°O°O°

« Ça va Monsieur Dwalin ? Vous tenez le coup ?

— Oui, dit platement le nain.

— Vous êtes sûr ? redemanda son voisin.

— Oui ! Si je vous dis que c'est oui, c'est que c'est oui !

— C'est vrai…

— On peut ouvrir les fenêtres Chanchan ? Je veux essayer ton super système, dit Bofur.

— Non je te l'interdis et vous aussi Monsieur Dwalin, ainsi qu'à toi Balin et même moi.

— Pourquoi ?

— À cause du moustique !

— Aaaah oui. Dommage… et si je l'ouvre, mais en tout petit ?

— Non Bobo ! J'ai pas envie de me faire piquer comme Kili.

— Oui, mais il ne va pas rentrer, l'ouverture sera toute petite.

— Non, non et non. Tu pourras l'ouvrir demain matin si tu veux, mais pas ce soir. Un seul moustique a suffi. D'ailleurs… je pense à ça d'un coup, il a été très rapide pour rentrer. En à peine une minute j'ai dit aux jeunes qu'ils devaient déjà fermer.

— C'était peut-être un moustique fantôme ou passe-muraille, plaisanta Bofur.

— Ou tout simplement qu'il était déjà dans la voiture, lança Balin d'un air très sûr de lui.

— Tu crois ?

— C'est possible. Je vous signale que quand vous nous avez montrés et expliqué le fonctionnement des lumières, votre porte était grande ouverte.

— Il serait rentré par là alors… et c'est pour ça que Kili s'est fait piquer. Parce qu'un moustique qui vient à peine de rentrer, il ne pique pas tout de suite, à moins qu'il s'appelle flash le moustique ! Je crois que nous venons de résoudre l'histoire du moustique. C'est bien mes amis, nous faisons une bonne équipe. Han ! Mais… ce qui veut dire aussi qu'on a roulé tout ce temps avec un passager clandestin à bord ! s'écria-t-il en faisant les gros yeux..

— En quelque sorte.

— Mais heureusement que notre sauveur Monsieur Thorin était là, il nous l'a supprimé comme un pro. Comme un vrai tueur de moustiques, en plus dans le noir.

— Je savais pas que Thorin voyait dans le noir, dit Bofur en se grattant la tête, comme pour réfléchir.

— Aaaah, mais Monsieur Thorin est multi-fonction voyons, expliqua le marchand en levant l'index. Il sait tout faire et, est un tout en un.

— En fait il est un robot.

— Non, pas un robot. C'est juste Monsieur Thorin. Et Monsieur Thorin, c'est Monsieur Thorin. Ah ! J'ai une nouvelle à vous annoncer, une très très bonne.

— C'est quoi ? demanda le nain au chapeau en se rapprochant du siège de son ami.

— Devinez.

— Mmh… une bonne nouvelle… vous vous êtes retournés et vous avez vu que les attaches tiennent ?

— Non, pas ça. Ta tentative était bonne, mais c'est pas ça. Monsieur Dwalin ?

— Je n'aime pas jouer aux devinettes, rétorqua celui-ci d'un air boudeur.

— Nul. Balin ?

— Mmh…

— En fait ce n'est pas une bonne nouvelle mais deux bonnes nouvelles, et ça concerne les p'tits.

— Ah ben ça change tout, souligna Bofur.

— Mmh… ils ont trouvé une idée ? tenta Balin.

— Oui ! Messieurs Fili et Kili ont trouvé une idée ! Chacun ! Très bien joué !

— C'était pas compliqué, répondit le vieux nain en remontant son col, fier de lui.

— Alors, c'est quoi ? Je veux savoir ! demanda le bon petit nain au chapeau qui s'impatientait.

— En cherchant le moustique dans la voiture, Kiki a suggéré de mettre des lumières à l'intérieur, comme ça on pourrait le trouver.

— Aaaah c'est pas mal. Si on emmène aussi quelque chose et qu'on le fait tomber ou je ne sais quoi, on pourra le trouver. Ça pourrait être utile.

— Et Fili ? poursuit Dwalin.

— Il m'a épaté.

— Ah oui ? À ce point ? dirent tous les nains surpris.

— Son idée consiste à prévenir quelqu'un de notre arrivée. Souffler dans un cor pour vous prévenir qu'on est là. Un peu comme les elfes, c'est ce qu'ils font apparemment. Moi je ne sais pas, je ne m'occupe pas de leur vie.

— Ça pourrait être bien.

— J'ai même crié quand nous sommes arrivés, vous m'avez entendu ?

— Non.

— Tant pis. Et l'utiliser aussi pour faire fuir les bêtes devant nous, parce que nous en avons rencontré. On a failli les percuter.

— Comment ? interrogea Balin stupéfait.

— J'ai détourné les yeux en voulant regarder le bouton de Kili, et elles étaient là.

— Vous n'avez pas intérêt à faire ça avec nous ! tonna Dwalin.

— Non ! Ça ne risque pas, je regarde ma route maintenant. Donc voilà leurs idées. Elles sont pas mal. Et vous ? Pas d'autres idées ?

— Non, répondirent tous les nains.

— Dommage. Les cordes Monsieur Dwalin, ça va ?

— Oui.

— Et vous ?

— Oui, ça va.

— Ça me sert un peu le ventre, fit remarquer Balin, en essayant de desserrer un petit peu la corde.

— Aaaah attention à la brioche Balin.

— Tu as dû trop serrer. Attends, je vais t'aider, proposa Bofur en l'aidant à les détendre. C'est bon ?

— Oui beaucoup mieux, merci.

— Et sinon ? Vous n'avez toujours rien dit. Que pensez-vous de cette belle balade au clair de lune ?

— Su…per ! déclara son ami.

— Ça n'a rien à voir avec le jour, c'est bien, approuva également Balin.

— Il faudra essayer aussi, ça va être encore mieux quand ça sera vous. Mais c'est Kili qui va essayer en premier. Il m'a supplié. J'ai pas pu dire non.

— Même pas moi ?

— Non, désolé Bobo, s'excusa ce dernier en le regardant dans le rétro intérieur. Mais je lui ai dit oui à une condition.

— À quoi ?

— Qu'il me fasse mes médailles en chocolat.

— Aaaah, miam. J'espère qu'elles seront bonnes.

— Il a intérêt, sinon ça sera toi ou Monsieur Thorin qui conduira en premier. Vous tirerez la courte paille.

— Et pourquoi pas nous ? rouspéta Dwalin en posant son regard sur le marchand, comme s'il allait le manger.

— Eh bien… parce que c'est pas vous.

— Ce n'est pas une réponse.

— C'est juste qu'il n'a pas envie, lui répondit son frère.

— Tout à fait, mais ne vous inquiétez pas, vous allez conduire.

— J'espère bien.

— Ho ho ! Je vois que vous avez envie de conduire Monsieur Dwalin, tant mieux !

— On conduira quand ? Demain soir ?

— Oui, j'ai donné jusqu'à demain soir à Kili pour qu'il me fasse les médailles, pour ne pas traîner pour conduire. Mais vous allez peut-être pas tous conduire, à moins que vous voulez faire nuit blanche.

— Ça ne me dérange pas, dit Bofur.

— Balin ?

— Non je n'ai pas trop envie de faire nuit blanche, confia le nain. Je ne suis pas pressé de toute façon.

— Vous non plus Monsieur Dwalin je suppose.

— Non.

— Dans ce cas, ça sera Kili, toi mon cher Bofur ou Monsieur Thorin. Vous verrez bien, mais si ça se trouve ça sera toi, parce que c'est lui qui a donné sa place à Kili, vu qu'il me suppliait.

— Ça veut dire que j'ai une petite chance.

— Oui et ensuite ça sera Fili. Fili est grand, il peut tenir toute la nuit sans tomber par terre non ?

— À moins qu'on ait but, indiqua Bofur. Parce que quand on boit, il faut parfois nous ramasser à la petite cuillère. C'était rigolo la dernière fois, hein Balin ?

— Pourquoi, qu'est-ce qu'il y a eu ? questionna le conducteur, curieux de connaître l'histoire.

— Fili et moi avions un peu trop bu par rapport aux autres, commença le nain. On était complètement dans un autre monde, là où il y avait des éléphants roses, on les voyait tous les deux et on rigolait comme des fous, après on est tombés l'un sur l'autre, c'était bien marrant. Balin a essayé de nous relever, mais c'était impossible, on tenait plus sur nos jambes, et tous les autres rigolaient. Heureusement que sur ce coup, Thorin n'était pas là, je ne sais pas s'il aurait aimé voir Fili comme ça. En plus, Kili ne pouvait pas bouger, tant il rigolait. C'est ce que vous nous avez dit c'est ça ?

— Oui, répondit Balin.

— Je demande au cas où, parce qu'il y a des trucs que je ne sais plus… Dwalin nous a ensuite choppé tous des deux par le col pour nous relever et nous a emmenés dans nos chambres complètement sonnés, puis il nous a jetés comme des sacs à patates sur les lits. Pis on a roupillé.

— D'accord d'accord… vous n'avez pas intérêt à être comme ça demain soir. Sinon vous ne conduirez pas, je ne veux pas qu'on se retourne à nouveau.

— Ne t'inquiètes pas, on ne va pas le faire.

— Ni vous Monsieur Dwalin et ni toi Balin. Personne ! Même pas moi ! Je ne veux personne d'ivre dans ma Fifi.

— Pas de souci.

— Tient, on voit l'étoile du berger, fit remarquer Balin en regardant par sa fenêtre.

— Ah ? Où ça ? demanda Bofur, tout en se penchant sur son compagnon pour la voir.

— Là-bas, tu la voies ?

— Non.

— À gauche.

— Ah oui.

— Vous savez pourquoi elle s'appelle comme ça ? leur demanda le marchand.

— Oui, répondit immédiatement Bofur en voulant expliquer l'histoire. Les bergers se fient à cette étoile pour savoir quand est-ce qu'il faut renter les moutons le soir, parce qu'ils…

— Non non, c'est pas ça, le coupa son ami.

— C'est quoi alors ?

— Hum hum…c'est l'histoire d'un berger qui promenait ses moutons et qui un beau jour, s'est perdu. En plus c'était la nuit, quelle idée de se perdre dans la nuit alala, faut être nul. Et donc, il s'est perdu avec ses moutons et il s'est adressé à une petite étoile en lui demandant. Il prit une petite voix d'enfant et commença « Dis-moi petite étoile, toi qui es si jolie, si scintillante » Oui, oui, il la flattait. « Sais-tu où je pourrais trouver mon chemin ? » l'étoile répondit « Oh mon pauvre berger comment se fait-il ? » Le berger répond « Je n'ai aucun sens de l'orientation et je ne retrouve plus ma maison. » « Où est-elle ? » lui demanda la petite étoile. Le berger répond « Dans les hautes collines, là où l'on voit tout le paysage du haut des cieux. » Elle réfléchit et luit dit « Suis-moi » Il commença à la suivre avec tous ses moutons derrière lui à n'en pas finir, puis il lui demanda « C'est encore loin ? » « Patience, nous y sommes presque » répond-t-elle. « Mes moutons ont sommeils et moi aussi, tu es sûr que nous sommes sur la bonne voie ? » « Ne t'inquiètes pas, ils vont bientôt pouvoir dormir et toi aussi » Il la suivit encore et toujours, marchant toute la nuit, puis au bout d'un moment ne sachant pas où il se trouvait, il s'endormit. Au beau matin, quand il se réveilla, il se rendit compte qu'il était dans les champs qui se situaient en contrebas de sa maison qu'il pouvait apercevoir. Il cria « Hourra hourra, merci petite étoile, mais où es-tu ? » « Je suis là, je te regarde » lui dit-elle. Il leva les yeux au ciel et l'aperçut. « Comment t'appelles-tu ? » Elle lui répondit « Je suis ton étoile berger », « Mon étoile ? » dit-il surpris. « Oui, et je te guiderai toutes les nuits où que tu ailles » « Oh merci ma chère étoile, merci ! » Il lui fit ainsi un gros bisou qu'il lui envoya en soufflant et qu'elle reçut sur la pointe de ses cinq branches. L'histoire s'est rependue et c'est pour ça qu'on l'appelle l'étoile du berger.

— Hein hein… tu l'as inventé.

— Non non, je l'ai lu dans les livres, dans les livres de mon enfance et moi aussi j'en ai une !

— Ah bon ?

— Oui ! Et vous aussi.

— C'est vrai ?

— Oui, on a tous notre petite étoile qui veille sur nous.

— Et moi, elle s'appelle comment ?

— L'étoile de Bofur.

— Chouette.

— C'est n'importe quoi, grommela Dwalin.

— Si, si, c'est la vérité ! Et plus vous êtes gentil, plus elle veille sur vous ! C'est pour ça que je ne suis jamais méchant et c'est pas bon pour la santé. À votre avis, vous pensez que j'ai fait comment pour venir jusqu'ici ? Pour marcher tout seul dans la nuit ? Il fallait bien qu'on me guide. Eh ben c'est elle qui m'a guidé. Bon, j'avais aussi des petites lampes pour m'éclairer, mais je n'avais pas de carte ! Je ne serais peut-être jamais arrivé jusqu'ici sans elle.

— Mais tu es là ! dit Bofur.

— Oui ! Et j'en suis très heureux.

— Moi aussi ! lui répondit-il.

— Et vous ? Vous êtes content que je sois là ?

— Oui, répondit Balin en souriant.

— Monsieur Dwalin ?

— Oui, répondit son frère, mais sans un sourire. De plus, il ne pouvait pas dire le contraire, car il le pensait.

— Merci Monsieur Dwalin. Et sinon ? Personne n'a d'autres histoires à raconter ?

— Mmh… non.

— Rien ? Même pas une toute riquiqui ?

— Non…

— Ooooh, vous me décevez… tant pis. Ou alors une histoire d'horreur, terrifiante ?

— Non, répondit une nouvelle fois Bofur pour ses compagnons.

— Personne ? Dommage, surtout qu'on était dans la nuit, ça aurait pu être marrant. »

Mais le marchand ne s'arrêta pas sur cette phrase, il voulait absolument jouer et il le ferait.

« Il commence à faire frais, j'ai un peu froid, pas vous ? demanda Bofur.

— Non ça va.

— Mmh… ça doit être moi, je dois devenir frileux.

— Tu prendras une couette la prochaine fois, lui dit Balin.

— Oui.

— Pourtant c'est bien isolé, non ? demanda le marchand.

— Oui ça va.

— Mmh, je pourrai peut-être regarder si je peux améliorer ça.

— Et en plus j'ai quelque chose qui me gène.

— Où ça ? demanda Balin.

— Sur le nez, ça me gratte… pis sur la joue aussi.

— Ah ben non hein ! Ne dis pas toi aussi que tu t'es fait piquer !

— Je ne vois pas comment, il n'y a pas de moustique. Han ! Ou alors c'était quand on était dehors ! Oh mon Dieu !

— Quoi ?!

— Oh mon Dieu !

— Quoi ?! Le marchand commença à s'affoler et à zigzaguer sur la route. En fin de compte c'est lui qui commençait à avoir peur.

— Attention ! tonna Dwalin en lui prenant le volant.

— Qu'est-ce qu'il y a Bofur ? questionna gentiment Balin.

— Arrête-toi ! »

Le marchand s'arrêta et Bofur descendit en trombe de la voiture et se mit en plein devant les lumières, en laissant sa portière grande ouverte.

« Mais qu'est-ce qu'il fait ? demanda Balin qui le regardait de derrière.

— Mais venez ! cria le nain en les incitant à venir d'un geste de main.

— Quoi ?

— Pourquoi est-ce qu'il veut qu'on vienne ? interrogea Dwalin en croisant les bras pour montrer qu'il n'allait pas bouger d'un pouce.

— Je ne sais pas, répondit le marchand en haussant les épaules.

— Allez descendez ! redit-il en faisant des grands gestes. Balin se dévoua et le rejoignit, en ayant pris soin de fermer sa porte et celle de son ami.

— Qu'est-ce qu'il y a ?

— Regarde mon nez.

— Pourquoi ?

— Regarde mon nez ! Le vieux nain regarda attentivement et vit ce que Bofur craignait. Une piqûre.

— Aaaah oui, dit-il en sifflotant légèrement.

— J'ai été piqué c'est ça ? compris Bofur en remarquant la tête que Balin avait faite.

— Oui.

— Et ma joue ?

— Aussi.

— Qu'est-ce qu'il a ? demanda Dwalin, après avoir entre ouverte sa fenêtre. Le marchand décida lui aussi d'ouvrir la sienne.

— Qu'est-ce qui se passe ?

— Il a été piqué, répondit Balin.

— Quoi ?! Où ?

— Sur le pifffff ! J'ai été piqué sur le pifff ! Oh mon Dieu, mon nez !

— Viens voir, viens voir ! Le marchand descendit de la voiture après avoir fermé sa fenêtre pour le voir. Aaaah oui. Mmh… c'est moche tout ça, en effet, il est bien rouge, t'es pas beau.

— T'es pas obligé de me dire ça, tu me l'as déjà dit tout à l'heure.

— C'est pas grave Bofur. Allez venez, sinon tu vas encore te faire piquer et nous aussi si on reste devant les lumières.

— Oui ! s'exclama le nain au chapeau. Balin rentra et Bofur le suivit, cependant il fut interpellé par le marchand.

— Attends !

— Quoi ?

— Le… Le… Là ! dit-il d'une voix tremblante, en le montrant du doigt.

— Qu'est-ce qu'il y a ?!

— Su… sur toi ! Là ! cria-t-il.

— Où ça ?!

— Non ne bouges pas !

— Qu'est-ce qu'il y a ?!

— Une énorme araignée !

— Enlève-la-moi vite, vite !

— Aaaah ! hurla le marchand d'un cri terrifiant. Bofur fit pareil et se secoua dans tous les sens sous le regard des autres nains qui souriaient.

— Elle est où, elle est où ?!

— Là, là !

— Où ?! Le marchand cria une nouvelle fois et lui aussi. Il se secoua à nouveau se tapant partout et le marchand se mit à rigoler.

— C'est bon elle est partie ?

— C'était une blague !

— Quoi ?

— Oui, tu aurais vu ta tête ! Trop drôle, avec tes gros yeux. Ha ha ha ! Le marchand se plia et mit sa main au ventre.

— Ooooh, c'est pas drôle, tu m'as fait peur.

— C'était le but et il faut dire qu'il faut vraiment pas grand-chose pour te faire peur.

— Bon ! Vous avez fini vos gamineries ? aboya Dwalin en ouvrant sa porte. On vous attend !

— Oui on arrive. Alala Bobo, trop drôle. Je savais bien qu'on pouvait s'amuser à faire peur. »

Ils rentrèrent tous les deux et se rattachèrent.

« Nan, mais j'ai fait exprès, j'ai joué la comédie, j'ai même pas eu peur.

— Menteur, tu as dit le contraire.

— Il est gros mon bouton sur le nez ? demanda-t-il au vieux nain.

— Un peu, répondit très honnêtement celui-ci.

— Ça veut dire quoi un peu ?

— Gros.

— Oh… et moi qui rigolais de Kili.

— Tu as dû te faire piquer quand tu dormais, continua Dwalin.

— En tout cas, tu n'as pas intérêt à nous redonner ça, je ne veux pas être atteint. Va donc rejoindre Kiki avec son bouton.

— Oui… ma foi… ça me donne un style non ? dit-il en rigolant.

— Un super style !

— On va peut-être rentrer ? demanda Balin au marchand.

— Mmh oui, je pense. Il vaut mieux plier bagage avant d'être dévorés par les moustiques et avant que Bofur nous contamine.

— Je n'ai pas de maladie. Et si ça se trouve, Thorin sera pareil que moi !

— Oh non, Monsieur Thorin ne peut pas être boutonneux.

— Pourquoi ?

— Parce que Monsieur Thorin, c'est Monsieur Thorin.

— Il aurait bien de la chance. »

Ils firent demi-tour et rentèrent au Royaume, s'arrêtant vers les trois nains qui les attendaient depuis un bout de temps. Trop longtemps pour Kili, qui s'était refait piquer et Fili aussi. Et bien évidemment, comme le marchand l'avait dit, en bon médium qu'il était, Thorin n'avait rien.

« Ah ben enfin ! Vous voilà ! s'empressa le plus jeune. On s'impatientait.

— Oui désolé, nous n'avons pas vu le temps, confessa Balin.

— En plus, me suis fait repiquer…

— Ha ha ! Il s'est fait repiquer ! Mon pauvre, tu n'es pas le seul. Bobo aussi s'est fait piquer.

— Ah bon ?

— Oui. Et devine où ? Sur le nez ! déclara-t-il en faisant rigoler les deux frères.

— Sur la joue aussi… ajouta le nain.

— Moi aussi, je me suis fait piquer, ça me gratte dans le cou et vers les mains. Dit Fili en se grattant le cou.

— Et vous Monsieur Thorin ? P'tite piquouse ?

— Non, pas que je sache, répondit le Roi en se touchant le visage.

— Je vous l'avais dit ! Je vous l'avais dit ! Monsieur Thorin n'a rien !

— Pourquoi ? Qu'est-ce que vous avez dit ? questionna Kili très intrigué.

— On a dit que si ça se trouve, vous étiez piqués aussi et pas Monsieur Thorin. Et j'avais raison ! Pour la peine, j'ai droit à une double médaille en chocolat, hé hé ! Vous savez la meilleure aussi ? J'ai fait peur à Bobo !

— Comment ? demandèrent les trois nains.

— Olala, trop facile, j'ai fait comme s'il y avait une araignée sur lui, parce qu'en fait, on s'est arrêtés pour voir son bouton, parce qu'on n'était pas sûr que c'était un bouton. Donc il s'est mis devant les lumières et Balin a regardé. En effet, c'était un bouton et après Baba est rentré et moi j'ai dit qu'il avait une araignée, et vous auriez vu sa tête, c'était épique. En plus il n'arrêtait pas de se secouer.

— Non, mais je faisais exprès, j'ai pas eu peur.

— Ouai ouai, on te croit.

— Et sinon, vous avez trouvé ça comment ? leur demanda Fili.

— Très bien. Marchand nous a même dit l'histoire du berger à sa façon, dit Balin.

— C'est quoi ?

— Il te le dira après, on discutera plus à l'intérieur. Parce que là, j'ai pas envie de rester une minute de plus à me faire dévorer, intervint Bofur.

— Tout à fait d'accord. Et moi je ne veux pas que mon visage s'abîme. »

Les nains rentrèrent, suivis du marchand et sa voiture qu'il rentra, puis ils allèrent tous les sept discuter encore un peu de cette magnifique balade au calme et au chaud.

°O°O°