Avant l'Aurore

Traduction par Del Naja

Disclamer : Personnages et lieux à JK Rowling, l'histoire est celle de Snarkyroxy, je ne fais que la traduction.

Le petit mot de moi : Ouf ! Enfin !!! Je suis sure que c'est le mot que vous vous dîtes tous ! lol Mais c'est aussi celui que j'ai dit en poussant un soupir de soulagement en ayant finit de déménager et d'emménager, puis de monter mes meubles, ranger mes affaires et enfin (et oui, c'est le mot du jour il est à toutes les sauces !) de reprendre les cours, les recherches pour le nouveau sujet de mémoire. J'ai mis beaucoup plus de temps que d'habitude à livre ce nouveau chapitre et je m'en excuse mais je crois qu'un déménagement ça se comprend non ? En plus, je n'ai toujours pas d'internet, là je poste ce chapitre depuis la fac. Je me suis efforcé de répondre le plus possible à vos reviews, par contre pour les personnes non inscrites sur le site, comme je n'ai pas leurs pseudos sous les yeux et que je ne me rappelle pas de leurs noms (oui je sais c'est pas bien… mea culpa), ça sera un remerciement collectif ! Gros gros merci et tout plein de bisous à vous lecteurs et revieweurs, merci de me suivre…

Chapitre quatorze : Concessions.

Hermione se réveilla avec la sensation picotante d'être regardée, elle leva alors la tête et vit le maître des Potions penché au-dessus d'elle, là où elle avait dormi dans un de ses fauteuils.

« Je pensais vous avoir dit de partir », dit-il d'une voix sourde. L'image de lui se tenant au-dessus d'elle était un peu moins intimidante que celle qu'il renvoyait d'habitude alors qu'il n'était vêtu que d'une chemise –noire cette fois-ci- et d'un pantalon froissé comme s'il avait dormi avec. Inspectant les détails, Hermione pensa qu'il avait vraiment dormi avec, la saleté sur les genoux indiquait qu'il s'agissait de la paire qu'il portait la nuit dernière.

« Je… est-ce que ça va, monsieur ? »

« N'essayez pas de changer de sujet miss Granger », cracha t-il. « Pourquoi êtes-vous toujours là ? »

« Je pensais que quelqu'un devait être à côté de vous au cas où vous auriez eut une quelconque résurgence des effets de la potion ». C'était la vérité mais manifestement pas celle que Rogue voulait entendre.

« Vous pensiez », se moqua t-il. « Etant donné qu'ici ce sont mes quartiers, je suppose que ce que je pense ou ce que je veux ne compte pas ».

Il se détourna, s'éloigna, traversa la pièce en direction des fenêtres, il regarda au loin le paysage blanc et endormi. Hermione se leva de son siège difficilement, ses muscles protestaient d'avoir été engourdis toute la nuit. Elle remarqua que le masque ne traînait plus par terre. Il devait l'avoir ramassé et mis ailleurs avant qu'elle se réveille.

« Ce que vous voulez est important », dit-elle en marchant pour venir près de lui. Il grogna. « Mais vous n'étiez pas… dans votre état normal la nuit dernière ».

« Je suis parfaitement capable de me prendre soin de moi tout seul », répliqua t-il d'un ton claquant. « Votre intrusion était inappropriée et importune, et si j'avais eut mes esprits normaux, vous auriez été dehors plus vite qu'un Eclair de Feu ».

Stupéfaite, Hermione fit un pas en arrière mais ensuite elle se rappela des paroles de Dumbledore et vit que Rogue était en train de faire exactement ce que le Directeur avait prévu : il la poussait au loin.

Elle regarda le portrait qu'il renvoyait, saisissant les cernes sous les yeux, la façon dont sa mâchoire était étroitement serrée comme si les évènements de la veille se rejouaient dans son esprit. Comment pouvait-elle arriver à communiquer avec lui quand il restait ainsi crispé. Essayer de parler avec lui n'aiderait pas et la compassion serait prise à tort pour de la pitié, ce que ni l'un ni l'autre ne pouvait accepter. Elle soupira. Peut-être se donnait-elle trop de mal à tenter quelque chose… ou peut-être n'essayait-elle pas assez ? Peut-être avait –elle encore à le convaincre de sa sincérité.

Ne disant rien, elle posa doucement une main sur son avant-bras qui était croisé en travers de son torse et put sentir la chaleur de sa peau à travers le fin et doux tissu de sa chemise.

Soudainement, il se retira, comme si son toucher le brûlait pendant qu'il siffla : « Ne vous permettez pas une telle familiarité avec moi, miss Granger. Vous outrepassez les limites ».

« Oh mon cul oui ! » s'écria t-elle avec mépris. « Quelles limites ? Vous l'avez dit vous-même. C'est la guerre. Les règles normales ne s'appliquent pas ».

« Il n'y a pas de guerre à l'intérieur de ces murs », siffla t-il avec colère, « de plus, je suis toujours votre professeur et vous mon élève. Vous feriez bien de vous souvenir que ce geste aussi incongru et éloigné que possible entre nous ».

« Ne soyez pas ridicule », lui renvoya t-elle, se demandant avec gravité combien de points la maison de Gryffondor pouvait se permettre de perdre. « Si on ne tient pas compte de qui ou de quoi à l'origine nous ayant mis dans cette situation, nous y sommes ensemble dorénavant et je ne suis pas prête de m'y soustraire ».

« Il n'y a rien à se soustraire miss Granger », répliqua t-il, sa voix devint plus forte. « Rien de tout cela ne vous concerne, pas le moins du monde. Vous n'avez aucun droit à être impliquée ».

« Je me contrefouts de vos droits, vous pouvez vous les mettre où je pense », cria t-elle.

« Dumbledore l'a déjà fait en vous racontant le récit détaillé de ma vie ! » hurla t-il à son tour, son visage se tordait de rage puis il se tempéra de nouveau, dissimulant toute émotion.

Elle prit une profonde inspiration, ne voulant pas seulement envoyer une claque de bon sens en plein dans la figure de l'homme en face d'elle. « Je n'ai pas demandé à ce qu'on me le montre », dit-elle sèchement et hargneusement. « J'ai même essayé de l'en dissuader, mais vous savez comment est le Directeur une fois qu'il a mis son entrain à faire quelque chose ».

« Oui, je sais comment il aime jouer avec la vie des gens comme s'ils étaient plutôt des pions dans quelque jeu tordu et malsain », dit rudement le maître des Potions en appuyant les doigts sur l'arrête de son nez, puis il traversa la pièce pour aller s'effondrer dans un des fauteuils. Il ne semblait pas avoir totalement récupéré de la nuit dernière, nota t-elle alors qu'elle retournait vers l'autre siège en espérant qu'ils pourraient être capables d'avoir une conversation civilisée.

Comment pouvait-elle lui faire entendre raison ? L'honnêteté était la clé, décida t-elle. Elle ne pouvait pas manipuler le Directeur de Serpentard pour lui faire adhérer à ce qu'elle disait, la seule option était de le lui dire tel que cela était et elle espérait qu'il reconnaisse sa sincérité.

« Dumbledore a eu tort de me montrer ces souvenirs », commença t-elle, et il grogna de désaccord. « Ecoutez moi au moins jusqu'au bout, monsieur, s'il vous plaît ».

« Très bien », soupira t-il résigné, « continuez ».

« Il n'aurait jamais du me montrer, mais il l'a fait. Je ne peux changer cela et l'expédier avec un Oubliettes, vous ne pouvez attendre de moi que j'oublie simplement ce que j'ai vu et continuer à faire comme si tout était comme avant ».

« Tout est comme avant, miss Granger », contra Rogue. « La seule différence est que vous en êtes maintenant informée et consciente ».

Il n'était pas en train de lui faciliter les choses.

« Oui j'en suis consciente », dit-elle avec fermeté, « et si j'avais été mise au courant avant, aucun doute que j'aurais aussi voulu aider ensuite. Quoique vous puissiez vous dire, je ne suis pas là parce que Dumbledore m'a demandé de- » Rogue ouvrit la bouche afin de protester mais elle le prit de vitesse, « -oui, peut-être étais-je là à cause de lui au début mais plus maintenant. Je suis ici parce que je veux être ici, parce que j'ai choisi de l'être. Pensez vous vraiment que j'aurais passé autant de temps ici si j'avais pensé que c'était une telle corvée ? Je sais que quiconque en dehors de ces pièces pourrait penser de moi que je suis dérangée d'admettre cela mais j'ai sincèrement apprécié la majorité du temps que j'ai passé ici ».

Elle s'arrêta. Il regardait fixement le feu de la cheminée, contemplant les flammes dansantes, le visage gravé d'une expression indéchiffrable. Au moins, il semble être attentif, pensa t-elle, et elle décida d'en tirer avantage.

« J'ai tellement appris de vous », continua t-elle. « Vous m'avez enseigné bien plus que ce dont vous étiez obligé de faire, me donnant l'opportunité d'apprendre des choses qu'autrement je n'aurais jamais connues et je voudrais être capable de vous donner quelque chose en retour ».

« Donc vous vous sentez redevable envers moi, c'est pourquoi vous êtes là ? » se moqua t-il sarcastique.

« Non ! Je- » Elle soupira exaspérée et finalement dit doucement, « Est-ce si difficile de croire que quelqu'un peut sincèrement se préoccuper pour vous ? »

Il ne lui répondit pas.

« Vous voyez », dit-elle enfin, « si vous êtes en train de me repousser parce que vous pensez que vous me mettez en danger, c'est une perte de temps. Je suis déjà en danger pour ce que je suis et pour ce que sont mes amis. Je pense que vraiment vous aimez bien m'avoir auprès de vous, mais vous êtes effrayé que je puisse être blessée si je deviens trop proche de vous ».

Il cligna des yeux, et elle pu voir un muscle se contracter nerveusement dans sa mâchoire étroitement contractée quand il se tourna vers elle, sa voix était basse et emplie de colère mais ayant aussi une pointe d'autre chose… était-ce de la peur ?

« Qu'avez-vous dit ? »

Elle regarda ailleurs pendant un instant. Parmi toutes les choses terribles qu'elle avait vu de sa vie dans la Pensine de Dumbledore, la perte des seules deux personnes qui avaient semblé se préoccuper du jeune Severus Rogue était ce qui avait le plus affecté Hermione. Elle pensa que dans un sens, c'était ce qui l'avait amené à devenir une personne si solitaire, se coupant du reste du monde tellement qu'il ne pourrait plus jamais être proche d'une personne afin de ne pas être blessé par sa mort.

Elle croisa ses yeux encore une fois, l'implorant de voir la sincérité et la compassion derrière ses mots. « Je sais que vous repoussez les gens pour qu'ils ne puissent pas vous atteindre et être blessés », dit-elle avec douceur alors qu'elle se leva et referma ainsi l'espace entre leurs deux sièges. Elle posa de nouveau une main sur son bras, et cette fois-ci, il ne la repoussa pas. «Mais je veux me risquer à prendre cette chance ».

« Vous ne savez pas quelle sorte de chance vous prenez », protesta t-il, puis il ajouta gravement, « ce n'est pas comme un quelconque jeu stupide, miss Granger ».

« Je sais cela », répliqua t-elle. « C'est la guerre, même dans ces pièces, et j'ai besoin de me sentir utile, comme si je faisais quelque chose pour l'Ordre, même s'il s'agit de quelque chose d'aussi médiocre que de préparer une potion toute fraîche contre le mal de tête pour leur espion ».

Elle sourit vainement et elle fut touchée quand il lui rendit l'expression, même si c'était plus une grimace crispée qu'un sourire.

« J'apprécie vraiment ce que vous avez fait ici », dit-il après un moment de contemplation. « A la fois au labo, et… je ne suis juste pas… Je ne suis pas doué pour exprimer ma gratitude ».

« Vous n'arriverez pas à en exprimer plus, monsieur. Vous êtes un livre fermé, pour la plupart des gens », dit-elle avec un petit rire, puis, plus sérieusement, elle poursuivit, « De toute façon, je ne veux pas de remerciements ».

« Une Gryffondor qui ne veut pas de reconnaissance et de louanges ? » plaisanta t-il. « Etes-vous sûre d'avoir été placée dans la bonne maison ? »

Elle retira la main de son bras et lui retourna son sourire moqueur. « Le Choixpeau voulait m'envoyer à Serdaigle, vous savez », commenta t-elle idiotement.

Il renifla. « Qu'est-ce qui l'a fait changer ? »

Ils avaient glissé de nouveau dans une de leurs faciles conversations si rapidement qu'Hermione avait difficilement remarqué le changement, jusqu'à ce qu'elle le trouva en train de lui lancer un sourire moqueur, de l'amusement dansant au fond de ses yeux fatigués.

« Donc, nous avons trouvé un accord, alors ? » demanda t-elle avec hésitation.

« Il semblerait bien », soupira t-il, en lançant presque un regard noir. « Une fois encore, il apparaît que cette commère de vieux fou aura eut ce qu'il voulait ».

Elle approuva de la tête et s'en alla, traversant la pièce pour regarder encore une fois à la fenêtre le paysage presque aveuglant de lumière quand le soleil s'échappa du piège des nuages. Elle était soulagée qu'il l'ait acceptée, alors que s'il ne l'avait fait que pour garder le soutien de Dumbledore, il y aurait toujours eut une sorte de ressentiment latent.

Ressentant peut-être son inquiétude, elle l'entendit marcher et venir derrière elle, sentant ses yeux sur elle. Elle ne se retourna pas.

« Hermione ».

« Je vous écoute », dit-elle calmement.

« Non », dit-il, « regardez-moi ».

Elle se retourna. Il se tenait si proche qu'elle dût vraiment lever la tête afin de rencontrer ses yeux, cependant elle ne fit pas un pas en arrière et lui non plus.

« La vérité est », dit-il, ses yeux noirs étaient verrouillés avec ceux d'Hermione, « que vous avoir en tant qu'assistante a été appréciable. Cela fait longtemps que je n'ai pas enseigné à quelqu'un qui prend réellement au sérieux ce que j'enseigne, permettant à quelqu'un de sincèrement et suffisamment intéressé par le sujet pour vouloir passer de temps en plus pour apprendre, tester et faire de la recherche. Je n'aurais peut-être jamais découvert votre intérêt s'il n'y avait pas eut Dumbledore et je doute que même malgré votre enthousiasme, vous ne m'auriez fait part de votre envie de vous porter volontaire pour m'aider étant donné les circonstances normales en classe ».

« Comme vous le dîtes, je n'ai jamais permis à personne d'être assez proche de moi pour la considérer en tant qu'ami sincère et durable et… », il s'éclaircit la gorge, «… je ne nierai pas que je ressens une sorte d'affinité avec vous, peut-être parce que votre soif de connaissances est comme l'était la mienne à votre âge. Je ne jouais plus sur les mots quand j'ai dit au Moonfilly que vous étiez mon amie…donc, si vous sentez que j'en vaux la peine, je serai ravi que vous me considériez comme tel ».

Etonnée, elle restait là à le fixer du regard pendant un moment, touchée par la sincérité de sa confession, puis elle sourit.

« Je serai honorée si vous me considéreriez comme une amie, monsieur », dit-elle pleine de sincérité.

Il acquiesça de la tête et parut pousser un soupir. « Vous êtes plus courageuse que ce que vous pensez, miss Granger, je dois bien le reconnaître », admit-il.

Elle haussa un sourcil et lui tapota le bras. Il lui rendit à la fois l'expression et le geste, ce qui la fit rire.

Au bout d'un moment, il s'éclaircit la gorge et jeta un œil à l'horloge sur le mur. « Maintenant, je crois que nous avons une potion qui nous attend, non ? »

Elle approuva et le suivit dans le labo, s'efforçant de ne pas afficher un grand sourire. Rogue avait enfin cédé, non seulement l'autorisation qu'elle puisse l'aider, sans cela ils se seraient à chaque fois disputés sur le sujet, mais il avait aussi reconnu qu'en fait, il appréciait sa compagnie et la considérait comme une amie.

Si elle ne se trompait pas, c'était pour tous deux un grand progrès.

De retour dans son attitude de professeur, Rogue lui donna des instructions pour aligner comme il le voulait une douzaine de larges flasques afin de stocker l'antidote, puis il resta debout au-dessus du chaudron jusqu'au moment précis où le sable du sablier arrêta sa course. Il souleva le chaudron du foyer et le déplaça jusqu'à la table de refroidissement, puis éteignit le feu d'un mot murmuré mais sans aucun signe de sa baguette.

Hermione se pencha avec précaution par dessus du plan de travail pour se retrouver la tête au-dessus du chaudron. Le mélange était fluide et de couleur vert pâle.

« Est-ce que c'est supposé avoir cette apparence ? » demanda t-elle en fronçant le nez devant la désagréable odeur qui émanait de la préparation.

« Hmmmm » dit Rogue sans autre forme de commentaire en prenant la première des fioles et en la remplissant d'un peu du mélange. « Son apparence est correcte, selon mes calculs théoriques, cependant la seule façon d'être sûrs est de la tester ».

Supposant que Rogue voulait dire qu'il testait lui-même un échantillon de la potion, Hermione prit une petite fiole depuis l'étagère et la lui tendit mais il ne la prit pas.

« Pourquoi faire ? »

« Je, euh, je croyais que vous alliez tester la potion ? »

Il secoua la tête. « Non, nous ne saurions pas si cela réussit jusqu'à ce qu'il soit testé sur quelqu'un souffrant pleinement de tous les effets de la potion d'origine ».

Elle fronça les sourcils pensivement. « Mais vous êtes encore en train de souffrir de certains symptômes de la nuit dernière, n'est-ce pas ? »

Il l'observa d'un air judicieux. « Oui » répondit-il. « Mais je ne crois pas que ce soit suffisant pour prouver et conclure au succès de l'antidote ».

« De toute façon, ça ne peut pas faire de mal d'essayer », murmura t-elle.

S'il l'entendit, il l'ignora et continua à embouteiller la potion jusqu'à ce que toutes les flasques soient pleines. Ensuite, cependant, il prit la petite fiole qu'elle avait laissée sur le plan de travail et la remplit à moitié depuis la dernière flasque.

Elle le regarda interdite.

« Bien, miss Granger », lâcha t-il d'un ton mordant. « Allez vous plutôt rester assise là et regarder ou bien, vous rendre utile et noter les résultats de ce petit test ? »

Elle l'entendit grogner alors qu'elle cherchait un parchemin et une plume, puis elle parut confuse de le trouver en train de la contempler interrogativement.

« Monsieur ? »

« C'était votre idée miss Granger », dit-il sournoisement. « Je suis simplement le sujet d'étude. J'attends vos instructions ».

Elle rougit et baissa les yeux sur le parchemin vierge. « Bien » dit-elle hésitante. « Je suppose que nous devrions commencer par établir une liste des symptômes que vous ressentez encore à présent, alors nous pourrions faire une comparaison avec ceux qui vous resteront après avoir pris l'antidote ».

Il approuva d'un signe de tête puis elle griffonna une question sur le parchemin avant de le regarder répondre.

« Maux de tête », dit-il avec une légère grimace. « Nausées, vertiges, fatigue, tremblements… »

« Vous ressentez tous ces symptômes maintenant ? » demanda t-elle et il haussa un sourcil. Comment avait-il réussi à se lever ainsi, sans parler de se concentrer ?

« Bien » murmura t-elle. « Rien d'autre ? »

Il secoua la tête négativement.

« Ok, euh… je devine que vous devriez, euh, tester l'antidote alors », balbutia t-elle, se sentant très mal à l'aise de donner des instructions au maître des Potions alors que lui semblait apprécier ce jeu.

Sans un mot, il descendit le contenu de la fiole. Hermione retenait son souffle, espérant que Rogue n'avait pas fait d'erreurs et que la potion ne soit pas en réalité un poison mortel.

Rien ne se passa pendant quelques minutes et Hermione mit fin au silence en demandant impatiemment, « alors, sentez-vous une différence ? »

« Je pensais que vous ne le demanderiez jamais », ironisa t-il quelque peu. « Il apparaît que nous avons un antidote qui fonctionne ».

« Les symptômes ont disparu ? » Elle posa le parchemin et sauta de son tabouret, contourna le plan de travail pour inspecter plus attentivement le professeur.

« Tous partis », confirma t-il, un sourire apparaissant sur ses lèvres. « Cependant », prévint-il, « nous avons toujours besoin de le tester de manière plus approfondie afin d'être sûrs ».

Le visage d'Hermione s'illumina encore d'un large sourire. Oui, il devait encore être testé, mais elle ne doutait pas que les tests seraient concluants. Elle se sentit immensément fière d'avoir pris part à une création si capitale, même si elle avait seulement contribué à la préparation du mélange et non à l'élaboration en elle-même. Elle fit part de ses impressions au maître des Potions.

« Votre aide a été bien plus importante que ce que vous pensez », commenta t-il pendant qu'il bouchait les flasques, puis elle l'aida à les transporter en lieu sûr de l'autre côté de la pièce dans un cabinet qui se ferme à clé. « Sans vous qui avez du prendre en charge les préparations pour Pompom, j'aurais eut bien moins de temps pour travailler sur l'antidote. J'aurais été bien loin d'avoir pu le terminer maintenant ».

Elle rougit au compliment, n'étant pas encore habituée à en recevoir de la part de ce professeur. « Alors, que faisons nous ensuite ? »

Il débarrassa le plan de travail d'un mouvement de baguette et l'enjoignit de le suivre pour retourner dans le salon. « Ensuite, j'ai besoin de parler au Directeur, et vous », dit-il en jetant encore une fois un œil à l'horloge, « vous allez devoir courir pour attraper le train, je pense ».

Hermione à son tour lança un coup d'œil à la pendule, réalisant qu'il était bientôt midi. Le déjeuner allait être servi sous peu dans la Grande Salle et le Poudlard Express qui ramenait les élèves chez eux pour Noël partait à deux heures.

« Je présume que je ferais mieux d'y aller, alors », dit-elle embarrassée, ne sachant pas comment faire face à l'étrange, mais néanmoins bienvenu, changement de comportement de Rogue.

« Quittez-vous le château pour Noël, monsieur ? » questionna t-elle, plus par besoin de dire de quelque chose plutôt qu'une vraie curiosité.

« Non » répondit-il sèchement. « Je vais avoir beaucoup à faire, surtout sans l'aide de mon assistante ».

« Oh », murmura t-elle. Etait-il fâché qu'elle parte pour les vacances ? C'était juste une semaine, mais elle n'avait pas pensé à ce que pourrait devenir ses obligations quand elle avait dit à Dumbledore qu'elle voulait rentrer chez ses parents pour Noël. Rogue s'était-il attendu à ce qu'elle reste ?

« Miss Granger » reprocha t-il. « Je pensais que vous reconnaîtriez une plaisanterie, même venant de quelqu'un d'aussi d'éloigné que moi pour en faire ».

« Oh ! » s'exclama t-elle, se réprimandant de n'avoir pas vu plus tôt le scintillement d'amusement dans ses yeux.

« Bien que », concéda t-il, « votre assistance sera sans doute doublement appréciée quand vous reviendrez ».

Elle sourit toute penaude. « Merci monsieur. Passez un bon Noël ».

« Vous aussi, miss Granger », répondit-il alors qu'elle se dirigeait vers la porte conduisant au couloir.

Elle ouvrit la porte et c'est alors qu'elle s'arrêta, se retournant pour faire face à Rogue. « Monsieur, pensez-vous que depuis que nous sommes… amis, vous pourriez peut-être envisager de m'appeler Hermione ? J'ai l'impression que je vais me faire disputer à chaque fois que vous m'appelez miss Granger ».

Il la contempla pendant un moment avant de répondre. « Je crois que pourrais y arriver, Hermione », dit-il avec un sourire en coin, mais ensuite, il la mit en grade, « seulement dans ces pièces et jamais avec les oreilles traînantes d'une autre personne ».

Sa concession était raisonnable, elle sourit et lui souhaita encore une fois un joyeux Noël avant de fermer la porte entre eux deux. Il ne lui avait pas offert l'usage de son propre prénom, mais elle ne s'y attendait pas. Bien que l'homme dont elle venait juste de quitter la compagnie était définitivement Severus, tellement à l'opposé du professeur Rogue, elle ne se serait pas adressée à lui de cette façon sans son accord.

Pendant qu'elle descendait à la Grande Salle pour déjeuner avec ses amis, Hermione sentait qu'en dépit de l'approche des ASPICs et de l'imminence de la guerre, que ce Noël se passerait bien. Il ne restait plus que quatre jours avant le 25 décembre et elle venait juste de se découvrir une nouvelle personne à ajouter à la liste des cadeaux à faire à ses amis.

A suivre…