Titre Danse avec lui

Auteur Shinigami

Genre UA, OOC, Général, Romance

Couple Trowa x Quatre pour le moment

NDLA Un grand merci à Gayana qui a la gentillesse de corriger mes histoires.

Merci à : Shinigami's Bride, Sana-Maxwell, Hell, Coquillette, nyanko-kuro, Shye Yun, Lybertys, briottet et Catirella pour leur review sur le chapitre 12 de Danse avec lui.

Je vous souhaite une bonne lecture !

Chapitre 13

Duo se réveilla au son régulier de la respiration de Heero. Il étouffa un bâillement et s'étira longuement à la manière d'un félin, faisant sourire Heero qui le regardait faire avec amusement, une lueur d'amour illuminant ses prunelles couleur cobalt. Un sourire tendre étirait les lèvres du japonais alors qu'il murmurait :

- Bonjour toi !

Sans laisser le temps à Duo de répondre, Heero s'empara de ses lèvres pour un tendre baiser matinal auquel Duo répondit sans se faire prier. Lorsque le baiser prit fin, Duo rendit son sourire à Heero et murmura à son tour tout contre ses lèvres :

- Bonjour Hee-chan.

A son tour, il déposa délicatement ses lèvres sur celles du japonais qui après avoir répondu à la demande muette du natté, murmura, ne souhaitant pas briser le silence qui les entourait :

- Tu as bien dormi mon ange ?

- Voui, répondit l'américain en étouffant de nouveau un bâillement.

Heero le regarda un moment, mi amusé, mi attendri par l'attitude du châtain et alors que ce dernier bâillait pour la seconde fois, il déclara :

- Tu aurais dû dormir encore un peu, il est encore tôt, souffla l'asiatique.

- Ce n'est pas grave, répondit Duo en posant délicatement son index sur les lèvres de Heero pour le faire taire. J'aime être dans tes bras, ajouta-t-il, je t'aime Heero.

- Moi aussi je t'aime Duo.

Le natté embrassa le japonais avec une passion mêlée de tendresse, et prenant l'initiative du baiser,il vient quémander l'entrée des lèvres de Heero.

- Heero ? Appela l'américain après que leur échange les ait forcé à se séparer.

- Hai ?

- Tu es heureux ? Demanda timidement Duo.

- Hai, souffla Heero en raffermissant sa prise autour des hanches du natté, nazerana watachitachi wa isse choni desu.

- Hein ? S'exclama le châtain en se redressant sur ses coudes, un air de totale incompréhension dépeint sur le visage.

Heero sourit tendrement face à la tête que faisait Duo et lui chuchota au creux de l'oreille :

- Ta présence seule suffit à me rendre heureux...

Duo sentit ses joues s'empourprer et lui adressa un petit sourire timide empli de tendresse et d'amour avant de poser sa tête au creux de son épaule, enfouissant son visage dans son cou et respirant son odeur à plein nez.

Ils restèrent silencieux de longues minutes durant, appréciant ce moment de sérénité qui, au fil des jours, était devenu pour eux une habitude.

Puis, brisant finalement le silence que seul troublait leur respiration régulière et synchronisée et le chant des oiseaux, Heero demanda d'une voix qui cachait mal la profonde réflexion dans laquelle il était plongé :

- Duo ?

- Hn ? Répondit l'américain en somnolant.

- Tu as déjà eu un petit ami ?

Si jusqu'à maintenant le natté paraissait sur le point de s'endormir, à présent, il était parfaitement réveillé.

En appuis sur son coude, il faisait face à Heero dont il imaginait sans problème l'air à la fois interrogateur et contrarié qui pouvait provoquer l'attente de sa réponse.

- Pourquoi cette question Hee-chan ? Demanda Duo surpris.

- Pourquoi pas ? N'ais-je pas le droit d'en savoir un peu plus sur toi ? Répondit le japonais en souriant tendrement, tandis que sa main droite venait caresser la joue du châtain.

- Si ! Si biensûr, excuse-moi, souffla Duo en reprenant sa position initiale alors que ses doigts traçaient des arabesques sur le torse imberbe du japonais. Pour répondre à ta question, si, j'ai déjà eu un petit ami une fois, reprit-il après quelques secondes de silence. Mais je... Cela n'a pas duré, j'ai mis fin à notre relation lorsque j'ai appris que...

Duo se tut, honteux de ce qu'il s'apprêtait à révéler à Heero, ce que personne hormis Quatre et Trowa ne savait. Honteux, de cet épisode de sa vie, Duo avait classé cette affaire «secret défense» et ne l'avait plus jamais abordée, même avec ses deux meilleurs amis, qui respectaient son choix.

Intrigué par le soudain silence de Duo, Heero demanda d'une voix encourageante :

- Tu as appris que quoi ?

- Je... Quatre m'a dit avoir surpris une conversation entre Julien, mon petit ami du moment, et un de ses amis. Il parlait de moi et disait qu'il avait l'intention de me quitter après m'avoir mis dans son lit...

Duo avait murmuré ses derniers mots, si bien que Heero dut tendre l'oreille pour l'entendre. Puis, semblant sentir la gêne qui habitait son vis-à-vis, il raffermit sa prise autour de ses reins et déclara gravement :

- J'ai parfaitement conscience que cela doit faire mal, mais tu as agis comme tu le devais, Duo. Personne n'a le droit de traiter qui que ce soit de cette manière. Tu as fait ce qu'il fallait... C'était-il y a combien de temps ?

- J'avais dix-neuf ans, répondit Duo plongé dans ses souvenirs, notre relation n'a durée qu'un mois. Ensuite, j'ai eu cet accident...

- Tu n'as plus eu de petit ami ?

- Non, répondit Duo d'une voix qui cachait mal ses émotions. Je... J'avais trop honte de ce que j'étais devenu... Mais heureusement que j'ai des amis et une famille sur qui je peux compter. Ce sont eux qui m'ont aidé à me sortir de ma dépression et de la bulle dans laquelle je m'étais enfermé. Sans eux, je crois qu'il ne resterait plus grand chose de moi à présent...

Il se tut un moment, avant de reprendre d'une voix plus posée :

- Puis après je suis venu ici et tu es entré dans ma vie... Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée Heero... Depuis quelques temps, j'en arrive presque à remercier ma cécité car sans elle et l'aide de Quatre et Trowa, je ne t'aurais sûrement jamais rencontré. Et toi, ajouta-t-il après un court silence, tu as déjà eu des petits amis ?

- Oui, quelques uns, répondit Heero, mais cela ne durait jamais très longtemps à chaque fois. Je n'arrivais pas à trouver l'équilibre que je cherchais. Et puis je me rendais vite compte que, même si j'appréciais mon amant du moment, je ne l'aimais pas. Je n'ai jamais ressenti quelque chose d'aussi fort que depuis que je suis avec toi, Duo.

Sur ses mots, il l'embrassa furtivement et ajouta sur le ton de la confidence :

- Je peux te confier un secret ?

Intrigué, Duo répondit :

- Oui, biensûr, je suis muet comme une tombe !

Heero lui lança un regard sceptique que Duo ne vit pas, mais face au silence prolongé de Heero, il demanda :

- Quoi ?

- Rien mon ange, répondit le japonais en souriant, avant de l'embrasser tendrement sur le front.

- Alors, c'est quoi ton secret ? Questionna le natté.

- Je n'avais jamais dit "je t'aime" à quelqu'un avant toi...

A ses mots, Duo se redressa vivement et fit face au japonais, les yeux brillant de larmes contenues.

-C'est vrai, tu m'aimes ? Demanda-t-il.

- Tu en doutes ?

- Non, répondit Duo sans hésitation tandis que, du bout des doigts, Heero séchait les larmes qui roulaient silencieusement le long de ses joues. Moi aussi je t'aime Heero, je t'aime plus que tout.

A peine Duo eut-il terminé sa phrase que Heero happait ses lèvres avec une avidité qui trahissait le désir qu'il ressentait pour l'américain. Leur langue se rencontrait avec fougue et passion, emportées en un ballet langoureux et chargé de volupté. Très vite, de leur côté, leurs mains entamèrent elles aussi un ballet sensuel, chacune partant à la découverte du corps de l'autre.

Sans rompre leur baiser, Duo changea de position, et vient prendre place sur Heero qui, sans plus attendre, glissa ses mains sous le t-shirt de Duo et lui caressa la chute des reins, provoquant chez Duo des frissons de bien être.

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Monté sur Lullaby, Duo reprenait petit à petit confiance en lui. Chaque jour, il osait quelque chose de nouveau, ce qui emplissait de joie son coeur et celui de Heero qui le regardait faire avec une fierté non dissimulée. Jamais le japonais n'aurait imaginé que Duo se lance aussi vite. L'américain était devenu un autre homme de celui qu'il était lorsqu'il était arrivé ici, il y a près de deux mois de cela.

Lancé au trot dans la carrière, après avoir pris connaissance de la surface de celle-ci avec l'aide de Heero, Duo tentait de faire faire à sa monture quelques figures de manège. Concentré sur Duo, Heero du bord de la carrière dictait à l'américain quelques consignes d'exercices, le reprenant de temps à autre sur sa posture ou la manière dont il s'y prenait.

Même s'il lui corrigeait parfois quelques petites erreurs, Heero restait stupéfait par le niveau de Duo. Tout en lui indiquait qu'il n'était en rien débutant. Le japonais ne savait toujours pas quelle était la spécialité de l'américain lorsqu'il montait encore à cheval, ni la manière dont son accident était survenu, mais il était impressionné par l'assiette (2) de Duo et la facilité déconcertante avec laquelle il se mouvait à cheval.

Pris dans son rôle de moniteur, Heero n'entendit pas la voiture se garer un peu plus loin et ne fit pas attention aux aboiements de Loki. Si bien qu'il fut surpris lorsqu'une voix qu'il connaissait bien retentit à ses côtés :

- Et bien, on dirait qu'elle va bien cette petite jument !

Heero se retourna vivement et ses lèvres s'étirèrent en un sourire radieux lorsqu'il reconnu son interlocuteur :

- Professeur J ! Je ne vous ais pas entendu arriver ! Vous allez bien ? Demanda le japonais en serrant la poignée de main que lui tendait le visiteur.

- Comme mon grand âge me le permet, mon garçon, répondit le vieil homme en rendant son sourire à Heero.

- Pour être honnête, reprit l'asiatique, je ne m'attendais pas à vous voir ici ! Mais cela me fait plaisir ! Ajouta-t-il en jetant un rapide coup d'oeil à son interlocuteur, ne souhaitant pas quitter Duo trop longtemps du regard.

Le professeur ne répondit rien et à son tour, il reporta son attention sur le natté qui travaillait la jument.

Après un moment durant lequel aucun des deux hommes ne parla, le nouvel arrivant fini par demander :

- Qui est ce jeune homme ?

Heero se tourna vers lui, un sourire radieux illuminant son visage et déclara avec une fierté non dissimulée :

- C'est mon compagnon.

Surpris par la déclaration du japonais, J se retourna vivement face à lui, tandis que la surprise faisait lentement place à un sourire radieux :

- Alors ça y est ! Depuis le temps que j'attendais de te savoir heureux ! Tu resplendis Heero, déclara le vieil homme. Tu n'imagines pas comme je suis heureux pour toi ! Je commençais à désespérer de te voir un jour trouver la bonne personne.

- Merci professeur, répondit Heero en reportant de nouveau son attention sur l'américain.

Après quelques secondes de silence, J reprit la parole :

- Alors qui est-il ce garçon qui a su conquérir ton coeur ?

- Un ange, répondit Heero à moitié perdu dans ses pensées.

A ces mots, J partit dans un rire puissant qui sortit Heero de sa torpeur. Entre deux éclats de rire, J s'exclama :

- Je sais pas qu'est ce qu'il t'a fait, mais ce garçon accompli des miracles ! Jamais je ne t'ai vu aussi peu éloquent !

- Hn ! Se renfrogna le japonais qui n'appréciait guère que l'on se moque de son égarement passager.

La réaction de l'asiatique ne fit que sourire un peu plus son vis-à-vis qui, après avoir retrouvé un semblant de sérieux, déclara :

- En tout cas, il ne se débrouille pas trop mal à cheval !

- Oui, répondit Heero. Duo montait à cheval, mais il a eut un accident il y a deux ans et n'est pas remonté depuis. Vous me croirez si vous le voulez, mais cela ne fait que quatre jours qu'il remonte de nouveau. J..., reprit Heero après un moment d'arrêt, Duo est aveugle...

Ces mots semblèrent frappé le vieil homme car il se retourna brusquement vers le japonais, et posant une main sur son épaule, il déclara :

- Je suis désolé... Comment cela est-il arrivé ?

- Son accident de cheval... Même les médecins n'en connaissent pas l'origine... C'est un miracle qu'il soit encore capable de marcher. Les médecins le voyaient déjà dans un fauteuil roulant jusqu'à la fin de sa vie.

- Les miracles existent Heero. Tu en a la preuve sous les yeux, et quand je vois que ce tu es devenu grâce à ce garçon, je ne peux croire à une coïncidence. Ce garçon à quelque chose de spécial, ne le laisse pas s'envoler.

- Cela ne risque pas, murmura le japonais. Je tiens trop à lui...

J ne répondit rien, se contentant de sourire, et après un moment de silence, il déclara, changeant totalement de sujet :

- Je voudrais te demander une faveur Heero...

Intrigué par le ton grave qu'employait son ami, le japonais reporta son attention sur celui-ci et J enchaîna :

- Je me fais vieux mon garçon, et je n'ai plus la force ni le temps de m'occuper de Lullaby et d'Aleshanee. C'est pourquoi j'aimerais que tu les gardes...

Stupéfait par la demande du vieil homme, Heero fit volte face et l'air abasourdi, il demanda :

- Vous... Vous voulez me vendre vos juments ? Vous qui disiez que rien au monde ne vous obligerait à vous en séparer ?

- Non Heero, je te donne les juments !

- Mais...

- Tu sais mon garçon, je me fais vieux, et je me rend compte que je n'ai plus la capacité de m'occuper de chevaux. Et ces juments ont un réel potentiel, elles sont douces, affectueuses et volontaires, c'est pourquoi je ne peux me résoudre à leur laisser terminer leur vie dans un parc. De plus, elles sont encore jeunes, cela serait dommage... Je te le demande en tant que requête Heero...

- Ce n'est pas les juments que je refuse Professeur, mais le fait que vous me les donniez. Je ne peux pas accepter cela !

- Tu sais à quel point j'aime mes chevaux, et tu sais aussi que tu es la personne en qui j'ai le plus confiance. Je sais que tu es parfaitement capable de t'en occuper...

- Vous me prenez par les sentiments ?

- Si c'est le seul moyen pour que tu acceptes, alors oui ! Répondit J sans une once d'hésitation.

Heero éclata de rire, suivit par J et déclara après avoir retrouver un semblant de calme :

- C'est d'accord !

- Merci Heero ! Tu me soulages d'un grand poids.

Le japonais ne répondit rien, se contentant d'un sourire et reporta son attention sur Duo qui s'était arrêté. Lorsqu'il le vit esquisser un mouvement pour descendre de cheval, il s'approcha et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, il l'attrapait par les hanches et le posait sur le sol avec délicatesse.

Duo se retourna tout sourire et lui souffla un merci accompagné d'un rapide baiser. Puis, Heero lui prit la main et l'entraîna à sa suite :

- Viens, je voudrais te présenter quelqu'un !

Sans faire de commentaire, Duo suivit docilement l'asiatique. Duo avait été témoin de la discussion qui avait eu lieu entre les deux hommes et avait vite compris que des liens particuliers les liaient. Ils avaient dû être très proche à un moment ou à un autre, car Duo sentait cette profonde affection qui émanait du vieil homme pour le japonais. Ce dernier prit alors la parole et fit les présentations :

- Professeur J, je vous présente mon compagnon, Devlynn Maxwell. Duo, voici Jonas.

- Je suis enchanté de faire votre connaissance Monsieur, répondit Duo en tendant la main à l'homme qui lui faisait face.

Voyant cela, J s'en empara franchement, et avec sincérité, il déclara :

- Appelez moi J ! Et moi aussi je suis ravi de te rencontrer Duo ! Depuis que je suis arrivé, je n'entend que des compliments sur toi, et il me tardait de faire enfin ta connaissance !

Duo rougit sous la remarque du professeur et s'en apercevant, Heero l'embrassa tendrement sur le front, tandis que, faisant fi de la gêne de l'américain, le vieil homme enchaînait :

- Alors, comment la trouves-tu cette Lullaby ?

- Elle est formidable, répondit Duo avec enthousiasme. C'est vraiment une très gentille jument. Je dois avouer que j'ai toujours eu une certaine réticence avec les femelles à cause de leur caractère, mais celle-ci est exceptionnelle.

Ils discutèrent encore un moment de tout et de rien, puis, le vieil homme finit par prendre congé :

- Bon, les jeunes, il est temps pour moi de prendre congé !

- Vous ne restez pas manger avec nous ?

- Je te remercie de ton invitation Heero, mais j'ai encore de la route à faire...

Après multiples recommandations, le vieil homme prit congé et rendit leur intimité aux deux hommes.

Puis, une fois la voiture du professeur disparue au loin, Heero guida l'américain jusqu'à la caravane, dans laquelle il prit place et caressait distraitement la tête de son chien tandis que le japonais préparait le repas de midi.

Après un moment de silence, Duo, emporté par sa curiosité, demanda :

- Qui était cet homme ?

- C'était mon moniteur d'équitation. Il avait un centre équestre à la sortie de la ville où j'habitais lorsque j'étais enfant. Je l'ai connu par l'intermédiaire de ses chevaux. Les plus vieux finissaient leur vie au pré qui longeait le terrain qui encadrait la maison dans laquelle nous habitions, et souvent j'allais les voir et leur apporter un bout de pain ou des carottes. Parfois, il m'arrivait de croiser J. Ma mère, vivant seule, n'avait pas les moyens de me payer des cours d'équitation et s'en voulait atrocement. Mais un jour, alors que j'avais 8 ans, J est venu me voir et m'a demandé si j'étais d'accord pour l'aider à nourrir ses chevaux et à les panser. Evidement, j'ai tout de suite accepté, et en échange de cela, J me faisait monter gratuitement. Puis, en grandissant, je passais de plus en plus de temps au centre équestre. Le soir après les cours, les week end et les vacances scolaires, je les passaient au centre. Si bien, qu'avec l'accord de ma mère, J a finis par m'embaucher et en plus de mon salaire mensuel, il continuait à m'offrir les cours.

- C'est très gentil de sa part, remarqua Duo, qui buvait les paroles du japonais, heureux que celui-ci partage avec lui quelques uns de ses souvenirs.

- Oui, J a vraiment le coeur sur la main. Je lui doit tout, c'est grâce à lui que j'ai pu apprendre à monter à cheval et que j'ai pu intégrer l'école de formation dans les métiers du cheval dans laquelle je rêvais d'aller.

- Tu l'apprécies énormément, fit remarquer Duo qui avait rarement vu le japonais aussi démonstratif de ses sentiments avec quelqu'un d'autre que lui.

- Je le considère un peu comme le père que je n'ai jamais connu. Il a été et est toujours mon modèle, il représente l'image paternelle qui m'a fait défaut pendant mon enfance. C'est lui qui m'a tout appris et on peut dire qu'il a joué le rôle d'un père pour moi.

Si Duo parut surpris par les révélations sur le passé de Heero, il n'en laissa rien paraître. Il se doutait bien que pour être aussi renfermé sur lui même, Heero n'avait pas dû avoir une enfance des plus faciles, et l'absence d'un père pouvait expliquer ce recul.

- Je comprend mieux ces liens qui vous unissent, murmura le natté en se levant et en enlaçant Heero par derrière, collant sa joue dans le dos du japonais. Je t'aime, ajouta-t-il après un court silence.

Sous lui, il sentit le japonais frissonner à ces mots tandis qu'un soupir de bien être s'échappait de ses lèvres entrouvertes.

Heero arrêta le gaz et se retourna vers Duo. Il le prit dans ses bras et le châtain se calfeutra contre lui en un soupir de satisfaction. D'une voix douce pour ne pas briser la magie de l'instant, Heero déclara :

- J me cède ses juments, commença-t-il.

A ces mots, Duo releva la tête en signe d'étonnement et après avoir déposé un bisou sur son nez, Heero expliqua :

- Il est le propriétaire de Lullaby et Aleshanee et souhaitait me léguer ses juments... Je voudrais que tu acceptes de garder Lullaby...

Duo sursauta de surprise et s'arracha à l'étreinte du japonais, surpris et effrayé par une telle demande :

- Heero je...

- Je ne t'oblige à rien Duo, mais considère la comme tienne, même si tu préfères que je la garde...

- Je... Je ne sais pas quoi dire, Heero, murmura l'américain ému par le cadeau que lui faisait l'asiatique.

- Dit oui, cela sera déjà un bon début, répondit Heero amusé, arrachant par la même occasion, un sourire à Duo qui, entre temps, était revenu se nicher entre les bras du japonais.

Enivré par la voix de Heero et les aller retour de ses doigts sur la chute de ses reins, Duo émit un hoquet de surprise avant de souffler un "d'accord" à peine audible, le visage enfouis dans le cou de Heero. Les caresses du japonais faisaient naître en Duo des frissons qui lui parcouraient la colonne vertébrale. Ce détail n'échappa pas à son tortionnaire qui accentua ses caresses pour le plus grand plaisir du natté. Un gémissement s'échappa de ses lèvres entrouvertes pour aller mourir dans le cou de Heero, que Duo mordilla délicatement avant de l'embrasser comme pour effacer son geste précédent.

A son tour, le corps de Heero fut pris de violents frissons qui le firent tressaillir. Un sourire ravi étira alors les lèvres de Duo qui, fier de l'effet qu'il produisait sur son petit ami, s'arracha à contrecoeur de son étreinte pour aller prendre possession de ses lèvres avec une gourmandise et un désir non feint. Heero répondit à son baiser avec la même intensité, galvanisé par la sensation de chaleur qui naissait dans ses reins et se diffusait dans son sang, le faisant bouillonner de ce feu que l'on appel désir.

Sentant cela, il mit fin à leurs échanges et après un dernier baiser volé, il s'arracha à l'étreinte de Duo qui, ressentant les mêmes tourments que le japonais, s'éloigna sans un mot, se contentant d'un petit sourire d'excuses.

Duo sentait son désir pour le japonais augmenter jour après jour, se faisant chaque fois plus intense et il avait de plus en plus de mal à contenir ce feu qui le dévorait de l'intérieur. Cependant, il se faisait violence pour tenter de se maîtriser et de cacher au mieux ce feu qui le consumait, ne souhaitant pas que Heero se sente obligé de quoi que ce soit. Il voulait que leur première fois se face sur leur accord commun et non pour apaiser le désir de l'un. Il voulait que cela vienne naturellement, sans qu'ils aient à se poser des questions sur la certitude ou les regrets qu'ils pourraient ressentir après.

De son côté, Heero sentait lui aussi un désir insatiable s'embraser au niveau de ses reins, augmentant considérablement sa chaleur corporelle.

Sans qu'il ne le sache, il avait en tête les mêmes préoccupations que Duo, réfléchissant au fait qu'il ne voulait pas forcer l'américain à faire quelque chose qu'il pourrait regretter plus tard. Il voulait être convaincu que ni l'un ni l'autre ne ressentirait le moindre regret. Totalement inconscient de la nature du combat intérieur que menait le natté en cet instant, Heero s'efforça à refouler au plus profond de lui les flammes du désir qui le consumaient, ne souhaitant pas effrayer l'américain de par la violence de son désir.

Retournant à son occupation première, il ouvrit le tiroir au dessus de sa tête, il en sortit deux assiettes et deux verres qu'il présenta au natté :

- Tiens, tu peux dresser la table s'il te plait ?

- Hein ? Oh ! Oui, pardon je rêvais, s'excusa Duo en tendant les mains pour s'emparer de ce que Heero lui présentait.

- Je vois cela, mon ange, répondit le japonais en souriant tendrement face à l'égarement passager du natté.

Lorsque Duo eut accomplis sa mission, ils passèrent à table sous le regard envieux de Loki qui se léchait les babines de gourmandise, attendant avec espoir qu'un morceau tombe malencontreusement à terre pour aller le récupérer.

Ils terminèrent de manger en silence et après avoir débarrassé la table et donner les restes à Loki, Duo vint prendre place auprès du japonais et se laissa aller à son étreinte.

Confortablement blotti entre les bras de Heero, Duo fut très vite emporté par le sommeil, récupérant celui qui l'avait fuis ce matin. Il fut bientôt rejoint par Heero qui ferma les yeux à son tour emporté par un sommeil lourd et sans rêve, laissant à Loki, la garde de la caravane.

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Heero et Duo marchaient main dans la main dans les dernières lueurs du soleil qui se couchait. Loki gambadant à quelques mètres devant eux, ils avaient ramené Lullaby au parc, et d'un commun accord, ils avaient pris la direction du village, histoire de se promener un peu et de profiter de la douce chaleur qui régnait encore.

Ils marchaient depuis un moment, lorsque Heero déclara soudain, brisant le silence environnant :

- Tiens, Wufei et Réléna semblent être chez eux, tu veux passer leur dire bonjour ?

- Oui, c'est une bonne idée, répondit Duo en emboîtant le pas au japonais et en sifflant Loki qui arriva en courant.

A peine Heero eut-il frappé, que des aboiements aigus retentirent de l'intérieur, aussitôt suivit par la voix du chinois qui réclamait le silence. Le jeune couple sourit à cette réflexion de Wufei tandis que la porte s'ouvrait devant eux :

- Heero ! Duo ! Comment allez-vous ?

- Très bien, je te remercie ! Répondit Heero en serrant la main que lui tendait le chinois.

- Venez, entrez, ajouta Wufei après avoir serrer la main de l'américain.

Duo suivit Heero à l'intérieur, et Réléna vient les accueillir :

- Heero ! Duo ! Bonjour les garçons, s'exclama la jeune femme en leur faisant la bise. Vous allez bien ?

- Oui, merci Réléna, répondit Duo en lui adressant un sourire.

- Vous voulez boire quelque chose ? Demanda la jeune femme en les invitant à prendre place sur le canapé.

- Un coca s'il te plait, Réléna, répondit Duo.

- Pareil s'il te plait, ajouta Heero.

- Alors, que nous vaut l'honneur de votre visite ? Demanda Wufei en prenant place en face des deux hommes pendant que Réléna allait chercher des verres à la cuisine.

- A vrai dire, on passait devant chez vous et nous sommes venu prendre de vos nouvelles.

A ce moment, Réléna revient de la cuisine, les bras chargés d'un lourd plateau qu'elle posa sur la petite table du salon. Elle servit chacun des trois hommes qui l'entouraient avant de prendre place dans le fauteuil voisin à celui de son compagnon, en face de Duo.

- Tu m'as l'air de bien bonne humeur, Duo ! Fit remarquer la jeune femme.

- Oui, j'ai monté Lullbay ce matin, répondit l'américain, et cela s'est très bien passé.

- Alors ça y est ! Tu remontes ? S'exclama Wufei en interrompant sa conversation avec Heero en ayant entendu la réponse du natté.

- Un peu, répondit Duo gêné d'être subitement devenu le centre d'intérêt de la conversation.

- Vous pouvez être fier de vous tous les deux. Aussi bien toi Duo, que Heero, vous avez parcouru du chemin depuis la dernière fois.

Duo sentit ses joues s'empourprer sous la réflexion de la jeune femme et lui adressa un sourire timide tandis que Heero glissait sa main dans la sienne et la portait à ses lèvres pour déposer un baiser dessus.

Ils restèrent un moment à parler de tout et de rien, puis, avisant l'heure tardive et le jour qui commençait lentement à décliner, Heero déclara doucement à l'intention de Duo :

- Allez mon ange, il est temps de rentrer !

- Déjà ? S'exclama Duo surpris qui, plongé dans sa conversation avec Réléna, n'avait pas vu le temps passer.

- Oui, la nuit commence à tomber et nous sommes à pieds, déclara l'asiatique.

- Oh ! Fit Duo d'une petite voix.

Sentant la tristesse poindre chez le natté, Heero l'aida à se relever et le prit dans ses bras pour l'embrasser furtivement :

- Ce n'est rien mon ange, ne t'inquiètes pas !

Duo rappela Loki qui jouait dehors avec Eben, et après avoir salué leurs amis, ils prirent le chemin du retour.

Alors qu'ils passaient le petit portail qui fermait l'accès de dehors au chien, Duo se retourna et lança à Wufei et Réléna qui les regardaient s'éloigner du pas de la porte :

- Et n'oubliez pas que vous devez venir manger un de ces jours !

- Promis ! Répondit Réléna sur le même ton.

Ils arrivèrent à la caravane quelques minutes plus tard, après un dernier détour par le parc des chevaux afin de s'assurer que tout allait bien et qu'ils ne manquaient de rien.

Une fois la porte de la caravane fermée à clefs afin qu'ils ne soient pas dérangés, Duo alla se changer, enfilant un bas de jogging noir et un pull de la même couleur, afin de se mettre à l'aise, tandis que Heero préparait le repas du soir.

- Je peux t'aider à faire quelque chose ? Demanda Duo en revenant auprès du japonais.

- Je te remercie mon ange, mais ce soir, c'est moi qui cuisine, tu m'aideras demain d'accord ?

- Hn, voui, répondit le natté légèrement boudeur.

- Par contre, tu peux mettre la table s'il te plait ?

- Oui, répondit Duo. Merci, ajouta-t-il lorsque Heero lui donna les assiettes, les verres et les couverts dont il avait besoin.

Une fois la table mise, il retourna auprès du japonais et lui demanda d'une petite voix qui trahissait sa fatigue :

- On mange bientôt ?

- Dans une petite heure. Tu as le temps de t'allonger un moment, tu tombes de fatigue.

- Oui, désolé, s'excusa l'américain en étouffant un bâillement, je n'ai plus l'habitude de monter à cheval et c'est un peu éprouvant, autant physiquement que mentalement.

- Je sais, répondit Heero en l'embrassant sur le front. Va dormir, je te réveillerais quand ce sera près, assura-t-il au châtain.

- Merci Hee-chan, murmura Duo.

Le japonais regarda avec tendresse l'homme qu'il aimait s'allonger dans son lit et l'observa encore un instant avant de reporter son attention sur la casserole qui chauffait sur le gaz.

Comme il l'avait prédis, le repas fut près environ une heure plus tard. Sans faire de bruit, il entra dans la petite pièce qui servait de chambre à Duo et s'assit au bord du lit. Là, il observa le jeune homme dormir pendant quelques secondes, imprimant à jamais l'image de toute beauté qu'offrait Duo endormi avant de le réveiller, faisant glisser ses doigts avec douceur sur la joue de son bel endormi.

- Réveille toi mon ange, murmura-t-il. Le repas est prêt.

- Hum...

Le natté s'étira longuement sans chercher à cacher ni à retenir un bâillement puis se redressa lentement en humant l'air :

- Ca sent bon, déclara-t-il d'une voix encore pleine de sommeil.

- Oui, tu viens manger ?

- J'arrive, répondit l'américain.

Alors que Heero s'apprêtait à se relever, Duo l'attrapa par le bras et l'attira à lui, un sourire victorieux affiché sur le visage, et lui vola un baiser.

Heero sourit à son tour et lui rendit son baiser avant de se lever et d'entraîner l'américain avec lui.

Duo prit place à table pendant que le japonais remplissait leur assiette. Puis, il vient prendre place en face de Duo et ils commencèrent à manger en silence. Après un moment Duo demanda :

- Hee-chan ?

- Oui mon ange ?

- Tu fais quoi le reste de l'année ? Quand tu n'es pas ici...

Surpris par la question de Duo, Heero arrêta momentanément de manger, avant de répondre :

- Je m'occupe de chevaux. Avant je retournais aider J dans son centre équestre, mais maintenant qu'il l'a fermé, je m'occupe autrement. Je ferre et débourre des chevaux en général. Quand j'ai du temps pour moi, je travaille le cuir et je monte mes chevaux. Cette année, je vais entreprendre de débourrer Roan Barbary. Pourquoi cette question ?

- Comme ça, je voulais savoir ce que tu faisais, répondit Duo, un petit sourire mutin étirant ses lèvres.

- Et toi ? Demanda Heero. Que fais-tu ?

- Et bien, avant mon accident, j'aidais beaucoup papa et maman à entretenir le centre et à m'occuper des chevaux en plus de suivre mes cours. Hilde et Solo étant en couple, ils ont à présent chacun leur vie de leur côté, et ne peuvent plus aider papa et maman. Depuis mon accident, j'alterne entre les visites médicales et mes études pour apprendre à lire le braille. Sinon, quand je suis pas à l'école, j'aide maman à la maison. Ils ont beaucoup de travail avec tous les chevaux, et papa n'est plus très jeune, donc maman l'aide et moi je m'occupe de la maison et je prépare les repas.

Après un court silence, Heero reprit la parole :

- Duo ?

- Oui Hee-chan ?

- J'aimerai te demander une faveur... Commença-t-il avec sérieux.

- Quel genre de faveur ? Demanda Duo, cachant mal son appréhension.

- Je voudrais que tu reprennes les études que tu as arrêtées.

Un blanc suivit cette demande, durant lequel Duo tentait de maîtriser les tremblements de ses mains.

- Duo ? Appela Heero inquiet.

- Pourquoi cette demande Heero ? Demanda alors Duo qui ne tentait même pas de cacher la colère qui l'envahissait petit à petit. Pourquoi ne peux-tu pas te contenter de ce que tu as ? Ne vois-tu donc pas les efforts que je déploie pour tenter de reprendre confiance en moi ? Je commence à peine à remonter à cheval, et toi tu envisages déjà mon futur ! Qui es-tu pour décider à ma place de ce que je dois faire ou non ? S'exclama Duo en se laissant emporté par la colère.

- Duo, calme-toi, Déclara Heero calmement, tentant de calmer le natté. Cela ne sert à rien de t'énerver.

- Non Heero, il n'y a pas de raison que je me calme ! S'exclama l'américain. On dirait que les efforts que je fournis ne te font ni chaud ni froid ! J'ai l'impression que tout ce qui t'importe c'est ce qu'il y a après ! Je ne suis plus le même Heero ! Je ne suis plus ce gamin inconscient qui se prenait pour un indien, chevauchant son cheval à cru et traversant des prés entiers lancé au galop ! Tout ceci appartient à un passé à présent révolu ! Arrêtez de vouloir à tout prix me voir redevenir celui que j'étais avant ! Qu'est-ce que l'autre Duo avait de plus que moi ? Qu'est-ce que vous déplait tant chez moi que vous souhaitez tous me voir changer ? J'ai tiré un trait sur mes rêves Heero, apprend à faire la même chose, déclara-t-il d'une voix plus calme en se levant. Je n'ai plus faim, bonne nuit ! Termina-t-il en quittant la table.

Abasourdi, Heero regarda sans bouger Duo fermer le rideau derrière lui. Dépité, il termina de manger en silence. Il entendit alors des sanglots provenir du fond de la caravane. Le coeur serré, il se leva et s'arrêta derrière le rideau, mais sans le tirer, respectant l'intimité de l'américain :

- Duo ? Appela-t-il doucement.

De l'autre côté du rideau, Duo en ayant entendu Heero arriver, tentait de retenir ses sanglots et fit la sourde oreille, ne souhaitant pas se confronter de nouveau au japonais. Face à l'obstination de l'américain, Heero n'insista pas plus et quitta la caravane. il avait besoin de réfléchir et les sanglots de Duo lui serraient douloureusement le coeur, ne l'aidant pas à se concentrer. Le japonais s'en voulait d'avoir demandé cela à Duo. il avait conscience qu'il lui en demandait beaucoup, mais d'un autre côté, cette attente le tuait.

Cependant, contrairement à ce que pensait Duo, Heero avait parfaitement conscience des efforts de Duo. En quelques jours, il avait accompli des merveilles et c'est justement cela qui l'avait poussé à lui demander de reprendre ses études. Car il l'en savait capable. Duo était parfaitement apte à reprendre sa vie d'avant, mais la peur le poussait à se retrancher derrière ses excuses.

Allongé dans l'herbe à quelques mètres de la caravane, les yeux fixés sur la voûte céleste parsemée d'étoiles toutes plus brillantes les unes que les autres, Heero repensait aux derniers mots du natté. Même s'il n'en montrait rien, ceux-ci l'avaient profondément blessés et il espérait que le natté ait parlé sous le coup de la colère. Car les rêves de Heero, c'était Duo... C'était lui qu'il voyait dans ses rêves, lui qu'il voyait quand il regardait le futur... Renoncer à ses rêves, s'était renoncer à Duo, et cela, il en était incapable...

Sans qu'il ne s'en rende compte, des larmes silencieuses s'échappèrent de ses yeux, pour aller se perdre dans son cou. Le japonais n'esquissa aucun mouvement pour les effacer, les laissant couler, comme si elles pouvaient emmener avec elles la douleur qui étreignait son coeur.

Heero ne saurait dire combien de temps il resta dehors, mais lorsque le froid se fit trop saisissant, il consentit enfin à rentrer.

Après avoir refermé la porte derrière lui, il se dirigea vers le rideau, et n'entendant plus aucun bruit, il l'ouvrit et entra silencieusement dans la pièce. Lentement, il s'approcha du lit de Duo, et avisant sa respiration régulière, il lui caressa tendrement la joue, effaçant au passage, les larmes qui maculaient sa peau laiteuse, inondée par les rayons de la lune.

- Je t'aime, souffla-t-il dans un murmure à peine audible, mais qui n'échappa pas à l'ouïe surdéveloppée de l'américain.

Heero se releva et quitta la pièce, ne remarquant pas le tressaillement qui avait parcourut le corps de Duo à ces trois mots. Lentement et le plus silencieusement possible, il entreprit de faire son lit. Une fois fait, il se déshabilla et entra sous les couvertures.

Le sommeil se refusant à lui, Heero restait là, allongé dans son lit et écoutait les bruits de la nuit.

Soudain, il entendit le bruit caractéristique des pas nus sur le plancher de la caravane et le bruit d'un rideau que l'on tire. Retenant son souffle, il attendit et son coeur faillit louper un battement lorsque Duo s'arrêta à ses côtés. Tentant alors le tout pour le tout, il ouvrit les yeux et écarta la couverture, invitant Duo à venir y prendre place.

Frigorifié, Duo ne se le fit pas dire deux fois et se calfeutra sous les couvertures, entre les bras du japonais. Heero enfoui son visage dans le cou de Duo, tandis que de nouveau, des larmes s'échappaient de ses yeux. Des larmes de peur et de soulagement confondues. Celles-ci allèrent se perdre dans le cou de l'américain qui comprenant la détresse de Heero, glissa ses doigts dans sa chevelure indisciplinée et lui massa tendrement la nuque.

A suivre...

Note

(1) Hai, nazerana watachitachi wa isse choni desu : "Oui, parce que nous sommes ensemble.", selon un forum de traduction.

(2) Assietteen équitation, l'assiette correspond à la manière d'être assis à cheval.


Voilà pour ce chapitre

J'espère qu'il vous a plus !

Comme je vous l'avais promis, je poste le chapitre 13 presque dans les temps ! Cependant, je ne suis pas certaine de pouvoir poster le suivant pour la semaine prochaine, et vous m'en voyez navrée.

Je fais vraiment mon possible, mais entre les cours et mes autres fics, je suis vite débordée !

Mais comme je vous l'ai dit, je fais mon possible pour ne pas me laisser distancer, Lybertys n'ayant pas le net pour le moment et la suite de Mourir pour revivre à taper, cela me laisse un peu de temps.

Cependant, elle vient de terminer le chapitre de Beyond the invisible, et je vais moi même me mettre à la suite de cette histoire.

Je reprendrais ensuite la suite de Coeur de crystale et Danse avec lui, mais je ne peux absolument pas vous dire pour quand elles seront prêtes. Je suis sincèrement désolée des contre-temps que cela implique, mais je ne peux me permettre de négliger mes autres histoires (et puis je les aimes trop pour les arrêter lol).

En tout cas, un immense merci, quand même, à tous ceux qui prennent le temps de lire cette histoire, en espérant qu'elle vous plaise toujours autant !

Un grand merci également à tout ceux qui ont la gentillesse de laisser une petite review ! Cela me touche vraiment beaucoup !

Je vous dis à bientôt pour le chapitre suivant,

Gros bisous

- shini -