Salut salut ! Je mets de plus en plus de temps entre les chapitres je crois ^^' mais ils sont de plus en plus long donc bon ! J'espère que ce chapitre vous plaira ! D'ailleurs un grand merci à ma beta Zeldore sans qui cette fic ne serai pas ce qu'elle est ! Bref... Bonne lecture ! Pensez au review! Et ne m'en voulait pas pour la fin :p

CH14

Le moment venu, tu te rends à la salle de bal, un peu anxieuse.

'La salle a l'air bondé... J'espère que mon empathie ne me fera pas trop souffrir, mais je dois pouvoir le faire pour Elsa'

Juste avant d'entrer, tu réajustes ton loup noir, qu'Elsa a déposé dans ta chambre, dont les motifs argentés te font penser aux masques que l'on trouve à Venise. D'ailleurs, ce n'est qu'un parmi tous ceux qu'elle a sélectionné. Bien qu'ils différaient par leurs couleurs et motifs, tous étaient d'une élégance notable.

'A l'image de celle qui les a choisi'

Tu as finalement jeté ton dévolu sur ce dernier. Et pour dire vrai, tu ne saurais pas expliqué pourquoi. C'est tout simplement un coup de cœur.

A peine as-tu fait quelques pas dans la pièce, que tu remarques que la décoration effectuée pour l'occasion est des plus fastueuses. Mais ton regard s'en détache bien vite pour se poser sur Elsa. Un masque en filigrane d'argent serti de saphir sur son visage éburnéen, la souveraine se tient debout face à l'assemblée qui lui fait face, sa sœur à ses côtés.

'Je suis arrivée juste à temps apparemment'

Tu te frayes un chemin à travers la foule pour te rapprocher. Tu n'écoutes pas vraiment ce qu'elle dit, ce ne sont que des formalités et tu es bien trop occupée à la détailler. Tu es convaincue qu'elle t'a remarqué bien que la probabilité d'une telle chose soit faible. Ou peut-être cette impression n'est qu'une foucade de ta part.

Ce faisant, les émotions que tu perçois autour de toi se mélangent. Ça te donne la migraine. Tu respires profondément dans l'espoir d'atténuer cette sensation mais en vain. Tu te forces à avoir l'air bien mais tu as juste une envie : sortir de là. Tu as l'impression de contenir toutes les sautes d'humeur de chacun des invités. Des sentiments amoureux à la haine, en passant par la jalousie et le désir charnel, rien ne semble t'échapper.

'Non y'a pas à dire, c'est vraiment l'éclate, penses-tu ironiquement, j'adore ressentir plein de choses contradictoires au point de me sentir mal'

Tu vois ensuite la foule se disperser.

'Les réjouissances commencent je suppose'

Tour à tour, les invités viennent lui présenter leurs hommages, tandis que l'orchestre commence à jouer un air débordant de liesse, qui invite les invités à danser. Tout à fait le genre de musique que l'on s'attend à entendre dans ce type de réception.

Parmi eux un homme te semble familier. Malheureusement, son masque cachant la moitié de son visage, tu ne peux être certaine de le connaître.

'Je dois me faire des idées, je ne connais pas grand monde ici... Et puis qui me dit que ce n'est pas quelqu'un d'autre qui le reconnaît ? Mon empathie est de plus en plus forte.'

Tu t'apprêtes donc à aller chercher une coupe par dépit, quand quelqu'un se met sur ton chemin.

« Ma dame, me feriez-vous l'honneur de m'accorder une danse ? »

L'homme qui se tient devant toi a une silhouette massive qui s'accorde parfaitement avec sa voix grave et sa grande taille. Tu lui donnes quelques années de plus que toi et il émane de lui une aménité indéniable.

Tu écarquilles les yeux prenant quelques instants pour réaliser.

'Moi ? Danser ? Il ne vaut mieux pas, ce ne serai pas beau à voir.'

Du coin de l'œil, tu vois qu'Elsa te fixe. 'On dirait bien que son altesse est jalouse quand on m'approche de trop.'

Tu inspires doucement avant de répondre : « Je vous remercie, mais je ne danse pas »

Tu ne lui laisses pas le temps de répliquer et pars plus loin. Tu saisis le premier verre de vin qui te passe sous la main.

'Et maintenant place à l'ennui'

Les minutes te paraissent être des heures. Tu en viens même à te demander si tu ne ferais pas mieux de remonter dans ta chambre et de te mettre au lit.

'Ma confession attendra je suppose... Et au moins ça soulagerait mon pauvre crâne...'

Tu sens alors une main tapoter ton épaule. Tu pries intérieurement pour que ce ne soit pas une invitation à danser. Une fois retournée, tu es ravie de te retrouver face à la reine. Tu lui adresses un sourire, soulagée.

« Désolée de t'avoir laissée seule, s'excuse-t-elle, je suis très demandée et...

-Ce n'est rien, l'interromps-tu, mais... puis-je te parler un instant en privé ? »

Elle te jette un regard inquisiteur. « Évidemment, murmure-t-elle »

'C'est le moment, il faut juste trouver un endroit calme...'

Tes yeux tombent presque immédiatement sur ce qui te semble être un balcon. Tu lui fais signe de te suivre et te faufiles entre les personnes pour y arriver. La musique n'est plus qu'un bruit de fond. Vous êtes légèrement isolée du reste de la salle.

Tu observes un instant le ciel crépusculaire devant vous. La vue qui s'offre à toi, de son dégradé de couleurs chaudes, t'arrache un sourire qui te fait oublier la fraîcheur qui caresse ton visage.

'Le décor rêvé pour lui dire'

Tu te tournes alors vers elle et sens ta gorge se nouer.

'Assez rêvassé, passons à l'action'

« Elsa je..., bredouilles-tu »

Tu es trop nerveuse. 'Je vais jamais y arriver...'

Tu inspires fortement sans parvenir à te calmer.

« Tu es sûre que ça va ?, s'inquiète Elsa »

Tu acquiesces. « Je vais y arriver, affirmes-tu, c'est juste que ce n'est pas facile à sortir »

Elle a l'air intriguée. Tu t'emploies à regarder tes pieds.

« Je voulais simplement te dire..., balbuties-tu, que je veux... enfin j'aimerai être avec toi... Pas comme des amies, enfin tu comprends... Non ? »

Tu relèves le regard sur elle. Son expression s'est figée quelques instants. Ses lèvres s'entrouvrent mais ne laissent échapper aucun son.

Ta respiration se fait plus rapide. 'Pourquoi autant d'anxiété ? Elle m'aime, je le sais'

Ton regard croise le sien. Tu te concentres pour ressentir ce qu'elle ressent : un ensemble chaotique d'émotions plus fortes les unes que les autres. Mais aucun de ses sentiments n'est négatif ou désagréable. Tu sembles même y reconnaître de la surprise, de la joie et...de l'amour bien sûr.

« Tu es ... sérieuse ?, t'interroge-t-elle »

Tu acquiesces maladroitement. Tu vois ses yeux s'humidifier imperceptiblement et un sourire éthéré naître sur ses lèvres. Tu ne sais pas vraiment quoi ajouter. Sûrement, qu'il n'y a rien à dire de plus, de simples regards en diront bien plus que des mots.

Vous observez un peu le ciel qui évolue pour bientôt arborer son aspect nocturne. Tu vois notamment la lune qui se dessine progressivement. Ce faisant, tu poses ta main sur celle de la souveraine. Elle se tourne alors vers toi et vient déposer un baiser sur ta joue pour t'arracher à ta contemplation céleste.

Tu la détailles alors et l'attires contre toi dans une tendre étreinte, les yeux plongés dans les siens. Tu sens le désir monter en toi, vos visages se rapprochent jusqu'à unir vos lèvres dans un baiser. Ses mains sont à présent autour de ton cou. L'instant te semble parfait. Jusqu'à ce qu'elle se détache de toi. Pourtant, elle a envie de plus aussi.

« On risquerait de se faire surprendre, se justifie-t-elle gênée d'avoir brisé le moment »

'J'en avais presque oublié ce détail... Si dans mon monde il est ''toléré'' de voir deux femmes s'embrasser, ici je suppose que c'est de l'ordre de l'infamie, qui sait ce qui adviendrait d'Elsa si ça se savait'

Tu lui caresses la joue en lui souriant.

« Ce n'est rien, la rassures-tu, ce n'est en effet sûrement pas le lieu pour s'adonner à ce genre de chose »

La nuit tombe, vous décidez donc de retourner au bal en essayant de rien laisser paraître. La reine mord sa lèvre inférieure en t'adressant un regard complice.

'Si seulement je pouvais l'embrasser à cet instant. C'est quand même dur de devoir se cacher ainsi... On ne fait rien de mal non ?'

Sa main frotte contre la tienne alors qu'elle part à la rencontre de nobles de royaumes voisins.

'Me revoilà seule... C'est insupportable de ressentir autant de choses à la fois... Personne ne peut imaginer ce que ça fait… Non mais si je laissais toutes ces émotions sortir ça reviendrai à embrasser la première personne qui passe, mais aussi la malmener parce que je la déteste en même temps…Ben oui sinon ce n'est pas drôle !... En somme, un vrai bordel !'

Tu ne peux détacher ton regard d'elle et elle le sait, ce qui te fait sourire malgré la souffrance.

'C'est comme si il y avait un combat entre plusieurs armées et que moi je me retrouvais au milieu à prendre des coups sans pouvoir me défendre. Ce n'est pas humain de ressentir cela sans pouvoir empêcher les sensations de me parvenir en masse. Je ferai mieux de partir. '

Tu lances un dernier regard à la belle blonde.

Elle converse avec l'homme de tout à l'heure, celui qui te rappelle quelqu'un. D'ailleurs, elle te regarde discrètement. Néanmoins, il t'est impossible de savoir ce qu'elle ressent.

'Mon don échappe à mon contrôle...'

Tu l'examine de la tête au pied, en vain.

'Ce sourire persifleur au possible... Je n'arrive pas à le replacer sur un visage... Pourtant... Non je dois être fatigué, je vois le mal partout depuis que ce type m'a agacé...'

Tu balayes alors la salle du regard.

'Comment arrive-t-il à s'amuser autant ? Je comprendrai jamais...'

Une fois que la reine t'adresse un regard, tu lui fais comprendre d'un geste que tu pars. Et ce n'est pas sans un soulagement certain que tu quittes la salle de bal.

'J'ai survécu au bal et à ma déclaration, c'est génial'

Tu discernes alors une voix derrière toi et te retournes. Il s'agit de l'homme de tantôt, celui qui t'avait proposé de danser. Tu le reconnais à ses cheveux bruns et sa carrure imposante.

« Vous partez déjà ?, demande-t-il étonné »

Tu as un sourire amusé en acquiesçant.

« Eh bien, on dira que je n'apprécie guère ce genre de réjouissances et que je n'étais là que pour faire acte de présence afin de contenter la reine et la princesse. »

Il semble hésiter quelques instants.

« Je m'appelle Nicholas, t'informe-t-il, je suis le prince d'un des royaumes contiguë à celui-ci. Si un jour vous avez besoin de quoique ce soit, faites le moi savoir »

'Il est si gentil, mais comment lui expliquer que je n'ai d'yeux que pour la souveraine de ce royaume ?... Il ne comprendrait pas.'

« C'est très aimable à vous, te contentes-tu d'ajouter, je n'oublierai pas. »

Il s'incline alors devant toi, et rejoint le bal. Tu t'apprêtes à reprendre ton chemin quand tu entends des bruits de talons.

« Tu ne me dis même pas au revoir ?, se plaint la personne en question »

Tu te retournes et souris en la voyant te rejoindre: « Je pensais que son altesse aurait bien mieux à faire, la taquines-tu »

Elle s'arrête juste devant toi et caresse ton visage. « Tu as l'air tellement fatiguée, s'inquiète-t-elle, tu vas bien au moins ? »Tu hausses les épaules. « Une petite migraine, minimises-tu, rien de bien grave »

'Elle ne me croit pas totalement ça se voit'

« Bonne nuit alors, ajoutes-tu avant qu'elle ne dise quoique ce soit, on se voit demain »

Elle ne semble pas vouloir te laisser.

« Vos invités vous attendent, insistes-tu, ne les faites pas attendre »

Elle acquiesce te donnant raison et repart en direction de la salle. Tu laisses ton regard glisser sur elle.

'Un dernier regard peut-être ? Allez, tournes toi vers moi...'

Tu attends avec un sourire aux lèvres. Elle finit par te jeter un regard avant de disparaître de ton champ de vision.

Tu retournes donc à ta chambre et te laisse tomber sur le lit à plat ventre.

'La journée a été tellement longue et riche en émotion... J'ai même pas envie de bouger'

Tu finis par te déshabiller et te mettre au lit. L'image d'Elsa apparaît dans ton esprit tandis que tu fermes les yeux. Et sans que tu t'en rendes compte, tu tombes de sommeil.

Tu te réveilles plus vite que prévu. Ta tête te fait mal.

'Bon sang … Faites que ça s'arrête...'

Tu sors de ton lit et fait les cents pas.

'Calme toi, t'affoler n'arrangera rien. Mais qu'est-ce qui m'arrive ? Ça n'a jamais été aussi intense'

Tu t'arrêtes de marcher et regarde par la fenêtre. ' Je dois sortir d'ici. M'éloigner d'Arendelle et des gens qui y vivent pour quelques heures et revenir à temps sans que personne ne le sache. Je ne peux l'expliquer mais je parierai qu'il n'y a pas une émotion qui m'échappe dans ce royaume… L'aube se lève, je verrai quelque chose au moins'

Tu t'habilles rapidement. 'Je risque d'avoir froid mais tant pis'

Tu sors de ta chambre en silence et ferme ta porte en douceur. 'J'ai vraiment l'air de quelqu'un qui fait le mur, je crois'

Tu avances à pas de loup. 'Personne en vue, génial'

Tu descends les escaliers et sors précipitamment de la noble demeure. Tu te retrouves alors dans la cour. Tu balayes les lieux du regard.

'Toujours personne ? Qui aurait cru que c'était aussi facile de s'enfuir sans encombre ! Et ce n'est pas les deux fontaines ô combien menaçante qui vont me retenir ici'

Tu la traverses donc jusqu'à arriver aux portes en bois qui sont ouvertes.

'C'est quand même bizarre…'

Tu passes la porte t'attendant à ce qu'on se jette sur toi. Mais rien. Tu sautes presque de joie quand...

« Que faites-vous dehors à une heure pareil ? »

Tu regardes les deux hommes autour de toi. 'Comment ai-je pu oublier les gardes ! Je suis vraiment stupide... Il faut bien que les portes soient garder en cas d'attaque'

« J'ai... besoin de prendre l'air, bredouilles-tu »

Les deux hommes se regardent un instant.

« Mais bien sûr..., souffle le plus petit des deux, vous ne devez pas vous mettre en danger, c'est un ordre de la reine »

'Non mais sérieusement ?... Il faudra que je parle de cela à Elsa'

« Je vois, je vois..., te résignes-tu faussement, mais... »

Tu fais mine de retourner à l'intérieur avant de te mettre à courir. Ne s'attendant pas à cela, ils te poursuivent avec un train de retard.

'Celui qui m'empêchera de sortir n'est pas né, non mais !'

Tu traverses le pont manquant de tomber en te prenant une pierre.

'Dommage qu'il ne s'écroule pas, ça m'arrangerait'

Tu calcules rapidement tes options.

'Tout droit, la place du marché et à gauche... Le port….'

Tu tournes à gauche. Tu sautes les escaliers qui mènent à l'embarcadère sans problèmes et reprends ta course aussi vite.

'Je suis trop puissante aujourd'hui !.. Bon y'avait pas tant de marches, admettons le'

Un rapide coup d'œil derrière toi te permet de voir que les gardes sont toujours à tes trousses.

« Arrêtez là !, crie l'un d'eux aux marins »

'Et mince…'

Tu esquives du mieux que tu peux les personnes se mettant sur ton chemin, puis tu es forcée de retourner vers le village, n'arrivant plus à éviter les gens qui se dressent sur ton passage.

Tu montes les escaliers à ta droite deux à deux.

'Il faut que je trouve quelque chose pour les ralentir assez…'

Tu vois alors qu'un convoi de barrique de vin va bientôt boucher le passage devant toi.

'C'est ma chance…'

Tu accélères encore, mobilisant tes forces, et passes devant le cheval in extrémis en manquant presque de te faire écraser. L'animal par contre, lui, n'a pas apprécié. Il a renâclé fortement et s'est légèrement cabré avant de bloquer le passage

'J'ai du lui faire peur… '

Tu te retournes néanmoins un sourire triomphal sur les lèvres en voyant les deux gardes bloqués.

'Je me serai bien attardée pour les narguer honteusement mais ce n'est pas le moment'

Ils jurent rageusement et ordonnent au convoyeur de libérer le passage.

'Les pauvres ! Mais que vont-ils pouvoir dire à la reine ? Qu'un cheval bloquant le passage les a empêchés de m'arrêter ?'

Tu leur fais un ''coucou'' en riant et t'en va en courant. Tu traverses le village en passant devant les habitations et arrives à la lisière de la forêt. Tu regardes derrière toi un instant.

'Personne pour m'en empêcher apparemment'

Tu t'enfonces dans les bois. Tu ne t'arrêtes qu'une fois à bout de souffle. Tu es en plein milieu de la forêt, dans une clairière. 'Je les ai semé, je crois'

Tu observes les lieux et profites du calme de ton esprit.

'Au moins je ne ressens plus toutes ces choses, ou du moins beaucoup moins'

Tu poses tes yeux sur tes pieds. Tu as de la boue de partout. 'On va me tuer quand je vais rentrer...'

Tu expires lentement. Tu as couru plus longtemps que tu le pensais au départ, tu le sais. Mais tu ne t'es pas éloignée des sentiers battus, tu retrouveras donc facilement ton chemin.

Tu marches paisiblement, le bruit de l'éveil de la forêt se faisant peu à peu entendre. Tu finis par t'asseoir sous un arbre et fermes les yeux. Tu t'endors progressivement malgré le froid sans que tu ne t'en rendes compte.

Quand tu te réveilles finalement, le soleil est déjà haut dans le ciel.

'Combien de temps ai-je dormi ?! Oh non, non, non... C'est pas possible !'

Tu te lèves d'un bond et prend le temps de reprendre tes esprits avant de te mettre à courir aussi vite que tu le peux.

'Mon absence n'a pas dut passer inaperçue...'

Tu arrives finalement au château essoufflée et chancelante.

'Ma tête... Je regrette presque de m'être pressée...'

Les gardes à l'entrée te dévisagent.

« La reine vous attend dans son bureau, t'indique l'un d'eux »

Tu les remercies d'un geste de la main reprenant toujours ton souffle. Tu enlèves tes chaussures toutes boueuses en rentrant.

'Manquerait plus que je salisse le sol... Je vais déjà me faire passer un savon...'

Tu montes les escaliers et traverses un dédale de couloirs, demandant plusieurs fois à des domestiques si tu es sur la bonne direction pour aller au bureau personnel de la reine.

Un fois devant la porte, tu hésites puis frappes trois petits coups secs.

Tu n'entends aucune réponse immédiate. 'Elle n'est pas là ?'

Tu es soulagée, jusqu'à ce que tu entendes enfin un « Entrez ».

'Faux espoir'

Tu ouvres la porte et la fermes soigneusement derrière toi. Tu vois alors la belle souveraine absorbée par ce qu'elle écrit.

« Bonjour, oses-tu après quelques instants »

Elle lève les yeux sur toi.

'Ouh là... Un vrai regard de killer. Ça va être ma fête'

Elle pose lentement sa plume et ouvre enfin la bouche :

« Je peux savoir qu'est-ce qui t'as pris ?, dit-elle d'un ton plein de reproches. »

Tu ne sais pas quoi lui répondre. 'Comment lui expliquer... ?'

« Tu es consciente que je me suis fait un sang d'encre quand j'ai appris que tu étais sortie seule et sans prévenir !, te reproche-t-elle »

Tu déglutis tandis qu'elle se lève.

« Je voulais juste prendre l'air, te justifies-tu, et je me suis endormie dans la forêt par erreur »

Elle te détaille de haut en bas, s'attardant sur l'état de ton pantalon et sur une griffure au visage que tu n'as pas remarqué avant.

« Tu aurais pu te faire tuer, poursuit-elle »

Tu ne peux pas réprimer un rire.

« Ce n'est qu'une forêt, Elsa, ripostes-tu »

Elle te jette un regard courroucé.

« Justement, tu as oublié les loups peut-être ?, te fait-elle remarquer de façon cinglante »

Tu en restes bouche bée. 'Eh bien... Oui là j'avoue que je parais stupide. Mais chez moi les loups, c'est de l'histoire ancienne !'

« Je n'ai pas réfléchi, admets-tu, chez moi les loups ont disparu des forêts »

'L'excuse n'a pas l'air d'être acceptable'

« Tu n'en manques pas une..., souffle-t-elle, la prochaine fois que tu as ce genre de pulsion emmène-moi avec toi. Je peux nous protéger. Je ne veux pas que quoique ce soit t'arrive. Moi vivante, personne ne te blessera »

Tu ne sais pas quoi dire. Tu te sens coupable et en même temps... 'Je n'avais pas le choix... Etre ici devient insupportable...'

Ton expression traduit ta douleur.

« Quelque chose ne va pas ?, te demande-t-elle »

Tu la regardes. 'Je n'ai pas envie de lui mentir...mais…'

« Je ne voulais pas que tu te fasses du souci, reprends-tu, tu peux le comprendre ça ? »

Elle vient près de toi et saisit ta main : « Je comprends mais je m'en suis fait bien plus que si tu m'avais prévenu, au final, explique-t-elle »

Le contact te fait l'effet d'un courant électrique. Mais pas le « doux » courant électrique de d'habitude, celui-là est douloureux. Tu as l'impression de vraiment être dans sa peau, et ressentir tout, absolument tout ce qu'elle ressent. Et cela additionné au reste te rends malade.

Tu retires ta main et l'amène contre toi dans un geste protecteur. Elsa te regarde sans comprendre.

« J'ai fait quelque chose de mal ?, s'enquiert-elle »

Tu secoues la tête. « Non, murmures-tu, c'est moi »

Tu as envie de pleurer, sans réelle raison. 'Je vais devenir folle...'

Elle s'approche à nouveau de toi et pose sa main sur ton bras. Tu as envie de t'éloigner mais résistes.

Elle sent que tu souffres, tu le ressens. 'Elle cherche à savoir même...'

« Je te donne froid ? Tu es crispée quand je te touche..., commence-t-elle presque vexée »

Elle passe son regard de toi à sa main plusieurs fois, puis la retire.

Tu lèves la main à hauteur de son visage, et dessines les contours de sa joue avec tes doigts sans oser la toucher. Puis referme ta main en un poing avec peine. 'Je ne peux même plus la toucher sans souffrir...'

« C'est à cause de l'empathie, avoues-tu enfin »

Elle te regarde sous le choc.

« Tu… Tu souffres quand je te touche ?, t'interroge-t-elle »

Tu fuies son regard.

« Pas seulement, expliques-tu, je souffre d'être dans un lieu peuplé et quand tu me touches… C'est encore pire. Je ne sais pas ce que j'ai, Elsa. Ce n'était pas le cas avant, je captais les émotions mais je n'avais pas l'impression qu'elle m'envahissait, qu'elle me faisait mal. Ça me fait peur… Je suis terrifiée à l'idée de sombrer dans la folie et tout ce que je peux faire pour l'instant… C'est m'éloigner et éviter tout contact »

Elle te regarde sans rien dire.

« Je ne sais même pas quoi te conseiller ni comment t'aider, murmure-t-elle en proie à la culpabilité, ça me rappelle juste mon passé… »

Tu t'apprêtes à mettre ta main sur son épaule mais t'arrêtes dans ton mouvement. 'Ce n'est pas une bonne idée'

« Si je pouvais t'ôter la douleur, continue-t-elle. »

Quelqu'un frappe alors à la porte. Vous vous regardez un instant. 'On est toujours interrompues, ce n'est pas possible !'

« On en reparlera, soupire-t-elle »

Tu acquiesces.

« Vous pouvez entrer, dit-elle »

A en juger par ses vêtements luxueux, la personne qui entre est quelqu'un d'important. Tu t'empresses donc de prendre congé.

Une fois sortie tu souffles un bon coup et retournes dans ta chambre. Tu t'y enfermes et colle ton dos à la porte. 'Je serai tranquille comme ça... mais combien de temps vais-je encore tenir ici ?'

Les minutes te paraissent des heures jusqu'à ce que tu entendes quelqu'un toquer.

« C'est Elsa, t'informe-t-elle, je peux entrer ? »

Tu jettes un regard peiné sur la porte.

« Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée, marmonnes-tu assez fort pour qu'elle entende »

Tu remarques qu'elle essaie d'ouvrir quand même.

'Ha ha elle ne m'écoute même pas ! Elle peut toujours essayer'

« Tu as fermé la porte …, te reproche-t-elle, t'enfermer ne résoudra pas le problème »

Tu restes sans rien dire assise sur ton lit et la tête entre les genoux. Tu n'arrives même plus à savoir ce qu'elle ressent.

« Je repasserai, souffle-t-elle, n'hésites pas à me faire demander si tu as besoin de quoique ce soit »

Elle marque une pause et ajoute : « Je tiens à toi tu sais »

Tu l'entends alors partir. Ces derniers mots résonnent encore dans ta tête.

« Je tiens aussi à toi, murmures-tu bien que consciente qu'elle ne l'entendra pas »

Tu t'en veux de la ''fuir'' comme les autres mais ce n'est pas comme si ça te faisait plaisir, au contraire.

Le temps ne s'est jamais écoulé aussi lentement. Tu as pourtant essayé de t'occuper en lisant, jouant sur ton portable à des jeux stupides jusqu'à épuiser ta batterie, mangeant des mets dérobés dans les cuisines, … et même… la pire occupation que tu n'es jamais expérimentée dans ta misérable vie : compter les oiseaux qui passent devant la fenêtre. Tout cela pour ne pas te préoccuper du flux d'émotions qui te tiraille, mais rien n'y fait.

'Le désespoir me gagne… Non mais compter les oiseaux quoi ! A mon âge ça relève de l'extraordinaire ! Il faut que je reprenne de la distance… Mais avant je dois en parler à Elsa, sinon elle va m'étriper.'

Tu soupires devant la porte de ta chambre puis l'ouvres. Le hasard fait que tu aperçois la jeune blonde au bout du couloir en train de donner des directives à des serviteurs. Tu marches alors jusqu'à elle et voyant qu'elle ne remarque pas ta présence avant que tu ne sois juste derrière elle, tu te racles la gorge pour attirer son attention.

Elle se retourne et son air surpris est vite remplacé par un sourire.

« Je voudrais te parler, bafouilles-tu »

Elle congédie les valets rapidement d'un geste de la main et en les remerciant, avant de retourner son attention sur toi.

« Je t'écoute, déclare-t-elle avec douceur »

Tu passes nerveusement une main dans tes cheveux.

« J'en peux plus, commences-tu, il faut que je sorte un peu. Etre enfermée ainsi, ne me soulage pas… »

Elle te regarde avec peine.

« Je dois malheureusement régler quelques affaires urgentes avant, te répond-t-elle, mais après je pourrai…

-Tu n'es pas obligée de venir, l'interromps-tu, je peux très bien… »

Tu ne finis pas ta phrase découragée par le regard furibond qu'elle te jette.

« Je vais être claire, te réprimande-t-elle, tu as intérêt à ne pas bouger sinon… »

Tu as un sourire amusée.

« Sinon ?, la taquines-tu. »

Elle prend un air qui se veut intimidant.

« Sinon, poursuit-elle, je t'attache à une chaise avec des liens en glace et tu ne pourras plus espérer sortir »

Tu éclates de rire.

« Ouh lala j'ai tellement peur, te moques-tu, tu es d'une cruauté ! Une véritable reine des glaces ! »

Elle te lance un regard de défi.

« Ah, tu veux jouer à ça ? Vraiment ?, réplique-t-elle »

Sans que tu aies le temps de réagir elle gèle tes pieds au sol.

« Mais mais mais… C'est de la triche !, t'exclames-tu en essayant de te décoller du sol »

Elle étouffe un rire derrière sa main. 'Une vrai sadique celle-là !'

« Dégèle moi s'il te plait, la supplies-tu, je t'attendrai promis »

Elle sourit et te libère.

« J'en ai pour une heure je pense, t'informe-t-elle, on se voit après »

Tu acquiesces calmement. 'N'empêche… j'aurai ma revanche'

« A plus tard, conclues-tu avant de la voir partir »

Au bout d'une heure et demie, sans signe de vie de la part de la souveraine, tu commences à te poser quelques questions.

'Ce n'est pas son genre de me faire faux bond ou d'avoir 30 minutes de retard'

Tu sors de ta chambre et interpelles la première personne qui passe et lui demande où se trouve la reine.

« Elle est encore occupée avec les affaires du royaume, t'affirme-t-on comme si cela relevait de l'évidence»

'Cette servante est à la limite de la politesse mais bon'

Tu es soulagée bien que cela ne t'arrange pas.

« Vous lui direz que je vais dans le salon près de ma chambre quand elle aura fini, demandes-tu gentiment »

La servante acquiesce avant de reprendre son chemin.

'J'espère qu'elle ne va pas tarder… Je n'ai pas envie de lui désobéir'

Tu vas donc attendre dans la salle et t'installes dans un fauteuil cherchant à te détendre. Pourtant ton regard ne quitte pas le cadran de l'horloge à balancier qui se trouve sur ta droite, et le fait que ta tête soit toujours une source de maux, ne fait qu'amplifier cela.

'Pourquoi faut-il que je m'imagine les pires scénarios ? Je regarde trop de films…'

On vient finalement te chercher pour manger. Tu cours presque jusqu'à la salle à manger et n'y trouves qu'Anna. Tu t'assois anxieuse au possible.

« Tu sais où est ta sœur ?, lui demandes-tu sans détour, ça fait plus d'une heure qu'elle était censée m'accompagner quelque part »

Elle rit. « Tu te verrais, te taquine-t-elle, je crois que tu es très attachée à ma sœur. Pour te répondre, elle est encore dans son bureau, bien vivante. Rassure-toi. Je l'ai entendu parler quand je suis passée devant, pour venir jusqu'ici. »

Tu démens d'un geste de la main.

« Aussi particulière ma relation avec elle soit-elle, ce n'est pas la question, poursuis-tu, Anna j'ai un problème, crois-tu que ta sœur me laisserait ainsi pendant des heures si elle n'avait pas elle-même un souci ? »

Elle a l'air surprise.

« Je… Je ne pense pas, ça ne lui ressemble pas, répond-elle, mais c'est sûrement des sujets importants pour le royaume je suppose, sinon elle serait venue manger. »

Durant tout le reste du repas, tu essaies de te convaincre que la princesse a raison.

'Ça me tracasse à un point…'

« Je vais aller la voir, s'il y a un problème je viendrai te voir immédiatement, te rassure Anna, va te coucher, tu as mauvaise mine »

Tu acquiesces silencieusement et la remercies. Tu repars alors dans ta chambre et te mets au lit. Le sommeil a dû mal à venir.

'Anna n'est pas revenue… C'est bon signe non ? Elle devait revenir s'il y avait quoique ce soit… Mais…'

Tu n'arrives pas à te calmer.

'Je ne peux pas attendre comme ça… Faut que j'aille voir !'

Tu te lèves d'un bond, ayant une poussée d'adrénaline dû à ton anxiété.

Tu ouvres violement la porte de ta chambre et te diriges vers son bureau où tu ne la trouves pas.

'De plus en plus étrange…Y'a quelque chose qui cloche…'

Tu parcours le château d'un pas pressé, courant presque. Tu ne la trouves nulle part.

'Il reste encore cette aile là…'

Tu sens l'angoisse te prendre.

'S'il lui était arrivé quelque chose….'

Tu passes alors devant une pièce et entends des éclats de voix. Tu reconnais presque immédiatement la voix d'Anna et celle de sa sœur. Tu ne te poses pas plus de questions et pousses la porte.

'Tant pis pour les convenance j'ai besoin de voir qu'elle va bien'

« Mais tu ne peux pas faire une chose pareille !, s'écrie la princesse au moment où tu fais ton entrée »

Tu as attiré leur attention.

'Oups… Je tombe mal'

« Désolée, bredouilles-tu, je m'inquiétais pour Elsa…. Ça m'empêchait de fermer l'œil»

Tu es gênée au possible. Anna jette un regard à sa sœur.

« Il y a eu un imprévu, t'informe la jeune rousse, on était justement en train d'en discuter »

'Et ce n'était pas une raison valable pour venir me prévenir ?...Passons, je ne vais pas m'énerver'

Tu ne comprends plus rien. Ton regard passe de l'une à l'autre, espérant que l'on t'explique.

Le silence se fait lourd. Tu remarques alors que la blonde à les yeux légèrement gonflés, comme si elle avait pleuré. Son teint est plus blême encore qu'à son habitude. Et son regard... Il fuit ostensiblement le tien.

'Ça n'annonce rien de bon'

« Un imprévu ?, répètes-tu de plus en plus inquiète »

Anna ne semble pas savoir quoi te répondre dans l'immédiat.

'Ça me concerne sûrement alors… Sinon pourquoi me prendrait-on avec des pincettes ? … Et voilà pourquoi elle n'est pas venue me chercher immédiatement'

« Eh bien…, dit-elle nerveusement voyant que sa sœur ne parlera vraisemblablement pas, Elsa a pris une décision cruciale… enfin ça ne compte pas pour elle, tu es plus importante évidement… Enfin…»

Tu lèves les yeux au ciel, exaspérée. 'C'est si difficile que ça de me dire ce qui se passe ?'

Elsa regarde sa sœur, terrifiée. 'Est-ce quelque chose de si horrible pour qu'elle est peur que je le sache ?'

La température de la pièce décroit. La jeune blonde semble lutter pour ne pas laisser ses pouvoirs geler la salle.

« Anna, commences-tu, tu peux me dire. Ça ne sert à rien de déblatérer pendant des heures »

La princesse joue nerveusement avec ses mains observant sa sœur comme pour la supplier du regard de parler, mais celle-ci semble, quant à elle, prier Anna de ne rien dire.

'On va jamais y arriver, penses-tu'

« Elsa va …, commence-t-elle avant de marquer une pause. »

Sa sœur a posé sa main sur son épaule.

« Je crois que c'est à moi de lui dire, souffle-t-elle »

Elle te lance un regard intense.

« Je sais d'avance que ça ne va pas te plaire, débute-t-elle, mais il faut que tu me promettes de me laisser finir »

Tu acquiesces avec impatience.

« On est venu me voir aujourd'hui, poursuit-elle, et on m'a demandé ma main. Et après maintes réflexions, j'ai décidé d'accepter. »

'Quoi ? Non… C'est une blague, n'est-ce pas ?'

Elle reprend faisant abstraction de ton air abasourdi :

« Je vais donc me marier, et j'en suis désolée… Vraiment »

Elle a insisté sur son dernier mot, mais cela ne change rien pour toi. Tu es encore sous le choc.

Ton expression reste figée avant de refléter ta colère, au fur et à mesure que tu réalises ce qu'elle vient de dire. Tes sourcils se froncent et tu cherches auprès de la souveraine un signe, quelque chose, pour te signifier que cela n'est qu'une mauvaise plaisanterie. Tu n'arrives pas à savoir ce qu'elle ressent, tu ne contrôles pas ton empathie.

« Elsa, implores-tu, dit moi que c'est faux »

Pour toute réponse, la jeune blonde baisse le regard.

« C'est donc vrai, siffles-tu »

Tu éclates d'un rire plein d'ironie.

'J'y crois pas ! Comment j'ai pu être aussi stupide pour y croire un instant !'

Tu ne le montre pas mais tu souffres et en même temps tu n'arrives pas à comprendre. Tu te sens trahie.

'Comment peut-elle faire une telle chose... ?'

Son silence t'insupporte.

« Bon sang mais comment tu peux me faire une chose pareille !, t'égosilles-tu, je sais même pas si je pourrai te pardonner… »

La jeune blonde lève enfin les yeux vers toi. Tu ne peux même pas dire si elle joue la comédie ou pas, tu ne perçois pas ses sentiments, et le simple fait qu'elle va se marier te fait davantage penser qu'elle s'est servie de toi.

'Et dire que je souffre le martyr pour elle…'

« Je suis désolée, chuchote-t-elle, mais ça devait arriver un jour ou l'autre et tu le savais… »

Tu soupires fortement commençant à faire les cents pas pour évacuer ta colère.

« Dire que tu es désolée ne me soulagera pas, souffles-tu amèrement, tu n'avais pas le droit de me faire y croire si c'était pour en arriver là quelques jours plus tard »

Tu ne lui adresses pas un regard continuant à marcher.

« Tu es dure avec elle, te reproche Anna, je sais que c'est difficile pour toi, mais ça l'est aussi pour elle. »

Tu toises la rousse un instant.

'C'est normal qu'elle soutienne sa sœur, mais bon c'est Elsa qui l'a voulu donc elle ne doit pas en souffrir tant que ça'

« Tu peux bien entendu rester..., reprend la souveraine, mais.. »

'Alors ça... Jamais… Je pourrai plus la voir sans penser à ça et puis mon empathie empire… Je serai bien mieux loin de tout ça'

« Je pars demain, la coupes-tu, tu m'excuseras mais je n'ai en aucune façon envie d'assister à cela, j'espère que tu es heureuse au moins»

Tu clos ainsi la discussion. Tu vois le visage de la blonde se décomposer. Mais honnêtement, ça t'est égal à ce moment précis. 'C'est de sa faute après tout…'

Anna pose une main sur ton épaule, te retenant un instant. Son regard te montre qu'elle est désolée pour toi. Tu lui souris tristement et regagne ta chambre.

Une fois dedans, tu laisses des larmes couler sur tes joues. Tu pleures sans bruit et quand un sanglot est sur le point de t'échapper tu l'étouffes en enfouissant ta tête dans ton oreiller. Tu ne désires aucunement que quelqu'un sache que tu as mal. Tu ne veux pas qu'on vienne te consoler. Tu es bien assez grande pour te débrouiller et faire face aux coups durs.

'Demain ça ira mieux, essaies-tu de te convaincre'

Tu laisses alors l'épuisement te gagner et t'endors.

Le lendemain matin personne n'a osé te réveillé.

'Ce n'est pas plus mal, de toute manière je n'avais aucunement envie de déjeuner avec Elsa'

Tu ouvres les yeux avec lenteur. Tu souhaites être chez toi l'espace d'un instant.

'Tout aurait été mieux si je n'étais jamais venue ici'

Tu te prépares sans te presser. 'J'ai le temps après tout'

Tu rassembles tes affaires qui sont peu nombreuses, puis griffonnes quelques mots d'adieu pour la souveraine sur du papier que tu as trouvé sur le bureau. C'est un mélange de tes remerciements pour son accueil et tes regrets.

'Espérons qu'elle parvienne à me lire, mon écriture est loin d'être facile'

Tu plies proprement le papier en quatre et va le déposer dans sa chambre. Tu redoutes de l'y trouver mais t'aperçois avec soulagement que la pièce est vide.

'Elle est sûrement occupée je ne sais où, tant mieux'

Tu poses le papier sur sa table de chevet. Tu marques un temps d'hésitation, puis retires la chaîne en argent que tu as autour du cou. Tu regardes un instant le pendentif composé d'une petite clé et d'un cœur avec une serrure en son centre. Tu souris brièvement et déposes le collier sur le papier.

'Je suis trop sentimentale... Je lui laisse un souvenir de moi... Pitoyable'

Tu repars ensuite vérifier que tu n'as rien oublié dans ta chambre et descend les escaliers. Tu t'arrêtes un instant dans le hall. Cela te rappelle ton arrivée à Arendelle.

'La seule chose que j'ai vu avant de me faire virer.'

Tu souris tristement à ce souvenir et expires un bon coup.

'Enfin bref… Nous y voilà, mon séjour royal est fini et je me retrouve à la rue...'

Tu passes la porte pour te retrouver à l'extérieur. Tu croises les gardes qui t'avaient poursuivi la dernière fois.

Tu ne prêtes pas attention à ce qu'ils te disent. 'Si c'est pour me retenir ici, il n'y arriveront pas'

Tu traverses la cour à grand pas, tu ne veux pas trop t'attarder, même si au fond ça ne te déplairait pas si Elsa te rattraper pour te supplier de rester.

'Ça ne pardonnerait pas tout, mais ce serait plaisant.'

Avant de franchir les grandes portes de bois et sortir définitivement du château, tu te retournes une dernière fois.

'La vie de château va me manquer, c'est certain. Mais il est peut-être temps que je rentre. Quoique…'

Tu quittes les lieux, pensive.

'C'est tout de même bizarre que ce type le savait…Comment pouvait-il savoir qu'elle allait se marier ? C'est invraisemblable... J'ai envie de rentrer chez moi mais … Quelque chose me dit que je ne devrais pas. Le fait même qu'il me propose si ''gentiment'' de me ramener dans mon monde est douteux. Je n'ai jamais cru au père noël jusque-là et ça ne va pas changer. Ce type manigance quelque chose, j'en mettrai ma main au feu. Je ne vais pas tomber dans son piège'

Tu entends alors quelqu'un qui t'interpelle, te sortant immédiatement de tes pensées.

Le jeune homme en question est un grand blond à l'allure robuste. Il n'a pas l'air d'appartenir à la noblesse à en juger par sa tenue, et aussi loin que tu te souviennes tu ne l'as jamais vu.

'Qu'est-ce qu'il me veut ?'

« Je suis Kristoff, se présente-t-il, Anna a dû te parler de moi normalement. »

Tu réalises soudain à qui tu as affaire et souris.

« Évidemment !, t'exclames-tu, Je mets enfin un visage sur ton nom »

Il te sourit gentiment.

« Tu t'en vas ?, te questionne-t-il surpris en voyant que tu transportes quelques affaires avec toi. »

Tu acquiesces vivement.

« Je me suis déjà trop attardée ici, expliques-tu, mais ne t'en fais pas, va. »

Il sort alors quelque chose d'une de ses poches, et te le tend.

« Quelqu'un m'a dit de te donner ça, explique-t-il »

Tu saisis l'objet et l'examine avec circonspection. Il s'agit d'un pendentif de cristal de roche taillé en pointe.

« Merci mais… A quoi cela est-il censé me servir ?, demandes-tu, C'est la reine qui m'offre ce présent ? »

Il hausse les épaules. « Non non pas la reine, répond-il, c'est seulement un ami qui m'a demandé de te le remettre. On dit que ça réalise les vœux parfois. Il a eu le pressentiment que ça te servirait alors… »

Tu hausses un sourcil. « Un ami ? Tu es sûr qu'il est fiable?, le questionnes-tu.

-Ne t'en fais pas, tu peux lui faire confiance. Il est comme de ma famille, et il a guéri Anna quand elle était jeune. Il s'appelle Grand Pabbie.»

Tu te rappelles qu'Anna t'en avais parlé à ton arrivé et que finalement tu n'avais pas été le voir.

'Ce n'est donc pas un psychopathe je pense'

« Et il t'a dit pourquoi j'en aurai besoin ?, l'interroges-tu encore »

Il secoue la tête. « Il m'en a pas dit plus désolé, s'excuse-t-il, mais je pense qu'il avait ses raisons. »

'C'est bizarre l'intuition de son ami…'

Tu le mets autour de ton cou. 'Peut-être ai-je tort, mais je lui fais confiance.'

« Il est possible, que ton ami ait raison, penses-tu à voix haute, il y a quelqu'un qui trame quelque chose, j'en suis persuadée »

Il hausse un sourcil. « Pourquoi penses-tu cela ?, te demande-t-il.

-Je n'ai pas de preuves, souffles-tu, je ne peux encore rien affirmer.

-En tout cas, si tu as des ennuis, tu peux compter sur moi »

Tu souris. 'C'est vraiment un gentil garçon, je comprends qu'Anna soit avec lui'

« Par contre, quelqu'un m'attend, l'informes-tu, mais j'ai été enchanté de faire ta connaissance.

-De même, déclare-t-il, à une prochaine ! »

Tu lui dis au revoir et te diriges alors vers la place du village dans l'idée de te rendre à la taverne.

'Je suis sûr qu'il m'y attend...'

Une fois devant la porte, tu t'y engouffres. L'endroit est plus calme qu'à son habitude, mais quelques personnes sont déjà attablées.

Tu le cherches du regard et tu l'aperçois directement au comptoir. Il lève son verre à ton attention, t'invitant ainsi à le rejoindre.

'Que me réserve-t-il cette fois ?'

Tu t'installes à sa droite avec nonchalance.

« Je savais que tu viendrais, murmure-t-il, tu es si prévisible. »

'Pourtant je parierai qu'il ne s'attend pas à ce que je vais lui dire'

« C'est quand même une étrange coïncidence que vous ayez visé juste, lui fais-tu remarquer »

Il ricane doucement.

« Je t'ai pourtant dit que je te mettais en garde, se justifie-t-il, tu dois avoir le cœur brisé. Je me trompe ? »

Tu hausses les épaules. « Honnêtement ? Oui, marmonnes-tu, mais ça m'apprendra »

Il éclate alors de rire.

'Il m'agace sérieusement…'

« L'empathie te joue des tours, reprend-il, la souveraine te brise le cœur… Je crois que tu veux rentrer chez toi et reprendre ta paisible petite existence loin d'Arendelle, ma chère »

Il sort alors un parchemin et te le tend. Tu secoues la tête, repoussant sa main.

« Détrompez-vous, je ne compte pas rentrer chez moi aujourd'hui, déclares-tu sereinement, je suis persuadée que c'est encore un de vos traquenards. Je ne vois pas comment votre prédiction se serait révélée vraie autrement »

Son air patibulaire ne laisse présager rien de bon.

« Tu as raison ma belle, commence-t-il, tu es en plein dans un guêpier »

Il affiche un sourire sinistre.

'Ça sent le roussi…'

« Et si tu ne pars pas de ton plein gré, poursuit-il, je crois que je vais être obligé de t'y contraindre. »

'Attend, il veut me renvoyer de force ? Jamais !'

Il se lève alors et tu fais de même, lui lançant un regard de défi.

« Vous deux !, s'écrie Rodolf, pas de bagarre ici, compris ? »

Aucun de vous ne lui prête attention.

« Vous ne pouvez pas faire ça !, cries-tu »

L'homme ricane de nouveau.

« Ah oui ? Vraiment ?, siffle-t-il, je ne crois pas que tu sois en mesure de me dire ce que je peux faire et ce que je ne peux pas »

Sans que tu puisses rien y faire, il te saisit brusquement par le col et te fais quitter le sol. Il a un rire moqueur. Rodolf essaie d'intervenir mais l'homme l'envoie valser quelques mètres plus loin d'un geste de la main.

« Alors crois-tu encore que je n'oserai pas !, s'exclame-t-il, personne ne peut m'arrêter si tu ne l'as pas encore compris. »

Tout le monde vous regarde, mais personne ne tente quoi que ce soit pour t'aider.

'Je ne peux vraiment compter que sur moi-même en fait… '

« Hum…Et si on rendait cela plus distrayant !, s'enthousiasme-t-il »

La vision que tu as de ce qui t'entoure se trouble. Tu ne sais pas à quoi t'attendre mais le fait que ce soit ''distrayant'' te fais craindre le pire. Peu à peu tout redevient limpide. Tu mets quelques instants à réaliser où il t'a amené. Les étagères à perte de vue et les tapisseries sur les murs, de cette pièce, tu les a déjà vus.

'Je suis au château, dans la bibliothèque précisément… Ne me dites pas que…'

Un regard sur ta droite confirme tes craintes. Tu la vois.

'Oh non… Elsa'

Toujours à quelques centimètres au-dessus du sol, tu te débats et te démènes pour qu'il lâche prise, en vain. La jeune blonde est horrifiée.

« Ma chère reine Elsa, déclare-t-il, pourquoi cet air ? N'êtes-vous pas ravie de voir votre moitié ? »

Tu remarques qu'elle porte ta chaîne et tu es touchée malgré toi.

'Ce n'est vraiment pas le moment de jouer les sentimentales voyons... En plus elle a décidé de se marier donc je suis censée lui en vouloir. Sans compter que mes pieds ne touchent même pas le sol à cause de ce sale type.'

« Lâchez là !, s'indigne la souveraine »

Il la gifle violemment de sa main libre, si bien qu'elle tombe au sol. 'Le sale type... Pourquoi n'utilise-t-elle pas ses pouvoirs ?'

« Je préfère les femmes dociles rappelez-vous en, la réprimande-t-il, mais pour l'heure dites-lui adieu, votre chère et tendre va nous fausser compagnie »

Il te tient à présent par la gorge, t'étranglant en même temps. Tu essaies de lui faire lâcher prise avec tes mains, mais tes forces t'abandonnent peu à peu.

« Vous aviez promis, reprend-elle, laissez la tranquille... Lâchez là »

Tu manques d'air, et sens que tu vas finir par perdre conscience quand ce qui te semble être un portail apparaît en dessous de toi. Il déclare alors sarcastiquement :

« D'accord, je la lâche... »

Il te libère alors de son emprise et te laisse tomber. Ta dernière vision est la main d'Elsa qui se tend pour que tu la saisisses. Mais il est trop tard, le portail s'est refermé derrière toi. Tu ne saurais dire si ta chute a duré des heures, des minutes ou quelques secondes... Mais tu finis par t'écraser sur quelque chose violemment : un lit.

'Mais où je suis…'

Tu balayes la pièce du regard. Tout te paraît familier.

'C'est pas vrai….'

Et pour cause : te revoilà chez toi.