Chapitre XIV

Comme un condamné dans le couloir de la mort, Castle n'entendait que le bruit de ses pas sur l'asphalte. L'air devenait irrespirable tant il lui brûlait les poumons à chaque inspiration. Tout autour de lui avait disparu, il était totalement absorbé par ses pensées qui ressassaient ses quatre dernières années. On prétend que l'on commence à vieillir lorsque nos rêves deviennent des regrets, et bien, il venait de prendre dix ans d'un seul coup. A chaque pose du talon, les regrets grandissaient. S'il avait pris son courage à deux mains et qu'il l'avait embrassée à chaque fois qu'il en avait eu l'occasion, peut-être que la dispute de la veille n'aurait pas eu lieu, il l'aurait accompagnée au cimetière et rien de cela ne serait arrivé !

Pourtant ce ne sont pas les opportunités qui avaient manqué ! Il aurait très bien pu se lancer dans cette suite à Los Angeles, ou après l'explosion de son appartement ou bien dans la salle des coffres dans la New Amsterdam Bank…

Derrière ce buisson se trouvait le corps d'une femme. Mais en contournant l'arbuste, il lâcha sa respiration qu'il retenait depuis trop longtemps à son goût. Ce fut un sentiment de soulagement en demi teinte qui envahit son être. Certes ce n'était pas elle allongée dans l'herbe en cette fin d'après-midi, mais en jetant un regard circulaire autour de lui, il ne put que constater son absence. Alors oui, aujourd'hui ce n'était pas elle, mais demain ou dans deux jours en serait-il de même…

En écoutant la description de Jones, il y avait vraiment cru ! Il s'attendait vraiment à découvrir l'amour de sa vie sur cette pelouse. Pourquoi Jones avait laissé planer ce doute ? Pourquoi lui avait-il décrit cette femme comme s'il s'agissait de Kate ? Assurément, les deux jeunes femmes se ressemblaient mais comment avait-il pu confondre ?

A peine caché, le corps de la jeune femme avait été déposé entre deux buissons. Au premier abord, on aurait pu croire qu'elle s'était simplement assoupie à l'ombre du saule pleureur. Elle semblait si paisible et sereine dans sa robe printanière, les cheveux ondulant sur ses épaules.

◦ Alors ? Demanda l'écrivain en s'approchant de ses amis.

◦ Julie Smith, 33 ans, mariée, elle vivait dans Manhattan, déclara Esposito.

◦ De loin, on aurait pu croire Beckett !

◦ Je sais, c'est troublant ! Mais je trouve que Kate à quelque chose en plus, rajouta Lanie.

◦ Je suis d'accord. D'ailleurs, elle n'est toujours pas là ? S'enquit Castle.

◦ Non, je l'ai appelée mais je n'ai pas eu de réponse, annonça la légiste.

◦ Qu'est ce qui lui est arrivée ?

◦ Elle a reçu un coup avec un objet contondant à l'arrière du crâne. Le corps est encore chaud, elle a surement était tuée dans l'heure qui vient de s'écouler.

◦ Une idée de ce qui l'a tuée ? Demanda Ryan.

◦ Plutôt cylindrique et en bois.

◦ Comme une batte de baseball ?

◦ Oui, ça pourrait très bien faire l'affaire.

◦ On va interroger les passants pour voir si par hasard, l'un d'eux aurait vu quelque chose, rajouta Esposito.

◦ Lanie… Est ce qu'il est possible que… Ce soit notre homme ? Demanda Castle, une boule dans l'estomac.

◦ On ne peut jamais être sûrs de rien mais ce n'est pas son mode opératoire, ce n'est pas la même arme, il n'y a pas de lettre, pourquoi Central Park et pas son salon ? Il nous a montré pendant une semaine qu'il était méthodique pourquoi tout changer maintenant ?

◦ Pour s'amuser… Pour montrer sa supériorité… Pour nous narguer… J'en ai pleins d'autres encore si ça ne te convient pas ! S'emporta l'écrivain.

◦ Stop ! Hey, Castle, on l'aura, d'accord ! Il va forcément commettre une erreur. Tu l'as dis toi même, il est sûr de lui et l'excès de confiance est une faille…

◦ Désolé… Je… Enfin…

◦ Tu devrais aller t'asseoir.

Les mains au fond des poches, l'écrivain s'éloigna du corps. Il était complétement perdu, Beckett ne raterait jamais une scène de crime et pourtant, elle n'était pas là. Il se posa sur un banc, il n'avait pas les idées assez claires pour être d'une aide indispensable. Il sortit son téléphone et décida de tenter sa chance. Lorsque la boite vocale se lança, il hésita et finalement,

*Kate… Je ne sais pas où tu es ni avec qui tu es mais je t'en pris, réponds moi… Je regrettes tellement si tu savais… S'te plait, décroches… Je serais au poste avec Lanie et les Gars… J't'en pris, reviens… Je peux pas vivre sans toi… Kate… Je t'aime…*


◦ Bonjour, Lieutenants Ryan et Esposito. On peut vous poser quelques questions ?

◦ Vous étiez dans le parc toute la journée ?

◦ Est-ce que vous avez vu un événement inhabituel ?

◦ Vous voulez dire à part le mec qu'a déposé sa femme dans les buissons comme si de rien n'était ? Je croyais qu'elle dormait…

◦ Vous l'avez vu ? Vous pourriez le redessiner ? Demanda Ryan plein d'espoir.

◦ Dessiner, c'est mon boulot. Je passe mes journées à dessiner des inconnus, alors oui, je peux le faire mais…

◦ Mais…?

◦ Votre type… C'est l'homme assis sur le banc de l'autre coté de l'allée. Il n'a pas bougé depuis qu'il l'a allongée dans l'herbe. C'était y a 20 minutes, je dirais.

◦ Vous en êtes sur ? Demanda Esposito un brin sceptique.

◦ Sûr et certain ! Parole de scout !

◦ Ouais…

Le mari ne paraissait ni effrayé ni heureux, il était juste assis là. Il faisait tourner son alliance autour de son annulaire en regardant la foule s'afférer aux abords de sa femme.


Ryan et Esposito retrouvèrent l'écrivain les coudes posés sur les genoux, la tête dans les mains, le dos voûté.

◦ Hey, Bro ça va ? T'es tout pâle ! S'enquit le latino.

◦ Je suis le seul à trouver étrange que Beckett ne soit pas là ?

◦ Non, je suis d'accord. Ce n'est pas dans ses habitudes de ne pas venir sur une scène de crime et encore moins sans nous prévenir… Rajouta Ryan.

◦ Vous pensez qu'elle serait contre, si on décidait de tracer son portable ? Demanda l'écrivain avec un sourire gêné.

◦ Bah, je sais pas, tu voudrais signer toi même ton propre arrêt de mort ou pas ? L'interrogea le latino.

◦ Mais Javier, imagines que quelque chose de grave soit arrivé ! Tu te comportes toujours comme un grand frère avec elle, ça ne t'inquiètes pas de ne pas la voir ?

◦ On va faire un marché, si demain matin, elle n'est pas au poste, on tracera son portable. Ca te vas ?

◦ Marché conclu. Vous avez appris quelque chose d'utile ?

◦ C'est un meurtre passionnel. Elle s'est disputée avec son mari sur le manque de communication au sein de leur couple. Il s'est emporté et l'a frappée avec le rouleau à pâtisserie.

◦ Il était assis sur le banc sous le chêne de l'autre côté du parc, rajouta l'irlandais.

◦ Et c'est tout ? Il n'a même pas chercher à nier ?

◦ Non, il ne comprenait plus sa femme ces derniers temps, il n'en pouvait plus des non-dits et il a fini par craquer.

◦ Parfois, il n'y a pas d'histoire, Castle. Juste la fatalité du monde qui nous rattrape… Déclara Esposito.

Castle ne comprenait que trop bien la détresse de cet homme. Le manque de communication, il s'y était habitué avec Beckett. Il connaissait la frustration que les non-dits pouvaient engendrer. Et puis, cet homme s'était posé sur ce petit banc que Kate et lui choisissaient pour passer un moment hors du temps loin de l'agitation de Manhattan. Tout lui rappeler cette femme… Cet homme avait aimé son épouse, ça ne faisait aucun doute mais il n'en pouvait tout simplement plus. Même s'il trouvait le geste plus qu'excessif, Castle comprenait les sentiments de cet homme. Hier soir, elle était peut-être rentrée dans les parfums d'un autre et…

◦ Et si hier soir... Et si c'était Josh ?

L'écrivain se leva brusquement et fit un vague mouvement de la main en direction des gars. Il regagna sa voiture et s'inséra dans la circulation dense de cette fin de journée newyorkaise. Au feu, il prit à droite et se dirigea vers l'appartement de Dr. Mobylette. L'imaginer dans ses bras était une véritable torture mais il devait en avoir le cœur net. Si elle était dans ce duplex, elle serait en vie, seul son cœur à lui aura souffert. Il n'hésita qu'un court instant et frappa au 6C. Josh lui ouvrit la porte légèrement humide et uniquement vêtu d'une serviette autour de la taille.

◦ Castle ?! Tes livres ne sont plus rentables, tu te mets à vendre des pizzas maintenant ! S'exclama-t-il étonné de voir l'écrivain sur son palier.

◦ De quoi ? Non !

◦ Ok… Donc qu'est ce que tu fous là ?

◦ Est ce que Kate est chez toi ?

◦ Kate ? Oui… Elle est sous la douche… Son corps tente de récupérer… C'est impressionnant tout ce dont elle capable avec ses lèvres… Tu devrais vraiment essayer !

◦ Vraiment ? Déglutit difficilement l'écrivain.

◦ Oh oui ! Pouffff… Rien qu'en y repensant je me sens reprendre de la vigueur ! Je lui laisse du temps avant de recommencer là où on s'est arrêtés sous l'eau chaude…

Le cardiologue fut interrompu par le poing du romancier s'écrasant sur son nez. Il y mit toute la colère qu'il accumulait depuis plusieurs heures. Castle était plutôt fier de lui, même si Beckett piquerait une crise en l'apprenant. Josh palpa son nez ensanglanté dans un cri sinistre comme pour être sûr qu'il était encore là.

◦ Non mais qu'est ce qui cloche chez toi ?! Elle a été suffisamment claire à la fin de mon interrogatoire, elle ne reviendra pas. Mais qu'est ce qu'elle peut bien te trouver ?!

◦ J'aurais tendance à dire, plus grand et plus doué ! Mais ce n'est que mon…

Il sentit la main de Josh s'abattre sur sa pommette. Les deux hommes se rendirent coups pour coups jusqu'à ce qu'un voisin vienne les séparer. Castle quitta l'immeuble le sourire aux lèvres malgré sa lèvre inférieure fendue qui le faisait un mal de chien. Il avait la pommette gonflée et une douleur vive au niveau des côtes mais qu'importe, elle n'était pas retournée dans ses bras et c'était l'essentiel. Et puis, l'écrivain rêvait de lui décrocher cette droite depuis ses propos ignobles au poste.

Nord de New York

La porte de sa prison s'ouvrit laissant apparaître son tortionnaire dans la lumière de l'ampoule qui n'allait pas tarder à rendre l'âme. Il avait encore ce rictus de satisfaction sur le visage.

◦ Il y a eu un meurtre dans Central Park cette après-midi, et tu ne devineras jamais qui est venu me demander des renseignements sur la victime.

◦ …

◦ Ton fidèle labrador. Tu aurais dû voir sa tête quand je lui ai décris la victime comme s'il s'agissait de toi ! Il était à la limite de la syncope. Je crois qu'il s'inquiète vraiment pour toi…

Une larme perla à la bordure de ses yeux. Castle s'inquiétait pour elle ! Son cœur tambourinait dans sa poitrine, si elle arrivait à sortir vivante de cette enfer, au diable toutes ses craintes. La vie est trop courte pour se refuser d'aimer et d'être aimé. Mais pour l'instant, elle devait savoir…

◦ Je ne comprends pas, Jones ! Pourquoi moi ? Alors que de nombreux autres flics se pavanent nettement plus que moi !

◦ Tu n'en as vraiment aucune idée ? La remise des diplômes à l'académie… Ton discours… Non, ça ne te revient pas ?

◦ Euh…

◦ « Dans une fusillade, si l'on est le second à tirer, c'est la mort qui nous guette. Le second, c'est celui qui ne s'en sortira pas, celui qui échouera et je tacherais de ne jamais l'oublier ! » Devine qui était second ce jour-là ?

◦ Toi…

◦ Wahou ! Quelle perspicacité ! Cette phrase m'a hanté jours et nuits depuis qu'on a quitté cette estrade. Ce jour là, je me suis juré de te le faire payer.

◦ Mais… Ce n'était dit dans ce sens là !

◦ Par chance, quelques années plus tard, j'ai été muté au 12th à l'étage des homicides. Il m'a fallu cinq ans pour arriver à construire un plan parfait. J'ai fouillé dans ton passé, et j'y ai finalement trouvé mes victimes. Je ne mettais pas fixé de date mais en voyant que plus les années passées et que plus tu t'attachais à cet écrivaillon, je me suis dit « pourquoi pas avorter une histoire qui aurait pu la rendre vraiment heureuse ? ». Te sentir plus faible à chaque meurtre était jouissif ! Et maintenant, tu es là, à genoux, devant moi, me suppliant de t'épargner !

◦ Je ne supplie jamais !

◦ On verra ça… Mais vois le bon coté des choses, il ne voulait qu'une nuit de débauche ! Tu n'aurais rien été de plus qu'un nom au milieu d'une liste accrochée sur la porte de son frigo !


De retour au loft, chaque geste était une véritable épreuve pour le romancier. Dans le miroir de la salle de bain, il inspectait les dégâts sur son visage, sa pommette avait déjà viré au bleu et sa lèvre avait doublé. Il s'était laissé tenter par un bain, et l'espace d'un instant, il oublia les douleurs qui habitaient désormais son corps.

◦ Où peut-elle être ? Elle n'est pas chez elle, ni chez son père, ni chez Josh et sa voiture est sur le parking du cimetière.

Il se coucha avec beaucoup de questions et peu de réponses.

Comme Gina l'agressé pour avoir une ébauche de son nouveau chapitre, il décida d'écrire un peu ce matin là. Jamais encore, il n'avait écrit un début de chapitre aussi fade et sans intérêt. Il avait écrit, effacé, réécrit, effacer de nouveau et il avait, finalement, noirci deux pages sur la vie de Rook sans Nikki. Une vie morose et terne où planer les regrets et les « si j'avais su… ». Après avoir passé la matinée à imaginer sa propre existence à travers ses personnages, il ferma son ordi et quitta le loft.

La nuit ne fut pas une partie de plaisir et c'est donc avec une envie folle de dormir qu'il arriva au 12th.

◦ Woh ! Castle, tu t'es mis au catch dans la nuit ou quoi ? Demanda Ryan alors que l'écrivain sortait de l'ascenseur.

◦ Non, c'est rien, juste un petit incident. Des nouvelles de Beckett ?

◦ Toujours rien, j'allais justement voir Tory pour localiser son portable.

◦ Je vais me servir un café…

◦ Tu ferais mieux d'aller voir Lanie pour qu'elle vérifie que rien n'est cassé, déclara le latino.

◦ Non, non, c'est bon !

◦ Oh non c'est loin d'être bon ! T'y vas et maintenant Bro !

◦ Franchement, on dirait un schtroumpf ! Rajouta l'irlandais alors que Castle grognait un truc incompréhensible en montant dans l'ascenseur.


◦ Lanie ? Demanda-t-il en passant la tête entre les portes battantes.

◦ Castle ? Je suis dans mon bureau. Entre, j'arrive… Répondit-elle au loin.

Il s'assit sur une table d'autopsie libre et balança frénétiquement ses pieds dans le vide, les doigts croisés sur ses cuisses.

◦ Vous êtes conscients que j'ai étudié la médecine légale et pas la psychologie, n'est ce pas ? S'enquit la légiste.

◦ Euh… oui… Répondit Castle ne comprenant pas la remarque.

◦ Castle ! Mais qu'est ce que tu as fait ? Demanda-t-elle en approchant la main de sa pommette gauche.

◦ En fait, c'est pour ça que je viens te voir…

◦ Laisse moi attraper ma trousse à pharmacie… Comment t'as fait ça ? T'as mal si j'appuie là ?

◦ Aïïïïïïïe ! Cria-t-il.

◦ J'en conclu que oui. Comment tu t'es débrouillé ?

◦ Je suis passé chez Jim et comme elle n'y était pas je suis allé chez…

◦ Oui ?

◦ Chez…

◦ Castle !

◦ Chez Josh…

◦ Non mais qu'est ce qui t'as pris ! Elle va te voler dans plumes quand elle va l'apprendre !

◦ Mais, au départ, j'ai rien fait de mal ! Je lui ai demandé si elle était là et il a commencé à me dire qu'elle était sous la douche pour récupérer de leur nuit mouvementée. Je l'ai cru et je lui envoyais mon poing en pleine figure. Il a réagi et on s'est battu jusqu'à qu'un voisin nous sépare…

◦ Non mais t'es pas croyable ! Kate est dingue de toi ! Elle n'irait jamais passé la nuit chez Josh même après une de vos disputes. En général, c'est plutôt en pleurs au téléphone avec moi que ça se passe.

◦ Je sais…

◦ En plus, vous vous étiez enfin trouvé hier midi, d'après ce qu'elle a bien voulu me raconter ! Comment t'as pu imaginer qu'après s'être ouverte à toi, elle irait s'envoyait en l'air avec un autre !

◦ Je sais pas… J'ai un peu mal aux côtes aussi…

◦ Non mais c'est pas possible d'être aussi c… immature !

◦ Je sais…

Il descendit de la table d'autopsie et quitta à la morgue. Dans l'ascenseur, il regrettait d'être aller chez le cardiologue, Lanie avait raison. Si Kate se donnait à homme, ce n'est pas une dispute qui changerait ses sentiments à son égard. Elle faisait parti de ses femmes qui ne savent pas aimer à moitié, soit elle vous aime soit elle se mente à elle-même. Et hier midi, quand ses lèvres avaient rencontré les siennes, il avait perçu dans ses yeux une lueur d'amour. Comment avait-il pu penser qu'elle était retourné dans ses bras ?

Le ding caractéristique d'un ascenseur qui arrive à destination le sortit de ses pensées. Lorsque les portes s'ouvrèrent, Ryan l'interpella.

◦ Castle ! Je sais où est Beckett !

◦ Où ? Demanda-t-il en s'approchant à grands pas.

◦ Devant un cimetière à la sortie de Manhattan, je te donne l'adresse, répondit l'irlandais en attrapant un Post-it.

◦ Laisse tomber…

◦ Mais euh…

◦ Elle n'y est pas. Sa voiture était déjà garée devant hier. Elle a dû le perdre ou on l'a délibérément laissé là-bas.

◦ Je vais regarder ses mouvements bancaires, on pourra peut-être en tirer quelque chose, déclara le latino.

◦ Moi, je m'occupe de regarder les vidéos surveillances aux abords du cimetière. Castle rentre chez toi, t'es blessé et crevé, repose-toi et revient plus tard. Je t'appelle si on trouve un truc.

Il n'argumenta pas et rentra chez lui. Au loft, Alexis était devant son ordinateur posé sur l'îlot central.

◦ Bonjour Lex, dit-il en embrassant sa fille.

◦ Salut papa…

◦ Un souci ?

◦ Non… Enfin si… Mais…

◦ Mais…?

◦ J'ai une dissertation en philo à rendre pour Lundi et pour l'instant, je manque un peu d'inspiration…

◦ Ah oui, d'accord… C'est quoi le sujet de la disserte ?

◦ Etat et pouvoir, « Les métiers de la fonction publique permettent-ils aux individus de s'immiscer dans la vie de leurs concitoyens ? »

◦ Non… Enfin si… Mais…

◦ Oh très drôle ! Râla Alexis en prenant sa tête dans ses mains.

◦ Désolé… T'as déjà quelques idées ?

◦ En lisant la question, j'aurais dit oui. Parce que si tu prends un inspecteur des impôts par exemple, il connaît tes revenus et ce que tu possèdes. Ca fonctionne aussi avec les profs et même la police. Regardes, Kate peut avoir accès à tout le casier judiciaire d'une personne, mais aussi tout l'historique de sa vie. Est ce qu'elle a des frères et sœurs ? Ou ses études, son boulot, son adresse…

◦ Un flic ? Un flic… Mais oui, c'est ça !

◦ Papa ? Ca va ? Demanda la jeune fille perdue devant la réaction plutôt démesuré de son père.

◦ Oui, merci Pumkin, on en reparle ce soir !

Il attrapa son manteau à toute vitesse et sortit en trombe de l'appartement. Il n'eut pas la patience d'attendre l'ascenseur et fila par les escaliers. Il sauta dans un taxi et en quelques minutes, il entra au 12th.


Merci pour vos commentaires ! ^^