Chap 13 - Opiniâtre
Jeudi soir, tard dans la nuit ou tôt le matin du vendredi, Sarah se réveilla transie de froid. Maudissant le climat de l'écosse, elle se leva, et à la lueur de sa baguette chercha un pull dans sa valise. Assise en tailleur devant sa valise, elle pesta contre ce pull introuvable.
« Sarah ? Tu ne dors pas ? murmura Démentra en baillant, qui venait de sortir de la salle de bain.
« Je cherche un pull. » répondit la jeune fille sur le même ton, sans lever les yeux de sa malle
« Pourquoi tu cherches un pull ?
– Bah j'ai froid. » Déclara Sarah, comme si c'était une évidence.
Démentra la regarda, étonnée. D'habitude la jeune fille avait rarement froid, et encore moins à l'intérieur. Prise d'un doute, elle plaça sans prévenir une main sur le front de son amie.
« Ta main est fraîche, ça fait du bien … » marmonna Sarah, sans se rendre compte de l'absurdité de ses paroles.
« Par Merlin, Sarah tu es brûlante !
– Bah non je ne brûle pas … » s'étonna la jeune fille, confuse par la fièvre.
Réprimant l'envie de rire, Démentra attrapa la main de son amie, lui intimant de la suivre. Celle-ci s'exécuta, sans broncher. S'arrêtant devant le placard contenant les vêtements de tout le monde, elle prit un pull au hasard, sans s'occuper de savoir à qui était ce pull. Allant dans la salle commune avec l'idée d'aller chercher la préfète, elle fit enfiler le pull à son amie en la voyant trembler.
Arrivée dans la salle commune, Sarah s'était mise à claquer des dents, le feu étant éteint. Soupirant, Démentra dû revoir ses plans.
« Elfe !
– Miss a appelé un elfe ? » demanda la créature, sans s'étonner que l'élève soit debout
« Allume un feu et apporte-moi une couverture.
– Bien miss. »
S'exécutant d'un claquement de doigt, un feu s'alluma dans l'âtre. Démentra prit la couverture apportée par l'elfe, et enveloppant son amie, l'installa devant le feu. Ordonnant à la créature de surveiller Sarah, elle partit en direction de la chambre de la préfète.
Elle frappa à la porte plusieurs fois, attendant que la préfète daigne ouvrir.
« C'est pour quoi ? » demanda Gemma Farley, la préfète, à moitié endormie.
« Une élève est malade. » Déclara Démentra, qui se disait qu'il ne valait mieux pas compter sur elle en cas de réel danger.
L'élève regarda son lit, puis reporta son attention sur la première année.
« Ça ne peut pas attendre demain ? c'est qui ?
– La fille de notre directeur de maison. » répondit-elle laconique. Au moins elle savait que le mot directeur de maison allait faire son effet. Elle avait bien trop peur des représailles pour ne pas intervenir.
« Je te suis. » Soupira-elle en enfilant sa robe d'école par-dessus son pyjama.
De retour dans la salle commune, elle fut satisfaite de voir que Sarah n'avait pas bougé, toujours sous la surveillance de l'elfe. Elle congédia l'elfe, et se tourna vers la préfète .
« Euh… il faut que je fasse quoi ? allez chercher le directeur ? » osa formuler la préfète, perdue
« Loué soit Paracelse, le préfet a compris son rôle ! » s'exclama Démentra, en levant les bras au ciel dans un geste théâtral, sous le regard amusé de Sarah, qui trouvait la scène très drôle.
Ne se le faisant pas dire deux fois, elle traversa le couloir au pas de course pour se rendre devant les appartements du maître de potion. Elle toqua au tableau plusieurs fois. À peine une minute plus tard, le tableau pivota sur le maître de potion en robe de chambre noir, lançant un regard torve à celle qui l'avait réveillé.
« Miss Farley... j'espère que vous avez une bonne raison de me réveiller à … »
Lançant un tempus il lut l'heure avant de se trouver vers la préfète .
« 2h38. Alors ?
Euh, c'est votre fille Professeur, elle est malade, elle a beaucoup de fièvre.
Où est-elle ?
Son amie la surveille dans la salle commune.
Partez devant. J'arrive. »
Refermant le tableau, il enfila sa robe de potion par-dessus son pyjama. Il mit également ses chaussures, et parti pour la salle commune.
En entrant, il avisa sa fille enroulée dans une couverture, grelottante. Il vit également la meilleure amie de sa fille, Démentra Yaxley, et la préfète . Il s'approcha de sa fille, et s'agenouilla à sa hauteur.
« Sarah ? Comment tu te sens ?
– Père ? Tu es déjà réveillé ? » s'étonna-t-elle
Il fronça les sourcils, se demandant si elle savait l'heure qu'il était.
« Il est près de 3h, nous sommes en plein milieu de la nuit . » Déclara-t-il laconiquement.
« Oh… je me disais aussi qu'il n'y avait pas beaucoup de monde dans la salle. » répondit-elle, en grelottant de plus belle.
Se retournant vers les deux autres élèves, il les congédia, avant de prendre sa fille dans les bras, pour aller à l'infirmerie. Il nota la chaleur émanant de sa fille, se demandant pourquoi elle n'était pas venue chercher de la pimentine plus tôt. En franchissant les portes de l'infirmerie, il posa sa fille sur un lit avant de voir arriver l'infirmière, en robe de chambre, baguette en main.
« Un élève malade ? Qui est-ce ? » s'enquit-elle en reconnaissant le directeur de la maison Serpentard.
« Sarah. Elle est brulante de fièvre. »
Pomfresh hocha la tête, signe qu'elle comprenait la raison de sa présence ici. Marmonnant des sorts, elle passa sa baguette au-dessus de la jeune fille avant de lire le parchemin.
« Grippe. » Déclara-t-elle simplement en conjurant des potions.
Severus acquiesça, la regardant donner des potions à sa fille, qui finit par s'endormir. Pomfresh, voyant qu'il était toujours là, le congédia gentiment en lui disant que Sarah allait surement dormir toute la nuit et la matinée et que Severus la verrait au déjeuner s'il voulait des nouvelles.
Le dimanche, en fin d'après-midi recroquevillée sur le canapé devant la cheminée dans les appartements de son père, Sarah lisait son cours d'histoire de la magie.
« Met un pull. » Ordonna son père, qui venait de sortir de son laboratoire, une potion en main.
« Non j'ai trop chaud là.
– Oui et dans cinq minutes tu vas avoir froid. » Grommela Severus en faisant venir une couverture d'un accio.
Finalement, elle décida de s'enrouler dans le plaid, ayant un faible pour les couvertures ultra douces. Après avoir avalé la fiole de potion contre la fièvre, elle continua sa lecture avant de s'endormir sur le parchemin.
Mardi matin, enfin rétablie, elle retrouva ses amies au déjeuner.
« Salut ! tu vas mieux ? » demanda Démentra, tout en se servant un verre de jus de citrouille.
« Oui. Je voulais revenir hier, mais le dragon ne voulait rien entendre ! et bien sûr, mon père en traitre a mis une potion de sommeil dans mon jus de citrouille, pour que je dorme. » Déclara-t-elle tout en se servant des céréales.
« Mais pourquoi il a fait ça ? » s'étonna Theo
« Pomfresh a trouvé que j'étais encore fatiguée, et moi je lui tenais tête. Donc je me suis tournée vers mon père pour avoir son avis. J'avais mon verre de jus de citrouille sur la table, il a mis de la potion je ne sais pas à quel moment, mais je le buvais tranquillement en attendant qu'il daigne me répondre.
– Et tu ne t'en es pas rendu compte au goût ?
– Si mais je n'ai pas eu le temps de réagir que je dormais déjà. » Grommela Sarah, sous les rires de ses amis.
Le lendemain, traînant tranquillement dans les rayonnages de la bibliothèque, un livre de métamorphose en main, elle regarda les livres de potion 4ème année, par curiosité. Elle connaissait déjà le programme de 3eme année en théorie, et attendait les vacances d'été pour pouvoir le faire en pratique.
Alors qu'elle allait lire la table des matières, des murmures l'intriguèrent.
« Mais je te dis…
– Touffu… garde…
– Trappe... Hagrid… »
Reconnaissant les voix, elle s'approcha discrètement et regarda par-dessus leurs épaules. Ils semblaient chercher quelque chose dans le livre "avancés récentes du monde magique".
– Vous cherchez ce qu'il y a sous la trappe ? Murmura Sarah, curieuse, provoquant un sursaut des 3 Gryffondor
– Euh. Commença Ron en regardant ses amis.
– Bonjour Sarah. Déclara Harry, en se disant qu'après tout elle était avec eux au moment de la rencontre avec le cerbère. On sait juste que Touffu garde quelque chose qui a un rapport avec Nicolas Flamel.
Voyant Mme Pince arriver vers eux pour voir s'ils travaillaient, elle ouvrit le livre de potion à une page au pif, et commença tout en montrant un schéma
« Les feuilles d'hellébore se mettent toujours en dernier . Car sinon ta potion est foirée et tu n'as qu'à recommencer.
– Il y a une seule exception », continua Hermione qui avait compris son manège. « C'est pour la potion …
– C'est bon. » Interrompit Sarah en reprenant son livre. « On en était où ?
Ignorant les regards surpris de Ron et Harry qui n'avaient pas compris ce qu'il venait de se passer, elle s'installa à leur table, et posa ses livres qui étaient toujours calés sous son bras.
« Et c'est qui Nicolas Flamel ? » Demanda-t-elle en entrant dans le vif du sujet.
« On ne sait pas on cherche depuis un moment. On ne trouve rien dans les livres les plus récents.
Eh bien, s'il ne fait pas parti du présent, il doit surement faire partie du passé » déclara-t-elle comme si c'était une évidence.
« Hein ? » demanda Ron perdu.
« Si on ne trouve rien dans les livres parlant des sorciers d'aujourd'hui, c'est qu'il doit faire partie de l'histoire ! » s'exclama Hermione, ravie.
« À moins que ce soit un gobelin, on ne trouvera rien dans nos livres d'histoire actuel. » Déclara Sarah, avant qu'Hermione ne dévalise le rayon. « Cependant ma sœur est une historienne en herbe, je peux toujours lui demander. »
Les trois Gryffondor se regardèrent, hésitant de mettre dans le secret la sœur de Sarah. Comprenant leur hésitation elle s'exclama à voix basse.
« Je ne vais pas lui dire pourquoi on le cherche enfin ! Je vais lui dire que c'est pour un exposé.
« Tu peux avoir la réponse quand ? » demanda Harry, curieux
« Eh bien si je lui envoie Carbone ce soir, elle va recevoir la lettre demain matin… » marmonna-elle en faisant tourner distraitement une mèche de cheveux entre ses doigts. « On est Mardi 4… je pense que dans le pire des cas d'ici dimanche.
– Qui est Carbone ? » demanda Ron, seul chose qu'il avait retenu.
« Bah… le hibou de mon père. » Déclara-t-elle, comme si c'était une évidence. « Bon je vous laisse, j'ai plein de choses à faire. »
Reprenant ses livres, elle partit les faires enregistrés, avant de retourner à sa salle commune.
Le lendemain matin, elle se rendit en cours de défense contre les forces du mal. Baillant à s'en décrocher la mâchoire, elle s'installa comme à son habitude au fond de la classe.
Tout en notant le cours tant bien que mal, elle se demanda si sa sœur avait reçu sa lettre. Jouant avec sa plume, elle essaya de se concentrer sur le cours de son professeur au turban.
Au bout d'une demi-heure de cours, n'y tenant plus, elle lâcha sa plume et s'adossa à son banc.
« C'est pénible... je ne comprends même pas un traitre mot de ce qu'il dit.
– Fais le répéter, il est payé pour ça de toute façon... » murmura Démentra fatiguée, elle aussi.
Voyant le soudain rictus de son amie, Démentra l'interrogea d'un regard. Elle ne reçut qu'un clin d'œil en réponse.
« Professeur », s'exclama Sarah en levant la main, « vous pouvez répéter ? je n'ai pas tout compris. »
Sans même la regarder, le professeur relut sa phrase.
« Non je n'ai toujours pas compris » déclara Sarah, consternée, avec une moue faussement concentrée.
Le professeur regarda son élève, agacé, comme pour jauger de sa sincérité. Il répéta une nouvelle fois sa phrase, toujours en bégayant.
« Vous ne pouvez pas plutôt écrire le cours au tableau ? ce n'est pas que je ne comprends pas ce que vous racontez, mais presque. Ou alors répétez une troisième fois.
– Elle va se faire incendier… » marmonna Démentra en voyant le regard méchant de Quirrell.
Alors qu'elle allait rétorquer quelque chose à son amie, un soudain sentiment de haine décelable clairement autour du calme de la salle de classe, se fit sentir avec son empathie.
« Oh ! » s'exclama-t-elle surprise de ce sentiment.
« Un pro...problè… Problème Miss ? » Demanda Quirrell, calmement.
Pour Sarah, cela ne faisait aucun doute que l'auteur de ce sentiment n'était autre que son professeur. Se disant que ce sentiment de haine ne disait rien qui vaille, elle prétexta avoir eu une illumination qui lui avait fait comprendre la phrase qu'elle lui avait fait répéter plusieurs fois.
Elle se mit en tailleur machinalement, et repensa à ce sentiment de haine. Elle frissonna. Quirrell n'était vraiment pas net.
« Tu as encore de la fièvre ? Tu frissonne. » demanda Démentra
« Non c'est… »
S'interrompant, elle réfléchit que même si c'était sa meilleure amie, elle ne savait pas pour l'empathie. Elle décida de jouer la carte de l'ignorance.
« C'est... en fait je ne sais pas pourquoi je frisonne. Surement un courant d'air. » Déclara-t-elle en haussant les épaules.
« Et tu as vraiment eu une révélation ? » demanda Blaise, sous le regard perçant de Draco
« Non, mais quand j'ai vu sa tête je me suis dit qu'on va pousser Merlin dans les orties. »
Ses amis approuvèrent, n'étant pas très rassurés par Quirrell. À la fin de l'heure elle partit prestement ne voulant pas rester plus que nécessaire en sa présence.
Le soir, assise au coin du feu Sarah travaillait sur sa carte du ciel quand Démentra vint s'asseoir à côté d'elle.
« Sarah, tu sais que je t'adore ?
– Hum ? » Répondit-elle amusée
« J'ai des chocogrenouilles. » Déclara Démentra connaissant son point faible pour le chocolat.
« Vendu. Tu as besoin de quoi ?
Potion. 3 parchemins… » gémit elle. « Tu les as faites ?
– Oui. Commence les brouillons je te les corrigerai.
Tu es un ange ! » S'exclama sa meilleure amie soulagée. « Tu travailles sur l'astronomie ?
– Oui, j'ai bientôt fini. Mais il faut que je fasse encore la métamorphose, l'histoire et la défense » marmonna-t-elle
« Et dire que nous ne sommes que de pauvres petites premières années. » Soupira théâtralement Demy, en tirant un sourire amusé de ses camarades dans la salle commune.
