilettes aux départs, avait laissé son corps - ou peut être sa raison – l'emmener dans ce coin complètement retiré du reste du monde.

Ils atterrirent tous deux dans l'espace vert complètement essoufflés.

La jeune fille venait d'agir avec tellement d'impulsivité, qu'elle sentait l'adrénaline s'imposer dans chacun de ces muscles. Ayant du mal à reprendre son souffle elle se courba légèrement, plaçant ses mains sur ses cuisses encore tremblotantes.

- Mais, bon sang… Explique-moi un peu… ce qu'il ta prit ? L'interrogea Will fortement, la respiration encore secouée.

- J'ai paniqué. Dit-elle complètement retourner maintenant qu'elle pouvait se rendre compte de la bêtise dont elle avait fait preuve.

- Paniqué ? Pourtant tout ce plan me semblait finement préparé !

- C'est ça le pire ! Je m'apprêtais à partir justement mais quand je t'ai entendu arriver. Je sais pas… ça a été plus fort que moi. C'était vraiment pas prévu comme ça au départ, tu sais. Ragea-t-elle contre elle-même tout en se frottant la tête.

- Ah ? Et peux-tu me dire qu'elle était le plan de base ? Demanda-t-il sarcastique et les sourcils froncés. Cela dit une pointe d'amusement, que Rachel reconnut, s'insinua dans sa voix.

- T'attirer dans les toilettes. Répondit-elle aussitôt, se frappant mentalement de la sottise qu'elle venait de formuler.

- Rien que ça ! Eh bien… L'ironie chaleureuse rassura la plus jeune et les mots suivant la touchèrent un peu plus. Je crois que j'ai du souci à me faire… Mais bon, après tout, je savais d'avance dans quoi je m'embarquais…

Il termina simplement sur un clin d'œil espiègle, lui tendis la main et déclara :

- Tu viens ? J'aime encore mieux ne pas risquer que quelqu'un passe par hasard dans le couloir et ne nous voit. Et puis, l'endroit est plus sympa en bas.

Elle lui sourit affectueusement, attrapa ses doigts tendus et le suivit calmement dans la brise des premiers froids d'automne.

Fin du flashback

Quand elle atterrit dans les lieux, elle sut tout de suite que sa présence manquait. Le vent sifflait à ses oreilles et lui seul viendrait répondre à l'appel de ses sens aujourd'hui.

Elle s'assit contre le tronc de l'arbre et sentit alors un léger goût salé sur ses lèvres. Elle passa alors sa main sur sa joue devenue humide et tenta d'essuyer ce flot continu de larmes qui ne cessaient de se déverser telle une fontaine.

Mais rien n'y fit.

Les valves étaient ouvertes et ne semblaient pas vouloir se refermer. Toute la pression de ces dernières semaines s'abattait à présent sur elle comme un roc afin de lui rappeler à quel point sa vie était devenue compliquée. Son émotivité enfouie depuis quelques temps au plus profond de son inconscient reprit ses droits sur son corps qui était à présent parcouru de léger soubresaut qu'elle ne pouvait plus contrôler.

Elle engouffra sa tête dans ses bras et laissa ses larmes impérieuses tracer leur route dans un sillon ininterrompu. Elle s'injuriait mentalement de se montrer si fragile mais tout était si embrouillé dans sa tête qu'elle ne pouvait rien contre l'impulsivité de ses émotions.

Tous ces tracas défilèrent sous forme de diaporama dans son cerveau sans qu'elle ne puisse gérer ce cortège d'image. Will semblait prendre une part conséquente de ses doutes et peurs. Comment un homme pouvait la rendre si heureuse et la minute suivante lui provoquer un tel sentiment de tristesse. Elle ignorait à quel moment elle lui avait donner autant de pouvoir sur sa personne. Mais si elle devait se montrer honnête, cette faculté avait toujours était sienne et celle-ci n'était pas aussi récente que leur relation.

Rien que l'année passée, il était impossible pour elle de calculer le nombre de fois où il l'avait fait se remettre en question. Il avait été un appui important sur lequel elle s'était toujours reposée et même si elle s'était souvent montrée butée, au bout du compte elle avait toujours pris son avis en considération. Et c'était très souvent grâce à lui qu'elle ne s'était pas retrouvée esseuler à l'écart de tout le groupe.

Mais voilà, dorénavant, la domination qu'il arrivait à exercer sur elle était décuplée. Elle était persuadée que lui-même ne savait rien de la capacité qu'il avait engendré pourtant celle-ci était bien présente. La preuve était prostrée contre l'imposant arbre de la Cour Sud.

La fragilité et la sensibilité de la jeune fille lui faisaient encore défaut. Elle aurait tant aimé se montrer aussi forte que son professeur. Cependant elle était encore qu'une simple élève qui allait bientôt sur ses dix-sept ans et qui manquait cruellement d'expérience dans le domaine de « l'amour ».

Elle s'imaginait que Will avait bien plus de faciliter à gérer tous ces nouveaux changements mais à vrai dire, le dit professeur, était au moins aussi confus qu'elle.

Celui-ci, attablé sur l'une des tables de la salle des professeurs, ruminait tout seul dans son coin. L'aura sombre qu'il dégageait avait persuadé à toutes les personnes de la pièce de se tenir à l'écart du professeur d'Espagnol.

Il tentait de se concentrer sur la pile de copies des troisièmes années mais ce fut peine perdue. Il était bien trop accaparé par l'horloge qui lui rappelait sans cesse qu'à cet instant précis il aurait dû se trouver dans un tout autre lieu. Il était presque certain que la petite brune avait été dans leur repaire afin de le rencontrer et ne pas s'y être montrer provoquait en lui certains remords. Mais passé un peu de temps en tête à tête avec elle, aurait été plus pénible encore sachant qu'il ne pouvait pas se raccrocher à « cette » nuit qui lui avait été violement arraché.

Au fur et à mesure que les jours passaient son attachement envers elle prenait de plus en plus d'espace devenant par moment presque ingérable.

Et alors que ses jointures, crispés sur le stylo qu'il tenait en main, blanchissaient à chaque seconde un peu plus, il fut interrompu dans toutes ses réflexions par la chevelure rousse d'une femme qu'il connaissait très bien.

Emma, venant tout juste de s'asseoir face à lui demanda légèrement inquiète face à la dureté de ses traits :

- Quelque chose ne va pas Will ? Tu m'as l'air bien tendu…

- C'est rien… Juste quelques petits soucis. Et toi alors ? Tout se passe bien avec… euh…

- Carl ? Oui, je pense qu'on peut dire que tout va bien de ce côté-là. Mais tu es sûr que tu te sens bien ?

- Je t'ai dit que oui ! Répondit-il plus durement qu'il n'aurait dû, provocant un effet de renfermement sur la conseillère. Excuses-moi. J'ai juste un sérieux mal de tête qui persiste ces derniers temps.

- Tu veux qu'on en parle ?

- Non, c'est bon. Ça doit seulement être dû au stress.

« Le stress d'être l'amant d'une élève de treize ans sa cadette. Tu parles d'un problème ! »

- Très bien. Mais si tu veux en discuter la porte de mon bureau te sera toujours ouverte, tu le sais ?

- Oui, je sais. Ne t'en fais pas. Dit-il dans un sourire amical. Sinon qu'est-ce qui t'as poussé à venir t'asseoir en face de l'homme que tout le monde semble éviter aujourd'hui ?

- Eh bien, je voulais savoir si tu voulais qu'on aille au match ensemble ce soir ? Ça fait quelques temps qu'on n'a pas passé un peu de temps tous les deux et j'avais pensé que se serait une bonne idée. Si ça te tente bien évidemment.

- Oui pourquoi pas. J'avais prévu de passer une soirée seul chez moi mais ta proposition me semble plus intéressante.

Après tout, au lieu de se morfondre tout seul chez lui, autant passé une soirée en compagnie d'une amie. Peut être qu'il pourrait espérer au moins le temps du match à un peu de tranquillité d'esprit à travers les cris et les emportements de la foule.

- À quelle heure souhaites-tu que l'on se retrouve ? L'interrogea la rousse heureuse de la réponse qu'il venait de lui donner.

- Le match ne commence pas avant vingt une heures donc on pourrait aller boire un pot avant d'y aller. Au DixiRock par exemple ?

- Euh…

Il comprit vite à la gêne d'Emma que celle-ci s'imaginait qu'il voyait tout cela comme un rencard. Intérieurement, il en rit beaucoup car sa vie serait tellement plus simple s'il avait été avec Emma. Mais, maintenant il le savait très clairement, il ne l'aimait pas et ne pourrai jamais l'aimer.

- Eh, ça n'a rien à voir avec un rendez-vous galant. Dis-toi que tu passeras juste un bon moment en compagnie d'un bon ami. C'est tout.

- Oui, tu as raison. Désolé, c'est juste que…

- Je comprends. Mais tu n'as pas à t'inquiéter, d'accord ?

- Ok. En tout cas tu n'as qu'à passer me prendre à dix-huit heures chez moi si ça te convient?

- C'est parfait.

Puis, elle se leva sur un simple geste de salutation quelques minutes après une brève discussion sur les derniers évènements concernant le Glee club.

Quand Will fut à nouveau seul dans son coin, son humeur qui s'était amélioré durant un bref instant, retomba au niveau zéro lorsque ses yeux se déposèrent de nouveau sur l'horloge de la pièce.

Dix minutes.

Il lui restait seulement dix minutes pour aller jusqu'à leur refuge. Il devait prendre sa décision tout de suite mais son corps se refusait à bouger malgré ces insupportables grains de sable qui s'écoulaient de façon infini dans le sablier du temps.

Il savait qu'il allait le regretter. Et une fois que les dernières minutes se furent évanouies, sans un semblant d'intérêt pour les regards de ses collègues qui se braquaient sur lui, il frappa fortement le poing sur la table, attrapa sans ménagement toutes ses affaires qu'il rangea sans précaution dans son sac puis quitta enfin les lieux trop petits pour toutes la beauté de ses sombres pensées.

Il marcha fébrilement à travers les couloirs, contractant ses poings férocement. Les cours n'allaient pas tarder à reprendre et tous les élèves du lycée arpentaient plus au moins rapidement le chemin qui les conduirait à leurs cours.

Will ne leur accordait quelconque intérêt et lorsqu'il arriva près du couloir des langues qui voyait un attroupement de plusieurs classes rassemblé en ses lieux, il soupira d'énervement à l'idée de passer entre toute cette cohue.

Et alors qu'il s'apprêta à entreprendre son périple, il se stoppa net quand il remarqua la chevelure halée qui causait tant de maux en lui. Elle marchait comme un automate, là-bas, par delà la foule.

Les épaules voûtées, le visage bas, il sentit l'amertume se dégager d'elle et celle-ci lui fit l'effet d'un coup poing dans l'estomac. Il se savait être la cause de la douleur de la plus jeune et il ne pouvait le supporter.

Elle remontait l'allée du couloir Sud, sans même remarquer les élèves qui la bousculaient par mégarde. Il aurait voulu attraper chacun de ceux qui avaient osé la poussée dans cette marche de la mélancolie.

Mais à vrai dire, la douleur causée par tous ces adolescents n'était rien comparée à celle qui la torturait jour et nuit.

Leur secret devait la ronger de l'intérieur et si Will n'était pas si égoïste, il aurait déjà dû lui rendre sa liberté. Mais voila, face à elle, il était faible et ne pouvait la laisser s'en aller.

Et alors qu'elle traversa l'afflux, elle ne semblait toujours pas avoir remarquer sa présence.

Puis une fois la marée dépasser, le regard vitreux et rougit, elle posa ses douces prunelles sur lui. Elle s'arrêta un court instant, le froid s'installant au fond de ses yeux puis reprit sa route, frôlant simplement son bras sans un regard en arrière.

Il l'avait cherché mais malgré cette réflexion, cela n'empêcha pas un frisson mauvais parcouru son échine alors que la peur de la perdre s'insinuait un peu plus dans sa tête. Il aurait voulu lui courir après mais il ne le pouvait pas. Sa position étant que professeur ne lui permettait pas et, aujourd'hui plus que les autres jours, ils auraient souhaité n'être qu'un simple élève. Un simple élève capable de vivre sa relation au grand jour.


La journée avait déjà mal commencé mais lorsqu'elle l'avait croisé dans le couloir, celle-ci s'était un peu plus aggravée. Et tout cela était loin d'être terminé.

Cela dit, même si ses problèmes avec Will semblaient être la seule chose importante à ses yeux, elle ne devait pas oublier ce qui l'attendait. Et se focaliser sur le coup tordu que voulait monter le Coach Sylvester lui permettrait au moins d'oublier son professeur, ne serait-ce qu'une heure.

Alors qu'elle arrivait au deuxième étage de l'établissement pour son cours de math, elle pris le temps de faire une halte aux toilettes afin de redonner un peu de vie à son visage si accablé. Elle fut presque choquée de la rougeur et du gonflement de ses traits qui trahissait avec évidence le chagrin qui l'avait empoigné.

Elle se passa vivement une certaine quantité d'eau sur son visage afin d'atténuer les dégâts et une fois qu'elle retrouva une certaine vigueur, elle quitta les lieux et rejoignit sa classe qui attendait l'arriver de leur professeur.

Sam n'était pas encore arrivé mais quand celui-ci vint jusqu'à elle jovialement, d'un coup il lui redonna du baume au cœur.

Il avait cette faculté innée d'arriver à lui tirer un sourire même dans les pires moments. Cela était une des raisons parmi tant d'autre qui faisait de lui le meilleur ami qu'elle n'ai encore jamais eu.

- T'as une p'tite mine toi… Qu'est-ce qu'il t'arrive ?

- Eh bien retrouver Mr Harris est loin d'être quelque chose qui me remonte le moral.

- Ah, je veux bien te croire. Rit franchement le garçon avant de continuer sur un autre sujet. Et sinon pour ce soir, tu veux pas me dire ce que tu prépares ?

- Non !

- Allez ! Un indice au moins ?

- Hum… D'accord. Fit-elle mine de réfléchir avant de rajouter. Tout ce que je peux te dire c'est que j'espère que tu aimes les sensations fortes.

- En fin de compte j'aurais peut être pas dû te demander… Parce que maintenant je vais être dans l'obligation de te harceler de question pour savoir de quoi il s'agit.

- Tortures-moi, fais ce que tu veux de moi mais je ne dirais rien.

- Faire ce que je veux de toi ? J'ai bien une idée… Murmura-t-il dans un souffle rauque à l'abri des oreilles indiscrètes.

- Mr Evans, tenteriez-vous de me séduire ?

- Ça dépend…

- Et de quoi ?

- Est-ce que ça marche ?

Elle sourit agréablement face à la taquinerie du blond avant que l'incompréhensible professeur de mathématiques n'apparaisse au détour des marches de l'escalier.

- Et dire qu'on va devoir se le coltiner pendant toute une année ! Une heure c'est déjà l'enfer mais si ça doit duré jusqu'en juin, je sais pas si je tiendrais le coup.

- Tu n'y arrive déjà pas alors… Termina-t-elle sur le ton de la plaisanterie

Les deux amis, poster en bout de file, suivirent leur camarades entrer dans la pièce. Et quand enfin se fut leur tour, Sam se fit arrêter par leur professeur avant même qu'il n'ait pu mettre un pied dans la classe.

- Mr Evans ! J'aimerais rapidement m'entretenir avec vous. Dit-il de sa voix bourrue.

Le regard qu'il lança à Rachel lui fit vite comprendre d'aller rejoindre sa place et de ne pas chercher à écouter leur conversation. Obtempérant, elle fit simplement une œillade à Sam et parti s'asseoir.

Le professeur avait refermé la porte afin d'éviter très certainement qu'une quelconque bribe de leur discussion ne filtre.

Et alors que tout le monde profitait de ces deux trois minutes de répit qui leur était encore accorder, la voix puissante et ferme du blond se fit entendre à travers la porte et tout le monde se tut afin d'attraper la moindre information croustillante qui s'échapperait.

- Vous vous foutez de moi ?

- Surveillez votre langage jeune homme ! De toute façon rien de ce que vous ne direz ne pourra changer cette décision.

- Pourquoi vous vous acharnez comme ça sur moi ! Vous n'avez pas quelqu'un d'autre à harceler ?

- Assez ! Vous…

Puis le reste devint inaudible.

Rachel qui tapotait nerveusement du pied, se faisait déjà des cheveux blancs concernant son ami. Elle ignorait de quoi il était question mais elle aurait tout donné pour connaître la cause de la rage du garçon et immédiatement. Et lorsqu'une trentaine de secondes plus tard, les deux firent leur entrer, la petite brune sut au regard meurtrier de blond qu'il était loin encore d'avoir expulsé toute la colère qui grondait en lui.

Alors qu'il vint s'asseoir à ses côtés dans un grognement de pur mécontentement, l'ensemble de la classe garda un œil scrutateur sur lui. Mais face au regard noir avec lequel il les dévisagea, chacun retourna à ses affaires et laissa leur professeur entamer le cours.

Rachel, de par sa curiosité presque maladive, aurait voulu lui arracher dans la seconde les vers du nez. Cependant face à l'état du garçon, elle n'aurait pas aimé subir son courroux.

Donc simplement, tout en guettant la moindre de ses réactions, elle commença à prendre des notes, pestant intérieurement contre son professeur responsable de l'état du jeune homme.

Les heures qui s'étaient écoulés à une vitesse ahurissante durant toute la journée, ralentirent inexorablement pendant le reste du cours Et durant ces deux longues heures, Sam ne dit même pas un mot. Elle s'était attendue à ce qu'il ne daigne même pas à ouvrir son cahier mais il était totalement concentré sur l'écriture du cours qui se jouait.

Quand la sonnerie annonça finalement la conclusion, Sam rangea en vitesse ses affaires puis les celles de son amie, l'attrapa fermement par la manche de sa veste et l'attira à vive allure jusqu'à la sortie devant les visages décontenancés de tous.

Il leur fit un passage entre la quantité d'élèves qui sortaient de cours, Rachel suivant avec peine la cadence. Il tourna à deux reprises pour finalement se retrouver dans le corridor des sciences. Il ouvrit la première porte et s'engouffra, Rachel sur ses talons, dans la pièce remplie par les paillasses nécessaires au cours de chimie.

Il lâcha machinalement son bras et pendant une seconde, la brune crut qu'il allait faire voler tout le matériel qui se trouvait à sa portée. Cependant il attrapa vigoureusement les bords du premier pupitre qui passa sous ses mains et laissa s'échapper un grognement féroce qui témoignait de la difficulté qu'il avait à garder le contrôle.

Perplexe face à l'attitude du garçon, Rachel patientait calmement jusqu'à ce qu'il se décide à enfin mettre des mots sur ses pensées. Elle avait toujours remarqué une certaine violence sous-jacente chez lui mais cette fois-ci, elle l'a sentait prête à montrer le bout de son nez. Pourtant rien n'arriva.

La respiration du blond ralenti peu à peu, les spasmes de son corps faiblir à vue d'œil et sentant que le moment était bien choisi, la petite brune s'avança vers lui. Une fois à sa hauteur, elle posa délicatement sa main sur la sienne dont les jointures étaient à présent aussi blanches que les grandes banquises.

Puis dans un simple réflexe, Sam se décrispa et tint sa main dans la sienne. Ses traits étaient tirés et la beauté de ses lignes en était gravement affectée. Elle aurait tant aimé qu'à cette seconde il retrouve l'espièglerie qu'il transmettait à travers son sourire.

Le silence perdura encore quelques secondes avant qu'il ne se décide à ouvrir la bouche dans un timbre des plus rembruni :

- Si je n'obtiens pas au moins un B+ au prochain test pour remonter ma moyenne dans sa matière, le vieux con compte faire une demande pour m'interdire la participation au Glee club ou à l'équipe de Football pour le remplacer par des cours de soutiens en maths.

La déclaration jeta un froid insistant.

Rachel était médusée. Mais comment avait-il pu en arriver là !

- Il ne peut pas faire une chose pareille ! Il n'en a pas les moyens de toute façon.

- Si. Même si c'est dans sa matière que mon niveau est le plus faible, je ne brille pas forcément dans les autres cours. Il m'a dit qu'il n'aurait aucun mal à convaincre les autres professeurs de suspendre l'une de mes activités. Et sachant pertinemment ce que tout le monde pense du Glee club, je suis convaincu qu'ils feront sauter celle-ci.

Sa voix habituellement remplie d'allégresse s'était éteinte.

Rachel se sentait si peiné pour lui qu'elle avait du mal à trouver les mots suffisants pour réconforter un toi soi peu son ami. Tout cela sonnait comme une mauvaise blague pourtant la situation était belle et bien réel. Alors sur d'elle et confiante, elle déclara :

- Je te promets que l'on va tout faire pour que tu décroches ce maudit B+ !

- Et comment tu comptes faire ? Parce que si je me souviens bien, mes notes n'ont jamais dépassé le D avec lui pour le moment !

Il se laissa emporter, s'écarta brusquement de la poigne de la jeune fille et renversa du pied le tabouret qui se trouva par mégarde sur sa route. Puis regrettant amèrement son geste, il reprit désolé:

- Excuses-moi, j'aurais pas dû. T'es la seule personne qui soit là pour moi et je n'ai pas à passer mes nerfs sur toi.

- T'en fais pas… Je comprends parfaitement. Lui répondit-elle affectueusement afin de le rassurer.

- C'est juste que depuis que je suis arrivé ici, toi et la chorale, vous êtes les meilleurs choses qu'il me soit arrivé depuis longtemps. Et j'ai vraiment pas envie de perdre tout ça…

- Et tu ne le perdras pas ! Le prochain test a lieu le vendredi de la journée d'Halloween alors d'ici là, on va se plonger dans les bouquins et tu la décrocheras ta note, d'accord ?

- Mouais…

La petite brune, peu contente de sa réponse, se rapprocha de lui, secoua les pans de son blouson pour attirer son attention et insista :

- On est bien d'accord ?

Il releva alors ses yeux vers elle et, plus serein cette fois-ci, il répondit par l'affirmation à sa question avant de rajouter :

- J'ignore vraiment ce que je serais devenu si tu n'avais pas fait irruption dans ma vie.

- Si je me souviens bien, c'est toi qui as débarqué un samedi après-midi avec toute la clique, non ? Dit-elle taquine.

- Tu vois ce que je veux dire…

- Oui, je vois très bien. Mais, tu sais, je pense que tu m'as plus aidé que je ne l'ai fait.

Alors avec un regard d'une intensité nouvelle, dans un geste simple il remit une mèche derrière son oreille et dit simplement tout en donnant une certaine force à sa tirade :

- Crois-moi, sur ce terrain là, tu gagnes !

Rachel ignorait la signification réelle de ses mots et ses actes mais elle ne s'en formalisa pas, pensant simplement qu'il était reconnaissant qu'elle fût avec lui dans ce moment difficile.


Will qui était rentré chez lui depuis une bonne heure déjà, se morigéna d'avoir accepté l'invitation d'Emma. Il ne s'était pas attendu à se sentir aussi abattu dès le moment où il avait mis le pied chez lui.

Vide de toute âme, excepté la sienne, il regrettait encore plus la non-présence de sa jeune élève. Tout ce qu'il désirait à cet instant c'était de s'engouffrer directement sous ses couvertures et de ne plus en sortir jusqu'au lendemain.

Mais voilà, d'ici un peu plus d'une heure, il devrait passer prendre la rouquine chez elle et supporter toute une soirée en compagnie de ses pensées qui vagabondaient perpétuellement jusqu'à une petite brune qui n'avait pas la langue dans sa poche.

Finalement le temps s'écoula plus vite qu'il ne l'aurait cru et une fois prêt, ses clés en poche, il prit sa voiture et traça sa route sous la lumière des réverbère de la ville.

Il avait roulé si vite qu'il arriva à destination une quinzaine de minutes plus tôt et préféra patientait tranquillement dans sa voiture sur un fond de musique qui détendit rapidement ses nerfs. Mais lorsqu'il tomba sur la chanson « Don't stand so close to me » de The Police, il crut que l'univers avait décidé de s'acharner sur lui. Un message qu'il aurait dû appliquer dès la première fois où il avait ressentit tous ces sentiments contradictoires mais comme ce professeur dans cette musique, il n'avait pas réussi à se détacher et c'était laisser prendre au piège. Il espérait seulement que son histoire à lui ne se terminerait pas par des bruits de couloirs sur cette relation que tout le monde pourrait qualifié d'indécente. Si cela venait à arriver il craignait fortement pour l'état psychologique de Rachel. Car même s'il savait qu'il risquait bien plus gros qu'elle, une chose pareille viendrait entacher sa vie et cela pendant un long moment. Et il ne souhaitait pour rien au monde être le déclencheur de l'accablement de la jeune fille.

Egaré dans la mélodie de ses pensées nébuleuse, il fut étonné de voir qu'il était déjà dix-huit heures passé. Rapidement il descendit de voiture, monta les escaliers de l'immeuble récemment rénové et s'arrêta au second palier d'un couloir assez contemporain.

Sonnant simplement, il attendit une vingtaine de secondes avant que la porte ne s'ouvrit sur la silhouette de la rousse.

- Bonsoir Will.

- Bonsoir. Tu es radieuse !

- Merci.

- Tu es prête, on peut y aller ?

- Laisse-moi juste prendre mon sac et on peut partir.

Puis tout aussi rapidement qu'elle avait ouvert la porte, les deux se retrouvèrent dehors et montèrent en voiture, en route pour le DixiRock.

- Pourquoi as-tu choisis ce pub spécialement ?

- À vrai dire je ne sais pas trop. C'est le premier qui me soit passé venu à l'esprit.

- T'y as déjà été au moins ?

- Oui, deux trois fois déjà. Il y a vraiment une bonne ambiance.

Et alors qu'il arrivait en centre ville, Will croyant être sur la bonne route et pensant qu'il ne restait qu'un petit kilomètre, devint complètement hébété lorsqu'il se rendit compte du lieu où il les avait menés.

Les néons du Mulligans se reflétaient sur son pare-brise dans un éclat accusateur. Il n'arrivait pas à croire qu'il était revenu sur les lieux du premier « crime ».

« Mais ça tourne pas rond chez moi ! »

- Le Mulligans ? Je croyais que tu avais dit qu'on allait au DixiRock ?

- Oui, je… je sais.

- Will ? Tout va bien ?

Il ne s'en remettait pas. Son inconscient l'avait directement conduit vers le bar qui symbolisait le commencement de sa liaison. Mais comment avait-il pu commettre pareille erreur ?

- Euh… Oui. Je sais pas pourquoi je nous ai amené ici.

- Eh bien maintenant qu'on y est, autant allait y faire un tour ?

- Je suis pas sur que se soit une bonne idée…

- Pourquoi ? Tu n'aurais pas causé des problèmes quand même ? Demanda-t-elle le ton enjoué. Mais face au regard de Will qui se perdait sur l'enseigne, elle attendit confuse qu'il daigne répondre.

- Non, non. Mais…

« C'esticiquej'aiembrassélaniècedupatrondeslieuxpourlapremièrefois »Pensa-t-il.

- On peut aller au DixiRock comme c'était prévu si tu ne veux pas entrer dans ce bar, tu sais ?

- Non, c'est bon. Désolé. Entrons plutôt. En plus de ça ils ont une salle de Karaoké au premier étage. Ça pourrait être sympa. Répondit-il en tentant de reprendre contenance.

Quelque peu déconcerté par les agissements de Will, Emma ne posa pas plus de questions et l'accompagna à l'intérieur.

L'endroit était déjà bien rempli malgré qu'il ne soit même pas encore vingt heures. Mais cela s'expliquait certainement par le match qui aurait lieu ce soir. Tout le monde, affublé des couleurs de l'école, avait dû décider de boire un pot avant le match qui s'annonçait prodigieux si l'on prenait en compte le score final du jeu de la semaine dernière.

Alors qu'ils partirent s'accouder au bar pour commander, lorsque le propriétaire des lieux qu'il reconnut immédiatement vint jusqu'à eux, Will sentit un nœud se former dans son estomac.

- Alors qu'est-ce que se sera pour vous ? Eh, mais je vous connais ! Vous ne seriez pas le professeur du Glee Club à l'établissement Mckinley ? J'ai vu une photo de vous dans le livre de photos du lycée.

- Si, Si, c'est moi.

- Ma nièce est l'une de vos élèves. Elle n'arrête pas de parler de vous depuis un an. Comme quoi vous avez changé sa vie. Lâcha souriant l'imposant brun dont les bras étaient couverts de tatouages en tout genre.

- Ah et de qui s'agit-il ? Interrogea Emma vivement intrigué.

- Rachel Berry.

- C'est fou ça ! Qui l'aurait cru, n'est-ce pas Will ?

- Euh… Oui, oui. Balbutia Will gêné par la situation.

- Et alors elle s'en sort toujours aussi bien ?

- De ce côté-là vous n'avez pas de souci à vous faire Mr Berry. Répondit Will qui avait du mal à regarder l'homme dans les yeux.

- Tant mieux alors et j'vous en prie appelez-moi John. Bon, la première tournée est pour moi. Choisissez ce qui vous tente. Ce fut un plaisir… euh…

- William et voici mon ami Emma.

- J'espère que vous apprécierez votre soirée. Tony… Un jeune barman d'environ vingt-cinq ans se retourna et il rajouta. Pour ces deux là les premiers verres sont pour moi.

- Pas de problème John !

Puis commandant chacun un bloody mary, ils attrapèrent leur consos et partirent au premier étage où l'ambiance était des plus festives. Une fois installer à l'une des nombreuses tables qui trônaient dans la pièce, Will ne parla pas pendant bien cinq minutes, trop obnubilé par la scène qui était comme un rappel constant de ce qu'il avait commencé la fois où la petite brune lui avait chanter une chanson qui lui était entièrement dédié.

- Tu as envie d'aller chanter un morceau ?

- Quoi ? Tonna-t-il dans un sursaut.

- Eh bien tu dévores la scène du regard donc je pensais…

- Ah non, c'est bon.

- D'accord… Sinon, tu savais que l'oncle de Rachel travaillait ici ? Parce que tu ne m'as pas paru plus surpris que ça.

- Non. Elle a fait mention de lui une fois et a dit qu'il gérait un bar en ville. Après ça ce n'était pas difficile de faire le rapprochement. Mentit-il de façon convaincante.

- Alors pourquoi étais-tu si réticent à entrer ici ?

Will la regarda de façon circulaire, se frappant mentalement de l'incapacité totale dont il avait fait preuve à cacher ses émotions.

- C'est juste que…

« Vite un mensonge ! »

- J'ai quelques souvenirs plutôt… intenses qui sont reliés à cet endroit.

- Intenses ?

Il but une goulée dans son verre qui jouait entre ses doigts puis déclara tout simplement, sans bien évidemment rentrer dans les détails :

- C'est ici que j'ai embrassé une femme que j'ai rencontré récemment pour la première fois et disons que mes sentiments pour elle sont rapidement devenu incontrôlable.

- De qui s'agit-il ?

- Tu ne la connais pas. J'ai fait sa rencontre il y a quelques semaines.

- Ce ne serait-pas quand même celle dont tu m'avais parlé ? Celle qui te sortait par les yeux ?

Au souvenir de l'empotée qu'il avait amené au concert avec lui, il y avait un mois de ça presque, il ne put que se moquer de lui-même dans un rire étrange face à la bêtise qu'il avait fait en l'invitant. Et il ne sut comment mais Emma pris cela pour une confirmation.

- Attend, c'est vraiment elle ! Mais je croyais que tu ne pouvais pas la voir en peinture !

- Eh bien, il s'avère que je me suis trompé.

Will ne compris pas trop pourquoi il laissait sous-entendre que cette godiche et lui entretenait une relation. Rien qu'à l'idée, ceci le révulsa. Pourtant il avait bien fallu qu'il trouve une parade à toute la panoplie de question agaçante que la rousse persistait à formuler. Et quitte à s'inventer une histoire, autant en faire une qui tienne la route. Étant donné que cette femme existait vraiment et qu'il en avait déjà parlé, Emma ne pourrait pas douter de ces mots. Surtout qu'à présent, il avait repris un contrôle parfait sur son corps et son esprit.

Il était impératif qu'il ne laisse aucun doute persister sur la relation qu'il entretenait avec Rachel. Même s'il se demandait si celle-ci était encore d'actualité.

Puis finalement après, deux autres verre et plus d'une heure et demi à discuter tranquillement de chose plus ou moins futile avec sa partenaire, ils partirent en même temps qu'une grande majorité des clients pour rejoindre le terrain de foot.

La route étant plutôt encombrer, Will, travaillant en tant que professeur au lycée, connaissait un petit raccourci qu'il leur éviterait un tas de désagréments.

Et quand, une quinzaine de minutes plus tard, ils arrivèrent sur le parking, l'atmosphère qui régnait était électrique et tout le monde semblait d'avance se régaler du match qui ne débuterait pas avant une grosse demi-heure.

Will partit ouvrir la portière à son amie et la laissa s'accrocher simplement à son bras. Ils suivirent la foule jusqu'aux gradins et pendant tout le trajet Will ne put s'empêcher de penser que malgré le geste amical que cela représentait, il n'aimait pas avoir Emma pendu à son bras. C'était comme s'il chaque fibre de son corps n'appartenait qu'à une seule personne à ses yeux. Et malheureusement pour lui celle-ci n'était pas à ses côtés ce soir.


Après que la journée de cours de Rachel fût terminée, elle se dit que sa soirée, elle, ne faisait que commencer. Le coach lui avait donné rendez-vous dans son bureau à dix-neuf heure trente pour régler les derniers détails de l'opération de ce soir.

Une mission d'une bêtise affligeante qui pouvait tout de même lui causer un sacré paquet d'ennui. Alors elle espérait vraiment que la blonde ferait sa part et que tout ceci n'était pas seulement un coup monté pour la faire renvoyer d'un coup de pied aux fesses du lycée.

Cela elle ne pourrait jamais le pardonner.

Elle avait eu le temps de repasser chez elle, saluer ses pères sans pour autant avoir une grande discussion avec eux, au risque que ceux-ci ne se rende rapidement compte de l'état de nervosité dans lequel elle était plongée.

Quand elle eu atterrit dans sa chambre, elle chercha dans son placard des vêtements un peu plus sobre pour éviter l'extravagance afin de passer un peu plus inaperçu. Cela ne jouerait certainement pas un rôle important mais elle le voyait comme un moyen de se rassurer.

Puis, à dix-neuf heure, lorsque qu'elle fut prête, elle passa en coup de vent devant ses pères, leur signalant qu'elle ignorait à quel heure elle rentrerait mais qu'elle les contacterait.

Car, si tout se passait bien, se serait avec Sam qu'elle finirait la soirée à plusieurs kilomètres de la ville où elle espérait lui changer un peu les idées après l'annonce qui lui avait été faîte aujourd'hui.

Arrivée à mi-parcours, les tremblements dans ses mains étaient tels qu'elle dût improviser un arrêt sur le bord de la route afin de reprendre calmement ses esprits : ce qui ne fut pas une tâche facile. Elle se remémora à quel moment tout était allé de travers avec le coach et ne put s'empêcher de penser que tout cela avait découlé de son professeur et amant, Will. Car le jour où elle avait lancée ce Slushee délibérément sur l'autoritaire blonde pour protéger son professeur fut le moment exact où l'autre avait commencé à avoir une certaine emprise sur elle.

Mais au fond elle savait que Will n'y était pour rien, qu'il avait seulement tenter d'aider la chorale du mieux qu'il pouvait et que tous les torts revenait à Sue Sylvester. Pourtant depuis ce midi lorsqu'elle avait croisé le séduisant brun, elle ne pouvait se résoudre à ôter de son esprit la colère qu'elle ressentait pour lui.

Qu'il ne soit pas venu dans la Cour Sud était une chose mais qu'il se permettre de la regarder avec ce regard attristé alors que tout était de sa faute, l'avait fait psychologiquement sortir de ses gonds. Pourtant, ironiquement, elle ne voyait pas comment elle aurait pu se passer de lui. Et ces sensations contradictoire qu'il faisait naître en elle, l'irritait un peu plus chaque jour.

Puis, jetant un bref regard sur l'horloge du tableau de bord, elle redémarra son véhicule et fonça jusqu'au lycée, espérant que le coach ne prendrait pas son retard pour un manquement à ses soi-disant obligations.

Quand, finalement, elle arriva près du lycée, la jeune fille crut plus sage de se garer vers la seconde entrée du lycée, plus éloigné du terrain, qui ne verrait aucuns élèves ou parents venu pour assister au match. Elle poursuit sa route à pied et comme prévu le coach avait laissé la porte ouverte.

Elle traversa les couloirs sombre, vide de vie et au détour du couloir du bureau du coach Sylvester, elle vit une vive lumière s'échapper entre les stores.

Respirant un bon coup, elle toqua et reçu la permission d'entrer dans les quartiers.

- Pendant une seconde j'ai bien cru que tu ne montrerais pas le bout de ton nez.

- Contrairement à vous, j'ai des principes et des gens à qui je tiens, d'où ma présence ici.

- On se rebelle en plus ? Je serais toi je tempérerais mes ardeurs et me focaliserait sur ce que tu vas devoir entreprendre.

- Oui et d'ailleurs je ne comprends pas pourquoi vous ne faîtes pas ça vous-même.

- Je te l'ai déjà dit, le coach du lycée Chester Arthur s'attend à tous les coups venant de moi. Elle restera sur ses gardes. Mais si je suis face à elle pendant que tu t'occuperas du reste, elle ne soupçonnera rien.

- Vous n'êtes vraiment pas net, vous savez ! Échanger les tenues des cheerleaders de l'autre équipe par ces accoutrements obscènes même moi, je pensais que vous jouiez un peu plus dans les règles du fairplay. Déclara la jeune fille le regard plein d'aversion.

- Tu peux m'insulter autant que tu veux, ça ne change rien à ta situation. Et puis de toute façon j'ai ma revanche à prendre sur elle depuis un bon moment déjà. Alors quoi de mieux que de le faire devant les caméras qui seront présentes pour retranscrire le match dans tout l'état de l'Ohio. Finit la blonde pour elle-même dans un sourire des plus machiavéliques.

- Et à quelle heure exactement m'offrirez-vous le temps nécessaires pour faire l'échange ?

Rachel utilisa un ton faussement cordial qui n'eu l'air de faire aucun effet sur sa vis-à-vis qui énumérait à nouveau le plan tel qu'elle l'avait conçu.

Et en résumé, à vingt-heure lorsque l'ennemi débarquerait accompagné des sportifs de l'équipe de foot adverse, Sue accompagnée de toute son équipe, affronterait les autres dans un enchaînement où ses cheerleaders combattraient dans un enchaînement improvisé. Celle-ci sachant pertinent que sa rivale ne déclinerait jamais ce défi au risque de perdre son « honneur », laisserait le temps suffisant pour Rachel de commettre une ânerie qui pourrait être lourde de conséquence

« Tout cela est complètement déjanté ! Mais comment on peut avoir des idées pareilles franchement ? »

Et Rachel, si celle-ci n'avait pas autant été accaparée par ses problèmes, aurait plaint les jeunes filles qui allaient devoir porter ces « nouvelles » tenues. Sur le principe elles étaient exactement les mêmes mais une retouche conséquente avait été intégré sur chacune d'elle et cela dans le but pur et simple d'humilier le camp adversaire.

- Tu auras dix minutes et pas une de plus pour tout déposer tel que tu le trouveras et te tirer de là vite fait. Et n'oublies surtout pas de d'utiliser la sortie du terrain de foot !

- Ça va je suis pas née d'hier, vous l'avez déjà expliqué tout ça. Je risque bien plus gros que vous dans cette histoire.

- Tu risques de perdre ton Glee club si tu ne le fait pas. Donc qu'est-ce qui a le plus d'importance à tes yeux ?

Sachant pertinemment que Rachel ferait toujours passer la chorale avant ses propres intérêts, la plus jeune voulu rapidement effacer ce léger sourire sardonique de ces lèvres dont s'échappaient des plans plus tordus les uns des autres.

- Bien. Maintenant je vais partir devant et tâche d'arriver deux trois minutes après moi. Il est déjà dix-neuf heures quarante cinq et il faut bien sept bonnes minutes pour atteindre les locaux des vestiaires du terrain.

- Je connais la route, c'est bon.

- Très bien.

Puis en coup de vent, elle franchit le seuil de la porte.

Rachel devait à présent la suivre à bonne distance afin de « ne pas éveiller les soupçons » comme disait si bien le coach ! Ensuite elle n'aurait plus qu'à pénétrer dans le petit bureau qu'elle possédait en ces lieux et se serait à ce moment là qu'elle lui donnerait un sac rempli de tenues toutes identiques.

Après deux minutes, Rachel se mit enfin en route et coupant à travers la Cour Nord, elle atteint la sortie par laquelle elle était entrée. La tête baissée elle franchit tranquillement le parking principal, qui voyait quelques supporters déjà arrivés, pour rejoindre le terrain. Elle prit la route principale, longeant le stade ainsi que les gradins. Elle passa devant tous le groupe de cheerleaders de Sue qui par chance ne remarqua pas sa présence. Puis, finalement, elle atteint quelques mètres plus tard, après avoir tourné sur la gauche, l'entrée principale. L'espace était encore vide et une fois à l'intérieur de l'immeuble en forme de T, elle prit tout de suite sur le couloir de droite et repéra rapidement le bureau du coach Sylvester.

Sans même prendre le temps de toquer, elle s'engouffra dans la pièce où le coach déposa, pas moins d'une seconde après, un sac presque aussi gros qu'elle à ses pieds.

- Génial !

- Un problème ?

- Et comment je suis sensé transporter un sac qui fait la moitié de mon poids.

- Arrêtes de te plaindre et fais ce que tu as à faire ! L'autre équipe devrait arriver d'ici cinq minutes. Leur affaire seront certainement déposé par deux filles de l'équipe donc assures toi de tout remettre en état. Pendant ce temps là, je ne pourrais l'occuper que dix minutes et pas une de plus.

- Ok, ok…

- Et n'oublie surtout pas d'aller déposer tout ça dans mon bureau dans les locaux du lycée. Leur coach viendrait directement chercher dans celui-ci.

- Mais depuis combien de temps vous préparez ce coup ? Lâcha Rachel ahuri par tant de préparation juste pour humilier une rivale.

Sans un autre mot, Sue quitta précipitamment la pièce et de nouveau laissa Rachel seule.

Celle-ci bénéficiait encore de quelques minutes et souffla de désespoir lorsqu'elle souleva le sac. Le trajet jusqu'au vestiaire à côté serait plutôt facile mais le trajet de retour, lui, s'annonçait extrêmement pénible. En plus de ça elle devrait faire un sacré détour pour être sûr de ne tomber sur personne. Passer sur le terrain, contourner les gradins par derrière, remonter le chemin qu'elle espérait vide pour finalement traverser une petite allée et rejoindre enfin l'établissement.

« J'y arriverai jamais »Pensa-t-elle défaitiste.

Mais elle se reprit bien vite lorsque toute la joyeuse troupe qui formait la chorale lui revint en mémoire. C'était pour eux tous qu'elle le faisait et elle le ferait bien. Foi de Rachel !

Ayant légèrement entrouvert la porte, la jeune fille attendait le sac sur l'épaule que les « porteur » daigne arriver et déposer toutes les tenues de l'équipe adverse. Les secondes s'allongeaient et la petite brune pouvait déjà sentir l'endolorissement qui pointait dans son bras à force de tenir ce fichu sac tel une mule des champs.

Mais, brusquement, la porte principal s'ouvrit et laissa passer deux jeune fille à couettes, affublées d'un sac chacune contenant les précieuses tenues. Les deux disparurent rapidement dans le grand corridor qui formait la longue barre du T et ne réapparurent que deux minutes plus tard, les bras cette fois-ci totalement déchargés.

Puis lorsqu'elles ressortirent, Rachel, en catimini, se rua hors du bureau. Les tremblements de son corps était tel que le sac aurait pu passer pour un épileptique tellement les soubresauts de la jeune fille étaient importants. Arrêtant presque de respirer, il ne lui fallut pas plus d'une quinzaine de seconde pour atteindre les locaux prêtés à l'équipe de pom-pom girls de l'autre lycée. Et une fois à l'intérieur elle fut heureuse de voir que celles qui avaient déposé les sacs, n'avaient même pas pris la peine de décharger les vêtements qu'ils contenaient.

Rachel n'avait qu'à fourrer le tout dans les deux sacs.

Mais bien évidement comme rien ne pouvait être aussi simple, elle désespéra quand elle vit que chaque vêtement était soigneusement plié. Alors elle tenta du mieux qu'elle put de dompter son angoisse et se mit à la tâche de replier toutes les tenues qu'elles avaient apportées de la même façon. Elle regardait sa montre toutes les dix secondes et commença à avoir peur lorsqu'elle se rendit compte que cinq minutes s'étaient déjà écoulé et qu'il lui restait encore la moitié du travail à faire.

Mais, ne sachant d'où provenait cet élan, comme dans un travail à la chaîne, elle termina le reste en un temps record et introduisit toute les « vraies » tenues sans précautions dans son propre sac puis elle fuit les lieux le plus vite possible.

Comme Sue Sylvester lui avait dit, elle ne reparti pas sur ses pas mais s'enfonça plus profondément dans le grand couloir jusqu'à arriver à l'entrée du stade. Celui-ci était encore vide, l'entrée qui accueillait les spectateurs n'avait pas encore été ouverte mais face à l'éclairage des grands pylônes qui ne laissait aucune zone d'ombre, elle se sentit comme mis sous les feux des projecteurs.

Mais, elle ne s'attarda pas et poursuivit sa route sur la gauche, traversa la largeur du terrain et entreprit de passer derrières les imposantes rangés de gradins. Dans la pénombre, à présent cachée par un mur d'au moins huit mètre de hauts, elle longea toute la ligne avec difficulté. Elle avait l'impression que son sac s'alourdissait de pas en pas, provoquant une douleur lancinante dans son épaule. Elle sentait la marque de la bandoulière s'imprimer durement sur sa peau et sous la douleur, elle laissa s'échapper quelques gémissements.

Elle savait qu'elle ne pourrait pas porter de cette façon son encombrement encore longtemps. Cependant elle se devait au moins d'atteindre l'enceinte du lycée et après tout irai mieux.

Et lorsqu'elle arriva tout au bout des gradins et qu'elle posa un pied pour continuer encore, elle se stoppa net et recula de nouveau dans l'ombre.

Le terrain avait ouvert ses porte et laissait à présent une quantité incroyable de spectateurs rejoindre les gradins Nord et Sud, celui la même où elle était caché juste derrière.

Et à présent elle ne pouvait risquer de faire les derniers cinquante mètre qui la séparaient du lycée au risque de se faire surprendre par quelqu'un qu'elle connaissait sur le chemin.

Alors prenant son mal en patience, elle posa son sac avec insouciance et jeta quelques regards par moment pour savoir à quel moment l'afflux se stopperait, soit en réalité dès le moment où le match commencerait.

Elle regarda sa montre qui indiquait vingt heure trente et essaya de se rassurer en se disant qu'une demi-heure de plus ou de moins à ce niveau, ce n'était pas grand-chose.

Et alors qu'elle scrutait d'un œil les allés des gens, une tignasse bouclé et soyeuse attira toute son attention. Son professeur se rendait au match comme tout le monde mais le détail qui la perturba plus que tout fut la conseillère Pillsbury qui riait avec lui de bon cœur tout en étant pendu à son bras.

La colère, la jalousie s'emparèrent d'elle et pendant une minute, elle oublia totalement pourquoi qu'elle se trouvait caché pour sa propre sécurité et voulu de tout son cœur avoir une explication de ce cher Will.

« Je me démène à sauver ses miches et lui il trouve par mieux que de sortir avec elle ! »

Et plus que la hargne, Rachel ressentit une profonde tristesse l'accabler alors que de mauvaises pensées faisaient rapidement leur chemin à son cerveau. Il était vrai qu'elle ne pourrait jamais lui offrir ce qu'il voulait. Pour préserver les apparences, ils étaient, tout deux, sans cesse obligé de rester caché dans l'obscurité et il était tout à fait normal que Will ne puisse supporter tout ça.

À vrai dire même pour elle, tout cela était difficile mais elle pensait que ce lien qui les unissait d'une façon ou d'une autre serait capable de résister à tous ces tracas. Mais en fin de compte, peut être pas…

Se laissant tomber sur le sol, par manque de force morale et physique, elle laissa les bruits ininterrompu de la foule s'évader de sa tête pour ne devenir qu'un simple murmure et attendit simplement, peinée, que le match daigne commencer.

Elle n'avait pas regardé sa montre depuis un bon moment déjà, elle laissait son regard fixer sur le sac à ses pieds pourtant les vociférations ainsi que les rires plus moqueurs et appréciateurs qui provenaient du stade furent si fracassants qu'elle retomba lourdement sur terre.

Et Rachel savait précisément sans même le voir ce qui avait provoqué ce puissant tumulte. Si celui-ci avait eu lieu, cela signifiait que le match s'apprêtait à démarrer.

Un coup d'œil sur la bande d'accès aux gradins la rassurant quant à ce qu'elle pensait.

L'allée était de nouveau déserte et il était temps de parcourir le reste de la route. Elle attrapa son embarras avec labeur, pris l'allée sur seulement une vingtaine de mètre et passa par le petit portillon qui se trouvait juste là. Ce chemin habituellement inutilisé à part par les personnes de services d'entretien la conduirait immédiatement au lycée. Et une fois les trente derniers mètres parcourus, un petit escalier monté et la porte de salut devant elle, elle s'engouffra dans l'air chaud d'un couloir du premier étage.

Elle espérait que personne ne l'ai remarqué dans les tribunes alors qu'elle voguait à découvert. Mais n'ayant le temps de se faire du souci, cette fois-ci, elle ne porta pas la preuve affligeante mais la tira tel un corps empaqueté à travers les couloirs du lycée.

Et bien sur, elle ne trouva pas mieux que de se perdre.


Will accompagné d'Emma s'était installé sur les tribunes Sud, près du couloir où la populace continuait d'affluer. Le match ne tarderait plus trop à s'engager et il fut content que le tapage et la clameur de l'assistance empêche toute conversation. Il voulait simplement essayer de trouver du regard son élève si précieuse et ne plus la lâcher une seconde. Mais la foule était tellement dense qu'il ne pu la repérer.

Pourtant il y arrivait toujours et il était persuader que celle-ci serait venu y assister puisqu'elle devait passer la soirée avec son « ami » Sam mais parmi tous les visages elle était introuvable.

Alors que ses yeux se perdaient, les deux équipes firent leur entrés sur le stade suivit de près par leur encouragement de leur équipe de cheerleaders respectifs.

Et, là, quand les pom-pom girls de l'équipe des Skulls apparurent, la force des voix redoubla. Entre les railleries des supporters du lycée Mckinley et les plaintes féroces de ceux présent pour le lycée Chester Arthur, tout n'était plus qu'un méli-mélo de sonorité qui sonnait affreusement à ses oreilles

Will qui posa alors ses yeux sur ce qui avait créé ce phénomène et compris bien vite que le coach Sylvester en était très certainement la responsable. Jamais aucun coach n'aurait pu commettre pareil erreur.

Le haut de chaque tenue était devenu transparent à la lumière des néons des projecteurs du stade, laissant à tous les mâles du stade le plaisir de se rincer l'œil. Les jeunes filles n'ayant pas tout de suite compris où se trouvait le problème mirent plusieurs secondes à se rendre compte qu'elle était le phénomène qui causait à présent l'intégralité du vacarme.

Le match ne semblait même plus avoir son importance pendant toute la minute que dura cet instant de pur humiliation qui fut retransmis sur l'écran géant du stade par la chaîne de télévision présente pour l'évènement.

Autant dire que l'opération Sylvester était un franc succès. L'Etat de l'Ohio n'oublierait pas de si peu ce moment unique qui se retrouverait dans les minutes suivantes sur la toile d'internet, laissant à toute l'équipe le soin de ne pas oublier que Sue possédait des moyens infinis.

Ne souhaitant plus regarder une seconde de plus la mortification de toutes ces pom-pom girls qui se pressaient déjà de rentrer dans les vestiaires, Will détourna les yeux de l'autre côté.

Et ce fut à ce moment précis qu'il la vit seulement l'espace d'une seconde juste, affublé d'un objet encombrant qu'il ne put décrire, avant qu'elle ne disparaisse derrière un petit portail qu'il n'avait encore jamais remarqué. Plus qu'étonné de sa présence dans un endroit pareil et se rendant compte qu'à part lui personne n'avait remarqué la frêle silhouette, il se retourna vers Emma :

- Je dois te laisser quelques minutes. Je reviens.

Et alors que la petite rousse s'apprêtait à répliquer, il ne lui laissa pas le temps et descendit à toute allure les escaliers juste sur sa gauche. Une fois qu'il arriva en bas, il passa la barrière et se retrouva sur la même allée que précédemment mais pris cette fois-ci le même portail que la petite brune.

Il se retrouva après deux bonnes minutes en haut des mêmes escaliers que Rachel cinq minutes avant lui, pénétra dans les lieux et reconnut rapidement le couloir Est du premier étage.

Du regard il chercha des yeux la plus jeune mais le corridor obscur était désert. Il se concentra alors sur un quelconque son et crut percevoir du bruit provenir du bas des escaliers sur sa droite. Donc, dans un geste instinctif, il trottina jusqu'à ceux-ci, les descendit quatre à quatre et se retrouva dans le couloir principal du rez-de-chaussée.

Cherchant de nouveau le léger son qu'il avait entendu, il pensa l'avoir perdu lorsque le bruissement, plus fort cette fois-ci, se répercuta de nouveau. Il continua sa route et lorsqu'il tourna à l'angle du couloir de l'administration, il la heurta de plein fouet. Il n'eut pas le temps de faire un geste pour la rattraper dans sa chute qu'elle se retrouvait déjà les fesses collées au sol.

- Rachel ? Mais qu'est-ce que…

L'encombrant objet qu'il avait aperçu plus tôt, avait étalé une quantité de tenue identique à celle des cheerleaders rabaissées.

Il vit la peur et le soulagement dans l'éclat de ses prunelles.

- C'était toi ? Dit-il férocement, les pièces commençant à forcer un ensemble qu'il ne pouvait pas imaginer.

- Je… Je peux tout expliquer !

Elle l'avait aidé ! Elle avait soutenu le coach dans ses plans plus vils les uns des autres ! C'était impensable. Tout juste impossible pour Will. Cependant les faits étaient bien là : étendus devant ses yeux.

Dans une colère noire, le timbre cassant, tranchant et tremblant, lâcha :

- Ramasse moi tout ça et suis moi !

-…

Complètement apeuré par le ton employé, Rachel ne put faire un seul mouvement pourtant la dernière réplique fit comprendre à son corps qu'il valait mieux pour elle de trouver la force de bouger.

- Immédiatement Rachel, c'est clair !

Elle remit le tout dans le sac, son corps ne répondant plus qu'à la peur du courroux de Will qui s'effondrait sur elle. Une fois tout remis en ordre, il prit le sac dont le poids ne sembla le gêner à aucun moment et ouvrit la marche pour eux jusqu'à son bureau accolés à salle de la chorale.

Quand il referma la porte derrière la plus jeune et déposa avec rage le sac au sol, Rachel crut que son heure était arrivé. Il l'observait avec une déception amère qu'elle n'aurait jamais voulu voir au fond de son regard habituellement si bienveillant. Et ce désappointement se transforma vite en un sentiment de trahison qui perfora le cœur de Rachel.

Son visage était sévère, son regard sous l'obscurité devenait plus mordant encore et Will se sentait prêt à laisser sa fureur s'emparer de lui. Son corps était exalter et si la jeune fille n'avait pas été aussi craintive face à lui, il aurait très certainement tout envoyé volé sur son passage.

Pendant le moment que dura cette échange silencieux aucun des deux ne baissant le regard. On pouvait lire dans l'un, la peur absolue et dans l'autre, une férocité contrôlé.

Mais Rachel, ne supportant plus cet état et sachant pertinemment que Will pouvait rester ainsi bien longtemps, elle tenta la voix faible :

- Je… Je peux tout expliquer…

- Tu l'as déjà dit !

« C'estvraimentmalparti » Pensa-t-elle face au ton acéré de son professeur.

Malgré tout elle ne se laissa pas démonter pour autant cette fois-ci et rajouta avec force :

- Il n'y avait pas d'autres moyens. Je devais le faire !

- Et pourquoi ?

- Parce qu'elle m'y a contraint.

- Je croyais t'avoir dit de venir immédiatement me voir si elle s'attaquait à toi. N'avais-je pas été suffisamment clair sur ce point ?

- Et tu crois que je n'y ai pas pensé ! J'ai voulu te le dire, tu ne sais pas à quel point ! Mais je savais que tu irais directement la voir pour mettre les choses à plats. Et si tu avais fait ça, le Glee Club serai mort !

Choqué de la détermination de sa jeune élève, Will laissa une partie de ses ressentiments s'évanouir au même moment. Il voulait tout savoir, tout comprendre mais le lieu était loin d'être le plus approprié qui soit.

Alors plus calmement tout en se rapprochant d'elle, il dit d'un ton sans appel, intimant vivement à la jeune fille d'accepter si elle ne voulait pas plus d'ennui :

- Tu vas prendre ta voiture et aller directement chez moi sans faire un seul arrêt. Tu vas m'attendre et une fois que je serai revenu tu vas m'expliquer en détail toute cette histoire.

- Mais… Et Sam ?

- Qu'est-ce qui a le plus d'importance pour toi ?

Will se sentait à cet instant horrible de la forcer de choisir mais il savait qu'il n'arriverait jamais à tenir jusqu'à lundi pour avoir le fin mot de son récit. Il aurait largement le temps de laisser exploser toute la haine qu'il ressentait contre Sue Sylvester pour avoir réussi à embarquer avec elle, la jeune femme la plus droite qu'il connaissait.

- Je… D'accord. Mais s'il te plaît dis-lui à quel point je suis désolé et que je me rattraperais demain.

- C'est entendu.

- Et pour ça ? Déclara Rachel en montrant le sac du doigt.

- Tu devais le déposer dans son bureau.

Elle confirma simplement.

- J'irai l'y mettre moi-même. Maintenant fais ce que je te demande s'il te plaît parce que j'ai épuisé ma réserve de tolérance pour aujourd'hui.

- Je t'attendrais chez toi, je te l'promets.

- Bien.

Puis finalement, Rachel quitta Will, culpabilisant déjà d'abandonner Sam mais malgré ce sentiment, l'attitude de son professeur à son égard avait intimé à tout son être d'accepter sa requête au risque de le perdre définitivement. Et le perdre était quelque chose qu'elle ne pouvait pas tolérer.


Will déposa comme convenu les affaires dans le bureau de Sue puis repartit sur le terrain. Il resta jusqu'à la fin du match mais à aucun moment il ne fut concentré sur celui-ci. Quand finalement le coup de sifflet final retentit, il vit au tableau d'affichage que Mckinley remporta celui-ci de dix points sur ses adversaires. Les spectateurs descendaient sur la stade, féliciter les joueurs heureux de cette deuxième victoire.

Will demanda à Emma de l'attendre sur le parking pour la ramener, descendit à son tour sur le terrain et repéra facilement la tignasse blonde du receveur :

- Sam ? Sam ?

À l'entente de son nom, le blond plus que joyeux se retourna vers son professeur et demanda :

- Mr Schuester ? Il y a un problème ?

- J'ai juste un message à te transmettre. Rachel s'excuse mais elle ne pourra pas te rejoindre ce soir. Elle avait une affaire importante à régler.

- Et c'est à vous qu'elle à demander de me dire ça ?

- Elle m'a juste aperçut alors que j'arrivais, c'est pour ça.

Will s'apprêtait déjà à repartir mais il fut attraper par le blond qui demanda les traits peinés :

- Elle vous a pas dit pourquoi ?

- Je n'ai pas demandé. Désolé.

Puis laissant le garçon seul, Will rejoint le parking et reconduisit rapidement Emma chez elle qui s'inquiétait déjà beaucoup de son comportement depuis qu'il était revenu dans les tribunes.

Une fois la rouquine déposé, il repartit en trombe et ne mit pas plus de dix minutes pour atteindre son appartement. Sur son perron, il regarda sous son paillasson et le double des clés n'y étant plus, il en conclut que Rachel avait bien fait ce qu'il lui avait d'une certaine façon ordonné.

Il abattit la poignée et entra enfin chez lui.

La pénombre du hall était partiellement éclairée par la lampe qui étincelait dans son salon.

Il déposa négligemment sa veste sur le porte manteau qui traînait et marcha jusqu'au chambranle.

Assise sur le bord du sofa, Rachel avait très distinctement entendu la porte d'entrée s'ouvrir pour lui laisser le passage mais elle ne posa pas son regard sur lui, préférant dévisager le vase posé sur la petite table basse. Elle ne bougea pas non plus lorsqu'elle entendit ses pas se rapprocher et qu'il finit par s'asseoir sur le canapé d'en face.

Elle sentait son regard pesant sur elle mais ignorait ce qu'elle y lirait lorsqu'elle y apposerait le sien. Pendant qu'elle l'avait attendu, elle avait eu le temps de se faire les pires scénarios possibles concernant la conversation qu'il s'apprêtait à avoir. Son esprit dérangé lui avait joué un sale coup et elle se retrouvait à présent bloquée dans son mutisme craignant les mots qui sortiraient de la bouche de Will.

- Tu comptes jeter un coup d'œil vers moi ou dois-je attendre toute la nuit ?

Par réflexe elle releva la tête et fut plutôt rassuré lorsqu'elle ne revit pas la même déception qu'il y avait dans ses yeux tout à l'heure. Elle voyait qu'il était en colère : ses sourcils étaient légèrement arqués et il n'y avait aucune trace de sourire sur ce visage si parfait. Mais l'étincelle de curiosité dans au fond de ses deux orbes était bon signe pour Rachel.

- Alors… comment en es-tu arrivé là ?

Rachel roula machinalement des yeux face à la question puis se jeta à l'eau.

Elle lui raconta qu'après l'histoire où elle avait projeté un slushee sur la Sylvester, elle l'avait invité à faire un tour dans son bureau et lui avait fait part des moyens qu'elle avait en sa possession pour faire couler la chorale à pique. Qu'à partir de là, Rachel n'avait pas eu d'autre moyens de cacher tout ça car le coach lui avait formellement interdis d'en parler à qui que se soit et surtout pas à Will. Et que finalement, hier, elle avait décidé de l'utiliser à contribution pour l'un de ses mauvais tours.

Puis la jeune fille termina son monologue pendant lequel William avait semblé complètement extatique.

Mais intérieurement, l'homme s'emballait. Contre cet insupportable et invivable Sue Sylvester, contre Rachel qui avait fait preuve d'une grande idiotie et qui venait de risquer un renvoi. Mais surtout, la personne qu'il ne pardonnait pas c'était lui.

S'il n'avait pas été dans ce bureau à la recherche d'information, ce jour-là, à cet instant précis, Rachel n'aurait jamais eu tous ces problèmes. Il créait avec évidence plus de soucis dans sa vie qu'il n'en résolvait. Les faits étaient là, sous son nez, assis sur le divan de son salon. Et à cette pensée, sa décision était prise.

- Je réglerai tout ça. Tu n'auras plus à t'inquiéter de Sue… Mais, maintenant, il est temps que tu rentres chez toi. Termina-t-il le regard intense braqué sur Rachel tout en se levant avant de s'avancer pour retourner jusqu'au hall.

Cette phrase. Cette dernière phrase, Rachel la détesta.

« C'est fini, c'est ça ? Non ! Pas aujourd'hui ! Pas comme ça ! »

La jeune fille se leva dans un bond et se posta fermement devant Will, les yeux embués de larmes, elle hurla de désespoir :

- Alors juste comme ça on arrête tout ? Tu ne peux pas me lâcher de cette façon ! Tu ne m'as même pas laissé une seule chance !

- Si je fais ça c'est pour toi. Tu as suffisamment souffert des sentiments que nous partageons et je crois…

Will dans sa réplique pondérée se fit couper l'herbe sous le pied.

- Comment oses-tu dire que tu fais ça pour moi ? Si c'était vrai, je ne me sentirais pas aussi mal à l'idée de ne plus t'avoir pour moi. Tu bouscules ma vie, mes envies, mes désirs et après ça tu oses dire que je souffre de mes sentiments.

Will profondément bouleversé par sa tirade ne tenta même pas de dire un seul mot pendant sa courte pause avant qu'elle ne reprenne le plus sérieusement de monde :

- Mes sentiments pour toi sont ce qu'il y a de meilleur en moi.

Et sur cette phrase, Will n'y tint plus.

Il attrapa brusquement la jeune fille par la taille et plaqua avec fougue ses lèvres sur les siennes. En une seconde, sa langue avait déjà trouvé la sienne et profitait avec délice de chaque sensation qu'elle provoquait en lui. Le contentement. L'euphorie. Le plaisir.

Il infiltra nerveusement sa main dans la douceur de ses cheveux et sentit aux doigts qui s'agrippèrent éperdument à sa nuque, que son amante venait de partir avec lui dans un tout autre univers. Un univers luxurieux et d'une beauté princière.

Les deux laissèrent leur bouche, leurs mains explorés chaque courbe, chaque morceau de peau mis à nu dans une danse incohérente. Les gestes impatients et vifs laissaient entrevoir le signe que leur relation allait passer à un tout autre niveau ce soir. Et dans leur esprit respectif, c'était ce à quoi ils soupiraient depuis trop longtemps déjà.

Will et Rachel, à travers leurs soupirs qui s'intensifiaient au fur et à mesure des perceptions grisantes qui prenaient le pas sur leur pensée, ralentirent de seconde en seconde la violence de leur passion pour la transformer en un jeu de caresse et frôlements provocants.

Il aurait pu la prendre ici même, sans plus de cérémonie mais avec elle c'était différent. Il voulait l'entendre gémir son plaisir des heures durant, jusqu'à ce que son corps ne puisse plus bouger un seul de ses muscles.

Et la jeune fille en question, dont le monde ne tournait plus qu'autour du corps accroché au sien, qui jouait de sa langue sur sa nuque qu'elle lui offrit gracieusement, voulait plus... tellement plus à présent.

Puis comme pour répondre à son gémissement qui venait tout droit du cœur, Will plaça ses mains sous ses cuisses, la laissa entrecroisés ses jambes dans une étreinte presque agressif autour de sa taille et la conduit jusqu'à sa chambre sans cesser ses caresses ardentes.

Avec délicatesse, sur le lit, il posa son corps en dessous du sien. Quittant la chaleur de son cou, il remonta son regard vers le sien. Et à cette seconde précise, il sut que les mots auraient été trop faibles pour qualifier la beauté qui se dégageait de l'innocence fébrile qu'il lisait dans son regard tout autant noirci de désir que le sien.

Il s'arrêta le temps de graver cette image somptueuse dans un coin de sa tête

Il l'embrassa alors avec une lenteur étourdissante dans un baiser qui témoignait de chaque émotion et sentiment qu'elle faisait naître en lui.

Rachel plus que troublée par une telle marque de tendresse, sentit la chaleur dans tout son corps monter encore d'un cran. Son regard, ses gestes venaient de retourner son monde. Dorénavant, elle savait que ses sentiments pour lui vivraient éternellement en elle.

Et alors qu'elle se délectait de cet abyme sensuel dans lequel la plongeait Will, elle sentit ses mains attraper les pans de son tee-shirt. Puis dans un geste de bienvenu, elle leva les bras pour lui offrir plus de faciliter à se débarasser de ce vêtement encombrant.

Jamais encore elle ne s'était trouvée dans cette posture devant un homme. Donc, assez gênée, elle tenta de recouvrir sa poitrine de ses mains. Mais dans un mouvement rassurant Will attrapa délicatement ses poignets et écarta le rempart qu'était ses bras. La phrase qu'il murmura alors à son oreille brisa tous ses doutes et toutes ses peurs.

- Je veux tout voir de toi. Tout…

Puis le laissant défaire la dernière muraille qu'il lui empêchait de goûter la chair ferme et arrondi de ses seins, elle soupira de bien-être quand il laissa sa langue glisser lascivement sur chacun d'eux. C'était fou à quel point il était maître pour provoquer en elle des sensations encore insoupçonnées.

Heureux de sentir que ses attentions avivaient toujours plus le corps parfait de la jeune femme, il couvrit son ventre de rapide baiser qui provoquèrent chez elle des soupirs plus insistant.

S'écartant rapidement d'elle, il retira habilement son haut. Et Rachel ne put que s'extasier devant la sublime musculature du corps de l'homme devant elle. Cependant elle n'eu pas le temps de le contempler plus longtemps car Will revint chercher hâtivement le délicieux contact de sa langue contre la sienne alors que la jeune fille caressait de ses fins doigts chaque muscle de ce torse pour lequel elle se serait damné.

Dorénavant, ils voguaient tout deux dans les méandres de la pureté de cette allégresse, laissant le mouvement de leur hanche s'accorder dans un geste des plus impétueux. Leur deux corps ne réclamait qu'une seule chose : s'unir et ne faire qu'un.

Et tandis que Will s'attaquait à se débarrasser du pantalon de la jeune fille, celle-ci avait déjà défait le clou de sa ceinture et faisait glisser le tissu sur ses cuisses. Ils ne leurs falluent pas plus de temps pour se retrouver l'un et l'autre quasiment nu, le membre de Will tendu de façon éloquente à travers son boxer sombre.

Mais souhaitant préparé au mieux la jeune fille encore vierge qui gémissait sous chacun de ses assauts, il patienta et passa sa main à travers son derniers tissu et caressa habilement cette zone si sensible. Il laissa son autre main parcourir chaque courbe de son corps et dévora intensément du regard les fins traits de son visage peint d'une nouvelle maturité imposée par un plaisir auquel elle touchait pour la première fois.

Puis finalement n'y tenant plus, il se débarrassa lui-même de leurs derniers sous-vêtements, attrapa un préservatif qui traînait dans sa commode et, s'installant confortablement entre ses cuisses repliées, il souffla de façon apaisante :

- Tout ira bien.

- Je le sais.

Et d'un coup, d'un seul, il la pénétra entièrement. Le cri qui s'échappa de la bouche de la jeune femme fut teinté d'un plaisir douloureusement agréable. Sous l'impulsion, Rachel ferma les yeux. Elle se mordit les lèvres jusqu'à ce l'effleurement du pouce de l'homme qu'elle affectionnait tant vienne caresser sa joue. Elle rouvrit les yeux, tomba sur son regard enfiévré et l'entendit murmurer avec sensualité:

- Regardes-moi. Je veux que tu vois chaque émotion que tu fais naître en moi.

Ces mots prononcés firent s'empourprer Rachel qui laissa le bellâtre l'embrasser avec passion jusqu'à ce que d'elle-même, elle se décide à bouger ses hanches dans un rythme lent et excitant. La douleur disparu bien vite et tout deux se laissèrent bercer par l'érotisme de leur corps vibrant à l'unisson.

Leur corps entier était parcouru de spasmes alors que Will augmentait par moment la cadence, la ralentissait, jouissant de chacune de ces secondes où elle était enfin sienne. Rien au monde n'aurait pu l'arrêter. Pas même la fin du monde.

Et alors que leur danse effrénée se jouait depuis un temps qu'aucun des deux n'auraient put qualifier, Wil se sentit sur le point de se déverser mais se retint, souhaitant jouir en même temps qu'elle afin de capturer l'ivresse qui perforait chaque particule de son être.

Finalement lorsqu'il, la pénétra une fois de plus, avec force et vigueur, les soupirs grisants de son amante se transformèrent en un puissant cri d'extase suivit de près par un râle féroce qui s'échappa de Will lorsque sa semence se libéra.

Il s'effondra sur son corps laissant à leur respiration saccadée le temps de se calmer avant de relever son visage vers elle. L'odeur musqué et sucré de leur peau envahirent agréablement ses narines et captant son regard libéré et désireux dans le sien, il l'embrassa avec véhémence.

Puis doucement, avec autant de tendresse que de passion, ils emplirent à nouveaux la petite pièce de leurs gémissements de plaisirs, laissant à la nuit le soin d'envelopper leur étreinte d'un savant mystère.


Merci à tous de m'avoir lu et si ça vous a plût (ou déplût) n'hésitez pas à déposer une reviews.

A très bientôt chers lecteurs.