Disclaimer : L'histoire et les personnages de Saint Seiya ne m'appartiennent pas, dommage !

Bonne année à tous ! Joie, bonheur, santé, etc !!!

Eh oui, c'est aujourd'hui le 1er Janvier 2008, et, bien évidemment, pas besoin de préciser que votre esprit tourne au ralenti… No problem ! Laissez vos neurones se reposer, je vous publie du nawak aujourd'hui !!!

Bonne lecture !

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14. REGLEMENTS DE COMPTES.

Italie, Tarente.

Luigi contempla longuement la façade austère du centre des impôts de la ville.

Vas falloir faire ça discrètement…

Il regarda brièvement autour de lui. Personne. Evidemment, un dimanche matin à six heures, en Italie… Il augmenta légèrement son cosmos et arracha la grille sans effort.

Bien, voyons ces dossiers, maintenant… J'espère que je trouverai enfin une trace d'elle ici, puisqu'elle n'est nulle part dans les annuaires téléphoniques…

Une heure et demi plus tard, il ressortait par le même chemin et remettait soigneusement la grille en place. Il se frotta les mains, satisfait.

Enfin ! A moi de jouer à présent…

Il s'arrêta un moment devant un plan de la ville, puis s'enfonça dans le dédale des rues désertes. Arrivé en bas du petit immeuble, il poussa la porte branlante et monta l'escalier en colimaçon, le cœur battant à tout rompre. Premier étage. Deuxième étage. Troisième étage. Dernier étage… Ah ! J'y suis ! A nous deux, Angelo !

Angelo se frotta les yeux en baillant. Encore ces sales mioches qui s'amusaient à jouer avec leur sonnette à huit heures un dimanche matin !

Couché depuis à peine une heure ! Putain cette fois je les chope ! Je vais leur en faire bouffer, de la sonnette, moi, à ces connards !

Il ouvrit la porte à la volée :

- ATTENDEZ SEULEMENTBANDE DE PETITS CONS, JE VAIS VOUS APPRENDRE DES JEUX RIGOLOS, MOI ! Z'ALLEZ RECEVOIR LA BRANLEE DU SIECLE !

- Bonjour, Angelo ! Moi aussi je suis content de te revoir…

- M… Maître ? Bredouilla le cancer, pâlissant subitement.

- ANGELO, ENVOIES-LES PAITRE CES MORVEUX ! Cria sa sœur depuis sa chambre.

Luigi, avec un sourire ironique, constata :

- Tous aussi charmants dans cette famille, décidément…

- Mais… Qu'est-ce que vous faites là, maître ?

- Tu me fais un café ?

- Un… Mais oui, bien sûr ! Entrez !

Il s'effaça puis conduisit Luigi dans le salon. Il replia le clic-clac et débarrassa la table basse, jetant ses habits fripés dans un coin.

Le sicilien s'assit et attendit patiemment tandis que son élève s'affairait dans la cuisine. Le bruit de la cafetière troubla le silence et une silhouette à moitié dévêtue entra en s'étirant.

- Ils étaient combien, Angelo ?

- Bonjour mademoiselle, dit Luigi.

- AHHH ! Euh… Pardon, vous m'avez fait peur. Euh… Qui êtes-vous ?

- C'était mon ancien instructeur, en Sicile, expliqua Angelo depuis la cuisine.

- Ahh. Bonjour. Excusez-moi, j'ai travaillé toute la nuit et je venais à peine de me coucher. D'ailleurs… -un bâillement- … Wouahhh … Pardon. J'y retourne. Ravie d'avoir fait votre connaissance. Ciao !

- Au revoir, mademoiselle.

Angelo revint avec deux tasses et une cruche de café fumant.

- J'ai rêvé ou elle a laissé échapper une étincelle de cosmos quand elle a eut peur ?

- Oui, elle a cette faculté elle aussi.

Un moment plus tard :

- Je ne pensais pas vous revoir jamais, maître.

- Et moi non plus, pour être honnête.

- Qu'est-ce qui vous a fait changer d'avis ?

- Le grand pope a sollicité mon aide pour te retrouver.

Angelo se raidit aussitôt et reposa brusquement sa tasse. Un peu de café coula sur la table.

- Je ne retournerai pas là-bas. Ma vie est ici désormais. Inutile de vous fatiguer plus longtemps.

- Tes erreurs t'ont été pardonnées et tout le monde attend ton retour.

- Ils peuvent toujours courir ! Ma décision est prise, et je n'en changerai pas.

- Bien. Je préférais ne pas en arriver à cet argument, mais…

Angelo étrécit les yeux, méfiant.

- Quoi ?

- Tu connais plutôt intimement le chevalier du lion, je crois ?

- Laissez Aiolia en dehors de cela ! Je suis parti pour son bien !

- Pour son bien ? Heureusement que tu ne l'as pas vu ! Tu sais dans quel état il est ?

- …

- Réponds !

- Il n'est pas bien, je suppose. C'est compréhensible, après une rupture, mais il s'en remettra. Il ne doit plus me revoir. Jamais.

- Si tu ne reviens pas, il en mourra.

- Pff ! Toujours des grands mots ! Typiquement italien, ça !

- Ton ami…

- Oohh, mais ça suffit, hein ?

- … Est enfermé dans un cercueil de glace car il se laisse mourir.

- HEIN ?

- C'était la seule solution en attendant ton retour. Le chevalier du verseau l'a figé dans la glace éternelle, au palais. Je t'en prie, Angelo, je te connais. Je sais que tu as emprisonné ton humanité derrière un masque. Je le sais mieux que personne, car c'est moi qui t'ai aidé à le forger. Ce ne serait pas digne de toi de laisser Aiolia mourir comme ça.

- Je…

Angelo se prit la tête, essayant de mettre un peu d'ordre dans ses pensées.

- Je… Je ne savais pas.

- Qu'est-ce que tu ne savais pas ? Que tu pouvais encore être aimé ?

- …

- Mais, Angelo… Moi je n'ai jamais cessé de t'aimer comme un fils. Et si Aiolia t'a choisi, c'est qu'il t'estime digne de son amour.

- Je… Aiolia… Dans un cercueil de glace… Nooonnn !

Les larmes aux yeux, le cancer s'effondra sur l'épaule de son maître. Luigi l'encercla dans une étreinte paternelle, ému lui aussi jusqu'à la moelle.

- Je prends l'avion dès que possible. Pas question de le laisser dans cet état-là plus longtemps !

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Le petit groupe de chevaliers se dirigeait vers le palais, toujours scindé en trois. Lorsqu'il en vint à traverser le douzième temple, Aphrodite, qui passait l'aspirateur pendant que Milo se douchait, resta bouche bée devant les visages renfermés et superbement boudeurs de Saga et de Shaka. Qu'est-ce que c'est que ce défilé ?

Il avisa ensuite Camus et Kanon, l'un avec le nez cassé et l'autre couvert d'estafilades sanglantes, qui marchaient un peu en arrière, l'air sombre. Sion, agacé, les suivait de sa démarche altière.

Le poisson attrapa Kanon par le bras.

- Vous êtes blessés ! Que se passe-t-il ?

- Ne te mêle pas de ça, Aphrodite, dit Sion d'une voix sévère.

Le suédois recula, interdit, et observa ses amis monter les marches qui menaient au treizième temple. Il n'hésita qu'un instant avant d'arrêter son aspirateur et de se faufiler discrètement derrière eux.

Une fois dans la salle du trône, Sion s'assura que les portes étaient fermées à double tour et fit face à ses subordonnés.

- Alors ?

Saga et Shaka se jetèrent un regard haineux et se tournèrent le dos. Sion soupira.

- Shaka, je t'ordonne de rendre la parole à Kanon.

La vierge s'exécuta d'un petit geste désinvolte, sans renoncer pour autant à son attitude glacée.

- Bien. A présent j'attends vos explications !

Kanon se racla la gorge, et attaqua :

- C'est de ma faute. Je te demande pardon, Shaka. C'est vrai, je suis trop égoïste.

Sion regarda attentivement le dragon des mers. Et bien ! Ce voyage en Inde lui a vraiment fait le plus grand bien ! Il examina ensuite le visage toujours fermé de l'indien.

- Eh bien, Shaka, qu'as-tu à répondre à ça ?

- Il peut bien s'excuser, après m'avoir collé une M.S.T ! Même pas capable d'être fidèle !

- Hein ? S'exclama le marina, incapable de croire ce qu'il venait d'entendre. Mais qu'est-ce que c'est que cette idée tordue, encore ?

- Ah, parce que tu crois que c'est un hasard si on a ces démangeaisons, peut-être ?

- Mais je ne sais pas d'où ça vient, moi ! Je ne t'ai jamais trompé, je te le jure !

- Tu avais aussi juré fidélité à Poséidon ! Tu sais bien comment retourner ta veste quand ça t'arrange, vas !

- Tu dis n'importe quoi !

- Pff ! Evidemment, c'est toujours gênant d'être percé à jour !

Sion ouvrit des yeux ronds. Mais c'est quoi, ça ? Une mauvaise blague ? Il s'adressa d'une voix dure à Saga :

- Et toi, c'est quoi ton problème ?

- Il s'en est pris à mon frère !

- Ah, je vois ! Et tu ne crois pas que ton frère est en âge de se défendre tout seul ? Ironisa le pope.

- Shaka a un tel ascendant sur lui qu'il se permet de le maltraiter !

- QUOI ? Hurlèrent Kanon et Shaka d'une seule voix.

- Reconnais quand même, Saga, que tu n'avais pas à t'immiscer dans leur vie privée… Commenta calmement Camus.

- Tu as peut-être oublié la façon dont il a parlé de NOTRE vie privée ?

- T'avais qu'à pas te mêler de nos histoires ! Dit Shaka, hautain. Même ton frangin t'a demandé de ne pas intervenir ! Et puis tu as remis en question ma recherche de perfection ! Tu m'as traité de minable et de gentil toutou !

- Tu m'as envoyé valser contre une colonne !

- Tu m'as arraché la moitié des cheveux !

- Et gna gna gna, et gna gna gna… Grommela Kanon en se grattant le bras.

- S'il te plaît, Kanon, ne jette pas encore de l'huile sur le feu, se plaignit Camus.

- Et toi, tu m'as traité de dingue mégalo ! Et tu as traité Kanon, TON AMANT, de nombriliste maladif !

- Et je le maintiens ! CONNARD !

- MINABLE !

- REPETE CA ENCORE UNE FOIS ET TU LE SENTIRAS PASSER !

- JE VAIS ME GENER, TIENS !!! MINABLE !!! BLONDASSE !!!

- JE VAIS LE TUEEEER !!!

Et de se sauter à nouveau à la gorge, toutes griffes dehors…

- CA SUFFIT!!! Cria Sion, dépassé malgré lui par l'ampleur du problème.

Comme son autorité n'avait pas le moindre effet, il se servit de ses pouvoirs mentaux pour séparer les deux adversaires et les immobiliser. Mais leurs regards restaient furibonds et meurtriers. Sion se passa une main lasse sur la nuque. Que vais-je faire d'eux, par Athéna ?

C'est alors que dans le silence pesant, on gratta timidement à la porte. Sion grinça des dents et fit signe à Camus d'aller ouvrir la porte, en maintenant toujours fermement les deux chevaliers sous son emprise.

Sous leurs yeux surpris, Aphrodite entra d'un pas traînant dans la pièce, intimidé et très pâle.

- Aphrodite, fit le pope, mécontent. Je t'avais demandé de rester à l'écart. Tu as tout entendu, bien sûr ?

- Heu…

- Que veux-tu ?

- Je suis venu vous dire… Il se dandina nerveusement d'un pied sur l'autre. Kanon n'a pas de M.S.T. Il se gratte parce que j'ai frotté ses affaires avec du poil à gratter, c'est tout.

Athéna ! Quelle belle bande d'adolescents attardés ! Pensa Sion, atterré.

Il relâcha son emprise sur Saga et Shaka qui se relevèrent, menaçants. Aphrodite se décomposa comme la vierge et les jumeaux se ruaient sur lui, d'un même élan, pour la curée…

- Hihhh !!!

Dans un cri aigu, il s'enfuit en courant par la porte toujours ouverte.

- STOP ! Cria le grand pope en s'interposant entre le fuyard et ses poursuivants. CRYSTAL WALL !

Camus, qui était resté immobile pendant tout ce temps, partit soudain d'un fou rire incontrôlable.

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Lundi 29 Octobre :

Italie, Tarente :

Giulia raccrocha le téléphone et sourit à son frère :

- Le boss dit qu'il peut s'arranger pour se passer de nous quelques temps. Il va engager une nouvelle danseuse pour me remplacer pendant mon absence, et Roberto arrivera bien à se débrouiller seul jusqu'à ce qu'on lui trouve un nouveau collègue. Mais je trouve quand même qu'on devrait aller les remercier et leur dire au revoir ce soir.

- Tu as raison, acquiesça Angelo. Et à l'usine ?

- Je vais demander tout à l'heure, je suis d'après-midi cette semaine.

- Merci, petite sœur.

- Tu peux me dire, maintenant, qui est cette femme pour laquelle tu dois absolument rentrer au plus vite ?

Luigi, à côté d'eux sur le canapé, se mordit les lèvres et détourna pudiquement les yeux. Angelo se racla la gorge, et affronta le regard honnête de sa sœur.

- Ce n'est pas une femme. C'est un homme. Il s'appelle Aiolia.

- P… Pardon ?

- Aiolia. C'est un de mes collègues de travail. Il est grec et a trois ans de moins que moi. On était ensemble depuis un mois et demi quand je l'ai quitté.

Giulia, profondément ébranlée, l'observa avec attention.

- Toi, homosexuel ? Avec l'enfance que tu as eue ? Je n'arrive pas à y croire !

- Je n'ai pas choisi. Ca s'est fait comme ça. On se connaissait depuis des années, pas très bien d'ailleurs. Et puis, il y a quelques mois, on a réchappé d'une guerre très meurtrière, on s'est découvert des points communs et on a voulu profiter de la vie, ensemble.

- Et tu l'as quitté, comme ça ?

- Hum… Tu as raison, je ne t'ai pas tout dit. Je t'ai raconté que la mémoire m'est revenue d'un coup…

- Oui. Et alors ? Quel rapport ?

- Je n'ai pas supporté de laisser remonter ces traumatismes. Quand c'est arrivé, j'ai agressé Aiolia, sans pouvoir me contrôler.

- Oh, non…

- J'ai failli le tuer. C'est pour ça que je suis parti.

- Mais… Tu lui as expliqué, au moins ?

Angelo baissa la tête. Une larme silencieuse coula jusque dans son cou.

- Angelo ! Tu lui as expliqué, n'est-ce pas ? Il a compris ? Interrogea Giulia, anxieuse.

- Je… Je n'ai pas pu. Mais un… Un ami l'a fait pour moi. Bizarre… Shaka, un ami… Jamais je n'avais pensé à lui de la sorte… Et pourtant, je lui dois tellement…

- Tu es parti sans un mot ? S'étrangla sa sœur. Mais c'est abominable ! Comment as-tu pu ?

- Tu ne dis rien de ta tentative de suicide… Dit Luigi doucement.

Angelo se frotta les yeux de ses poings, comme un enfant. Rien ne lui serait donc épargné ? Giulia le regarda avec pitié. Cette pitié qu'il détestait par-dessus tout.

Qu'importe… De toute façon, voilà tout ce que je suis désormais… Un enfant traumatisé qui fait pitié… Mais mieux vaut ça que d'être un tueur assoiffé de sang… Plus rien n'a d'importance à part Aiolia. Il faut que je le sorte de ce cube de glace…

Lorsque le cancer releva la tête, il croisa le regard vert et bienveillant de son maître et sourit faiblement.

- Il faut que je le retrouve. Je ne suis rien sans lui.

- Oui, j'ai hâte de faire sa connaissance, dit gaiement Giulia. Et aussi celle de ce Dokho qui doit m'entraîner. Pour combien de temps j'en aurai, vous croyez ?

- Impossible de le dire, répondit Luigi. Mais Angelo était très doué, déjà enfant. Vous avez un potentiel important, même s'il est apparu tard. Dokho a beaucoup d'expérience, et saura vous montrer comment affronter les situations de crise sans débordements dommageables. Vous avez déjà appris à vous contrôler un peu, alors nul doute que vous y arriverez assez facilement, surtout avec un mentor comme lui.

- Tant mieux ! Je ne supporterai pas longtemps d'être sous l'autorité de quelqu'un !

Angelo et Luigi se regardèrent et éclatèrent de rire, sans pouvoir s'arrêter.

- Qu'est-ce qu'il y a ? J'ai dit quelque chose de drôle ? Demanda Giulia.

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Au sanctuaire, pendant ce temps :

Saga, Kanon et Shaka retrouvèrent Milo aux arènes.

- Milo, tu sais où est Aphrodite ? Demanda Saga d'un ton neutre.

- Non, c'est bizarre, d'ailleurs. Il a disparu depuis hier. Quand je suis sorti de ma douche, il était parti et je ne l'ai plus revu.

- Ah, oui… Bizarre, y'a pas à dire… Grommela Kanon.

Dans l'arène, Dokho, Aldébaran, Camus et Aioros échangeaient force attaques et esquives, proposant une lutte de haut niveau. Les spectateurs se poussèrent légèrement pour faire de la place à Shura. Celui-ci s'assit, les vêtements défraîchis et une barbe de plusieurs jours lui mangeant le visage.

- Salut, Shura, dit Milo. Ben alors, ça y est, tu nous snobes plus ?

- C'est pas marrant, vraiment, grimaça Shura. Ca vous est jamais arrivé de vous faire courser toutes les deux heures par un taureau en rut, ça se voit !

- Et maintenant, il est de nouveau dans son état normal, ton taureau ?

- D'après Aphro, oui, il s'est enfin calmé. Alors on va bien voir…

- Tu as vu Aphro ? Où ? Quand ? Sursauta Milo, piqué au vif.

- Je l'ai croisé dans les collines, ce matin. Il était tout nerveux, et n'arrêtait pas de regarder autour de lui… Etrange, vraiment… Dit Shura, pensif. Je me demande de quoi il avait peur…

- Aldé en rut… Kanon avec du poil à gratter… Shaka rendu tout bronzé par son huile au sésame… Et moi… Impuissant pendant plusieurs jours… Je me demande… Milo réfléchissait à voix basse, en comptant sur ses doigts.

- Quoi ? Demanda Saga.

- Quelle coïncidence… Tous ceux qui ont accompagné Aphrodite au club l'autre soir ont eu de drôles d'ennuis, vous ne trouvez pas ? Interrogea Milo.

- C'est dangereux, d'accuser sans preuves, dit Kanon.

- Je vais en avoir le cœur net ! S'exclama Milo en les quittant. Attendez-moi, je reviens !

Au douzième temple, il fouilla longuement les poches de son amant et éplucha son portefeuille. Ah, l'enfoiré ! Pensa-t-il, en découvrant un petit bout de papier. Il a osé me donner du bromure à mon insu ! Et du viagra à Aldé ! Poil à gratter pour Kanon… Brou de noix pour remplacer l'huile de Shaka… Ouuhh, attends, toi !

Il redescendit en courant vers les arènes et adressa un sourire sombre à ses compagnons. Les amis se regardèrent, furieux.

- Qu'est-ce qu'il t'a fait, à toi ? Demanda Shura.

- Bromure… Murmura le scorpion. Quand je pense qu'il m'a baisé sans le moindre remord, alors que j'étais impuissant ! Il a bien du se marrer ! Au fait, Shura, ton Aldé était en rut parce que ce petit saligaud lui a donné du viagra sans le lui dire…

- Oh, je sens que ça va barder ! Ragea le capricorne.

- Attendez, j'ai une meilleure idée… Susurra la vierge. Après tout, nous ne sommes pas censés savoir toute la vérité, n'est-ce pas ? Pourquoi ne pas en profiter et s'amuser un peu ?

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En Italie, le soir :

Luigi et Angelo se servirent un nouveau verre de san pelegrino, en admirant Maria qui dansait sur scène, ondulant lascivement autour d'une barre en acier chromé.

- Elle est superbe, celle-là ! Commenta Luigi avec admiration. Tu as vu cette souplesse ?

- Oui… Grogna Angelo.

- Arrête de faire cette tête d'enterrement ! On y retourne, au sanctuaire, dans deux jours à peine ! C'est pas la mer à boire ! Giulia a négocié ses vacances de dernières minutes comme un chef ! T'en connais beaucoup, toi, des patrons qui acceptent de te donner des congés illimités dans un délai de deux jours ?

- Justement, je me demande comment elle a fait ! Elle a testé la promotion canapé, oui !

- Et alors, même si c'était vrai ? Elle t'a prouvé qu'elle savait se débrouiller, non ? Laisse-la donc respirer un peu !

- Je ne veux pas de ça pour ma petite sœur !

- Oh, je t'en prie, Angelo ! Ta petite sœur a vingt et un ans, et un cosmos non négligeable ! Alors…

- Salut, les gars ! Soupira Maria en se laissant tomber sur les genoux d'Angelo. Alors comme ça tu t'en vas, Angelo ?

- Je suis désolé, Maria. Je n'ai pas été correct avec toi. J'aurais du te dire tout de suite que j'étais gay.

- C'est toujours comme ça ! Bouda la danseuse. Tous les plus beaux mecs sont homo ! Tant pis, je préfère savoir que tu me quittes pour un homme que pour une femme. CA ça aurait été vraiment vexant ! Allez, je dois faire le service aux tables, maintenant ! J'espère qu'on se reverra un jour, quand même !

- Je ne sais pas, Maria, dit Angelo avec un sourire navré. Mais merci pour ton amitié. Tu prendras soin de Giulia, quand elle reviendra ?

- Compte sur, moi !

Angelo se renfrogna dans son fauteuil et commença à se ronger les ongles, nerveux. Puis il s'agita et fouilla dans sa poche, exhibant son petit canif. En pinçant les lèvres, il releva ses manches, désireux de soulager l'angoisse qui ne l'avait pas quitté depuis le matin. Il gémit quand une large main brune lui tordit le bras pour lui faire lâcher le canif, et affronta le regard sévère de son maître.

- Arrête ça tout de suite ! Commanda le sicilien. Tu n'as plus six ans ! Il existe d'autres moyens de contrôler son angoisse !

- Laissez-moi ! Gronda le cancer.

- Non ! Je t'ai regardé faire quand tu étais petit, parce que je ne pouvais pas intervenir sans briser ton équilibre précaire. Maintenant, tu as vingt trois ans, bon dieu ! Et tu es la personne qui m'est la plus chère, après Athéna ! Il faut accepter de laisser les autres entrer un peu dans ta vie, Angelo ! Mon fils…

- Maître…

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Temple du scorpion, le même soir :

Une silhouette mince se glissa dans la chambre du scorpion. Milo était couché sur le côté, ses magnifiques épaules bronzées se soulevant au rythme de sa respiration profonde. La lumière de la lune jouait sur le beau corps musclé, le parant de nuances argentées, révélant des courbes absolument affriolantes. Mais ce qui plaisait le plus au chevalier des poissons, c'était ces mains, qui savaient être puissantes mais aussi caressantes et tendres, ces mains extraordinaires qui savaient si bien explorer son corps voluptueux…

- Milo, tu dors ?

- Grmmmm…

Aphrodite se glissa silencieusement sous les draps et se pressa contre son amant, entremêlant leurs jambes et explorant le torse aux pectoraux et aux abdominaux bien développés. Le scorpion grogna et se réveilla tout à fait. Il se redressa sur un coude.

- Eh ben, où est-ce que tu étais passé, tout ce temps ?

- J'étais en mission pour le Grand Pope.

- Ah oui ? Menteur…

- Euh… Tu as vu Kanon, Saga et Shaka ces derniers jours ?

- De loin. J'étais occupé à faire du rangement dans mes papiers, j'ai pas eu le temps de leur faire la causette. Pourquoi ? Voyons, qu'est-ce que tu vas répondre à ça ? Qu'est-ce que tu vas me servir comme beau mensonge, cette fois ?

- Oh, rien…

- C'était quoi, cette mission du Grand Pope, au fait ? Questionna le scorpion. Tu veux jouer, alors on va jouer, mon chéri… Mais pas au jeu que tu crois…

- Il veut que je fasse la tournée des orphelinats pour repérer d'éventuels futurs chevaliers…

- Ah bon… Soupira Milo. Tu aurais pu me tenir au courant, quand même. Tu m'as manqué. On va bien rigoler, à présent… C'est dommage, je t'avais acheté un petit cadeau.

- Un cadeau ! S'étonna Aphrodite. C'est quoi ?

- Ouvre-le, tu verras bien ! Il est là, sur la commode !

Le poisson déchira de papier en dévorant son amant des yeux. Puis il examina avec curiosité le petit flacon à la lumière de la lune.

- De l'huile érotique pour le corps ? Chouette, on va l'essayer tout de suite ! Je vais te masser !

- Non, mon chéri ! Protesta le grec. C'est très cher, alors ce n'est que pour toi. C'est moi qui vais te masser…

- D'accord ! Dit le poisson en s'allongeant sur le ventre.

- Ferme les yeux et laisse-toi faire…

- Mmmm, oui…

Le poisson profita sans vergogne du contact de ces mains qu'il adorait, en gémissant de plaisir. Milo lui pétrit longuement le dos, les épaules, les fesses, puis le retourna sur le dos et fit subir le même traitement à la poitrine trop blanche, aux cuisses bien galbées, aux bras fins…

Hi hi hi !!! Tu devrais voir la belle couleur de peau que tu as maintenant, mon mignon ! Se délecta le scorpion en lui-même. J'en connais qui vont bien rire demain ! Quelle bonne idée tu as eu de sortir de ta cachette pour venir me trouver…

Il recouvrit son amant alangui d'une serviette foncée et se pencha tout doucement à son oreille :

- Je vais te préparer un cocktail érotique, tu veux bien ?

- Oh, oui !

Milo se saisit alors d'une écharpe épaisse et banda les yeux du suédois.

- Ne l'enlève pas, surtout, sinon tu vas gâcher toute l'ambiance…

- Oui… Je t'aime, Milo.

- Moi aussi je t'aime, Aphrodite. Tu gardes l'écharpe, promis ?

- Oui…

- Caresse-toi, en m'attendant… Comme ça, oui…

- Ohhh… Reviens vite !

- Je vais faire ça bien, tu verras, tu ne le regretteras pas…

En riant sous cape, le scorpion admira un instant son bel amant qui ondulait gracieusement sur le lit, sa peau brunie par l'huile trafiquée et le bandeau sur les yeux… Il prépara soigneusement deux cocktails, au bromure pour son amant et au viagra pour lui. Il déposa les verres sur un petit plateau, avec une coupe de fraises bien juteuses, et rejoignit son amant qui se consumait.

- Ouvre la bouche, et goûte-moi ça…

- Mmmm…. Qu'est-ce que c'est ?

- Un « sex appeal », mon amour… Tu aimes ?

- Oh, oui… Fais moi l'amour, maintenant…

- Attends un peu, il ne faut rien précipiter… Dit Milo d'une voix sensuelle en glissant une fraise entre les lèvres pulpeuses. Eh oui, laissons donc au viagra et au bromure le temps d'agir… Tiens…

- Mmmm…

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Mardi 30 Octobre.

Aux Enfers :

La nuit se terminait. Mû observa attentivement les derniers gestes de Rhadamanthe et le complimenta chaleureusement :

- Bravo ! Tu as beaucoup gagné en assurance, je pense que tu es prêt à voler de tes propres ailes, maintenant.

- Tu as été un excellent professeur, Mû. Où est le prochain surplis ?

- Il n'y en a plus, on a terminé ! S'exclama Mû avec bonhomie. A nous la belle vie !

- Waouh !!! S'écria le spectre. Des vacances ! Enfin ! Je n'en ai plus eu depuis trois ans, à part les deux jours de l'autre fois !

- Tu vois, même si tu n'es plus Juge, tu gagnes en qualité de vie !

- Si on m'avait dit que je me réjouirais pour ça un jour ! Quand est-ce qu'on part pour le sanctuaire ?

- Dans l'après-midi, si tu veux. J'ai demandé à Gisèle de nous faire un petit paquetage pendant la nuit. Comme ça on a le temps de dormir un peu avant de partir.

- Bonne, non, excellente idée ! Je suis moulu !

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Au sanctuaire, le soleil se levait paresseusement sur le huitième temple. Assoupi entre les draps froissés, une créature de rêve, offrait un corps merveilleusement délié aux premiers rayons de l'astre solaire. La lumière dorée joua un instant sur ses longs cheveux turquoise, avant de réchauffer doucement la peau artificiellement brunie.

Aphrodite grogna lorsque la main possessive de son amant lui écarta d'autorité les jambes.

- Non…

- Mais si, tu en crèves d'envie… Chuchota Milo à son oreille.

- Je suis fatigué, tu ne m'as pas lâché de la nuit…

- Tu te plains que je te donne du plaisir ? Murmura le grec, en lui mordillant les tétons. Après le beau cadeau que je t'ai offert cette nuit, en plus ? Ajouta-t-il, perfide.

- Pfff… Vas-y, mais dépêche-toi, maugréa le poisson sans daigner ouvrir les yeux.

Le scorpion s'abîma avec plaisir dans le fourreau brûlant de son partenaire, toujours plus fort, toujours plus profond. Aphrodite refusait de le montrer, mais son amant lui faisait mal, son petit orifice déjà irrité par leur nuit torride refusant instinctivement d'endurer pareil traitement plus longtemps. Mais il ne pouvait se refuser à Milo. Il en avait envie, autant que lui. Seulement… Ca aussi, c'était nouveau. Il mourrait d'envie de jouir, et il n'y arrivait pas. Il avait failli pleurer, quand il s'en était aperçu, cette nuit, mais s'était dit que le noir, par bonheur, cachait son manque évident de réactivité…

Il sentit son amant se tendre en lui, et grinça des dents. Un instant plus tard, Milo se retirait et le serrait précieusement sur son large torse. Il grogna encore une fois, se blottit douillettement contre le grec et se rendormit aussitôt.

Quelques heures plus tard, il se réveillait tout à fait. En enfilant son peignoir, son regard tomba alors sur ses jolies mains et il blêmit affreusement.

Ce n'est pas possible, il n'a pas pu me faire ça !

Il poussa la porte de la salle de bain et accrocha son reflet dans le miroir…

Milo préparait un petit déjeuner digne d'un roi. Café, thé, croissants -commandés à Camus-, et un splendide bol de yoghourt… Le scorpion réfléchit un moment puis agrémenta la table d'une belle rose blanche -anodine- dans un soliflore.

A ce moment, un hurlement strident s'éleva de la salle de bain, et il grimaça.

Et c'est parti pour un tour !

Il se retourna, se campant solidement sur ses deux jambes, prêt à affronter son amant.

Celui-ci ne tarda pas et déboula dans la cuisine auréolé de son cosmos, et le regard meurtrier.

- COMMENT AS-TU PU ? COMMENT AS-TU OSE ? MOI, LE PLUS BEAU CHEVALIER DU SANCTUAIRE !

- Mais calme-toi ! Tu es toujours aussi beau ! Tu es juste un peu plus… Coloré ?

Et le scorpion ne put s'en empêcher, il éclata de rire, tandis que le suédois se mettait à l'injurier férocement. Son rire redoubla quand le poison se frotta le visage avec le gros pain de savon de l'évier, espérant atténuer la coloration de sa peau.

Aphrodite était fou de rage. Il s'était fait avoir, et en beauté ! Il n'avait absolument rien soupçonné, mais alors rien du tout ! Il s'était contenté de profiter du massage torride dispensé par son amant… Torride !

Il se jeta sur Milo comme une furie. Celui-ci se contenta de l'éviter, puis l'assit sans façons sur ses genoux.

- LACHE-MOI !!! Hurlait Aphrodite.

- Mais arrête donc, on dirait qu'on égorge un cochon !

Le poisson cessa aussitôt de se débattre et de hurler, et le grec relâcha légèrement son étreinte.

- Regarde, j'ai de bons croissants pour me faire pardonner !

- Tu peux te les mettre où je pense, tes croissants !

- Si tu préfères ton pauvre yoghourt à zero pour cent de matière grasse…

- Je te hais !

- Mais non ! De toute façon, tu savais bien que ça te retomberait sur le pif, tôt ou tard, non ?

- Mmmm…

- Arrête de bouder, mon amour…

- Je t'emmerde !

- Tu iras présenter tes excuses à Shaka et à Kanon ?

- Un de ces jours…

- D'accord… Soupira le scorpion en l'embrassant passionnément.

Aphrodite accepta son baiser. Mais lorsque les mains brunes s'égarèrent dans son peignoir, il se leva d'un bond et le fixa, les yeux brûlants :

- NON !

- Tu as déjà dit ça avant et ça t'a bien plu !

- Que tu dis !

- Je les ai pas rêvés, tes cris de plaisir, pourtant !

- J'ai fait semblant ! Cracha le poisson. J'arrive presque plus à marcher, moi, grâce à ta passion !

- Tu vois maintenant, l'effet que ça a fait à Shura et à Aldé ? Et à moi ?

Aphrodite, honteux, se rétracta sous le regard dur.

- Tu… Tu sais tout… Balbutia-t-il.

- TOUT LE MONDE SAIT TOUT, APHRO ! MERDE ! ALORS, TU IRAS LES PRESENTER, CES PUTAIN D'EXCUSES ?

- Oui… Murmura le poisson d'une toute petite voix.

- C'est bien.

Des rires éclatèrent soudain à la porte de la cuisine et le poisson, mortifié, reconnut Kanon, Shaka, Aldébaran, Shura, Saga et Camus qui se tordaient de rire. Il se cacha vivement derrière Milo, et de nouveaux rires résonnèrent alors. Affolé, le suédois découvrit Sion, Aioros et Dokho qui, eux aussi, le dévisageaient en se tenant les côtes…

- Pardon… Articula t-il d'une voix chevrotante.

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Eh oui, vous l'avez deviné, la fin est imminente… Plus que deux chapitres, plus l'épilogue.

A venir Vendredi, le retour de Mû au sanctuaire, ainsi que celui d'Angelo ! Enfin !!!

Bisous à tous !