Merry Christmas to you all !!!
Avec deux petits jours d'avance, certes, mais bon…
Alors oui, la neige et ses tracas (routes enneigées si ce n'est pas verglacées) ont accaparés mon temps donc je suis désolée de ce retard… avec les fêtes je risque d'en avoir encore un peu… mais ne soyez pas si pressés, il ne reste plus beaucoup de chapitres !!
Encore un grand merci pour tous vos supers commentaires (ça fait plaisir de traduire une fic qui est aussi appréciée !) et à très bientôt !!
Chapitre 14 : Prénoms signés.
J'attendais avec impatience que Charlie et Edward aient fini d'échanger les plaisanteries usuelles. Je n'essayai même pas de suivre, décidant plutôt de m'asseoir et d'attendre. Rapidement Edward vint s'installer en face de moi, plaçant une flopée de livres gros et intimidant sur la table.
Je réalisai que j'étais encore plus impatiente que d'habitude : c'est qu'Edward avait promis de m'enseigner ce qu'étaient les prénoms signés pour cette leçon. Il me tardait de savoir comment il m'appelait.
Nous commençâmes la leçon par la révision de l'alphabet, bien qu'il savait déjà que j'étais au point sur ce sujet. Charlie nous observait pendant que nous le parcourions avant de nous quitter pour aller s'affaler devant la télévision. Je souris : enfin un peu d'intimité !
On va voir les prénoms signés maintenant ? signai-je, incapable de cacher l'expression d'excitation et d'impatience sur mon visage.
Il rit et répondit : Bien sûr, à moins que tu n'en aie pas envie…
Je grimaçai et lui tirai la langue, comprenant qu'il me taquinait. J'attends votre enseignement, O grand Maître.
Les prénoms signés sont…, enfin, exactement ça. C'est un signe que tu choisis pour nommer quelque chose, ou même quelqu'un que tu connais. Pour créer un prénom signé, tu commences par la première lettre, puis un signe qui décrit bien la personne, qui lui correspond. Prends Charlie par exemple : tu commences par un C, et puis après tu peux vouloir dire poisson, père, ou n'importe quoi d'autre qui te fait penser à lui.
Je trouvai que signer était bien plus dur que juste épeler avec l'alphabet. Mon épaule blessée n'arrangeait rien, et les mots étaient bien plus durs à mémoriser que les lettres.
Quel est le signe pour poisson ? demandai-je.
Il me le montra, en allant lentement pour que je puisse plus facilement le répéter. J'essayai vainement de l'imiter, ayant à bouger mon épaule pour compléter le signe. En plein milieu, mon épaule se crispa et j'eus un halètement de douleur. Pas assez fort pour alerter Charlie ; avec l'ouïe vampirique d'Edward, cependant, c'était une autre histoire. Il fronça des sourcils.
Après avoir repris un certain calme, je lui signai rapidement : Je vais bien, juste un peu endolorie.
L'expression de son visage anéantit le peu d'espoir que j'avais qu'il laisse tomber. Carlisle t'a demandé d'être une gentille fille et de nous prévenir si ça s'empirait. Bella, réponds-moi honnêtement, est-ce que ton épaule t'est plus douloureuse qu'avant ? demanda-t-il, l'inquiétude devenant l'émotion principale qu'exprimait son beau visage.
Je pris plusieurs profondes inspirations et palpai mon épaule de manière méthodique. Ça n'était pas aussi douloureux que le jour où je m'étais blessée. Si je ne la bougeais pas, il m'arrivait même de ne plus me souvenir qu'elle était douloureuse. Je devais faire attention mais ça n'était pas constamment douloureux.
Edward, je t'assure que je n'ai mal que lorsque j'oublie que mon épaule est blessée et que je fais un faux mouvement. S'il-te-plaît, reprenons la leçon. Ou vas-tu me forcer à essayer de comprendre toute seule ces livres si intimidants ?
Il hésita un moment, puis haussa des épaules, l'air nonchalant, comme pour mettre de côté cette conversation. Malgré cette ruse, je pouvais presque deviner ce qu'il avait encore à l'esprit. Cherchant à retourner à notre cours, je me souvins de quelque chose qui ne cessait de me titiller l'esprit depuis le début de la leçon : Quel est mon prénom signé ? Quel symbole as-tu choisi pour moi ?
Il sourit diaboliquement et secoua la tête. Ça c'est à moi de le savoir et à toi de le découvrir. Assez parlé de moi maintenant, mettons nous à la pratique.
Nous continuâmes ainsi une autre heure où Edward m'aida à décider des prénoms signés pour chacun de mes amis. Je doutais de ne jamais les utiliser en leur présence, vu qu'Angela était la seule à connaître un peu le langage des signes.
J'étouffai un bâillement au milieu du prénom signé d'Angela, mais Edward me perça à jour. J'étais surprise de l'ampleur de ma fatigue. Je m'étais endormie tard chez les Cullens… Peut-être que l'incident de l'autre soir m'avait plus éreintée que ce que je pensais.
Tu as besoin de repos… peut-être qu'il vaut mieux en rester là pour ce soir.
Je constatais avec réticence que la journée se terminait. Demain c'était Lundi, et je n'avais vraiment pas envie de retourner au lycée. Je préfèrerais pas.
Bella, tu es fatiguée, et nous avons école demain.
Je n'ai vraiment pas envie que cette journée se termine. Je ne veux pas avoir à affronter la réalité de demain.
C'était sensé être une blague, une manière légère de le taquiner ou de me plaindre, mais je vis une profonde tristesse lorsque je vis le visage d'Edward. Ses yeux dorés révélèrent soudain leur infinie profondeur, et je me perdis dans leurs abysses.
Ne t'inquiète pas, je reviendrai bientôt. Je ne pense pas que Charlie apprécierait de me voir dans sa cuisine toute la nuit.
J'y réfléchis un moment, en plein débat intérieur, avant de finalement accepter avec réticence. Il partit avec un signe de tête pour Charlie et un tendre regard pour moi, ce qui perturba un instant les battements de mon cœur.
Quand il me quitta, l'euphorie que j'avais ressentie pendant toute l'après-midi en fit de même. Je me rendis compte à quel point j'étais crevée et déprimée. Oui c'est sûr, le langage des signes était intéressant et élégant, mais il ne me permettait, en la présence d'Edward, qu'à me faire oublier le fait que d'être sourde me dévastait. Sentant qu'inquiéter Charlie ne serait pas très sage, je sortis poliment mais promptement de la cuisine.
Je le contrôlais jusqu'à avoir atteint ma chambre. Après avoir fermé la porte et mes yeux une fois entrée, je poussai un soupir tremblant. Les mots de Carlisle ne cessaient de me hanter, me disant sans cesse qu'il fallait surmonter ça, que je devais continuer ma vie. Malheureusement, j'avais énormément de mal à me faire à l'idée d'être défectueuse.
Quand je réussis enfin à envelopper mes émotions dans une sorte de cage imaginaire supposée suffisamment solide pour tenir le reste de la soirée, j'ouvris les yeux et fis quelques pas vers la fenêtre. Je m'assis sur le chambranle de celle-ci et l'ouvris en grand. J'observais la nuit, scrutant la pénombre avec mes sens exacerbés. Je ne pouvais plus décrire la nuit comme noire. Je pouvais distinguer le vert des feuilles et de l'herbe. Les étoiles n'étaient plus si blanches ; elles avaient chacune leur teinte à elles. Je sentis le vent souffler et rabattre l'humidité de l'air sur ma peau, un sentiment rafraîchissant.
Un œil normal aurait manqué la quasi invisible masse indistincte se mouvoir autour de ma maison, puis grimper le mur, pour enfin s'arrêter juste devant moi. Mon expression sombre s'illumina à la vue d'Edward. Je quittai la fenêtre.
« Que fais-tu ici ? » demandai-je.
Il sourit et dit : « Je n'avais pas envie de partir ». Grimpant par la fenêtre, il attrapa ma main et la porta à son visage, inhalant profondément. Ses yeux ne montraient plus aucune trace de l'indécision que j'avais vue quand je l'avais rencontré pour la première fois. Le fait qu'il soit ici semblait lui plaire autant qu'à moi.
Il libéra ma main et plaça les siennes de part et d'autre de mon visage, m'attirant à lui. Instinctivement, j'enroulai mes bras autour de son cou alors qu'il déposa un léger baiser sur mes lèvres. Je me dégageai dans l'espoir de reprendre ma respiration.
Il m'entraîna sur le lit, puis s'installa près de moi après m'avoir bordée. Je m'appuyai sur sa peau froide. J'étais tout simplement heureuse, un sentiment qui m'avait manqué affreusement depuis la perte de mon ouïe. Je me surpris à espérer des choses impossibles, fait qui pouvait s'avérer dangereux pour moi. Mais j'étais bien trop heureuse pour m'en faire, parce qu'Edward était à mes côtés et me tenait dans ses bras. Il glissa ses doigts dans mon épaisse chevelure, geste extrêmement relaxant et apaisant.
Je levai les yeux vers lui, mes paupières lourdes de fatigue. « Je ne pense pas être capable de dormir » murmurai-je.
Il rit, et je sentis le lit se secouer sous moi. « Donne toi un peu de temps. Tu sembles déjà à moitié endormie. »
Il avait raison, mais j'argumentai quand même. « Comment puis-je trouver le sommeil quand tu es là ? » me plaignis-je.
Bien que je doute qu'il ait voulu que je le vois, il dit : « Je suis là toutes les nuits, ne t'en fais pas pour ça. »
Avant que je puisse lui demander ce qu'il voulait dire, il resserra son étreinte. Je posai ma tête contre son torse et m'endormis en un instant.
Allez, une tierce addition à ma liste de Noël (non non il n'est pas trop tard il reste deux jours !!!) : un Edward pour m'aider à m'endormir (j'ai tendance à être insomniaque…)… ou au moins une peluche Edward ? hihihi
Pourquoi j'ai le pressentiment que cette année, je vais enfin avoir la preuve que le Père Noël n'existe pas ?
