Quand Mathieu se réveilla, il ressentit des douleurs à travers son corps entier. Un mal de crâne terrible, son nez le faisait encore souffrir, des courbatures pas possibles et une immense blessure au cœur, à croire qu'il était condamné à aimer Antoine et qu'il ne reçoive rien en retour. Ainsi va la vie. Il s'arracha difficilement de son lit, et se hâta d'aller à la douche. Avant d'y entrer, il se scruta dans le miroir. Ses yeux rouges, bouffis, son teint pâle, presque maladif, et cette tristesse. Cette description ne lui correspondait pas, lui qui était d'origine joyeux et prêt à faire la fête, se retrouvait face à un jeune homme au regard bleu et malheureux. Il se détourna de son reflet et traîna des pieds jusqu'à sa douche, qui n'attendait que lui. Il en ressortit après 20 minutes d'écoulement d'eau, et son humeur était des plus massacrantes. Le Youtuber n'en pouvait plus de vivre ça. Faut savoir renoncer...
Effacer. Photos : effacer. Numéro : effacer. Je jette ses cadeaux ou pas ? C'est ce que se demandait Mathieu, le yeux rivés sur un t-shirt qu'Antoine lui avait offert. Puis merde. Il le jeta dans le sac poubelle, qui avalait d'hors et déjà les nombreux présents de son ami.
Une page se tournait. Lentement, mais surement. Mathieu prenait un nouveau départ, qu'il voulait à tout prix ne pas foiré. Après tant d'efforts, ce serait dommage. Depuis des heures il retournait tout son appartement pour qu'il ne reste aucunes traces d'Antoine, autant dire qu'il n'existerait plus dans sa mémoire. A part les souvenirs bien sûr. Il repensa au fait d'avoir eut pour lui seul, pendant une nuit, ce partenaire là. Il frissonna de plaisir et eut un sourire rêveur. Sauf qu'il devait se convaincre que ça ne reviendrait jamais. Ce qu'il fit avec la plus grande docilité. Voilà, Antoine n'a été que le fruit d'une courte nuit de passion, Maintenant il attendrait que la perle rare vienne à lui, sans la chercher. Serait-ce une femme ? Un homme ? Mathieu sourit en pensant que ça pourrait être quelqu'un du même sexe, il était ouvert à toutes propositions, et puis, n'était-il pas amoureux d'un mâle en ce moment même ? Quand il tomba sur une des dernières photos de lui avec son ami qu'il n'avait pas encore jetée, il soupira. C'était sa préférée : eux deux dans les rues de Paris, faisant un selfie digne de toutes les pimbêches trop "swag". Ce cliché le faisait toujours marrer, alors hors de question de la mettre aux poubelles. Premier échec. Voilà qu'il se retrouvait avec cette saleté de photo entre les mains, un sourire béat au bout des lèvres. Putain de merde.
Antoine... Voilà deux bonnes heures qu'il était dans son salon, les yeux embués et ça faiblesse qui le rattrapait à chaque coup dur. Il se laissait déstabilisé par ce grand brun, cet homme si attachant. Son humour, son côté déjanté lui manquaient tellement. Qu'allait-il devenir ses prochains mois ? Une épave qui ne se débarrassait pas de sa peine ? Sûrement. Mathieu s'assit par terre, en tailleur, repensant à la manière qu'il avait eu de lui avouer ses sentiments. C'était beaucoup trop brutal, pas adapté à la situation. Si il avait pu remonter le temps, il le ferait sans hésiter, peut être qu'il souffrirait, mais pas autant et surtout il souffrirait seul. Sans qu'Antoine ne s'en aperçoive. C'était bien avant ces quelques jours. Seulement quelques jours ? Tout semblait si ancien, passé.
Après s'être accoudé contre son canapé, le visage enfoui dans son coude droit, son chaton vint se frotter à lui, attendant quelques caresses venant de sa part. Et ce jeune homme qui n'était juste pas fait pour prodiguer de la bonne humeur en ce moment même le repoussa. Il regarda Wifi partir, visiblement déçu, et pensa que même ce petit être le laissait tomber.
« Attend... » implora-t-il, alors que l'animal faisait déjà demi-tour vers lui.
Mathieu l'attrapa à deux mains et une larme scintillante s'échoua sur le petit pelage blanc. Il avait besoin de réconfort, et ce chaton était parfait pour l'occasion. Et si je l'appelais, une dernière fois ? Sans trop comprendre comment, son portable était désormais dans sa main, et il était près à composer le numéro, qu'il connaissait par cœur. C'était bien la peine de l'effacer... Il hésitait tellement. Antoine allait-il répondre ? Lui raccrocher au nez ? Ou pire... rire hystériquement. Cette possibilité fit peur au petit châtain. C'était totalement plausible, presque évidant au fond. Il avait vu Mathieu dans un état à la limite du végétatif, plus ou moins inconscient. Peut être qu'il le trouvait fou, voir cinglé, au bord de la dépression nerveuse. Bordel, mais dédramatise mec. Mais c'était plus fort que lui, il restait un éternel pessimiste, surtout en amour. Et ça restait toujours dingue de parler d'amour en pensant à Antoine. Qu'est-ce qu'il ne tourne pas rond chez moi ? Tout ou rien. Il ne pouvait comprendre pourquoi il aimait un homme, son ami. Lui.
Le petit Youtuber ferma brièvement ses yeux fatigués. Il ne réussi qu'à les rouvrir une demi-heure après, et son regard fût immédiatement attiré sur son portable qui affichait un appel en cours. Comme c'était un numéro inconnu, il hésita de longues secondes avant de répondre. Une voix masculine se fit entendre à l'autre bout du combiné, répétant désespérément son prénom. Mathieu resta stoïque, seul son cœur s'emballait furieusement, montrant son seul signe de vie. Et l'autre qui ne raccrochait toujours pas. Personne ne restait aussi longtemps face au silence, face à un mur de béton armé. Ce gars devait être vraiment obstiné et espérait bien obtenir quelque chose de cet appel. C'est ainsi qu'il recommença à l'appeler sans cesse, faisant échos et chaos jusqu'aux oreilles de Mathieu, finissant par craquer et réponde.
«Pourquoi tu m'appelle putain ?
- Mathieu... souffla Antoine, surprit d'avoir enfin une réponse après tout ce temps à parler dans le vide.
- Tu l'as répété je sais pas combien de fois.
- Je sais. On peut se voir ?
- Tu te fous de moi ? s'écria Mathieu, les yeux ronds.
- Non... Ecoute, on a peut être besoin de s'expliquer.
- Sérieux Antoine, va te faire foutre.
- Toi aussi. Bon attend... Mathieu, notre amitié compte encore ou pas ? demanda le brun, décidant de ne pas s'attarder sur ces attaques.
- On dirait que tu le fais exprès... fulmina le châtain en grinçant des dents.
- Mais réponds au lieu de te comporter comme un con.
- Ta gueule.
- Réponds.
- Mais évidemment qu'elle compte encore, mais c'est toi...
- Quoi moi ?
- Regarde tout ce que tu m'as fais, je peux pas tout oublier comme ça!
- Et si je te dis que je t'aime ?
- Je dirais que tu mens.
- Tu sais que non.»
Antoine avait raison, tout les deux savaient parfaitement qu'il l'aimait. Sauf que les doutes du brun bloquaient chaque tentative, chaque essai. C'était parce qu'il avait peur que tout s'arrête d'un coup qu'il ne s'autorisait pas à se mettre avec Mathieu. Il avait compris que le petit attendait qu'il lui dise une réponse concrète, juste savoir si il tomberait dans ses bras une bonne fois pour toutes. Ce ne sera sûrement pas pour aujourd'hui. Mathieu entendit une succession de bip agaçants résonner, prouvant que le brun avait raccroché.Tu fuis, comme toujours. Ce fût la dernière pensée du châtain concernant Antoine lors de cette après-midi.
En échange de reviews, je vous offre... de l'amour! Et soyez heureux *_*
Et comme toujours... ma musique ! Lilly Wood & The Prick - Into Trouble.
WOW, j'ai vu qu'on me recherchait sur Tumblr, ça devient excitant et drôle *Q* Donc dédicace à toi, Lila, qui me recherche à plus de 3h du mat ahah.
