UNE QUESTION DE CONFIANCE
"Confiance et défiance sont également la ruine des hommes."
Hésiode
PDV Suzane :
A la sortie de scène, c'est Gale Hawthorne, l'ami de ma mère qui m'accueille en me félicitant. A ses côtés se tient son fils Dave. Il ne me jette même pas un coup d'œil et affiche un air blasé.
Gale laisse à sa femme sa fille accrochée à son bras et m'annonce que c'est lui qui me reconduit jusqu'aux appartements du district 13. Je remarque Chase en retrait.
Nous marchons en silence jusque l'ascenseur. Nous passons devant une table de banquets vide avec le couvert dressé et j'en profite pour piquer un couteau au passage que je cache sous ma robe.
Dans l'ascenseur, Chase et moi interrogeons Gale à plusieurs reprises à propos de nos parents mais il refuse de nous dire où ils ont bien pu aller en inventant des prétextes tels qu'ils auraient rencontré des vieux amis ou qu'ils seraient aller se promener dans un parc inexistant.
Une fois arrivé, Chase épuisé, file directement dans sa chambre. Je retiens Gale in extremis et avec habilité je lui bloque les mains de mon bras gauche et lui applique mon couteau sur la gorge avec ma main droite. Je vois une lueur d'impressionnement passer dans ses yeux mais qui me distrait juste assez pour qu'il est le temps de se dégager les bars et d'une pichenette, envoyer valser mon couteau à l'autre bout de la pièce. Puis il m'empoigne le menton avec force.
« Écoutes-moi bien Suzane, je n'ai aucun compte à te rendre mais je pense que je peux te donner des conseils qui ont souvent fait défauts à ta mère ne sous-estime jamais ton adversaire et ne te laisse absolument jamais distraire par lui. Cela étant, je ne suis pas ton ennemi, je suis l'un de tes seuls alliés ici, au Capitole. » Son ton est dur et raisonne comme une menace détrompant ainsi le sens des ses mots.
« Pour satisfaire ta curiosité, je t'annonce que tes parents sont TRES occupés à cause d'une erreur que tu as faite. »
Dans ses yeux, je décèle une note d'inquiétude et comprends qu'il me dit la vérité.Une boule de culpabilité se forme dans ma gorge.
« Je ne savais pas... »je bredouille.
« Non en effet tu ne savais pas. Mais quand on ne sait pas, on demande. »
Son regard dur me blesse. Je sais qu'il a yeux s'emplissent de larmes. Comprenant qu'il a été trop dur, Gale me lâche le menton et s'abaisse à ma taille en me prenant ma main. Comme Papa quand j'avais peur de faire des cauchemars. Il termine d'une voix beaucoup plus douce :
« Nous sommes là pour ça... »
Il se relève doucement. Au moment d'ouvrir la porte, il m'adresse un clin d'œil puis ferme la porte sans bruit sans doute pour ne pas réveiller Chase.
Je vais ramasser mon couteau et me dirige vers la poubelle. Devant celle-ci j'hésite. C'est ce moment que choisit Chase pour me rejoindre, en pyjama, pieds nus, et un doudou dans les bras.
« Tu sais il a raison. On peut leur faire confiance. »
« A qui ? »je demande.
« A Gale, à maman, à papa, à Haymitch. »
« Tu as raison. »je lui réponds.
Je lâche mon couteau et me retourne pour lui poser un bisou sur la joue. Il me sourit puis repart dans sa chambre. Juste avant d'y entrer, il ajoute :
« Mais pas aux autres. »
Je n'ai pas le temps de répliquer qu'il a déjà franchit la porte et quelques secondes plus tard je l'entends ronfler. Sait-il ce qu'il dit ? Malheureusement oui. J'interroge la poubelle du regard puis prends une grande inspiration avant de plonger mon bras dedans et en ressortir mon couteau.
A bien y penser, il risque de servir...
PDV Katniss :
Les gardes me traînent sans ménagement, je sais que je pourrais les battre pour m'échapper mais j'ai peur qu'ils fassent du mal à mes enfants. Peeta est à quelques pas derrière moi lui aussi entouré de gardes mais a renoncé à s'opposer.
« Où est-ce que vous m'emmenez ? » Je demande avec hargne.
« Chez la présidente »me répond le plus jeune.
« Ferme-là Taylor » lui renvoie leur chef.
Je lance un regard d'excuse au dénommé Taylor. Après tout, il vaudrait mieux j'évite de me mettre tout le monde à dos. Il me répond par un sourire compatissant qui ne me rassure pas...jusqu'à ce que je me rende compte que la présidente en question est probablement ma mère ! Justement s'il y en a bien une que je voulais voir, c'est celle qui est la cause de tout cela !
On arrive à un carrefour et le groupe de Peeta prend à gauche se séparant ainsi du notre. Suivant mon regard, Taylor me glisse à l'oreille :
« Il l'emmène en cellule. »
Voyant mes yeux affolés, il ajoute :
« Mais il n'y restera probablement pas longtemps, ça ne ferait pas très bonne figure... »
J'acquièse en silence et continue à marcher droit devant moi.
Finalement, les gardes me poussent dans une salle sombre.
« Vous pouvez nous laisser Powell. »dit une voix.
Une voix de femme. Froide, glaciale même, cassante et pourtant avec un je-ne-sais-quoi si familier.
Je me retourne au moment où la salle s'illumine d'une lampe électrique accroché au plafond et me retrouve face à ma mère. Elle est vêtue d'un robe noire qui souligne sa maigreur mais lui donne un port royal. De l'extérieur, elle n'a pas changée. Mais pourtant je décèle d'infimes détails comme les épaules légèrement voûtées et des yeux sans étincelles.
Je me mords la lèvre inférieure, mes yeux papillonnent.
« Maman... »je chuchote en faisant un pas en avant.
Un moment ses yeux brillent de nouveau. Elle fait mine de faire un pas en avant puis un homme arrive en lui posant la main dans le dos. A cet instant, ses yeux redeviennent glacials. Elle recule et amorce une grimace comme si je la dégoutais.
« Madame Mellark »me salue l'homme en inclinant la tête.
Il est de taille moyenne, des cheveux noirs, des yeux bleus des traits fins. Plutôt beau pour un homme d'une cinquantaine d'années. Mais ce qui me frappe le plus chez lui, c'est la rose blanche accrochée à la boutonnière...
