Coucou!!
Même si j'ai des tendances sadiques, je me suis dit qu'il valait mieux ne pas faire durer le suspence trop longtemps. Ce ne serait pas trop gentil. N'empêche je me suis bien marré quand j'ai vu que le chapitre précédent était celui pour lequel j'avais reçu le plus de reviews (si on met de côté L'Eden de Snape) !!
En tout cas, j'espère que ce chapitre vous plaira et je vous souhaite une bonne lecture!!
Chapitre 14 : Le bûcher du serpent
Soudain les vitres du bureau explosèrent…
La puissance de l'explosion projeta Snape contre le mur opposé. Le choc le sonna. Trois hommes masqués passèrent par les fenêtres du bureau qui se trouvait au rez de chaussée. Ils brandirent leur baguette en direction de leur ennemi qui gisait à terre.
- Bonsoir Snape ! dit un de ces hommes. On est venu vous rendre une petite visite de courtoisie… à toi et à ton esclave…
Le bruit de l'explosion réveilla Hermione en sursaut.
Elle se demanda un instant si Snape venait de faire exploser quelque chose dans son laboratoire mais des éclats de voix au rez de chaussée écartèrent aussitôt cette idée. Elle sortit rapidement de son lit, retira sa chemise de nuit, enfila sa robe en vitesse mais au moment de sortir dans le couloir, elle se ravisa. Elle courut dans la salle de bain et versa la moitié de l'antidote du Sleeping Beauty dans quatre flacons volés qu'elle mit dans ses poches.
On ne sait jamais, pensa t'elle en soupirant.
Au moment où elle sortait de la salle de bain, Karmelis entra brusquement dans sa chambre. Elles se retrouvèrent nez à nez et Hermione put lire de la panique sur les traits ridés de l'elfe.
- Miss, le manoir est attaqué !
- Par qui ?
- Je ne sais pas, je n'ai qu'entendu leur voix!
Hermione soupira profondément en se massant les tempes. Elles ne pouvaient pas s'enfuir sans Snape. Mais elles ne pouvaient pas aller l'aider non plus. Karmelis avait peut être des pouvoirs mais elle, elle était privée de baguette. Elles n'avaient aucune chance contre plusieurs hommes armés.
- Karmelis, écoutez moi! A nous deux, nous ne pourrons pas aider le maître. Vous pouvez transplaner à l'intérieur même de la zone anti-transplanage grâce à votre nature d'elfe. Vous allez avertir quelqu'un que le manoir est attaqué! N'importe qui du moment qu'ils viennent nous aider! Moi je vais rester ici et vous attendre. Ramenez le plus de renfort possible!
- Mais Miss...
- Ne discutez pas et allez y Karmelis! Dépêchez vous!
L'elfe obéit, comprenant que deux vies étaient entre ses mains, et claqua des doigts pour transplaner.
Hermione se mit à faire les cents pas tout en se rongeant les ongles, en attendant l'arrivée des renforts…
Snape passa une main sur l'arrière de sa tête. Un peu de liquide lui coula sur les doigts. Du sang. Son sang. Il essaya de remettre ses idées en place tandis que ses attaquants le menaçaient de leur baguettes.
En leur jetant un regard, il put constater que ce n'était pas des mangemorts. Ils ne portaient pas de masque mais leur visage étaient tout de même cachés par de grands capuchons aussi noirs que les amples capes qu'ils portaient. La seule chose qui donnait un signe de leur identité était la broche en forme de plume de Phénix qu'ils avaient d'accrochée sur leur vêtements. Snape ferma les yeux un bref instant. Il allait certainement mourir mais il était soulagé que ces hommes ne soient pas des mangemorts. Au moins ils ne feraient pas de mal à Hermione, bien au contraire.
- Alors, ça fait quoi d'être sur le point de mourir sale traître ? demanda un autre homme dont la main tremblait nerveusement, non pas de peur mais de colère.
Snape ne répondit pas. Il glissa subtilement la main dans sa manche, à la recherche de sa baguette qu'il rangeait toujours à cet endroit.
- Je t'ai posé une question, cafard !
- Malcolm, gronda le premier homme. On n'a pas le temps pour tes préludes inutiles !
Cela y était ! Il avait la main dessus.
Il souffla discrètement et se concentra.
- Snape, dis nous où se trouve Hermione Granger ! ordonna l'homme qui semblait être le chef ou du moins le plus raisonnable.
Mais à nouveau, il ne répondit pas. A la place il leur lança un Expelliarmus informulé tellement puissant qu'il les envoya tous les trois rencontrer le mur de derrière.
En s'appuyant sur ses bras, Snape parvint à se remettre debout d'une façon fort peu élégante. Puis il monta les escaliers le plus rapidement possible tout en se tenant à la rampe. Le choc de l'explosion et le sortilège qu'il avait lancé l'avait considérablement affaibli.
- Bon sang ! Mais qu'est ce qu'elle fabrique ! grogna Hermione qui était à deux doigts de mettre sa sécurité au placard pour se précipiter au secours de Snape.
Puis, elle entendit avec horreur quelqu'un monter les escaliers.
Oh mon Dieu ! pensa t'elle.
Il était hors de question qu'elle laisse un mangemort la violer sous prétexte qu'elle n'avait pas de baguette !
Oui mais si c'est un membre de l'Ordre du Phénix ?
Les bruits de pas se rapprochèrent de la porte, ce qui stoppa les hésitations d'Hermione qui saisit sa chaise par les pieds et se colla contre la porte, dos au mur.
Lorque la porte s'ouvrit à la volée, elle prit de l'élan et donna un grand coup de chaise dans le ventre de l'intrus. Celui-ci tomba à la renverse à cause du choc et Hermione ré-empoigna son arme, prête à frapper à nouveau. Mais elle resta bouche bée lorsqu'elle reconnut sa victime.
Les joues rouges de honte, elle balança la chaise par terre et tendit sa main à Snape pour l'aider à se relever.
- Espèce de tarée, grogna t'il en se tenant le ventre après s'être remis debout.
Hermione ouvrit la bouche pour répliquer mais s'arrêta lorsqu'elle entendit des éclats de voix dans l'escalier. Snape et elle échangèrent un regard effrayé avant de se précipiter dans la chambre de l'esclave. Ils refermèrent doucement la porte surlaquelle Snape posa des protections.
Ils s'éloignèrent de la porte mais ne la quittèrent pas du regard tout en tendant l'oreille pour entendre les propos des trois hommes.
- Où est Karmelis ? demanda Snape, la baguette toujours tendue vers l'entrée.
- Je l'ai envoyée chercher du secours.
Snape hocha la tête en signe de satisfaction face à l'initiative d'Hermione.
- Qu'est ce qu'il se passe ? questionna t'elle en tremblant.
- Trois membres de l'Ordre du Phénix sont venus vous chercher. Vous ne craignez rien, ne vous inquiétez pas. Ils ne vous feront pas de mal.
Puis il soupira avant de la regarder droit dans les yeux.
- D'ailleurs, vous feriez mieux d'aller les rejoindre. Vous n'êtes pas en sécurité avec moi.
- Je refuse de vous abandonner. Surtout que vous êtes blessé. répliqua Hermione d'un ton catégorique.
- Miss Granger… persista Snape
- J'ai dit non!
- Hermione…
Celle-ci eut un sursaut de surprise mais elle fronça les sourcils dès qu'elle comprit pourquoi il l'avait appelée par son prénom.
- Petit manipulateur ! gronda t'elle. Ce n'est pas parce que vous m'appelez par mon prénom que je vais céder!
- Au moins, j'aurais essayé, soupira t'il
Dans le couloir, on pouvait entendre les portes qui claquaient contre les murs et les hommes qui les recherchaient activement.
- J'espère que les renforts vont arriver à temps, murmura Hermione
- Moi aussi.
- Vous pourriez nous lancer un sort d'invisibilité, proposa la jeune femme.
- Ils ne sont pas idiots. Ils doivent lancer des sorts de détection de présence humaine dans chaque pièce qu'ils fouillent. Même sous un sort, ils nous trouverons. De plus je n'ai pas la force physique pour lancer un autre sort de cette puissance. Le mieux que l'on puisse…
Mais il fut interrompu par un coup sur la porte.
- Hey les gars ! beugla un homme dans le couloir. Je les ai trouvés !
Le cœur d'Hermione s'arrêta. La porte se mettait à vibrer dangereusement sous les sorts que lui lançaient les attaquants.
Dans un élan irréfléchi, elle attrapa Snape par la nuque et écrasa ses lèvres sur les siennes. Puis elle prit un peu de recul, et murmura à un homme complètement déboussolé par son geste :
- Je… je vous…
Mais le reste de ses paroles se perdirent dans une puissante explosion… la porte avait cedé…
Les trois hommes lancèrent chacun un sortilège de desarmement en leur direction, ce qui eut pour effet de les projeter sur le lit. La baguette de Snape vola dans les mains d'un des hommes qui ricana.
- Bon assez joué ! lui lança t'il.
Puis ils abaissèrent leur capuchons et Hermione eut un frisson d'horreur en voyant leur visage… De tous, c'étaient eux que le Conseil avaient envoyés…
- Salut Hermione, lui dit l'un d'eux avec un sourire narquois. Je suppose que tu aurais préféré voir Charlie…
La jeune femme mit sa main devant sa bouche pour retenir ses sanglots. C'était un cauchemar ! Elle ne pouvait pas le croire !
Snape sentait la tension qui s'échappait du corps de son esclave et il sut de ce fait qu'il était fourré dans un un sale pétrin.
- Puis je savoir qui vous êtes ? demanda t'il aux trois hommes
Hermione poussa un gémissement désespéré en s'emparant compulsivement de sa main.
- Ne les provoquez pas ! souffla t'elle, les larmes aux yeux.
- Ecoutes donc ce qu'elle te dit, cafard ! gronda le plus nerveux.
- En effet, renchérit celui qui émanait une autorité naturelle, tu as tout intérêt à ne pas nous chercher. Néanmoins, il est vrai qu'il est très malpoli de ne pas se présenter. Je me prénomme Ross et voici Malcolm et Simon. Tu m'excuseras de ne pas te donner nos noms de famille.
- Que me voulez vous ? demanda Snape.
- Hermione bien entendu, répondit Ross, le plus tempéré des trois. D'ailleurs Simon, vas chercher le contrat magique qui les lie. J'imagine qu'il a dû le ranger dans son bureau.
- J'y vais.
L'homme le plus petit et le plus jeune sortit de la chambre et on entendit ses pas s'éloigner puis descendre les escaliers.
- Ne le tuez pas, murmura Hermione après un long moment de silence.
- Humphf… t'as encore pactisé avec un ennemi ! reprocha Malcolm, en faisant une grimace de dégoût.
- Moi au moins je ne prends pas mon pied en les violant, en les torturant et en les tuant !
- La ferme salope ! beugla l'homme, les traits déformés par la rage.
- Du calme ! Du calme ! lança Ross en posant sa main sur l'épaule de son comparse tandis que Snape s'était relevé brusquement en entendant les insultes de son ennemi à l'encontre d'Hermione.
La jeune femme tremblait non plus de peur mais de colère. Ces deux hommes étaient ceux qui étaient le plus en faveur de l'utilisation de la violence contre les mangemorts. Ross était un homme d'une quarantaine d'années dont la femme et les deux petites filles, de trois et cinq ans, avaient été torturées et tuées par les mangemorts. Il n'avait jamais réussi à faire son deuil et son chagrin s'était mû en une colère inqualifiable. Son unique dessein était desormais de tuer Voldemort et ses mangemorts et de venger ainsi sa femme et ses filles. Quant à Malcolm, c'était un né moldu sanguinaire. Hermione était persuadée que s'il n'était pas né dans une famille moldue, il serait devenu un mangemort à cause de ses pulsions meurtrières et de son goût pour la violence. Ces deux hommes étaient féroces et sans pitié. D'ailleurs Malcolm était un de ceux qui avaient violé, battu puis tué Pansy Parkinson. Cet homme donnait la nausée à Hermione. Elle ne le supportait tout simplement pas.
- Au lieu de passer ta colère sur une de nos alliées, profite donc d'avoir un mangemort sous la main pour te soulager, conseilla aimablement Ross à son ami tout en lui tapotant l'épaule.
- Ouais t'as raison, répondit Malcolm en posant un regard noir sur Snape.
- Non ! cria Hermione en se mettant en travers de son chemin.
- Miss Granger, je vous en prie, murmura Snape derrière elle en la poussant sur le côté.
- Hors de question que je vous laisse faire ! protesta la jeune femme en se replaçant entre Malcolm et Snape.
Mais elle fut vite éjectée puisque l'un comme l'autre ne voulait pas d'elle entre eux. Malcolm parce qu'il voulait tabasser son ennemi et Snape pour qu'elle ne se prenne pas de coups.
Puis, alors qu'elle allait à nouveau s'interposer, quelqu'un l'attrapa par la taille et son dos se retrouva contre un torse.
- Je suis sincèrement ravi de te revoir saine et sauve, murmura Ross dans ses cheveux. Charlie voulait venir mais le Conseil a refusé parce qu'il était impliqué personnellement dans cette mission.
- Lâches moi ! grogna Hermione en lui donnant un coup de coude.
- Cela fait longtemps qu'on n'a pas eut l'occasion de discuter toi et moi, continua Ross indifférent au coup qu'elle lui avait porté.
- Et cela ne m'a pas manqué ! répliqua t'elle en se tortillant.
- La chose qui m'a le plus plu pendant ton absence c'est le fait que personne ne s'opposait à mes propositions devant le Conseil. Mais cela rendait les choses beaucoup moins amusantes de ne plus te voir t'enflammer pour des causes perdues d'avance.
Hermione allait lui balancer une insulte à la figure lorsque Malcolm décocha un crochet du droit à Snape. Puis il profita que son adversaire soit à terre pour lui lancer un Doloris.
- Arrêtes cela tout de suite ! ordonna Hermione
- Vas te faire ! répliqua Malcolm en intensifiant son sortilège.
Snape se tortillait, se cambrait mais ne laissait aucun son sortir de sa bouche. Hors de question de faire ce plaisir à ce barbare !
- Coriace la vermine ! grogna son tortionnaire en stoppant le sort.
Puis il ne laissa pas le temps à sa victime de se remettre du sort en lui donnant un coup de pied dans le nez.
Snape poussa un gémissement en sentant son nez craquer puis saigner abondamment. Il le pinça pour arrêter le flot sanguin qui se déversait sur sa robe et sur le parquet. Puis Malcolm lui assena un deuxième coup dans le ventre.
- Bon sang mais arrêtes ! Arrêtes ! hurla Hermione en essayant de repousser les bras de Ross qui l'encerclait.
Mais seul un ricanement répondit à ses suppliques. Malcolm repointa sa baguette sur Snape et formula plusieurs sorts de lacération sous les hurlements d'Hermione et les gémissements de douleur de sa victime.
La petite séance de torture prit fin lorsque Simon débarqua, brandissant fièrement un parchemin.
- Je l'ai trouvé !
- Parfait, répondit Ross. Maintenant il suffit que Snape la délivre et qu'ils apposent un peu de leur sang sur le contrat.
Ross s'approcha du maître de potions qui s'était évanoui sous la douleur.
- Putain t'es con ! lança t'il à Malcolm. On fait comment maintenant ?
- Suffit de le réveiller abruti ! répliqua son comparse en giflant Snape violemment.
Une claque ne suffisant pas, il lui en colla une deuxième. Là, le mangemort entreouvrit faiblement un oeil.
- Annule le contrat, ordonna Ross tandis que Simon lui mettait le parchemin sous les yeux.
- Allez au diable ! grogna le blessé.
- Pas avant toi, meurtrier ! beugla Malcolm
- Annule le contrat ou on te tue. Ta mort la délivrera de son état d'esclave.
Snape parvint à lever une main qu'il posa sur le parchemin puis il déclama dans un murmure :
- Moi Severus Aurelius Snape, j'annule ce contrat et je libère mon esclave Hermione Jane Granger.
- Bah tu vois quand tu veux ! grogna Malcolm en passant son doigt sur une des plaies de Snape puis il posa son doigt maintenant ensanglanté sur le contrat.
- A ton tour ma mignonne, dit il en s'approchant d'Hermione.
Simon pointa sa baguette sur la brosse à cheveux d'Hermione qui traînait sur son bureau et la métamorphosa en aiguille qu'il donna à Malcolm. Celui-ci attrapa la main de la jeune femme et lui piqua le pouce qu'il appuya ensuite sur le contrat.
Le parchemin devint soudain incandescent et Simon fut obligé de le lâcher. Tous regardèrent le contrat prendre feu, s'auto-consumer puis devenir un simple tas de cendre.
Hermione Granger n'était plus l'esclave de Severus Snape.
- Bon c'est bien beau tout ça mais faudrait peut être décamper ! Qu'est ce que t'en dis Ross ?
- Oui, il est grand temps de dire aurevoir à notre ami. Malcolm, attaches le ! Il est rusé, il pourrais trouver un moyen de s'enfuir. Simon, montes au dernier étage et mets y le feu. Malcolm viendra te rejoindre pour continuer la tâche aux étages inférieurs.
- Et toi, tu fais quoi ? demanda Malcolm
- Nous, nous allons contempler le spectacle de dehors.
- Attendez, intervint Hermione, vous n'allez pas le laisser là pendant que le manoir prend feu tout de même !
- T'as tout compris ma jolie !
- Non mais vous êtes complètement dingues ! Lâchez moi ! Je suis sûre que le Conseil ne serait pas d'accord !
- En réalité, il a donné son aval. Nous avons déjà un espion infiltré dans les rangs mangemorts alors Snape ne nous serait d'aucune utilité !
- Non ! Vous ne pouvez pas faire cela !
- Oh si !
Puis, sous les cris d'Hermione, Ross entraîna la jeune femme hors de la pièce. Mais elle se débattait et parvint même à échapper à ses bras. Elle courut jusqu'à Snape, poussa Malcolm qui le ligotait et emprisonna l'homme qu'elle aimait dans ses bras.
Les sanglots remontèrent dans sa gorge et bientôt ses joues furent recouvertes de ses larmes.
- Bon cela commence à bien faire ! rugit Ross qui l'attrapa par les cheveux.
- Lâches moi ! hurla Hermione en serrant Snape plus fort contre elle.
- Hermione, murmura une voix faible.
La jeune femme baissa les yeux et croisa le regard du mangemort qui la regardait tendrement.
- Vas t'en Hermione, chuchota t'il
Mais elle n'eut pas le temps de répondre car deux bras venaient de l'attraper par la taille pour la soulever. Puis elle fut balancée sur l'épaule de Ross comme un vulgaire sac à patates.
- Non ! Non ! Severus! SEVERUS! hurla Hermione tandis qu'il la portait hors de la chambre.
Déjà de la fumée s'échappait des étages supérieurs. La jeune femme donna de grands coups de poing dans le dos de Ross mais rien n'y fit. Il continua d'avancer puis descendit les escaliers.
- Non ! Lâches moi ! LACHES MOI J'AI DIT ! CRETIN !
Mais il ne la reposa pas et sortit du manoir puis il se posta devant la bâtisse.
Bientôt ils furent rejoints par Simon et Malcolm qui arrivèrent en courant.
- On y va ?
- Non, pas encore, répondit Ross. Je suis sûr qu'Hermione a très envie d'assister au spectacle.
Là, enfin, il la posa à terre mais il l'emprisonna aussitôt de ses bras pour qu'elle ne s'échappe pas.
Elle eut un sursaut d'horreur en voyant le tableau funèbre qui se présentait à ses yeux. Le toit était en feu, ainsi que les derniers étages. Tout partait en fumée... la salle d'armes où ils s'étaient battu... la salle de musique où il lui avait donné des frissons en jouant du piano... la bibliothèque où ils avaient failli s'embrasser... la salle à manger où il l'avait prise dans ses bras... Hermione poussa un hurlement de douleur lorsqu'enfin les flammes dévorèrent le premier étage où se trouvait Snape.
Malcolm, lui, se mit à ricaner devant ce spectacle.
- Vous avez déjà manger du Snape grillé ? plaisanta t'il
Des éclats de rires lui répondirent ainsi qu'un soupir indigné d'Hermione qui aurait adoré lui faire avaler sa langue. Puis le silence reprit sa place tandis qu'ils contemplaient le bûcher de Severus Snape, le mangemort, l'espion, le meurtier de Dumbledore, le traître…
La seule ombre au spectacle était les sanglots d'Hermione qui n'hurlait plus mais qui murmurait entre deux larmes le nom de celui qu'elle avait appris à connaître et à aimer et qui sous ses yeux, brûlait dans sa propre maison…
Elle espéra jusqu'à la fin que Karmelis arriverait avec des renforts pour sauver Snape. Mais personne ne vint…
Enfin, à l'aube, lorsque le manoir ne fut plus que des poutres calcinées et des cendres, les spectateurs partirent et transplanèrent trainant derrière eux une femme qui n'était plus que l'ombre d'elle-même…
