Roswell.

Épisode 14: Le départ.

Le regard de Max retrouva en un instant son sérieux et sa vivacité habituelle. Comment était-il possible qu'il n'ait rien remarqué ? Depuis le début de la soirée, les indices n'avaient pas manqués. Aucun de leur camarade de classe n'était présent. Max tenta de se persuader qu'il n'y pouvait rien, qu'ils avaient tous voulu passer une bonne soirée loin du chaos habituel qui les entourait, en vain. Il savait qu'en tant que leader, il aurait dû prêter plus d'attention aux éventuelles menaces qu'à la frivolité d'une soirée en compagnie de Liz, aussi réjouissante l'idée fut-elle.

La musique avait soudain cessée. Kyle avait quitté le bar, titubant, pour rejoindre ses amis près de la table. Il était le seul que la situation ne semblait pas alarmer, ce qui était sans doute dû à son état d'ébriété déjà fort avancé.

-Ça sens mauvais, dit-il à moitié saoul.

Au centre de la piste, les trois jeunes filles se regardaient déconcertées. Tout autour d'eux, une cinquantaine voire même une centaine d'hommes et de femmes les fixaient avec de grands yeux jaunes et brillants dissimulés derrière de sombres lunettes de soleil. Une fois de plus le cœur de Max se serra. Il savait que Michael éprouvait le même sentiment que lui. Ils auraient dû s'en apercevoir. Aucun professeur du lycée n'était là. Ils n'avaient vu aucuns visages familiers depuis leur arrivée. Mais ils étaient tellement occupés qu'ils n'avaient pas noté ce détail. Valentin Perkins, l'organisateur de la soirée, poussa Max, Michael, Kyle et Alex sur la piste. Et comme pris au piège, une horde des « Eyes » resserraient l'étau qui se referma doucement sur nos sept amis…

-Personne ne bouge, ordonna Max.

-Voici donc le roi, sourit Valentin. Je suis un tantinet déçu. Tu étais plus impressionnant du temps où l'on se côtoyait.

-Je ne te connais pas.

-Mais oui, je sais, je connais l'histoire…

Le jeune homme tourna autour de Max. Il tentait probablement de déterminer si celui-ci mentait. Toute son attention semblait fixée sur le roi. Soudain, il fit volte-face et s'approcha de Liz, une lueur d'excitation dans les yeux. Doucement, il passa ses mains dans ses cheveux, un fin sourire accroché à ses lèvres. Le souffle de l'ennemi atteignit le cou de Liz. Elle frissonna. Tous les muscles de Max se contractèrent.

-Laissez-la, hurla Max. C'est une humaine.

-Oui, moi aussi je suis humain, commenta Kyle.

Valentin se retourna brusquement vers lui. Kyle recula instinctivement.

-Je n'ai rien dit… rien du tout.

Le chef des « Eyes » avait quelque chose d'imposant. Aucun de ses disciples n'osait bouger. Ils semblaient tous attendre ses ordres. L'enveloppe humaine de Valentin était pourtant assez chétive, mais il se dégageait de lui quelque chose de malsain. Max devinait qu'il n'avait pas toujours été si fin et délicat. S'il était le chef d'une telle rébellion, il y avait bel et bien une raison. Valentin fixa à nouveau son attention sur ceux qu'il aimait appeler « la vermine ». Il n'avait jamais eu une grande considération pour les humains. Ils les trouvaient sous évolués et aurait bien préféré ne pas devoir s'aventurer sur terre pour retrouver la famille royale.

-Ce sont de humains qui en savent beaucoup trop. Dommage ils étaient très… jolis.

Valentin renifla alors la chevelure de Liz. Il caressa la joue de la jeune fille d'un revers de la main. Il devait avouer que cette vermine avait un côté très esthétique qu'il se plaisait à contempler. Max sentit la jalousie monter en lui, émotion que Valentin perçut tout aussitôt.

-Max… Max… Max… La jalousie est un sentiment si humain. Je m'attendais à mieux de la part d'un ex chef de l'armée.

-Je… Nous ne nous souvenons pas de nos autres vies.

Valentin sourit à nouveau laissant apparaître son grand sourire d'une blancheur éclatante. Il se replaça devant Max, plus imposant que jamais. Il avait donc bien deviné. Aucun souvenir n'habitait les quatre extra-terrestres.

-Dans ce cas, laisse moi te donner un petit cours d'histoire, veux-tu ?

Max appréhendait fortement ce qu'il était sur le point d'entendre. Il en savait déjà pas mal sur ce qu'avait été sa vie avant qu'il n'échoue sur terre, mais Nasedo s'était bien gardé de leur révéler les détails croustillants. Il avait sans doute voulu les protéger. Aujourd'hui, il n'était plus là, et c'était un inconnu qui allait tout lui révéler. Max baissa la tête par réflexe. Ses poings se serrèrent avant même qu'il n'entende la moindre parole sortir de la bouche de Valentin.

-Ton armée a été vaincue. Vous êtes tous morts. Par malchance, votre ADN a été dupliqué et mélangé à de l'ADN humain. Vous avez été envoyé sur terre vous revivre et sauver votre peuple.

Valentin ne put réprimer un ricanement.

-Nous avons passé cinquante ans à vous rechercher afin que cela n'arrive pas. Aujourd'hui, nous vous avons trouvé, et nous sommes prêt à achever la tâche entreprise il y a des années de cela.

Michael voulut bouger et agir mais Valentin n'eut qu'à lancer un regard à ses compatriotes pour qu'ils interviennent.

-Comment est-ce qu'il… Il n'a même pas bougé la tête, souffla Maria.

Valentin était d'une puissance redoutable. Max avait pu le constater. Michael se sentait pris au piège. Liz avait le regard inquiet. La colère l'envahissait. Elle mourrait d'envie de faire quelque chose pour aider ses amis, mais quoi ? Elle sentait le pouvoir couler dans ses veines. Leurs ennemis ignoraient sans doute tout des capacités qu'elle possédait à présent. Comment pouvait-elle aider sans tous les faire tuer ? Valentin faisait face à Max.

-C'est moi-même qui t'ai tué dans ton autre vie, grinça Valentin, méprisant. Alors, prêt à crever encore une fois ?

Alors que, les mains en avant, les Eyes s'avançaient vers leurs victimes, un bruit sourd vint perturber leur plan. La porte d'entrée venait de céder sous les pouvoirs d'un allié de Valentin. Un homme assez grand, aux épaules larges, portant des lunettes de soleil, entra.

-Patron, lança-t-il en s'adressant à Valentin. Regardez ce que j'ai trouvé à l'extérieur.

L'homme agrippait le costume gris pale du jeune Ramirez. Il l'envoya valser dans les airs. Les corps de Jesse se souleva et atterrit au centre de la piste de danse sous le regard médusé d'Alex. Isabel agrippa le bras de Kyle. Liz se blottit près de Max.

-Jesse, cria Alex en se ruant sur le corps du malheureux.

-Est-ce qu'il est…

-Non, se rassura Alex. Il respire encore.

Jesse bougea le bras. Alex lui fit signe de ne pas se relever trop vite. L'avocat avait ouvert les yeux et voulut prendre appui pour se relever. Il toussota.

-J'apprécie beaucoup votre sollicitude, dit-il en se redressant. Mais j'aimerais savoir ce qu'il se passe ici…

L'avocat se retrouva alors face au chef des Eyes. Celui-ci le dévisagea. Jesse aperçut alors la centaine d'autres personnes qui, menaçant, le fixait.

-Hum… enchanté… Jesse Ramirez, je suis avocat… Vous êtes ?

Valentin eut un sourire amusé.

-Au moins, lui est divertissant. Un autre ami humain à vous ? Quelle vie sociale, dites moi !

Il poussa Jesse vers ses amis. Celui-ci s'offusqua ignorant encore ce qu'il se passait réellement. Il jeta un regard inquisiteur à Alex, qui ne répondit que par une moue dubitative.

-Bien, je n'ai pas tout mon temps. C'est l'heure d'en finir.

Valentin fit quelques pas en direction de Max. Il leva la main et déclencha son attaque. Le jeune alien se servit de son bouclier vert pour l'arrêter.

-Ce n'est pas très gentil d'opposer une résistance comme ça. Crois-tu vraiment avoir une chance ?

-Qu'est-ce que ?

Alex attira Jesse vers lui. Ils se retranchèrent tous derrière Max. Soudain, un autre Eye leva la main. Puis une autre, puis encore un autre. À ce rythme là, Max ne tiendrait pas longtemps. Isabel vint lui prêter main forte, rapidement suivie de Michael. Ils n'étaient encore que trois. Contre la troupe d'ennemis qui les assaillaient, ils n'iraient pas bien loin. Ne pouvant plus résister, succombant peu à peu à l'envie d'utiliser ce pouvoir qui la submergeait, Liz se laissa envahir. Ses mains commencèrent à scintiller, ce qui ne manqua pas d'attirer l'attention de Valentin.

-Que se passe-t-il ? Quelqu'un peut-il me dire ce qu'il se passe avec cette humaine ?

Mais aucun de ses partisans ne put répondre. Ils toisaient tous Liz. Leurs mains s'étaient machinalement baissées. Tout le corps de Liz scintillaient à présent Ses yeux avaient pris une teinte noire. Elle se souleva de quelques centimètres. Un cri pénétrant s'échappa alors de ses lèvres. Elle se cambra soudain vers l'arrière tout en continuant à crier. À un mètre à présent du sol, elle se redressa et fixa ensuite les Eyes qui avaient soudain pris peur. Même Valentin semblait démuni. Ils reculaient tous face à Liz. Un Eye plus téméraire leva la main dans l'espoir de toucher Liz. Valentin l'arrêta.

-Malheureux ! Ne fais pas ça. Tu ignores de quoi elle est capable.

Liz de là où elle se trouvait, semblait sourire sereinement. Elle lança ses mains en avant. Une lumière blanche en jaillit et propulsa les Eyes dans les airs. Ils retombèrent tous lourdement sur le sol. Ils étaient à présent hors d'état de nuire pour quelques instants seulement. Liz sentit ses pouvoirs lui échapper. Ses yeux se fermèrent et elle s'évanouit. Elle retomba sur le sol presque aussi lourdement que ses ennemis quelques secondes plus tôt. Ils regardaient tous Liz d'un air abasourdi. Max se rua sur elle le plus vite possible. Il s'agenouilla. Elle ne semblait pas encline à reprendre conscience. Il se tourna vers les autres.

-Il faut sortir d'ici. Vite, ordonna Max

-Qu'est ce que… commença Jesse.

-Ne pose pas de questions ! l'arrêta Michael

Il poussa alors le jeune avocat vers la sortie. Max se saisit de sa petite amie. Ils se ruèrent vers la sortie. Les couloirs du lycée semblaient soudain être devenus plus sombres, plus froids. Les yeux qu'ils avaient à peine remarqués semblaient soudain ne regarder plus qu'eux. Même là, dans leur propre école, en pleine nuit, les « Eyes » les avaient piégés.

-Vous ne pouvez rien faire contre nous, hurla Valentin.

Le vaillant guerrier s'était bien vite relever, prêt à les prendre en chasse. Il avait placé des alliés dans chaque recoin de l'école. Ce soir, la famille royale et ses amis seraient siens. Ils ne s'en sortiraient pas. Max, Michael et les autres fuyaient toujours. Dans chacun des couloirs, des « Eyes » les attendaient. Isabel et Michael se chargeaient de la plupart d'entre eux de manière extra-terrestre. De temps à autre Maria et Alex utilisaient des méthodes plus traditionnelles. Kyle tentait tant bien que mal de suivre le rythme. Jesse, lui, se contentait de ne pas essayer de comprendre.

-Michael, la porte !

Max désigna à son ami le dernier obstacle qui les séparait de l'extérieur. La horde d'ennemis toujours aux trousses, Michael leva la main. Ils n'étaient plus qu'à quelques mètres d'eux. Il se concentra et la porte explosa envoyant valser des morceaux de bois dans les airs. Ils pénétrèrent dans la pénombre de la nuit. Alors qu'ils se dirigeaient vers leurs voitures, une forme bizarre se matérialisa devant eux. Valentin apparut.

-Vous ne pouvez pas nous échapper, cria-t-il. J'ai le pouvoir de me rendre où je veux en un instant. Et, avantage non négligeable, je peux sentir vos pouvoirs.

Michael leva à nouveau la main menaçant l'arrogant personnage mais… trop tard. Valentin Perkins avait déjà disparu. Michael fronça les sourcils.

-Comment est-ce qu'il…

-Ses pouvoirs sont plus développés que les nôtres. Ils ont passés cinquante ans à les maîtriser et à les entraîner, commenta Max reprenant sa marche vers leurs véhicules.

Jesse qui s'était tu trop longtemps l'attrapa par l'épaule. Il jeta un coup d'œil à Liz. Tout ce qu'il venait de voir ne tenait pas debout. Il devait y avoir une explication rationnelle. Il prit une grande inspiration. Max se détourna de lui.

-Je n'aime pas ça du tout, ronchonna l'avocat.

-Il faut trouver un moyen de contrer leurs pouvoirs.

-Pouvoirs ? Quels pouvoirs ? demanda Jesse qui avait tout suivi sans trop comprendre ce qu'il se passait. Je pourrais savoir ce qu'il se passe ?

-Tu la fermes et tu suis les ordres si tu ne veux pas te retrouver froid comme la pierre, lui lança Michael.

Cet argument fit tout de suite mouche. L'avocat était bien loin d'avoir envie de se retrouver six pieds sous terre. Il obéit donc, comprenant bien que quelque chose de sérieux se passait. Cependant, la réflexion de Max avait jeté un froid. Le cœur de Maria eu un raté. Cette fois-ci, la bataille avait réellement commencé.

-Maxwell, l'appela Michael.

Il lui désigna Liz d'un léger mouvement de la tête. Le jeune homme la tenait toujours dans ses bras. Confortablement blottie contre son torse, il pouvait sentir la respiration de Liz. Elle était lente et paisible.

-Il faudrait la ramener chez elle, suggéra Maria inquiète.

-Allons-y.

Ils transportèrent Liz jusqu'à sa chambre, en passant par la porte de service. Le Crashdown étant ouvert et bondé de monde en ce samedi soir. Ils risquaient de tomber sur Diane Evans. Max avait envoyé Maria en éclaireuse afin qu'elle distraie Diane si d'aventure celle-ci apparaissait. Liz s'était mise à marmonner des paroles incompréhensibles. Sa température avait grimpé. Elle atteignait presque 41 degrés. Ils l'allongèrent sur le lit. Maria les rejoint rapidement. Diane était en salle, et n'avait pas montré le bout de son nez. Jesse observait toujours attentivement tout ce qu'il se passait.

-Il lui faudrait de la glace, dit Isabel. Il faut faire redescendre sa fièvre au plus vite. Nous pourrions le supporter, nous. Mais Liz est humaine à la base. Je ne suis pas sûre qu'elle tienne le coup.

-Je vais en chercher, s'empressa de répondre Max. Appelez moi si il y a du changement.

Ils acquiescèrent. Max descendit les escaliers. Il regarda attentivement autour de lui pour être sûr qu'il ne rencontrerait pas sa mère. Il pénétra dans la cuisine, salua José le cuisinier, s'empressa de prendre un peu de glace. En tant que fils de la patronne, il n'avait pas à se soucier du qu'en dira-t-on. Il sortit ensuite en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Alors qu'il allait disparaître au dessus des escaliers, une voix l'interrompit.

-Max.

Il se retourna lentement. Et comme il aurait pu s'en douter, il aperçut sa mère qui le fixait en le dévisageant de haut en bas. Elle avait dû venir prendre une commande auprès de José qui lui aurait mentionné sa présence. Il redescendit quelques marches, plus que par obligation que par envie de discuter avec sa mère.

-Que fais-tu ici ? demanda-t-elle. Tu viens voir Liz, bien sûr… Que vas-tu faire avec cette glace ?

Max tenta de la dissimuler derrière son dos. Il se doutait qu'il était trop tard et qu'il avait déjà attisé les soupçons de sa mère. Il s'obstinait pourtant à ne rien vouloir révéler. Attitude qui avait le don d'exaspérer Diane.

-Ce que je fais ne te regarde plus.

-Je suis ta mère. Je trouve que l'influence que Liz a sur toi est assez néfaste.

-Je t'en prie, soupira-t-il.

Il ricana. Diane fronça les sourcils. Max n'avait jamais ricané. Max avait toujours été un gentil garçon. Il n'y avait que Liz qui ait pu le faire changer autant.

-Je te trouve différent. Tu es…

-Ne me juge pas, l'interrompit-il. Tu as perdu ce droit lorsque tu m'as empêché de la voir.

Le regard de Diane s'emplit de tristesse. Elle implorait presque son fils. Mais Max semblait rester de pierre. À quoi s'attendait-elle ? Elle lui avait interdit de voir la seule personne qui lui importait. Il n'allait pas tout oublier, lui sauter dans les bras et s'excuser d'être parti de la maison. Il lui tourna le dos pour remonter auprès de Liz.

-S'il te plait, supplia-t-elle. Écoute moi.

-Je n'ai pas le temps, là…

Il voulut remonter, laissant sa mère dans le désarrois la plus total. Elle avait osé la juger. Et pire encore, elle avait jugé Liz, la fille qu'elle avait recueillie plus d'un an auparavant. Elle l'avait considéré comme une deuxième fille pendant une année entière pour ensuite lui tourner le dos au premier petit obstacle. Max n'en revenait pas de l'audace et du toupet de sa mère. Celle-ci fit quand même une dernière tentative.

-Reviens à la maison.

-Quoi ?

Il la toisa avec des yeux emprunt d'interrogation, mais aussi de dédain et de mépris. Il n'était pas partit depuis vingt quatre heures qu'elle lui demandait déjà de revenir.

-Tu m'as bien compris !

Par-dessus le marché, elle semblait sérieuse. Outre le fait qu'elle ne posait pas sa question au parfait moment, il y avait des tas d'autres raisons pour lesquelles Max refuserait de reprendre sa place au sein du foyer Evans.

-Tu veux que je revienne à la maison tout en sachant que tu m'empêcheras de voir Liz ? Ce que tu me demandes est injuste.

-La vie est injuste, s'énerva Diane.

-Max, l'appela soudain Maria à l'étage. Elle se réveille.

-Qui ? Qui se réveille ? Liz ? Max…

-Mme Evans, la commande de la table 5 est prête.

Max esquissa un fin sourire. Diane était partagée entre l'envie de monter, de débouler dans la chambre de Liz pour voir de quoi il retournait, et celle d'aller servir ses clients.

-Retourne travailler maman…

Max laissa sa mère au bas des escaliers, sans ajouter un mot de plus. Diane n'eut d'autre choix que d'aller servir la table cinq. Le jeune homme suivit Maria jusqu'à la chambre. À moitié assise dans son lit, Liz tentait vainement de se relever. Max se posa à ses cotés. Il la regarda. Ses yeux étaient pleins d'amour. Il ne put s'empêcher de sourire. Il avait l'impression de la voir pour la première fois. Elle ressemblait à un ange.

-Tu vas bien ? lui murmura-t-il à l'oreille.

-Max ? sourit-elle en penchant la tête sur le coté.

Elle se pencha vers lui et le prit dans ses bras. Sa voix avait prit un ton enfantin qui alerta Max. cependant, une fois dans ses bras, il oublia ses inquiétudes, un moment seulement. Il profita de l'étreinte de Liz. Elle souriait simplement. Elle commença à se balancer de droite à gauche. Max rit un instant puis s'écarta d'elle. Elle sourit à nouveau. Elle leva son index droit et le planta sur le nez de Max. Les autres échangèrent des regards inquiets.

-Maxou, tu as un très joli nez.

Elle appuya ensuite une nouvelle fois sur l'une des narines de Max en imitant le bruit d'une sonnette « Ding Dong ». Elle s'écroula ensuite de rire. Elle roula un moment sur le lit. Elle se redressa ensuite et leur sourit à tous. Ils la fixèrent ébahis.

-Qu'est ce qu'il lui arrive ? demanda Kyle.

-Je crois que le choc a été tel qu'elle a …

Comment Max pouvait-il l'expliquer ? Qu'avait-elle au juste ? Elle avait comme perdu la raison, était devenue… simplette. La Liz sérieuse et cartésienne avait disparue. Elle jouait à présent toute seule avec ses doigts. Puis lorsque ce jeu l'ennuyait elle s'amusait à tenter de voir son nez. Les bruits que faisaient ses lèvres lorsqu'elle les faisait vibrer avait soudain pour elle un attrait tout particulier. Max détourna la tête ne sachant trop que faire.

-Et maintenant Max qu'est ce qu'on fait ? interrogea Isabel.

-On faiblit !

Michael éclata de rire à la blague de cette nouvelle Liz. La jeune fille rit de bon cœur. Michael cessa lorsqu'il s'aperçut qu'il était toisé par le reste du groupe.

-Quoi ? Tenta-t-il de se justifier. Elle est drôle. Qu'est ce qu'on fait, on faiblit, fait bli.

Il jeta un regard à la jeune fille, comme si il souhaitait qu'elle le défende auprès de ses camarades. Liz continuait de sourire impassiblement. Max s'approcha d'elle. Mais la jeune fille avait trouvé un autre centre d'intérêt. Elle avait à présent les yeux rivés sur Alex.

-Elle me met mal à l'aise, murmura celui-ci.

Elle le pointa du doigt.

-Tu es Alex, lui lança-t-elle. Tu es mon ami. Tu es homosexuel.

-Elle est vraiment sous le choc, lança dédaigneusement Isabel. Elle ne sait plus ce qu'elle dit.

Alex détourna le regard. Il se tourna vers Jesse qui levait les yeux au ciel. Alex s'était rendu compte de l'attitude étrange de ses amis au cours de ses dernières heures, avant l'attaque de leurs ennemis. Il se doutait que la majorité d'entre eux devait avoir appris. Kyle rit légèrement. Les autres échangèrent un regard gêné qu'Isabel remarqua tout de suite.

-Quoi ? demanda-t-elle. Qu'est ce qu'il y a ?

Alex s'approcha d'elle, si près qu'elle put sentir son souffle dans son cou. Elle lança un regard en biais à Kyle qui semblait toujours bien s'amuser. Les effets de l'alcool ne s'étaient sans doute pas encore dissipés.

-En réalité, lui murmura-t-il à l'oreille, c'est la vérité. Je le suis.

-QUOI ? hurla Isabel. Tu es homosexuel ?

-Pour ceux qui ne le savaient pas, maintenant c'est fait, grogna Jesse.

Le regard d'Isabel laissait transparaître sa surprise. Elle ne savait pas comment réagir. Elle bafouilla un moment, sourit maladroitement, le félicita même. Jesse leva les yeux au ciel. Mais Max n'avait pas de temps à perdre en bavardage de toute sorte. L'heure était grave.

-Je pense que nous devrions nous concentrer sur Liz. Elle a subi un grand choc…

-Tu es homosexuel, persista Isabel le regard braqué sur Alex.

-Je le savais, dit Kyle toujours un peu saoul.

-Il sort avec moi, intervint Jesse.

-Ah non, ça je… ça je savais pas, ajouta Kyle.

Kyle s'appuya sur la commode de Liz afin de tenir en équilibre. Isabel semblait passionnée par le cas « Alex et Jesse. » Contrairement à son frère qui lui avait été mal à l'aise face à cette situation, elle trouva cela fort intéressant. Elle regardait Alex et Jesse comme deux phénomènes qu'il lui plairait bien d'analyse à l'occasion. Max baissa les bras, se racla la gorge et tenta de concentrer tout le monde sur le problème.

-Pour Liz nous devrions peut-être…

-Vous sortez ensemble ? s'exaspéra Isabel. J'y crois pas.

Elle passe la main dans ses cheveux et tourna la tête. Ses yeux s'écarquillèrent alors qu'elle réalisait soudain qu'il n'y avait pas si longtemps que ça, elle craquait encore sur Alex.

-C'est pourtant la vérité, affirma Alex.

-Hum,… Liz est toujours…

-Je n'arrive pas à croire que j'ai pu en pincer pour toi.

Isabel s'apprêtait à repartir de plus belle. Michael se leva d'un bond et empêcha les autres de continuer cette discussion stérile au sujet des préférences sexuelles d'Alex. Une fois que tout le monde fut calmé, il reprit :

-Je vous ferais remarqué que votre amie est… Je ne sais pas comment dire. Mais il faut faire quelque chose. Alors arrêtez de vous disputer ou de débattre pour une raison totalement dérisoire. Liz a besoin de nous.

La réflexion de Michael fut suivie d'un long silence et de regards désolés, surtout de la part d'Isabel dont l'intérêt pour la sexualité d'Alex avait empêché les choses d'avancer. Elle avait l'espace d'un instant oublié qu'ils étaient tous dans une situation critique. Max fut soulagé de voir l'intérêt que son ami portait à Liz.

-Bien, intervint soudain Jesse qui était resté bien silencieux face aux évènements. Tout ceci commence à devenir un peu trop sérieux pour moi. Alors il va falloir qu'on m'explique.

Ils clignèrent tous des yeux. Pour la plupart, ils avaient espéré que vu les évènements l'avocat aurait fini par comprendre ce qu'il se passait et qu'il ne poserait pas de questions. Visiblement, ils s'étaient trompés.

-Vous ne croyez pas ? continua-t-il hésitant.

-Écoute Jesse, commença Max en déposant une main sur l'épaule du jeune homme.

Il la retira d'ailleurs presque aussitôt. Alex leva les yeux au ciel.

-Ces derniers temps tu as été amené à voir des choses plus qu'étranges. Tu ne t'es jamais posé de questions sur ce que nous étions, Michael, Isabel et moi. Je veux dire sur nos réelles origines ?

-Quoi ? Pourquoi ? Vous êtes d'où ?

-Pas vraiment d'ici, commenta Michael.

-C'est-à-dire ?

Max réfléchit un instant puis la solution de facilité lui apparut. Il avait utilisé cette méthode avec Liz, elle devrait donc, en toute logique, fonctionner aussi avec Jesse. Il leva un doigt vers le ciel. Jesse se mit à rire légèrement.

-Tu te moques de moi là ?

-Tu viens de faire une rencontre du troisième type.

Max sourit à l'énonciation de cette phrase. Tout cela lui rappelait étrangement un des plus beaux jours de sa vie. Confier son secret à Liz avait été pour lui une libération. Il avait le sentiment qui sa vie n'avait réellement commencé qu'une fois Liz mise dans la confidence. Il s'était passé tant de choses depuis ce jour-là. Une image de Tess lui vint en tête. Elle avait été tué il n'y avait même pas six mois. Max avait l'impression que c'était il y a des années lumière.

-Max tu n'es plus drôle, paniqua Jesse. Tu commences même à me faire peur.

Alex se rapprocha de lui. Il posa une main sur son épaule, lança un regard soutenu à Max pour lui signifier que ce geste ne signifiait rien, puis ajouta à l'adresse de Jesse :

-Nous aussi on a eu peur en l'apprenant ; mais ça disparaît après quelques jours.

-Arrêtez ça. Je ne crois pas aux extra-terrestres, répondit nerveusement Jesse.

Pourtant, il avait travaillé bien des mois au FBI dans une section spécialement dédiée aux extra-terrestres. Même si il n'avait jamais réellement connu la nature de sa mission, il savait autour de quoi elle tournait. Sa réaction n'était que purement nerveuse. Jesse ne savait pas comment prendre la nouvelle. Bien sûr il avait envisagé cette possibilité plusieurs fois même. Mais il ne croyait pas qu'il aurait un jour à l'affronter.

-Souviens toi du jour où tu nous as trouvé au lycée en pleine nuit, lui expliqua calmement Max.

Jesse hocha nerveusement la tête se souvenant parfaitement de ce jour-là.

-Nous n'étions pas là par hasard. Nous étions avec l'un de nos ennemis. La raison pour laquelle tu ne te souviens de rien, c'est parce que tu es mort ou presque. Je t'ai ramené… grâce à mes pouvoirs.

-Oh…

Jesse ne sut plus rien ajouter. Il avait bien ressenti cette énorme reconnaissance envers Max. N'ayant jamais su pourquoi, il n'avait pas cherché à en savoir plus. À présent qu'il connaissait la vérité, il savait que sa dette n'en était que plus grande.

-Et Liz, balbutia-t-il. Est-ce qu'elle est…

-Comme nous ? En partie. Je lui ai sauvé la vie au Crashdown il y a un moment de cela. Certaines de ses cellules ont été modifiées et elle a ainsi obtenu des pouvoirs.

Jesse leva les yeux vers Max. Son inquiétude était palpable. Lui aussi avait été sauvé de la main d'un extra-terrestre.

-Ce qui veut dire que moi aussi je…

-Je ne sais pas. Tout dépend des cellules qui ont été modifiées.

Jesse soupira et s'assit enfin. Il n'arrivait pas à se convaincre qu'il s'agissait bien de la vérité. Il voulait bien y croire, mais quelque chose en lui, lui disait qu'il était en train de faire un mauvais rêve. Trop d'évènement se produisait en même temps. Il en avait trop vu d'un coup. Max s'assit aux côtés de Liz. Elle n'avait pas dit un mot mais elle avait toujours son regard d'enfant. Elle se balançait d'avant en arrière à présent.

-Liz, murmura Max en approchant sa main.

Il caressa doucement sa joue ce qui déclancha chez elle une réaction plutôt surprenante. Elle se mit à se débattre et à crier. Max se recula.

-Ne me touche pas, hurla-t-elle. C'est comme si ça brûlait.

-Qu'est ce qu'il lui arrive ? demanda Maria.

Celui-ci ne répondit pas. Le regard que Liz lui avait lancé était bien suffisant. Elle le voulait loin d'elle. La jeune fille s'était recroquevillée sur elle-même, fixant Max de façon peu amène. Le jeune garçon tentant une nouvelle approche qui n'eut aucun succès. Liz se mit à nouveau à crier. Max se résigna et resta à distance.

-Ne m'approche pas. Tu me fais toujours souffrir.

Max se garda bien de tenter de la toucher à nouveau. Il la regardait tristement, un air fataliste sur le visage. Michael pouffa.

-C'est ridicule. Maxwell, elle t'a pris dans ses bras il n'y a pas dix minutes.

-Je sais, répondit-il tout simplement.

Maria à son tour se rapprocha de son amie. La voyant avancer vers elle, Liz leva la main. Elle était traversée par des éclairs multicolores. Elle déclencha alors le même bouclier vert que Max, à la plus grande surprise de tous les autres. Jesse observait la scène avec beaucoup d'attention.

-Le premier qui m'approche, menaça Liz, je le broie avec mes pouvoirs super puissants.

Ils gardèrent tous leur distance. Liz les toisa d'un air menaçant. Elle baissa soudain la main et s'évanouit. Maria se précipita vers elle.

-On dirait que sa température est descendue.

-Laissons la seule un moment, dit Max.

Ils sortirent les uns après les autres de la chambre de la jeune fille et s'isolèrent dans le couloir. Max se masse les tempes qu'il avait douloureuses. Il essayait de penser, de trouver une solution, mais rien ne venait. Il fallait qu'il trouve le moyen de ses débarrasser de leurs ennemis avant qu'il ne débarque ici. Liz avait utilisé ses pouvoirs. Les avaient-ils captés ? Ou bien n'étaient-ils encore « branchés » que sur une fréquence extra-terrestre seulement. Max ignorait tout de ce pouvoir, ce qui l'inquiétait. Il n'avait aucune envie d'être attaqué à l'improviste, surtout dans une zone comme celle-ci. Il y avait sa mère à l'étage inférieur. Il avait beau être en froid avec elle, il n'avait pas le désir de la voir blessée. Il y avait les clients, les employés aussi. Et puis il y avait Liz. Non seulement il était impuissant face à la menace qui pesait sur eux, mais en plus, il ne possédait aucun moyen de rendre son état normal à Liz. Il soupira.

-Max, le secoua Isabel. On ne peut pas rester là à ne rien faire.

-Isabel a raison, continua Michael. Les « Eyes » savent nous retrouver. Je te rappelle aussi qu'ils peuvent se téléporter et qu'en outre, ils peuvent sentir nos pouvoirs.

-Je sais ! s'énerva Max.

Il n'aimait pas s'énerver sur ses amis. Cependant, le poids de ses responsabilités l'accablait parfois trop à son goût. Dès qu'une situation se dégradait, tout le monde se tournait vers lui comme si il possédait la panacée à leur problème.

-Ils ne tenteront probablement rien ce soir, les rassura Max. Liz les a affaiblit.

-Et pour combien de temps, Maxwell ? Surtout que maintenant, elle n'est plus en état de se battre.

Liz leur avait donné un peu de répit, mais il était conscient qu'ils auraient à faire aux Eyes dès qu'ils seraient de nouveau en état, ce qui ne saurait tarder. Michael le regardait toujours avec insistance. La situation semblait désespérée et toute tentative de combat sans Liz serait vouée à l'échec. Michael posa sa main sur l'épaule de Max.

-Max, ta solution, faut la trouver, et faut la trouver ce soir ! Demain nous serons peut-être tous mort !

-Tu crois que c'est facile d'être à ma place Michael ? Pourquoi est-ce toujours à moi de trouver les solutions ?

Il balaya tous ses amis du regard. Ils le fixaient comme si il s'apprêtait à leur dispenser une leçon indispensable sur la vie.

-Ici, je ne suis pas le roi et tu n'es pas mon bras droit. J'en ai assez de tout ça.

Max bouscula Michael et laissa ses amis dans le couloir. Il descendit pour réfléchir. Il fallait trouver un moyen d'échapper à leurs ennemis. Mais comment réfléchir lorsque, à l'étage inférieur, se trouvait encore sa mère, à l'affût de la moindre petite explication. Il voulut l'éviter mais cette fois il ne put éluder l'interrogatoire.

-Je t'en prie Max, supplia Diane Evans. Parle moi.

-Et de quoi ? l'agressa-t-il.

Elle baissa les bras, désemparée et chercha un endroit où s'asseoir. Elle se posa sur le fauteuil qui siégeait dans l'arrière salle du Crashdown. Elle soupira.

-Je voulais seulement te protéger.

Des larmes perlèrent au fond de ses yeux. Elle n'était pas triste, du moins, elle ne le ressentait pas comme ça. Elle se sentait impuissante, et inquiète aussi. Max dont les traits s'étaient radouci, vint se placer à coté de se mère.

-Me protéger de quoi ? Tu as peur que Liz me fasse du mal ?

Diane hocha la tête. Max eut soudain la désagréable impression que sa mère lui cachait des choses. Il ignorait si ce sentiment était humain ou s'il était généré par ses pouvoirs mais quelque chose en lui, lui disait de tenter d'en savoir plus. Diane avait vraisemblablement terriblement peur d'en parler. Ce qui lui faisait encore plus peur, c'est que ce qui lui était arrivé, arrive à son fils.

-Que s'est-il passé ? demanda Max. Que t'est-il arrivé pour que tu aies à ce point peur ?

Avant de commencer son récit, la mère de Max prit une grande inspiration. Elle replaça ses cheveux qui tombaient sur son visage.

-Quand j'avais à peu près ton age, commença Diane tout en passant une main sur son visage, j'ai connu un garçon. Il s'appelait Thomas. Il m'aimait comme personne, pas même ton père, ne pourra jamais m'aimer.

Elle eut un sourire triste au souvenir de ce Thomas. Max, qui éprouvait soudain une curiosité presque malsaine poursuivit :

-Que lui est-il arrivé ?

-J'étais jeune et je ne pensais qu'à m'amuser. On est sortis ensemble un temps. Nous étions aussi proche que Liz et toi, vous l'êtes.

Elle marqua une pause. Ce retour dans le passé était douloureux, Max pouvait le sentir. Même son côté humain abondait dans ce sens.

-Un jour, il m'a présenté à son meilleur ami, Matt. Ils disaient qu'ils étaient comme des frères. Ils se connaissaient depuis la petite enfance. Rien ne s'était jamais mis entre eux…

-Toi… tu t'es mise entre eux ?

Diane hocha faiblement la tête.

-Thomas voulait que nous soyons tous amis. Il disait que dès que Matt se serait trouvé une petite amie, nous formerions un groupe inséparable. Mais les choses ne se sont pas passé comme il l'aurait souhaité. Mais Matt et moi sommes devenus plus que des amis…

Diane commença à chercher ses mots. Cette histoire était un lourd secret dont elle se débarrassait enfin. Celui-ci était probablement à l'origine de la punition de Max. celui-ci doutait fortement que son père soit au courant de ce récit.

-J'ai longuement réfléchi, peser le pour et le contre. Je ne voulais pas faire de mal à Thomas. Je savais à quel point il tenait à moi. Je savais aussi qu'il resterait à jamais gravé dans ma mémoire, mais… J'étais tombée amoureuse de Matt. Nous avons essayé de ne plus nous voir, sans divulguer la raison à Thomas. Il a été très touché. Il nous a même forcé à nous « réconcilier ». Nous avons fait ce que nous avons pu Matt et moi, mais il y avait quelque chose de fort qui nous unissait… un désir commun.

Elle reprit son souffle tentant d'être le plus précise dans son histoire. Elle avait besoin que Max comprenne la dureté des propos qu'elle avait tenu et la fermeté de sa position.

-J'ai donc laissé tomber Thomas pour Matt. Ils se sont disputés. Thomas a beaucoup crié, pleuré. J'avais mal de le voir dans un état comme ça, mais je ne pouvais réprimer ce que je ressentais pour Matt. J'ai décidé qu'il valait mieux que nous ne nous voyions plus, pour son bien. Ce à quoi il a rétorque que c'était ridicule, qu'il voulait rester mon ami. Je ne l'ai pas écouté.

Max était à présent totalement concentré sur ce que sa mère lui contait. Il présentait une fin peu heureuse aux évènements.

- Thomas n'allait vraiment pas bien. Et je n'ai rien vu… Il a fini par se suicider.

-Oh…

La mère de Max s'écroula en pleurs dans les bras de son fils. C'était donc pour cette raison qu'elle l'avait empêché de voir Liz. Elle avait peur pour lui, peur que Liz le laisse tomber et qu'il en souffre. Elle était tout simplement effrayée à l'idée de perdre son fils. Ce qui était arrivé l'avait profondément marqué. Elle ne voulait pas que le même scénario se reproduise. Elle ne voulait pas que Max devienne Thomas.

-Ça va aller. Calme toi maman.

-Je t'aime tant Max. J'en mourrais s'il t'arrivait quelque chose.

Il lui caressa doucement la tête. Elle se laissa complètement aller dans ses bras, libérée d'un poids ; mais le cœur serré au souvenir du visage souriant de Thomas alors qu'il était à ses côtés. Elle se tenait toujours pour responsable de ce qui était arrivé.

-Ne t'inquiète pas. Il ne m'arrivera rien. J'ai confiance en Liz.

Diane lui attrapa alors le bras et le fixa d'un air sérieux. Ses yeux rouges accentuaient l'intensité de son regard. Max crut presque avoir à faire à un de ses ennemis tant Diane paraissait déterminée.

-Reviens à la maison. Je supprime la punition.

-Tu ferais ça ?

-Tu pourras voir Liz autant que tu le voudras.

Elle sourit légèrement. Sa voix se radoucit. Le regard dans le vide elle songeait à ce qu'elle avait ressenti pour Thomas.

-J'ai compris à quel point elle est importante pour toi. Je ne veux pas te priver de ton bonheur. Liz est une fille intelligente et j'espère qu'elle ne commettra pas la même erreur que moi…

Max fronça les sourcils.

-Thomas est et restera le garçon que j'ai le plus aimé, avec le plus de passion. Ma relation avec Matt a duré un temps, un long moment même. Plus qu'avec Thomas. Nous nous sommes soutenus après sa mort… Mais il n'en valait pas la peine… Mon cœur a toujours été auprès de Thomas.

Diane esquissa un fin sourire. Max sourit lui aussi. Certes, il avait envie de retourner chez lui mais Liz avait besoin de lui. Pourrait-il la laisser comme ça ? Soudain, tout lui parut clair. Il sut ce qu'il avait à faire.

-J'aimerais revenir, mais je ne peux pas.

-Pourquoi ?

-On va partir…

-Comment ça, on va partir ? s'exclama Maria.

-On quitte Roswell.

-Et pour aller où ? demanda Isabel.

-N'importe où, mais pas ici. On part loin, et par petit groupe. Le plus vite sera le mieux.

Michael frappa nerveusement dans une porte. Il passa ensuite ses mains sur son visage. Max se rapprocha de lui et mit sa main sur son épaule.

-Je sais que tu avais enfin trouvé un équilibre et…

-Tu as raison. Il faut partir. Tant que Liz ne sera pas guérie, nous ne pourrons pas combattre. Si on reste, on est mort.

-Ça se passe trop vite, protesta Isabel.

Kyle la prit dans ses bras. Que pouvaient-ils bien faire d'autre ? Attendre de se faire tuer ? Max exposa son idée. Ils partiraient, séparés en trois groupes, le matin même en direction de trois villes les plus éloignées possible les unes des autres. Chaque extra-terrestre prendrait avec lui des humains, pour éviter un drame si jamais… Non, Max se refusait à penser que son plan pourrait mal tourner. Il prendrait Liz en charge. Il s'occuperait d'elle et chaque jour essaierait de la guérir, de lui rendre son état normal. Il la fallait.

-J'ai des amis à Boston qui pourraient nous aider, proposa Jesse. Je pourrais même travailler là-bas. Il me propose un poste depuis un certain temps…

Il lança un regard en biais à Alex.

-Que je n'ai jamais accepté. Ce serait une source de revenu.

-C'est parfait. Isabel, tu iras avec Jesse à Boston.

Elle sourit ironiquement en hochant la tête.

-Max, je peux te parler un instant.

Sans que Max ne put répondre quoique ce soit, il fut entraîné à part par Isabel. Ils disparurent au coin d'un couloir. Il résonna alors dans toute la maison un « JAMAIS » des plus agressif. Max revint la tête basse vers ses amis.

-Elle ne veut pas partir avec Jesse ? demanda Michael.

-Elle va réfléchir, sourit son frère.

Isabel attrapa violemment le bras de Max et la plaqua contre le mur. Max connaissait cette détermination dans le regard de sa sœur. Quoiqu'il dise, elle n'avait pas l'intention de se plier à ses volontés.

-C'est tout réfléchit ! Tu ne vas quand même pas me faire ça ?

-C'est la seule solution. Michael, toi et moi, nous devrons nous charger d'humains.

-Pourquoi je ne peux pas aller avec Kyle ? Ou Maria ? ou… Alex ?

Elle ajouta une légère grimace. Depuis l'annonce de son homosexualité, Isabel ne pouvait s'empêcher de le voir différemment. Elle était comme Max et Michael. Elle concevait l'idée d'une relation entre un homme et un autre homme mais y faire face était bien plus difficile.

-Jesse est nouveau parmi nous. Tu es la plus à même de le comprendre.

-Grâce à son coté féminin ?

-Arrête ça ! Nous devons tous faire des sacrifices.

-Bien, se ravisa Isabel. J'irai à Boston avec Jesse.

Elle savait que vu les évènements actuels, pérorer ne servait à rien. Max sourit. Isabel quant à elle restait sceptique. Cette idée n'avait rien de réjouissant. Il annonça aux autres, la nouvelle. Isabel et Jesse échangèrent un regard gêné. Alex semblait trouver la situation plutôt cocasse. Ils retournèrent ensuite auprès de Liz. Elle était toujours allongée sur le lit. Lorsqu'ils entrèrent tous, elle se redressa. Max espéra un instant que par miracle, elle soit redevenue elle-même. Espoir vain au vu du balancement psychotique de sa petite amie.

-Je prendrai soin d'elle, dit Max. Michael tu iras avec les trois autres.

-Non, fit Liz en se remettant à se débattre. Je n'irai pas !

Michael vint la rassurer et sans mouvements brusques ni réactions, Liz le serra dans ses bras. Un éclair de tristesse passa dans les yeux de Max. Qu'avait Michael qu'il n'avait pas. Il secoua la tête. Il ne devait pas prendre la réaction de Liz trop à cœur. Elle n'était pas dans son état normal. Cette confiance en Michael n'était qu'une conséquence de son état.

-Moi, veux y aller avec Mickey ! se plaignit Liz.

-Max, murmura Michael en fixant son ami.

-Je ne pars pas sans elle !

-Max, l'arrêta Isabel. Nous devons tous faire des sacrifices.

Elle posa sa main sur l'épaule de son frère comme pour le rassurer. Max était triste. Il regarda son meilleur ami. Il ne pouvait pas les laisser partir ensemble. Ce n'était pas qu'il ne faisait pas confiance à Michael. Il s'occuperait de Liz ; mais lui ne supportait pas la simple pensée de se retrouver loin d'elle. Il baissa la tête.

-Je prendrai soin d'elle, Maxwell. Je te le promets.

-Où irez vous ?

-J'ai toujours rêvé de voir le Golden Gate alors… San Francisco.

Max acquiesça sans ajouter un mot de plus. Il prit une grande inspiration. Liz, soudain toute joyeuse, chantonnait « Je vais voir le Golden Gate avec Mickey, youppie » à tue-tête. Le cœur de Max se serra. Il tenta de reprendre sa contenance.

-Tu partiras seul avec elle. Tu ne peux pas prendre la responsabilité de quelqu'un d'autre en plus.

À ces mots, le cœur de Maria se brisa. Comme s'il l'avait senti, Michael s'approcha d'elle et la serra tout contre lui, lui murmurant quelque parole réconfortante à l'oreille. Maria le serra contre elle. Liz pencha la tête sur le côté, comme jalouse qu'on s'approche de son Mickey.

-Alex, Maria et Kyle, vous partirez avec moi, continua Max.

-Pourquoi Kyle ne peut-il pas venir avec moi, protesta Isabel.

Max se tourna vers Jesse comme pour lui demander son avis. Et comme il s'en était douté, Jesse hocha négativement la tête.

-Les gens pour qui je vais probablement travailler, financeront sans doute notre appartement, expliqua-t-il. Je ne serai plus crédible si quelqu'un d'autre vient avec nous.

Il lança un regard triste à son petit ami qui d'un regard lui fit comprendre qu'il se rendait bien compte que la situation l'exigeait. Isabel versa une larme au creux des bras de son petit ami. Tout ce qu'il se passait était tellement injuste.

-Liz et Michael n'auront aucune source de revenu, enchaîna Max. Si Michael doit prendre soin de Liz, il n'aura pas le luxe de se dégoter un petit boulot. Il faudra que nous tous nous nous chargions de leur en procurer. Dès que nous arrivons sur place, il nous faudra trouver un job.

-Où irons nous ? demanda Alex.

-À Chicago. J'ai des proches là-bas.

-Et pour nos parents ? questionna Maria. Et pour l'école ? Nous ne pouvons pas partir comme ça.

-Valenti couvrira nos traces…

Ils échangèrent tous des regards inquiets. Est-ce que ça fonctionnerait vraiment tout ça ? Kyle angoissait à l'idée que ce soit son père qui doive une fois de plus se charger de leur trouver des excuses. À ce rythme là, il ne resterait pas shérif bien longtemps. Il évacua cette pensée le plus vite possible. Ce n'était vraiment pas le moment.

-Rentrez chez vous, dit Max. Prenez quelques affaires, peut-être un peu d'argent, histoire de… survivre. Il en faut plus pour Michael et Liz. Faites ce que vous pouvez. Nous aviserons dans une heure. On se retrouve dans le désert… Cette fois, on va partir.

Ils se séparèrent tous. Max et Isabel passèrent chez eux, sortirent leurs valises de leurs armoires et se mirent à les remplir. Ils prirent le strict minimum. Il ne fallait pas s'encombrer de choses inutiles. Max pouvait sentir le désarroi de sa sœur. Il n'ajouta rien. Il savait que si il se permettait le moindre commentaire, il fournirait à Isabel un prétexte pour ne pas partir. Son esprit vagabonda un moment et l'image de Liz lui apparut. Pour son bien… ils partiraient.

Maria réussit à éviter sa mère. Elle fit sa valise et passa à la banque pour retirer toutes ses économies. 15 000 dollars que sa mère avait mis de coté pendant des années pour lui assurer un avenir. Elle respira profondément. Elle lui en voudrait certainement de son attitude, mais Maria n'avait pas le choix.

-Pardonne moi, maman, murmura-t-elle.

Elle se saisit de l'argent, le mit bien en sécurité dans sa valise et quitta la maison, empruntant au passage la Jetta rouge de sa mère.

-Elle va me tuer…

Elle mit un moment avant de démarrer.

-Pour Liz ! On fait ça pour Liz !

Toujours hésitante, elle démarra. Elle savait où elle devait se rendre pour rejoindre les autres, mais son cœur, lui, mourrait d'envie de rejoindre sa mère, de la prendre dans ses bras, et de s'excuser d'être devenue celle qu'elle était devenue. Elle n'avait pas grand-chose à se reprocher. Tout ce qu'elle avait fait ces derniers temps, c'était pour aider ses amis. Mais sa mère, loin d'être dans la confidence ne pouvait pas comprendre.

Alex avait juste pris le nécessaire de toilette et quelques vêtements ainsi qu'un peu d'argent. Ayant croiser son père dans le hall d'entrée, il lui avait confié vouloir renouer les liens avec l'armée. Excuse qui lui était venu tout naturellement. Mr Whitman d'abord suspicieux, avait fini par se laisser séduire par l'idée de voir son jeune fils suivre ses pas et l'avait même encouragé et félicité sans lui poser plus de questions.

Une heure plus tard, ils étaient tous dans le désert…

-Tout le monde est là ? demanda Max en sortant de sa jeep. Bien, Maria, Kyle et Alex, avec moi. Nous prenons la jeep. Maria, Michael et Liz emprunteront ta voiture.

-Ma mère va me tuer, murmura-t-elle.

-Isabel, Jesse…

-J'ai ma voiture répondit celui-ci.

Il eut un silence presque émouvant. C'était l'heure des au revoir. Personne ne voulait penser qu'il s'agissait peut-être d'adieux. Pourtant, cela faisait partie des possibilités. Même le « on se reverra » de Michael sonnait faux.

-Bien. Je crois que c'est l'heure d'y aller.

Max s'approcha de Michael. Il lui tendit un sac. Il l'ouvrit et y trouva deux des quatre pierres. Il esquissa un fin sourire. Max avait pensé à tout.

-Pour vous protéger au cas où... J'en ai une et Isabel possède la dernière.

-Je veillerai sur elle comme sur la prunelle de mes yeux. Je ne laisserai rien ni personne lui faire du mal.

-Merci.

Max prit Michael dans ses bras. C'était la première fois qu'ils se laissaient tout deux aller à tant d'émotion.

-Nous y voilà, soupira Isabel en plaçant ses bras autour du cou de Kyle.

-Chut, ne dis rien. On se voit bientôt ma puce, lui sourit-il. Et puis, on s'appellera.

-Bien sûr !

Il déposa un tendre baiser sur ses lèvres, puis la prit dans ses bras. Michael agrippa la valise qu'il avait préparée pour Liz ainsi que la sienne et les mit dans le coffre.

-Michael, l'appela Max. On a réuni une somme d'argent conséquente pour que vous puissiez vivre convenablement quelques temps… Occupe toi bien d'elle.

Maria regardait son petit ami les yeux tristes. Comment allait-elle faire sans lui ? Il fit quelques pas dans sa direction et lui tendit, les mains. Elle tendit les siennes dans le plus grand silence. Elle avait tout de suite compris où il voulait en venir. Dès qu'ils furent entrés en contact, la connexion se fit. Maria eu alors des flashs, des visions, tout comme Liz et Max lorsqu'ils s'étaient embrassés les premières fois. Michael lui envoya des images des moments les plus importants de sa vie. Et elle en faisait à chaque fois partie. Elle se vit avec Michael chez elle, devant un film d'horreur, puis sur le quai de la gare juste avant qu'elle ne parte pour New York. Elle vit également leur premier baiser.

-Je t'aime, murmura-t-il.

Maria fondit en larmes. Elle se jeta dans ses bras, son coeur tambourinant contre sa poitrine. Elle ne voulait plus le lâcher. Elle ne voulait plus qu'il s'en aille.

-Ne pars pas, je t'en prie, supplia-t-elle. Pas sans moi. J'ai besoin de toi. Je t'en prie reste avec moi. Ne pars pas.

-Il le faut…

Et l'on vit perler sur la joue de Michael, une larme des plus douloureuse.

Liz n'avait pas bougé depuis leur arrivée. Elle était restée assise sur un rocher à proximité. Elle avait tout de la petite sage qui pour rien au monde ne désobéirait à un ordre. Elle souriait naïvement. Max s'agenouilla devant elle.

-Liz, murmura-t-il.

Elle tourna la tête vers lui.

-Je le couperai en deux et je le mettrai au pieu avec moi !

Son regard s'absenta ensuite. Max, le cœur lourd se releva et se retourna. Mais une faible voix semblant revenir de loin le rattrapa.

-Max…

Il fixa Liz qui pour quelques brefs instants semblait avoir retrouvé sa logique légendaire. Max lui déposa un baiser sur le front sans qu'elle ne se débatte. Il espérait au fond de lui qu'elle lui demande soudain ce qu'il s'était passé, qu'elle lui sourie comme elle le faisait autrefois ; mais son regard s'absenta à nouveau.

-Tu vas tant me manquer, lui susurra-t-il à l'oreille. Je t'aime. Ne l'oublie jamais. Je t'aime…

Il se redressa et fit un pas en arrière.

-Moi aussi, sourit-elle.

Max sourit et se sentit soulagé dans un sens. Quelque chose en elle était encore intact : son amour pour lui. Il s'approcha d'elle pour la prendre dans ses bras, mais Liz ajouta d'un ton plus violent :

-Moi aussi, je te fracasserai la tête sale rat !

Michael s'interposa entre Max et Liz. Il se saisit de la jeune fille, la prit dans ses bras et la coucha sur la banquette arrière de la vieille voiture rouge de Maria. Elle s'endormit sur le champ. Michael la contempla un moment.

-Je crois qu'il faudrait y al… commença Isabel.

Elle vit alors Alex et Jesse s'embrasser. Alors qu'elle s'apprêtait à grimacer comme son à habitude, elle fut alors frappée par la beauté de leur geste. Ce fut comme une révélation pour elle. Qu'Alex soit homosexuel ne l'empêchait pas d'être quelqu'un de très bien. Ils étaient amis et c'était ce qui importait le plus. Elle sourit en elle-même. Lui aussi avait le droit de connaître le bonheur, peu importe la personne qu'il avait choisie. Et puis, à présent qu'elle avait dépassé ses appréhension, rester avec Jess lui paraîtrait sans doute moins étrange.

-Dernière consigne, annonça Max. Aucun d'entre nous ne doit utiliser ses pouvoirs, jamais, sous peine de nous faire repérer. Compris ?

Tous les extra-terrestres acquiescèrent et les humains se portèrent garants pour eux. Michael eut une légère anxiété concernant Liz, mais il se ravisa. Dans l'état dans lequel elle était, elle n'aurait certainement pas le loisir de faire usage de ses pouvoirs.

-N'utilisez votre portable que pour recevoir les appels. Évitez de les donner. Téléphoner de préférence de cabine téléphonique. Chaque groupe possède un budget, ne le gaspillez pas. Nous sommes en fuite, pas en vacances.

Il se plaça face à tous les autres. Pour la première fois de toute sa vie, il se sentait comme le chef. Il n'aimait pas nécessairement la position, il appréciait sa capacité à faire des choix. Il espérait pour ses amis qu'ils étaient bons.

-Cette fois je crois que c'est l'heure. Ne faites pas ces têtes d'enterrement.

Maria pleurait dans les bras d'Alex. Elle ne pouvait pas s'arrêter. Isabel sanglotait dan les bras de Kyle. Michael était adossé à la voiture et regardait Liz dormir.

-Nous nous reverrons bientôt, essaya de sourire Max. Dès que Liz sera guérie, nous rentrerons à Roswell, et nous nous battrons.

Malgré ça, dans chaque esprit, flottait l'idée que sa guérison pourrait prendre des mois voire des années… Des phares les aveuglèrent soudain. Les trois aliens dans un réflexe levèrent la main. Une ombre sortit de la voiture.

-Attendez. Ne me flashez pas… ou peu importe ce que vous faites ! Ce n'est que moi.

-Papa, s'étonna Kyle. Je t'avais dit de ne pas venir.

-Je devais te dire au revoir. Et te donner ça aussi.

Il lui tendit une enveloppe. Kyle avait pressenti la réaction de son père. C'était principalement pour cette raison, qu'il lui avait demandé de ne pas venir.

-Il y a toutes mes économies, dit-il. Il fallait bien qu'elles servent un jour.

-Papa, je…

-Prends-les… Tu en auras besoin. Je veux vous aider du mieux que je peux.

-Merci papa.

Kyle se jeta dans les bras de son père. Aucun d'eux n'était du genre à verser une larme, mais malgré, l'envie était bien présente.

-Je règlerai tout avec vos parents, lança Valenti aux autres. Ne vous inquiétez pas. Faites attention à vous et revenez vivant.

Jim Valenti sourit à son fils.

-Je t'aime fiston.

-Je t'aime aussi papa.

Kyle grimpa à l'avant de la jeep. Maria pleurait toujours à l'arrière dans les bras de son meilleur ami. Max démarra le moteur et la voiture partit, suivit de Michael et Liz ainsi que Jesse et Isabel. Le shérif les regarda s'éloigner. Trois véhicules dans la même direction soudain se séparent en trois voies différentes…

« Joyeuse St Valentin… » Pensa Max.

Trois voitures roulent vers trois villes. Trois voitures quittent Roswell Nouveau Mexique… Huit amis se séparent…

14 février 2000. Rien ne sera plus comme avant…

Que va-t-il leur arriver maintenant qu'ils sont tous séparés ?

La suite dans « les jours sombres, partie 1 »

Commentaire, avis ou peu importe (toujours appréciés…)

Merci toujours à Cyrielle Marlet communément appelée « co-productrice » !