Utilisée comme monnaie d'échange pour une alliance entre deux royaumes, la Princesse Isabella est loin de se douter que son mariage au Prince Edward n'est que l'évènement déclencheur d'une série de bouleversements, où leur loyauté et leur union seront mises à dure épreuve. All Humain, Royalward et Royalella

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Je m'excuse pour le retard dans la publication de ce chapitre. D'importants examens à l'université et l'extraction de deux dents de sagesse (Aie !) m'ont retardée.

Si vous avez un compte sur Tumblr, vous pouvez me suivre (Bookish-biochemist). Je publie pleins de trucs et je vais commencer à mettre des mises à jour de Better in time là et (pourquoi pas ?) des teasers des chapitres suivants !

Les chapitre ont été corrigés et updatés avec l'aide Stella. Ce chapitre est également corrigé et je tiens à la remercier énormément, autant pour la correction que pour ses suggestions pour améliorer l'histoire.

Allons-nous atteindre les 200 reviews avec ce chapitre ? Si c'est le cas, il se pourrait que le chapitre 15 apparaisse avant que deux semaines complètes ne soient passées… Je dis ça comme ça ! :P

Bonne lecture !

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Elle leva enfin les yeux vers les autres. Il était difficile de déterminer ce que chacun d'entre eux pensait, mais elle espérait sincèrement qu'ils la croiraient. Edward lui ouvrit les bras et la Princesse alla s'y réfugier.

« Ce n'est pas que nous ne vous croyons pas Isabella, » dit Esme, en choisissant ses mots avec soin. « Il est difficile pour nous de bien comprendre la situation – »

On ne sut jamais ce que souhaitait dire la Reine, car elle fut brutalement interrompue par Rosalie, visiblement en colère, qui s'exclamait :

« Vous ne croyez tout de même pas à ce tissu de mensonges !? Il s'agit clairement d'une histoire inventée pour qu'on ne la soupçonne pas d'avoir tenté d'assassiner Edward ! Isabella a sans doute mis le poison dans le vin et l'a regretté par la suite ! »

La réplique de Rosalie figea Isabella sur place. Elle avait craint qu'on ne la croie pas et elle n'était pas surprise que cela vienne de Rosalie. La Princesse et la future Reine n'étaient pas proches comme elle l'était avec Alice et cela avait beaucoup à voir avec la réticence qu'elle ressentait de la part de la future Reine depuis son arrivée. Malgré ses quelques visites à l'orphelinat, aucune amitié ne s'était développée entre les deux. Pourtant, Isabella avait le sentiment que Rosalie s'entendait assez bien avec Alice, même si leur amitié ne rivalisait pas avec celle entre Isabella et Alice.

En s'exprimant, Rosalie s'était approchée d'Isabella, un doigt accusateur pointé vers elle. De son côté, Edward, furieux, vint se positionner devant son épouse, ses yeux fusillant Rosalie. Le mince contrôle qu'il avait sur lui-même venait de lui glisser entre les mains lorsque sa belle-sœur avait accusé ainsi son épouse. La seule idée que sa famille pense Isabella capable d'un tel acte mettait le Prince hors de lui. Ne voyaient-ils pas à quel point elle était douce et loyale ? Ne comprenaient-ils pas à quel point elle tenait à lui, comme lui-même tenait à elle ?

« Je n'arrive pas à y croire, Rosalie ! Comment pouvez-vous seulement penser que mon épouse ait tenté de m'assassiner ? Quelle insulte ! Quel blasphème ! » s'écria Edward, gardant Isabella derrière lui, comme pour la protéger. « Comment pouvez-vous la laisser dire une telle chose !? »

Cette dernière remarque était adressée aux autres membres de la famille. Emmett fixait Isabella du regard, ses traits fermes et déterminés. Esme, au contraire, adressa au couple un sourire rassurant. Carlisle, à ses côtés, examinait son plus jeune fils et son épouse, son visage ne laissant aucune émotion paraître. Jasper et Alice se tenaient en retrait, mais semblaient profondément bouleversés par la situation.

« Nous devrions écouter ce que Rosalie a à dire, » détermina le Roi, sur un ton décidé.

« Carlisle ! » s'exclama son épouse, « Tu n'es pas sérieux, tout de même !? Allons Rosalie, Isabella fait partie de notre famille, vous ne pouvez tout de même pas penser que – »

« À quel point connaissons-nous vraiment Isabella ? » demanda la future Reine, d'un ton plus doux en s'adressant directement à Esme.

« J'ai dit que nous allions écouter Rosalie, » répéta fermement Carlisle, en même temps.

Rosalie fit dos à Edward et Isabella et s'adressa directement aux autres membres de la famille.

« Soyons réalistes : que savons-nous réellement de Phoenix ? Du Roi Charles ? De sa famille ? » Elle s'arrêta un instant pour ajouter une touche dramatique à ses paroles. « Bien peu de choses. Comment pouvons-nous être certains de pouvoir leur faire confiance ? Dans la dernière décennie, nous avons eu très peu de contacts avec la famille royale de Phoenix. Cependant, dès l'instant où Aro se montre menaçant, Charles vous contacte afin de contracter un mariage entre sa seule fille et Edward ! Comment pouvons-nous savoir que Charles n'est pas de connivence avec Aro et que sa fille, Isabella, n'est pas là pour jouer un rôle parmi nous ? Cette attitude timide, cette difficulté à s'intégrer au royaume et à notre famille… Et si tout cela n'était qu'une façade pour nous mettre en confiance, nous amadouer ? »

« Non ! Je vous jure que ce n'est pas ça ! » fit Isabella, toujours debout derrière son époux, qui semblait la protéger des autres, mais surtout de Rosalie. La Princesse était désormais en larmes, désespérée qu'on ne la croie, qu'on comprenne qu'elle n'avait rien fait de mal. Elle avait simplement sauvé la vie de son époux. Elle agrippa le bras d'Edward. « Jamais je ne ferais de mal à Edward ! Je n'ai rien à voir avec Aro, je vous le jure ! Edward, dites-moi que vous me croyez ! »

« Bien sûr que je vous crois, Isabella ! » assura Edward, en se tournant vers elle. Il passa un bras autour d'elle pour l'attirer contre lui. « Je vous crois, je vous crois… » répéta-t-il, en enfouissant son visage dans la chevelure de son épouse. « Jamais Isabella ne ferait une telle chose ! Vous ne l'avez pas vue au sein de sa famille ! Charles pourrait bien être capable de faire affaires avec Aro, mais Isabella ne ferait jamais une telle chose pour Charles ! J'ai vu comment il agissait avec sa fille ! Je sais comment il l'a maltraitée durant toute son enfance, comment il l'a forcée à m'épouser ! »

Isabella sanglota dans le torse d'Edward, n'osant pas rencontrer le regard des autres. Esme, quant à elle, poussa une exclamation de surprise à la révélation de son fils et vit la même réaction sur les visages de Jasper et Alice. Rosalie et Emmett semblèrent surpris un instant, mais reprirent le contrôle rapidement. Carlisle resta impassible.

« Edward, en dehors de tout cela,» commença Rosalie en faisant désormais face à son beau-frère. « Vous vous rappelez ce que je vous ai dit avant votre mariage ? Edward, tout comme Jasper et Emmett, vous méritez d'aimer votre épouse. Il n'est pas trop tard pour renvoyer Isabella à Phoenix et trouver une femme dont vous êtes amoureux et l'épouser. »

Isabella éclata en sanglots, son visage enfoui dans le torse d'Edward. Elle ne pouvait croire ce que Rosalie avait proposé. Elle avait la nausée à l'idée de retourner à Phoenix et de voir Edward épouser quelqu'un d'autre. Quant à son époux, il tremblait de rage. Alors qu'Isabella pleurait contre lui, il ne pouvait croire ce que Rosalie venait de dire. Comment osait-elle ? Renvoyer Isabella à Phoenix ? Les mots manquaient pour exprimer la colère qui l'habitait.

« Rosalie ! » rétorqua Esme, estomaquée. « Vous allez vraiment trop loin ! »

« Trop loin ?! » s'exclama Edward, les dents serrées. « Rosalie est allée trop loin dès l'instant où elle a insinué qu'Isabella pourrait avoir tenté de m'assassiner ! Je suis maintenant convaincu qu'elle a complètement perdu la tête ! »

« Inutile d'insulter mon épouse, » intervint Emmett, lançant un regard mauvais à Edward.

« Pardon, mon frère. J'avais oublié à quel point elle avait été respectueuse envers Isabella et moi en tentant de me convaincre qu'elle avait tenté de m'assassiner et que je devrais simplement la renvoyer à Phoenix, » répliqua Edward, avec sarcasme.

« Inutile de s'en prendre les uns aux autres, » ajouta Carlisle en se déplaçant entre ses deux fils. « Malheureusement, Rosalie n'a pas tort. » Au regard que lui lança Edward, le Roi ajouta : « Au sujet du Roi Charles et d'Aro. Je ne pense pas qu'Isabella soit de connivence avec Aro, cependant. »

Isabella avait cessé de sangloter, mais ses émotions connaissaient encore des hauts et des bas. La Princesse n'avait plus aussi peur qu'on croit à tort qu'elle avait tenté d'empoisonner Edward. Cependant, elle avait le sentiment que cette soirée marquait un tournant décisif pour cette famille. Il était impossible qu'ils retournent tous à leur vie demain, sans que cette discussion n'ait créée des frictions entre les différents membres de la famille. Comment faire face à Rosalie, une personne en qui elle avait cru pouvoir faire confiance ?

Edward gardait toujours son épouse dans ses bras, la protégeant ainsi des autres membres de la famille.

« Alors, que faisons-nous de cette situation ? » demanda Emmett, en passant son regard d'Isabella à son père. Il s'adresse directement à lui, pensa Edward. Emmett est tellement habitué à prendre toutes les décisions avec Carlisle qu'ils pensent que ce sera encore le cas aujourd'hui. Cependant, je ne les laisserai pas déterminer le destin de mon épouse sans intervenir.

« Je ne crois pas qu'il s'agisse d'une décision que vous devez prendre seulement vous deux. En fait, je ne crois pas qu'il y ait décision à prendre, » intervint Jasper, à la surprise d'Edward. Alice et lui s'étaient tenus en retrait depuis le début. « Isabella fait partie de notre famille, » affirma-t-il, en regardant spécifiquement Emmett, Rosalie et Carlisle. « Premièrement, elle est l'épouse d'Edward. Cette raison devrait suffire pour que nous nous tenions tous ensemble au lieu de douter de sa loyauté. Il m'apparaît évident qu'Isabella n'a pas empoisonné Edward. Deuxièmement, elle porte son enfant et n'a aucunement besoin de tout ce stress ! Troisièmement, je suis encore en vie grâce à son intervention il y a quelques semaines ! Que cette histoire de vision soit vraie ou non, sans elle, je ne serais plus de ce monde. »

Un lourd silence envahit la pièce.

« De plus, » fit Jasper en poursuivant. « Nous faisons fi du point le plus important. Quelqu'un a tenté d'empoisonner Edward. Quelqu'un à l'intérieur de nos murs. Nous nous croyions à l'abri à l'intérieur de cette forteresse, mais nous ne le sommes pas ! »

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Plus d'une heure plus tard, Isabella et Edward parvinrent enfin à leur chambre. La Princesse se sentait épuisée par cette terrible soirée, mais elle avait le sentiment que le sommeil ne viendrait pas aisément.

Les paroles de Jasper avaient été suivies d'un lourd silence. La conversation sur l'implication d'Isabella ou de Charles auprès d'Aro avait cessé pour faire place à des discussions stratégiques sur la protection de tous les membres de la famille royale. Désormais, les femmes seraient toujours en présence de gardes durant la journée si elles n'étaient pas avec leur époux. Évidemment, au château, des soldats étaient toujours proches, mais certains seraient désormais assignés personnellement et directement aux Princesses et à la Reine de Forks. Les Princes et le Roi seraient également mieux protégés, mais seraient surtout armés plus lourdement à chaque moment. Tous devaient se montrer sur leurs gardes, car il semblait impossible de prédire d'où viendrait la prochaine menace.

Kate avait fait préparer une assiette pour le Prince et la Princesse qui n'avaient pas encore pris leur repas. Le couple mangea peu, l'appétit coupé par les évènements bouleversants de la soirée. Isabella pensait que, sans cette vision quelques heures plus tôt, son époux aurait perdu la vie. Edward, lui, était surtout obsédé par les paroles de Rosalie concernant Isabella. Il savait bien qu'Isabella et Rosalie n'étaient pas de proches amies, mais de là à avancer de tels mensonges sur son épouse ?

Il y avait donc un agent double dans leur rang, se disait Edward. Quelqu'un en qui la famille royale faisait confiance et qui avait tenté de l'assassiner ce soir. Mais qui ? Et comment l'identifier sans inquiéter le château en entier, sans le faire fuir ?

« J'aurais préféré que vous ne révéliez pas ce que je vous avais confié sur mon père, » dit finalement Isabella en brisant le silence.

« J'ai jugé qu'il s'agissait d'une information pertinente pour vous défendre face à ma famille. Jamais je n'aurais pu croire que ma famille, Rosalie du moins, aille aussi loin dans leurs accusations, » détermina Edward. « Je devais vous protéger à tout prix. »

La gorge sèche, Isabella se força à prendre une gorgée d'eau. Elle n'aimait pas penser aux remarques de Rosalie et à la tristesse qu'elles avaient provoquée chez elle.

« Je comprends, » fit-elle faiblement. « Je n'ai pas menti un seul instant, Edward. Je tiens à ce que vous le sachiez. Tout ce que j'ai dit ce soir était vrai. »

Le Prince comprit qu'elle faisait référence à ces visions qu'elle avait mentionnées. De façon étrange, Edward n'avait pas douté un seul instant qu'Isabella disait la vérité. Il se rappelait bien de sa constatation, quelques mois plus tôt, après ce premier combat, quand il avait compris qu'Isabella avait rêvé à ce qui venait de se produire. D'un autre côté, Edward avait entendu la voix d'une femme lui parlant à plusieurs reprises, une voix qu'il semblait être le seul à avoir entendu à chaque fois. Aurait-il dû le mentionner ce soir ? Aurait-ce aidé à convaincre sa famille de la véracité des propos d'Isabella, de son innocence ?

« Je maintiens ce que j'ai dit plus tôt ce soir. Je vous crois, Isabella. Sur tous les points, » assura Edward en saisissant la main de sa femme dans la sienne.

« Ils m'avaient condamnée pour trahison, » murmura la Princesse, la voix tremblante. « Je n'ai pas révélé cette information, mais… Ils allaient me pendre. C'était comme une seconde partie à la vision. Vous mourriez dans la première… Et je vous suivais dans la deuxième. »

La voix d'Isabella se brisa alors qu'un sanglot la traversait. Elle avait du mal à garder le contrôle sur ses émotions. Edward la saisit par la taille afin de l'asseoir sur ses genoux.

« Nous sommes toujours bien en vie, Isabella. Et nous allons le rester, je vous le jure. Vous n'avez pas à vous inquiéter. Je serai toujours là pour vous protéger. » Edward embrassa Isabella sur le front et posa une main sur son ventre. « Vous êtes ma priorité désormais, Isabella. Vous et notre enfant. »

Ils restèrent un instant dans cette position, alors qu'Isabella se calmait enfin.

« Venez, allons dormir ! » s'exclama Edward en tentant un sourire.

À l'instant où ils entrèrent dans la chambre, une odeur désagréable leur frappa les narines. Chez Isabella, cela lui donna la nausée et elle chercha un récipient. Edward s'empressa de retenir sa chevelure tandis que la Princesse vidait le contenu de son estomac.

« Mais quelle est cette odeur ? » demanda Edward, en tentant d'en trouver la source.

« Il y a du poison, ici, » fit faiblement Isabella, alors qu'une autre vague de nausée la secouait. Edward s'avança vers la coiffeuse, où l'odeur semblait plus forte. « Il s'agit d'un poison qu'on nous apprend à reconnaître à Phoenix. J'ignore comment quelqu'un a réussi à s'en procurer pour tenter de vous assassiner ce soir… »

« La personne qui a tenté de m'empoisonner a utilisé un poison provenant de votre royaume natal ? » demanda Edward. Lorsqu'Isabella acquiesça, une meilleure idée de la situation se forma dans l'esprit du Prince.

« Je crois que quelqu'un a tenté de faire porter le blâme sur vous, Isabella, » révéla Edward, l'air inquiet. « En utilisant un tel poison et en en camouflant dans notre chambre, je pense que cette personne était convaincue qu'on vous pointerait du doigt. »

Edward bougea la coiffeuse. Le couple observa alors la poudre répandue dessous.

« Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi ils ont tenté de vous assassiner. Ne serait-ce pas plus utile de s'attaquer à Carlisle ou Emmett ? » demanda Isabella.

« Il n'y a pas de doutes que le meurtre de l'un ou de l'autre bouleverserait grandement le royaume et nous affaiblirait. Cependant, je dirige l'armée. Mon décès, surtout si vous en étiez accusée, briserait l'alliance entre Forks et Phoenix. Les deux royaumes ainsi affaiblis, je ne doute pas qu'Aro saisirait sa chance et tenterait de nous anéantir, » expliqua Edward. « Ne vous en faites pas, Isabella, » ajouta-t-il devant son air inquiet. « Nous allons nous montrer plus vigilants à partir de maintenant et rien n'arrivera ni à vous, ni à moi. Cependant, pour le moment, nous devons identifier les personnes qui sont venues dans cette pièce. »

« Kate a apporté des robes, » l'informa Isabella. « J'ai également demandé à Jacob de venir y chercher un document pour moi… Vous ne croyiez pas que l'un des deux ait pu mettre le poison ici ? »

« Il faudra leur parler à tous les deux afin de déterminer s'ils ont vu quelque chose d'important, mais je ne pense qu'ils soient coupables. »

À ce moment, Kate entra dans la salle à manger pour récupérer la vaisselle de leur repas léger. Edward l'interpella dans la chambre, où Kate les rejoignit, l'air inquiet.

« Que puis-je faire pour vous, Monseigneur ? » dit la servante, son regard se posant sur la coiffeuse déplacée.

« Isabella me dit que vous êtes venue dans la chambre aujourd'hui. Pouvez-vous me dire si vous avez rencontré quelqu'un dans nos appartements ? Avez-vous observé un évènement qui vous semblait anormal ? » la questionna Edward.

« Non, » fit Kate, en réfléchissant. « J'ai rencontré le jeune Jacob alors qu'il quittait le couloir. Il était très fier de m'annoncer qu'il remplissait une mission pour vous, Madame. »

Edward acquiesça. Isabella l'avait informé de cela quelques instants plus tôt. Le regard de Kate se porta alors sur la poudre répandue sur le sol, à l'emplacement où se trouvait normalement la coiffeuse.

« Quand je suis entrée avec Jessica pour déposer vos robes, Madame, » fit Kate en s'adressant à la Princesse. « J'étais surprise de voir que Leah, la guérisseuse, se trouvait dans votre chambre. Elle avait laissé échapperune fiole sur le sol, juste devant la coiffeuse, ici. » La servante s'approcha et désigna l'espace où les fragments de verre s'étaient retrouvés plus tôt dans la journée. « Elle vous apportait un produit que vous aviez commandé, Madame. »

L'expression sur le visage d'Isabella avertit aussitôt Edward que ce n'était pas le cas. Elle jeta un regard paniqué à son époux, en secouant la tête.

« Je n'ai rien demandé à Leah, j'en suis certaine ! » s'exclama Isabella, ses yeux paniqués passant du Prince à sa dame de compagnie.

« Que se passe-t-il ? » demanda Kate, désormais très inquiète.

« Cette poudre sur le sol est du poison, le même qui s'est retrouvé dans mon verre ce soir. » Edward s'adressa directement à Kate, puis se tourna vers sa femme. Il alla revêtir son armure et prendre ses armes rapidement. « Restez ici, Isabella, avec Kate. Des soldats garderont l'entrée de nos appartements. Je dois aller interroger Leah. »

Il allait partir, quand Isabella le saisit par le bras pour le retenir. Les faits pointaient dans la direction de la jeune guérisseuse, mais la Princesse ne pouvait l'imaginer mentir et surtout tenter d'empoisonner Edward. Leah était si timide, si réservée… Personne n'osait lui parler trop durement, de peur de la faire éclater en sanglots.

« Vous croyez qu'il s'agit de Leah ? Vous n'allez pas discuter avec Jacob avant d'aller la voir ? »

« Les circonstances sont trop incriminantes, » dit Edward. « Elle a elle-même dit à Kate avoir laissé tomber une fiole en verre juste devant la coiffeuse, là où le poison a été retrouvé. Cependant, selon vos propres paroles, Leah n'avait aucune raison de se trouver ici. Aucune accusation n'est portée contre elle pour le moment. »

Sur ces paroles, le Prince quitta la pièce.

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Près de deux heures s'écoulèrent avant qu'Edward ne revienne à leur chambre. Le poison répandu sur le sol avait été enlevé. Isabella avait fait les cent pas, nerveuse à l'issue de cet interrogatoire. Kate, sa dame de compagnie, avait tenté de la convaincre de dormir, mais la Princesse était bien trop agitée. Dès l'instant où Edward mit les pieds dans la chambre, Isabella vit qu'il semblait autant inquiet qu'en colère.

« Alors, que s'est-il passé ? » s'enquit-elle, alors que Kate quittait la pièce.

Edward enleva son armure avec des gestes brusques et précipités.

« Lorsque nous sommes arrivés au bâtiment où elle logeait, Leah n'y était pas. Sa chambre était en désordre et il ne restait plus aucune de ses herbes. Nous avons la preuve qu'elle possédait plusieurs armes et qu'elle est partie en les amenant avec elle, » expliqua Edward en jetant sa tunique sur le sol, visiblement en colère.

« A-t-elle dit où elle allait ? » demanda Isabella, croyant encore à l'innocence de la guérisseuse.

« Personne ne l'a vue après la commotion causée durant le repas. Nous pensons qu'elle s'est enfuie alors que personne ne lui portait attention. Elle devait savoir que nous découvririons facilement son implication dans mon empoisonnement. Nous avons fouillé le château en entier, ainsi qu'une partie des terres environnantes et personne n'a vu quoique ce soit. »

« Avez-vous la preuve qu'elle est coupable ? » fit alors la Princesse en se préparant pour dormir. Cependant, elle n'avait pas le sentiment que le sommeil viendrait facilement.

« Nous n'avons pas trouvé de preuves directes. Si c'est le cas, Leah a bien couvert ses traces » avoua Edward en prenant son épouse entre ses bras. « Cependant sa fuite nous indique qu'elle avait sans doute quelque chose à cacher. Pour le moment, elle est simplement considérée comme suspecte dans cette affaire d'empoisonnement. Tous les servants, fermiers et artisans des environs seront avertis de communiquer avec la garde royale s'ils la voient. Elle sera alors amenée au château pour être interrogée. Pour le moment, la sécurité sera renforcée au château et dans les alentours. »

Isabella se laissa tomber assise sur le lit, la tête bourdonnant. Soudainement, une image bien précise lui revint en tête. Il s'agissait d'une pièce qu'elle n'avait jamais vue, avec une large carte disposée sur une table au centre de la pièce. Plusieurs marqueurs étaient disposés à des points stratégiques sur la carte. Un homme, à la longue chevelure noire, rejeta ses longues mèches par-dessus son épaule. Il regardait la carte avec attention. Un autre homme était aussi dans la pièce. Cependant, il se tenait dans la pénombre, alors Isabella ne pouvait voir son visage. Elle se souvint qu'elle le connaissait et sa voix lui rappelait des souvenirs, mais elle ne pouvait donner une meilleure indentification. Était-ce quelqu'un de son enfance, provenant de Phoenix ? Ou était-ce plutôt une nouvelle personne dans son entourage, qu'elle aurait rencontré depuis son arrivée à Forks ?

Ces deux personnes discutaient. L'une d'elle était clairement Aro, se rappela Isabella. Ils avaient discuté de l'empoisonnement d'Edward, en disant que le poison était parvenu à Forks. Qu'une fiole serait cachée dans ses affaires et qu'on ne devrait pas douter de sa culpabilité. Qu'Isabella serait sans aucun doute exécutée.

Puis… Le traître – du moins, la personne qu'Isabella pensait connaître – annonçait à Aro qu'Isabella était enceinte.

Un mauvais frisson secoua Isabella. Elle avait rêvé à cette scène plusieurs jours avant qu'on ne tente d'empoisonner Edward. La Princesse s'était réveillée avec un mauvais sentiment ce jour-là, mais n'était pas parvenue à se rappeler des détails précis de son rêve. Cependant, tout lui revenait désormais avec clarté.

« Ho non ! » s'exclama Isabella. Aro savait qu'elle portait un enfant. La jeune femme eut soudainement très peur.

« Qu'y a-t-il, Isabella ? » s'inquiéta Edward, devant l'air absent de son épouse.

« J'ai rêvé à une discussion entre Aro et une autre personne. J'ai le sentiment qu'il s'agit de quelqu'un que je connais, mais je ne pourrais dire qui. » Elle s'arrêta un moment, la bouche sèche. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine et ses mains tremblaient légèrement. « À mon réveil, je savais que j'avais fait un rêve important, mais les détails m'échappaient. Tout me revient, désormais. Ils avaient discuté de votre empoisonnement et de la façon dont ils voulaient faire me faire porter le blâme. Exactement de la même façon dont les évènements se sont déroulés. Puis… La personne que je pensais connaître annonçait à Aro que je portais votre enfant… »

« Un rêve, vous dites ? En êtes-vous certaine ? » s'enquit le Prince en faisant les cent pas devant son épouse assise sur le lit. Au hochement de tête, Edward se perdit de nouveau dans ses pensées. L'idée qu'Isabella ait rêvé à une scène réelle ayant lieu dans un autre royaume était difficile à croire. Cependant, il voyait dans son visage sa conviction. Il prit la décision ferme de la croire et de l'appuyer à chaque moment. « Pouvez-vous vous rappeler quand vous avez fait ce rêve ? »

« La journée où j'ai confirmé ma grossesse avec Alice, » se rappela Isabella. « Je suis certaine que c'était cette journée… Alice et moi étions seules dans le bâtiment des guérisseurs avec Leah ! »

Edward regarda sa femme avec alarme.

« Vous n'en avez pas discuté devant Leah, n'est-ce pas ? À ce point, Jasper, Alice, vous et moi étions les seuls informés de votre état, » conclut Edward. « Si elle est l'agresseur que nous recherchons, il se peut qu'elle ait écouté votre conversation avec Alice et transmis l'information à Aro. Merde ! »

Edward donna un coup de poing sur la coiffeuse, remise en place.

« Notre ennemi connaît votre état ! C'était bien la dernière chose dont nous avions besoin ! » s'exclama le Prince avec colère.

« Je suis désolée, » murmura la Princesse aux bords des larmes. « J'aurais dû être plus vigilante… Jamais je n'aurais cru… »

« Allons, ne vous en faites pas, Isabella, » fit son époux en s'asseyant sur le lit à ses côtés. Il la prit dans ses bras. « Rien ne laissait présager que Leah représentait un danger pour notre famille. »

La nuit s'écoula lentement pour le couple, alors qu'Edward tentait de rassurer son épouse qu'il serait toujours là pour la protéger. Dans une autre chambre du château, Esme et Carlisle venaient tout juste de cesser de se disputer. Alors que Carlisle exigeait de son épouse qu'elle garde ses distances avec Isabella, la Reine refusait d'écouter. Elle tenta à son tour de convaincre le Roi que la nouvelle Princesse ne représentait pas une menace pour quiconque. C'était même grâce à elle que deux de leurs fils étaient encore en vie ! Le couple ne parvint pas à atteindre une entente, alors qu'ils se mettaient au lit, dos à dos, chacun considérant la sécurité de leur famille.

Emmett et Rosalie discutèrent aussi longtemps dans la nuit, mais de leur côté, il n'y eut aucune dispute. Ils se convainquirent plutôt d'avoir raison de craindre Isabella et de s'en tenir éloignés. Rosalie se félicita de n'avoir jamais laissé son fils, son seul enfant, en présence de la Princesse. Les Dieux seuls savaient ce qui aurait pu se produire… ! Convaincus de leur avis et fiers d'être les seuls à voir réellement le danger, ils s'endormirent paisiblement avec leur fils couché entre eux. Leurs appartements étaient gardés par des soldats lourdement armés.

Les deux couples, Roi et Reine et futur Roi et future Reine, ignoraient tout de la chasse à la guérisseuse Leah, qu'on soupçonnait d'avoir tenté d'assassiner le Prince Edward.

Plus loin, Alice et Jasper ne dormaient pas non plus. La situation les inquiétait profondément et ils craignaient qu'une divergence d'opinions face à ce qui s'était produit entraîne une dérive dans la famille. Les accusations, très graves, posées par Rosalie leur semblaient complètement ridicules, mais Emmett et Carlisle semblaient y croire. Alice était dévastée à l'idée que sa collègue guérisseuse ait tenté d'empoisonner Edward. Jasper avait fouillé la chambre de Leah et avait un mauvais sentiment en ce qui la concernait. La guérisseuse avait vraisemblablement joué un double jeu sous le nez de tous – lui-même et sa femme en particulier – sans que personne ne le voit. Qui savait de quoi elle était réellement capable ?

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À plusieurs kilomètres de là, une jeune femme s'était réfugiée dans un abri de fortune. Leah avait fui bien avant qu'on ne cherche à la trouver et qu'on ne se questionne sur ses actions. Bien avant le repas, ses sacs – contenant ses poisons, herbes et armes – étaient prêts. Sa fuite avait été rapide. Dans la panique entourant l'attentat sur la vie du Prince Edward, personne n'avait porté attention à la guérisseuse misérable qui avait pris le chemin de la forêt.

Elle utilisa d'abord un couteau pour couper sa longue chevelure et utilisa des baies pour en changer la couleur. Leah utilisa des poudres afin de se donner un teint plus pâle. Avec le soleil couché, elle ne pouvait pas évaluer si son déguisement était convaincant. Demain matin, elle s'observerait dans un cours d'eau avant de s'aventurer dans un village voisin pour aller chercher des provisions pour les prochains jours.

La jeune femme jeta un regard à la précédente habitante de cette demeure, étendue sur le sol, un couteau en plein cœur. Demain, elle allait pouvoir l'enterrer sur le terrain afin de mieux dissimuler son corps. Si tout fonctionnait bien, personne ne pourrait s'apercevoir de la substitution au village et les soldats, qui l'avaient pourtant souvent vue au château, ne se douteraient jamais qu'elle se baladait sous leur nez.

Et quand le moment se présenterait, elle retournerait au château pour assassiner la Princesse Isabella et l'enfant qu'elle portait dans son ventre.