Bonsoir !

Comment ça va, vous ? Pleine forme de mon côté. Des changements se profilent dans ma vie et même si c'est angoissant et que ça me fait peur, je suis malgré tout très impatiente.

Je tenais à vous remercier pour votre engouement sur les chapitres précédents. Vous avez été nombreux à me dire que vous aviez aimé la discussion entre Drago et Viktor et ça me touche beaucoup, parce que ça montrait à quel point Drago veut être le meilleur aux yeux d'Hermione, qu'il ne veut pas se faire doubler, surtout par quelqu'un qui a déjà un passé avec elle. Bon, après, ça ne le décide pas plus à ouvrir son coeur pour de bon mais ...

Dans le dernier chapitre dans le présent, Hermione s'était excusée auprès de Lucas pour être partie sans rien dire après avoir couché avec lui et il ne lui en avait pas tenu rigueur. Drago, comprenant que les choses lui échappaient, avait un peu rendu les armes avant de se rendre compte - grâce à Camila - qu'il devait se secouer un peu.

FF a eu des petits bugs la semaine passée, donc si je n'ai pas répondu à votre review ce n'est pas de ma faute, juré.

Bonne lecture !

Merci à Lyra Muushya pour sa relecture.


Chapitre 14 : Je veux marcher le regard fier, renverser toutes les barrières sans regretter d'être moi-même, qu'importe les anathèmes (Victoria)

« Je te souhaite d'être heureuse avec Flanker. Plus heureuse que tu ne pourras jamais l'être avec moi. »

S'il avait vu les larmes poindre dans les yeux d'Hermione, il ne serait jamais parti. Pourtant il avait quitté les cachots sans autre forme de procès et avait précipitamment rejoint le grand hall pour transplaner à Pré-Au-Lard.

Drago se demandait comment c'était possible de ressentir autant d'émotions en même temps sans exploser. Il ressentait un mélange de culpabilité, de tristesse, de regret et pourtant d'amour également.

La culpabilité d'avoir laissé Camila en plan était incomparable à la culpabilité qu'il ressentait par rapport à tout ce qu'il avait fait endurer à Hermione depuis leur rencontre à New-York jusqu'à ce soir. Il ne se rendait compte que maintenant qu'en voulant éviter de la faire souffrir, c'était justement comme ça qu'il lui faisait de la peine. Elle était attachée à lui, il le savait, elle le lui avait dit et souvent démontré et il n'avait fait que nier l'évidence. Il ne se sentait peut-être pas capable d'assumer une relation mais il était peut-être temps de grandir un peu et de faire face à ses émotions, essayer de les travailler, d'améliorer ses défauts et de canaliser ses peurs.

Il était triste en repensant à ces dix derniers mois où il aurait pu vivre une histoire d'amour et à cause de ses conneries, il l'avait laissée filer. Il était triste et plein de regrets d'avoir volontairement laissé Hermione dans les bras de cet attardé de Flanker parce qu'il savait qu'un type comme lui correspondait trait pour trait à l'idéal masculin qu'elle avait.

Et l'amour. Sa triste vie jusqu'ici se résumait à avoir grandi dans une famille de richissimes sang-pur avec une étroitesse d'esprit indéfinissable qui avait tout décidé à sa place sans qu'il n'ait la possibilité de ressentir le moindre sentiment d'affection ou d'amour, jusqu'au jour où il avait assisté à une scène d'une cruauté sans précédent où sa tante torturait une jeune femme que, jusqu'ici, il se complaisait à détester. Depuis ce jour-là il avait été incapable de ressentir de l'amour pour qui que ce soit d'autre, même si beaucoup avaient essayé de le faire changer d'avis.

Comme il savait qu'Hermione avait dû rejoindre Lucas après leur brève entrevue, Drago rejoignit sa maison et se promit de réfléchir à la manière dont il allait devoir s'y prendre pour qu'elle tombe à nouveau dans ses bras, mais cette fois-ci pour les bonnes raisons. Mais il savait que la tâche risquait d'être ardue car Hermione n'est pas un jouet qu'on casse et qu'on peut facilement réparer.

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Presque deux mois s'étaient écoulés et Hermione n'avait pas eu de nouvelles de Drago autres que quand ils se saluaient à peine en se croisant dans les couloirs de Poudlard. Cette situation la pesait. Il était tellement maître de ses émotions qu'elle était incapable de dire s'il l'évitait par peur, par envie, ou par simple provocation. Même durant les séances du Club de Duel il ne lui parlait qu'à peine, se limitant aux échanges nécessaires.

Elle avait bien tenté quelques fois de lui parler mais il coupait toujours court à la conversation. Hermione s'était finalement rendue à l'évidence, tout était terminé.

Lorsqu'elle avait le moral en berne, elle savait qu'elle pouvait toujours compter sur Lucas. Leur relation s'embellissait au fil des semaines et Hermione pouvait affirmer sans ciller que Lucas était l'homme idéal. Il était intelligent, prévenant, généreux, attentionné et surtout, facile à vivre. Ce qui la changeait considérablement du caractère de cochon de Drago.

Aujourd'hui était le dernier jour de cours avant les vacances de Noël et Hermione et Lucas partageaient leur réveil. La brune sentit des lèvres chaudes se poser sur les siennes, puis sur sa joue, sa nuque et son épaule. Elle s'étira en souriant et quand elle croisa le regard bleu de Lucas en ouvrant les yeux, elle s'estima chanceuse.

« Bonjour … Tant de tendresse dès le matin, je ne suis pas sûre d'arriver à m'en passer maintenant que j'y ai goûté. »

« Ça tombe très bien que ce soit avec moi que tu te réveilles alors. »

Lucas l'embrassa avec tendresse, tout en encerclant sa taille d'un bras.

« Qu'as-tu prévu pour ton dernier jour de cours avant les vacances ? » demanda-t-il.

« J'ai préparé pour mes première année une sorte de jeu de rôles pour qu'ils mettent en pratique, tout en s'amusant, tous les sortilèges que nous avons vus depuis le début de l'année. Mes quatrième année attendent depuis trois semaines de travailler l'Evanesco qu'ils trouvent très drôle alors je pense que c'est ce que nous allons faire et pour mes septième année ce sera un ASPIC blanc. Je sais, je suis une horrible professeure qui donne un examen la veille des vacances mais ils ont été tellement dissipés ces derniers temps que c'est leur punition. »

« Tu n'as pas à te justifier. J'ai entendu dire que Malefoy leur collait un examen le jour de la reprise des cours. »

Hermione serra les dents à l'évocation de son homologue de potions.

« Malefoy ne prend pas en compte la psychologie de ses élèves ni leur bien-être. S'il a envie de les faire chier en les faisant réviser pendant les fêtes alors que lui se la coulera douce, il le fera. »

« Il n'a pas de conscience professionnelle ni de pédagogie. Minerva a fait la plus grosse erreur de sa vie en acceptant de l'engager. »

« Il est tout de même maître des potions, tu ne peux pas nier son talent dans ce domaine. »

« Je ne le nie pas. Il est doué mais il n'a en aucun cas le profil d'un professeur. »

« Je sais que vous ne vous entendez pas alors pourquoi tu t'entêtes à me parler de lui ? »

À force, le ton de Lucas, quand il parlait de Drago, semblait obsédé.

« Parce que tu penses que lui ne parle pas de moi ? Il ne doit pas manquer une occasion de me tailler un costard. »

Hermione était tentée de lui répondre que oui, Drago n'était pas tendre le concernant, mais elle eut le bon goût de ne pas le faire. Lucas partit se doucher, la laissant sur le lit avec ses pensées. Elle rejoignit cependant la salle de bain alors que Lucas venait d'entrer dans la cabine de douche.

« Vous avez des antécédents, Malefoy et toi ? » demanda innocemment Hermione en s'appuyant contre le lavabo.

« Pourquoi ? »

« Oui ou non ? »

« Non. On ne s'entend pas, c'est tout. Nous sommes très différents, je n'aime pas du tout son comportement et son caractère. »

Hermione sentit dans sa voix que quelque chose sonnait faux, comme si ce n'était pas l'entière vérité.

« C'est simplement une mauvaise entente entre collègues de travail ? »

« Seulement ça. Tu devais certainement avoir des collègues que tu n'aimais pas au Ministère, non ? »

« Oh tu sais, moi, je suis plutôt facile à vivre, je m'entends avec tout le monde à partir du moment où on ne m'embête pas. »

« Et comment en avoir après toi ? Tu es une femme formidable. »

Hermione devina le sourire avec lequel il avait dit cela. Ce sourire qui prenait tout son visage et qui faisait se dessiner quelques rides aux coins de ses yeux. Elle se débarrassa rapidement de son pyjama et rejoignit Lucas sous la douche.

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Les pommettes rosies d'Hermione ne laissaient que très peu de doutes sur le pourquoi du comment elle et Lucas arrivaient en retard pour le petit déjeuner.

Installé à gauche de la table des professeurs, comme d'habitude, Drago les regarda avancer, l'un derrière l'autre. Il la connaissait par cœur. Après l'amour, elle avait toujours les joues rehaussées d'une jolie teinte framboise et ses yeux pétillaient. Les deux arguments étaient réunis en ce moment précis et Lucas, derrière, le torse bombé avec un regard bienveillant quoiqu'un peu possessif posé sur elle, ne faisait qu'appuyer sa théorie.

Drago sentit petit à petit une boule se former dans son estomac et une autre dans sa gorge, si bien qu'il fut incapable de répondre à Madison, la professeur de divination, lorsqu'elle lui demanda par trois fois de lui passer la confiture de myrtilles.

La jalousie.

Comme quand il avait appris que Cormac lui avait pris sa virginité. Comme quand Krum et son QI de grille-pain lui avaient retiré Hermione au dernier matin de leur séjour à Mexico. Comme quand elle avait flirté avec Marcus dans le piano bar. Comme, tout simplement, à chaque fois qu'elle approchait de trop près un autre homme que lui.

Terminé. Il avait laissé passer deux mois pendant lesquels il s'était dit que peut-être, éventuellement, sur un malentendu, ses sentiments disparaîtraient comme par magie mais là, il fallait qu'il prenne le dragon par les cornes.

« Drago ! »

Il papillonna des yeux et regarda Madison à sa gauche qui s'impatientait.

« La confiture de myrtilles ! Bon sang mais il faut deux siècles pour que les informations montent jusqu'à ton cerveau. »

Il lui donna la confiture en grommelant.

« Que fais-tu pendant les vacances ? Je me disais que peut-être, tu pouvais venir passer quelques jours chez moi ? Je rejoins le Pays de Galles pour les fêtes. Ma famille y vit mais j'ai encore mon appartement là-bas, dans la banlieue de Cardiff. C'est … »

« Non. »

Madison était trop bavarde. Il avait eu le malheur de coucher avec elle un soir ou deux - ou trois/quatre peut-être - et maintenant elle s'accrochait à lui comme un botruc à sa branche, en pensant pouvoir lui être d'une compagnie régulière. Mais non. Elle était trop bavarde, trop tête en l'air, trop farfelue, pas assez expressive au lit et surtout, pas assez brune.

« Non ? » releva Madison avec une voix qu'elle ne voulait pas si aigüe.

« Non. Ecoute Maddy, j'ai des projets pour les fêtes et ils ne t'incluent pas. D'ailleurs, ma vie entière ne t'inclue pas alors si nous pouvions rester des collègues de travail, et uniquement cela, ça m'arrangerait pas mal. Qu'en dis-tu ? »

Il n'eut conscience que trop tard qu'il avait manqué de tact et que son franc parler dut blesser Madison puisqu'il vit son menton trembloter. Elle déglutit péniblement en hochant la tête.

« C'est toi qui décides, Drago. »

Madison hocha la tête avant de presque la plonger dans son café tant elle avait honte. Drago lui caressa doucement le dos avant de terminer son toast et de quitter la grande salle le premier.

Il n'avait pas de cours aujourd'hui mais avait pour projet de ranger et nettoyer de fond en comble les cachots qu'il avait mis lui-même dans un désordre hallucinant. Alors qu'il travaillait consciencieusement sur une potion, une demi seconde d'inattention avait fait exploser et flamber l'entièreté du chaudron. Agacé par son étourderie, il avait alors tout laissé en plan en se promettant de mettre de l'ordre le lendemain.

C'est tout en sifflotant Georgia On My Mind de Ray Charles qu'il agitait sa baguette çà et là dans la pièce, nettoyant son désordre et remettant à leur place tous les objets ayant volé dans l'explosion. Sa chansonnette fut interrompue par un rire hautain dans l'entrée des cachots.

« Alors comme ça tu chantes, Malefoy ? »

« Tiens donc, Flanker. Tu n'as pas peur de te salir en t'aventurant dans les bas-fonds de Poudlard ? Tu devrais faire attention, si une toile d'araignée se logeait par malheur dans tes cheveux, je doute fort que ta petite amie apprécierait. »

« Qu'est-ce qu'Hermione vient faire là-dedans ? »

« Je dis juste que ça serait dommage de la faire fuir à cause d'une araignée dans tes cheveux gominés. »

« Tu n'attends que ça, pas vrai ? »

Drago leva un sourcil.

« Quoi donc ? »

« Qu'elle me quitte, tu n'attends que ça, ça se voit. »

Le blond eut un petit rire méprisant quoi que tout de même un peu décontenancé.

« Je te demande pardon ? En quel honneur je voudrais qu'elle te quitte ? Vous avez l'air tellement heureux tous les deux, ça serait dommage de priver le monde d'une telle harmonie mutuelle. »

« Je vois comme tu la regardes. Elle est la seule, dans tout ce château, à ne pas être scrutée par tes yeux malhonnêtes. Tu as envie de vomir quand tu la vois avec moi et tu sais quoi, Malefoy ? C'est bien fait pour toi. »

Drago baissa les yeux sur l'index menaçant que Flanker venait d'apposer sur son torse. D'une brève pichenette associée à une mine dégoûtée, il lui fit retirer ce doigt inopportun.

« Premièrement, tu ne me touches pas avec tes doigts sales et deuxièmement, plaît-il ? C'est bien fait pour moi ? »

Il ne nia pas le reste qui était bien trop évident pour n'importe qui.

« Tu crois que je ne sais pas, pour vous deux ? »

« Qu'est-ce qu'elle t'a dit ? » fit Drago d'une voix plus grave.

Cette question, sortie avec une spontanéité et une non-réflexion sans précédent, fit sourire Lucas d'un air plutôt machiavélique.

« Elle, rien. Mais tu viens de confirmer mes théories. Tu pensais que personne ne vous voyait dans les couloirs ? Dans les salles ? Que personne ne vous entendait chuchoter ? Tes regards sur elle ne trompent pas et depuis quelques semaines, plus exactement depuis Halloween, on ne vous entend plus chuchoter dans les couloirs. Et si toi tu continues à la dévorer du regard quand tu la croises, elle, elle te dévisage, ou pire parfois, elle te snobe. »

Drago sentait la colère l'envahir. Il détestait ce type plus que de raison et là, il venait avec ses gros sabots pour lui dire ça ? Non mais il allait le réduire en pudding et le faire cuire dans un chaudron pour en faire une potion, le problème allait vite être résolu.

Devant le mutisme de son vis-à-vis, Lucas continua.

« Et depuis Halloween, c'est moi qui l'ai. Ne t'avise plus jamais de la regarder et encore moins de lui adresser la parole en dehors de votre Club de Duel à la con. »

« Sinon quoi ? » provoqua Drago avec un sourire mutin. « Tu vas me torturer ? Me tuer ? Te plaindre à Minerva que ton collègue de travail te fait des misères ? Tu ne me connais pas, Flanker. »

« Oh si je te connais, Malefoy, bien plus que tu ne peux le croire. »

« Tu penses me connaître parce qu'on travaille ensemble depuis trois ans ? Tu penses me connaître parce que tu as lu un article dans La Gazette du Sorcier ? Tu penses me connaître parce que mon nom est tristement célèbre ? Ne te fie pas à ce que tu peux lire, Flanker, si tant est que tu saches lire. »

« Ne me provoque pas ! »

« J'en tremble. » pleurnicha faussement Drago en tendant devant lui ses mains qui ne tremblaient pas du tout.

« Tu ne pourras pas dire que je ne t'avais pas prévenu à propos d'Hermione ! »

Drago le laissa prendre le chemin de l'extérieur de la salle avant de l'interpeller quand il fut à la porte.

« Hey, Flanker ! Si tu me connaissais si bien, tu saurais que quand on m'empêche de faire quelque chose, ça me donne encore plus envie de le faire. »

Un sourire vint alors prendre place sur ses lèvres. Une moue à la fois triomphante et provocatrice, pour montrer à Flanker qu'il n'était pas maître de la situation et qu'il ne déciderait pas de l'avenir ni de comment les choses devaient fonctionner.

On ne barre pas si facilement la route du Prince de Serpentard.

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Seule dans son appartement après sa journée de cours, Hermione courait un peu dans tous les sens. Elle avait rendez-vous chez Harry d'ici une heure et sa valise était loin d'être prête. Elle la remplissait, la vidait, jetait encore d'autres choses dedans avant de les ressortir inlassablement. Le fait est qu'elle n'arrivait pas à se concentrer.

La perspective de passer deux semaines de vacances chez les Potter et au Terrier l'enchantait mais elle savait qu'elle allait avoir droit à plusieurs choses déplaisantes : Ginny allait lui prendre la tête avec Lucas en exigeant de le rencontrer, Molly allait encore lui répéter inlassablement, en privé, qu'elle aurait préféré que Ron l'épouse elle plutôt que Lavande et Lavande, justement, allait encore et toujours la regarder de travers pendant une semaine.

Elle bouclait enfin sa valise quand elle entendit toquer à sa porte. Deux coups, un temps d'arrêt, un coup. Son cœur s'emballa. Qu'est-ce qu'il voulait ? Elle alla ouvrir et fit face à un Drago d'une élégance rare. Habillé d'un costume noir, ses mains jointes dans son dos, il la toisait du regard. Le voyant ainsi vêtu, elle se surprit à le trouver incroyablement sexy.

« Je peux savoir ce que tu fais ici ? »

« Bonjour Hermione. Je peux entrer ? »

Il avait le dos droit, le menton relevé et un air déterminé sur son visage pâle. Elle ne put se résoudre à refuser alors elle s'écarta et le laissa entrer.

Il ne se débarrassa pas de sa cape et Hermione en conclut qu'il n'avait donc pas prévu de rester longtemps.

« Je ne t'embêterai pas longtemps. » dit-il. « Je venais juste prendre de tes nouvelles et savoir ce que tu avais prévu pour ces vacances ? »

On ne bernait pas une Gryffondor si facilement. Depuis quand Drago Malefoy prenait « juste des nouvelles » sans avoir quelque chose derrière la tête ? Il ne fallait pas oublier qu'il n'était qu'un incorrigible Serpentard.

« Qu'est-ce que cela t'apportera de le savoir ? »

« C'est une simple curiosité. »

« Tu ne fais jamais les choses par simple curiosité. Tu disais me connaître ? Moi aussi je te connais, Drago. Tu as toujours une idée derrière la tête. Donc maintenant dis-moi, qu'est-ce que cela t'apportera de savoir où je serai pour les fêtes ? Tu comptes me rejoindre ? »

« Alors que tu vas probablement les passer avec le balafré, sa rouquine de femme, leurs mioches, la belette, sa femme que tu détestes et toute une ribambelle de rouquins mal fagotés ? Très certainement pas. »

« Tu n'as donc pas besoin que je te dise où je serai puisque, visiblement, tu le sais déjà. »

Un sourire calculateur apparut sur les lèvres du blond.

« J'avais juste besoin de ta confirmation. Merci Granger, passe de bonnes fêtes. Oh et, embrasse Lucas de ma part ! »

Il ponctua sa phrase d'un clin d'œil avant de sortir de son appartement.

Hermione jura à voix haute pour sa débilité. Non mais quelle cruche ! Elle ne voulait rien dire à Drago et ce perfide animal avait réussi à le lui faire dire indirectement. Ceci-dit, comme il l'avait très si justement dit lui-même, il n'avait aucune raison de venir au Terrier alors elle ne risquait pas de le croiser.

Il était parti, elle était là, et elle ne put définir réellement le sentiment qu'elle éprouvait. Elle était heureuse avec Lucas mais malgré tout elle ne pouvait pas nier que Drago lui manquait. Une relation - même conventionnelle - avec Lucas n'avait rien à voir avec la relation qu'elle avait pu avoir avec le blond. Lucas était tout ce dont elle rêvait mais Drago était tout ce dont elle avait besoin. Il lui avait dit un jour qu'elle ne se sentirait épanouie qu'avec quelqu'un comme lui et elle commençait à y croire.

Elle secoua sa tête pour chasser ces pensées et fixa une image de Lucas dans son subconscient.

La jeune femme enfila son manteau et ses chaussures, se saisit de sa valise et prit la direction du premier sous-sol, plus précisément du chemin menant aux cuisines et, par extension, à la salle commune des Poufsouffle.

Là, près des tonneaux entassés, une lueur bleue attira le regard d'Hermione qui se mit à sourire.

« C'est bon Teddy, sors de là. Il n'y a personne. »

« C'est trop la honte ! » pesta le garçon en sortant de sa cachette et en rejoignant Hermione à pas rapides.

« Merci pour moi ! »

« Mais non Hermione, c'est … ce n'est pas contre toi ! Pourquoi il faut que je parte maintenant et avec toi ? Pourquoi je ne peux pas prendre le Poudlard Express avec tout le monde demain matin ? »

« Je te l'ai déjà dit. Ton parrain a du travail par-dessus la tête au Ministère et il y est coincé pour une affaire urgente qui prendra tout le week-end. Ginny, elle, attend que nous rentrions pour partir en Ecosse jouer un match de Quidditch. Comme je dois garder James, Albus et Lily, personne n'aurait pu venir te chercher sur le quai demain matin. »

« Molly aurait pu venir ! Ou Arthur. Et je serai resté au Terrier jusqu'au réveillon. »

Hermione regarda Teddy pendant qu'ils avançaient vers le grand hall.

« Tu veux vraiment passer tant de temps seul au Terrier avec Arthur qui prépare depuis deux mois ce réveillon de Noël façon moldu dont il rêve ? »

Teddy ouvrit de grands yeux et se ravisa. La passion d'Arthur Weasley pour le monde moldu n'était une légende pour personne et cette année, le patriarche avait décidé d'organiser lui-même - avec l'aide de sa femme - des fêtes de Noël moldues. Il avait demandé plein d'informations à Harry et à Hermione par hiboux et il était terriblement excité par cette perspective. Molly n'arrivait même plus à contenir l'impatience de son mari.

« On sera bien au Square Grimmaurd, en fait. »

Hermione ricana. Elle prit la main de Teddy, lui répéta encore les consignes d'un transplanage d'escorte sécurisé et, en une demi seconde, ils se retrouvèrent devant la demeure des Potter.

Après leur arrivée, Ginny avait rapidement laissé quelques consignes à Hermione qui lui répétait inlassablement que ce n'était pas la première fois qu'elle gardait les enfants, même deux jours d'affilés. La rouquine ne put s'empêcher d'insister encore sur le fait que Lily manquait de sommeil, tout en courant à droite à gauche pour ramasser ses dernières affaires.

« Gin' ! » cria finalement Hermione en empoignant son amie par les épaules. « Nom d'une chouette, respire un peu tu es aussi rouge qu'une beuglante. »

Ginny prit une inspiration tremblotante et souffla d'un coup. Hermione reprit.

« Tes enfants sont entre de bonnes mains. Ton mari rentre de mission dans deux jours et toi, tu vas mettre la raclée de leur vie aux Vagabonds de Wigtown. »

La rousse hocha la tête, visiblement calmée.

« Merci 'Mione. »

« Je t'en prie, c'est tout à fait normal. »

Elle entoura son amie de ses bras et la serra un moment contre elle, jusqu'à ce qu'elle lui chuchote :

« Quand je rentre, je veux tout savoir à propos de Lucas. Ses qualités, ses défauts, ses performances au lit, sa vie, tout ! Et également quand est-ce que tu comptes nous le présenter. »

Hermione retint une insulte à l'attention de sa meilleure amie et la laissa transplaner tranquillement.

La jeune femme se retrouva alors seule adulte au milieu de quatre enfants. Teddy étant grand, il savait se gérer seul. C'est ainsi qu'une fois arrivés, il était monté dans sa chambre pour retrouver un environnement familier quitté il y a plus de trois mois. Dans le salon, Lily jouait dans son parc pendant qu'Albus et James jouaient avec l'échiquier sorcier de leur père. Alors non, ils ne savaient absolument pas jouer aux échecs, mais le principe les faisait rire alors ils ordonnaient aux pièces de bouger à un endroit aléatoire, en priant tous les Fondateurs qu'elles se fassent casser par les autres.

Les Potter ayant facilement adopté un mode de vie à la fois sorcier et moldu, Hermione choisit la manière moldue pour préparer le dîner du soir. Elle savait qu'avec leurs emplois du temps respectifs, Harry et Ginny n'avaient que très peu l'occasion de préparer des vrais repas équilibrés pour leurs enfants alors elle s'affaira à cuisiner des escalopes de veau avec une sauce aux champignons et des pommes de terre sautées en accompagnement ainsi qu'une purée de pommes de terre pour Lily.

Lorsqu'elle entendit toquer à la porte du Square d'une manière qui sonnait trop familière à ses oreilles, Hermione s'arrêta de respirer. Elle avait mal entendu. Oui, c'était ça, elle avait mal entendu et peut-être même que personne n'avait toqué. Pourtant les deux coups, le temps d'arrêt, et le dernier coup se firent entendre encore deux fois. Il lui semblait bien qu'elle n'avait pas repris sa respiration depuis et elle reprit son souffle quand Albus trottina jusqu'à elle.

« James est allé ouvrir ! »

L'information ne parvint que trop tard au cerveau d'Hermione puisqu'elle entendit la voix de l'aîné suivie d'une autre voix plus traînante, plus grave et plus adulte.

« Bonjour m'sieur. T'es qui ? »

« Par Salazar … Non mais … Qu'est-ce que c'est que … Tu as la même tronche insupportable que ton fayot de père, tu le sais ça ? »


Il se pourrait bien que Drago n'en ai fait qu'à sa tête ...

J'espère que ça vous a plu. Moi, j'ai déjà hâte d'être au prochain chapitre !

À mercredi prochain, du love pour vous !