Depuis la sortie du single, des publicités sont apparues un peu partout concernant le groupe et ils ont déjà fais pas moins de huit lives. Ca n'a l'air de rien comme ça mais je trouve qu'ils gèrent étonnamment bien pour leur âge. J'ai dis que j'étais fier d'eux ? Dans le cas contraire, c'est un oubli impardonnable, mais je crois que je l'ai mentionné plusieurs fois.
Sinon, depuis notre réconciliation, à la maison, Hitoshi me colle plus que jamais. Il a eu, je cite "trop peur de me perdre pour toujours". Ca me dérange pas, il l'a toujours fait de toute façon et ça me rassure même d'un certain point de vue.
Ce matin, comme mes petits protégés doivent répéter pour leur live de ce soir, je décide d'aller faire un tour sur des sites de fans pour voir ce qu'elles disent de mes champions. C'est un très bon baromètre parce que leurs goûts peuvent changer trés rapidement et suivant des critères pas toujours compréhensibles. Enfin c'est ce que m'ont dit to-san et to-chan. Surtout to-san d'ailleurs avec tout ce qui lui est arrivé quand il a intégré News et même un peu avant. Même Yamashita-san qui est passé me voir l'autre jour, me l'a dit "l'amour des fans est inconstant". Enfin du coup je vais voir ça. Je suis un peu anxieux de découvrir ce qu'elles pensent mais ça devrait aller. J'allume donc l'ordinateur et cherche des sites en japonais bien sûr, mais aussi en anglais et en français puisque je sais que les groupes ont des fans partout dans le monde même si aux yeux de l'agence, seuls les japonaises comptent. Ce qui est d'ailleurs parfaitement stupide à mon sens. L'agence aurait autant à y gagner que les fans étrangères et il est temps que ce principe d'un autre âge disparaisse. C'était bon au début du siècle ça. Et encore. J'en parlerais à Sakurai-san.
Bon apparemment mes garçons sont bien reçus, les filles les trouvent mignons et… attendez une minute… c'est quoi cette phrase ? "J'ai beau regarder les vidéos, je trouve quand même que Haru-chan ressemble beaucoup à Matsumoto-san. Ma mère était super fan de lui donc j'ai comparé des photos et ça me parait totalement évident". He ? C'est quoi ce délire ? Et la conversation continue en plus : "t'as raison. Tu crois pas que ça pourrait être son fils ?", "Une ressemblance pareille, ça s'invente pas", "pourquoi tu crois qu'il nous l'a caché ?". Ouh là… Ouh là, ouh là, ouh là, on se calme les filles. Une ressemblance ? Mais jamais de la vie, ils se ressemblent pas du tout, vous êtes pas du tout physionomistes. Je rigole devant mon écran et change de site en me marrant encore, mais mon sourire s'efface en lisant globalement les mêmes phrases. Du coup je continue sur tous les sites que je trouve pendant près d'une demie heure, mais partout il y a la même rumeur : Tomoharu-kun serait le fils caché de Matsumoto-san. Bon, les rumeurs, on sait ce qu'elles valent, ce sont les fantasmes des fans qui prennent corps (je me souviens encore de celle apparue quand j'étais enfant, selon laquelle to-san aurait secrètement épousé tata Saori. Tout ça parce qu'ils sont proches), donc à la limite si ça s'arrêtait à un site, je dis pas, mais là, elle est sur tous. Même le fan-club officiel en parle. Mais non, décidément, impossible de croire une rumeur, les fans sont dingues voilà tout.
Je coupe internet et décide d'aller voir la répétition de mes protégés. Quand je rentre dans la salle, Shinobu-kun, qui est le meilleur en danse, est en train de compter les temps à voix haute pour éviter tout décalage avec la musique et je m'efforce de me faire tout petit (ce qui est pas simple étant donné ma taille) pour éviter de les déconcentrer. Ils sont vraiment à fond, on sent qu'ils sont passionnés par ce qu'ils font. Et pourtant, je sais qu'à l'origine, Tamaki-kun et Sui-kun ont juste été poussés par leurs mères, ils n'avaient pas spécialement envie de devenir idoles et Shiro-kun y est entré parce que c'est un fan des Nippon Connexion. Il faut l'entendre parler de ses sempai adorés, c'est mignon et touchant à la fois. J'ai pas osé lui dire que je sors depuis longtemps avec Hitoshi, je ne sais pas quelle réaction il aurait.
La musique s'arrête, les garçons aussi et ils prennent conscience de ma présence.
- Bonjour Ataru-san, me salue Tomoharu-kun.
- Bonjour les garçons. Alors comment ça se passe ? Vous êtes prêts pour ce soir ?
- Oui, on l'est et on a hâte, me répond-il en souriant.
Absolument aucune ressemblance, c'est n'importe quoi. Faut qu'elles arrêtent leurs délires les fans.
- Alors c'est très bien. Il faut que votre performance soit parfaite, parce qu'elle marquera vos débuts officiels, lâché-je en sachant très bien quelle sera leur réaction.
La stupeur se lit sur leurs visages, ils s'entreregardent, puis me fixent, éberlués.
- C'est… pas une blague ? demande Sasuke-kun. On va vraiment débuter ? Pour de vrai ?
- Oui, confirmé-je en souriant à mon tour. Vous allez vraiment débuter pour de vrai. Les fans ont adoré le single, vos lives sont toujours complets et elles vous aiment déjà depuis des mois, alors il a été décidé que vous étiez prêts.
- Youpiiiiii ! s'exclame alors Shiro-kun en se mettant à sautiller partout comme à chaque fois qu'il est content, avant de faire un câlin à tous les membres du groupe qui le lui rendent en souriant.
- Je suis très fier de vous.
- Alors c'est nous qui sommes fiers, me répond Tomoharu-kun. On ne vous le dit pas assez, Ataru-san, mais la personne qu'on veut le moins décevoir au monde, c'est vous. Parce que vous faites tellement pour nous, qu'on vous en est tellement reconnaissants et que vous comptez tellement pour nous. Comme un vrai frère. Alors c'est pour vous qu'on se donne aussi à fond, pour que vous soyez fier de nous.
Les autres acquiescent vigoureusement de la tête et moi, cet aveu me bouleverse. C'est la première fois qu'on me dit ce genre de chose. Je savais qu'on s'entendait bien, mais je n'imaginais pas qu'ils ressentaient tous ça envers moi. Ca me touche réellement et profondément. Mais je ne suis pas doué dès que ça touche au sentimental (je tiens de to-san à ce niveau), alors pour dissimuler mon émotion, je grogne vaguement :
- N'importe quoi, je ne fais rien de particulier… Travaillez pour vous-mêmes, pas pour moi, petits baka… Allez, au boulot, moi aussi j'ai à faire de mon côté.
- Oui ! On s'y remet ! s'exclame aussitôt Shinobu-kun en faisant signe à ses amis de reprendre leurs positions.
Je sors rapidement comme si j'étais pressé de vaquer à mes occupations, mais en réalité je n'ai rien de particulier à faire, je voulais juste leur cacher que j'ai les larmes aux yeux. Petits baka sentimentaux… Vous êtes pas censés vous attacher comme ça à votre manager…
Ca fait maintenant deux semaines que mes petits ont débuté et le croule littéralement sous les demandes les concernant : shoots, interviews, apparitions télé, emissions de radio et même drama, il n'y a pas assez d'heures dans une journée ni même de jours dans une semaine pour caser la moitié de ce qui leur est proposé, surtout qu'ils vont toujours a l'école en plus du reste. Je suis obligé de trier le plus intéressant et de refuser ou décaler poliment le reste. Mais à cause de leur jeune âge, je dois aussi m'efforcer de leur caser un jour off de temps en temps pour qu'ils puissent se reposer. Là ça fait deux heures que je suis en train de me prendre la tête sur leur planning de la semaine prochaine parce que Tomoharu-kun qui est en dernière année de lycée a ses examens à préparer et que du coup il doit avoir un emploi du temps à part.
- Raaaaaah c'est pas possiiiiiible ! m'exclamé-je tellement fort qu'Hitoshi passe la tête dans le bureau.
- Ataru ? Qu'est ce qui se passe mon amour ?
Ah oui depuis notre réconciliation, il m'appelle sans arrêt par des petits noms. Mais contrairement a to-san qui a jamais aimé ça au grand désespour de to-chan, moi ça m'ennuie pas. Si ça lui fait plaisir, tant mieux.
- Rien c'est ce fichu planning qui me pose problème...
- Pourquoi ?
- Tomoharu-kun doit préparer ses examens donc il ne pourra pas être là tout le temps mais ils ont trois shoots et des tas d'émissions a faire et les 6Dreams sans leur leader c'est pas possible... Je sais pas comment faire...
- Je peux voir ? demande-t-il en venant s'assoir sur mes genoux, un bras autour de mon cou.
Je lui tends mon emploi du temps plein de trous, la liste des activités prévues pour le groupe et le planning des examens de Tomoharu-kun en me demandant bien comment il pourrait débrouiller ce que moi-même je galère à faire. Il reste silencieux plusieurs minutes, l'air concentré et je me retiens très fort de l'embrasser dans le cou.
- Je t'avoue que là je ne sais pas comment t'aider, finit-il par dire. Pour moi la seule solution c'est de laisser les activités du groupe et de vous passer de Tomoharu-kun.
J'émet un claquement de langue agacé. Pas a cause de mon compagnon bien sûr, juste parce que le problème semble insoluble excepté cette solution qui ne me plait pas.
- Je vais faire un tour voir les ventes des magazines, dis-je alors en me levant, le faisant glisser de mes genoux. A mon retour j'aurais peut-être eu une illumination.
- Fais vite, ne. Tu sais bien qu'il ne nous reste pas beaucoup de temps à passer ensemble...
Ah oui c'est vrai qu'il y a ça aussi... A la fin de la semaine prochaine, les Nippon Connexion partent en tournée et je vais rester un mois sans le voir...
- Je sais. Je fais vite.
- D'accord. Je t'aime.
- Moi aussi.
Je l'embrasse rapidement (avant d'être tenté par davantage alors que j'en ai pas le temps) puis me chausse et quitte l'appartement en direction du combini où je vais juste m'arrêter prendre un truc à boire avant d'aller à l'agence. Perdu dans mes pensées, je ne remarque qu'à peine les regards qui se posent sur moi. C'est le même cirque chaque fois que je mets un pied dehors alors j'essaye de faire abstraction puisque je peux rien faire contre. En entrant dans le combini, par automatisme, je vais faire un tour du côté des magazines. J'adore voir combien mes garçons sont photogéniques et à quel point ils ont l'air heureux sur toutes leurs photos. Mais en arrivant dans le rayon presse, ce ne sont pas les unes de magazines féminins qui attirent mon regard mais une manchette choc écrite en rouge en une d'un magazine a scandale : "Noda Tomoharu, le fils caché de Matsumoto Jun !". Un filet de sueur froide me coule le long de la colonne vertébrale et je m'empare immediatement du torchon. Sous le titre qui a attiré mon attention, il y a une photo. De Tomoharu-kun. Avec Matsumoto-san. Et Julie-san. C'est pas possible... Les fans ne pouvaieny pas avoir raison, ce n'était que des élucubrations sans queue ni tête... Tomoharu-kun ne peut pas m'avoir caché une information pareille... Et pourtant, en regardant avec attention, l'évidence me saute aux yeux : ce n'est même plus une ressemblance qu'il y a entre mon protégé et Matsumoto-san, c'est sa copie conforme en plus jeune... Comment ça a pu m'echapper ? Comment j'ai pu être assez aveugle pour ne pas le remarquer ? Non en fait je sais pourquoi... c'est parce que Matsumoto-san est celui que je regardais le moins dans Arashi, Aiba-san mis a part. Je n'ai toujours eu d'yeux que pour Sakurai-san. Sakurai-san... il faut que je lui parle de tout ça ! Mes projets initiaux oubliés, j'achète rapidement le magazine et fonce a l'agence où j'entre sans frapper dans le bureau de mon protecteur.
- Ataru-kun ? fait-il, étonné. Quelle surprise. Que me vaut ce plaisir ?
Je ne réponds pas tout de suite, marche jusqu'au bureau et plaque le magazine sur le meuble, juste devant lui.
- Sakurai-san, est ce que c'est vrai ? demandé-je. Est ce que Tomoharu-kun est le fils de Matsumoto-san ?
Avec un calme que je lui envie, il prend le magazine, observe quelques instants la photo en première page et je l'entends murmurer "Jun, vous n'avez pas été assez prudents cette fois...". Ce qui confirme tout sans même qu'il réponde vraiment. Il me regarde ensuite dans les yeux et dit :
- Oui, Ataru-kun, c'est vrai. Assieds-toi, je vais tout t'expliquer.
Je m'asseois donc en le fixant, avide de savoir, de comprendre les raisons pour lesquelles tout le monde a menti.
- Quand Arashi était encore en activité, on a officiellement rencontré Julie-san qui venait de prendre la place de son père grâce à l'intervention du tien.
- Oui to-chan nous a raconté cette histoire parce que to-san aime pas en parler.
- Toma est trop modeste. Bref... Il y a eu un coup de foudre immédiat entre Jun et Julie et ils ont commencé à sortir ensemble secrètement malgré leur différence d'âge.
- Julie-san doit avoir une dizaine d'années de plus que lui non ?
- Environ oui. Et il se trouve qu'elle... est rapidement tombée enceinte pour le plus grand plaisir de Jun qui a toujours voulu une famille. Et pour éviter le scandale qu'aurait forcémment entraîné cette grossesse, ils se sont secrètement mariés.
- Et Tomoharu-kun est né.
- Oui. Sauf que "Tomoharu" n'est pas son vrai prénom. Son nom complet est Matsumoto Tsukasa Junnosuke. Tsukasa parce que Julie-san adorait le rôle de Jun dans "Hana yori dango" et Junnosuke parce que Jun a toujours dit que si un jour il avait un fils, il l'appellerait comme ça.
- Alors pourquoi "Noda Tomoharu" ?
- Patience, j'y viens. Après la naissance de Tsukasa-kun, Julie-san s'est rendue compte qu'avec le temps que prenait son éducation, elle ne pouvait pas gérer l'agence seule et a demandé à Jun de l'aider en devenant directeur adjoint.
- He ? Mais c'est vous qui...
- Oui parce que Jun, qui ne voulait pas de cette responsabilité, m'a recommandé. J'ai accepté et on a tous décidé que si un jour Tsukasa-kun entrait dans l'agence, utiliser son vrai nom serait une erreur parce que ça ne ferait que rendre jaloux les autres Juniors. J'ai donc proposé le pseudo "Noda Tomoharu" qui n'entrainerait aucun amalgamme avec la famille Matsumoto.
- Vous vous trompiez. Il n'y avait pas besoin de son nom. Une rumeur circule sur les sites de fans depuis un moment parce que plusieurs ont remarqué que lui et Matsumoto-san se ressemblaient énormément. Ce que je n'avais moi-même pas remarqué avant de tomber sur cette photo tout à l'heure.
- Je vois... Et qu'en penses-tu ?
- Je comprends la raison de ce mensonge... mais j'aurais être mis au courant d'une autre façon et avant le reste du Japon...
- Je m'en doute, mais c'est Tsukasa-kun lui-même qui a souhaité que tu ne sache rien. Il craignait que, connaissant sa véritable identité, tu ne te comporte différemment avec lui que quand il n'était que Noda Tomoharu. Il t'apprécie vraiment beaucoup tu sais.
- Je sais. Et c'est réciproque. C'est un gentil garçon. Ils le sont tous. Je suis fier de m'occuper d'eux. Qu'est ce qui va se passer maintenant ?
- Ca dépend en partie de tes protégés. Comment penses-tu qu'ils réagiront lorsqu'ils apprendront la nouvelle ?
- Ils sont très amis alors je doute fortement qu'ils le prennent mal.
- Bon. C'est déjà ça. Julie-san et Jun ont décidé de donner une conférence de presse et de révéler la vérité au public pour éviter que davantage de rumeurs se propagent. Ohno, Nino, Aiba et moi allons faire front commun avec eux pour les soutenir, alors comme la déferlante ne va pas épargner Tsukasa-kun, assure-toi que les 6Dreams soient solidaires. Il va avoir besoin de ses amis et si un seul flanche, le pauvre Tsukasa-kun ne sera pas épargné.
- Je vois. Je leur ferais comprendre les enjeux.
- Je compte sur toi.
- Vous pouvez. Par contre si ça ne vous ennuie pas, plusieurs questions me viennent.
- Je t'écoute.
- Une fois que "Matsumoto Tsukasa" existera officiellement aux yeux du monde, que va devenir "Noda Tomoharu" ? Il va définitivement disparaitre ?
- Ca c'est lui qui en décidera. Pose-lui la question. Après tout, même si chez lui ses parents l'appellent par son vrai nom, il préférera peut-être rester "Noda Tomoharu" pour le travail.
- Hum...
Je reste silencieux quelques secondes, puis déclare :
- Son planning me pose problème.
- Que veux-tu dire ?
- Il vient d'avoir dix-sept ans. Il va bientôt entrer en période d'examens et je sais mieux que personne à quel point il va avoir besoin de temps pour étudier... mais l'emploi du temps du groupe est tellement chargé...
- Parles-lui en aussi. (Il se lève, fait le tour de son bureau et profite que je suis assis pour poser les mains sur mes épaules) Tu es leur manager, Ataru-kun mais tu es humain et à peine plus âgé qu'eux. Tu dois te faire à l'idée que tu ne peux pas tout faire et surtout pas de miracles. Si quelque chose te parait insoluble, parler à la personne concernée peut tout régler. Il aura peut-être la solution qui te fait défaut. Tsukasa-kun est intelligent, il tient de Jun pour ça aussi.
- Quand aura lieu la conférence de presse ?
- Mardi matin. Fais en sorte que le groupe soit disponible à ce moment-là d'accord ?
- Très bien. J'aviserais quand j'aurais personnellement parlé avec Tsukasa-kun.
- Sage décision. Je n'en attendais pas moins de toi, Ataru-kun.
- Sakurai-san… il y a une question que je veux vous poser depuis longtemps mais... je n'ai jamais osé et ça m'intrigue.
- Quoi donc ?
- Pourquoi vous vous occupez de moi depuis que j'ai douze ans ? Je ne représente pourtant rien pour vous.
Un sourire éclaire ses traits.
- Pour être franc, tu me fais penser au fils que je n'aurais jamais.
- He ? Je ne vous suis pas là. Je sais bien que vous n'avez plus trente ans mais vous...
Je suis interrompu par la porte qui s'ouvre... sur Aiba-san, qui fond sur Sakurai-san et harponne son bras comme Hitoshi fait avec moi, sans paraitre se rendre compte que je suis là.
- Sho-chan qu'est ce que tu fabrique ? Je t'attends pour rentrer à la maison moi. J'ai...
- Hum... Masaki, nous ne sommes pas seuls, le coupe mon protecteur en faisant un léger mouvement du menton dans ma direction.
- He ? (Il tourne la tête et me remarsue enfin) Oh Ataru-kun, bonjour. Ca fait longtemps. Tu vas bien ?
- Bonjour Aiba-san, réponds-je par automatisme. Oui je vous remercie.
Mon regard passe de l'un à l'autre sans comprendre.
- Ataru-kun, tu as vois là une partie de ce que tu ne comprenais pas il y a quelques minutes. Je n'ai pas d'enfant parce que je suis en couple avec Masaki depuis vingt ans. Et nous n'avons jamais pu adopter parce que d'après les orphelinats il y avait déjà assez de "parents monosexe comme ça entre les Koyama et les Ohno".
- Heeeeee ?!
En couple avec Aiba-san depuis vingt ans... J'aurais voulu ne pas avoir l'air si surpris, mais mon monde s'écroule là en fait. J'ai toujours considéré Sakurai-san comme l'archétype du père de famille parfait.
- Je... Je suis désolé, balbutié-je, soudain triste de savoir que c'est en partie à cause de mon adoption par to-san et to-chan.
- Ne t'excuse pas. Je ne suis pas malheureux. M'occuper de toi à ma façon m'a donné l'illusion d'avoir un fils comme Jun, Ohno et Nino. Et Masaki comble très bien le reste. Vraiment ne t'en fais pas. D'ailleurs tu t'es réconcilié avec Hitoshi-kun ?
- He ? Heu oui. Je suis carrément allé le chercher chez ses pères.
Ils rigolent tous les deux.
- Ca a du lui plaire ça, fait remarquer Aiba-san. Allez tu viens Sho-chan, on rentre. Tu avais promis qu'aujourd'hui tu ne resterais pas longtemps au bureau.
- C'est vrai. Ataru-kun, merci d'être passé. Je compte sur toi pour mardi, ne.
- Bien sûr.
Il me sourit, puis récupère ses affaires et, sur un dernier sourire à mon adresse, quitte la pièce avec son compagnon. J'en reviens vraiment pas. Cette histoire est complètement ouf et digne d'un drama.
Je sais. Il sait que je sais. Je sais qu'il sait que je sais. Il n'y a qu'à voir les regards qu'il me lance parfois, mais pour le moment on ne peut pas parler parce qu'ils sont en pleine interview, alors je ronge mon frein. Un quart d'heure plus tard, je profite que les garçons discutent entre eux pour faire signe à leur aîné de me rejoindre. Ce qu'il s'empresse de faire.
- J'imagine que tu sais de quoi je veux parler, lui dis-je à mi voix.
Il hoche la tête.
- Est-ce que les autres sont au courant ?
- Pas encore… Je ne sais pas comment leur annoncer…
- Il va falloir faire vite. Demain il y a la conférence de presse et malgré l'amitié qu'ils te portent, je doute qu'ils apprécient d'apprendre devant les journalistes que tu n'es pas celui que tu prétendais.
- Je sais… Ataru-san, aidez-moi, comment je peux leur dire ?
- La première question c'est : est ce que tu veux utiliser ton vrai nom dans le groupe ou tu veux rester "Noda Tomoharu" ?
- Je ne sais pas… Qu'en pensez-vous ?
- Il y a du pour et du contre dans les deux cas : redevenir "Matsumoto Tsukasa" mettra certainement davantage le groupe en lumière, mais par conséquent toi aussi et beaucoup plus de choses seront attendues de toi car tu es le fils du célébrissime Matsumoto Jun. Et rester "Noda Tomoharu" permettra de ne pas perdre vos fans qui se sont déjà attachées à ton surnom, mais vous aurez sûrement moins d'expsition médiatique involontaire. A toi de décider ce qui est le mieux à la fois pour toi et pour le groupe. J'en ai parlé avec Sakurai-san et tu es libre de choisir ce que tu préfère. Aucun de nous ne te contraindra à quoi que ce soit à ce sujet.
Il reste silencieux quelques instants et tourne la tête vers ses amis qui rient entre eux. Je n'ai jamais vécu ce qu'il traverse en ce moment, mais je pense que je comprends son état d'esprit.
- Je veux ce qu'il y a de mieux pour le groupe. La pression liée à mon nom… je peux l'endurer si c'est pour eux.
- Dans ce cas, il va te falloir laisser partir "Noda Tomoharu".
- Hum… (il reste silencieux quelques instants, puis reprend) Ataru-san… est ce que vous…
- Si tu veux savoir si je me comporterais différemment avec "Matsumoto Tsukasa" qu'avec "Noda Tomoharu", la réponse est non, dis-je en posant une main sur son épaule. Je ne suis pas le genre de personne qui s'attache à un nom, c'est ce qu'il y a en toi qui m'intéresse. Dans ton cœur et dans ta tête. Le reste n'a pas d'importance.
- Merci…
Je lui ébouriffe alors les cheveux comme nii-chan faisait avec moi quand j'étais plus jeune et lui souris.
- Allez, il faut tout leur dire maintenant, sinon il sera trop tard et ils t'en voudront.
On est mardi, à H moins quinze minutes. Les garçons sont stressés. Ca va être leur première conférence de presse. Je les observe depuis que Tomoharu-kun… pardon, que Tsukasa-kun (même moi il va me falloir le temps de m'y faire) leur a tout dit et les choses se passent bien, ce qui me conforte dans le fait que les liens d'amitié sont plus forts que tout, l'amour excepté.
Je décide de les rejoindre, parce que leur nervosité est en train de me gagner.
- Ataru-san…
Tsukasa-kun a l'air complètement perdu, ce qui me touche.
- Ca va bien se passer, vous n'avez pas de raison de stresser. Tsukasa-kun, ce sont tes parents et les membres d'Arashi qui vont porter l'essentiel de la conférence et s'ils te posent des questions embarrassantes, je répondrais à ta place. Laisse-moi m'en charger d'accord. Tout ce que vous avez à faire est de rester soudés. Le reste, on s'en occupe.
Je fais hyper assuré et pro comme ça, mais en réalité, j'en mène pas plus large qu'eux. Pour moi aussi ce sera une première. J'aurais aimé qu'Hitoshi soit là pour me dire que tout va bien se passer, mais aujourd'hui, lui et les autres Nippon Connexion ont un… He ? C'est pas eux qui viennent d'entrer dans la pièce ? Qu'est ce qu'ils font là alors qu'ils devraient être en tournage de cm ?
- Ataru chéri !
L'exclamation habituelle de mon compagnon et son habituelle ruée vers moi. En général ça me dérange pas, mais là…
- Hito, on est au travail tous les deux… murmuré-je une fois qu'il est assez près pour m'entendre. Enfin moi du moins. Toi je comprends pas bien ce que tu…
- Je ne pouvais pas te laisser seul dans cette épreuve, alors on est tous venus en renfort. Vous soutenir. Avec l'approcbation de Yamashita-san, je précise.
Alors là, si même leur manager approuve la démarche…
Ouais, enfin sauf que le "chéri" a échappé à aucun de mes protégés, qui murmurent le mot depuis une bonne minute d'un air ébahi. Fantastique, il manquait plus que ça aujourd'hui, comme si les choses étaient déjà pas assez compliquées.
- Ataru-san… vous et Ohno-sempai, vous… commence Sasuke-kun en nous regardant alternativement.
- Heu… oui… confirmé-je. Mais c'est pas le lieu ni le moment pour en parler, on verra ça plus tard. Ne, Hito ?
- Bon d'accord… cède-t-il en me lâchant finalement.
Suzuki s'approche alors de Tomoha… de Tsukasa-kun (décidément…), ce qui m'inquiète et je me tiens prêt à intervenir. J'ai aucune confiance dans ce type. C'est un pourri de première que j'estime capable de tout. Mais bon, là on dirait que je suis sur mes gardes pour rien, il est juste venu l'encourager. Bon…
Les autres 6Dreams, eux, ont l'air figés et impressionnés, je me demande pourqu… Ah mais oui c'est vrai que les Nippon Connexion sont leurs modèles, j'avais complètement zappé. Ca me fait bizarre de penser que… Je me retourne parce que Shiro-kun a attrapé le bas de ma veste et tire un peu dessus pour attirer mon attention. Je me retourne et le regarde d'un air interrogateur mais il me fait signe de me pencher et me murmure quelque chose à l'oreille en rougissant comme une tomate. Et ce qu'il me dit est tellement adorable, que ça me distrait un instant de l'enjeu de la matinée.
- Hito, Shiro-kun est très fan de toi et il voudrait savoir si vous pouvez faire une photo.
Un sourire fleurit sur les lèvres de mon petit ami, qui se penche vers mon minuscule protégé.
- Alors c'est toi le fameux Shiro-kun dont Ataru me parle tout le temps ? Je suis content de te rencontrer. Désolé de ne pas l'avoir fait avant. Tu me pardonne ?
- Je… J'ai rien à te pardonner sempai… Tu as beaucoup de travail et je suis rien du tout alors…
- Ne dis pas ça. Chacun est quelque chose à son niveau. Et mon petit doigt m'a dit que tu as déjà beaucoup de fans, alors ne te dévalorise pas, ne. Allez on la fait cette photo ?
Je sors mon portable et décide de la prendre moi-même.
- Allez souriez.
Je prends la photo, puis une idée me vient.
- Mettez-vous tous ensemble les deux groupes, je vais vous prendre en photo.
Je me dis que ça fera un souvenir à l'ensemble des 6Dreams. Par contre, ce qui me plait très moyennement, c'est l'air extasié qu'a Tsukasa-kun en regardant Suzuki. Il faut que je le mette très sérieusement en garde contre lui. Je peux pas laisser faire, il risquerait de souffrir et c'est mon devoir de faire en sorte que ce soit pas le cas.
Au moment où je range mon portable, la porte s'ouvre sur Julie-san et Matsumoto-san. La situation me revient alors et je redeviens sérieux.
- Tsukasa, c'est l'heure, viens, lui dit son père.
- J'arrive, to-san, dit-il en le rejoignant avant de disparaitre dans la pièce adjacente avec lui et sa mère.
Moi je me sens mal à l'aise, comme chaque fois que je suis face à cet homme. Il ne fait rien de spécial et il ne s'est même jamais intéressé à moi, mais il me stresse. Du coup je me concentre sur mes garçons.
- Allez on y va aussi. Restez calmes, d'accord ?
Dit le mec qui est le moins calme de tous.
J'ai observé Tsukasa-kun pendant toute la conference de presse et il avait l'air assez calme pour un gamin concerné au premier plan. Cela dit je soupçonne que la présence de ses parents et de tous les Arashi d'être pour quelque chose dans sa zenitude. Et je pense aussi qu'il voulait pas flancher devant ses sempai de Nippon Connexion ni devant son groupe. Ni devant moi. Il a du se mettre une pression intérieure assez phénoménale.
J'étais tellement occupé à le regarder, que j'ai d'ailleurs même pas percuté quand un journaliste m'a posé une question et c'est Sakurai-san qui, en toussotant, me l'a fait comprendre. Je reprends mon sérieux et réond de mon mieux aux journalistes. J'espère ne pas m'en sortir trop mal, c'est une première pour moi, mais je le dois à lui et au groupe.
Enfin voilà, c'est terminé. Enfin du moins en ce qui concerne la conférence de presse. Parce que je sens que les problèmes font que commencer. A mon avis, même si les fans de 6Dreams prennent bien la chose, ça ne va pas du tout être pareil à l'intérieur de l'agence.
